La finalité de cet article est de vous informer de l’existence de la Gordon Murray Teewave AR.1…
Je suis certain que vous n’en avez pas grand chose à f…
C’est un sujet trop technique, j’en conviens d’autant plus que je le connasse avant même que vous n’alliez plus avant dans ce texte, qui, pour que vous alliez jusqu’à sa fin, doit être assez différent de ce que vous lisez ailleurs…
Je vais donc disgresser avant même de commencer en vous papotant, l’air de rien, mon véhicule de tous les jours, une Smart City Coupé Brabus que j’ai acquis pour 10.000€ et quelques « plus »… voici déjà plusieurs années (fin 1998) et qui commence à vieillir.
– 1998 Smart City Coupé Brabus, un « collector » !  http://www.gatsbyonline.com/main.aspx?page=text&id=806&cat=auto
Alors, quoiqu’elle est toujours pimpante, je me suis dit que plutôt que d’avoir peut-être des frais dessus, je ferais bien d’en changer.

Guy, qui est un être jaloux de mes bonheurs automobilles, me dit souvent que viendra un jour, pas si lointain, où on me filera une pièce tellement la Smart City Coupé Brabus fait clodo.
C’est dommage, je l’aime bien… au point que pour alléger son faible kilométrage (80.000 en 13 ans sans grands frais), je me suis offert une autre Smart, un Roadster.
Alors, à force, il m’a mis en tête le concept de voiture jetable, cherchant pour moi une petite mais spacieuse pas chère sur laquelle je ne devrais jamais faire aucun frais.
Je crois toutefois que le budget du livreur de pizza sur son Peugeot Fox est plus élevé que le mien sur ma Smart.
De l’essence, parfois un peu d’huile et zou c’est parti.
Mais Guy m’a dit que toutes les bonnes choses ayant une fin, l’heure de la retraite de ma Smart avait sonné… et qu’ll était temps que je m’en offre une autre, encore plus autre que ma seconde Smart Roadster.
– Smart, de Roadster à Kimber…  http://www.gatsbyonline.com/main.aspx?page=text&id=128&cat=auto
2004 Smart Roadster… http://www.gatsbyonline.com/main.aspx?page=text&id=492&cat=auto

Ce ne fut pas une mince affaire.
Je me suis donc plongé dans une profonde réflexion.
Que pouvais je m’offrir pour la même valeur après 13 ans de bons et loyaux services, qui puisse démarrer par tous les temps, qui ne nécessite aucun entretien, et ne soit pas au bout du rouleau ?
Autant vous dire que c’était une équation difficile à résoudre.
Parce que toutes les petites voitures économiques valent la peau des fesses.
Aucune autre Smart en bon état à ce prix là, quant à une modeste Opel ou Renault, je n’y songeais pas.
Ne me restaient que les voitures de vieux, les voitures sans grâce, les laborieuses qui furent achetées à l’époque par raison, sans jouir d’aucun capital de sympathie.
Celles que Mamie ou Papy ne peuvent même pas offrir au petit-fils qui vient de passer son permis sous peine de passer pour des monstres sans coeur !
Replongeant dans mon adolescence, j’ai repensé aux véhicules que l’on voyait à cette époque, les plus moches, ceux que l’on n’aurait voulu conduire pour rien au monde de peur d’être vu au volant par ses copains ou pire par des gonzesses de son âge !
Et dans cette catégorie, Citroën, voiture de vieux par essence ne s’est jamais loupée.
Tous leurs milieux de gamme se sont avéré de prodigieux engins moches et confortables, une sorte d’antichambre avant le fauteuil roulant.
Après avoir éliminé la GS et la BX, très laides et bon marché mais dont le système hydraulique me semblait source d’emmerdes, ne me restait que la Visa, un véhicule très laid dont personne ou presque ne se souvient.
Il en roule pourtant encore quelques unes, mais c’est le genre de voiture que l’on ne voit même pas.
Tiens si je devais verser dans la délinquance, je ferais mes coups en Visa…, je suis sur que pas un témoin ne pourrait citer le modèle.
– 1962 << Peel 50 >>, the smallest road-legal car ever produced !  http://www.gatsbyonline.com/main.aspx?page=text&id=432&cat=auto

