Viper : Jouissances philosophiques…

Le bonheur individuel se doit de produire des retombées collectives, faute de quoi, la société n’est qu’un rêve de prédateur.
Je suis en mission humanitaire avec www.GatsbyOnline.com…, chaque aventure est un texticule chargé d’apporter un renouveau dans une éjaculation d’idées nouvelles…
Comme vous aimez lire mes histoires, je vais vous narrer une de mes dernières aventures…

C’était il y a quelque temps…, je rendais visite à un grande amatrice de Dodge Viper qui, surtout, s’épanche nuitamment dans le BDSM…, car, de temps à autre, je me plonge dans le glauque pour transcender mes chroniques…, en effet, on ne cause jamais de la sexualité auto-sado-masochiste dans les merdias automobiles, alors que, pourtant, nous traversons une époque où le politiquement-correct part en couilles et où le surréalisme devient primordial à la survie intellectuelle.
J’ai été accueilli par un molosse, un gros rottweiler musclé, ou un truc du genre, une espèce sans doute interdite, aux oreilles taillées pointues, une bête de guerre capable de déchiqueter les bijoux de famille de n’importe quel emmerdeur, d’un coup de mâchoire…, il avait un joli collier métallique avec des pointes, le même que les soumis portent dans les soirées gothiques.

Sa Maîtresse était assise sur un bout de divan, le regard pétillant…, la maison avait à peine changé depuis 5 ans, le nombre de DVD dans la bibliothèque avait juste décuplé, l’ordinateur avait été décoré, tuné, il m’a semblé converti en aquarium…, sur la table, j’ai vu des chaines et des accessoires étranges, un peu plus loin, le dernier volume de Harry Potter, seule trace de littérature dans la pièce en dehors des deux derniers numéros de Chromes&Flammes, sans nul doute déposés là pour me faire plaisir…, je ne puis être trop mesquin en réciprocité d’amabilités !
La Maîtresse (du Rottweiler) m’a servi une eau pétillante…, une eau pétillante produit blanc…, une eau pétillante anonyme…, un simulacre de San Pellegrino, une station thermale située dans les Alpes Italiennes, haute teneur en sulfate (549 mg/l) et calcium (208 mg/l), faible taux de sodium (43.60 mg/l) la rendant peu salée…, à côté d’une eau thermale comme l’eau de Vichy Célestin, elle est plus agréable à boire et ne donne pas un arrière goût de rouille dans la gorge.

Une télé gigantesque occupait tout l’espace disponible au dessus d’un faux feu-ouvert… et le papier peint était très laid…, la Maîtresse en cuir/latex rouge m’a expliqué qu’elle était toujours folle des Dodge Viper, ajoutant qu’elle bossait dans l’enseignement secondaire inférieur, enseignant sa science infuse pour une école de coiffure.…, qui consistait à expliquer à ses élèves le PH et l’ammoniac…, j’ai acquiescé…, alors que je m’en branlais totalement.
La conversation à glissé comme un pied dans une flaque de cyprine sur les différentes sortes de tuning…, fallait alimenter en attente d’un réchauffement des corps…, on a donc papoté du tuning visuel, du tuning sonore, du tuning de la performance… et des « ceusses » qui travaillent dur… et touchent un salaire qui ne leur permet pas d’aborder les 3 tendances, ni de se faire branler et sodomiser par une Maîtresse BDSM…, pour ces adeptes du do-it-yourself la vie doit s’avérer insipide.

Elle m’a dit qu’un de ses « clients » avait choisi le tuning performance mêlé à un zeste de visuel…, sa caisse, une Excalibur Séries IV, était sobre, vitres teintées, peinture blanche nacrée… mais il avait eu l’idée de placer des néons rouge sous la voiture, qui, ainsi, devenait comme un objet céleste…
De chaque coté du capot, les 2 sorties factices d’échappement avaient été multipliées…, 4 tuyaux…, les ailes rendues plus aérodynamiques grâce à la suppression des feux originaux, remplacés par des non-originaux, similaires mais différents…, la conversation devenait pénible…, là, et j’ai insisté, je n’étais pas d’humeur à discutailler d’Excalibur…, j’étais venu à cause de la promesse d’une soirée textuellement illégale mélangée à la prise de photos de sa Viper jaune avec elle en rouge vif dans des poses plus qu’équivoques, un moment sexuellement transmissible et partagé où, à mon sens, je pourrai trouver de la matière intéressante pour ma créativité…

Pas question de compenser sa vie sexuelle faite de particules de vide…, mais…, le mal était fait…,le tuning était devenu pour elle une lutte contre la vraie vie, la loi, ses limites, ses peurs…, elle recherchait de vraies sensations fortes ou elle trouvait un équilibre…, j’admirais en silence… et j’ai enlevé ma ceinture pour profiter encore plus de ce mélange exquis d’excitation et de vulnérabilité.
Elle m’a alors proposé de la sodomiser dans le divan, une rediffusion du maillon faible…, j’avais gardé sur moi ma veste en cuir sombre dessinée par Heidi Slimane, directeur artistique chez Dior, négociée péniblement à Paris l’été dernier dans un colloque vintage…, pour le reste, j’étais essentiellement habillé de noir, pull, pantalon, chaussure à la frontière entre la basket et le soulier classique, pour assurer plus de crédibilité et de corps à mon dynamisme surnaturel

