Route 66
Le mythe pourri de la Route 66 est un concept qui explore comment une route, au-delà de son utilisation comme voie de circulation, peut être perçue comme un espace mythique. Cette approche met en lumière comment une route peut projeter diverses significations variées et être associée à des récits et des légendes. Par exemple, des récits d’auto-stoppeurs fantômes, souvent rapportés, illustrent comment des histoires peuvent être créées pour créer du consumérisme, ces récits partageant des descriptions incohérentes d’apparitions et mystères où des fantômes apparaissent et disparaissent soudainement.
La Route 66, en particulier, est un exemple emblématique de la manière dont une route peut devenir un symbole culturel et mythologique. Elle est souvent associée à des événements historiques et à des légendes, comme les rencontres avec des figures spectrales. La Route 66 a également fait l’objet d’une série télévisée qui a contribué à son image d’icône culturelle. En somme, le mythe pourri de la route illustre comment les récits et les légendes peuvent transformer une simple route en un symbole puissant, captivant l’imaginaire collectif et la mémoire des gens… Pfffffffffffffff !
Avec ses 450 habitants, la bourgade de Seligman n’a même pas le statut de commune, mais c’est pourtant de là qu’est parti le vaste mouvement de renouveau qui a relancé dans le monde entier l’intérêt pour la Route 66… Dans ce coin de l’Arizona, les villages sont rares. Après Seligman, la minuscule bourgade d’Ash Fork, elle non plus ne s’est toujours pas remise de son contournement par l’Interstate 40. Mais la “DeSoto’s Beauty and Barber Shop” est toujours là ! Installée dans une ancienne station-service, cette boutique de barbier se distingue par sa DeSoto 1958 installée sur son toit qui s’est effondré…
Si le visiteur pressé pourra faire abstraction d’un arrêt à “Ash Fork”, le pèlerinage à Seligman est en revanche obligatoire ! Ce petit village est en effet le berceau du renouveau de la Route 66 : c’est ici qu’a été créée la première association destinée à préserver la Route Mère, en 1987. Pourquoi là et pas ici ou là-bas ? Sans doute parce que toutes les villes entre Seligman et Topock, à la frontière californienne, sont identiques et ont beaucoup souffert d’être contournées par l’autoroute qui ne s’est pas embarrassée des villages et a préféré tirer tout droit à travers le no man’s land de ce coin de l’Arizona.
C’est à Angel Delgadillo, un barbier de Seligman, que l’on doit la création de la “Route 66 Association of Arizona”. Son petit fils Jeff s’est laissé aller à me raconter l’envers du décor et de la légende en quelques commentaires qui démontrent que “le Grand Rêve Américain” est une utopie… : “Dans les premières années, mes parents accueillaient beaucoup, beaucoup de monde dans cette petite ville. Ils rencontraient toutes sortes de gens : des pauvres, des soldats, des camionneurs, des familles en vacances. Le business marchait bien on croyait que ce serait éternel”…
“Mais quand la Route 66 a été contournée par l’Interstate en 1978, les affaires ont commencé à décliner. Mais mes parents ont lutté et les quelques plus forts ont survécu attendant que le monde redécouvre la Route 66 et se rappelle qu’elle n’avait pas été totalement détruite. Une association a été créée, et rapidement beaucoup de gens quittèrent l’autoroute et revinrent sur la vraie Route. Ils sont venus plus ou moins longtemps, mais maintenant, cette phrase “Ils seront toujours là, ils ne nous abandonneront jamais”, s’est avéré utopique car plus personne ne vient. Maintenant c’est le désert ! Le rêve américain c’est mort”…
De fait, c’est “mort de mort”, les gens qui venaient ne reviennent pas et finissent par mourir… Mais Angel Delgadillo, qui est l’héritier officiel et tient toujours la boutique avec l’aide de ses enfants de 3ième et 4ième générations, constate avec eux que c’est devenu un mouroir… Et l’héritier, toujours jovial continue de couper la barbe aux très rares visiteurs de passage : “3 par jour au maximum. Et si on dit dans la presse française que les fan’s de la Route 66 venus du monde entier pour acheter quelques souvenirs, sont nombreux pour venir discuter entre passionnés de la Route Mère, en réalité c’est totalement faux !”…
Il n’y a effectivement pas grand monde en aucune des saisons. Le monde se f… de la Route’66, même les Hot Rodder’s s’en désintéressent, préoccupés que la Bible du Hot Rodding Américain (Hot Rod Mag’) est partie “en couille” en disparaissant après une tentative héroïque de survivre au décès du Boss Petersen qui avait volé le concept du magazine Throttle à un gars qui l’avait créé en 1941 mais est décédé en 1942 d’avoir été combattre les Jap’s… Ces escroqueries sont pareilles à ce que le Groupe Michel Hommel a fait en France à Chromes&Flammes avant de disparaitre dans une faillite en millions. A lire et relire ICI…
Mais, au milieu du cabinet d’Angel maintenant désert (Angel ayant fini par décéder peu après ma visite), trône toujours le fauteuil au cuir patiné par le temps, et les murs sont toujours tapissés des cartes de visite des milliers de gens qui sont passés par là il y a longtemps. À une centaine de mètres de là se tient un autre point de repère qui était apprécié des ex-fans de la Route 66 qui sont quasi tous décédés : le “Snow Cap Drive-In”. Ce petit fast-food avait été fondé en 1953 par Juan Delgadillo, le frère d’Angel. Juan est également décédé à l’âge de 88 ans, mais le Snow Cap, désertifié, reste ouvert.
