Le Caire, Hotel Continental, le 15 avril 1923.
Dans une chambre, un homme agonise .
Baigné de sueur, les yeux exorbités, il délire.
Soudain, il essaie de se dresser sur son lit et hurle :”C’est fini . J’ai entendu l’appel, je me prĂ©pare .”
A cet instant, la lumière s’Ă©teint.
L’infirmière qui veille le mourant se prĂ©cipite Ă la fenĂŞtre : la ville tout entière est plongĂ©e dans l’obscuritĂ© .
La jeune femme allume fébrilement une bougie et se penche sur son malade, le visage est convulsé, les yeux grands ouverts, les pupilles dilatées : il est mort .
Au même moment, à des milliers de kilomètres de là , le chien du défunt se met à aboyer, il est pris de convulsions, hurle à la mort et succombe.
L’homme qui vient de disparaĂ®tre s’appelait George Herbert, 5e comte de Carnavon, Lord Carnavon, le mĂ©cène.
C’est grâce Ă son argent et Ă son obstination que 46 jours auparavant la tombe de Toutankhamon a Ă©tĂ© ouverte par Howard Carter.
Les trois noms : Carnavon, Carter et Toutankhamon sont dĂ©sormais associĂ©s dans l’histoire de l’humanitĂ©.
Carnavon et Carter, mais aussi bien d’autres archĂ©ologues ont pĂ©nĂ©trĂ© dans la sĂ©pulture près de 3300 ans après l’ensevelissement du pharaon.
Les journaux affirmeront plus tard : ils ont souri, les imprudents, devant l’inscription placĂ©e Ă l’entrĂ©e de la chambre funĂ©raire :” La mort touchera de ses ailes quiconque dĂ©rangera le pharaon ! ”
Hélas !
Dans les semaines et les mois qui vont suivre, une étrange et mortelle épidémie va frapper les égyptologues.
Une légende va naître.
On l’appellera bientĂ´t :Â
La MalĂ©diction des Pharaons….
Évoquons en quelques mots la doctrine de la vie Ă©ternelle, car les Égyptiens, eux-aussi, ou plutĂ´t eux dĂ©jĂ , croyaient en l’immortalitĂ© du dĂ©funt dans un autre monde, l’amenti, Ă©quivalent Ă©gyptien du paradis chrĂ©tien.
C’est pourquoi, après la mort, la dĂ©pouille doit rester disponible pour que l’akh (le principe immortel ), le ka (l’Ă©nergie vitale) et le ba (le double immatĂ©riel, l’âme si vous prĂ©fĂ©rez) puissent rĂ©intĂ©grer leur enveloppe charnelle.
Disponible, ça veut dire bĂ©nĂ©ficiant de tout le confort matĂ©riel, et ne souffrant ni de la faim ni de la soif, ni de l’ennui, ni de la crainte, ce qui explique l’entassement hĂ©tĂ©roclite de nourritures et de boissons, de mobilier, d’armes, d’outils, de jeux et mĂŞme de shaouabtis, ces figurines de pierre, de bois ou de faĂŻence bleue, reprĂ©sentant tous les domestiques de la vie courante destinĂ©s Ă servir le maĂ®tre.
Il y avait aussi de belles dames lascives, des coquines qui pourraient bien réveiller un mort, peintes sur les murs du tombeau pour quelques orgasmes post-mortem.
Disponible, ça veut dire encore ni vermoulu, ni putréfié, ni corrompu.
Jusqu’Ă la pĂ©riode prĂ©thinique (avant la 1ère dynastie) les dĂ©funts Ă©taient enfouis dans le sable sec et se conservaient admirablement bien.
Quand pour des raisons de prestige et de confort, on inventa les mastabas, les syringes et les hypogées, les cadavres se mirent à pourrir en milieu confiné.
On chercha alors des moyens de conservation plus adaptĂ©s et c’est Imhotep, architecte et mĂ©decin du roi Djeser, qui inventa une mĂ©thode rĂ©volutionnaire.
Il n’avait pas supportĂ©, parait-il, la mort de sa jeune et jolie femme, et pour conserver Ă©ternellement la beautĂ© de son corps juvĂ©nile, il le mit dans la saumure.
Elle fut confite.
Il semble qu’après cette dĂ©licate opĂ©ration ils vĂ©curent heureux, mais l’histoire ne dit pas s’ils eurent beaucoup d’enfants.
C’Ă©tait jadis, il y a plus de 5500 ans…
Le procĂ©dĂ© “brevetĂ©” par Mr Imhotep a servi pendant plus de 3000 ans.
3000 ans, 30 dynasties, des centaines de rois plus ou moins frais, des dizaines de milliers de princes et de princesses, de vizirs, de grands prĂŞtres, d’intendants royaux, d’officiers gĂ©nĂ©raux, de hauts personnages du palais…
Quelle fabuleuse collection de momies !
