TransidentitĂ©…
Les termes techniques sont des Ă©tiquettes, et les Ă©tiquettes ont un gros dĂ©faut : quand elles simplifient trop la rĂ©alitĂ© vĂ©cue, elles la caricaturent et nous induisent en erreur. En plus, elles peuvent ĂŞtre utilisĂ©es d’une façon valorisante, pour catĂ©goriser les individus et les juger, ce qui peut empĂŞcher la comprĂ©hension des faits. Mais il faut reconnaĂ®tre qu’elles sont parfois bien pratiques car elles permettent de s’exprimer plus efficacement et de faciliter la communication, pourvu que tout le monde les utilise avec la mĂŞme signification. Les termes techniques ne sont donc pas une mauvaise chose Ă condition de les utiliser en ayant conscience de leurs limites et en prenant ses prĂ©cautions. Comme rien n’est plus propice aux malentendus qu’un terme utilisĂ© avec une certaine signification par une personne et compris diffĂ©remment par une autre, voici une liste du vocabulaire ‘technique’. Notre utilisation de ce vocabulaire se rapproche fortement de ce qui est actuellement en usage aux Etats-Unis et dans la plupart des pays europĂ©ens, et qui constitue un standard de fait dans la littĂ©rature scientifique qui s’intĂ©resse Ă la transidentitĂ©.
Bisexuel(le)- Bisexual. Personne dont l’orientation sexuelle est dirigĂ©e vers les personnes des deux sexes traditionnellement reconnus (mâle et femelle, mais il existe d’autres sexes), soit alternativement, soit simultanĂ©ment. Cette dĂ©finition ne fonctionne bien que lorsqu’on l’applique Ă des personnes cisgenre, car les personnes transgenre ne se dĂ©finissent habituellement pas par leur sexe (que la plupart d’entre elles rejettent), mais plutĂ´t par leur genre. Or, le genre n’a aucun rapport obligatoire avec l’orientation sexuelle de la personne (bien que ce rapport puisse exister, selon la personne concernĂ©e). Selon le contexte dans lequel on l’utilise, ce terme est donc assez imprĂ©cis et il vaut mieux ne pas l’Ă©riger en valeur absolue.
Cis : PrĂ©fixe latin qui signifie ‘de ce cĂ´tĂ©-ci’ ou ‘en-deçà ’.
Cisgendered – Cisgenre – Cisgender(ed). Personne dont le genre coĂŻncide avec son sexe. Par exemple une personne possĂ©dant un corps femelle et se sentant femme. Bref ce sont les gens (soi-disant) normaux que nous connaissons tous ….
Comingout – Coming-out (terme anglais pour lequel il n’existe pas d’Ă©quivalent français tout Ă fait exact ; le plus proche nous semble ĂŞtre : rĂ©vĂ©lation. Le fait de rĂ©vĂ©ler quelque chose d’intime et de gardĂ© secret Ă une personne qui n’Ă©tait pas informĂ©e (par exemple vous rĂ©vĂ©lez votre transidentitĂ© Ă votre partenaire ou Ă un ami). A ne pas confondre avec le outing, qui est la rĂ©vĂ©lation de la mĂŞme chose par de tierces personnes Ă d’autres, sans l’accord de la personne concernĂ©e (par exemple un collègue, que vous avez mis dans la confidence, va rĂ©vĂ©ler derrière votre dos votre transidentitĂ© Ă votre patron, qui n’Ă©tait pas au courant, ou pire, il vous rĂ©vèle dans les medias). Les consĂ©quences d’un outing peuvent ĂŞtre graves et très difficiles (voire impossibles) Ă corriger. Nous considĂ©rons cette pratique comme inacceptable, car elle ne respecte pas la libertĂ© de l’individu : bien que nous soyons d’avis que les personnes transgenre devraient le plus possible vivre en public, sans se cacher, nous considĂ©rons Ă©galement que chaque personne a droit Ă son jardin secret personnel, sans qu’on la force Ă se rĂ©vĂ©ler. C’est Ă vous de vous rĂ©vĂ©ler, si vous le souhaitez, ce n’est pas aux autres de le faire Ă votre place.
Drag-king – Terme anglais dĂ©signant une femme cisgenre homosexuelle qui se dĂ©guise de temps Ă autre en homme par jeu. A ne pas confondre avec une personne transgenre en gĂ©nĂ©ral et avec une travestie en particulier.
Drag-queen – Terme anglais dĂ©signant un homme cisgenre homosexuel qui se dĂ©guise de temps Ă autre en femme par jeu. A ne pas confondre avec une personne transgenre en gĂ©nĂ©ral et avec un travesti en particulier.
Dysphorie du genre – Gender dysphoria – Malaise profond induit par une incompatibilitĂ© entre le sexe et le genre d’une personne (par exemple votre corps est mâle, mais vous vous sentez femme). Ce malaise produit en gĂ©nĂ©ral le sentiment d’ĂŞtre emprisonnĂ©(e) dans un corps qui ne correspond pas Ă votre identitĂ©. La dysphorie du genre n’est pas une maladie mentale : on ne choisit pas, on ne change pas et on ne soigne pas son genre, qui est ce qu’il est. Par contre, on peut rĂ©duire la dysphorie lorsqu’elle est insupportable (elle peut mener jusqu’au suicide) en rĂ©duisant l’Ă©cart entre le corps et l’esprit par l’habillement croisĂ© (ou travestissement), les traitements hormonaux (TSH) ou la chirurgie (GRS), si nĂ©cessaire. La dysphorie du genre possède en gĂ©nĂ©ral aussi une composante sociale. Celle-ci apparaĂ®t lorsque les autres attendent de vous un rĂ´le social sexuĂ© qui n’est pas le vĂ´tre et renvoient de vous une image qui est en dĂ©saccord avec votre vĂ©ritable personnalitĂ©. Par exemple vous ĂŞtes obligĂ©e de jouer Ă l’homme au travail, alors que vous vous sentez femme. Cette dysphorie sociale mène souvent au coming-out et Ă la vie full time afin de la rĂ©duire.
