2011 Spada Codatronca Monza…

A l’image d’une jolie fille, la vie s’affiche impudiquement, elle est si agréable à boire des yeux jusqu’à l’ivresse, qu’elle pousse à être consommée dans le concret, un réchauffement de l’intérieur, en quelque sorte, que l’on assouvit en s’extériorisant, comme lorsqu’on avale un grog pour contrer les premiers frissons de la grippe qui s’annonce, transformant nos poils en stalagmites et notre nez en stalactite…

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La chaleur ramollit le cerveau, lorsque ça m’arrive, j’ai l’impression que mon crâne abrite une méduse obèse ; je suis alors incapable de solliciter mes neurones, au point de me demander s’ils ne sont pas partis en congés dans le Grand Nord…
Une sudation due à cette lave ingurgitée préfigure déjà la guérison, il suffit d’y tremper ses lèvres.
Paradoxalement, c’est au sein du brouillard de ma léthargie que j’élabore mes plus beaux souvenirs.

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Bien qu’il ne me faille plus me fier aux errances oniriques pour bâtir un scénario, une trame, certains cauchemars remémorés, m’offrent l’opportunité de traiter quelques idées efficaces.
Elles sont souvent floues, toutefois je me dois d’en tenir compte.
Il ne me reste plus qu’à éclaircir l’écran de mon kaléidoscope mental, à y rajouter de la lumière, faire dérailler la ferraille, se tordre la tôle hurlante.

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L’idée même du fracas d’une automobile quittant sa trajectoire, ignorant tout itinéraire conventionnel pour prendre un chemin détourné qui ne la mènera nulle part, même pas dans un cul-de-sac…, me couvre d’une chair de poule délicieuse et jouissive.
Cela me hérisse le duvet au moins autant que la vue d’une jolie nénette sur un magazine cochon…, chaque partie de l’automobile s’encastrant l’une dans l’autre, sous l’impact, en une orgie de matériaux entremêlés, c’est un spectacle à ne manquer sous aucun prétexte.

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Mes yeux brillent plus que de coutume, une double lueur sadique, il manque le clair de lune et un hurlement sauvage…
Ce n’est pas du vice, non, c’est une expression maquillée de déformation professionnelle…, à force d’écrire des horreurs, il m’arrive de prendre du plaisir lorsque j’en découvre dans les médias… et je fais très souvent le rapprochement entre les infos morbides et les errances démoniaques des auteurs de thrillers.

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Dans mes textes, il est essentiellement question de baroudeurs qui, à la recherche d’un trésor, d’un moyen de s’enrichir, sont contraints d’essayer une automobile afin de subsister, clause du contrat indispensable pour recouvrer leur honneur perdu et ainsi achever leur quête initiatique.
Ma foi, rien de bien original au départ.

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En parallèle, pour égarer « ceusses » qui viennent lire mes commentaires automobiles dans GatsbyOnline.com,, je crée une trame psychologique dans laquelle le héros-essayeur (généralement moi-même) se mesure à ses propres démons et met sa vie en danger pour les couilles du Pape et une bande d’abrutis qui n’en ont rien à f…., victimes consentantes de la réaction en chaîne provoquée.
J’appartiens à une pensée collective, car un narrateur qui survit pousse ses lecteurs à l’imiter, quitte à s’exposer et à en subir le contrecoup, le retour de manivelle.

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C’est un aventurier de la déprime, un consommateur de stress, un mercenaire du mercantilisme, un chasseur d’or sans foi ni loi !
Je pars du principe qu’un voyou est un adepte du renoncement masochiste, il se complaît par dépit dans la difficulté, l’interdit, le négatif…
Ceux et celles qui se sont fait piéger dans ma lecture, redécouvrent leur humanité à la fin de mes histoires.
Le danger d’avoir pu devenir fous les rend humbles, leur restitue les scrupules égarés en route… et ce n’est pas la lâcheté qui décide de la cessation de leurs élucubrations périlleuses, mais l’envie de découvrir mes trésors plus intimes, plus personnels : la tolérance, l’altruisme, la bonté d’âme, le désintérêt… et le sexe !
Inestimable !

