Daimler-Benz a profité du lancement de la Mercedes Classe S, en 2013, pour faire un sort à Maybach, une marque de limousines très haut de gamme, ressuscitée en 2002, sans succès…

Le groupe Daimler, maison-mère de Mercedes-Benz, a mis fin à la production de ses modèles Maybach en 2013, faute de résultats commerciaux satisfaisants.
Après dix ans de vaine réanimation, Maybach a ainsi rejoint le cimetière des marques automobiles de luxe d’avant-guerre disparues corps et biens, comme Hispano-Suiza, Delahaye, Tatra ou Hotchkiss.

Une cuisante humiliation face à ses deux compatriotes BMW et Volkswagen, moins mécontents des parcours de leurs marques de prestige respectives, Rolls-Royce et Bentley.
Le groupe de Stuttgart, a vendu entre 150 et 200 unités par an de sa très grande limousine de prestige à moteur V12, alors qu’il tablait, lors de sa résurrection en 2002, sur un volume d’environ 1.500 unités annuelles.
Daimler-Benz reste muet sur le coût financier de cette aventure.

Mis à part quelques clients de la Riviera ou du Golfe Persique, leur ligne très banale, rappelant une ancienne Rover 75 démesurément étirée, ont sans doute peu fasciné les amoureux du très grand luxe automobile, près à dépenser 340.000 euros et plus pour un véhicule de rêve.
Construites dans l’usine allemande de Sendelfingen, à côté de la limousine Mercedes Classe S dont elles partagaient de nombreux éléments, les Maybach étaient proposées en deux longueurs : 5,73 mètres pour le modèle 57… et 6,17 mètres pour le 62…, le poids oscillant entre 2,7 et 2,8 tonnes.

La présence de la marque dans les salons auto chinois n’y aura rien changé.
Le grand constructeur allemand, a vu trop grand en exhumant une marque jadis prestigieuse, mais oubliée depuis longtemps…
Les liens entre Daimler et Maybach remontent aux origines même de l’automobile.
L’inventeur Wilhelm Maybach avait en effet travaillé avec Gottlieb Daimler pour mettre au point un moteur de moto, de bateau et surtout une voiture illustre, en 1889, considérée comme la première de l’Histoire.

Après une brouille avec Daimler en 1907, il part produire avec son fils un moteur de 22 litres de cylindrée et 210 chevaux…, pour les dirigeables du comte von Zeppelin.
Puis vient la reconversion à l’automobile, après le traité de Versailles puis la mort du fondateur en 1929.
L’atelier Maybach Motorenbau assemblera à Friedrichshafen, le long du lac de Constance, une série de modèles de grand luxe, certains à moteur V12 sous le label « Zeppelin ».
Nouveau rebondissement avec la Seconde guerre mondiale, qui sera consacrée à la production des moteurs de chars de la Wehrmacht, notamment les Panzer et Tigre.
Au lendemain du conflit, la production automobile n’a pas repris à Friedrichshafen… et la marque de prestige, passée dans l’escarcelle de Daimler-Benz, est restée en sommeil pendant près de soixante ans, elle y a replongé.
Sieg, Heil…

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