1962 Corvette « C1RS »…
Commençons par introduire la Corvette.
D’origine, c’est une voiture full plastique, moyenne, pour ne pas dire médiocre dans ses finitions et sa conception basique…, produite par Chevrolet depuis 1953.
Sa concurrente fut essentiellement la Ford Thunderbird, full acier, produite par Ford depuis 1955.
Le choix devait être rude, surtout qu’à cette époque, il y avait de jolies couleurs, comme le vert d’eau acide, l’or doré, le orange pelé…etc. et aussi le ton rouille !
Rien que d’y songer, cela me replonge dans cette période des late fifties, tellement séduisantes ! Curieusement, je ne sais pas s’il est possible de faire un lien entre politique et automobiles, mais à présidents toquards, voitures toquardes !

A ce propos, j’ai eu un ami, dont le père roulait Thunderbird ’62, la même année que la Corvette de cet article…
Souvenez-vous, c’était l’époque où vous aviez le rétro droit en option et ou les vitres électriques étaient un luxe inouï proposé uniquement sur les hauts de gamme !
Avec du recul, je trouve cela sympa, parce que en ayant eu une de chaque, c’étaient vraiment des daubes, encore plus que la Thunderbird’64 que j’avais fait restaurer à grands frais pour les couilles du Pape, vu que j’y ai perdu un sacré paquet de flouze…
Cet ami allait dans un collège public médiocre, alors on lui pardonnait son existence misérable, tout autant que le skaï des sièges de la Thunderbird de son père.
Nous étions naturellement charitables, n’hésitant pas à fréquenter des gens bien moins nantis que nous, qui roulions depuis 1949 dans une VW Cox Split-window vert-macht…
Tiens, maintenant que j’y pense, cet ami roule actuellement tous les jours en Renault Scénic et moi en Smart, tandis que nous avons quelques voitures de collection avec lesquelles on ne roule quasi jamais sinon pour nous montrer qu’on en a dans le pantalon…
Les concours de la plus grande bite sont restés bien profonds dans le calebut des mecs…, serait-ce génétique ?
Tandis que la Thunderbird ’62 était banale à pleurer, la Corvette, était comme un jukebox.
D’ailleurs mon con de voisin, en a eu une, que c’est maintenant la mienne !

Très prisée des artisans mais aussi des amateurs de custom, qui l’affublaient de jantes larges centerline et de peintures merdiques pour s’imaginer qu’ils vivaient sur la côte ouest des USA, les Corvette’s à partir de 1962 vont perdre leur coté « classic-car » au profit d’une autre notoriété qui sera exacerbée avec les modèles suivants.
La Corvette première série eut plusieurs carrosserie différentes sur un châssis identique, la mythique première sous-série avec les phares grillagés (de ’53 à ’55 en 6 ou 8 cylindres), puis est arrivée la carrosserie aux flancs évasés, simple phares, ’56 et ’57, puis double avec baguette sur le coffre (la plus prisée en ’58) et ensuite sans…, jusqu’à l’année maudite ’62 ou lui fut greffé le futur coffre arrière des modèles Sting Ray ’63.
Vous vous en souviendrez aisément, parce qu’étant petits, depuis 1979 vous lisiez mes magazines Chromes et Flammes, dans lesquels, on voyait des bourrins customisant ce genre de merdes !
J’en ris aujourd’hui mais à l’époque, c’étaient des projets pour lesquels aucun humour n’était toléré, parce que, déjà incapables de monter un modèle réduit, je ne vois pas comment les customizeurs lambda franchouilles pouvaient bricoler une vraie caisse.
Ca ne sert à rien de jouer les malins, la voiture, c’est comme les fringues, on a tous porté des pattes d’eph’ et des velours côtelés dans les années soixante-dix, même si on trouve cela ringard aujourd’hui !

Et plus d’un lecteur se serait bien vu proprio d’un beau Bedford, aménagé au départ d’une vieille camionnette pourrie de la Poste Belge que William VanHove qui sera connu plus tard avec sa société Exlusive-Impex, achetait300 euros pièce pour les revendre minimum 10 fois plus…, les acheteurs les aménageant ensuite avec des sièges en velours à pompons et ornant la carrosserie d’une peinture représentant des femmes à poil dans des poses lascives, avec stéréo 2x20w encastrée dans le plafond !
Ceci dit, à l’époque, les beaufs penchaient plutôt vers les Van’s, vous savez ces camionnettes personnalisées.
La vraie classe à l’époque… et bordel roulant de nos jours, qui ne vaudraient que moqueries et quolibets à leurs conducteurs, sauf s’ils vivraient dans le « Chnord », parce que là-bas, du côté de Lille ou de Calais, ils ont gardé une tradition vivace du custom, même si cela s’appelle aujourd’hui : tuning.
Ne mentez pas les nordistes, je l’ai vu dans l’émission « Confession intime », dans laquelle il y a toujours un mec qui parle chti qu’on sous-titre… et qui préfère sa caisse à sa gonzesse !
J’ai tenté de revenir voir ce qu’il en était dans diverses concentration de custom-tuning, rien que pour sentir les gens !
Ouaaaah ! Donc, il eut un lien direct quoique ténu, entre ces voitures et la mythomanie, puisque certains de ses possesseurs, le cul sur le siège passager, C Jérome à fond sur la sono, s’imaginaient cruiser sur Hollywood Boulevard, après l’avoir customisée !
Faut être un sacré mytho pour en arriver là !