Quant aux couleurs, elles sont si mal définies que ces éventuels témoins parleraient de blanc-jaune, de rouge tirant vers le orange ou encore de bleu délavé.
Tous parleraient d’une voiture moyenne, un peu cubique, ni petite, mais pas grande non plus.
Je suis certain que si Mersrine avait fait ses coups en Visa, il serait encore en vie et la préfecture de Police totalement perdue en conjectures.
Broussard en serait pour ses frais et aurait été rétrogradé à la circulation.
J’ai donc durant les dix jours passés écumé les petites annonces pour trouver la Visa de mes rêves.
Bien sur, comme chaque fois que je m’intéresse à quelque chose, il a fallu que je lise tout.
C’est ainsi que j’ai perdu du temps sur les topics traitant du sujet, cherchant à connaitre toutes les séries et toutes leurs caractéristiques.
Mon dévolu s’est alors porté sur une Visa 1 qui fut un échec commercial avant son reliftage, tellement son style apparait comme …
Comme quoi d’ailleurs ?
Comme je ne sais pas quoi, vu qu’elle ne ressemble à rien.
Le styliste, sans doute sous acide, ayant sous-traité le dessins à son gamin de sept ans ou ayant démarré un Alzheimer, ayant en plus de rater le dessin, décidé de lui greffer une sorte de petit groin en guise de calandre !
Hors de question de verser dans la délinquance aveugle et de devenir propriétaire d’une Citroën Visa série 1 (dite « à groin ») des années ’80 qui fut par ailleurs l’engin ayant servi de base au grand concours Chromes&Flammes Citroën Visa, les lecteurs étant invités à redessiner la Visa de leurs rêves… ou à proposer une peinturluration débile pour la rendre encore plus laide…

10 projets sur 5.000 furent sélectionnés et réalisés à grands frais par Citroën, puis exposés au salon de l’auto de la porte de Versailles à Paris, entourant un concept-car Visa Pick-Up à 6 roues que j’ai acquis pour une somme dont l’énoncé vous ferait rire.
Affichant seulement mille kilomètres, je pensais finir mes jours avec elle et peut être même que je me ferais enterrer dedans comme une sorte de guerrier de l’asphalte.
J’ai roulé en regardant droit devant moi pour ne pas affronter les regards des jaloux.
Quand on roule en voiture de collection, on sait que l’on s’expose à l’envie.
A peine rentré chez moi, je l’ai garée à côté de mes autres voitures de collection et je dois dire que ma collection de voitures de collection (gag !) avait fière allure.
Bien sur, je n’ai pas pu m’empêcher de la prendre en photo pour qu’elle reste la vedette (temporaire) de mes magazines Chromes&Flammes.

La Visa était la première voiture au monde à avoir été dotée d’un allumage électronique intégral.
C’était d’un narcissisme éhonté mais bon, je n’ai pas résisté à leur jeter ma réussite à la face.
D’ailleurs même ceux qui ne savaient pas ce que cela signifiait exactement, trouvaient cela topissime et même qu’il y a encore l’autocollant d’époque sur la lunette arrière qui le proclame !
Putain, c’est pas sur une Ferraillerie de Maranello qu’on montait à cette époque (1982) des allumages électroniques intégraux !
En plus ma Visa, c’était une club, ce qui donnait une image un peu british toute de ronces de noyer et de cuir…, même si c’était plutôt plastique et skaï dans les faits.
Mais bon avec un peu d’imagination, on s’en sortait.
Et puis on ne peut pas avoir un allumage électronique intégral et du cuir et de la ronce de noyer.
Soit on choisi la haute technologie, soit le confort, c’est tout !

