1988 Royale Windsor Limo…

Un landaulet Royal farceur qui a de la grâce et de l’élégance…

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Une automobile qui se nomme Royale Windsor, ça en jette un maximum, tout autant qu’elle même…
Elle est longue, très… et grande, très…, lourde également… mais miracle, pas trop…
Elle fait guindée, mais s’avère tout le contraire…, elle démarre au quart de tour et se faufile dans la circulation…
Avec panache !
Ne manque qu’Elisabeth à l’arrière, saluant la foule…, la capote landaulet est pour ça, d’un chic incroyable…

Après soixante ans de règne sur 120 millions de sujets répartis sur quatre continents, Élisabeth II est, après le roi Bhumibol de Thaïlande, le plus ancien chef d’État en exercice.
Tout porte à croire que Sa grassouillette Gracieuse Majesté régnera au moins aussi longtemps que son aïeule, la reine Victoria, restée près de soixante-quatre ans sur le trône d’Angleterre.
La famille royale anglaise n’a pas toujours porté le patronyme « Windsor », à la consonance si britannique, tellement « so british » qu’une automobile s’attribue ce nom pour se proclamer « royale » sans même devoir affronter Rolls-Royce : shocking !

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Le prestige de la maison royale était alors au plus bas, au point que de nombreux Anglais souhaitaient l’abolition de la monarchie, comme le raconte l’ouvrage collectif Les rois ne meurent jamais (Fayard, 2006), les « méchants oncles » de la reine, ainsi que les surnommaient l’opinion publique, ont contribué à la dégradation de son image par leur comportement dépravé.
En pleine Première Guerre mondiale, le roi George V décide de l’adopter, mais pour comprendre les raisons de ce changement de nom, il est nécessaire de revenir à l’époque de la reine Victoria.
Ils appartennaient, comme leur nièce, à la maison de Hanovre qui, depuis 1714 et l’accession au trône du roi George Ier, règne sur cet État d’Allemagne du Nord et sur la Grande-Bretagne.
L’Angleterre, à la source des démocraties parlementaires, ignorait la loi salique qui empêchait les femmes de régner…, raison pour laquelle, à la mort de Guillaume IV, disparu sans héritier mâle, Victoria, à peine âgée de 18 ans, fille de son frère Édouard, duc de Kent, le 20 juin 1837, a pu lui succéder en Angleterre mais pas en Hanovre.
Dès lors, les deux couronnes se trouvaient séparées.

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Le 10 février 1840, la jeune souveraine épousait son cousin germain, Albert de Saxe-Cobourg et Gotha, neveu de sa mère et du premier roi des Belges, Léopold de Saxe-Cobourg.
Tandis que son oncle, le prince Ernst-August, devenait roi de Hanovre, Victoria était couronnée reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande.
Lorsque le prince de Galles, fils de Victoria et d’Albert, monta à son tour sur le trône le 22 janvier 1901 sous le nom d’Édouard VII, il portait donc le nom de Saxe-Cobourg et Gotha.
Le nouveau roi était plus connu de ses sujets pour ses frasques que pour son sens politique.
Certes volage et mondain, ce souverain, francophile et pacifiste, intelligent et visionnaire, artisan de l’Entente cordiale, n’avait en effet rien de commun avec son neveu, Guillaume II, l’un des petits-fils de Victoria, empereur d’Allemagne et roi de Prusse depuis 1888, réputé pour sa pruderie, son caractère belliqueux, son aversion des Français et ses idées pangermanistes.

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Soucieux de clarifier la position des Saxe-Cobourg-Gotha vis-à-vis de leur parentèle germanique, il décida de changer le nom de sa famille pour un patronyme typiquement anglais : Windsor…
Lorsque la Première Guerre mondiale éclata, la lutte entre le Royaume-Uni et l’Empire allemand se doubla d’un conflit familial : le discret et digne George V, qui avait succédé à son père, décédé le 6 mai 1910, était le premier roi à parler anglais sans un accent allemand trop prononcé.
C’était le nom d’une résidence royale au sud de Londres, emblématique de l’histoire de l’Angleterre.
Le mardi 17 juillet 1917, le roi annonça dans le Court Circular (le journal officiel de la Cour), sa renonciation à tous ses titres et noms allemands : « À dater du jour de notre proclamation royale, notre maison et notre famille seront appelées et connues sous le nom de maison et famille de Windsor », précisait-il.
La nouvelle fut accueillie avec joie dans le royaume : « Windsor », écrit Jean des Cars dans La Saga des Windsor (Perrin, 2011), « ce nom si vieux qu’il était ancré dans des siècles d’histoire, apparaissait comme un singulier renouveau »…

