Hot Rod Ford A’31″Live Wire”
Ce Hot Rod Coupé Ford Model A cinq fenêtres de 1931 achevé en 2008 et présenté en 2009 sous le nom de “Live Wire” au Grand National Roadster Show de Pomona, en Californie, a été fabriqué par l’équipe des Hot Rodder’s du garage “Imperial Customs” de Los Angeles, pour le cinéaste italien Piero De Luca né en 1930, venu en 2006 s’installer et finir sa vie aux USA. Il le leur a commandé à ses 76 ans durant un show de Hot Rod’s à Pomona, car désireux d’avoir enfin “son” Hot Rod dans le style 100% de la fin des années 1950/1960 qui avaient été le sommet de sa carrière… Ce Hot Rod “Live Wire” n’est pas né normalement, il a explosé dans la réalité comme un pétard oublié dans un barbecue. Son propriétaire, metteur en scène italien dont personne n’a jamais vu un seul film, a décidé qu’à 76 ans il était temps de faire une crise d’adolescence tardive. Il voulait une voiture qui fasse peur aux voisins, aux assurances et à la logique. Le garage “Imperial Customs” a accepté le projet comme on accepte une greffe de cerveau faite avec une perceuse. Le résultat est ce Hot Rod Coupé 5 fenêtres bleu clair qui semble hurler comme Piero de Luca : “Je suis trop vieux pour ces conneries”. Et pourtant, il roule comme si la mort n’existait pas…
Piero De Luca le voulait avec une carrosserie en acier “top-choppée” peinte en bleu clair, contrastant avec l’intérieur blanc et noir. L’équipe a envoyé des messages de recherche dans tous les USA et on leur a signalé “providentiellement” peu après, qu’une carrosserie correspondant à la recherche gisait abandonnée dans un champ au Texas, posée là comme un cadavre qui attendait qu’on lui vole ses organes. Personne ne savait comment elle était arrivée là, mais tout le monde soupçonnait une histoire impliquant du whisky, un pari stupide et un divorce mal géré… Effectivement c’était un Hot Rod complet qui avait été soit emporté/volé, soit payé des cacahuètes à un pré-fauché, soit gagné dans une partie de Poker comme aux bons vieux temps du Far’West sauvage… Miracle car c’était une carrosserie de Coupé Ford 1931 à cinq fenêtres, déjà rabaissée de 8,9 cm (3½ pouces). Sans nul doute que cette soi-disant “découverte” n’était pas une épave découverte au milieu d’un champ de nulle-part où aller et en revenir mais une découverte suite à un emprunt… “Imperial Customs”, interrogé plus tard par le FBI, à plaidé avoir ramené ce Hot Rod à la vie, même en le découpant comme un rôti du dimanche.
Ils ont abaissé le toit, tordu le châssis, insulté les boulons et invoqué trois saints patrons du métal. Le Hot Rod a ainsi repris forme dans un mélange de sueur, de jurons et de café froid. Et il a ouvert ses yeux/phares en grognant. Il avait été re-retravaillé et re-surbaissé de 10,2 cm (4 pouces) complémentaires par les mêmes “ceusses” de “Imperial Customs” de Los Angeles… La voiture reposait déjà sur un châssis “Ace-holes Midwest Fabrication” de cette époque et le Rod qui était miraculeusement propulsé par un V8 Cadillac 1952, couplé à une boîte de vitesses manuelle Ford Toploader de 1939 a été réalésé comme si on voulait lui faire avouer un crime qu’il n’avait pas commis. Les quatre nouveaux carburateurs Stromberg 97 n’ont fournis aucun indice trop occupés à aspirer l’air comme des enfants qui découvrent les milkshakes… La boîte Ford 1939 n’a dévoilé aucun secret, elle craquait comme un vieux pirate qui se lève de sa chaise et le tout produisait un bruit qui ressemblait à un mélange de tonnerre, de colère divine et de casseroles maltraitées. Les voisins ont essayé de porter plainte, mais les garagistes devenus comme fous ont refusé de stopper les essais et menacés de faire arbitrer les discussions par leurs amis Hell’s Angel’s…