Femelle – Female – Personne de sexe fĂ©minin (sans considĂ©ration de son genre).
Femme – Woman – Personne de genre fĂ©minin (sans considĂ©ration de son sexe). Il n’existe pas de ‘vraies’ femmes ni de ‘fausses’ femmes, car chaque personne a en elle une part plus ou moins grande et de fĂ©minitĂ© et de masculinitĂ©.
Femme bio(logique) – Biological woman – Synonyme de femme cisgenre. Ce terme est courant, mais en fait erronĂ©, car la biologie n’est pas seulement tout ce qui est corporel : le psychisme d’une personne transgenre est tout aussi biologique que son corps. Et nous sommes d’ailleurs tous et toutes des ĂŞtres biologiques après tout…
FtM (ou F2M) AbrĂ©viation de l’anglais female-to-male, c’est-Ă -dire littĂ©ralement femelle-vers-mâle (ce qui est exact) ou, en usage français courant ‘femme-vers-homme’ (ce qui est moins exact, mais se justifie gĂ©nĂ©ralement par le contexte plus large dans lequel on l’emploie). Personne transgenre de sexe femelle faisant des dĂ©marches pour acquĂ©rir des caractĂ©ristiques physiques mâles.
Full time – Personne transgenre (habituellement transsexuĂ©e, les travesti(e)s full time sont très rares) qui vit Ă temps plein (24 heures sur 24) et en toute circonstance (autant en privĂ© qu’en public) dans un rĂ´le sexuĂ© qui ne coĂŻncide pas avec son sexe.
Genre – Gender – Le genre est l’identitĂ© sexuĂ©e que nous avons dans la tĂŞte, l’identitĂ© sexuĂ©e que nous nous sentons. Le sentiment intime d’ĂŞtre une femme, un homme, ou n’importe quel intermĂ©diaire entre ses deux pĂ´les. Chez la plupart des personnes, le genre coĂŻncide avec le sexe, mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Le genre n’est par ailleurs pas quelque chose de blanc ou noir. Les pĂ´les homme ou femme ne sont que des simplifications utilisĂ©es socialement pour Ă©tiqueter un ensemble de traits de personnalitĂ©. Mâles comme femelles, nous avons tous et toutes certains traits de personnalitĂ© jugĂ©s typiquement fĂ©minins et d’autres traits typiquement masculins. Contrairement Ă ce qu’affirment les dogmes scientifiques traditionnels, il existe plus de deux genres dans l’humanitĂ©.
GRS (Genital Reassignment Surgery)- (Synonyme : SRS, Sexual Reassignment Surgery) terme moins prĂ©cis et ambigu dans la mesure oĂą il donne trop de poids au cĂ´tĂ© sexuel du gĂ©nital ; la signification ‘Gender Reassignment Surgery’ qu’on lit parfois pour ‘GRS’, est totalement fausse, car on ne peut pas redĂ©finir par la chirurgie le genre d’une personne !
GRS – AbrĂ©viation anglaise d’un terme pour lequel il n’existe pas de traduction française exacte. Le plus proche semble ĂŞtre chirurgie gĂ©nitale, mais on y perd le mot reassignment (redĂ©finition), qui est essentiel dans ce contexte. (Nous pourrions parler de chirurgie gĂ©nitale redĂ©finissante, abrĂ©gĂ© en CGR, mais ce terme technique, que nous venons de forger, nous semble lourd Ă l’usage) – OpĂ©ration chirurgicale lourde (d’une durĂ©e en gĂ©nĂ©ral supĂ©rieure Ă 8 heures, sous anesthĂ©sie gĂ©nĂ©rale), coĂ»teuse et souvent risquĂ©e, visant Ă construire chez une personne des organes gĂ©nitaux externes se rapprochant de ceux du sexe opposĂ©. Les rĂ©sultats (et les risques de l’opĂ©ration) varient beaucoup selon les personnes, les chirurgiens, et les techniques opĂ©ratoires. Dans les meilleurs cas, le nouvel organe gĂ©nital peut ĂŞtre parfaitement fonctionnel (sauf bien entendu pour la reproduction), source de plaisir sexuel, et la diffĂ©rence d’avec l’organe Ă©quivalent chez une personne nĂ©e du sexe opposĂ© (l’original, pour ainsi dire) peut ĂŞtre indĂ©tectable sans un examen approfondi fait par un professionnel. Dans les pires cas, l’opĂ©ration peut rater entièrement, vous laissant sans organe gĂ©nital fonctionnel du tout, ou entraĂ®nant de graves complications. Mais habituellement, si vous faites appel Ă un chirurgien expĂ©rimentĂ© en la matière, tout se passe Ă peu près bien. La plupart des personnes opĂ©rĂ©es de nos jours semblent aussi retrouver le plaisir sexuel, contrairement Ă beaucoup de personnes opĂ©rĂ©es jusque dans les annĂ©es ’70, car les techniques opĂ©ratoires ont considĂ©rablement Ă©voluĂ© depuis. La GRS ne change rien Ă votre psychisme dans la mesure oĂą ce n’est pas la chirurgie qui fait l’homme ou la femme. On a mĂŞme tout intĂ©rĂŞt Ă ĂŞtre homme ou femme avant la chirurgie (donc, Ă ĂŞtre sĂ»r(e) de son genre et de son futur rĂ´le social), sous peine de se rendre malheureux/se Ă vie.
HBIGDA – AbrĂ©viation de Harry Benjamin International – Gender Dysphoria Association. c’est un club de mĂ©decins et scientifiques qui s’imaginent savoir ce qu’il faut faire pour soigner la maladie des personnes transgenre. En fait, il s’agit du plus grand obstacle de vivre tranquilles et heureux/ses des personnes transsexuĂ©es Ă travers la planète. La HBIGDA est responsable d’un grand nombre de règles et connaissances erronĂ©es au sujet du transgĂ©nĂ©risme, dont les plus notables sont les SoC.
