LOFT… C’est miraculeux !

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Le loft est un fabuleux objet de désir, on rêve de ses grands volumes, de son architecture, de son design, mais pour les « pros » de l’immobilier, c’est un marché mature, mythique.
Il est loin le temps des grands vides squattés par des artistes…, ou de la déco extravagante des années quatre-vingt…, actuellement, le loft a conquis ses lettres de noblesse et est entré dans le club sélect des appartements élégants.
Les plus belles ventes de lofts vont jusqu’à déchaîner les passions, comme les objets d’art : Evan Williams, le co fondateur de Twitter, a, par exemple, créé un formidable buzz en annonçant sur la toile, la mise en vente de son loft de plusieurs millions de dollars…, au point que le serveur de l’agent immobilier a explosé…

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S’offrir un loft, c’est se faire plaisir, c’est aussi quelque peu flatter son ego !
Rarement un appartement contemporain n’a autant sublimé la créativité de ses propriétaires.
Étymologiquement, le terme anglo-saxon “loft” désigne un grenier ou plutôt des combles aménageables.
Actuellement, le loft se définit comme “un espace à vocation industrielle ou commerciale reconverti en lieu d’habitation »…, la règle est imparable et ne souffre aucune exception.

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L’étage épuré d’un immeuble « haussmannien » ou d’un hôtel particulier n’est donc pas un loft à proprement parler, même réaménagé “tendance loft” avec talent.
L’atelier d’artiste possède aussi une architecture différente…, ce lieu « cubique » dépasse rarement 60 à 70 m2 au sol alors que le loft s’ébat souvent en toute liberté sur 200 m2 et plus.

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La liberté, voilà le trait de génie du loft…, l’immeuble industriel ne se compose que de plateaux libres et de piliers, en comparaison, le plan de l’appartement classique aux murs porteurs semble figé.
Les évolutions ne s’admettent qu’au prix de travaux gigantesques…. et cette liberté d’aménagement exceptionnelle explique en grande partie l’engouement pour les lofts.

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Une collection impressionnante de sites a été détournée en lofts : usines du début du XXe siècle aux structures métalliques de type Eiffel…, imprimeries…, chais dans les régions viticoles…, entrepôts…, boutiques…, péniches…, moulins…
Depuis peu, de nouveaux lieux font l’objet d’intérêt, tels que les chapelles…, les gares… et les petits tribunaux régionaux cédés généralement par les Domaines…

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Quoique fonctionnels, les sites industriels ont une valeur historique, voire décorative…, la cheminée d’une ébénisterie-menuiserie…, un monte-charge…, un plancher industriel en chêne… ou une inscription en fronton de façade…, sont autant de signes particuliers, desquels tirer profit, ces éléments décoratifs sont actuellement l’objet d’une certaine loft-mania.
À cela s’ajoute les volumes spectaculaires de 3 à 5 mètres sous plafond et l’apport de lumière naturelle au travers des verrières.

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À Paris, l’une des premières artistes qui vécut dans un loft fut Andrée Putman.
Les directeurs artistiques de la mode et le monde du cinéma ont pris sa suite, amoureux du mode de vie libre sur ces plateaux bien charpentés.
La cote est élevée, les lofts les moins chers s’affichent à 500.000 euros (+ frais notariés et taxes), quel que soit leur emplacement, même dans des provinces reculées…

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Un loft d’architecte, “prêt-à-habiter”, situé à Tours, a toutefois été vendu 900.000 d’euros.
Mais dans les capitales, les prix sont de minimum 1.000.000 d’euros (+ frais notariés et taxes).
Près du canal Saint-Martin dans le Xe arrondissement, un 2e étage sur cour dans une usine réhabilitée de 160 m2, a été vendu en 4 jours pour 1.260.000 euros !

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Il est difficile de trouver un loft dans les capitales, intra-muros, car les rotations sont faibles…
Il faut compter dans les 10.000 à 12.000 euros/m2 en moyenne, mais la qualité du quartier, de l’immeuble et du loft lui-même creuse l’écart.
Rive Gauche, les lofts d’happy few près de Mont-parnasse, dans le VIe arrondissement, les valeurs grimpent au-dessus de dix millions d’euros pour environ 200 m2 !
Et cela actuellement…, alors que le monde est en pleine crise !