D’autant que ces exsiccatas Ă©taient conçus pour des millions d’annĂ©es, selon la formule rituelle. Pas très jolis, un peu racornis, mais solides, rĂ©sistant thĂ©oriquement aux charançons, ces cadavres conservĂ©s en salaison Ă©taient Ă l’abri des vers, des insectes nĂ©crophages, de la corruption et de la putrĂ©faction, si le travail était bien fait.
Hélas !
Ils n’Ă©taient pas Ă l’abri du plus grand prĂ©dateur de tous les temps : l’Homme !
L’homme va attaquer les momies sous tous les fronts.
C’est d’abord le pillard, le petit voleur de chaque jour.
Et surtout les maçons et chefs de chantiers, les architectes royaux et les grands prêtres, qui connaissaient les plans des tombeaux.
La corruption atteignait les plus hauts niveaux.
Quand aux arabes, propriĂ©taires de l’Egypte bien des siècles plus tard, ils firent de la violation des sĂ©pultures un vĂ©ritable mĂ©tier.
Les richesses des tombeaux étaient fabuleuses, en or, métaux précieux, bijoux, et la momie, sous ses bandelettes, recelait des merveilles : colliers, pendentifs, pectoraux, gorgerins, bagues, bracelets.
Pour ne rien laisser perdre, les pillards dépeçaient le cadavre à grands coups de poignards ou de haches.
Puis, arrivèrent les archĂ©ologues…
Telle momie, qui avait Ă©chappĂ© par miracle aux profanateurs, sera exhumĂ©e sans la moindre prĂ©caution et transportĂ©e n’importe comment, car les hommes ont la manie de dĂ©terrer les cadavres des nĂ©cropoles pour les enterrer dans les musĂ©es oĂą les conditions de survie sont Ă©pouvantables : chaleur, humiditĂ©, promiscuitĂ©, contamination par les miasmes de l’homme.
Certains pharaons sont ainsi morts une seconde fois au musée du Caire.
Autre ennemi redoutable, le collectionneur.
Au siècle dernier, des Ă©rudits, des nouveaux riches, des snobs et des maniaques se sont piquĂ©s d’Ă©gyptologie.
Ainsi, beaucoup de momies sont parties vers les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Italie, l’Allemagne ou la France, enrichir la collection d’un farfelu, au grand dĂ©sespoir des Ă©gyptologues, mais aussi des hĂ©ritiers (qu’est-ce que vous feriez, vous, d’une momie moisie dans l’hĂ©ritage de l’oncle Antoine ?)
Ennemis aussi, les arabes des temps modernes et pas seulement les pillards.
Pendant des siècles, les tombes ont servi de logements à des tribus de Bedouins.
Les nuits étaient fraîches.
Devinez avec quoi ils se chauffaient ?
Eh oui !
DĂ©membrĂ©e et coupĂ©e en rondins, la momie est un excellent combustible avec les chairs dessĂ©chĂ©es, les ossements, les couches de bandelettes et les rĂ©sines d’embaumement.
Ennemis encore, les agriculteurs du siècle dernier qui ont utilisĂ© des millions de momies d’animaux ( chats, babouins, ibis), mais aussi, hĂ©las ! des momies humaines, dans le matĂ©riel concassĂ© Ă©pandu comme engrais dans les champs de betteraves du Nord.
Ennemi, cet industriel amĂ©ricain qui achetait Ă bas prix, les bandelettes de centaines de cadavres dĂ©terrĂ©s, un excellent matĂ©riau, paraĂ®t-il, comme papier d’emballage alimentaire. Juteuse initiative dans le domaine de l’American Way of Life qui a mal tournĂ© pour cause d’Ă©pidĂ©mie de cholĂ©ra !
Mais les ennemis les plus acharnés furent nos ancêtres, anthropophages nécrophages, consommateurs de cadavres aromatisés.
Sous forme de poudre, de liqueur ou de pâte, et sous la forme de mumie, elle est inscrite au Codex des medicaments pour traiter les abcès, les dĂ©sordres du foie, de la rate et de l’estomac….
Les momies entières ou déjà conditionnées embarquaient depuis Alexandrie sur des bateaux vénitiens ou portugais à destination de la France, premier consommateur mondial de la friandise.
Lyon était la plaque tournante de cette industrie pharmaceutique, avec la bénédiction occulte du Primat des Gaules.
Mais à ce régime, la matière première vint à manquer.
Alors, on en fabriqua !
En Égypte d’abord, oĂą les charognes humaines ne manquaient pas en ces Ă©poques troublĂ©es, puis en France, en rĂ©cupĂ©rant les cadavres des hospices, des lazarets, des sans famille et des suppliciĂ©s.
Le médecin Guy de la Fontaine découvrit avec horreur ces procédés contraires aux usages commerciaux et pas très hygiéniques, surtout quand les défunts contemporains avaient succombé à la peste, au choléra ou à quelque gangrène bien purulente.
