Le Grand-Prix des vanités de Knokke-le-Zoute…

Pépées et bagnoles se disputent, on le sait, le temps de cerveau disponible du mâle alpha…, toutefois, si la norme érotique occidentale conduit les sylphides en fleur à onduler de la croupe en fute taille basse et chausses fines, c’est tout le contraire que l’on observe chez leurs rivales en pneumatiques : ceintures de caisse hautes comme la taille d’une  Marie-la-Vertu, pointures d’écrase-merdes : on a connu plus gracieux comme muses ambulantes.

Las, le design automobile se vulgarise à marche forcée…, cela a commencé avec les outrances des années Bangle, l’homme qui a défiguré les BMW…, son style déconstruit, fait d’un amoncellement de formes géométriques disparates a eu beau s’assagir en descendant en gamme, le goût du lourdingue a gagné la planète automobile, de la citadine de pouffe au tank de ploutocrate.
Cela a continué par la vogue du blanc, teinte synonyme chez nous d’utilitaire inodore, mais prisée des pétro-monarques à fort pouvoir d’achat…, puis vint l’ère des LED (l’ère des laides !) constellant les autos comme autant d’arbres de Noël…., bling-bling quand tu nous tiens !

Regardez donc à chaque coin de rue le péquin moyen au volant de monstres à roulettes exhibant pêle-mêle : gueules béantes, regards de tueur et indispensables guirlandes de LED…., s’y prête l’air d’un temps privilégiant l’exhibition décomplexée des stock-options à l’hypocrisie égalitariste des vieux frontispices…
Regardez encore nos rues encombrées d’horreurs trop voyantes…, le marché globalisé semble avoir tranché, le client européen, hier encore étalon mondial, a-t-il toujours les moyens d’influer sur le contenu de son garage ?

L’exemple vient d’en haut si l’on en juge les caprices d’un président à la maturité affective d’un adolescent de treize ans… ou les frasques vomitives d’au-delà des Alpes…, pire, la stagnation de la croissance européenne et la migration de l’épicentre du marché vers l’Asie conduisent les constructeurs à courtiser les primo-accédants chinois impatients d’afficher à leur tour les signes ostentatoires de réussite sociale…, alors, il faut que ça brille, il faut que ça en jette… et tant pis si le moteur n’a rien de sportif et le conducteur, rien d’un pilote…
J’appelle cela le stade phallique de l’automobiliste… et il se pourrait bien que ces clients immatures mais de plus en plus nombreux, dictent demain l’archétype de la voiture universelle comme le fait la ménagère de moins de cinquante berges pour la télé-poubelle.

Il y a quelques temps, j’étais allé voir une « grande » manifestation d’automobiles de luxe à Knock-le-mazout, l’équivalent Belge de Saint-Tropez…, c’était terriblement local et très fête du petit commerce de quartier…, je l’avoue, pas vraiment digne d’un site-web international, mais c’était le seul exemple à tout ce que je viens d’écrire, qui ne se situait pas trop loin d’où je me trouvais ce week-end…
C’était snob, les « ceusses » qui possèdent d’un coté (ci-dessus et ci-dessous, François et Pénélope Fillon dans leur Aston-Martin de plus d’un million d’euros)…, les « ploucs » qui viennent regarder de l’autre…, il y a un coté pathétique dans ces manifestations qui sont exclusivement commerciales sous des dehors snobinards de faux-culs en dérives et dérapages plus ou moins incontrôlés…, beaucoup d’anciennes belles femelles y exhibent une partie de leurs seins souvent siliconés… et leurs rotules…, pivots d’articulation de leurs gambettes ou  jambons (c’est selon)… ou il y a assez bien de vergetures…

Il y avait beaucoup de beaux mecs aussi, avec des gueules de mafieux surmontant des costumes au delà des 2.000 euros…, trop souvent d’anciens Smalto légèrement brillant…, ils avaient les mains caressantes mais la tête ailleurs, à se demander qui escroquer ou comment payer les traites…
Bref, dans ce « bazar », l’ensemble était festif mais déprimant aussi…, pour toute cette foire aux bestiaux de luxe, la police avait bouclé… les rues…, quelques jours après leurs révérences envers les riches se sont muées en haine, carnet de contraventions à l’appui…

Les coqs et poules de luxe, les poulettes en devenir aussi, se gargarisaient de la Bugatti Veyron à 1.500.000 euros exposée à la Galerie Pieters…, alors qu’une très laide et vieille Ferrari Testa Rossa prototype des années 50 venait d’être vendue 16 millions de dollars et des poussières à Peeble Beach : La rhétorique, nous dit Schopenhauer, est l’art d’avoir toujours raison ou, à défaut, de retomber au mieux sur ses pattes.
C’est une nécessité dans ce monde d’imposteurs professionnels où triomphent conseillers en communication, démagogues alliés du Système et autres philosophes de tête de gondole…, toutefois, il leur faudra probablement plus que de l’habilité verbale pour ériger leurs saucisses bling-bling, en parangon du luxe.