Habillement croisĂ© – Crossdressing – Terme qui a plus ou moins remplacĂ© transvestism, considĂ©rĂ© comme trop liĂ© Ă la sexualitĂ© par des milieux transgenre amĂ©ricains plutĂ´t prudes et bigots, il s’agit donc Ă l’origine d’un terme politiquement correct, d’un euphĂ©misme, mais qui s’est gĂ©nĂ©ralisĂ© depuis).
HĂ©tĂ©rosexuel(le) – Heterosexual – straight (Ă y regarder de près, straight est un bel exemple de terme discriminatoire et insultant, car ceux qui ne sont pas straight (droits), sous-entendu comme ça se doit, sont par dĂ©duction tordus, donc anormaux). Personne dont l’orientation sexuelle est dirigĂ©e vers les personnes du sexe opposĂ© traditionnellement reconnu (mâle ou femelle, mais il existe d’autres sexes ; cette opposition peut donc ĂŞtre très relative). Cette dĂ©finition ne fonctionne bien que lorsqu’on l’applique Ă des personnes cisgenre, car les personnes transgenre ne se dĂ©finissent habituellement pas par leur sexe (que la plupart d’entre elles rejettent), mais plutĂ´t par leur genre. Or, le genre n’a aucun rapport obligatoire avec l’orientation sexuelle de la personne (bien que ce rapport puisse exister, selon la personne concernĂ©e). Selon le contexte dans lequel on l’utilise, ce terme peut donc ĂŞtre assez imprĂ©cis, et il vaut mieux ne pas l’Ă©riger en valeur absolue.
Homme – Man – Personne de genre masculin (sans considĂ©ration de son sexe). Il n’existe pas de ‘vrais’ hommes ni de ‘faux’ hommes, car chaque personne a en elle une part plus ou moins grande et de masculinitĂ© et de fĂ©minitĂ©.
Homme bio(logique) – Biological man – Synonyme de “homme cisgenre”. Ce terme est courant, mais en fait erronĂ©, car la biologie n’est pas seulement tout ce qui est corporel : le psychisme d’une personne transgenre est tout aussi biologique que son corps. Et nous sommes d’ailleurs tous et toutes des ĂŞtres biologiques après tout…
Homosexual – Homosexuel(le) – Gay (‘gay’ est Ă l’origine un euphĂ©misme politiquement correct qui essaie d’Ă©luder le cĂ´tĂ© sexuel de la question en dĂ©signant plutĂ´t un way of life, un style de vie… mais la communautĂ© homosexuelle a commencĂ© Ă revendiquer ce terme au fur et Ă mesure qu’elle se construisait, convertissant ainsi l’inconvĂ©nient initial de ce terme (sa pudibonderie) en un avantage (le fait de dĂ©signer un phĂ©nomène social et non pas purement privĂ©). Personne dont l’orientation sexuelle est dirigĂ©e vers les personnes du mĂŞme sexe traditionnellement reconnu (mâle ou femelle, mais il existe d’autres sexes, ce terme ‘du mĂŞme sexe’ peut donc ĂŞtre très relatif). Cette dĂ©finition ne fonctionne bien que lorsqu’on l’applique Ă des personnes cisgenre, car les personnes transgenre ne se dĂ©finissent habituellement pas par leur sexe (que la plupart d’entre elles rejettent), mais plutĂ´t par leur genre. Or, le genre n’a aucun rapport obligatoire avec l’orientation sexuelle de la personne (bien que ce rapport puisse exister, selon la personne concernĂ©e). Selon le contexte dans lequel on l’utilise, ce terme peut donc ĂŞtre assez imprĂ©cis, et il vaut mieux ne pas l’Ă©riger en valeur absolue.
HRT – abrĂ©viation de Hormone Replacement Treatment ou Hormone Replacement Therapy (ce dernier usage est discutable, car il ne s’agit pas de guĂ©rir les personnes transgenre). TSH ou THS en français. IdentitĂ© de genre Gender identity. Ensemble de traits de comportement, de sentiments intimes, d’affinitĂ©s pour certaines choses qui caractĂ©risent une personne et participent Ă ce qui fait dire que cette personne se sent plus ou moins homme ou femme.
Intergenre – Intergendered – terme forgĂ© par Donna Lynn Matthew. Personne dont le genre n’est pas vĂ©ritablement dĂ©fini (ni homme ni femme), ou bien dont le genre varie. Tout le monde a le droit de se situer quelque part au beau milieu des genres, ou mĂŞme totalement en dehors du spectre habituel des genres, loin des deux pĂ´les homme ou femme. Ca existe (assez frĂ©quemment mĂŞme), ça ne fait de mal Ă personne, ce n’est pas une maladie, et ça apporte une perspective intĂ©ressante dans le dĂ©bat sur le sexe social.