Il dĂ©crivit mĂŞme comment les escrocs de l’Ă©poque donnaient un coup de vieux Ă ces cadavres trop frais pour en faire d’irrĂ©prochables momies, bien patinĂ©es…, un peu comme les Ă©bĂ©nistes de talent fabriquent des faux Louis XIII !
En dehors mĂŞme de toute considĂ©ration gastronomique ou pharmaceutique, vous noterez que la mĂ©thode Ă©gyptienne, la saumure, est rĂ©putĂ©e comme l’une des plus efficaces.
Mais on connaĂ®t d’autres techniques de conserves mortuaires…
Le sable sec, c’est la mĂ©thode des Indiens prĂ©-incaĂŻques du PĂ©rou ou celle qui a permis, involontairement, il y a quelques milliers d’annĂ©es en Chine, de conserver un mystĂ©rieux cadavre d’homme blanc.
La boue collante qui perturbe la fermentation et la putréfaction cadavérique.
C’est celle des Indiens Chichorros d’Arica, sur la cĂ´te pacifique du Chili.
Il y a le tannage qui conserve par l’action de la boue acide peu oxygĂ©nĂ©e des marais .Il existe aussi des conservations par des phĂ©nomènes inconnus, comme pour les cadavres de San Bernardo en Colombie.
Autre méthode de conservation qui a fait ses preuves : la congélation.
C’est ce qui se passe au Groenland, oĂą la chaĂ®ne du froid n’est jamais interrompue.
Et enfin, une mĂ©thode peu recommandable, puisqu’il faut dĂ©sosser l’individu, c’est la fabrication des tantzas ou tĂŞtes rĂ©duites comme le font par exemple les Jivaros, les Munduruku ou les Parintintin des rios Tapajoz et Madeira en Amazonie.
Technique qui s’apparente au pot-au-feu puisqu’il faut faire revenir longuement l’objet dans un bouillon d’herbes aromatiques avant de le dĂ©sosser.
Si vous voulez conserver une noble tĂŞte ( de votre femme par ex ), n’oubliez pas de coudre ou de clouer la bouche et les yeux, comme le faisaient les indiens, afin d’Ă©viter que son mauvais esprit ne vienne vous tourmenter la nuit.
Il y a même des philosophes qui ne conservent rien du tout, comme les bouddhistes tibétains qui nourrissent les vautours et font moudre les os récurés pour en faire de la farine.
C’est une mĂ©thode Ă©lĂ©gante pour garder la terre propre et Ă©viter aux survivants des ennuis mycologiques dont vous n’avez pas idĂ©e.
Et pour finir, je vais vous donner gratuitement une petite leçon d’embaumement selon la mĂ©thode Ă©gyptienne, ça peut toujours servir, et c’est mieux que l’empaillage….
Il fallait agir vite ( à cause des mouches ! ): les dépouilles royales étaient prises en main, encore tièdes, par des équipes hautement qualifiées.
Après les cĂ©rĂ©monies rituelles, les incantations, les prières, les lavages purificateurs, l’embaumement Ă©tait une opĂ©ration complexe qui commençait par l’extraction du cerveau ( ou plutĂ´t d’une bouillie de cerveau ) Ă l’aide d’un crochet de bronze, Ă l’extrĂ©mitĂ© en forme de cuiller ou de curette, plantĂ©e Ă travers la narine.
Cet organe était sans valeur pour les Égyptiens, et donc jeté aux immondices.
Le coeur, organe noble, siège de la pensée et de toutes les vertus, était laissé en place.
Enfin les viscères Ă©taient conservĂ©es dans des canopes, sortes de cruches, ou d’urnes, une pour le foie, une pour l’estomac, une pour les poumons, une pour l’intestin, chacune Ă l’Ă©ffigie d’un des quatre enfants d’Horus : Amset, Hapi, Douamoutef, Qebensouf.
Quand au corps, dont il ne reste que la peau, les muscles et les os, il sera plongé pendant 70 jours dans le natron.
Cette espèce de saumure, provenant du lac Natroun, contient du chlorure de sodium et du carbonate de sodium.
Puis la momie sera lavĂ©e, enduite des onguents traditionnels Ă base de genĂ©vrier et d’Ă©pices diverses, bandelettĂ©e, placĂ©e dans les sarcophages ou cuves de cèdre, de granit ou de grès, en attente de la rĂ©surrection de la chair – ou de l’intrusion d’un archĂ©ologue ….
Revenons maintenant dans cette fameuse Vallée des Rois.
Howard Carter cherche désespérément le tombeau de Toutankhamon, et dans quelques jours sa concession sera terminée.
Un matin, il contemple rĂŞveusement les ruines d’un village de huttes qui abritaient autrefois les ouvriers de la nĂ©cropole.