Différent ne veut pas forcément dire meilleur…, ainsi, quand un vieux président a été poussé vers la sortie par son élève aux dents longues, il m’a confié, la voix étranglée par l’émotion, qu’il était temps pour lui de « servir autrement »…, l’altérité a toujours la cote chez les vendeurs de vent… et lorsqu’un constructeur automobile  généraliste se plante sur le segment phagocyté par les grandes berlines statutaires, il affirme sa volonté de « faire du haut de gamme autrement »…, telle est la stratégie suivie avec le gadget-marketing…, la posture du haut de gamme alternatif pour mieux éviter les comparaisons désobligeantes, cela ne date pourtant pas du dernier flop.
Renault nous avait fait la coup avec sa Vel-Satis, concept intello-prétentieux au croisement d’un salon ligne Roset et d’une armoire bourguignonne…, dans les arcanes du Techno-centre de Guyancourt, on la surnommait « le taxi », c’est dire le sérieux qu’elle suscitait en interne…, pour la com’, c’était « la voiture des bobos, le haut de gamme qui séduit autrement, blablabla » : Vous vous souvenez ?

Le concept de berline-haut-de-forme a un temps fait des émules chez d’autres généralistes en panne de prestige, cela nous a donné des Opel Signum, Fiat Croma II et autres Seat Toledo III, autant de sinistres fours ayant sombré dans le plus compréhensible oubli à la suite de leur inspiratrice…, aujourd’hui, cette brillante idée en la complexifiant encore un peu plus, c’est la Stupid Ugly Vehicule, une grosse vache façon Mercedes Classe R qui survole à peu près tous les genres sans en retenir la moindre des qualités.
Est-elle fine ? Non.
Modulable ? Que nenni.
Tout chemin ? Surtout pas.
Statutaire ? Euh…

Par ailleurs, rouler des mécaniques sur ce marché neuf friand de prestige avec un simple 4 cylindres comme motorisation de pointe, cela ne fait guère sérieux…. et la fée électricité a beau arriver à la rescousse pour atteindre 200 chevaux en cumul, les prétentions haut de gamme claironnées sous le crépitement des flashs se heurtent aux limites de la logique…, la grenouille se ferait-elle plus grosse qu’un bœuf ?
Le monde change, la sociologie du haut de gamme aussi…, Béhême, Merco et Taudi l’ont bien compris en séduisant à leur manière les dindes des beaux « Cartiers » (sic & gag !)… et autres play-boys hirsutes avec leurs citadines branchées…, nos marchés automobiles dits matures semblent avoir dépassé leur stade phallique puisque le prestige du conducteur ne se mesure plus seulement à la taille de son engin et à ses performances supposées…, par ailleurs, le malthusianisme énergétique ambiant accrédite chez les motoristes l’idée que « moins c’est mieux ».

Ainsi, même les plus grands abandonnent les V10 pour des V8, les V8 pour des V6… et les vessies pour des lanternes…, symptôme du tsunami idéologique ayant bouleversé les bureaux d’étude, une référence du chic universel  telle que la Mercedes Classe S vient d’adopter un moulin à 4 cylindres en entrée de gamme…, contraintes énergétiques aidant, la Chine y viendra aussi…, une aubaine pour justifier la complète débandade du segment des grosses berlines, pour des raisons « légalo-fiscales » mais aussi sociologiques et idéologiques…, dur…, voilà, c’est pas plus et pas moins…
Certains voient déjà dans la mégapole chinoise la Detroit du XXIème siècle, tandis que Le Zoute est davantage assimilé à la Place « m’as-tu-vu » ou divers rigolos et Johnny’s viennent parader avec des ZX rafistolées…, rompant avec la condescendance néocolonialiste occidentale, les constructeurs réservent leurs vraies primeurs au salon de Shanghai… et pas à la digue de mer de Knokke-le Zoute…, pour sûr, l’Eldorado chinois fascine ou angoisse (suivant que vous soyez actionnaire ou ouvrier), sauf que le marché local goûte autant les berlines hautes diésélisées que l’américain moyen le soccer.