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D’autres dynasties, apparentées à la famille royale, changèrent aussi de nom, comme les Battenberg, branche morganatique de la maison de Hesse, devenus les Mountbatten…, ou les ducs et princes de Teck, issus d’une branche morganatique de la maison de Wurtemberg, frères de la reine Mary et donc beaux-frères du roi, rebaptisés sous le nom de Cambridge.
Au moment de l’armistice de 1918, deux grandes figures faisaient la fierté du Royaume-Uni : Lloyd George, le Premier ministre… et le roi George V qui incarnait la stabilité de l’État britannique.
Malade, le roi était inquiet pour l’avenir du royaume…, son fils et successeur désigné au trône, Édouard, prince de Galles, s’affichait avec Wallis Simpson, une Américaine divorcée et remariée, à laquelle les rapports de police attribuaient nombre d’amants et une furieuse attirance pour l’argent.
De plus, le prince Édouard avait l’habitude d’exprimer ses opinions politiques, ce qui était déconseillé à un futur roi fasciné par le régime de Mussolini… et qui ne cachait pas non plus son admiration pour Hitler !
Les émissaires du Führer tentèrent d’ailleurs, non sans succès, de ranimer la fibre germanique au sein de la famille royale.

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Édouard VIII était le trente-neuvième souverain d’Angleterre et le deuxième de la maison de Windsor.
Le 20 janvier 1936, George V rendait son dernier soupir, le roi était mort, vive le roi.
À l’automne, toute l’Angleterre parlait de l’incroyable rumeur : le nouveau souverain aurait bien l’intention d’épouser Miss Simpson, divorcée pour la seconde fois, à qui la presse prêtait une liaison avec Ribbentrop, l’ambassadeur du IIIe Reich à Londres.
C’en était trop.
Sommé de choisir par le Premier ministre, Stanley Baldwin, Édouard VIII choisit la belle Américaine : le 11 décembre 1936, il expliquait dans un discours les raisons de son abdication.
Ironie de l’histoire, l’ex-souverain portera désormais le titre de duc de Windsor.
En une année, la monarchie britannique va, pour la première fois de sa longue histoire, voir trois rois se succéder : après son père George V et son frère non couronné Édouard VIII, le duc d’York devient George VI.

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Tout a été écrit sur le comportement exemplaire pendant la Seconde Guerre mondiale du roi et de la reine Élisabeth, née Bowes-Lyon, fille du comte de Strathmore, la future Queen Mum adorée des Anglais jusqu’à sa mort en 2002, à l’âge de 101 ans.
Souffrant d’un fort bégaiement qu’il s’efforçait de guérir avec l’aide d’un orthophoniste non conformiste, Lionel Logue, ainsi que le raconte admirablement le film Le Discours d’un roi…, celui-ci finit par accepter, par devoir, la charge qui lui était confiée…
Leur popularité n’aura d’égale que celle de Winston Churchill, l’homme qui, le premier, avait su prendre la mesure de la dangerosité d’Adolf Hitler.
Le 8 mai 1945, George VI, Élisabeth et leurs deux filles Élisabeth et Margaret, ainsi que Churchill, apparaissaient au balcon de Buckingham Palace, sous les acclamations de la foule.

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La fille aînée du couple royal était parvenue à vaincre les réticences de ses parents…, jeune prince sans fortune, converti à l’anglicanisme, naturalisé, titré duc d’Edimbourg, Philip adoptait le nom de sa mère, Mountbatten.
Deux ans et demi plus tard, l’Angleterre renouera avec le faste d’avant-guerre à l’occasion des noces de la princesse héritière, Élisabeth, et de Philippe de Grèce et de Danemark, neveu du roi Constantin Ier, détrôné en 1922.
Après la mort de George VI, le 6 février 1952, l’une des premières mesures prises par la jeune reine sera d’annoncer qu’elle-même et sa descendance continueront de s’appeler Windsor.
Le 2 juin 1953, Élisabeth II était couronnée à l’abbaye de Westminster.
En ce début de XXIe siècle et après la vie sentimentale tumultueuse du prince Charles, l’Angleterre se demande qui sera le cinquième roi de la dynastie des Windsor.
Si le prince de Galles a pour lui les règles de dévolution de la Couronne, l’opinion publique lui préfère le fils chéri de l’inoubliable (sic !) Diana, William, duc de Cambridge.
La reine sera-t-elle tentée de suivre les sentiments de son peuple afin de consolider la pérennité de la dynastie Windsor ?
Pour l’heure, il n’est pas encore question d’abdication.

