Courrèges Bulle, Exe et Zooop…

Mort le 8 janvier 2016 à l’âge de 92 ans à son domicile de Neuilly-Sur-Seine, André Courrèges était atteint de la maladie de Parkinson depuis plus de trente ans…., réunis autour du cercueil, la famille et les amis de ce grand visionnaire lui ont rendu un dernier hommage dans l’intimité et dans sa ville natale, là où il avait installé son usine…, des obsèques très émouvantes et originales, menées par Coqueline, son épouse, habillée de blanc, couleur chère à son défunt époux…
François Bayrou, maire de Pau, mais aussi Frédéric Torloting et Jacques Bungert, nouveaux propriétaires de la maison (cédée en 2011), étaient présents tout comme Marie, l’unique enfant du couple, ainsi que les cousins et les tantes de celui qui reste l’inventeur de la mini-jupe.

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« C’était un gars très bien, un ingénieur et un joueur de pelote. Il a mené une vie de travail et de sport. Il s’est éteint par impossibilité de la machine à continuer de vivre. Il était catholique. Bénissez-lui ses péchés et ses bonnes actions. C’était un grand bonhomme !« , a déclaré son épouse, non sans se faire remarquer…, car la cérémonie était placée sous le signe de l’anticonformisme…, vêtue d’un pantalon, d’une veste et de bottes de couleur blanche « Courrèges », deux anémones rouge à la main, coupant la parole aux deux prêtres qui dirigeaient la cérémonie, Coqueline a déclaré face au cercueil de son mari : « C‘était un grand bonhomme, mais c’était un emmerdeur. C’est pour cela qu’il est arrivé à faire ce qu’il a fait« …, puis le surréalisme a refait surface… »André est dans la lumière«  a déclaré l’un de deux prêtres…, des propos qui ont trouvé réponse immédiate dans la bouche de Coqueline : « On ne le sait pas. Il ne peut pas nous envoyer un texto.«  !

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Avant la cérémonie, tous les amis et la famille d’André Courrèges avaient célébré dans le couturier « un libérateur, un créateur » et aussi « un homme bon, attentionné qui laisse un grand vide, qui sentait l’air du temps »….
« C’était un génie. Il nous disait ‘restez libres, indépendants. Il faut être gai, avoir le sourire’. C’est l’héritage que je garde de lui« , avait déclaré sa nièce : Perrine Durandeau.

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Un an plus tard, en 2017, alors que le groupe Kering (au sens large, c’est-à-dire la holding de la famille Pinault comprise), était en négociations pour prendre une participation majoritaire dans la maison Courrèges, de manière plutôt originale, Coqueline Courrèges, a interrompu le PDG du groupe Kering, François-Henri Pinault, lors de sa prise de parole pendant le Vogue Fashion Festival à Paris :
« Je n’aime pas ce que vous avez fait de Balenciaga » (maison dans laquelle elle a débuté avec André Courrèges), « c’est grossier, et je n’aime pas l’idée de ce que vous pourriez faire de Courrèges »… a ainsi déclaré dans sa diatribe la veuve du fondateur au cours des questions-réponses entre Xavier Romatet, dirigeant de Condé Nast France et François-Henri Pinault.

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Dans sa tenue blanche signature de la maison Courrèges, elle a alors brandit une affiche avec le logo de Balenciaga (maison du groupe Kering) d’un côté… et de l’autre, des femmes pour partie dénudées.
« Je suis parfaitement fier de ce que nous faisons chez Balenciaga », avait alors patiemment rétorqué François-Henri Pinault, avant que la sécurité ne guide calmement Coqueline Courrèges vers la sortie…, une honte…
Le PDG de Kering n’a fait aucun commentaire, mais des sources bien informées insistent sur le fait que Kering (ou bien le groupe Artémis, le véhicule d’investissement de la famille Pinault qui détient Kering), s’apprêtaient à racheter Courrèges à ses actuels propriétaires, le duo de publicitaires Jacques Bungert et Frédéric Torloting.
En 2015 déjà, des informations non confirmées sur une prise de participation de 30 % d’Artémis dans Courrèges avaient circulé…, un porte-parole de Kering a aujourd’hui confirmé que Artémis avait bel et bien réalisé cette opération, mais a renvoyé vers la holding de la famille Pinault pour toute autre question… et celle-ci n’a pas répondu à mes sollicitations.
En juin 2015, les Pinault étaient déjà passés par Artémis pour prendre une participation minoritaire chez Giambattista Valli.

