“Dont acte”…
L’expression “Dont acte”, est une formule utilisée dans le langage juridique pour indiquer qu’une information a été retenue qui pourra être utilisée ultérieurement, pour ou conte-vous. signifie également “Prenez bonne note de la chose” ou “Tenez-vous-le pour dit”, avec une connotation impérative. En résumé, “Dont acte” est une manière de signaler qu’on a pris en compte un fait ou une information… Malgré ce commentaire introductif débutant cet article, si vous avez l’intention de créer un WebSite/MagZine comme celui que vous scrutez présentement, tout d’abord, laissez votre esprit vagabonder, abandonnez-vous à toutes les pensées stupides et subtiles, entretenez avec vous même un rapport narcissique masochiste, étudiez-vous dans chaque situation, regardez-vous faire et écoutez-vous parler.. Ensuite, buvez intelligemment deux litres d’alcool par jour minimum et mangez très gras et très sucré. Pour éliminer les calories, pratiquez le sexe aussi souvent que possible. En cas d’impossibilité, masturbez-vous et ne soyez pas angoissé par la page blanche. Pensez à une mort prochaine par suicide en cause de votre impossibilité psychologique plus que matérielle de vous abonner pour 1 euro à ce super website ChromesFlammes, une attitude qui ne vous laisse pas vraiment le choix… Ne vous souciez pas trop, du moins au début, des règles de construction. Essayez de prendre des notes. J’ai constaté pour ma part que les transports en commun (train, bus, métro) donnaient souvent lieu à de fameuses idées.
Par conséquent, déplacez vous en transport en commun, muni d’un calepin et d’un crayon, mais aussi d’un ticket validé car la resquille crée une anxiété néfaste pour l’inspiration. Lisez un journal du matin, dans un café glauque, sinon populaire, où s’abreuvent les cas sociaux du quartier. Cela accentuera l’urgence de votre situation. Ne fréquentez les gens qu’individuellement. Essayez de vous sortir, par tous les moyens, de toute forme de société : entreprise, équipe, bande, surtout les bandes criminelles organisées, mais entretenez scrupuleusement toutes vos amitiés, car les amis s’avèreront utiles pour prétendre lire vos écrits (vos tapotages, car vous allez évidement recopiez quelques texticules sur le Web)… Divers internautes vous diront ou vous déposerons un texto : “Ouais, c’est pas mal, j’ai pas tout lu,c’est trop long, mais pourquoi tu causes toujours de la même chose ?”... Sur l’amour, il est préférable d’être célibataire. Mais, de par sa promesse de bonheur, son authenticité et son intuition très développée des enjeux de l’existence, la femme constitue le plus grand ennemi de l’écrivain, qui ne s’intéresse qu’aux malheurs et aux guerres, aux dilemmes moraux et à la toxicité des rapports humains. Ne vous interdisez pas, toutefois, durant la préparation d’un roman, de tomber amoureux, et de souffrir du désamour. Le désamour est le plus beau moteur, il ne fait aucun doute sur cette question.
Vous voici donc en slip trop grand avec l’élastique distendu et des tâches brunâtres un peu partouze, dégageant une haleine alcoolisée devant votre clavier et votre écran d’ordinateur sur la page Word que vous venez d’ouvrir il y a 4 heures… Vous hésitez sur la première phrase. C’est tout à fait normal. Pensez au chiffre 3… Pourquoi le chiffre 3 ? Parce qu’il est sacré. Parce qu’il donne le rythme, parce que le cerbère a trois têtes et qu’un roman n’est qu’une description de l’enfer sur terre, parce qu’on frappe trois coups au sol au théâtre, parce que la dialectique se fait en trois étapes, parce qu’une symphonie est en trois temps. Parce que la Trinité, et parce que : “C’était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar”... C’est à titre d’exemple, vous pouvez copier/coller. Les