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Ils fêtent Noël le 24 décembre…
Une tradition venue d’Allemagne, pays d’origine du prince Albert (1819-1861). Contrairement à nombre d’Anglais, les Windsor se rassemblent le 24 décembre au soir autour d’un sapin pour célébrer Noël. Une autre tradition qu’ils ont introduite en Grande-Bretagne.
Leurs enfants restent pieds nus…
Dans la famille royale, on ne déroge pas à cette règle : tant qu’ils ne marchent pas, les enfants Windsor ne portent pas de chaussures. Charles et Diana ont d’ailleurs appliqué cette règle à William et à Harry, qui ne manqueront pas de l’appliquer à leur propre progéniture.
Ils ne voyagent jamais ensemble…
Ce n’est pas seulement une question de protocole, c’est aussi une affaire de sécurité. Ainsi, le prince Charles et le prince William ne sont pas autorisés à emprunter le même avion, au cas où un accident viendrait à tuer ces deux rois en devenir.
Buckingham Palace est hanté…
Une légende qui a la vie dure. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le palais de Buckingham a été bombardé par l’aviation allemande. Durant ce raid, un certain Stephen Robertson a été tué et, depuis, son fantôme viendrait régulièrement – et bruyamment – visiter les couloirs du château. Tout comme celui de George III (1738-1820), dont le visage est apparu à nombre de visiteurs.
Ils n’aiment pas les catholiques…
La preuve : vingt-cinquième sur le rang de la succession, lady Marina Charlotte Windsor a perdu toute chance de devenir reine en se convertissant au catholicisme. Chez ces anglicans, les catholiques ou ceux qui se marient à un catholique ne peuvent accéder au trône.
Ils ont un cousin pizzaiolo…
Répondant au nom de Wesley Berger, cet homme est 309e de la liste qui amène au trône d’Angleterre. Il habite à Portland, Oregon, et tient la cuisine d’un restaurant italien appelé Gino’s.
Ils se marient entre eux…
Grands-parents de William, la reine Elisabeth et le prince Philip sont cousins au troisième degré. Ils ont en commun la reine Victoria (1819-1901) comme trisaïeule.
Jack l’Eventreur est de la famille…
Certains historiens sont persuadés que le tueur en série Jack l’Eventreur, qui sévissait à Londres à la fin du XIXe siècle, faisait partie de la famille royale. Soit le prince Albert Victor, petit-fils de la reine Victoria, qui aurait été celui qui a assassiné cinq prostituées dans l’East End. Même s’il a été prouvé qu’il n’était pas dans la capitale les jours des meurtres, rien n’y fait, le doute subsiste.  

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Après de multiples péripéties à la fin des années 90 et au début des années 2000 (augmentation du coût de la main d’oeuvre, recherches pour la création d’un nouveau taxi londonien, annulation d’une grosse commande japonaise…, qui ont entraîné une mise sous séquestre puis un rachat par Mike Edgar et la construction d’une usine à Dresde en Allemagne qui fermera en 2001 suite à une crue de l’Elbe), la société a pu sortir la tête de l’eau grâce à un crédit bancaire avalisé par un consortium d’investisseurs et a rachèté en 2005 « The Vintage Motor Company Ltd », qui fabriquait la limousine « Royale Windsor » et la plus sportive « Royale Sabre »… espérant s’ouvrir ainsi à de nouveaux marchés…