Intersexuation – Intersexuation – Fait d’avoir un corps dont le sexe n’est pas clairement classifiable Ă l’aide des Ă©tiquettes mâle ou femelle. Le terme intersexualitĂ© est erronĂ©, car il ne s’agit en aucun cas de sexualitĂ©, mais bien de sexuation, c’est-Ă -dire d’identitĂ©, physique en l’occurrence. Ce phĂ©nomène est nettement moins rare qu’on ne le croit, et il peut se prĂ©senter sous beaucoup de formes : les anomalies gĂ©nitales (organes gĂ©nitaux Ă la fois mâles et femelles, ou pas clairement dĂ©finissables) sont sa manifestation la plus visible mais dans les faits la plus rare, la plus frĂ©quente Ă©tant les anomalies gĂ©nĂ©tiques, qui existent dans de très nombreuses variantes (plusieurs centaines recensĂ©es Ă ce jour), et qui ne sont souvent pas dĂ©celĂ©es (beaucoup de personnes ne savent pas qu’elles sont gĂ©nĂ©tiquement intersexuĂ©es, dont certaines qui se considèrent intuitivement comme transgenre sans savoir que cette intuition a dans leur cas une Ă©quivalence physique clairement identifiable). L’intersexuation est une variation naturelle de l’apparence humaine, pas une maladie (bien que certaines intersexuations gĂ©nĂ©tiques puissent entraĂ®ner de rĂ©elles maladies physiques). Malheureusement, les parents et la mĂ©decine ont de tout temps abusĂ© de leur pouvoir en redĂ©finissant Ă leur guise le sexe des nouveaux-nĂ©s visiblement intersexuĂ©s. Nombreux sont les cas d’enfants qui ont ainsi Ă©tĂ© mutilĂ©s Ă vie et forcĂ©s Ă vivre dans un corps qui n’est pas entièrement le leur. Nous ne les comptons pas parmi les personnes transgenre, puisque leur identitĂ© croisĂ©e a une cause physique clairement prouvĂ©e (alors que la transidentitĂ© est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ©e comme un phĂ©nomène purement psychique), mais certains combats sociaux des personnes intersexuĂ©es rejoignent ceux que mènent les personnes transgenre. Les intersexuĂ©(e)s et les transgenre sont donc socialement voisin(e)s, et parfois camarades de combat.
MtF (ou M2F) AbrĂ©viation de l’anglais male-to-female, c’est-Ă -dire littĂ©ralement mâle-vers-femelle (ce qui est exact), ou, en usage français courant homme-vers-femme (ce qui est moins exact, mais se justifie gĂ©nĂ©ralement par le contexte plus large dans lequel on l’emploie). Personne transgenre de sexe mâle faisant des dĂ©marches pour acquĂ©rir des caractĂ©ristiques physiques femelles.
Mâle – Male – Individu de sexe masculin (sans considĂ©ration de son genre).
Non-op – AbrĂ©viation d’origine anglaise signifiant non opĂ©rĂ©(e). Personne transsexuĂ©e full time, mais qui n’envisage pas la chirurgie gĂ©nitale. Certain(e)s en France appellent les non-op, et uniquement les non-op, transgenre (d’après le terme anglais transgenderists, d’un usage tout aussi douteux), en les opposant aux soi-disant vraies transsexuĂ©(e)s (qui sont supposĂ©(e)s viser impĂ©rativement la chirurgie gĂ©nitale), mais cet usage est inexact, discriminatoire, sĂ©grĂ©gatif et prĂŞte Ă confusion : pour nous, transgenre est bien, comme le veut l’usage habituel en anglais, une catĂ©gorie gĂ©nĂ©rale qui englobe toutes les sous-catĂ©gories dĂ©finies avec plus de prĂ©cision, comme les travesti(e)s ou les transsexuĂ©(e)s. Nous le rĂ©pĂ©tons une fois de plus : ce n’est pas la chirurgie qui fait l’homme ou la femme, mais le psychisme. Et nous n’apporterons en aucun cas notre support Ă des tentatives (trop frĂ©quentes d’ailleurs) de diviser la communautĂ© transgenre en catĂ©gories morales ou hiĂ©rarchies valorisĂ©es selon les prĂ©fĂ©rences des personnes concernĂ©es (du type une transsexuĂ©e pre-op vaut mieux qu’un travesti du dimanche, parce qu’elle, c’est une vraie femme, alors que lui, non ; nous entendons ce genre d’âneries monstrueuses beaucoup trop souvent Ă notre goĂ»t). Pour nous, toutes les personnes transgenre sont de qualitĂ© Ă©gale, peu importent leurs choix et cheminements personnels. Nous ne faciliterons pas la tâche de ceux qui cherchent Ă diviser pour mieux rĂ©gner.
Omnisexuel(le) – Terme que nous venons de forger, donc ne l’utilisez pas comme si la communautĂ© scientifique l’avait officiellement acceptĂ© ! (Ceci Ă©tant dit, la crĂ©ation de termes techniques inĂ©dits n’est pas interdite, et mĂŞme plutĂ´t frĂ©quente, dans les matières scientifiques.) Omnisexual serait sa forme anglaise. Personne dont l’orientation sexuelle est dirigĂ©e vers les personnes de tous les sexes possibles, soit alternativement, soit simultanĂ©ment. Ce terme a l’avantage de casser le carcan binaire traditionnel, selon lequel il n’existe que deux sexes. Entre autres, les personnes intersexuĂ©es apprĂ©cieront, car ce terme permet de les inclure au lieu de les exclure, comme c’est malheureusement le cas gĂ©nĂ©ral. Nous avons créé ce terme surtout pour souligner qu’il existe non pas deux, mais une multitude de sexes dans l’humanitĂ© (c’est un fait biologiquement vĂ©rifiable), ce qui est trop souvent niĂ© ou nĂ©gligĂ©. Cette dĂ©finition ne ‘fonctionne’ bien que lorsqu’on l’applique Ă des personnes cisgenre, car les personnes transgenre ne se dĂ©finissent habituellement pas par leur sexe (que la plupart d’entre elles rejettent), mais plutĂ´t par leur genre. Or, le genre n’a aucun rapport obligatoire avec l’orientation sexuelle de la personne (bien que ce rapport puisse exister, selon la personne concernĂ©e). Selon le contexte dans lequel on l’utilise, ce terme peut donc ĂŞtre assez imprĂ©cis, et il vaut mieux ne pas l’Ă©riger en valeur absolue.