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Évitant de verser de l’eau de rose sur le texte, je m’ingénie à me balader dans divers univers littéraires antinomiques, certains concrets, réalistes, d’autres proches du cauchemar éveillé…, ne me privant jamais de mêler quelques actes gores à des scènes aseptisées, parfois ringardes…, le souci du détail choc, le frisson, le vertige, souvent au détriment d’une cohérence censée sauter aux yeux… et le mépris des grandes sagas (trop sages) où mes lecteurs/lectrices se noient… car cela déborde de rosée, de confiture acidulée à l’excès.
Mes fans, surtout les femmes, aiment mourir alors qu’ils/qu’elles se croient sauvé(e)s, ne prisant pas l’atmosphère électrique annonçant l’orage, réclamant du ciel bleu juste avant le coup de foudre fatal.

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En 2012, à l’occasion de courtes vacances en Italie, j’ai pu renouer avec Spada…, avec « LA » Spada, je précise…, mon précédent choc datant de 2008 avec la fumeuse TS…, attention les yeux, barquette extrême en approche.
Après le coupé Codatronca signé de la maison italienne Spada Vetture Sport qui m’avait enthousiasmé semi-négativement de par sa technique désuète… et positivement de par son style vénéneux (quoique… à la réflexion, l’inverse serait plus que moins)…, une version commandée par la maison italienne Aznom se dévoilant sous les traits du coupé 2008 simplement amputé de son couvre-chef et inspiré des sypders de course des années 1960, m’avait saoulé au premier contact, avec ses interminables digressions esthétiques.

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Je ne m’étais pas endormi en la regardant, non, ni même en m’installant derrière son volant, mais j’avais frôlé l’assoupissement (l’assouplissement étant nécessaire pour y entrer mais plus encore, pour en sortir)… en tout cas, j’avais bâillé comme une carpe hors de l’eau…, il m’avait fallu dix minutes pour jaillir de cette somnolence où je m’engluais…
Cultivant intelligemment le descriptif technique et la prose faisandée du designer, j’avais dévoré toutes les pages… et j’y avais non seulement pris du plaisir, mais, de plus, cela avait propulsé mon envie d’écrire vers une évidence, une certitude : la Spada Codatronca Monza ne devrait pas laisser indifférent les beaufs qui pourraient (par hasard) y être confronté…

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Manquant de temps et craignant d’être tiraillé entre le désir d’y mourir et la peur que mon subconscient pourrait s’en nourrir, je me suis dit que la gloire ne donne pas toujours la grosse tête.
Toutefois côtoyant certains qui trouvent normal de porter une auréole sur leur casque lourd, n’allait-elle pas enfler démesurément ?
Je me suis alors lancé en avant…

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Le baratin qui m’a été prodigué comme à un malade en attente d’une absolution de ses pêchés… est que la Spada-Monza reposait sur la base du coupé (sic !)… et que cette barquette bi-places se voulait davantage extrême, légère et puissante….
Bref un outil chic et choc pour attaquer en piste solidement harnaché et méchamment casqué.

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Avec un châssis tubulaire en aluminium, une carrosserie en composite et un habitacle sans fioritures aucunes, la bête m’était annoncée comme pesant 1180 kg…. mus par un V8 7.0 l d’origine américaine (encore une fois merci GM)…, boosté par deux compresseurs… le monstre revendiquant ni plus ni moins que 720 chevaux et 950 Nm, le moteur étant couplé à une boîte manuelle à six rapports.
Coup du lapin assuré avec un 0 à 100 km/h martyrisé en 3 secondes et une vitesse maximum affichant la bagatelle de 340 km/h…, je vous laisse le soin de calculer le rapport poids/puissance et le comparer avec ce qui se fait de plus extrême dans le genre…

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La Spada Codatronca Monza était « montée » en pneus italo-chinois Pirelli PZero Corsa en 285/35 à l’avant et 345/35 à l’arrière sur jantes Oz de 19 pouces.
Le reste laissait apparaître une ambiance résolument dépouillée et fort minimaliste… je vous octroie quelques minutes pour regarder les photos en détail (cliquez dessus pour agrandir).