Je me suis alors dit que je devais regarder vers l’avenir et penser : voiture électrique !
En nos heures de crise où l’on ne sait plus dans quoi investir, après 30 ans, j’ai choisi de ne plus acheter de Visa série 1 Club…, même si ça ne vaut pas plus cher qu’une poignée d’actions de la SG ou de la BNP et que cela ne peut plus descendre !
Las…, j’avais un concept que j’étais allé présenter à Gerard Mestralet de chez GDF, le staff m’avait applaudi, mais Gérard, paternaliste m’avait dit que GDF étant depuis très peu de temps (d’alors) associé à Total, mon concept électrique tombait à l’eau…
Mon concept électrique… http://www.gatsbyonline.com/main.aspx?page=text&id=511&cat=auto

Par la suite, aucun constructeur de voiture électrique n’a répondu à mes attentes, incluant des courriers postaux et des mails très précis…
Je suis donc revenu dans un orage épouvantable…
Qui plus est, la seule capable de remplacer ma Smart Roadster (achetée 8.500€) était la Tesla Roadster annoncée à plus de 100.000€… et celles pouvant rivaliser avec la Smart City Coupé étaient à plus de 30.000€ sans garantie d’usage et sans réseaux… (en double sens)…
Mon concept prévoyait justement de pallier à tout cela, mais comme les pontes du système n’en ont pas voulu, tant pis si 30 ans seront perdus pour l’industrie ad-hoc…
J’ai donc décidé de garder mes deux Smart’s…
Toutefois, j’ai reçu par téléphone, un appel du pied…
Comment se peut-il de recevoir un appel du pied par téléphone ?
C’est typique de Raymond Devos (malheureusement décédé)…
Colin Chapman étant avec lui au paradis des concepteurs de génie, ils ont envoyé un message télépathique au spécialiste ultime en matière de design léger et performant : Gordon Murray qui m’a fait téléphoner une invitation à assister, au Japon, à la présentation de son nouveau concept électrique…
J’ai décliné, trop loin pour rien d’autre que réaliser du rédactionnel à l’oeil pour les couilles du Pape…
Pas rancunnier, Gordon Murray m’a certifié m’envoyer une documentation complète avec le lien d’une vidéo YouTube…
J’ai lu, vu, soupesé… et conclu…

Toray, le géant japonais de la chimie et des matériaux, s’est donc adressé à l’ingénieur britannique pour commanditer un outil à même de démontrer le savoir-faire de l’entreprise dans le domaine de la fibre de carbone.
Le résultat c’est un prototype de petit roadster électrique léger tout en carbone, le Teewave AR1, qui a été dévoilé à Tokyo.
Le but de Toray est de faire savoir que l’industriel se prépare à la production de masse de CFRP (Carbon Fiber Reinforced Plastic) à l’horizon 2015, lorsque l’utilisation de ce matériau se répandra de façon importante dans l’industrie automobile.
Le roadster Teewave utilise deux déclinaisons de cette technologie : CFRTS (carbon fiber reinforced thermoset) rigide et solide pour la monocoque et CFRTP (carbon fiber reinforced thermoplastic) pour les structures déformables, moins cher à produire.
La nouveauté vient de la technique de fabrication.
Toray indique que le temps de moulage des trois pièces qui forment la monocoque est de dix minutes mais qu’il peut sans doute être ramené à 3 minutes, objectif fixé par les constructeurs pour la rentabilisation de cette technologie.
Le roadster, conçu chez Gordon Murray Design, est compact (3,975 m de longueur) et pèse 846 kg incluant 220 kg de batteries Li-ion permettant une autonomie de 185 km sur une charge avec un temps de recharge de 6 heures.
Sous le capot, on retrouve le moteur électrique de la Mitsubishi iMiEV positionné centralement et développant 64 chevaux et 180 Nm de couple.
Le tout est associé à une transmission à une vitesse.
Les performances ne sont pas colossales, la Teewave AR.1 met 11,4 secondes pour atteindre les 100 km/h, la vitesse maxi communiquée étant de 147 km/h, mais ce n’est pas le but du jeu.
A titre de comparaison, la Lotus Elise est plus lourde de 25 kg…, et sa concurrente, la  Tesla Roadster pèse 400 kg de plus !
Avec cet intéressant exercice, Toray se rappelle au bon souvenir des constructeurs, japonais en premier lieu, au moment où s’engage le basculement vers les nouveaux matériaux légers pour la prochaine génération de modèles.
Appeler Gordon Murray à ses côtés pour le faire est un bon moyen de se donner de la crédibilité.
Voilà, c’est fini…
Il vous reste à visionner la vidéo, puis vous pourrez retourner vous branler ou quoi que ce soit d’autre, je m’en tape…

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