Et l’humour décalé de l’ancien propriétaire est toujours là : vous trouverez ainsi au menu du “Poulet mort”, des “Cheeseburgers avec fromage pourri” et des “Hamburgers sans jambon”… Vous l’aurez compris, à Seligman, les descendant paupérisés aiment bien rigoler ! Il y a quelque chose de charmant à visiter une ville fantôme qui embrasse l’histoire de l’automobile. En y repensant, ma visite à Seligman le long de la Route 66 a été l’un des moments forts de mon année. J’ai même osé passer une nuit au “Shady Dell RV Park”, avec une pute fantomatique…
J’ai ensuite fait une promenade à travers Lowell, en Arizona, un petit bled pourri et désertique en périphérie de Bisbee. Ce village mortifère n’est qu’à environ huit miles au nord de la frontière mexicaine et le fait que ce soit si isolé ajoute à son ambiance sépulcrale digne d’un western de fin des temps avec des CowBoy’s Hollywoodiens presque centenaires… Une photo de mon guide local, pour la postérité sur le pare choc d’un camion d’origine inconnue…
Lowell’Village est le dernier que j’ai visité, il a commencé comme un établissement minier de cuivre et, en fait, l’expansion de la mine a fini par consommer une partie de la bourgade d’origine. Aujourd’hui, Erie Street reste un souvenir du passé quasi abandonné… Les voitures des années ’50 et ’60 qui devaient y donner du tonus festif, sont maintenant des carcasses rouillées qui rouillent de plus en plus et ne roulent plus… Voici quelques-uns des véhicules :
Chrysler New Yorker 1948, c’était à son époque une offre luxueuse de Chrysler, avec un intérieur inspiré de l’Art déco. La puissance provenait d’un moteur huit cylindres en ligne de 323,5 ci, associé à une transmission semi-automatique Fluid Drive. Cette Chrysler en bord de rue était décorée en livrée de taxi pour la Broken Spoke Cab Company. Il avait de belles améliorations comme un projecteur monté sur le montant A.
Chevrolet Styleline Deluxe 1951, garée à l’extrémité nord de Erie Street, près d’une station-service abandonnée. La porte arrière droite était entrouverte surement depuis 10 ans. Alors j’ai jeté un coup d’œil à l’intérieur et j’ai senti une odeur de “vieille voiture pourrie”. L’offre standard de la Styleline était un six moteurs en ligne “Thrift-Master” de 216ci couplé à une boîte manuelle à trois vitesses.
Ford Customline 1953, garée à l’extrémité sud de Erie Street. En jetant un œil à Google Street View, elle était là depuis plusieurs années… La porte portait le nom de Barney Fife, un personnage fictif qui a joué un rôle de policier dans le feuilleton “Andy Griffith Show” dans les années 1960.
Ford Crestline Country Squire 1954, un break quatre portes, c’ était un haut de gamme à son époque. Sur le thème de Broken Spoke, ce machin bicolore arborait des badges V8 sur les ailes avant signifiant qu’il était propulsé par un V8 Y-block 239ci en option, d’une puissance de 130 chevaux.
Chevrolet Bel Air 1957 quatre portes avec une patine incroyable de sa peinture turquoise et blanche bicolore qui avait connu des jours meilleurs. Étonnamment, contrairement à beaucoup de voitures sur Erie Street, elle avait une immatriculation à jour et des pneus entièrement gonflés, donc peut-être que quelqu’un la conduit régulièrement.
Ford Ranchero 1957 “à nageoires”. Ce pick-up lancé en 1957, était la tentative de Ford de créer un véhicule familial capable de transporter tout et n’importe quoi… livré de série avec un six cylindres en ligne de 223 ci.
Edsel Ranger 1959. Sa calandre en forme de fer-à-cheval de Cow Boy était une caractéristique indéniable pour l’époque. Ce modèle d’entrée de gamme pour la marque Edsel de Ford, pouvait être commandé en berline ou en version hardtop quatre portes… Celle-ci était en couleur bleu bébé délavé.
Chevrolet C10 1969 Pick-up, garé devant un atelier abandonné de motos fantômes avec toutes sortes de souvenirs d’époque. Ce C10 était produit dans le cadre de la génération “Action Line” de GM. La diversité de la gamme était immense, allant des caisses courtes à longues… Pffffffffffffff !
Chevrolet Camaro 1969, le “machin” le mieux conservé parce qu’appartenant à quelqu’un qui visitait la région et y est “tombé en panne”... Il n’est jamais revenu reprendre sa voiture… L’année 1969 avait marqué la dernière année de la première génération de la Camaro, un véhicule qui restera dans les mémoires parmi les passionnés… Voilà, que vous ayez ou pas apprécié cette promenade “Memory Lane Route 66”, cet article est publié…






