Sexual orientation – Orientation sexuelle – Le fait d’ĂŞtre sexuellement attirĂ©(e) par une catĂ©gorie (quelconque) de personnes, ou par plusieurs catĂ©gories Ă la fois. Vous pouvez ĂŞtre hĂ©tĂ©rosexuel(le) (attirĂ©(e) par des personnes du sexe opposĂ© au vĂ´tre), homosexuel(le) (attirĂ©e par des personnes du mĂŞme sexe que le vĂ´tre) ou bisexuel(le) (attirĂ©(e) par les deux sexes ‘traditionnels’), voire omnisexuel(le) (attirĂ©(e) par tous les sexes possibles). AppliquĂ©es aux personnes transgenre, ces catĂ©gories sont Ă prendre avec beaucoup de prĂ©cautions, car elles se relativisent alors très vite. L’orientation sexuelle est indĂ©pendante du sexe et du genre : vous pouvez ĂŞtre mâle et prĂ©fĂ©rer les hommes, ou vous sentir femme dans votre tĂŞte et prĂ©fĂ©rer les femmes (donc vous sentir femme homosexuelle) malgrĂ© votre corps mâle.
Passing – Terme anglais dĂ©signant le fait de passer, d’ĂŞtre perçu(e), aux yeux des autres, en tant que membre du sexe auquel on n’appartient pas de naissance. Il n’existe pas de terme Ă©quivalent français, et l’expression la plus proche serait probablement faire illusion, utilisĂ© alors dans ce contexte prĂ©cis. L’importance du passing est gĂ©nĂ©ralement très largement surestimĂ©e, surtout par les personnes transgenre qui ne vivent pas encore leur vraie nature en public et qui craignent de se faire rabrouer ou agresser en se montrant avec un mauvais passing. Sachez que non seulement vous ferez très rarement parfaitement illusion, mais que faire illusion est de toutes façons quelque chose de très secondaire : la plupart des gens qui vous verront se ficheront totalement de votre passing et vous traiteront pareil que vous fassiez illusion Ă leurs yeux ou non. Ne courez pas après une image idĂ©ale impossible Ă atteindre, mais osez ĂŞtre vous-mĂŞme, avec toutes vos qualitĂ©s et tous vos dĂ©fauts ! Ne vous laissez pas non plus raconter par d’autres personnes transgenre que vous ne serez jamais un(e) vrai(e) transgenre ou transsexuĂ©(e) si vous n’avez pas un bon passing : ce sont des balivernes (nous sommes tous et toutes vrai(e)s de naissance, et ce ne sont pas nos apparences qui y changeront quelque chose), et les personnes qui adhèrent Ă cette position cherchent habituellement Ă vous convaincre de suivre leur propre cheminement personnel. Ces personnes ont le droit de faire comme bon leur semble, mais elles n’ont pas le droit de gĂ©nĂ©raliser leur cas (personne n’a d’ailleurs ce droit, vous non plus, et nous non plus !). Par ailleurs, leur cheminement consiste souvent chez ces personnes Ă se mettre le plus possible en conformitĂ© avec l’idĂ©ologie sociale et politique officielle (il n’existe que deux sexes : homme et femme, et tout le monde doit rentrer dans ce moule), ce qui nous semble pour le moins risquĂ© si on compte atteindre un certain bonheur personnel. Et jouer les rabatteurs/ses pour une idĂ©ologie que nous considĂ©rons nĂ©faste aux personnes transgenre est pour le moins discutable, surtout venant de la part de personnes qui sont elles-mĂŞmes transgenre.
Pre-op – AbrĂ©viation d’origine anglaise dĂ©signant une personne transsexuĂ©e n’ayant pas encore subi de GRS, mais qui l’envisage et s’y prĂ©pare.
Sexe – Sex – Ensemble de caractĂ©ristiques physiologiques et gĂ©nĂ©tiques qui font dire que telle personne est mâle ou femelle. Dans certains cas, ces caractĂ©ristiques sont ambiguĂ«s ou imprĂ©cises, on parle alors d’intersexuation. Contrairement Ă ce qu’affirment les dogmes scientifiques traditionnels, il existe plus de deux sexes dans l’humanitĂ©.
Sexe social – Social sex – CatĂ©gorie artificiellement construite par la sociĂ©tĂ©, d’habitude en se basant sur le sexe apparent et visant Ă imposer aux individus une Ă©ducation, un rĂ´le social, des codes vestimentaires et un Ă©tat civil (M./Mme. garçon ou fille) diffĂ©rents selon que l’on soit nĂ© avec un pĂ©nis ou nĂ©e avec un vagin. Les sociĂ©tĂ©s occidentales ne reconnaissent que deux sexes sociaux. Il faut ĂŞtre soit Monsieur, soit Madame, que l’on soit intersexuĂ©(e), cisgenre, transgenre, intergenre ou quoi que ce soit d’autre. Ceci afin que l’Etat puisse se mĂŞler de nos vies privĂ©es et les contrĂ´ler (franchement, quelle est l’utilitĂ© exacte pour l’Etat de savoir si vous ĂŞtes homme ou femme et de faire figurer ces mentions dans vos papiers ? justifier le budget de l’INSEE ou les prĂ©visions des programmes Ă©lectoraux ?). La rigiditĂ© du sexe social est la cause principale de la dysphorie sociale et une importante source des sentiments de honte et de culpabilitĂ© pour les personnes transgenre. C’est un outil du pouvoir phallocrate, justifiant un système patriarcal qui rĂ©serve le beau rĂ´le aux “vrais” mâles.
Shemale – Terme anglais de ‘she’ = ‘elle’ et ‘male’ = ‘mâle’) sans traduction Ă©quivalente en français. Personne transsexuĂ©e MtF, pre-op ou non-op, ayant Ă grand coups de TSH et/ou de chirurgie esthĂ©tique rĂ©ussi Ă atteindre un corps d’apparence très fĂ©minine, mais ayant conservĂ© ses organes gĂ©nitaux mâles. Objet de fantasme sexuel pour beaucoup d’hommes, qui y voient un moyen d’exprimer leur homosexualitĂ© refoulĂ©e sans s’avouer celle-ci. Source d’audience (Ă coup d’annonces racoleuses) pour la tĂ©lĂ©vision Ă sensation, d’un important gaspillage de bande passante sur Internet, et d’utopies dangereuses pour trop de personnes transgenre.
