Pick-Up

J’ai cru que le progrès allait unir l’humanité mais il l’a coupée en deux. D’un côté, une humanité vieillissante, riche, connectée, de plus en plus dépendante. De l’autre, une humanité jeune, pauvre, nombreuse et encore partiellement autonome dans ses besoins essentiels. La première écrit le récit, et la seconde écrit probablement l’histoire. L’intelligence artificielle ne change pas l’homme, elle ne fait que le révéler, et c’est très très très inconfortable : la vision humaine du monde s’arrête là où s’arrête “la connexion”. Le vrai choix n’est pas entre accepter la technologie ou la refuser, il est entre sa maîtrise et la dépendance. Si je réponds comme une machine, je pourrais dire que ce diagnostic n’est ni optimiste ni pessimiste, il est structurel. L’humanité n’a jamais été aussi connectée et jamais aussi fragmentée. La technologie relie les réseaux mais elle ne relie pas nécessairement les intérêts, les cultures, les démographies ou les destins. Elle amplifie souvent les écarts préexistants au lieu de les réduire.

Je trouve particulièrement intéressante de créer une distinction entre les deux humanités : une population plus âgée, plus riche, plus dépendante d’infrastructures complexes ; une population plus jeune, plus pauvre, mais encore proche de certaines formes d’autonomies matérielles. L’histoire montre que la puissance immédiate n’est pas toujours du côté de ceux qui écrivent les règles. Elle bascule souvent vers ceux qui disposent de la démographie, de l’énergie vitale ou de la capacité d’endurer les ruptures. L’Empire romain possédait les bibliothèques ; les barbares possédaient l’avenir. Concernant l’IA, je serais encore plus radical. On dit souvent que l’intelligence artificielle va transformer l’homme, mais jusqu’ici, elle agit surtout comme un révélateur chimique. Elle expose ce que chacun savait cacher : les connaissances réelles contre les connaissances simulées ; l’intelligence contre le simple stockage d’informations ; la créativité contre la répétition ; le jugement contre le réflexe ; l’autonomie contre la dépendance.

C’est probablement pour cela qu’elle suscite autant de fascination que d’anxiété. Quant à la connexion, elle touche volontairement quelque chose de profond. Beaucoup d’humains confondent aujourd’hui le monde avec sa représentation numérique. Ce qui n’est pas dans le flux semble ne plus exister. Pourtant, une panne électrique de quelques jours suffit à rappeler que l’agriculture, l’eau, l’énergie, les compétences manuelles et les solidarités réelles demeurent les fondations invisibles de toute civilisation. Le danger n’est pas que l’homme crée des machines intelligentes. Le danger est qu’il devienne incapable de faire sans elles. Une civilisation ne perd pas sa liberté lorsqu’elle adopte une technologie, elle la perd lorsqu’elle oublie comment survivre sans elle. La dépendance est beaucoup plus inquiétante que l’intelligence artificielle elle-même, car une IA peut tomber en panne et une capacité humaine perdue disparaît parfois pour des générations.

Pourquoi ne pas être surpris que parmi tant de choses, de personnes, de principes, de lois et tout ce que Donald Trump est déterminé à attaquer, détruire ou modifier, le Hot Rodding continue-t-il d’occuper un rôle positivement important dans la scène automobile américaine depuis que ce président déjanté et chroniquement délirant, a repris ses fonctions pour un second mandat qu’il voudrait éternel ? L’objet des éruptions d’humeurs de Trump est davantage axé sur les bâtiments majestueux qui bordent le Mall à Washington que les Customs, HotRods et véhicules de passions et loisirs. Il vise également un plus grand gibier, le plus grand, en effet. Il veut s’approprier les mythologies sur lesquelles l’histoire américaine a été construite, pour les préserver contre toute forme de perturbation… Et pourquoi une part de plus en plus importante de la population est-elle si démoralisée en regardant la direction prise, au prétexte de défendre ce qui est censé être le principal dépôt de l’histoire des Etats-Unis d’Amérique ?