En 2017 Madame Coqueline Courrèges m’a ouvert son jardin secret et quel jardin, au milieu de tulipes colorées et de sculptures avant-gardistes, se trouvaient des petits bolides qui semblaient tout droit sortis d’un film de science-fiction.
En effet, Coqueline Courrèges, respectueuse de l’environnement, est restée férue des nouvelles énergies qu’elle aime toujours associer à l’automobile.
« Le seul cahier des charges recevable, c’est de changer d’énergie et de respecter notre planète« 

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Avec trois prototypes de voitures 100% électriques, Coqueline m’a rappellé son message pour un humain en harmonie dans son environnement, tout un programme en perspective !
André Courrèges était ce qu’on peut appeler un « touche-à-tout » : ingénieur des ponts et chaussées de formation, il devint ensuite couturier, puis comme tous les domaines d’expression artistique le passionnaient, il étendit son activité à la sculpture, la peinture et l’architecture.
Sa particularité était qu’il placçait toujours l’humain au centre de sa réflexion : il observait et interprètait l’environnement dans lequel il évoluait, il associait alors l’humain au rêve, aux formes et aux couleurs.

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Quant à Coqueline Courrèges, elle s’intéressait aux nouvelles technologies, à l’art et également à l’humain : c’est pourquoi elle avait créé des véhicules 100% électriques au look créatif dans le but de protéger la Terre et préserver le futur.
Elle a conçu la Bulle en 2002, la EXE en 2004 et la Zooop en 2006.
Le point commun de ces autos étaient des pneus Michelin aux couleurs de l’arc-en-ciel : la Bulle a les bleus, la EXE les rouges et la Zooop les jaunes !
Coqueline Courrèges m’a plongé dans son univers altruiste : m’en mettant plein la vue entre ses sculptures géantes et ses voitures étonnantes.
Elle proposait une vision de notre monde différente, son objectif était d’amener les gens à se questionner, à réfléchir à l’avenir et à la vie.

Coqueline Courrèges avait élaboré en 2002 une voiture électrique avec des traits simples et tout en rondeur : elle existe toujours… elle répond naturellement au doux nom de « Bulle » (2 ou 4 places, traction avant).
BULLE…

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Ses mensurations : une longueur de 3.125 m, une largeur de 1.80 m et une hauteur de 1.85 m…, son poids est de 1000 kg tout rond.
Elle est équipée d’une batterie nickel cadmium d’une capacité de 100 A/h, avec une tension de 96 V… et dispose d’une boîte mécanique 4 vitesses.
Sa vitesse maximum est de 110 km/h et son autonomie est de 170 km.
Elle a participé au Challenge Bibendum organisé par Michelin en septembre 2002 à Paris.
Sa blancheur figure la pureté, sa forme la protection : les villes polluées et encombrées font tâche à côté…

La seconde voiture électrique de Coqueline Courrèges nommée « EXE » (2 ou 4 places, traction avant) a débarqué en 2004.
EXE…

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Coqueline Courrèges voulait que le public focalise uniquement sur ses technologies écolos.
Ses mensurations : une longueur de 4.04 m, une largeur de 2.20 m, une hauteur de 1.62 m. et un poids de 990 kg.
Elle dispose d’une batterie au lithium-ion d’une capacité de 149 A/h, avec une tension de 370 V, 300 kg…, la boîte de vitesses assure une transmission directe.
Sa vitesse maximum est de 175 km/h et son autonomie de 450 km : des progrès ont été effectués à ce niveau par rapport à la Bulle (vitesse maxi de 110 km/h et autonomie de 170 km) !
Elle a été présentée lors du Challenge Bibendum organisé par Michelin en octobre 2004 à Shangaï (Chine).