Le ton exact de la peinture bleu clair choisie devait être “Une couleur qui dit ‘je suis fragile mais je te détruis”. Pas simple à réaliser… Les liserés ont été faits par un artiste qui ne travaille qu’en écoutant du rockabilly à un volume illégal. Pour ce qui est de la calandre issue d’une Ford 1932 modifiée, elle est dotée d’une grille chromée sur mesure et ressemble à un sourire carnassier qui aurait suivi une thérapie douteuse. Les jantes chromées inversées de style Ford (15″ x 6″ à l’avant et 15″ x 7″ à l’arrière) brillent comme si elles essayaient de séduire le soleil et sont chaussées de pneus Firestone à flancs blancs larges. Les feux arrière de Buick 1950 sont encadrés par un pare-chocs chromé. Le châssis “Aceholes” de Midwest Fabrication présente un déport de 4″ et un Z de 11″ à l’arrière, et y intègre un support réglable permettant de surélever ou d’abaisser le cul de la voiture. L’intérieur, réalisé par “Martinez Industries” de North Palm Springs, en Californie, comprend des sièges baquets sur mesure qu’un chroniqueur a résumé par “Tout est apocalyptique”... Les pneus Firestone à flancs blancs donnent à l’ensemble un air de bagnole de gangster propre sur lui mais pas dans sa tête. Et l’ensemble avance comme un mensonge bien raconté..
L’intérieur noir et blanc ressemble à un diner américain qui aurait fusionné avec un confessionnal géant. Les sièges baquets ont été cousus par un artisan qui ne croit pas aux angles droits. Ils sont en vinyle noir et blanc à motif losanges. Les vitres teintées en bleu donnent l’impression de conduire dans un aquarium psychédélique. Le tableau de bord capitonné et plissé abrite un combiné d’instruments de Ford Edsel 1958 dont un compteur de vitesse à tambour et des cadrans “Suntune” qui affichent des chiffres qui n’ont aucun rapport avec la réalité. Le volant noir métallisé provient d’un hors‑bord des années’50 et donne envie de crier “capitaine, on coule”. Et pourtant, tout fonctionne. Du moins “à peu près” quand la lune est alignée, quoique les pédales d’embrayage et de frein provenant d’une Ford 1939 laissent les semelles y déraper…. Le V8 Cadillac 331ci de 1952, entièrement reconstruit, a été réalésé de 0,76 mm (0,030″) et équipé d’un arbre à cames “Isky” à profil doux, mais aussi d’une admission “Edelbrock” 4×2 de 1956 et de quatre carburateurs “Stromberg” 97 chromés. Des câbles de bougies transparents neufs façon d’époque, des cosses de distributeur “Eelco” et des connecteurs de bougies “Rajah” blancs ont été utilisés.
L’échappement et les collecteurs sur mesure sont signés “SaltWorks Fab” de Sarasota, en Floride. La boîte de vitesses est une “Ford Toploader” de 1939 et l’arbre de transmission est accouplé à un pont arrière de Pontiac des années 1950… Voilà de quoi vous avoir occupé… Reste à en connaître plus sur Piero De Luca, le metteur en scène ayant commandé ce bitza, qui… quant à lui… affirme que le Hot Rod lui parle… Pas en métaphores : littéralement. Il dit que la voiture lui murmure des conseils absurdes comme “Accélère, tu réfléchiras plus tard” ou “Tourne à gauche, même si c’est un mur”. Personne ne sait s’il plaisante ou s’il a simplement trop respiré de vapeurs d’essence. Il a même écrit un scénario où son Hot Rod devient la voiture du président des États‑Unis. Les producteurs d’Hollywood ont refusé. Le Hot Rod aussi. Il voulait un rôle plus noble. Quand il roule dans Beverly Hills, les gens pensent qu’un tournage clandestin a lieu. Certains filment, d’autres prient, d’autres encore appellent la police. Le Hot Rod traverse les rues comme un animal préhistorique qui aurait appris à klaxonner. Le metteur en scène s’en amuse comme un sorcier sous amphétamines.
