1951 GAZ-20-SG1 Pobeda Sport…
En 1951 sur la base de la GAZ-M20 et sous la direction d’Alexeï A.Smoline ont été conçues trois voitures de course, ces « Pobeda Sport » officiellement désignées sous le nom de GAZ-20-SG1, étaient destinées aux épreuves sur circuit.
Cet article est la suite de : 1938 Gaz GL-1… Le premier Hot-Rod du monde est Russe !  
Gorkovski Avtomobilny Zavod, c’est-à-dire « Usine d’automobiles de Gorki », connu sous son acronyme GAZ, est une entreprise russe de construction automobile, elle est également connue sous son ancien nom d’AvtoGAZ…, ses automobiles sont un symbole de la période soviétique.
L’entreprise doit son nom à la ville de Gorki (aujourd’hui la ville a repris son nom d’origine Nijni Novgorod ) dans laquelle est implantée la majeure partie de ses centres de production qui en font un des plus importants conglomérats militaro-industriel du pays dans lequel les voitures particulières en sont la portion congrue…, le logo de la marque est un cerf, animal représenté sur les armoiries de la ville. 
S’il ne fait aucun doute que la guerre est un mal, elle est aussi génératrice de progrès scientifique et technique, ainsi des évolutions qui peuvent mettre des années à être développées en temps de paix, voient le jour en quelques mois, voire en semaines, en temps de guerre.    

Mais après la guerre et la victoire l’heure était à la désolation…, l’industrie n’arrivait pas à suivre « le plan »… et il n’était pas question de parler de voitures de sport.., pourtant, l’époque était particulièrement propice au développement du sport automobile : de nombreuses voitures de sport étrangères avaient été ramenées en URSS comme trophées de guerre…, parmi elles, on comptait plus d’une dizaine de voitures de course, les fabuleuses Auto-Union qui furent littéralement démontées jusqu’au dernier boulon par les ingénieurs russes.

Une majorité de pilotes engageaient ainsi en course des voitures étrangères qui dépassaient largement les voitures russes engagées par d’autres pilotes…, ce qui n’était pas du goût des dirigeants du pays qui ne pouvaient pas admettre que la technologie soviétique, qui avait pu surpasser l’ennemi sur les champs de batailles, se fasse dépasser par des voitures américaines, anglaises et françaises… et pire encore, par les voitures de courses voulues par le régime nazi. C’est pourquoi en décembre 1948 entra en vigueur un décret interdisant l’utilisation de voitures étrangères dans toutes compétitions se déroulant sur le territoire de l’URSS…, le motif officiel était l’accident en course d’une Auto-Union, qui avait fait des victimes.

Les ingénieurs russes choisirent un chemin difficile : augmenter l’aérodynamisme des voitures sans changements radicaux dans les moteurs, les transmissions et les châssis…, c’est pourquoi sur pratiquement toutes les voitures, les passages de roues arrière (et souvent aussi à l’avant) étaient carénés.

Les amortisseurs, les plaques d’immatriculation et d’autres pièces saillantes étaient supprimées…, on carénait les châssis…, certains participants aux compétitions (comme la Compagnie Moscovite de Taxis)… ne lésinaient pas sur les moyens et recouvraient la carrosserie d’éléments en plastique et remplaçaient les vitres par du celluloïd…, mais la mauvaise qualité de ces éléments pouvait réduire fortement la visibilité des pilotes.