Avec la troisième voiture, la Zoop, Coqueline Courrèges a voulu élaborer un moyen de transport léger, original, futuriste, rapide et respectueux de l’environnement.
Zooop…

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Ses mensurations : une longueur de 2.78 m, une largeur de 1.89 m, une hauteur de 1.35 m et un poids de 690 kg !
Ce véhicule pas comme les autres est doté d’un moteur de 200 chevaux (150 kW) et d’une batterie au lithium-polymère d’une capacité de 70 A/h, avec une tension de 370V, qui pèse environ 100 kg.
La boîte de vitesses assure une transmission directe et sa vitesse de pointe est de 180 km/h.
La Zooop bénéficie d’une autonomie de 450 km…, elle démarre au quart de tour et fait mieux qu’une Ferrari ou qu’une Porsche…, elle freine aussi très rapidement !
Elle a été exposée lors du Challenge Bibendum organisé par Michelin en juin 2006 à Paris.
Elle allie technologies écologiques, design créatif, sécurité et performances…, c’est ce que nous attendons tous actuellement d’une voiture !

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Avec André Courrèges, la rencontre entre la haute couture et l’automobile n’était pas qu’une affaire de mode, Courrèges conçevait et construisait la voiture de demain, celle qui devait réconcilier l’homme et la planète, en faisant fi des coquetteries…
Avec Coqueline Courrèges, toute conversation évolue vers un discours dans lequel s’enchâssent des traits d’humour, ou les humeurs virevoltent… et où les jeux de miroirs philosophiques questionnent…
Au bord d’une longue route droite et peu fréquentée, sur un parking perdu, au milieu d’éblouissantes automobiles grises magnifiant la technologie, se trouve « sa » petite perle blanche de type coque de noix.
C’est la Bulle, perle rare ou vilain petit canard, c’est selon…, c’est une voiture toute simple, un volume évident, un berceau de blancheur et de transparence mêlées, d’une allure presque démunie, mais de portée universelle.

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Avec ses dimensions réduites et sa stricte finalité de mouvement, on perçoit son identité de petite fille des villes, mais avec sa batterie au nickel cadmium et son volume sonore dérisoire, on devine aisément sa filiation avec les petites filles des champs.
Au milieu des prototypes rutilants des plus grands constructeurs mondiaux, la Bulle ne dépare pas, elle cherche aussi à réconcilier l’homme, l’automobile et la planète…, à faire que ce triangle se lie enfin avec cohérence, loin des nuages douteux et des émissions mortifères.
Saisie au vol et au hasard de ses innombrables va-et-vient, Coqueline Courrèges lance alors, avec un regard perçant : « Notre voiture constitue la preuve que l’on peut changer d’énergie ! Si une petite structure non spécialisée dans l’automobile comme la nôtre est parvenue à fabriquer une voiture propre, c’est bien que tout le monde peut le faire. S’ils le veulent vraiment, les constructeurs peuvent donc le faire… Aujourd’hui, si on est de bonne foi, le seul cahier des charges recevable, c’est de changer d’énergie et de respecter notre planète. Une planète qui est fragile, rappelons-le… »

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Le retour à Paris fut chargé… et dans ma voiture, au milieu des rues encombrées, tandis qu’une voix radiophonique indiquait soigneusement le niveau de pollution du jour, j’ai eu envie de retourner voir la Bulle, pour comprendre ce que l’on pressent puis entrevoit, car « la Bulle » n’est pas une lubie, un gadget, mais un message, une incitation.
L’imposant immeuble haussmannien du siège de Courrèges se fond avec naturel dans son quartier huppé…, la pièce d’accueil est déconcertante : aucun signe ostentatoire de « grande maison« , un aménagement fait de circularité et, surtout, le règne du blanc.
Margot, l’attachée de presse, vêtue de la fameuse minijupe et des célèbres bottes blanches Courrèges, vient m’accueillir…, nous montons dans une immense pièce irradiée de lumière et nous nous installons devant une interminable table en verre.