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Le loft séduit beaucoup de professionnels qui voient en lui un lieu mixte d’activité et de vie : architectes, photographes, graphistes, journalistes, éditeurs et collectionneurs d’automobiles…
Les photos du loft, qui illustrent cet article, sont justement celles du loft d’un ancien architecte, graphiste, publiciste, éditeur, photographe et collectionneur d’automobiles !
C’est moi…, taratata !

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Époque faste pour l’industrie textile et sidérurgique, le 19ième siècle a vu s’édifier des cathédrales industrielles imposantes, spectaculaires, mais rares, à part dans la zone frontalière du nord : Lille-Roubaix-Tourcoing…, les pays du Nord, plus industrialisés que le sud, ont de ce fait, développé une culture loft significative.
Conçu dans une ancienne usine textile des années 1900, l’ensemble convenait particulièrement bien pour méler à la fois une exposition personnelle d’une vingtaine d’automobiles extraordinaires… et un lieu d’habitation hors du commun.

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La partie « garage » du loft, garde l’empreinte, le souvenir visible, de son ancienne destination (poutrelles métalliques « eiffel », lumière via les verrières de toit (les sheds), tandis que l’ambiance générale est donnée avec d’anciennes pompes à essence début de siècle passé et juke-box d’époque.
Astuce de taille : la totalité des murs (gauche et droite) sont constitués d’étagères ou sont rangé la totalité des archives des anciens magazines Chromes&Flammes, incluant les maquettes, les textes mis en place, les photos et diapositives, les films quadrichromie destinés aux impressions sur rotative Offset, environ 50 exemplaires de chaque magazine publié, ainsi que la comptabilité d’époque y relative…

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Le tout est masqué par des volets blancs qui forment un ensemble de panneau servant de « mur » et qui cachent les stocks tout en garantissant un look épuré à ce lieu d’une superficie de 300m2…, qui comporte un espace « bureau », reprenant le fameux bureau « tube de peinture » rouge (une œuvre unique créée par moi-même fin des années ’60)… et un meuble Interlübke des années ’70, dans lequel sont exposées des maquettes 1/8ième Monogram des voitures les plus « dingues » de cette époque : des Hot-Rod’s ainsi que des bouteilles de Coca-Cola re-stylisées, et également quelques collections de BD…

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Le loft, à l’étage, a une superficie de 150m2, il est atypique, c’est à dire « hors norme », avec son salon comportant deux très rares (moins de 10 exemplaires au monde) canapés Cossina : « Tramonto à New York », créés en 1980 par Gaetano Pesce… et une suite de tables en traversin, ainsi que des fauteuils « Toro » de Roset, le tout agencé en diagonale, avec 4 énormes bac à plantes (des palmiers)…

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La chambre est meublée en Interlübke, avec une penderie à portes miroirs de 8 mètres !
Le bureau de travail et loisirs-internet (alors que le bureau du rez est avant tout ludique et décoratif), est tout simplement meublé avec du mobilier Ikéa, sauf le fauteuil de bureau Aéron d’Herman Miller…

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Pour utiliser au mieux la morphologie architecturale des lieux, les poutres en fer sur lesquelles reposaient l’étage, étaient un vrai casse-tête…
Cette complication a été apprivoisée dans « l’art de rebondir » avec la création d’une plate-forme qui dessert les différents volumes-pièces, ce qui donne à l’ensemble un cachet inhabituel avec les petits escaliers réalisés dans le même bois que les planchers.

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Sur les deux niveaux, loft-garage-industriel au rez-de-chaussée et loft-atelier d’artiste à l’étage…, les anciennes verrières ont été transformées, avec l’ajout d’un « toit ouvrant » sur toute la profondeur du loft, ce qui donne à celui-ci, en été, la sensation d’être en terrasse !
Lorsque le temps est à la pluie, des voilages en volutes s’étirent en dessous du toit transparent…
Voilà, la visite est terminée !

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Cela fait des décennies qu’on nous rejoue « Les habits neufs du Grand-Duc » et que tout le monde applaudit à n’importe quelle ineptie de peur de passer pour ignorant, voire franchement imbécile…, voici, par l’exemple, à quel point nous en sommes arrivés :

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Le phénomène Andy Warhol d’abord, lui dont on n’hésite pas à dire qu’il est l’un des artistes les plus influents du XXème siècle, Andrew Warhola de son vrai nom…, présenté dans ses biographies comme « artiste et homme d’affaires », le second l’emportant sûrement largement sur le premier, car pourquoi une telle notoriété et… une telle cote ?