Soudain, il rĂ©alise que personne n’a jamais songĂ© Ă creuser sous ces huttes qui datent du chantier funĂ©raire du pharaon RamsĂ©s VI, sous la 19e dynastie, donc après l’ensevelissement de Toutankhamon.
Sur ces indications, les fellahs grattent le sol, et, boum ! immĂ©diatement on dĂ©gage une dalle, puis en quelques jours un escalier de seize marches qui s’enfonce dans le sol.
On dĂ©couvre alors une autre dalle, verticale, surmontĂ©e d’un linteau de marbre et fermĂ©e par un sceau : le chien d’Anubis sur les 9 ennemis de l’Egypte.
Emotion de Carter : ce sceau, c’est celui d’une tombe royale !
On perce un trou dans la muraille et une bouffĂ©e d’air tiède s’en Ă©chappe.
L’archĂ©ologue connaĂ®t cette odeur caractĂ©ristique.
Il lui a mĂŞme donnĂ© un nom poĂ©tique : c’est le renfermĂ© des tombeaux.
On abat les murailles.
On franchit un couloir jonchĂ© de gravats et de dĂ©bris de poteries et on arrive devant une 2e porte surmontĂ©e d’un sceau royal qui porte le nom entier du pharaon dont Carter poursuit l’ombre depuis 1908 : NĂ©bkĂ©pĂ©rourĂ© Toutankhamon.
Carter perce un trou dans le mur, Ă©largit la brèche, glisse une bougie dont la flamme vacille sous l’effet d’un air chaud.
Il se penche et reste muet.
Lord Carnavon s’impatiente : ” Mais enfin, parlez, est-ce-que vous voyez quelque chose ? ”
Et Carter rĂ©pond cette phrase devenue cĂ©lèbre : ” Oui, des choses fantastiques ! ”
FrĂ©nĂ©tiquement, les chercheurs dĂ©foncent la muraille et pĂ©nètrent dans une grande salle encombrĂ©e de sièges dorĂ©s entièrement sculptĂ©s, de statues, d’un trĂ´ne Ă©tincelant d’or et d’argent, de coffrets incrustĂ©s de pierreries, de vases d’albâtre…
Il leur faudra 5 ans pour visiter toute la tombe….
Quelques mois plus tard, après des difficultés administratives, les archéologues vont pénétrer plus avant dans le tombeau.
Lord Carnavon et Carter ont reçu une vingtaine d’invitĂ©s qui se pressent dans l’antichambre .
Nous sommes le 19 février 1923 et Carter donne les premiers coups de barre à mine vers la chambre funéraire.
Lord Carnavon n’assistera jamais Ă l’ouverture de la chapelle.
Le 6 avril 1923, le Figaro annonce sa mort : ” Les Ă©vĂ©nements ont donnĂ© raison aux prĂ©dictions des fellahs . Ainsi se trouvent rĂ©alisĂ©es les menaces des grands prĂŞtres Ă©gyptiens contre les profanateurs de momies .”
Dans les semaines qui suivent la résurrection médiatique de Toutankhamon, de nombreuses personnes vont quitter ce monde de façon inexpliquée.
C’est la vengeance du pharaon contre les profanateurs de sa tombe, c’est la malĂ©diction, disent les initiĂ©s.
La malédiction !
Nous allons maintenant jeter un coup d’oeil sur le catalogue mortuaire, en quelque sorte le palmarès de la momie, l’arme fatale est en marche !
Cet enfant innocent, serait donc responsable de morts violentes, parfois horribles, qui ont frappé les visiteurs de son tombeau.
Quelles sont les victimes ?
En premier lieu, bien sûr, Lord Carnavon.
Vers le milieu du mois de mars 1923, la maladie s’Ă©tait dĂ©clarĂ©e brutalement : fièvre Ă 40°, frissons, maux de tĂŞte, sueurs, malaises.
Les mĂ©decins avaient accusĂ© une piqĂ»re de moustique Ă la face, qui s’Ă©tait infectĂ©e, provoquant un Ă©rysipèle.
Les jours suivants, une pneumonie s’Ă©tait dĂ©clarĂ©e.
Lord Carnavon fut mis sous oxygène, mais le coeur se dĂ©compensa et ainsi mourut, en pleine gloire, dans des circonstances dignes d’un film d’Ă©pouvante, l’un des hĂ©ros de la VallĂ©e des Rois.
Pour les autres victimes les choses se compliquent.
Certains chroniqueurs annoncent 21, 25, voire mĂŞme 34 cadavres.
Il y a lĂ surtout des gens qui succombent Ă une pneumonie asphyxiante, peu de temps après leur sĂ©jour dans le tombeau ( Lord Carnavon, Breasted, Pr. La Fleur, Georges BĂ©nĂ©dicte, le milliardaire Jay-Gould, etc…), mais aussi des pendus, des brĂ»lĂ©s vifs, des poignardĂ©s, sans parler des hĂ©morragies cĂ©rĂ©brales, des embolies, des morts brutales inexpliquĂ©es, des maladies fulgurantes ou des maladies de langueur, voire mĂŞme des infections gĂ©nĂ©ralisĂ©es.