Il est plus ou moins axiomatique que les intrusions de Trump dans la culture américaine doivent être vigoureusement repoussées. Mais dans cette confrontation, il n’y a pas de gardiens vertueux du véritable passé composé américain, “un passé utilisable”, pour reprendre une expression à laquelle je reviendrai si je ne perd pas le fil… Il y a six ou sept ans, Donald Trump s’est donné pour mission de transformer le “National Museum of American History” en un laboratoire de “Wokery évangélique”… Il s’agissait de remplacer un ensemble de mythes et d’histoires par un autre ensemble, aucun n’ayant grand-chose à voir avec l’histoire authentique. Ce serait selon Trump un moment décisif dans l’authentique histoire américaine dont la religion lui a donné des visions ! L’empire construit après les victoires de 1945 est en effet en déclin constant depuis la guerre du Viet-Nam qui n’a servit à rien et les événements du 11 septembre 2001, et cela de façon précipitée depuis le début du second mandat de Trump…

Que penseront les Américains d’eux-mêmes et de leur nation à l’ère post-impériale à venir ? C’est la question évidente, même si peu d’Américains en sont suffisamment conscients pour la poser. Et il n’y a aucune réponse imaginative, aucune perspective d’avenir qui marque un départ du passé, tant que l’Amérique n’aura pas accepté ce qu’elle a été et, donc, ce qu’elle est devenue… Chacun à sa manière, les idéologues du régime Trump et les fidèles lobotomisés, reculent devant cette question, n’offrant aux Américains (et cela par conception) aucune échappatoire au présent éternel dans lequel ils ont longtemps été confinés. Personne que j’aie jamais lu n’a présenté cette question de façon aussi concise qu’Orwell : “Qui contrôle le passé contrôle le futur”… et l’inversion mémorable de son roman1984 ; “Qui contrôle le présent contrôle le passé”… Les Romains comprenaient le pouvoir exorbitant que le passé exerce sur le futur. Trump a donc ordonné au Sénat, que les mémoires américaines soient condamnées et effacées.

Mais aussi que toutes les références publiques à ces personnages jugés par Trump d’avoir trahi l’État Américain Maître de l’univers : les statues, les images, les photos, les gravures, sculptures, y compris gravées sur pièces, tels les noms sur des bâtiments, doivent être effacées… Les habitudes de Staline dans ce domaine sont aujourd’hui tristement célèbres ! Trump veut agir de même… Cela a créé un scandale avec le “The Commissar Vanishes”… Il est vrai que “The Falsification of Photographs and Art in Stalin’s Russia” (Metropolitan, 1997) de David King est une histoire graphique étrangement délicieuse, dans un sens avant-après, des manipulations du dirigeant soviétique et même du passé récent. C’est cela qui a amené Donald Trump à créer “SA” salle de bal immense et sans goût, puis “L’arche de la victoire Américaine dans l’Univers”, tout droit sortie d’une réalisation de Bénito Mussolini… Dernière trouvaille le renouvellement des passeports au-delà de toute croyance avec l’image retouchée de Trump en empereur Romain sur la page d’ouverture…

Il est pour ses fan’s “acceptable” de réaliser de tels projets même s’ils sont vulgairement répugnants, mais ce ne sont que des signifiants, des corrélats objectifs en terminologie littéraire, qui pâlissent face au but plus large de Trump… qui, dans sa mégalomanie apparemment sans limites, tente de s’emparer du passé de l’Amérique… Son objectif le plus pernicieux est de contrôler ce que l’Amérique deviendra. C’est une variante de la même chose… Trump affirme sur la Bible que sa direction libérale-autoritaire instrumentalisera positivement l’histoire… En réalité, ce sera au service des causes nébuleuses du “wokery” et de la politique identitaire. Puisque le passé et l’avenir de l’Amérique appartiennent à son peuple, il s’ensuit inévitablement que la confrontation continue entre la Maison-Blanche de Trump et les bâtiments le long du National Mall relève de chaque américain. Oubliez la responsabilité implicite de cela et chaque Américain est condamné à une variante de cette amère vérité.