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Selon les retours d’époque, le préparateur italien Aznom et Spada Vetture Sport « allaient » voir plus loin que ce seul modèle en le déclinant plus taillé pour la route…, il n’en a rien été, actuellement (2017) la Monza est restée un proto-unique..
On m’avait évoqué un tarif oscillant autour des 250.000 euros…, j’avais stoïquement accusé le coût et le coup…, extrême ce roadster l’était…; mais à la fois trop peu et trop trop sur le plan cosmétique…, quoique accaparant une bonne partie de l’attention des gens qui s’y retrouvaient confrontés…, au point qu’une Pagani Huayra qui naviguait de concert durant une dizaine de minutes… était presque délaissée… car plus conventionnelle, évidemment.

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J’ai souligné qu’il y avait « quelque chose » d’Aventador ou de Reveton dans le regard de cette Monza…, les italiens de SVS ( pour Spada Vetture Sport ), ayant simplement retranscrit les codes de la spectaculaire Codatronca TS à une barquette pistarde, moins « marquante » et « acérée ».
J’ai souligné, d’un air désabusé qu’assez étrangement compte tenu du ciel ouvert, le profil de la poupe s’emblait inspirer ouvertement des Alfa Romeo TZ Zagato, auxquelles était greffé un double bossage… en ce cas, pour la Monza, juste derrière le cockpit désormais privé de toit… et pour isoler des éléments, à peine un petit saute-vent.

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Sous l’effrayante robe de carbone, le châssis tubulaire en aluminium accueillait la base mécanique de Corvette Z06, LS7, 7 litres, V8, ici dans une version suralimentée forte de 720 chevaux ( 6200 trs/mn ), pour un couple dantesque de 950 Nm ( 4200 trs/mn ), associé uniquement à une boite manuelle 6 rapports.
Faites le calcul : 1,78 kg/chevaux, sur un engin à l’air libre…, les chronos étant du même ordre : 3 secondes pour expédier le 0 à 100 km/h, 340 km/h en pointe (heureusement jugulés pour les novices via un contrôle de traction à trois modes)…, l’arrêt étant confié à des disques de 380 et 355 mm, pincés par des étriers de 8 et 4 pistons.

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Troublé et obsédé par cette voiture, je n’ai pas vu les heures défiler…, à l’intérieur, la simplicité était de mise avec des sièges baquet et ceintures Sabelt ainsi qu’un volant Aim avec données télémétriques et GPS.
Dopée par ces infos, mon horloge interne s’est mise à fonctionner de plus en plus vite, une pendule semblable à une locomotive…, la métaphore est osée mais mérite que l’on s’y attarde (ceci écrit, squattant un faible rayon de mon  disque dur, cet étrange fromage, est bien plus d’actualité que certaines autres nouveautés de constructeurs généralistes, d’un surréalisme domestique).

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Mon imagination hibernant…, la routine m’ayant rendu intellectuellement paresseux…, était-ce bien un jour comme les autres ?
Il devenait urgent que je fasse le vide dans mon esprit, à cause de l’agitation mentale suscitée par cette Spada Codatronca Monza, j’ai donc isolé la réalité sur une voie de garage…, au lieu d’inviter la responsable-presse de Spada au restaurant, irresponsable beauté italienne…, par pure et totale radinerie, je lui ai proposé de venir boire un café dans un troquet quasi infâme, à 14 heures (l’heure n’a aucune importance dans mon récit, vous pouvez l’effacer)…

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Lorsque je lui ai donné cet insolite rendez-vous, lui indiquant l’adresse, elle a aussitôt accepté ; on l’aurait dit poussée par un élan incontrôlable, un coup de vent…, elle n’a même pas pris la peine de me dévoiler immédiatement la raison de son empressement à acquiescer…
De toute façon, son engouement était si spontané qu’uniquement un être primaire ne l’aurait pas deviné à l’autre bout du fil.

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Je l’avais imaginée serrant le poing, ébauchant en signe de victoire un mouvement de haut en bas avec son bras, le coude venant heurter son thorax, hurlant un retentissant : « Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii, je fais don de mon corps pour qu’il publie un article élogieux dans son web-site GatsbyOnline »…
Elle s’appelait Miranda Papalardo, elle avait été une sorte de journaliste biographe, je crois.