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« Si on n’a pas de Rolex à cinquante ans, on a raté sa vie » disait récemment le publiciste Jacques Seguela avant… de vendre la sienne aux enchères…, on pourrait facilement extrapoler… et, chez les snobs conserver la citation en remplaçant Rolex par Warhol !
Et pourtant !

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Illustrateur publicitaire, Warhol, après pas mal d’échecs, adhéra au Pop-Art, mouvement lancé à Londres en 1950 et tenta de rendre la culture populaire et commerciale plus élitiste, ce qui n’est certainement pas la démarche idéale pour faire progresser la connaissance des Arts.

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En 1963 il va adopter la technique qu’il utilise pour ses œuvres les plus célèbres et surtout les plus vendues : la photographie sérigraphiée et reportée sur toile.
Les photos étant en noir et blanc, le fond de la toile est coloré et le sujet imprimé avec seulement quelques détails pour le rendre plus neutre, le tout étant ensuite rendu par la technique de la sérigraphie, le motif étant parfois reproduit plusieurs fois sur la toile :
Les figures favorites de Warhol étaient des noms de marque déposés, le signe du dollar ou des visages de célébrités.
Et, tant qu’à faire, des personnes très connues : Marilyn Monroe bien sûr, dont il fut amoureux dans les années 1950-1955, mais aussi Che Guevarra, Liz Taylor, Jackie Kennedy, Mao, la reine Elizabeth et … lui-même.

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La culture la plus populaire élevée au statut de Grand Art !
Mieux : pour se distinguer d’autres stars du Pop-Art comme Lichtenstein, ou Jasper Johns, il va se trouver un thème bien à lui : la chose qu’il adorait le plus par dessus tout.
Ainsi, pour sa première exposition majeure, va-t-il peindre les fameuses conserves Campbell’s Soup, une œuvre qui est, encore aujourd’hui, considérée comme sa marque de fabrique !

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Alors, est-ce vraiment un des artistes les plus influents du XXème siècle, Warhol ?
Libre à chacun d’aimer ou non, mais quand même…, Warhol était un opportuniste qui n’avait aucun don pour la peinture, qui n’a fait que des copiages et des sérigraphies modifiées, exactement ce que quantité de gens font actuellement sur leurs ordinateurs avec des programmes de retouches photographiques…
D’où le supermarché culturel dénoncé dans d’autres de mes articles !
D’ailleurs, des Warhol, en reproductions, vous en trouverez partout : même chez Ikéa ou sur E-bay.
Mais, la connerie humaine étant ce qu’elle est : sans issue…, j’ai par-ailleurs tenté une expérience édifiante…

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Un expert en Oeuvres d’art est un jour venu chez moi pour expertiser mes deux canapés Tramonto-New York de l’artiste Gaetano Pesce commercialisés à 10 exemplaires par Cassina début des années quatre-vingt…, ces canapés étaient, lorsque je les ai achetés, neufs, en 1981, à prendre comme un paradigme de ses pensées sur l’auto détermination du goût conduisant à une répression sournoise du consommateur !
Gaetano Pesce était convaincu qu’être vivant signifiait être différent et que les choses, aussi, devaient être en mesure de jouir de cette prérogative.
Ses canapés Tramonto-New York (1980) confirmaient le rôle de la métaphore… et il affirmait qu’ils étaient des moyens d’expression plutôt que des objets.

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New York était alors dans une phase de décadence, à l’approche de son coucher de soleil, que Pesce avait imaginé et qui s’avèrera prophétique avec le 11 septembre 2001.
Les canapés Tramonto-New York sont constitué d’un assemblage de divers éléments qui agissent comme des sièges, les bras ( les blocs de gratte-ciel de New York) et à l’arrière ( le soleil rouge ) ; ces éléments sont maintenus ensemble par des « U » en métal.
La structure portante de l’assise est faite de panneaux multi-couches et d’un cadre en hêtre avec sangles et un cadre en acier à ressorts ( la partie semi-circulaire du dos ).