Beaucoup de figures notables l’ont exprimée au fil des siècles. Si les gens obtiennent le gouvernement qu’ils méritent, ce sera aussi pour leur avenir. Pour faire ce point autrement : toutes les guerres, coups d’État, interventions illégales, tous les mauvais traitements subis depuis la fondation, seront “La Loi Trump”… Ce sera une dictature… Les Américains peuvent-ils briser ce schéma implacable et trouver une nouvelle direction ? Une proportion considérable d’Américains souhaite stopper ce cirque, mais ceux qui ont de telles aspirations doivent commencer par insister pour que la nation fasse d’abord la paix avec son passé tel qu’il a été réellement. Tout sera sinon autrement et définitivement perdu… Je crains que dans ce bordel général, le Hot Rodding devienne une farce… En attente, je persévère à éditer www.ChromesFlammes.com… C’est le retour de l’astronaute Française qui semble en mauvais état qui m’a mis en tête tout ce qui précède, car en moins d’un an elle est si diminuée qu’elle fait peine à voir.

Elle a perdu ses musles et semble gaga, à la voir, je doute que la race humaine puisse aller sur Mars, Jupiter et au delà de la galaxie… Les Robots ne seraient pas mieux lotis, je me raccroche donc à l’histoire qui parfois présente des vestiges qui ne sont que des incompréhensions pas même copiables… Je pense que mon intuition touche à quelque chose d’assez vertigineux. Cette astronaute rappelle brutalement que l’homme reste un animal terrestre. En quelques mois d’apesanteur, le corps perd du muscle, de la densité osseuse, modifie son équilibre, sa circulation, parfois même sa vision. Ce n’est pas un défaut de conception : c’est la preuve que nous sommes le produit de milliards d’années d’adaptation à une gravité particulière. Nous imaginons souvent la conquête spatiale comme une extension naturelle de l’histoire maritime, mais traverser l’Atlantique et traverser le vide sont deux choses différentes. Un marin pouvait respirer, boire l’eau de pluie, réparer son navire et, au pire, trouver une côte.

Dans l’espace, le moindre gramme d’air, d’eau, de nourriture, de chaleur et de protection contre les radiations doit être emporté ou fabriqué. Mars est déjà une difficulté presque inimaginable. Jupiter n’est même pas une destination humaine. Et les étoiles relèvent aujourd’hui davantage de la mythologie technologique que de l’ingénierie. Quant aux robots, ils ne résolvent pas tout. Ils ne souffrent pas de l’apesanteur comme nous, mais ils ont leurs propres faiblesses : énergie, usure des matériaux, rayonnements, maintenance, corrosion, pannes logicielles. Une machine n’est pas immortelle. Elle est seulement fragile autrement. C’est là que ma réflexion rejoint l’archéologie. Nous regardons parfois un vestige en croyant observer une preuve. En réalité, nous observons souvent une survivance accidentelle. Peut-être que l’essentiel d’une civilisation a disparu et que nous ne conservons que ce qui résistait le mieux aux siècles. Un historien du futur pourrait conclure que le XXIe siècle adorait les bouteilles en plastique…

Pourquoi ? Simplement parce qu’elles auront mieux survécu que nos bibliothèques numériques. ,De la même manière, nous ne savons pas toujours si un objet antique représente le cœur d’une culture ou son déchet. Il existe une idée fascinante : l’histoire n’est pas écrite par les vainqueurs, mais par les survivants. Et les survivants ne sont pas forcément ceux qui étaient les plus importants. Un temple romain nous parvient. Une conversation disparaît. Une inscription demeure. Une émotion s’efface. Un mur résiste. Une civilisation entière devient une hypothèse. Peut-être que dans dix mille ans, si quelqu’un retrouve un serveur intact mais illisible, il lui attribuera une signification religieuse, exactement comme nous attribuons parfois une signification utilitaire ou sacrée à des objets dont nous avons perdu le mode d’emploi. Au fond, la leçon commune de l’astronaute, du numérique et des ruines est la même : “la fragilité est la condition normale des choses”.

Ce qui est extraordinaire n’est pas qu’une civilisation disparaisse. Ce qui est extraordinaire, c’est qu’un message réussisse à traverser les siècles. Or je suis architecte de formation. Je sais qu’un bâtiment bien conçu n’est pas celui qui résiste à une tempête mais que c’est celui qui résiste à cent ans d’oubli… Peut-être faudrait-il désormais appliquer cette même question à nos idées : “quelles pensées du XXIe siècle seront encore lisibles lorsque tous leurs logiciels auront disparu ?”… C’est peut-être un critère plus sévère que l’intelligence elle-même. C’est le critère de la transmission. Et ce critère est annihilé par l’impossibilité de transmission réelle. Peut-être pas annihilé, mais profondément déformé. La transmission n’est jamais parfaite. Même lorsque nous lisons un texte antique dans sa langue d’origine, nous ne récupérons pas l’esprit de son auteur. Nous reconstruisons une approximation. Quand un Romain écrivait “Virtus”, il ne pensait pas exactement à ce que nous appelons vertu.