Pour Richard Bethell, secrĂ©taire d’Howard Carter, l’horreur confine au Grand Guignol.
Il meurt subitement, à peine âgé de 48 ans, et les partisans de la malédiction se déchaînent .
“On trouva Bethell mort dans son lit, le visage marquĂ© d’Ă©pouvante . Lorsque, Lord Wesbury apprit la mort de son fils unique, il se jeta par la fenĂŞtre . Lors de l’enterrement, le corbillard Ă©crasa un petit garçon sur la route du cimetière . La mort abattra de ses ailes quiconque dĂ©range le repos du pharaon .“
Howard Carter lui, ne s’est pas fait très vieux, mais il est mort en 1939 de la malĂ©diction de la bouteille : la cirrhose du foie.
A ce stade, il y a tout de mĂŞme une question qui se pose.
Pas une question, la question.
Finalement, ils sont morts de quoi, ces braves gens ?
Alors lĂ , pendant des annĂ©es, les amateurs d’Ă©sotĂ©risme et d’hermĂ©tisme vont s’en donner Ă coeur joie.
Et on va lire dans la presse les théories les plus extravagantes.
Première hypothèse, évidemment, la Malédiction sensu stricto.
Il faudrait admettre que les prêtres égyptiens détenaient des pouvoirs magiques pour conjurer la violation et le pillage des tombes.
Cependant, les voleurs n’Ă©taient pas impressionnĂ©s par ces menaces solennelles, et ils ont pu opĂ©rer pendant des millĂ©naires, gĂ©nĂ©ration après gĂ©nĂ©ration, anĂ©antissant des milliers de momies et des dizaines de milliers de bijoux et d’objets d’art.
En ce qui concerne la malĂ©diction de Toutankhamon, c’est Conan Doyle, qui le premier, lança la lĂ©gende des influences malĂ©fiques.
Puis un occultiste, se disant archĂ©ologue prĂ©tendit que Carter avait trouvĂ©, Ă l’entrĂ©e du tombeau, une tablette portant l’inscription suivante : “Que la main qui se lève sur ma dĂ©pouille soit dessĂ©chĂ©e . Que soit dĂ©truits ceux qui s’en prennent Ă mon nom, Ă ma demeure, aux images faites Ă ma ressemblance .“
Howard Carter, qui frĂ©quentait assidĂ»ment le bar du Winter Palace Ă Louxor, oĂą il passait ses journĂ©es avec les touristes fortunĂ©s et les Ă©crivains Ă la mode, en rajoutait chaque jour un peu plus sous l’effet du whisky.
Cependant, quand il Ă©tait Ă jeun, c’est Ă dire le matin de bonne heure, il avouait volontiers qu’il n’avait jamais vu de tablette et jamais d’imprĂ©cation….
Des histoires de malĂ©dictions de pharaons, on pourrait en raconter des dizaines…
En voici une : En avril 1912 le transatlantique Titanic heurte un iceberg au sud de Terre-Neuve et coule, entraĂ®nant dans la mort 1500 passagers….
Et la momie d’une voyante de la 18e dynastie qui s’en allait exercer ses talents en AmĂ©rique, malencontreusement se trouvait derrière la cabine du commandant.
L’aura de la magicienne aurait perturbĂ© l’esprit du seul maitre après dieu et l’aurait conduit Ă jeter le paquebot contre l’obstacle, affirment les “experts”.
Une autre thĂ©orie toxique a Ă©tĂ© soutenue par la presse anglaise dans sa grande exaltation : c’est le venin de cobra qui a tuĂ© les archĂ©ologues…
Amusant, et inquiĂ©tant pour les herpĂ©tologues, mais le cobra frappe toujours de haut en bas après s’ĂŞtre dĂ©ployĂ©, c’est Ă dire pratiquement toujours aux jambes, et non aux visage, comme l’aurait Ă©tĂ© Lord Carnavon ( Ă moins qu’il n’ait fait quelques siestes dans la tombe ).
D’ailleurs, quand le cobra mord ça fait mal, et si tant d’archĂ©ologues avaient Ă©tĂ© mordus, on l’aurait su.
Un archĂ©ologue mordu, c’est comme vous et moi, ça crie :”Aaaaahhh !!! “, mĂŞme s’il est Anglais. Et le venin tue rapidement, par neurotoxicitĂ©.
Il n’entraine jamais de congestion pulmonaire et encore moins une Ă©pidĂ©mie de morts mystĂ©rieuses, hĂ©rĂ©roclitement suspectes.
Les gaz mortels…, autre thĂ©orie “fumeuse”…
Ce seraient les embaumeurs de Toutankhamon qui auraient imprĂ©gnĂ© les bandelettes de la momie avec de l’huile d’amande douce qui s’est transformĂ©e en acide cyanhydrique mortel.