Chez GAZ aussi on travaillait sur une voiture de course…, mais il fallu attendre l’arrivée en 1950 d’Alexeï A.Smoline…, âgé de 43 ans, cet ancien directeur technique de l’usine d’avions N21 de Gorki, était un spécialiste éminent en hydrodynamique des engins amphibie qui avait conçu de nombreuses hélices pour les avions ou pour les bateaux… et était spécialisé dans l’aérodynamisme des voitures de compétition. Il avait à son actif les projets suivants : – l’Aérosan à deux places (un véhicule sur patins propulsé par hélice) en 1934…, – le KSM-1 (un avion équipé d’un moteur GAZ-M) en 1935…, – l’Aérosan à six places (un véhicule sur patins propulsé par hélice) en 1937…, – le GAZ-Avia (un avion avec moteur 6 cyl GAZ) en 1938…, – les Aérosan GAZ-98 et GAZ-98K (deux transports de troupes sur patins propulsés par hélice) en 1939…,- le Gaz-Amphibia (un camion amphibie équipé d’un moteur 6 cyl GAZ) en 1943… Alexeï A.Smoline n’était donc pas le dernier venu et a pris « l’affaire » en mains.
La GAZ-M20 de série connut des changements radicaux : toit rabaissé de 160mm, carénages avant et arrière non pas en métal, comme sur les GAZ-A-Aéro et GAZ-GL1 d’avant-guerre, mais en duraluminium… et la partie arrière, dans la plus pure tradition de Nikitine est en forme de cône allongé…, de plus on remarque l’apparition sur le capot de deux « narines » pour le refroidissement du moteur.
Il fallait bien y penser : la cylindrée du moteur à arbre à came latéral de la Pobeda de série avait été augmentée à 2487cm3 et le taux de compression porté à 7,0…, on notait l’apparition de deux carburateurs K-22A…, la puissance passait donc à 75 chevaux au régime de 4100 tr/min.

La transmission et les parties roulantes ne subissaient pas de modifications significatives, mais l’arbre de transmission était désormais en deux parties…, malgré ses dimensions (Longueur : 5680mm…, largeur : 1695mm…, hauteur : 1480mm…, empattement : 2700mm)…, la voiture ne pesait que 1200kg. Bien sûr, la Pobeda Sport (ou GAZ-SG1) devait ce poids à des matériaux issus de l’aéronautique, comme le duraluminium…, la SG1, la première voiture de sport soviétique a été construite à 5 exemplaires.

En 1950, une de ces 5 GAZ-SG1 (n° de course : 11) a été utilisée par le club « Torpedo » de Gorki…, deux des cinq autres voitures du club (n° de course : 20 et 27) faisaient aussi des ravages : elles avaient le toit rabaissé et les portes et fenêtres arrière étaient condamnées…, elles restaient cependant des voitures fabriquées maison dans des conditions qui étaient loin d’être idéales.
Le meilleur des 43 équipages de la saison 1950 était le pilote essayeur Mikhaïl Metelev (équipe Torpedo-GAZ) sur la « Pobeda Sport » n°11…, il a également établit les nouveaux records soviétiques sur les distances de 50, 100 et 300 km aux vitesses respectives de 159,929 km/h, 161,211 km/h et 145,858 km/h.

Mais l’aventure ne s’est pas arrêtée là, car Alexeï A.Smoline menait tous ces projets jusqu’au bout…, en 1951, ces trois voitures furent équipées de moteurs à compresseur « Roots » avec un seul carburateur, mais double corps, de type K-22…, la puissance passait ainsi à 105 chevaux, et la vitesse maxi à 190km/h.
La même année, une autre voiture fût équipée d’un moteur 2L5, 4 cylindres expérimental, élaboré par NAMI avec des têtes de cylindre en aluminium acceptant un taux de compression de 9,5…, des soupapes d’admission supérieures et d’échappement inférieures…, ainsi que deux carburateurs installés sur le collecteur d’admission…, ce moteur développait 94 chevaux à 4000 tr/min, mais le gain en vitesse de pointe n’était que de 2km/h (164km/h).
Encore en 1951, Alexeï A.Smoline commença à travailler sur la SG2 en étudiant divers moteurs… et en 1952, la seule « Pobeda Sport » restant avec son moteur d’origine fut testée avec une culasse avec deux bougies par cylindre…, le taux de compression montait à 7.4, mais la puissance n’augmentait pas.

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En 1955 une SG1 à carrosserie ouverte et moteur de GAZ-21 fit son apparition…, au total, les « Pobeda Sport » ont remportés trois championnats d’URSS (en 1950, 1955 et 1956)…, elles sont considérées comme les premières voitures de courses russes…, l’expérience acquise avec ces voitures a permis de passer à d’autres projets : SG2, SG3 (à moteur d’avion de chasse MIG-17), puis SG4…, mais ça c’est une autre histoire.
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