Pick-up Chevy biturbo 408ci

Il y a ce que l’on constate, les pôles qui fondent et les vents d’une violence inconnue, la vie dont le nombre des espèces si rapidement s’amenuise, les foules sans horizon et sans boussole, les eaux qui montent, les contaminations, les embrasements inquiétants un peu partout. Et puis tout continue comme si de rien n’était : l’existence confortable administrée et sous vidéo-surveillance, l’abreuvement continu au flux des divertissements dispensés par les fermes de serveurs et à celui des idioties récréatives des réseaux associaux, l’épanouissement béat de la mondialisation heureuse, l’indifférence à tout ce qui n’est pas son propre miroir, la conviction que nous sommes entraînés dans un progrès inévitable.

C’est cette inertie, ce déni de réalité, ce défaut majeur d’attention, cette indignité morale aussi, qui angoisse, comme si l’humanité suivait un cours écrit ailleurs, ayant manqué le signal des quelques bifurcations qu’il lui aurait été loisible d’emprunter. L’un des éléments de psychologie des plus caractéristiques de notre contemporanéité est la tendance au déni, comme si l’espace de la survie individuelle laissait toujours moins de place à la vérité et qu’il fallait donc refouler toujours plus loin en son inconscient les fâcheuses émergences de celle-ci en notre quotidienneté. Il est vrai que le flux médiatique incessant, noyant le décisif et l’essentiel dans des torrents d’insignifiance, participe largement de cette distraction.

Mais avec quelle facilité nous laissons nous ainsi entrainer ainsi loin de ce qui dérange, sans oser le pas de coté qui permettrait de “passer à autre chose”, alors même que le caractère d’urgence du propos est loin de nous avoir échappé. George Orwell faisait pourtant déjà remarquer en son temps que la liberté d’expression consistait essentiellement à dire aux gens ce qu’ils n’avaient pas envie d’entendre (et beaucoup comprenaient très bien cela alors, même s’ils y rechignaient quelque peu), ils libéraient leur attention pour ce que l’on ne pouvait décemment pas ignorer. Mais en notre postmodernité, l’ignorance a gagné de nouveaux attraits, ouvrant ainsi la porte au déni qui s’assimile à une ignorance volontaire, rappellant étrangement la servitude volontaire.

Ce n’est pourtant pas ce que manqueraient les “ceusses” restant préoccupés de la vérité de notre temps, très peu trouvant quelque disponibilité pour s’y arrêter et lire car toujours occupés à autre chose que d’être là. Je suis un de ces auteurs dérangeants que l’on préfère ignorer, auxquels l’on se dépêche de trouver quelque défaut rédhibitoire permettant de les écarter… et l’inventivité va bon train en ce domaine. Avec cet article je pousse même la limite à son extrême, ne laissant aucune place à l’esquive face à la dénudation brutale de la vie de ce qui a fait le lit de ce désordre menaçant… Néanmoins les commodités flatteuses à la négligence et au manque de goût, toute cette profusion sous blister ou en armoires de congélation, ils en sont preneurs.

Les innovations de l’informationnel à porter sur soi leur sont maintenant des indispensables à épanouir leur individu… Ils ont peu renâclé à cet envahissement : “Je ne suis pas le donneur d’ordre”, s’exonèrent-ils chacun… “Je n’y suis pour rien si c’est devenu comme ça”… “On n’a rien demandé, mais c’est là, autant s’en servir”... Les décennies passant, “tout se déroulant comme il était prévu”, à repousser les limites par dilapidation ; à rouler vers l’abîme annoncé, un abîme assez vaste pour tout le monde, les yeux grands ouverts sur la mondiovision… et la situation se faisant plus pressante, en continu les yeux fixés à ces petites lucarnes qu’on porte en portatif…

Arghhhhh, la magie de se communiquer par multiphone, de s’y regarder, de se montrer les uns les autres comme tout va bien, actualisant l’échéance à “pluche tard” en date de clôturer son compte à une humanité excessive à consommer davantage que la nature ne produit en renouvelable… Désespérant n’est-il pas ? Il y a une grande différence entre posséder une hot rod et en construire un. Ce pick-up Chevy de Garrett French de 1950 est un exemple de ce qui continue d’alimenter les tournois de créativités dans l’univers des Custom’s-cars aux USA. Sa carrosserie était entièrement en tôle dite “d’origine”, du moins jusqu’au premier essai routier où quelqu’un a reculé dedans et a endommagé la face avant.

Mais Garrett French ne s’est pas laissé arrêter et c’est de son travail qu’est né l’un des plus cool Pick-Up que nous ayons vus depuis longtemps. Le fait qu’il soit construit par son propriétaire en dilettante de week-end le rend encore plus intéressant. Comme vous pouvez l’imaginer, ce n’est pas l’échange d’un vieux 6 cylindres par un V8 LS dans le pick-up Chevy des années ’50. Sous le capot se trouve un V8 LQ4 LS de 408ci construit autour d’un kit de course Summit, dessiné par Baldwin Motors à Oak Ridge, Missouri. Le propriétaire a géré lui-même l’ensemble moteur, associant des culasses Texas Speed PRC 247 à des poussoirs Johnson à courte course, des tiges TSP et un arbre à cames Brian Tooley Racing biturbo Stage 4.

Un carbu ECU Holley Terminator X gère cette combinaison, qui est configurée pour supporter 30 psi de suralimentation. Les turbos Twin Summit Racing S476 T4, dotés d’inducteurs compresseurs de 76 mm, et d’extracteurs de turbine de 96 mm, sont montés à l’aide de collecteurs en acier inoxydable Summit Racing. Un système d’intercooler air-eau Shearer Fab, soutenu par une admission inférieure Holley Hi-Ram, aide à contrôler la charge suralimentée. Le Pick-Up a vécu une malchance lors de son premier essai, lorsqu’une personne a reculé alors que la transmission était en train d’être rodée. Qu’importe, l’assurance a payé les dégats plus une nouvelle boîte automatique Jake’s Performance Turbo 400 envoyant sa puissance à un train Ford 9po Racing 4.11.

L’alimentation en carburant provient de deux pompes Walbro 525 Hellcat et d’une pompe Walbro 450 lph, alimentant le Holley via ses injecteurs de 120 livres p/h. Ces injecteurs atteignent déjà leurs limites de cycle de service, donc un passage aux injecteurs Drag-scène est imminent à mesure que la combinaison évolue. Il y a beaucoup de travail de qualité pour un Pick-Up prêt à la course ! Et le travail ne s’arrête pas à la transmission. Il conserve son châssis d’origine, avec des sections “en boîte ajoutées” pour soutenir la suspension. Un kit de cage sécurité préfabriqué S&W Race Cars ajoute une couche supplémentaire de structure. L’intérieur ici se situe à peu près à mi-parcours pour raconter sa propre histoire.

“J’ai fait tout le travail sur les panneaux de carrosserie et les charges de remplissage. J’ai tout fabriqué moi-même. Les seuls gros travaux extérieurs furent la peinture et le réglage des deux turbos. Le résultat est impressionnant, la quantité de travail, d’ingéniosité et de fabrication pratique qui ont été nécessaires pour assembler tout furent impressionants. Le pick-up roule fort ! Ce n’est pas juste un camion modifié. C’est une machine performante construite avec un potentiel de boost sérieux et beaucoup de sueur, de détermination et de dollars investis... Alors, quelle est la suite ? L’objectif de Garrett est de descendre dans les 5 secondes sur le huitième de mile, et si tout se passe comme prévu, cela ne devrait pas poser de problème…