Les passants hésitent entre applaudir et courir. Les chiens aboient, les enfants pleurent, les adultes regrettent leurs choix de vie. Et le Hot Rod continue, imperturbable, comme un prophète du chaos. Les magazines spécialisés ont adoré l’histoire, surtout ceux qui ont fait faillite juste après. Ils ont publié des photos du Hot Rod comme s’il s’agissait d’un dieu mineur du panthéon mécanique. Certains ont même prétendu qu’il apportait la fertilité aux garages. D’autres ont dit qu’il provoquait des incendies spontanés. La vérité est plus simple : il attire les ennuis comme un aimant attire les clous. Et il en redemande. C’est sa façon d’aimer. Le châssis “Aceholes” a été modifié tellement de fois qu’il ne se souvient plus de sa forme d’origine. Le pont arrière Pontiac des années ’50 grogne comme un vieillard qui refuse de prendre sa retraite. L’échappement sur mesure crache des flammes qui feraient pâlir un dragon asthmatique. Les câbles transparents brillent comme des intestins de robot. Les connecteurs Rajah ressemblent à des bijoux volés à un magicien. Et l’ensemble fonctionne grâce à un miracle quotidien.
Le metteur en scène affirme que conduire le Hot Rod lui donne des visions. Il dit avoir vu un ange en combinaison de mécanicien lui dire “Mets du 20W50, et pas de l’huile d’olive italienne, imbécile”... Il prétend aussi que le carburateur lui a révélé le secret de l’univers, mais qu’il l’a oublié en freinant trop fort. Certains pensent qu’il exagère. D’autres pensent qu’il est fou. Le Hot Rod, lui, ne dit rien. Il se contente de vibrer comme un téléphone en colère. Et c’est suffisant. Le “Live Wire” n’est pas une voiture : c’est une secte roulante. Ceux qui montent dedans en ressortent différents, comme s’ils avaient vu un dieu mineur du chrome. Certains deviennent poètes, d’autres deviennent idiots, d’autres encore ouvrent des garages illégaux. Le metteur en scène dit que c’est normal. Il dit que le Hot Rod choisit ses victimes. Pardon, ses disciples. Et qu’il ne se trompe jamais. Ce qui est faux, évidemment. Mais ça fait une bonne histoire. Aujourd’hui, le Hot Rod vit toujours en Californie, comme un fantôme bleu qui refuse de disparaître. Il roule peu, mais il roule fort, comme un vieil acteur qui refuse de quitter la scène. Le metteur en scène, lui, qui a bientôt 100 ans continue de vieillir sans jamais devenir raisonnable, le Hot Rod le maintient en vie.