Mais alors…, qui dans la faune locale de Knokke-le-Zoute, va se laisser tenter par une Rolls Royce Phantom énergétivore, alors que c’est plus ludique de déambuler en ville dans une voiturette de Golf, puis de s’en retourner oeuvrer « à la capitale » dans une berline passe-partout, dielisée, immatriculée en voiture de société ?
Un notaire retraité ? Un irresponsable ? Un suicidaire ? Un marchand d’arme sous protection du Mossad et de la CIA ?

Comme je suis d’humeur, je vais m’épancher plus sur cette affaire :
En 1880, Knokke n’était encore qu’un petit village agricole, le Bruxellois Alfred Verwée, peintre des Polders, y construisait la première villa et y attirait ses amis artistes…, Emile Verhaeren venait y retrouver son ami, le peintre Théo Van Rysselberghe pour des enculades pas toujours du meilleur goût…, tandis qu’Eugène Ysaÿe recevait la Reine Elisabeth dans sa villa pour des parties de jambes en l’air !

Les mœurs n’ont pas changé au fil du temps qui passe…, en 1923, place Albert Ier, s’ouvrait l’hôtel Robert’s qui fera sa réputation en accueillant une clientèle anglaise noble et riche, Knokke-le-Zoute devenant alors la plage chic du littoral belge et, sur sa digue, on s’est peu à peu adonné au plaisir indémodable du cuistax…
Comme quoi les jeux de jambes sont forts prisés dans cette station estivale…, Knokke-le-Zoute a depuis toujours été le temple des vacances mais également le reflet d’un certain art de vivre où les loisirs (je vise bien sur le coté sexuel), riment avec beauté, sport et raffinement.

La station balnéaire Belge accueille depuis quelques années un évènement automobile de renom, réservé aux voitures anciennes de prestige, qui a inspiré une bande d’amis passionnés, ils ont mis sur pied le Zoute Automobile Club, avec le but de créer un évènement annuel de très haut niveau dans le paysage belge des rallyes automobiles.
La dernière édition du Zoute Grand Prix, un rallye de régularité, réservé aux véhicules construits entre 1920 et 1965, a donc accueilli, pépètes à l’appui (2.500 euros d’inscription)…, 120 voitures de prestige ainsi surtout que des « partenaires commerciaux » importants…, vivant du luxe sous toutes ses formes et difformités mercantiles, les commerçants du quartier bien connu de l’Avenue du Littoral étant mis à contribution, sous le principe que rien ne se perd…, même si tout échoue…, parfois lamentablement !

Si le but officiel de l’asbl Zoute Automobile Club® est d’élever la passion des propriétaires et pilotes d’un oldtimer ou d’un classic-car à un niveau supérieur (sic !)…, le but réel est (entre-nous, je ne le répèterai à personne)…, d’engranger un maximum de sensations (financières), pour les sympathisants d’une même passion !
La finalité est une grande fête du commerce local (de luxe)… et il me fut pathétique de voir divers commerçants de haut de gamme, réellement paniquer derrières leurs portes et vitrines blindées, de crainte que la horde des ploucs venus d’ailleurs ne s’avise de sonner pour entrer demander le prix d’un objet quelconque, telle une montre Cartier…

Je doute également que cette plèbe soit venue pour s’approvisionner en produits de marque : 10 sacs Chanel, 4 montres Cartier, deux ensembles chez Marie-Claire… et la belle Rolls-Phantom Cabriolet mastic métallisé à intérieur saumon d’Irlande… en plus de la très laide Ferrari camionnette rouge mâché foncé…, ces braves gens sont simplement venu acheter des boules de glace, des gaufres et des boissons sucrées tout en regardant l’univers des riches…, le bilan, c’est un simple Grand-Prix des vanités locales…, avec un peu d’extra-local pour faire international du cru…
En dehors des membres qui forment l’assemblée générale, cette ASBL est dirigée par un Conseil d’Administration et un Comité d’Honneur qui forment ensemble le noyau de l’association, qui décident de l’admission de nouveaux membres et indiquent la direction que l’association veut suivre…

L’organisation Le Zoute Automobile Club® a été fondée en 2009 sous la forme d’une ASBL…, chaque propriétaire ou conducteur d’un oldtimer exclusif ou d’une voiture classique exceptionnelle de plus de 25 ans agréée par le contrôleur technique de l’association, peut se présenter comme candidat à l’ASBL avec son automobile… et en fonction du véhicule les candidats sont sélectionnés comme :
• Vintage member, pour les voitures inscrites avant 1.1.1940 :
• Classic member, pour les voitures inscrites entre 1.1.1940 et 31.12.1969 :
• Driving member, pour les voitures inscrites après 1.1.1970…