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Blancheur et transparence…
Au milieu des patrons, des croquis de vêtements et des étoffes, on trouve des dessins et des objets liés à la Bulle.
Coqueline Courrèges sort de réunion me rejoint, dynamique en diable, avec une salopette blanche, des yeux d’oiseau jaugeant les airs avant l’envol et des mains vives et semblables à l’écorce : « Nous avons conçu la Bulle comme on conçoit quelque chose lorsqu’on est face à un problème et qu’on se demande : comment faire ? Nous sommes six milliards et demi d’humains et nous avons des problèmes d’environnement importants. La voiture en fait partie, nous sommes grosso modo douze milliards d’humains. Quelle voiture devons-nous donc choisir de construire aujourd’hui ? Une voiture propre bien sûr ! »
La trame de mon entretien a d’ores et déjà volé en éclats mais, heureusement, Coqueline Courrèges reprend avec vigueur : « Pour la Bulle, nous avons tout fait tout seuls. Cette indépendance a été garante de notre liberté de penser. La Bulle se situe entre l’humour, comme un Disney philosophique, et le rêve. Elle est faite pour tout le monde tout en s’adressant plus spécifiquement aux constructeurs pour leur dire : il est temps que vous vous y mettiez vraiment !« 

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L’indépendance de Courrèges n’excluait nullement des contacts avec les constructeurs… Citroën avait ainsi étudié plusieurs projets présentés par Courrèges, projets qui ne furent finalement pas retenus…, pourtant, le motif du levier de vitesses translucide, présent sur la Bulle, s’est retrouvé à bord des C2 et C3.
Courrèges avait aussi eu des contacts avec feu Matra, Mercedes, Toyota ou encore Suzuki.
« En général, c’est qu’ils ont toujours besoin d’un designer pour faire évoluer les choses. Notamment au niveau des fonctions, comme celles qui sont liées à la vie des enfants à bord par exemple. Ces entrevues sont riches en discours et en intentions mais, in fine, les projets sont toujours reportés« , explique Coqueline Courrèges sans une once de regret ou de dépit.
L’objectif de la Bulle n’était cependant pas de mettre en avant des accessoires ou quelques mignonnes petites trouvailles.
« La sophistication actuelle des véhicules tourne vraiment au ridicule !« , tonne Coqueline Courrèges avant de poursuivre en rythme : « L’enjeu auquel nous sommes confrontés est d’une autre nature ! Nous parlons de mobilité, de ressources énergétiques et de respect de la planète. Le moteur est au cœur de nos préoccupations, alors que la décoration, les rangements, pose-bouteille et tutti quanti, et les équipements de confort sont secondaires pour ne pas dire plus… »

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Il ne faut pas se méprendre : Coqueline Courrèges n’est pas une donneuse de leçons ; elle cherche toujours viscéralement à saisir les problématiques essentielles.
Respecter, voire sauver, la planète en est une. « Il ne faut pas baisser les bras ou se résoudre au fatalisme et, parfois, il faut savoir donner un coup sur la table« , affirme-t-elle.
De même, la Bulle n’est pas universelle.
« La Bulle est plus qu’une citadine, c’est une parisienne« , dit Coqueline Courrèges pour laisser entendre qu’il n’y a pas de solution univoque et que notre diversité doit être prise en compte.
En fait, c’est le message de la Bulle qui est universel, plaçant l’industrie automobile, mais aussi toutes les activités humaines, devant ses responsabilités.
« La question des énergies et de l’environnement ne se limite pas à la voiture, bien entendu. Chez Courrèges, nous avions choisi la voiture parce que cela nous plaîsait et surtout parce qu’elle était visible« , explique Coqueline Courrèges.

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Reprenant le fil de mes questions, je me suis hasardé alors à lui demander ce qu’elle pensait du design automobile actuel.
La réponse a fusé : « Comme pour les vêtements, le style automobile actuel est dégueulasse ! Il faut raisonner avant de dessiner. Et puis c’est noir et triste. Comme pour les vêtements d’ailleurs. Les gens doivent préférer les vêtements noirs en pensant que c’est moins salissant… Alors que je vois aussi bien une tache sur du noir que sur du blanc« , s’exclame-t-elle.
Je me suis recroquevillé dans mon costume noir fraîchement sorti du pressing, ne trouvant pas de bon mot pour m’oxygéner, cherchant du réconfort en direction de Margot, suis tombé sur ses bottes blanches qui me renvoyaient à mes chaussres noires…
Penaud, je suis revenu à la Bulle pour savoir si une fabrication de petite série avait été envisagée : « Oui, nous y avions pensé et j’y pense toujours« , m’a concèdé Coqueline Courrèges en précisant que cela ne se ferait pas avec un constructeur français.