phrases coulent, à présent. Commencez par des choses triviales, simples, imaginez le verbiage d’un séducteur, la logorrhée d’un ivrogne, les bavardages d’une concierge : c’est sur ce ton là qu’il faut écrire. Les magnificences de l’âme, gardez-les pour la fin. Donnez à sentir, et créez une attente. N’oubliez pas que les mots ne vous suffiront jamais. Et qu’un texte n’est que la démonstration désespérée de l’inutilité des mots (Description de l’enfer). Bonne chance. Un bon scénariste se doit, chaque jour, de consulter le journal… et pour ainsi dire, même, les journaux, toutes les publications quotidiennes et hebdomadaires, de Charlie à Figaro, du Monde à la gazette spécialisée…
Du Courrier International au Canard enchaîné en passant par le Monde Diplomatique et Les Echos, mais aussi Le Parisien et Sud Ouest, à les lire en tous sens vous allez devenir un spécialiste débutant de la diversité désinformative, chaque support presse s’ingéniant à modifier les réalités. C’est ainsi. Les grands scénaristes se sentent obligés par devoir de sentir chaque jour la grande vibration de l’Histoire, ce carnivore jamais repu, et ce aussi bien à travers les brèves gauchistes que les panégyriques à la libre entreprise, à toutes les échelles, objectives et subjectives, capitales et régionales, un œil toujours vers le fait-divers croustillant (aujourd’hui par exemple, Ursula, la reine de l’arnaque aux retours sur dons de charité à Pfizer et Zeelinsly), Ursula, qui lutte contre l’honnêteté et la droiture en Europe et même dans le monde… En ce qui me concerne, je nourris une passion quasi amoureuse pour les journaux. Je trouve que le rapport au quotidien, est même la base de toutes choses. Et pour cette raison, j’affectionne particulièrement les journaux intimes d’écrivains, ces “Diaries glaireuses et diarrhétiques” où s’épanchent leurs corps et leurs humeurs, et parfois, aussi, entre les lignes, leur âme au sens le plus physique qui peut être donné à ce mot. Sur ce dernier point, je recommande particulièrement le “Journal” de Kafka”, sublime révélation des clés de l’œuvre de Franz, qu’on connait déjà, sur le Père et le rapport à l’Autorité sous toutes ses formes, mais aussi à l’Autorité Suprême de la Mort qu’ont si bien pressentie des kmers rouges plus tard…
Sans cynisme de ma part… Je recommande aussi le “Journal d’un séducteur”, de Kierkegaard, prodige de réflexion philosophique sur l’amour au jour le jour. Il existe aussi des publications nauséabondes dans ce sens, héritées de l’auto-fiction, je parle de “Bobin et Camus” (Renaud, pas Albert), en France, et de toute la “Chik Litt” américaine qu’on trouve sur les pages web. Ne pas confondre le quotidien et l’ennui… Qu’est-ce en effet qu’un écrivain, sinon d’être un illusionniste qui transforme l’ennui du quotidien en éternelle joie ! La vie est ainsi remarquablement mise en scène. A en faire rougir d’envie le plus chevronné des scénaristes… Les bras m’en tombent rien que d’y penser. Nos existences s’enchaînent comme d’inlassables fins suivies d’inlassables débuts, nos problématiques personnelles, nos enjeux, rebondissent en actes bien séparés… Et je me demande, aujourd’hui, plutôt ce soir, alors que je viens de résoudre un de mes plus profonds conflits, avant d’assister en direct à l’arrivée de 4 astronautes à la Station Internationale, une Française, un Américain, une Américaine et un Russe… Magnifique… Si nous cherchons à imiter la vie, ou si c’est la vie, à travers nous, cette fois simples humains, qui cherchent à imiter les belles histoires. Les bras m’en tombent. Tout se débloque. Je remercie par avance le créateur (Grand-père ? Papa ? Dieu? Un imposteur mort exilé sur une autre planète ?) qui a donné vie à ses fantasmes dans mon corps.