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L’expert m’a affirmé qu’ils valaient maintenant, ensemble, la valeur d’une Mercedes SLS full option.
« Le canapé Tramonto-New-York de Pesce », m’a-t-il dit, « fait référence à Duchamp. Gaetano Pesce disait que le public n’avait toujours pas compris le message que Duchamps avait voulu transmettre en exposant un urinoir au musée. Cet artiste extrémiste Italien affirmait que les artistes continuaient de créer pour une élite, des œuvres éloignées des préoccupations quotidiennes… et, qu’empêtrés dans les problèmes techniques ou esthétiques, les designers, eux, ne réalisaient pas d’objets à forte valeur culturelle ajoutée. A mi-chemin des deux conceptions, Pesce, qui comparait son travail à l’art du minestrone, a inventé la double fonctionnalité, combinant symboles et pragmatisme… Intitulée « Le Temps des questions », la rétrospective organisée Gaetano Pesce qui fut organisée en 2006 au centre Georges-Pompidou était à l’image de ce créateur, nourri de la contre-culture des années ’60. C’est lui qui l’avait conçue et scénographiée sous la forme d’un parcours en point d’interrogation, reflet d’une époque instable engluée dans les incertitudes. Il suffisait de déambuler dans ce bric-à-brac savamment ordonné et ou un canapé Tramonto-New York trônait en plein centre, en vedette, pour constater que le maître, considéré par ses détracteurs comme le pape de l’antidesign, cultivait délire et anticonformisme »…

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Papotant de ces choses et d’autres…, alors que j’étais assez impressionné qu’un seul de mes canapés puisse avoir été une Star du centre Pompidou, même en 2006, et valoir une demi-Mercedes SLS (comme j’en ai deux, pas de soucis, je la voudrais gris métal avec intérieur rouge)…, nous sommes arrivés dans mon bureau ou il est tombé en pamoison, admiration et dévotion devant mon bureau Pop-Art…

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J’ai répondu que j’étais l’heureux propriétaire de ce bureau unique au monde, dans la pleine ligne du Pop-Art que j’avais eu grand plaisir à faire réaliser dans les années ’70 et qui ne m’a jamais quitté depuis.
A écrire vrai : il en était « gaga »… et il s’est écrié : « Vous avez un bureau d’Andy Warhol ! Ca vaut une fortune ! »
Convaincu par sa propre bétise que j’avais commandé ce bureau directement à Warhol, il a alors téléphoné de son GSM à une demi douzaine de personnes, puis, en finale, m’a dit que sa valeur était d’au moins 50,000.000 millions de dollars !

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Je lui ai demandé ce que vaudrait la copie d’un bureau de Warhol, et combien s’il s’agissait du bureau créé par un artiste en devenir mais encore arrivé nulle part…
Sa réponse me fit descendre de 50,000.000 de dollars à 500.000 euros…, ce qui n’était pourtant pas négligeable…
Après m’avoir supplié de lui promettre que ce bureau lui serait réservé pour une vente grandiose à Paris…, il s’en est allé…

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Le prix de 50,000.000 de dollars fut confirmé…, comme quoi une photo peut tout…, d’autant que je laissais sous entendre que j’avais également le tableau ad-hoc qui, lui, était évalué à au moins 10,000.000 millions de dollars !
Piqué par la curiosité, j’ai bricolé une photo « Warholienne » (ce qui n’est pas compliqué) et je l’ai envoyée sous le sceau du secret le plus absolu à quelques experts de « haut-niveau » et quelques galeristes d’art qui ne chient pas ailleurs que dans des wc en or massif…
Dans 4 cas sur 6, on m’a directement proposé de vendre à une société off-shore qui aurait alors vendu les « oeuvres » via une maison internationale de ventes aux enchères, avec un système de retour de commissions et autres assistances à la vente…

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J’ai eu ainsi la confirmation que ce n’est pas l’œuvre qui importe, mais le renom de l’artiste et la capacité d’atteindre par ce biais, des sommes rocambolesques que des milliardaires peuvent ainsi détourner de l’ogre fiscal…
Que des experts internationaux étaient prêts à avaliser « l’œuvre bureautique d’Andy Warhol », était également sidérant !
L’expert qui était venu dans mon antre, m’a souvent téléphoné, mais ayant eu des soucis avec Artcurial…, mais aussi avec Bonhams et Coys, pour des voitures de collection qu’ils ne m’ont pas intégralement payé, je n’ai pas donné suite…

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J’ai toujours le bureau…, si un collectionneur décide de me payer 50,000.000 millions de dollars, je puis assurer que j’y réfléchirai avec force !
Pour un million de plus, le loft-garage sera négocié en même temps…