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Au milieu des rues encombrées, calé derrière une Prius qui jouait les apparitions romanesques, j’ai pensé au nouveau véhicule Courrèges qui a « succédé » à la Bulle.
Un véhicule propre bien sûr, développé et construit entre Neuilly et le siège de Courrèges, embarquant une batterie au lithium…, un véhicule à l’échelle de la planète, au sens écologique et non mercantile.
La voix rauque de Coqueline Courrèges a alors retentit dans ma tête : « Nous devons raisonner à l’échelle des galaxies et nous exonérer du dieu argent.« 
A propos, Coqueline Courrèges est une femme, mais elle ne parle pas de femmes ou d’hommes, elle préfère l’humain : « Que ce soit pour une voiture, une robe, de l’architecture, des robes architecturées ou que sais-je encore, l’enjeu reste invariable : l’humain.« 

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Quand on pense voiture électrique, on pense soit à une voiturette plus proche de l’auto sans permis que d’une voiture conventionnelle, soit à un modèle à essence converti à la traction électrique avec beaucoup de compromis…, pour faire une bonne voiture électrique (et encore plus pour faire une bonne voiture), il faut la développer à partir d’une plateforme spécifique à la traction électrique…, ce raisonnement, s’il fait l’unanimité chez tous les ingénieurs, n’est pourtant appliqué par aucun constructeur.
Incapables de calculer la rentabilité d’un projet de voiture électrique, les constructeurs ont abandonné cette technologie…, ne restent donc plus que les entrepreneurs isolés pour la développer !

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La Courrèges EXE représentait le second engagement de la maison et accentuait le dépit de constater que si en 35 ans, la mode et le secteur de l’habillement avaient totalement changé, la proportion de véhicules électriques en circulation n’avait guère bougée…
La couture mène à tout, et ce n’est pas Toyota, grand fabricant de machines à coudre, et à l’origine fabricant de métiers à tisser…, qui dira le contraire…
L’EXE est équipée d’un moteur électrique de quelques 50 kg, compact, qui est implanté à l’avant de l’auto…, ce qui est très volumineux autour de lui, c’est l’électronique de gestion, pour lui, mais aussi pour les batteriesLithium-Ion, d’une capacité de 149 A/h à la tension de 370 V, idéalement situées dans le soubassement de l’auto, elles y ont donc un effet stabilisateur, en contribuant à donner à l’auto un centre de gravité très bas.
Pour le reste du développement, partant du principe que la clé de bonnes performances c’est la légèreté, la voiture est d’une simplicité affolante, ou affriolante…, parce qu’avec une masse tout juste inférieure à la tonne, l’EXE va de 0 à 100 km/h en 6.2 secondes…, exactement le temps d’une Porsche Boxster.
Et ce ne s’arrête pas là, l’EXE monte à 160 km/h.

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On pourrait encore faire mieux, il suffirait d’allonger le rapport de démultiplication, mais cela exigerait de modifier le design de l’auto, pour accorder une plus grande place au souci aérodynamique.
Dans l’état, avec sa carrosserie tubulaire habillée de plexiglas l’EXE est tout pour le style, on n’avait plus vu cela depuis 30 ans.
Hauteur mise à part (1,62 m), l’EXE évoque le concept Pininfarina Modulo ou la première maquette de la Lamborghini Countach, d’ailleurs comme elles, l’EXE est très large : 2,20m, mais courte avec seulement 4,04 m de longueur, l’EXE se montre ici en configuration 2 places, mais il est possible de rajouter 3 sièges à l’arrière, ce qui permettrait d’envisager un usage familial.