Comme le demandait Borges, le plus moderne de nos auteurs : “De quel livre sommes-nous les héros?”... Conte fantastique ou roman réaliste ? C’est là toute la question. Nous sommes des personnages, et plus que jamais aujourd’hui. Il suffit d’observer les répercussions des séries hospitalières sur le personnel médical pour constater que les histoires, les fictions, guident nos pas et nos manières, bien plus que la vie ne guide les histoires. La leçon de tout cela ? Sentons-nous scénaristes à chaque instant responsables de nos écrits : ce sont les comportements de demain que nous décrivons. Voyez comment les livres de science fiction d’Huxley, Bradbury ou Orwell, ont façonné les sociétés contemporaines ! “L’imaginaire, c’est ce qui tend à devenir réel.” (Breton)… Tant que les auteurs seront pessimistes sur l’humanité, l’humanité dépérira. J’attends la prochaine utopie avec impatience… J’avais tout planifié, tout prévu. L’interminable attente, les promesses du printemps, de l’été, de l’automne et le retour de l’hiver… La déception, l’errance, le danger, l’imprévu de l’amour, et la claque fatale de Madame Camarde. Moteur. Action. Ma vie ressemble à un festin virtuel de femmes, d’ivresses et de Hot Rod’s… Un désir, voilà ce que je suis et rien de plus. Toujours envie de tout, de n’importe quoi, de rien. Partir. Rester. Jouir. Boire jusqu’à plus soif. Et pleurer sur la connerie humaine des soirs de fin de semaine, tous les ivrognes, tous les célibataires et toutes les femmes perdues se retrouvent à l’endroit, pour se mettre à l’envers le plus souvent…
Une fois périmé l’espoir de ne pas finir la nuit seul(e)s. Pourquoi donc s’enterrer dans ces “endroits” sordides ? Donc je sirote et je repère deux belles plantes carnivores et vénéneuses à deux tabourets de moi. L’une sublime, l’autre à peine jolie, mais ayant un regard assassin de panthère. Je renonce à la première direct. Et joue mon rôle à fond. D’abord accrocher le regard. Pour ça, échanger deux mots avec le barman. Le faire rire, si possible. Par ricochet, un regard en direction des deux plantes vénalement vénéneuses. Ça y est. Le gland est repéré. La partie est déjà presque gagnée. Ensuite, il faut que j’ai l’air d’un milliardaire esseulé avec l’air un peu triste, venu ici à Saint-Tropez en yacht de 100 mètres pour boire un chagrin d’amour, plein d’énergie à revendre, l’air pas trop mal foutu… Vivre et mourir…“Que vida!”... jusqu’au zénith, interminable, interminable, interminable… Je crois que la réponse est assez simple, finalement. Beckett disait toujours : “J’écris pour une voix”. Il y a une inlassable voix qui vous accompagne dans toutes vos actions, qui commente vos gestes, vos émotions, ainsi que tous les spectacles gratuits du séjour terrestre. Une voix intérieure, qui n’a rien à voir encore avec la conscience, un miaulement qui cherche sa grammaire, un cri sublime qui ne demande qu’à sortir, un murmure qui voudrait imiter le frôlement des feuilles d’arbres et les derniers soupirs de ceux qui meurent, et pour finir sur cette voix je citerais Artaud qui voulait “faire entendre le son bouleversant de la matière”…
Il y a là dedans, quelque chose de cosmique, n’est-ce pas, dans cette voix, et de premier, et fondamental, une musique, l’esquisse d’un dialogue avec le créateur, le dieu de la musique. Le point de vue, ça n’a rien à voir, ou plutôt si, le point de vue se déplace d’un sens à l’autre, de l’ouïe à la vue. Le point de vue c’est ce que l’on pense de ça et ce qu’on a à dire dessus, après minuit pardon je parle “Lacanien”. C’est l’idée absurde que l’Auteur est responsable de ce qu’il écrit. Mais cette idée me plait. L’auteur a quelque chose à nous dire, il a le monde à nous faire découvrir tel qu’il le voit et tel qu’il l’entend, dans les bureaux des diffuseurs et des créateurs de tendance on appelle ça la “quête de sens”, l’auteur doit mettre du sens dans le chaos. Il y a différentes manières de le faire, le tout est d’observer, de vivre, de comprendre ce qui nous met debout sur cette terre et ce qui nous arrive quand on se couche et que l’on dort, pour ma part je suis persuadé que la vie éveillée n’est pas si éloignée du rêve et que ce qu’on appelle aujourd’hui réel n’est qu’une invention de mauvais rêveur. Le point de vue c’est la perspective morale de l’œuvre, ça peut être une invitation au massacre ou à l’orgie globalisée, peu importe, l’auteur engage sa responsabilité dans ce qu’il écrit. Donc les deux choses sont assez distinctes. S’il fallait finir sur un mauvais jeu de mot, je dirais que l’auteur est celui qui montre la voie (le point de vue) avec sa voix (la musique), comme les troubadours sur les routes moyen moyenâgeuses qui chantaient l’amour et les guerres…