Cette théorie extravagante néglige quelques évidences.
La plus indiscutable c’est que l’acide cyannhydrique se dĂ©compose rapidement en thiocyanates. Et en admettant qu’il ait pu se conserver plus de 3000 ans, il tue instantanĂ©ment, et aucun archĂ©ologue n’est tombĂ© foudroyĂ© dans la tombe, comme les agents secrets de la 2e guerre mondiale : la capsule de cyanure sous la dent creuse, croc et couic !
La bougie fatale…, grande thĂ©orie imparable, mais la flamme vascille !
Les prĂŞtres Ă©gyptiens auraient laissĂ© se consumer dans le tombeau une bougie dont la cire Ă©tait enduite d’arsenic.
Malheureusement l’invention de la bougie est beaucoup plus tardive !
Et on n’a jamais trouvĂ© la moindre moignon de bougie, pas la moindre tache de cire ou de paraffine dans le tombeau et pas d’arsĂ©niate dans la momie.
Le blĂ© toxique…, autre explication “imparable” !
Les prêtres égyptiens, particulièrement doués en préparations magistrales, utilisaient des capsules à base de blé parasité par Claviceps purpurea .
“Ces capsules auraient libĂ©rĂ© un gaz toxique qui provoque une maladie appelĂ©e ergot de seigle, se manifestant par une paralysie progressive et l’aliĂ©nation mentale .”
ThĂ©orie particulièrement stupide : le champignon est toxique quand on l’avale, mĂ©langĂ© Ă la farine, il n’est Ă©videmment pas gazeux, et le dĂ©lire pseudo-scientifique sur le Feu de St Antoine, Mal des Ardents ou Gangrène des Solognots est aussi stupide que consternant.
D’ailleurs, si quelques Ă©gyptologues sont morts Ă©touffĂ©s, aucun n’a fini manchot ou cul-de-jatte en convulsant.
Merveilles des merveilles, de plus en plus fort, voici maintenant l’oignon toxique, Haemanthus toxicarius.
Les Haemanthus sont des plantes originaires d’Afrique du Sud appartenant Ă la famille des Amaryllis.
Leur consommation a pu provoquer quelques sévères diarrhées et vomissements incoercibles chez les apôtres du naturel.
Yves Naud suppose que les objets et surfaces murales des tombeaux ont Ă©tĂ© enduits de jus d’oignon ….
“Les tempĂ©ratures dans les hypogĂ©es atteignant parfois 50°, il n’est pas exclu que les chercheurs aient transpirĂ© . Ni par ailleurs qu’ils se soient Ă©corchĂ©s en dĂ©plaçant des objets .“….
Par contre, il est très logique, et très vraisemblable, d’imaginer les Ă©quipes funĂ©raires, les grands officiers, les prĂŞtres et les notables, avec leurs cageots d’oignons d’Afrique du Sud arrivĂ©s par la dernière caravane, frottant les murs et les meubles, et pourquoi pas la momie, sans doute en pleurant ?
Voici maintenant la thĂ©orie de l’air confinĂ© et de l’air polluĂ©.
Les pseudo-scientifiques de l’Ă©poque penchèrent pour une asphyxie due Ă la prĂ©sence de gaz toxiques par dĂ©composition du corps, des nourritures, des objets putrescibles : mĂ©thane, hydrogène sulfurĂ©, oxyde de carbone …
Si le confinement ou l’empoisonnement de l’air est responsables de la mort des Ă©gyptologues, ils auraient succombĂ© d’une manière extrĂŞmement brutale comme les viticulteurs dans leur cuve de fermentation…. et pas dans leur lit.
N’oublions pas le rayon de la mort !
Les anciens Ă©gyptiens auraient connu les lois de la radioactivitĂ© et auraient recouvert le sol des tombeaux avec de l’uranium…
Un savant plus intelligent que les autres a demandé au principal intéressé, à celui qui était dans la tombe avant les archéologues, Toutankhamon bien sûr.
Grâce au compteur Geiger, on sait maintenant la vérité.
Les champignons que l’on mange sont parfois radioactifs, pas la momie de Toutankhamon !Â
Alors on se tourna, plus sérieusement cette fois, vers une théorie infectieuse, mettant en cause des germes, des virus ou des parasites.
L’innĂ©narable Vandenberg affirma que les Ă©gyptiens avaient des connaissances en microbiologie qui leur aurait permis de faire coloniser la tombe, je cite, par des bactĂ©ries mortelles d’un type particulier (?).
Des gens plus sĂ©rieux en apparence Ă©mirent l’hypothèse d’un virus endormi.
Ce qu’on appelle virus endormi, en mĂ©decine, est un Ă©lĂ©ment infectant qui peut rester silencieux des mois, voire mĂŞme des annĂ©es.