SoC – AbrĂ©viation anglaise de Standards of Care (standards des soins, sous-entendu des soins mĂ©dicaux Ă apporter aux personnes transgenre afin de les guĂ©rir de leur dysphorie du genre). Règles arbitraires dĂ©crĂ©tĂ©es par le milieu mĂ©dical de l’obĂ©dience Harry Benjamin (regroupĂ© dans la HBIGDA) qui disent comment il faut traiter la transsexualitĂ©. Le danger de ces règles extrĂŞmement rigides (purement facultatives, mais considĂ©rĂ©es Ă tort comme obligatoires par beaucoup de mĂ©decins et scientifiques) est que si elles sont suivies au pied de la lettre (ce que font les mĂ©decins qui n’ont pas envie de remettre en question leur incompĂ©tence en la matière, c’est-Ă -dire la majoritĂ©, malheureusement), elles ne s’adaptent absolument pas aux individus, tous diffĂ©rents, ce qui a notre avis est contraire Ă la dĂ©ontologie mĂ©dicale. Qui plus est, les SoC encouragent l’intĂ©gration sociale forcĂ©e des personnes transgenre en les poussant autant que possible vers la chirurgie gĂ©nitale, c’est-Ă -dire en tentant de perpĂ©tuer le partage de la sociĂ©tĂ© en hommes d’un cĂ´tĂ© et femmes de l’autre, sur base de critères gĂ©nitaux, et surtout sans vouloir autoriser rien d’autre au milieu. Les SoC traitent la matière transgenre/intergenre sous un angle purement mĂ©dical (psychiatrique, endocrinologique et chirurgical), et n’y voient qu’une maladie Ă guĂ©rir au plus vite (ce qui donne d’ailleurs une dimension politique Ă©vidente Ă ce point de vue soi-disant purement scientifique). Ces experts autoproclamĂ©s qui dĂ©crètent les SoC n’ont pas compris que la seule maladie qui concerne les personnes transgenre, ce sont les prĂ©jugĂ©s des gens qui n’arrivent pas Ă reconnaĂ®tre que le genre n’est pas quelque chose de noir ou blanc. Un cĂ©lèbre activiste gay allemand, Rosa von Praunheim, tournait en 1970 un film appelĂ© “Ce n’est pas l’homosexuel qui est pervers, mais la situation dans laquelle il vit”. Nous pouvons hĂ©las toujours dire la mĂŞme chose de nos jours des personnes transgenre.
Syndrome de Benjamin – Benjamin syndrome – d’après le Dr. Harry Benjamin (qui n’en souffrait pas, mais croyait y avoir tout compris). Synonyme de transsexualitĂ© ou de transsexualisme (nous n’approuvons pas ce dernier terme, car il flaire trop la maladie mentale). Terme intentionnellement trompeur et fourre-tout (on appelle souvent syndrome tout ce qu’on n’arrive pas Ă classer dans les catĂ©gories de maladie connues, mais on parle bien toujours de maladie) qui amène Ă classer le transgĂ©nĂ©risme parmi les maladies mentales. Malheureusement le Dr. Harry Benjamin (un des premiers Ă s’ĂŞtre intĂ©ressĂ©s aux personnes transgenre, dans les annĂ©es 50, et qui est toujours considĂ©rĂ© comme un des papes en la matière, alors qu’il n’a manifestement pas compris grand-chose aux faits) a toujours son fan club parmi les mĂ©decins, les juristes et les politiques, c’est-Ă -dire les personnes dont dĂ©pend malheureusement une grande partie de la vie publique et privĂ©e des personnes transgenre.
T (Chapeau) – terme qui englobe les TG, TV, TS et toutes les personnes qui Ă un moment donnĂ© adoptent certaines caractĂ©ristiques considĂ©rĂ©es comme propres Ă un autre sexe que le leur. On dit aussi parfois, d’une manière assez peu charmante mais pertinente, trans-quelquechose.
TG – AbrĂ©viation de transgenre, courante aussi en anglais comme abrĂ©viation de transgender(ed). Trans – PrĂ©fixe latin qui signifie de l’autre cĂ´tĂ© ou au-delĂ . Trans – AbrĂ©viation de transgenre.
TransgĂ©nĂ©risme ‘Transgenderedness’ en anglais (attention, ‘transgenderism’ a une signification diffĂ©rente, Ă savoir ‘ce qui est caractĂ©ristique des nommĂ©s ‘transgenderists”; c’est un terme que nous refusons, voir notre note sous ‘non-op’). Synonyme de ‘transidentitĂ©’. DĂ©signe aussi parfois collectivement tous les phĂ©nomènes et faits qui concernent les personnes transgenre.
Transgenre – Transgender(ed) – Sur notre site transgenre dĂ©signe une personne dont le genre ne coĂŻncide pas avec son sexe, c’est-Ă -dire, une personne qui n’est pas intersexuĂ©e mais qui a l’intime sentiment d’appartenir Ă un autre genre que celui que son corps laisserait supposer, et pour qui cet intime sentiment est durable et n’est pas la consĂ©quence uniquement de troubles psychiatriques manifestes passagers ou durables. On peut aussi citer l’image bien connue de l’homme emprisonnĂ© dans un corps de femme, ou de la femme emprisonnĂ©e dans un corps d’homme. Etre transgenre est avant tout un trait de personnalitĂ©, pas une maladie. On ne soigne pas la transidentitĂ©, mais on peut corriger dans une certaine mesure, si nĂ©cessaire, ce qui fait qu’une personne transgenre n’est pas bien dans sa peau, Ă savoir sa dysphorie du genre.
TransidentitĂ© – Transgenderedness – Le fait, pour une personne, de possĂ©der une identitĂ© de genre qui ne coĂŻncide pas avec son sexe.