Il faut transférer la demande, parrainée par deux membres qui soutiennent chaque candidature, au Président du Conseil d’Administration…., puis remplir le formulaire d’inscription accompagné des documents de bord, de photos et de l’historique de l’automobile avec laquelle le futur membre souhaite être admis…, il sera ensuite convoqué par le Contrôleur Technique de l’association, qui fera la classification de la voiture…
Son avis sera transféré au Comité d’Honneur qui devra transmettre un avis formel au Conseil d’Administration endéans les « nonante » jours… et qui peut décider de l’interviewer auparavant…, une fois l’avis favorable du Comité d’honneur transmis au Conseil d’Administration, il sera officiellement admis comme membre de l’association, après avoir payé l’inscription de départ de 1.000 euros et la cotisation annuelle de 1.500 euros.

C’est dire (écrire en fait) que venir participer à tout ce tralala avec une MGB relève du délire schizophrène paranoïaque mêlé d’une solide dose de mégalomanie de bas-étage…, mais comme même les riches locaux n’ont pas nécessairement les moyens d’acquérir une Bugatti Veyron…, le standard est l’Austin Healey 3000, ou la Porsche 356, bêtes idéales et de circonstance car pas trop chères et juste assez snob pour apprivoiser les plus hypocrites…, quelques irréductibles réussissent toutefois à passer avec d’innommables Morgan et Triumph Spitfire…, mais rien ne vaut la Rolls Phantom…
Toutes les voitures participantes y ont été soumises à un contrôle de la FIVA avant de pouvoir parcourir environ 250 km par jour au-travers des Polders et des villes et villages de Flandre occidentale…, guidé par un roadbook comportant  toutes les indications nécessaires : les contrôles et les périodes de neutralisation.

Le Rallye de régularité et/ou balade Le Zoute Grand Prix® se composait de deux parties importantes : un rallye de régularité chronométré de deux jours… et une balade bucolique…, parallèlement à ce rallye de régularité, une promenade avec roadbook était également proposée pour un maximum de 50 participants dans un parcours plus court dans la même région (150 km).
Au très snob Le Zoute Concours d’Elégance® du dimanche, les voitures les plus anciennes et les plus belles ont été évaluées par un jury « international » d’experts au Royal Zoute Golf Club (sur invitation) et ont parcouru ensuite, sous escorte de police, le trajet allant du Royal Zoute Golf Club à la place Albert, accueil suivi d’un BBQ pour tous les participants au River Woods Beach Club (Digue de mer Le Zoute).

Un « Fastest Quarter Mile » a également eu lieu dès 9h00, les participants démarrant alternativement toutes les minutes, la position de départ des voitures étant déterminée par leur année de construction, avec priorité aux véhicules les plus anciens…, c’était un concours de vanité, sous forme de l’élection du plus bel ancêtre (quoique les membres érectiles du club soient relativement âgés, ce n’était pas un concours pour jauger de leurs attributs mâles, mais il s’agissait ici d’élire la plus belle voiture ancienne)…, s’est déroulé au Fairway 1 du Royal Zoute Golf Club et n’était accessible qu’aux invités et membres du club…, le public a toutefois pu « admirer » les voitures participantes et leurs équipages, dès 12h00 sur le podium de la place Albert.
Les marques les plus prestigieuses y ont présenté leurs modèles « premium » dans l’espoir d’attirer divers pigeons et réaliser quelques bonnes affaires : Audi – Bentley – BMW – Bugatti – Ferrari – Jaguar – Lamborghini – Maserati– Maybach – McLaren – Mercedes-Benz – Porsche – Rolls Royce…

Le cœur du Zoute a été également le décor d’une exposition permanente d’environ 100 voitures de luxe sur la digue de mer, la place Albert et l’avenue du Littoral…, tandis que sur divers podiums, quelques premières belges (datant de presue 10 ans) et des voitures exclusives étaient présentées : BMW 650d Coupé et 650i Cabrio – Bentley Continental GT Cabrio – Lamborghini Aventador – Ferrari FF et 458 Spider – Porsche 911 Speedster.
Outre les voitures exposées sur la digue, toutes les marques présentaient leurs modèles les plus récents sur des podiums répartis avenue du Littoral et place Albert…, seule la figure de proue de l’exposition, une Bugatti Veyron Grand Sport, siégeait à l’intérieur de la galerie d’art Pieters, avenue de Littoral 279 à Knokke-Le Zoute (cette pub’ est gratuite).