Généralement, le mythomane ment souvent parce qu’il craint la réaction (de dévalorisation, par exemple) qu’entraînerait l’aveu de la réalité qu’il redoute.
La mythomanie est une tendance au mensonge pouvant aller jusqu’à altérer très durablement et gravement la vie sociale.
Ernest Dupré, fondateur du concept de mythomanie (datant de 1905), médecin psychiatre et médecin-chef de l’infirmerie du dépôt de la préfecture de police de Paris, définissait ce terme ainsi : « Tendance constitutionnelle à l’altération de la vérité, à la fabulation, au mensonge et à la création de fables imaginaires ».
Cette pathologie entraîne un handicap social plus ou moins élevé selon que la personne procède à des altérations plus ou moins importantes et crédibles de la réalité.
L’aveu étant souvent ou presque toujours accompagné de réactions négatives de l’entourage, la mythomanie tend à s’auto-entretenir.
Contrairement au menteur, le mythomane n’est pas totalement conscient de son mensonge, il ne distingue pas clairement la réalité des événements issus de son imagination.

La mythomanie semble au contraire satisfaire à un besoin d’équilibre mental, en permettant au mythomane de fuir une réalité qu’il reconnaît par ailleurs en son for intérieur.
Rappelons que le mythomane ne se sert pas de ses mensonges pour arriver à des fins pratiques, tel que l’escroc le ferait par exemple pour extorquer des fonds.
Si le phénomène est classique durant la préadolescence, lorsque la tendance au mensonge persiste après la fin de l’adolescence, elle est considérée par notre société comme un trouble du comportement voire, dans certains cas, le symptôme d’un trouble psychotique plus important.
La mythomanie est souvent le fait de tendances hystériques.
J’ai d’ailleurs été témoin et victime (si, si, authentique) d’une hystérie collective ayant frappé divers journaleux de magazines de Custom et Hot-Rod, j’en ai fait un article que vous pouvez lire ou relire en cliquant ICI : Kustom magazine, mieux vaut en rire…

C’est arrivé en 2009 à Columbus, Ohio, aux 12ièmes championnats nationaux Goodguys, quand  Larry Blomquist, y a présenté sa « C1RS », une Corvette 1962 totalement modifiée « Rétro-High-Tech »… par Phil et Jeremy Gerber de Roadster Shop située à Mundelein dans l’Illinois, USA.
Dans le monde de l’automobile une voiture personnalisée représentant un changement radical de tendance arrive tous les cinq à dix ans et monte la barre de plus en plus haut vers des sommets apparemment de moins et moins accessibles.
Le monde du customizing n’avait jamais imaginé une voiture comme cela, la voiture a d’ailleurs été nominée à l’unanimité du Goodguys/Technologies Air Ride : « Street Machine de l’année 2009″…
Conçue par la Roadster Shop, c’est l’artiste Eric Brockmeyer qui a réalisé le design de la Corvette « C1RS », dans un mélange surprenant d’aluminium formé « à la main » et de fibres de carbone.
Les freins sont des Brembo, 14 ½ à 6 pistons fixés sur des porte-moyeux de Corvette C6, les jantes sont des Forgeline.

Sous le capot, un V8 Corvette 2008 LS7 de 618 chevaux modifié par Turnkey Engine Supply… et une transmission Tremec T-56 de chez Bowler Performance.
Avec Phil Gerber assurant la conduite de la Vette, le temps affiché du meilleur chrono de l’épreuve gymkhana était de 32,222 secondes, sans effort, lui assurant la première place devant les 31 autres compétiteurs !
Esthétiquement, les retouches stylistiques lui confèrent un attrait spectaculaire qui rendrait même Zora Arkus Duntov envieux ! 
Tout sur cette ’62 Vette a été changé, lissé et redessiné par Roadster Shop, en restant fidèle à la conception originale de Brockmeyer.
La face avant a été entièrement personnalisée, formée à partir de tôles d’aluminium en soixante-millièmes, y compris toutes les grilles.

Le tableau de bord en aluminium a été comme sculpté… et ce à la perfection, intégrant les instruments dans un revètement en fibres de carbone.
Les sièges ont été personnalisés en cuir rouge italien avec des éléments en Alcantara.
La console « cascade » centrale a aussi été faite à la main et le pédalier est inspiré des F1.
La Corvette « C1RS » a non seulement gagné, mais a permis à Roadster Shop de réaliser un plein de commandes pour son nouveau châssis complet destiné aux Corvette’s de la première génération (1953/1962) sur lequel a été reconstruite cette Corcette 1962…
« J’avais cette voiture dans mon esprit depuis longtemps », m’a dit Jeremy Gerber en souriant…, « Les gars à l’atelier y ont travaillé sans relâche pendant une année entière pour que la voiture soit terminée. Barry Blonquist, en tant que client, nouveau propriétaire, m’a donné les ressources et l’opportunité de construire ma vision. Je lui suis reconnaissant d’avoir pu ainsi remporter le premier prix avec la C1RS »…
 

 
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