Peut‑être que c’est vrai. Peut‑être que c’est juste une excuse. Dans tous les cas, tant que le moteur tourne, la légende continue. Et elle n’a pas fini de hurler. Un soir, le Hot Rod aurait quitté le garage tout seul. C’est ce que dit le voisin, qui n’est pas fiable mais très convaincant. Il affirme avoir vu la voiture rouler en crabe, avec un clown très énervé au volant. Le metteur en scène dit que c’est impossible. Le Hot Rod ne dit rien, mais il sent la culpabilité. Le lendemain on a retrouvé des traces de pneus sur le gazon du maire. Et un mot : “Désolé, j’apprends encore”. Certains disent que le Hot Rod est hanté par l’esprit d’un mécanicien mort de rire. D’autres disent qu’il est possédé par un carburateur démoniaque. Le metteur en scène dit que ce sont des rumeurs inventées par des jaloux. Mais quand on s’approche trop près, on entend parfois un rire métallique. Personne ne sait d’où ça vient. Et personne ne veut vraiment savoir. Du fait de son style renouant avec les Hot Rod’s des origines, celui-ci a fait l’objet d’articles dans des magazines tels que “Rod & Custom” (qui fera faillite ensuite en 2014) , “Ol’Skool Rod’z” (qui fera faillite en 2023) et “Car Kulture Deluxe” (qui en 2.000, n’a pas résisté au temps qui passe et a également fait faillite)…
Aujourd’hui, le Hot Rod n’est plus en Californie, mais s’en est allé avec Piero de Luca en Floride, comme un fantôme bleu qui refuse de disparaître. Il porte en lui l’histoire d’un homme, d’une époque, d’une culture entière. Il rappelle que les rêves ne vieillissent pas, même quand ceux qui les conduisent atteignent 96 ans. Il rappelle que la passion ne se mesure pas en kilomètres parcourus. Il rappelle que certaines machines sont plus que des machines. Ce “Live Wire” est l’une d’elles. Et tant qu’il roulera, il continuera d’écrire sa propre légende. La carrosserie arbore toujours une peinture bleu clair métallisé Toyota avec des accents nacrés, des dégradés bleu foncé et des liserés réalisés par Skratch. Piero De Luca n’est pas un cinéaste, c’est un responsable de production italien, certes renommé, mais avant tout connu et reconnu pour son style et travail sur des films emblématiques des années 1960, tels que “Le désert rouge” et “Le dernier jour de la colère”, ainsi que “La freccia nera”… Il s’est principalement fait connaître comme responsable de production, supervisant la logistique, la planification et la coordination des productions cinématographiques. Son rôle était essentiel pour garantir le bon déroulement des tournages.
Il a collaboré avec des réalisateurs et des équipes techniques de renom, contribuant à des films majeurs du cinéma italien des années 1960. Parmi les titres pour lesquels Piero De Luca est connu je cite : –“Le désert rouge” (1964), un film de Michelangelo Antonioni, qui est un exemple majeur du cinéma moderne italien, reconnu pour sa direction artistique et son approche esthétique… –“Le dernier jour de la colère” (1967), un western spaghetti mettant en avant la collaboration avec des équipes internationales… –“La freccia nera” (1968), une série télévisée italienne, dans laquelle il a été directeur de la production… Les autres contributions significatives incluent “Time of Indifference” (1964) et “The Bible in the Beginning”… (1966) où il a assuré la gestion de production… En 2006, âgé de 76 ans , il s’est installé aux USA et a pris des responsabilités multiples sur le projet “Libera me”, agissant à la fois comme réalisateur, producteur, directeur de la photographie et monteur, ce qui témoigne de son expertise polyvalente dans l’industrie cinématographique ou il s’est illustré comme un professionnel clé dans la direction de production et la gestion de films importants.
Cela devait garantir la qualité et l’efficacité des projets cinématographiques italiens. Son travail couvrait à la fois le cinéma italien classique des années 1960 et des projets plus récents, illustrant une carrière étendue et polyvalente dans l’industrie du film… Pas grand chose d’autre n’est à développer, pour autant que vous arriviez jusqu’ici… Donc c’est à 79 ans qu’il a pris possession de son Hot Rod… Il l’a utilisé sans cesse, a reçu les plus grands honneurs dans divers shows et en mai 2026, il fêtera ses 96 ans en Floride, en faisant le pitre dans son Hot Rod dans son quartier de Boca Raton, se prétendant le plus vieux Hot Rodder au monde… Quoi en écrire de plus ? C’est tellement dense et dantesque que les mots pour en décrire et surtout à en discerner l’indiscernable ne me viennent pas, ou plus, quoique pas encore, mais ce sera trop tard, l’article étant clos terminé sans plus rien à en raconter d’utile, quoique, qu’est ce qui est véritablement utile dans cette histoire qui fut amusante à tapoter et bienfaitrice d’apaisement créatif avec les illustrations décalées… Je vous rappelle que ChromesFlammes est le dernier magazine de Kustom’s et Hot Rod’s encore en “action” et donc “en vie”... 5.000 articles seront atteints dans quelques jours…






