Translover – Terme anglais sans traduction française exacte, dĂ©signant un homme, gĂ©nĂ©ralement cisgenre et officiellement hĂ©tĂ©rosexuel, souvent mariĂ© et père de famille, qui recherche le contact avec des transsexuĂ©es homme-vers-femme pre-op ou non-op, Ă des buts sexuels. Habituellement, ces contacts lui permettent de satisfaire son homosexualitĂ© refoulĂ©e, en faisant joujou avec un pĂ©nis sans pour autant avoir Ă frĂ©quenter de vrais hommes et ainsi passer pour homosexuel. Il s’agit donc d’une forme particulièrement pernicieuse de l’exploitation sexuelle des femmes transsexuĂ©es, car non seulement, on conforte ainsi des clichĂ©s et mensonges sociaux (un vrai homme doit aimer les femmes, pas les hommes) tout en agissant en cachette en contradiction avec ces clichĂ©s, mais en plus on force les transsexuĂ©es Ă se servir de l’organe gĂ©nital avec lequel elles sont nĂ©es et que très souvent elles dĂ©testent au point de chercher Ă s’en dĂ©barrasser au plus vite. Cela dit, certaines transsexuĂ©es (nommĂ©es shemales) utilisent la grande demande sexuelle de la part des translovers en tant que marchĂ© lucratif, afin de payer leurs opĂ©rations de chirurgie esthĂ©tique ou gĂ©nitale (mais cette dernière les met bien entendu en dehors de ce circuit commercial, car un translover ne s’intĂ©ressera en gĂ©nĂ©ral pas Ă une post-op). Dans beaucoup de pays, oĂą il n’existe pas de prise en charge des transsexuĂ©(e)s par la SĂ©curitĂ© Sociale, elles sont d’ailleurs obligĂ©es de procĂ©der de cette façon-lĂ , se faisant ainsi exploiter par des mafias organisĂ©es Ă la façon des rĂ©seaux de trafic d’ĂŞtres humains, et elles renforcent ainsi involontairement le système social bigot et rĂ©pressif dans lequel elles vivent. Bref, nous considĂ©rons le translover typique (il en existe aussi des respectueux et sympathiques, mais ils sont plutĂ´t rares) comme une vĂ©ritable plaie pour les transsexuĂ©es et pour la sociĂ©tĂ© tout court. Il existe d’ailleurs aussi des femmes translovers, qui ne font certes pas vivre toute une industrie du sexe, mais qui cherchent en revanche souvent Ă exercer une autoritĂ© maternelle marquĂ©e envers la transsexuĂ©e et qui sont souvent des donneuses de leçons très pĂ©nibles (sur le thème moi contrairement Ă toi, je suis une vraie femme, je vais te montrer ce qu’il faut faire et ne pas faire). Essayez d’Ă©viter les deux, votre bonheur personnel s’en trouvera renforcĂ©…
TranssexuĂ©(e) – Transsexuated – Terme que nous utilisons Ă la place de transsexuelle(le) (voir aussi ce terme) parce qu’il nous semble beaucoup plus adaptĂ© Ă la rĂ©alitĂ© des choses. Une personne transgenre est avant tout une personne dont le genre ne coĂŻncide pas avec son sexe, et son orientation sexuelle n’intervient en rien dans cette question d’identitĂ© personnelle. Elle cherche avant tout Ă vivre en harmonie avec son genre, qu’elle ne choisit pas et ne peut pas changer, et si cette personne fait des dĂ©marches afin de modifier son corps pour le mettre en accord avec son genre, nous parlons d’une personne transsexuĂ©e. En parlant de transsexuel(le), on comprend la question Ă l’envers et on fait passer les personnes transgenre pour des dingues qui veulent ‘changer de sexe’ pour se faire plaisir. Or, changer de sexe est non seulement impossible (on ne change pas nos gènes, notre squelette etc.), mais en plus, les personnes transsexuĂ©es ne voient lĂ -dedans aucun changement vers autre chose, mais plutĂ´t une Ă©volution vers la rĂ©vĂ©lation de leur vraie nature. D’ailleurs, on peut parfaitement ĂŞtre transsexuĂ©(e) sans rechercher la modification de ses organes gĂ©nitaux. C’est cela que certaines personnes transsexuĂ©es dĂ©sirent faire, afin de rĂ©duire leur dysphorie du genre : elles voudraient faire modifier leurs organes gĂ©nitaux, afin d’en adapter l’apparence et la fonctionnalitĂ©, autant que possible, Ă celle des organes gĂ©nitaux du sexe qui coĂŻncide avec leur genre. Il est important de souligner que très peu de personnes transsexuĂ©es subissent ce genre d’intervention pour des raisons de pur fantasme, mĂŞme si la plupart apprĂ©cient le plaisir sexuel que peuvent Ă©ventuellement leur procurer leurs nouveaux organes gĂ©nitaux. Aimer jouir de son corps n’est que trop humain, et nous y avons tous droit, les transsexuĂ©(e)s aussi. Mais c’est très rarement cela qui nous motive Ă franchir ce pas : la paix intĂ©rieure retrouvĂ©e par la rĂ©duction ou l’Ă©limination de notre dysphorie du genre pèse bien plus lourd dans la balance et constitue notre mobile principal. Le terme transsexuel(le) et l’idĂ©e qu’il vĂ©hicule, raccourcissent donc cette question gĂ©nitale Ă une question sexuelle : apparemment il n’est pas imaginable pour le grand public, et malheureusement pour beaucoup de scientifiques, mĂ©decins, juristes et politiques non plus, que vouloir changer ses organes gĂ©nitaux puisse ĂŞtre liĂ© Ă autre chose que des fantasmes sexuels. Cette incomprĂ©hension manifeste provient certes partiellement du fait que ces gens-lĂ ont sĂ»rement du mal Ă imaginer ce qu’est une dysphorie du genre, nous le concĂ©dons. Mais il est tout aussi indĂ©niable que cette incomprĂ©hension est parfaitement voulue par certaines personnes et institutions, afin d’enfermer les personnes transsexuĂ©es dans un ghetto social bien commode pour que la majoritĂ© les contrĂ´le sans avoir Ă les craindre (comme s’il y avait pĂ©ril en la demeure). En rĂ©sumĂ©, on peut donc dire que par le terme transsexuel(le), la sociĂ©tĂ© tente de marginaliser et d’exclure les personnes transgenre et transsexuĂ©(e)s, en leur collant une Ă©tiquette qui ne fait que prouver sa propre incapacitĂ© (et son absence de volontĂ©) de comprendre et d’accepter des gens qui divergent du ‘standard’. Bref, ce terme rĂ©sume Ă lui tout seul toute l’intolĂ©rance et l’abus que nous personnes transgenre subissons quotidiennement de la part de la sociĂ©tĂ© dans laquelle nous vivons.