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J’aurais pu d’entrée passer pour un avare ou un mufle avec mon café « Georges Cloné » (sic !), mais je désirais rester sur ma réserve… et nul lieu plus approprié qu’une des boutiques vendant la mixture chimique concassée à l’enseigne de « Georges » n’était à même de m’apporter un meilleur réconfort moral, une protection quasi totale contre le monde du dehors, sauf dans le cas ou un piano à queue viendrait à chuter devant l’entrée.
C’est tout juste si quitter ma bulle n’était pas à considérer comme le premier symptôme d’une maladie à traiter à la racine : l’ouverture sur l’extérieur sous prétexte d’un café…, mais je cherchais à désacraliser l’instant…, c’était assez paradoxal, cependant j’étais la victime de cette phobie, pas le prédateur.

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J’ai toujours eu le plus grand mal à admettre les interprétations hâtives des gens désœuvrés car cela m’effraie.
La plupart n’ont pas de vie effective ni affective…, aussi se font-ils une joie d’en inventer une, toute virtuelle, chez les autres… et les voisins de table d’une boutique de capsules de café « Cloné »…, affichant leur mixité autocéphale, sont des proies idéales.
Ange, ombre et fantôme : les trois pour le prix d’une.

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C’était une relation de travail inattendue… et dès lors que Miranda Papalardo passerait le seuil, elle deviendrait un ersatz d’être asexué, une pièce rapportée.
Elle aurait pu trouver cela humiliant, je le sais pertinemment, mais elle était là pour bosser, pas pour entrer dans des considérations existentielles et/ou sexuelles, du moins était-ce ce que je croyais, car elle avait sur le sujet sexuel, une toute autre vision…

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Oui, j’aurais pu rejoindre cette personne dans un bureau, le sien peut-être, où l’on m’aurait reçu en prenant des gants, assez obséquieusement, néanmoins je préférais être sur mes gardes, assiégé de ma propre initiative.
Il m’avait paru au téléphone que mon interlocutrice n’était nullement étonnée, de mon idée, et si j’avais dû me fier à son timbre de voix enjoué lorsque je lui proposai ce rencard, elle en était, au contraire, ravie.

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Ma façon de fonctionner, dans la solitude, est d’imiter un ermite.
Tel est pris qui croyait prendre…, on peut en effet dire que j’ai été pris à mon propre piège et… très surpris.
Elle m’a demandé assez mielleusement si raconter ma vie à quelqu’un d’autre que moi-même, sous mon pseudonyme… qui transcrirait, me situant dans le temps et l’espace, me dérangerait ou non pour être inséré dans la description de la voiture…, voire l’inverse…, à mots couverts, tandis qu’elle me titillait sur la date de parution prévue pour l’essai exclusif de cette Spada Codatronca Monza… et alors que je pataugeais dans les marécages situés aux environs de la moitié du récit, elle m’a fait allusion à une éventualité : ce n’était pas un projet, seulement une hypothèse à l’étude, selon elle.

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J’ai éludé d’un revers de la main, lui signifiant que ce n’était pas d’actualité, elle a alors poussé son pied sur mon entre-jambes, un point sensible que tous les hommes et femmes connaissent…
Raconter ma vie…, tout en décrivant une automobile…
Mais à qui ?
A quoi ?
Pourquoi ?
Je ne pouvais que rugir avant de lécher le miel.

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Quand je pense que je venais de prendre un bon bouillon de souvenirs et qu’il me faudrait bientôt les étaler à nouveau, cette fois-ci de façon prolixe, précise et rigoureuse…, j’en avais déjà la nausée.
Jamais ?
Toujours ?
Ou un simple jour, comme bonjour ?
A la fin d’un matin, durant un midi, ou toute une nuit ?
Et le café ?

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Je rêvais, j’étais pourtant éveillé, je sirotais un café, elle était devant moi…, si loin !
Que le temps passe vite !
Georges « Cloné » était à la porte.
Il était en avance, cela commençait plutôt mal car j’étais très pointilleux sur les horaires de rendez-vous.
Mais bon, mieux vaut arriver avant qu’après.