Un virus de la rougeole, par exemple, peut survivre des annĂ©es, parfois plusieurs dizaines d’annĂ©es dans un cerveau humain.
Mais 3300 ans, quelle santé !
Et la thĂ©orie du virus endormi dans une momie est d’autant plus ridicule que les virus pathogènes pour l’homme ne peuvent survivre que dans des milieux vivants.
Pas dans les chairs mortes conservées dans la saumure.
Sinon, il faudrait se méfier des jambons de montagne ou des morues salées.
Alors, peut-ĂŞtre un parasite ?
On invoque l’ankylostomiase, une maladie qui avait frappĂ© les mineurs dans les mines de charbon du nord de la France ( la gourme des mineurs ).
L’ankylostome, c’est un nĂ©matode parasitaire Ă pĂ©nĂ©tration transcutanĂ©e, favorisĂ©e par le manque d’hygiène et surtout la contamination fĂ©cale.
Les conditions écologiques égyptiennes ne conviennent évidemment pas à cet animal.
Alors, quelques-uns incriminent les acariens terrestres de transmettre on ne sait quelle étrange maladie.
Cette thĂ©orie est tombĂ© Ă l’eau.
L’animal, comme celui qui fut identifiĂ© en 1962 sur une momie, n’Ă©tait qu’un aimable acarien de la poussière, ce qui prouve au moins une chose : le mĂ©nage laissait Ă dĂ©sirer…
La théorie de la maladie copte a été décrite en 1962 par 2 médecins égyptiens, qui ont observé une mystérieuse affection frappant les employés du service des antiquités .
“Cette maladie atteint les sujets en contact avec les momies coptes dont les cadavres sont propices au dĂ©veloppement et Ă la croissance des germes . Les coptes, en effet, ne sortaient pas les viscères des cadavres .”
Les 2 mĂ©decins avaient remarquĂ© que ces momies coptes se couvaient d’un dĂ©pĂ´t blanchâtre .
Ils firent des prélèvements et des moisissures se développèrent dans les cultures ( notamment Aspergillus niger et Alternaria tenua ).
Là , semble-t-il, ils passèrent très près de la vérité.
Mais peu après, on découvrit un virus dans une momie.
Les partisans du virus endormi triomphèrent , mais il fallut vite dĂ©chanter : on identifia le virus de la grippe et l’employĂ© qui se permettait de tousser sur les pharaons fut sĂ©vèrement rĂ©primandĂ©.
Et voici enfin une explication cohĂ©rente qui satisfait Ă la fois les mĂ©decins et les Ă©gyptologues, la bonne thĂ©orie : la maladie mortelle de la tombe, c’est l’histoplasmose.
On doit la lumière Ă un mĂ©decin d’Afrique du Sud, le Dr Dean, qui soigna un ingĂ©nieur victime d’une pneumonie gravissime alors qu’il sortait d’une grotte oĂą il avait Ă©tudiĂ© le guano de chauve-souris.
L’agent responsable, identifiĂ© sur des Ă©chantillons de sang et de crachats expĂ©diĂ©s aux États-Unis, est Histoplasma capsulatum, un champignon tellurique dimorphique responsible de la maladie de Darling, dĂ©crite au Panama en 1908.
Dean est intrigué par les analogies qui existent entre le drame de son malade et les accidents mystérieux qui ont frappé les explorateurs des tombeaux Incas ou Mayas, également la mort étrange de spéléologues à Cuba et en Afrique du Sud, après un séjour plus ou moins prolongé dans les grottes.
Selon Dean, toutes ces victimes ont succombé à une histoplasmose, et les archéologues de la Vallée des Rois aussi.
Le champignon peut se développer dans la fiente de pigeon, mais plus facilement encore dans les excréments de chauve-souris.
Enfin, le coupable de l’Ă©pidĂ©mie qui a dĂ©cimĂ© les archĂ©ologues est donc identifiĂ© !
Il y a toute de même un petit ennui : cette théorie est fausse.
Elle n’est mĂŞme pas vraisemblable.
Il n’y a jamais eu de chauve-souris dans le tombeau de Toutankhamon, hermĂ©tiquement fermĂ© depuis des millĂ©naires.
Et il y a un argument bien plus sĂ©vère : l’histoplasmose n’a jamais Ă©tĂ© retrouvĂ©e dans la VallĂ©e des Rois, et d’ailleurs nulle part en Égypte.
Elle n’existe qu’en Afrique du Sud.
Nous voici donc revenus à la case départ.
Ce qui prouve bien qu’il ne faut jamais croire sans discuter ce qui est Ă©crit dans les livres et encore moins dans les journaux.
Les coupables appartiennent bien, pourtant, au monde des champignons.
Il faudrait pour rĂ©soudre cette question prendre en main une momie et l’Ă©tudier sous toutes les coutures.