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La Royale Windsor n’a aucun lien avec la reine d’Angleterre…La société Asquith Motor Carriage Company Ltd a été créée en 1981 par Crispin Reed et Bruce West qui eurent l’idée de restaurer un van « Austin 12 » de 1928.
Et là, rien, plus possible d’en savoir plus…, si ce n’est que quasi rien n’en est sorti et que la société existe toujours sur le papier…
Je ne vous narrerais pas non plus l’épopée de « The Vintage Motor Company Ltd »,, si ce n’est qu’il s’agissait d’une petite fabrique d’automobiles « néo-classiques », de type : châssis « à l’ancienne », sur lequel est boulonnée la carrosserie moderne mais d’un look ancien, en ce cas une extrapolation allongée des fameuses Bentley MK-VI (Royale Windsor)…, mais aussi d’une sorte de Morgan version XXXXL (Royale Sabre)…, toutes motorisées d’un robuste et fiable V6 Ford 3.000cc injection, équipé d’une boite automatique (Windsor) ou d’une boîte manuelle (Sabre)…

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Le conte de fées de « The Vintage Motor Company Ltd », a démarré début des années ’80, façon Disneyland, à une époque ou le rêve automobile (pour certains) était une Excalibur SV Sedan et une Clénet Series II Continental …, il devait donc se poursuivre en Angleterre à la suite de la Panther deVille, mais dans la Cour des grands, avec la reine, ses pages et valets de pied…, ses carrosses tirés par des chevaux blancs et ses immenses château…, un monde merveilleux peuplé de chapeaux léopard et de plumes de faisan sur tapis rouge, baisemains en prime… et une Royal Windsor pour aller royalement à Windsor…, le décorum était en place.

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C’était un rêve d’une Angleterre éternelle et kitsch, qui aurait de petits airs de chez Mickey-Land, avec ses rues colorées, pavoisées d’Union Jack et de drapeaux tricolores.
Un Londres fantasmé kitchissime, ressemblant aussi à Lourdes pour ses multiples commerces où, à la place des bondieuseries, on débiterait breloques et images les plus invraisemblables à l’effigie de la famille royale : paires de bottes astiquées, fanfare avec cors de chasse, saxos et tambours se déployant à la joie des foules en délires… Longs manteaux rouges, revers d’hermine et bicornes de rigueur…., de même que les horseguards avec leur gros chapeaux en (faux) poils d’ours. There will always be an England… entonnerait la fanfare, tandis qu’en brodequins et bas blancs, deux valets de pied arriveraient en sautillant pour ouvrir la porte de la Royale Windsor à la reine.

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Ahhhhhhhhhhhh ! Imaginez, la Royale Windsor glissant sur un goudron immaculé, s’arrétant majestueusement sous les vivas…, la reine en descendant, en petit tailleur chiné beige, sac noir à la main, suivie de sa dame d’honneur : règle unique : c’est elle qui adresse la parole et change, si besoin, de sujet.
Un hélicoptère se positionne dans le ciel : voilà d’autres Royale Windsor qui arrivent…
Dix, vingt, cent…
Sourires, genoux qui ploient, légères révérences : juste la classe.
Les cloches carillonnent, le canon tonne… et roulez carrosses.
So chic, lanceraient des touristes dans les rues de Windsor : « C’est comme ça que les choses se passent de nos jours », diraient en choeur de vieux couples d’Anglais… « On ne pouvait pas tomber mieux »…
Bon, c’était le rêve de « The Vintage Motor Company Ltd »…
Il ne s’est pas concrétisé, la petite fabrique au bord de la banqueroute à cherché un repreneur, c’est l’équipe qui avait créé les fumeuses camionnettes rétro : Asquith Motor Carriage Company Ltd , qui a racheté l’affaire, se disant qu’il devait quand même exister une clientèle pour ces voitures au look suranné…

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Par hasard, j’ai pu rafler une Royale Windsor première génération (celle des « vraies » automobiles de The Vintage Motor Company Ltd), que je guignais depuis assez longtemps sans pouvoir en trouver une à acquérir…
Comment décrire le choc produit par cette automobile en 2013 ?…
Disons qu’il existe une frontière ténue entre le sublime et l’extravagance…, une lisière fine comme la lame aiguisée d’un rasoir sur laquelle on danse au son de la crise.

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La Royale Windsor attire tous les regards, surtout ceux des excentriques : des pépères démentiels, quelques moustachus style Village People (en ce compris un type en slip avec un masque de lapin), divers désoeuvrés jouant les diablotins des enfers, un duo de femelles surmaquillées en tailleur rose qui poussaient des petits cris en prenant des poses affectées, des lords en quète d’aventures, des Tycoons d’affaires sur le retour, des baroudeurs en attente, des mercenaires milliardaires, des flambeurs, des vedettes de la chansonnette, des play-boys, des noceurs, des flingueurs…, puis, après avoir découvert ce Saint-Graal, l’avoir jaugé, essayé, payé…, j’ai erré en ville, terrorisant des blondasses aux gros seins, pouffes extatiques bardées de métal dont les mains et la bouche ouverte se tendaient vers mon engin phallique, comme pour une improbable fellation.