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Mais l’auto est-elle apte aux longs trajets ?
Un peu, oui, l’autonomie est annoncée à 450 km…, la Venturi Fetish ne faisait pas mieux, mais ce n’est qu’une question de choix technique, puisque c’est le même ingénieur qui se trouvait derrière ces 2 autos.
La Venturi était aussi incontestablement plus sécurisante, avec une vraie carrosserie, alors que la portière de la Courrèges EXE se limite à un tube métallique.
La question de l’étanchéité semble aussi avoir été étudiée assez succinctement… et il faut être bien habillé pour conduire l’EXE, mais c’est la moindre des choses pour une voiture de couturier.
Néanmoins, tous ceux qui montent à son volant sont séduits… et si la Courrèges EXE ne sera jamais produite en série, elle est une déclaration de style et de viabilité de la propulsion électrique qui ne mérite que des éloges.

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Ne me reste plus qu’à tester la troisième voiture électrique de dame Coqueline Courrèges, la Zooop, l’idée avant gardiste d’une vraie militante écologiste.
Coqueline Courrèges continue sur la lancée, la Maison Courrèges avait révolutionné la mode dans les années 60 en créant la mini jupe.
La Zoop, une lubie ?
Non, la zooop est la dernière née, avant elle, 2 autres voitures ont vu le jour, chacune bénéficiant de l’apport de l’évolution technologique.
La zooop, une utopie ?
Ah vaste débat.
« ON » nous disait que la voiture électrique pose différents problèmes : autonomie, vitesse, recharge, mais Coqueline Courrège a montré que certaines difficultés pouvaient être surmontées.
Toutefois, reste le coût de fabrication d’une telle voiture…, est-ce la solution pour lutter contre la pollution, pour ne plus dépendre du dieu pétrole ?
Je n’ai pas la réponse…, toutefois, c’est une des solutions envisageables !

projet14« Ce n’est pas une passion, c’est un coup de gueule ! J’en ai eu marre de voir que rien n’était fait pour protéger l’environnement alors que de nombreuses choses sont réalisables. Peut-être que cette initiative donnera des idées à d’autres« .
C’est une curieuse passion que vous avez pour ces étranges véhicules écologiques…
Pouvez-vous nous évoquer la naissance de ces projets un peu fous ?
« J’ai fait la Bulle en premier et je lui ai changé trois fois de mécanique ! Au début, elle était équipée de batteries au plomb, puis je suis passé au nickel-cadmium et enfin, je l’ai dotée plus tard d’une batterie au lithium. Mais j’ai laissé la Bulle de côté un certain temps pour attaquer la EXE, une traction qui embarque 300 kg de lithium-ion. C’est une voiture électronique avec une technologie très puissante et très autonome. Elle peut en effet parcourir jusqu’à 450km. Sa vitesse de pointe est de 180 km/h. La EXE est dépourvue de carrosserie pour bien montrer que je ne m’occupe que des énergies. Ma dernière création c’est la Zooop, une propulsion animée par une batterie au lithium-polymère qui pèse environ 200 kg de moins que celle de la EXE. Le poids, c’est l’ennemi numéro 1 de toutes sortes d’énergies« .

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« La Zooop s’appelle ainsi parce qu’elle va très vite ! Vous ne la voyez pas, elle est comme l’éclair, il n’y a rien dedans«  !
Zooop, c’est un drôle de nom tout de même !
Cette Zooop suscite un engouement certain, comment l’expliquez-vous ?
« Les gens aiment la puissance. Et la Zooop est la plus rapide des trois voitures que j’ai conçue. Elle bat même les Porsche et les Ferrari au démarrage ! Mais toutes les voitures électrique pourront faire aussi bien car cette technologie est beaucoup plus performante que les moteurs à explosion. Quand vous appuyez sur l’accélérateur, elle file à toute allure et, au même titre, quand vous levez le pied, elle freine très vite. Je n’ai même pas besoin de la pédale de frein ! C’est la vraie sécurité cette rapidité dans les commandes. En accélération ça vous permet de doubler et au freinage d’éviter un obstacle. C’est à dire que je peux doubler et freiner très rapidement, donc c’est l’accélération en direct. C’est ça le plus merveilleux »…