Le Zoute a donc été immergé pendant 4 jours, dans une atmosphère rétro raffinée, à laquelle les commerçants, les flâneurs et les passants ont pleinement pu profiter…
Thierry van Kan, Philippe Van de Vyvere, Wilfried Reynaert, le Comte Christophe d’Ansembourg et les initiateurs Philippe Van de Ryse, Filip et David Bourgoo ont réuni leurs efforts pour mener cette initiative à bien… et cela sous la présidence du bourgmestre, le Comte Leopold Lippens.

Il y a en ce bas monde des habitudes qui laissent toujours un goût doux-amer, qui offrent un peu de plaisir coupable…, de ces traditions que l’on reproduit sans songer à leurs implications, avec un peu d’ironie et de désinvolture…, c’est le cas de la blague foireuse de tonton Michel, d’un copieux menu de fast-food aux vertus plus psychologiques que nutritives, ou encore du calendrier qui décore le mur d’un garage…, oui, celui qui effeuille de charmantes dames dont le profil se reflète dans celui de belles carrosseries.
Parfois, ces calendriers, bien moins courus pour leur côté pratique que pour leur potentiel suggestif, sont de véritables chefs d’œuvres…, travail sur la lumière, composition, naturel du modèle, symbolisme, offrent à ces douzaines de pages une élégance que l’on s’arrache…, et puis, parfois, ça part en quenouille…, avec des expositions caricaturales, une bonne louche de vulgarité et une allure datée.

Les années cinquante eurent leurs soucoupes volantes, les sixties, la ball-chair… et les seventies, le Rubik’s cube, aussi rétrospectivement kitsch que le disco…, à chaque époque, la culture populaire consacre ses objets et formes cultes…, j’ai résolu de marquer ce nouveau millénaire en osant l’impertinence et le politiquement-incorrect, histoire de remettre les vieilles tocantes à l’heure actuelle !
Au commencement, il n’y avait pas internet, puis est arrivé le monde moderne avec ses outils, son réseau et son web (je crois qu’on en est à la version 2.0)… et lorsque j’ai commencé à avoir accès à internet, une des adresses qui circulait via mail était celle d’un site tout simplement à hurler de rire : Ze Jacky Touch.

Ce site nous proposait ce qui se faisait de mieux en matière de tuning, de préparation esthétique de voiture…, à travers les différentes présentations effectuées, on pouvait découvrir l’utilité du méga-aileron, la pertinence évidente des sorties d’échappement multipliée par 12 (ou plus), les productions venues d’Europe de l’Est, à base de trabans et de Lada…, bref un florilège de bon goût, de subtilité et de finesse.
Certains exemplaires fleuraient bon la psychiatrie quand même : on était proche d’une sorte de névrose qui pousse le propriétaire du véhicule à accumuler des gadgets et autres accessoires dans et sur sa voiture…, n’imaginez pas que les productions « constructeurs » actuelles dont j’ai vu divers exemples à la manifestation (pacifique) du Zoute…, sont  différentes… et, pourquoi toute cette accumulation de conneries qui fleurent bon la sportivité revendiquée du moteur ?

Des logos « S » comme Sport j’imagine…, ou « R » comme Racing, certainement…, apposés à l’arrière du véhicule, ou n’importe où ailleurs, pourquoi se priver…, ne pourrait-on (toutefois)imaginer un droit à la dignité automobile, qui interdirait ce genre de pratiques barbares et avilissante pour des voitures qui n’ont jamais demandées à être ainsi maquillées ?
Et en la matière, GatsbyOnline, de par son caractère politiquement incorrect, de par sa mise en scène décalée par rapport aux autres magazines et sites-web…, rencontre un succès fou et est ainsi devenu le cauchemar des attachés de presse de l’industrie automobile…., car l’automobile est un sujet qui fâche.

Je reconnais que rien ne me fait plus plaisir que de les imaginer avaler de travers leur café à la lecture de mes commentaires irrévérencieux…, pour certains, j’ose écrire  tout haut ce que la majorité des gens continuent de penser tout bas (gag !)…
Là où la plupart des journaleux font preuve d’un manque flagrant d’esprit critique, GatsbyOnline publie tout le bien ou tout le mal que je pense des voitures que j’ai choisi d’essayer… et des manifestations auxquelles j’ai choisi de participer…, un divertissement où l’automobile, de préférence inaccessible, est l’objet des névroses masculines.
Voilà, il est temps d’arrêter… après vous avoir offert (ci-dessus- la photo d’un couple illustre (sic !) venu « incognito » admirer les « belles » de Knokke-le-zoute
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