Les sensations étaient moyennes, j’ai eu un peu de mal à rentrer c’était trop sec, mais pour ne pas vexer et être poli, j’ai dit que c’était super…, vers 2h du matin, l’ambiance était morose, chacun contemplait ses yeux gonflés dans le reflet des yeux de l’autre, chaque mouvement était pesant, on pouvait entendre en bruit de fond un vieux (très vieux) tube de Madonna, un des « machins » produits par l’arabe-français, genre, Mirwais Ahmadzai, voilà le nom, il avait succédé à William Orbit, un enculé d’anglais qui avait remixé Bach, avec des immondes synthétiseurs homosexuels…, l’attente…
On a sonné…, c’était une jeune femme noire de peau, de cheveux, d’yeux et d’âme…, balayage du regard…, marcher à travers toute la pièce pour briser les frontières invisibles et en faire son territoire…, les mots sortaient, lents, une syntaxe et une sémantique simple, des mots bien mâchés par des mouvements de mâchoires répétés des heures à sucer…,  l’alcool coulait… et la fête a recommencé, la musique est devenue house et ça a pété, vive le Mojito !

Mais où étaient les percussions tribales habituelles quand on voit une négresse débouler nue ?
La négritude n’est plus du tout à la mode, suite à l’explosion R’n’B, le noir a été banalisé et tout le monde le sait, quand les gens regardent les publicités, ils voient inconsciemment le quota de noir qu’on a calculé pour faire United Color tendance, pour être à contre-courant, et donc original, il faut qu’on se moque de ce fait, et les tam-tams africains c’est un bon moyen de stéréotyper sonologiquement l’affaire.

Tout le monde se masturbait en matant à la téloche, une pétasse blonde, avec un décolleté grand canyon, boire et sucer une Black, c’était elle la star sexuelle de la soirée…, on s’est repassé la séquence une deuxième fois, une troisième fois, puis, lorsqu’il n’y eut plus rien à sucer et que les branlées se sont avérées fastidieuses et les sexes secs…, l’orgie s’est terminée par un service de pains au chocolat moelleux et de jus d’orange pressé.
L’individualisme exacerbé ne conduit pas, comme on le pense, à une libéralisation totale du sexe et à l’orgie permanente comme dans le meilleur des mondes…, au contraire, on se dirige vers un individualisme tellement fort qu’il peut se passer même du sexe, il suffit d’observer les stars qui n’ont pas de goût pour le sexe.

« Ces derniers temps », ai-je dit…, « je rencontre de plus en plus de gens qui se lancent dans une nouvelle pratique, l’asexualité…, les premiers mouvements asexuels se créent, je vous invite à faire des recherches sur la toile à ce sujet ou à lire du Marcela Lacub. Alors qu’il y a un siècle, le riche faisait des orgies et était échangiste pendant que le pauvre était monogame…, aujourd’hui, le pauvre fait des orgies, est échangiste, alors que le riche devient asexuel, dans le sens où il aspire maintenant à un niveau posthumain, supérieur à la soumission sexuelle qui ne fait penser qu’à un vulgaire état de sous-développement animal. Le sexe à terme n’intéressera plus personne…, le pauvre sera asexuel et le riche ne sera plus humain…, si on veut être à contre-courant et avant-gardiste, misons sur une femme masculine au possible »
On m’a applaudit, j’étais l’élément le plus important de la soirée à présent, on n’hésitait pas à me coller l’étiquette de génie…, la Maîtresse en rouge et la jeune femme black sont venues me tripatouiller, comme pour me remercier de je ne sais quoi…, je suais…, l’androstadiénone, l’hormone de la sueur, à fond les manettes… et l’érection est revenue, assez pour re-jouir en les laissant faire.

Personne n’est surhomme, le ressort se détend, le sexe devient finalement comme un carambar trop maché et l’homme dors…, j’ai été réveillé par les sirènes de la police et des sapeurs-pompiers…,je me suis rhabillé vite fait, puis je suis sorti…, mon Hot-Rod à fait « Vouampapfpafpaf »…, aucune des deux nananas ne s’est levée pour me voir m’envoler…, comment font les gens pour être si humains ?
Les gens fréquentent trop de gens sortis des écoles de commerce, des scientistes du vide chargés de vivre en occident pour prédire dans quelle direction, vers quelle tendance va s’engouffrer le déclin, trop d’ouvriers, d’employés syndiqués aussi…

Lorsque les seuls rêves se limitent à tuner une caisse…, à partir en vacances au camping de Palavas-les-flots chaque année au même emplacement pour exactement 14 jours…, à sucer tout ce qui est branlable…, c’est que l’humanité va mal…, bander, branler, éjaculer, jouir…, en fait, la vie se résume à ça !
Une semaine plus tard, j’ai curieusement reçu une lettre de condoléance, un courrier de l’accessoiriste local qui avait placé les néons sous l’Excalibur du client de la Maîtresse en rouge… qui en profitait pour s’inquiéter des pièces commandées… croyant que ma position d’éditeur de Chromes&Flammes allait lui spermettre de découvrir une des voies impénétrables du Saigneur…