Transsexuel(le) – Terme employĂ© Ă tort par les medias (et par consĂ©quent, par le grand public) et le milieu scientifique, mĂ©dical et juridique en lieu et place de transgenre en gĂ©nĂ©ral et de transsexuĂ©(e) en particulier. Nous considĂ©rons ce terme comme totalement inadaptĂ©, car il suggère, par analogie avec l’homosexuel(le), que la transidentitĂ© est une question d’orientation sexuelle, ce qui est parfaitement faux. Voir TranssexuĂ©(e). Certain(e)s emploient le terme transsexuel(le) plus spĂ©cifiquement pour dĂ©signer des personne transgenre post-op ou pre-op suivant un TSH (ce qui revient donc Ă dire : tu ne prends pas d’hormones et/ou tu ne comptes pas te faire opĂ©rer, donc tu n’es pas un(e) vraie transsexuel(le)). Ceci est du mĂŞme tonneau sĂ©grĂ©gatif que l’utilisation abusive du terme transgenre que nous dĂ©nonçons sous ‘Non-op’, et nous refusons donc tout autant cette utilisation-ci du vocabulaire (le terme transsexuĂ©(e) serait de toutes façons beaucoup plus adĂ©quat aussi longtemps qu’on l’utilise comme nous le dĂ©finissons, c’est-Ă -dire sans connotation sĂ©grĂ©gative). En outre, nous trouvons que cette utilisation revient Ă attacher beaucoup trop d’importance Ă l’aspect mĂ©dical du transgĂ©nĂ©risme, qui n’est, soulignons-le encore une fois, pas une maladie.
Travesti(e) – Transvestite – crossdresser – Personne qui pratique le travestissement.
Travestisme – Pratique du travestissement, en gĂ©nĂ©ral de façon ponctuelle et plutĂ´t par jeu ou fantasme (ce terme s’applique donc rarement aux personnes full time et transsexuĂ©es, qui le rejettent d’ailleurs d’habitude).
Travestissement – Le fait d’utiliser des tenues ou des accessoires vestimentaires rĂ©servĂ©s en principe, par convention sociale, aux personnes du sexe opposĂ©. Ce terme a 3 dĂ©fauts majeurs : Il est souvent utilisĂ© de façon pĂ©jorative comme malheureusement tout ce qui est considĂ©rĂ© toucher de près ou de loin Ă la sexualitĂ© (bien que ce ne soit pas forcĂ©ment le cas lorsqu’on se travestit). Il induit en erreur en crĂ©ant un amalgame entre les fĂ©tichistes ou les drag queens, qui s’habillent par jeu, d’un cĂ´tĂ©, et les personnes comme par exemple les transsexuĂ©(e)s full time, de l’autre cĂ´tĂ©, qui s’habillent pour des raisons tout Ă fait diffĂ©rentes. Enfin, s’habiller comme le sexe opposĂ© cache toujours, mĂŞme lorsqu’il s’agit de jeu, une motivation plus sĂ©rieuse et/ou une certaine affinitĂ© pour l’autre camp : se travestir est bien plus que se dĂ©guiser. La vĂ©ritĂ© n’est donc pas si cachĂ©e que cela (souvent bien au contraire : beaucoup de personnes transgenre se sentent affreusement dĂ©guisĂ©es lorsqu’elles doivent s’habiller en correspondance avec leur sexe et non pas en correspondance avec leur genre), et dans le travestissement, c’est sans aucun doute une part cachĂ©e mais bien rĂ©elle des personnes qui fait surface.
TS – AbrĂ©viation de transsexuels(e) ou transsexuel(le), courante aussi en anglais comme abrĂ©viation de ‘transsexuated’ ou ‘transsexual’.
TSH – AbrĂ©viation de Traitement Substitutif Hormonal ou de ThĂ©rapie Substitutive Hormonale (usage discutable, car il ne s’agit pas de guĂ©rir les personnes transgenre). Aussi appelĂ©e THS (Traitement Hormonal Substitutif ou ThĂ©rapie Hormonale Substitutive, mĂŞme remarque que ci-devant). Dans le contexte qui nous concerne ici, ensemble de traitements, Ă base d’hormones et/ou d’autres substances (pour contrer les effets des hormones produites naturellement par le corps), destinĂ©es Ă aider le corps Ă dĂ©velopper les caractĂ©ristiques sexuelles secondaires du sexe opposĂ© en modifiant (entre autres) son mĂ©tabolisme. Un TSH modifie aussi de façon non nĂ©gligeable votre psychisme et votre libido. A ce propos, dĂ©mystifions un peu : un TSH ne supprime pas la barbe des mâles ni les seins des femelles, ne change pas le timbre de la voix des mâles (mais fait souvent muer la voix des femelles vers le registre grave), ne modifie pas le squelette ni les gènes, et ne transforme pas les organes gĂ©nitaux. Par contre, il fait pousser les seins et redistribue la graisse corporelle chez les mâles, et, chez les femelles, il fait pousser la barbe et les muscles.
TV – AbrĂ©viation de travesti(e) courante aussi en anglais comme abrĂ©viation de transvestite.



