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Après, bien souvent, le retardataire se retrouve seul, comme un naufragé sur une île déserte, et pourtant, c’est lui qui a gâché la fête, coulé le bateau…
Fébrilement, je me suis levé et dirigé vers l’entrée qui était la sortie…, tandis que Miranda Papalardo me criait : « Ciao Baby »…
Devant la porte, la main tremblante et électrique posée sur la poignée, je ne pus m’empêcher de regarder la scène.
Et ce fut comme un coup de foudre…
Un orage…

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Un piano est tombé sur Georges, là devant mes yeux…
Aussitôt un tourbillon de vapeur d’espresso m’a emporté, vertigineux…
Juste le temps de susurrer : « C’est vous ? »…, puis de me ressaisir aussitôt, une fois ce mot magique lâché dans un murmure…
Etais-je mort ?
Je me suis réveillé tout en sueur

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Je rêvais de Miranda Papalardo et je lui téléphonais pour un lunch…
Plus si affinités…
Je m’imaginai lui dire que l’article était publié…, mais, au lieu de sa douce voix, c’était un répondeur qui disait : « Merci d’avoir appelé, malheureusement, la personne qui vous a donné ce numéro ne désire pas vous parler ou vous revoir. Nous profitons donc de cet appel pour vous annoncer officiellement que vous êtes rejeté. Si vous ne comprenez pas pourquoi, vous pouvez écouter la suite de ce message ».


http://www.youtube.com/watch?v=ZUeQfAgpOIU

D’une manière plutôt sadique, la voix préenregistrée m’a achevé en disant : « Vous êtes toujours là ! De toute évidence, vous n’avez toujours pas compris pourquoi il n’y avait rien à comprendre. La personne que vous appelez ne veut plus vous parler, ni vous voir, ni être au même endroit que vous, ni vous toucher, ni vous sentir. Elle ne veut plus recevoir d’email, de SMS, de lettres, de photos, de messages sur ses messageries ou de cadeaux de votre part. Elle ne veut pas que vous veniez ou elle se trouve, ni que vous respiriez le même air, elle ne veut pas que vous alliez exposer vos doléances amoureuses auprès de ses voisins, ni que vous alliez brâmer des déclarations intempestives, ni que vous vous pleuriez en pensant à elle dans votre sommeil, ni que vous étaliez vos infortunes et vos récriminations en public sur le forum de GatsbyOnline… Elle ne veut rien de tout cela. En clair, vous avez été éconduit totalement et en bloc. Merci et bonne journée. Merci pour l’article »…
Clic… Tuuuut, tuuuut, tuuuut, tuuuut…
J’ai quand même murmuré : A l’eau… et j’ai coulé à pic !

Juste avant l’agonie, il y a des moines japonais qui écrivent un « poème de mort » (jisei) pour transmettre à leurs proches une ultime pensée.
Qui sait, si à l’instant de passer dans l’au-delà, l’être humain n’a pas brutalement accès à une sagesse extratemporelle ?
Au moment où je basculais sous le piano, sans mélodie…, j’ai vu son visage qui irradiait, comme s’il s’y cachait une vérité.
A quoi pensais-tu lorsque tu jouissais dans mes bras ?
Que voyais-tu  quand tes pupilles se dilataient soudain ?
Que se passait-il sous la surface de ton corps qui s’arqueboutait ?
Quand tu criais silencieusement et que tes yeux se fermaient, c’était un moment étrange, d’une beauté qui me faisait chavirer.

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Toujours jouant des hanches, cambrant les reins, t’allongeant sur le dos, sur le ventre et revenant pour plonger en toi-même plus profondément…, sans te soucier vraiment d’autre chose que de l’orgasme ultime, la petite mort dans le sub-space de l’amour.
Cuisses écartées, relevées, t’accrochant des deux mains, m’offrant l’image récurrente d’un navire qui démâte, la tête renversée en arrière et tes hanches secouées par un roulis fou…
Extatiques instants…
Il y a quelque chose d’effrayant avec le corps, c’est qu’on ne peut lui échapper.
Nous vivons grâce à lui, mais au final c’est le corps qui nous tue : il met le destin à poil…

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