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Sans surenchérir dans la débauche d’excentricité accumulée dans une aura de lumière aveuglante, vous conviendrez que la Royale Windsor a de quoi laisser sur le cul, car le monde automobile britannique a légèrement changé depuis le mariage du Prince de Galles avec Lady Diana Spencer.
Cette limousine-landaulet est devenue culte en Angleterre en suite d’un clip vidéo délirant façon Rocky Horror Picture Show vantant les mérites d’une marque de préservatif, drainant des fans toujours plus nombreux à balancer des vannes…
Ce pimpant exemplaire bleu et beige en est le parfait non-exemple…
Suivez le guide, la visite et l’éssai sont gratuits !

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Pendant que mes pieds s’enfoncent dans l’épaisse moquette, tout mon corps disparaît dans le fauteuil, entièrement réglable… et je démarre dans le plus profond silence m’élançant sur les voies express de la banlieue.
La planche de bord est tout aussi monumentale que la voiture, un véritable meuble en bois massif, ici en finition laque, associée à des moquettes bleues et des cuirs blancs ivoire…, pour simplifier les choses, toutes les commandes sont muettes : pas une indication, ne serait-ce une petite icône pour m’orienter sur leurs fonctions.
L’ergonomie de l’engin, est absolument déroutante, c’est bien simple, mis à part le volant et les pédales, aucun élément n’est là où on l’attend.

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Après moult tâtonnements j’ai trouvé… et encore, j’ai mis du temps à comprendre.
Les phares se commandent par une molette qui ne ressemble à rien d’autre… et nécessite un temps d’adaptation pour se familiariser avec l’ensemble.
Les essuie-glaces, c’est la tige de droite…, les clignotants, c’est la tige de gauche…, mais trouver le bouton qui permet d’allumer les phares, c’est pas évident de penser qu’il se trouve en bas de la console centrale, derrière le levier de boîte auto…, pire est l’ordinateur de bord, situé dans un tiroir en bois massif, sous l’accoudoir central.
Au même moment, oh stupeur, c’est un pan entier du tableau de bord qui bascule…
Après un quart d’heure d’effort, je laisse tomber et remet en place l’horloge, c’est plus joli comme ça.

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Enfin, la route…, celle ci est à peine plus large que la Royale Windsor, mais heureusement l’auto est d’une facilité déconcertante : il n’y a en fait pas grand chose à faire, à part gérer son imposant gabarit, car elle n’a rien d’une sportive, quoique son moteur 6 cylindres lui donne le souffle d’une locomotive au moment d’accélérer et permet d’atteindre rapidement des vitesses un poil effrayante…, celles où on se demande comment un engin aussi énorme peut prendre un virage ou s’arrêter.

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C’est un landaulet Royal farceur qui a de la grâce et de l’élégance…
Sa ligne sculpturale permet de masquer des dimensions proprement hallucinantes, c’est que toute la conception hésite entre la tradition ancestrale et la modernité.
La carrosserie tout d’abord, avec ce capot interminable, qui parait presque plus long que l’habitacle et qui s’ouvre à l’ancienne, en 2 parties.
A l’ancienne pour l’époque…, s’entend, c’est à dire comme sur une voiture d’avant guerre…

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Hautaine et dédaigneuse de look, le silence de moteur est toutefois un enchantement à l’usage, la voiture glissant dans un feulement discret tout en se dodelinant lentement au rythme des cahots de la route…
Elle est un puissant aphrodisiaque pour les passagers et passagères (à l’arrière)…, qui n’a rien à envier à la corne de rhinocéros enduite de gingembre…

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Force aussi est de constater… qu’elle attire les regards des badauds comme un aimant.
C’est indiscutablement une voiture historique qui tient une cote de valeur remarquable (entre 40 et 60.000 euros), car il s’agit d’une rare survivante des néo-classiques modernes.
Pour compléter cet article, voici quelques photos du mariage de ma fille Alexandra (9 août 2014)

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