Cette étude a pu être réalisée en France lors de la restauration de la momie de Ramsés II en 1981.
L’analyse fongique de la momie rĂ©vèle la prĂ©sence d’Ă©lĂ©ments de propagation de nombreux champignons dans la plupart des sites Ă©chantillonnĂ©s aussi bien en surface que dans la cavitĂ© abdominale.
Surprise !
Certains inocula vont pousser rapidement et donner naissance Ă des champignons inattendus.
Par exemple un basidiomycète, et même un aphyllophoromycetidae.
On trouve mĂŞme des coprins fimicoles, horreur, quand on pense qu’un locataire habituel des excrĂ©ments s’est installĂ© chez Mr RamsĂ©s II, qui fut un dieu vivant.
D’autres prĂ©lèvements, mĂŞme en couches profondes, sont de vĂ©ritables exsiccatas…., ils permettent d’identifier de nombreux ascomycètes, phycomycètes, hypomycètes, adèlomycètes ou actinomycètes thermophiles.
Deux questions se posent maintenant, la première est relative Ă l’humiditĂ© nĂ©cessaire pour la poussĂ©e de ces champignons, la seconde concerne leur pouvoir pathogène.
La tombe pouvait-elle ĂŞtre suffisamment humide pour abriter des champignons ?
Écoutons Howard Carter :”C’est un grand dommage que cette tombe ait souffert d’une humiditĂ© ayant filtrĂ© Ă travers les fissures du calcaire . Les objets en cuir Ă©taient dĂ©tĂ©riorĂ©s, ainsi que les chairs de la momie, changĂ©s en bouillie noirâtre .”
Donc : tombe malsaine, travail d’embaumeur bâclĂ© et pharaon moisi !
Il y avait aussi des moisissures sur les murs ainsi qu’en tĂ©moignent les photos des rares fresques.
“Des cultures de champignons apparaissaient sur les murs de la chambre funĂ©raire, oĂą elles Ă©taient si nombreuses qu’elle causaient un grand dĂ©figurement. Il règne dans ces sĂ©pultures un air suffocant . InfestĂ©e des exhalaisons des cadavres, une poussière fine s’Ă©lève sous les pas et irrite les poumons .“
Les champignons prĂ©sents dans ces poussières et identifiĂ©s dans la momie de RamsĂ©s II Ă©taient-ils rĂ©ellement dangereux pour l’homme ?
Oui, la preuve en a été apportée en 1985 par le Dr Stenger-Philippe.
La maladie des archĂ©ologues, c’est une pneumonie Ă prĂ©cipitines ou alvĂ©olite allergique axtrinsĂ©que ( A.E.E.), un conflit immuno-allergique dĂ» Ă l’inhalation de particules d’origine animale ou vĂ©gĂ©tale dotĂ©es de propriĂ©tĂ©s antigĂ©niques.
L’affection se caractĂ©rise par une pneumonie aiguĂ«, aujourd’hui rĂ©versible et le plus souvent curable par un traitement antibiotique, autrefois au-dessus de toute thĂ©rapeutique.
C’est exactement la pathologie prĂ©sentĂ©e par Lord Carnavon et une douzaine d’archĂ©ologues dĂ©cĂ©dĂ©s.
La tombe contenait deux sortes d’antigènes, d’origine vĂ©gĂ©tale d’abord ( poussière de bois, de terreau, de fleurs, de cĂ©rĂ©ales, dĂ©bris de lin, de coton, de chanvre ) et surtout provenant de ces innombrables ĂŞtres vivants qui sont Ă la limite des mondes vĂ©gĂ©tal, fongique et animal.
Bien entendu, ce sont les particules allergéniques fongiques de la tombe qui ont tué, pas les champignons, morts depuis longtemps.
La seule vraie malĂ©diction c’est celle qui a frappĂ© le petit roi, assassinĂ© au printemps de sa vie, effacĂ© ensuite de la mĂ©moire des hommes afin qu’il ne puisse plus voyager Ă travers les cieux remplis d’Ă©toiles pour retrouver son ba, son âme fugitive.
Le successeur du petit roi, et son assassin, le pharaon Horenheb, a tentĂ© de le dĂ©truire Ă jamais, mais on sait maintenant que si Toutankhamon a retrouvĂ© son nom et son droit Ă l’Ă©ternitĂ©, conformĂ©ment Ă la religion, c’est grâce Ă la dĂ©couverte des Ă©gyptologues de l’Ă©quipe Carter et Carnavon.
Ce n’est pas lui qui a maudit et tuĂ© ses bienfaiteurs.
Les journalistes en mal de sensationnel ont inventĂ© l’imprĂ©cation des tombeaux contre les profanateurs, mais ils n’ont jamais citĂ© la phrase gravĂ©e sur le cercueil du pharaon : “Nuit, Ă” mère, Ă©tends sur moi tes ailes, comme les Ă©toiles Ă©ternelles .“
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