Ecrire, c’est la plus belle chose du monde. C’est le plus beau cadeau que l’humanité peut faire à l’humanité. Je vous invite à continuer et à croire de toutes vos forces dans ce que vous écrivez : Je vous souhaite une belle nuit… “Ah l’amour, qu’est ce qu’on en fait de l’amour quand c’est tout ce qu’il nous reste?”... Ainsi s’exprimait le schizophrène assis de l’autre côté d’un bar, donnant l’impression de parler tout seul, mais si quiconque pouvait être dans son corps il pourrait vérifier avec certitude qu’il parle avec quelqu’un… Me réveiller à 6 heures du matin, la tête et le corps tout entier alourdis par onze nuits de stupre et l’amnésie. Sentir le long des murs divers grondements. La gorge sèche, les yeux collés, partagé entre l’impossibilité de me rendormir et l’absence totale d’envie de me réveiller. Allumer la télévision et apprendre que l’esclavage existe encore et que la guerre est loin d’être finie. Penser à tout ce qui reste à faire pour que la vie soit enfin satisfaite. S’engager dans une longue série de pensées pessimistes sur la fatalité de l’époque et l’inexorabilité du temps qui passe. Se répéter le mot échec jusqu’à ce qu’il ne veuille plus rien dire. Ouvrir les rideaux pour ne pas voir le soleil. Laisser le gris du ciel envahir ses pensées. Se dire que Baudelaire a connu a galère. Ouvrir un livre et ne pas se sentir concerné. Considérer que les travailleurs aliénés sont des sacrés veinards. Songer que les premiers cafés du quartier ouvrent leurs portes.
Se représenter les tristes figures claquant leurs prestations sociales au zinc d’un vieux rade tenu par des Chinois. Se remémorer un rêve idyllique surgi en plein sommeil paradoxal. Disserter en silence sur le principe de réalité. Tourner comme une chenille en mutation. Se dire que Kafka lui aussi a connu des réveils difficiles. Ecouter un peu de musique. Se dire que mourir est trop facile. Repenser à ses idéaux de jeunesse, engloutis comme des ruines de l’Antiquité. Imaginer qu’on aurait pu naître au Rwanda, ou en Haïti. Se chanter une berceuse. Rire de sa propre connerie. Dessiner la femme idéale. L’homme de demain. Penser à son avenir. Eteindre la télévision. Se laisser tournoyer dans le tourbillon de la mélancolie. Se connecter au flux cosmique. Penser à de bonnes résolutions. Les trouver mauvaises. Fermer les yeux. Considérer que la vie est sublime. Se réveiller tout habillé, chaussures au pied, la joue baignant dans le soleil de 16 heures, et le cerveau encore tout intoxiqué. Se remémorer l’odyssée de la veille, en spirale, les premières heures du jour comme une sucrerie féerique. Se lever, chanceler, boire un verre d’eau et battre la mesure des gargouillements de l’estomac. Sentir la faim primitive monter dans son cerveau. Enfiler une veste et choisir un chapeau. Sortir, dans le tumulte. Introduire une once de superstition dans l’instant, se rêver soudain héros d’un conte de Bukowski. Sans doute pour l’éternité, sauf imprévu.
Donc voilà. Il faut bien s’arrêter un jour. Tant pis. Tant mieux. Les idées finissent au fond des fosses océanes, brassées par les houles, brisées par les tankers et bues, au final, par des bancs innombrables. Merci aux poissons qui m’ont lu, aux espadons, aux requins, aux lottes, aux murènes, aux sardines. Merci au plancton, pixel de mer, aux algues ces clics, à l’écume des pages. Un poisson dans l’eau. Quelle connerie ! Personne ne m’a lu… Moi qui rêvais d’obnubiler sur la toile, d’enchanter, d’ouvrir des grands yeux! Mais pas assez de marques, pas assez d’événements, d’actu, de contenu. Je garde ça pour moi, dorénavant. Moi seul. Un bilan ? Quoi d’autre ? Trop de politique. un profond désespoir. L’obsession monomaniaque d’une révolution, d’un grand soir qui n’arrivera jamais sinon tous les soirs. Puisque c’est tous les soirs que s’élèvent les barricades. Dont acte… Que raconter d’autre ? Je cherche, ne trouve rien…



