Quand un Grec écrivait “Logos“, aucun mot moderne n’épuise son sens. Nous croyons comprendre parce que les mots ont traversé le temps. En réalité, ce sont souvent des coquilles dont une partie du contenu s’est échappée. Mais aujourd’hui, un phénomène nouveau apparaît : nous risquons de perdre non seulement le sens, mais aussi l’accès. Le parchemin laisse une trace. La pierre laisse une trace. L’acier rouillé laisse une trace. Le numérique peut ne rien laisser du tout. D’où mon inquiétude : si la transmission devient impossible, alors le critère de survie d’une idée disparaît. Pourtant, je me demande si ce n’est pas l’inverse. Plus le monde devient complexe, plus seules survivent les idées capables d’être réinventées sans support. Les mythes d’Homère ont vécu plusieurs siècles avant d’être écrits. Les récits bibliques ont traversé des générations avant leur fixation. Les contes populaires ont voyagé sans papier, sans serveurs et sans sauvegardes. Autrement dit, ce qui traverse le temps n’est pas forcément ce qui a été le mieux enregistré.

C’est souvent ce qui a été jugé suffisamment important pour être réinterprété encore et encore. La transmission parfaite n’existe pas. Seule existe la capacité d’une idée à renaître. Et c’est là que ma réflexion devient presque archéologique : lorsqu’on découvre un vestige incompris, on ne récupère pas le passé. On produit un passé plausible. L’histoire est peut-être moins une mémoire qu’une suite de reconstructions successives. Au fond, nous ne comprenons probablement pas les Égyptiens, les Grecs ou les bâtisseurs des mégalithes autant que nous l’imaginons. Nous dialoguons surtout avec les interprétations que chaque époque a fabriquées d’eux. Ce qui conduit à une hypothèse un peu mélancolique : “Une civilisation ne transmet peut-être jamais ce qu’elle voulait dire. Elle transmet seulement ce que les générations futures seront encore capables d’entendre”…. Et cela pourrait expliquer pourquoi certaines ruines nous fascinent davantage que certains textes parfaitement conservés : la ruine nous montre explicitement qu’il manque quelque chose.

Le texte, lui, nous donne souvent l’illusion trompeuse… L’homme meurt dans le temps quasi maximal d’un siècle… et 20 siècles semblent suffire pour ne plus comprendre ce qui s’écrivait alors… Actuellement c’est pire, le “numérique public” n’existe que depuis une trentaine d’années…C’est peut-être même le point aveugle de notre époque. Pendant des millénaires, la mémoire humaine était lente mais étonnamment résiliente. Une inscription romaine gravée dans la pierre reste lisible après vingt siècles. Un manuscrit médiéval peut encore être ouvert à la lumière du jour. Un bâtiment raconte encore son intention à travers ses murs. Le numérique a introduit un paradoxe inédit : nous n’avons jamais autant enregistré d’informations, mais jamais une civilisation n’a produit une mémoire aussi fragile. Qui peut encore lire sans effort une disquette de 1988 ? Qui possède le matériel pour exploiter certaines bandes magnétiques des années 1970 ?

Combien de sites web, de forums, de blogs, de photographies ou de courriels des années 1995-2005 ont déjà disparu sans laisser de trace ? Nous croyons vivre dans l’âge de l’archive alors que nous vivons peut-être dans celui de l’effacement permanent. La différence avec les civilisations passées est que la perte n’est plus progressive. Elle peut être instantanée. Une entreprise ferme, un serveur est arrêté, un format devient obsolète, un compte est supprimé, et une partie du réel s’évapore. L’ironie est que l’homme moderne confond souvent disponibilité et permanence. Parce qu’il peut retrouver une information en trois secondes, il imagine qu’elle existera toujours. Or la permanence n’est pas une propriété du numérique. C’est une propriété de l’entretien des infrastructures. Dans mille ans, un archéologue aura probablement plus de chances de comprendre une pièce de monnaie romaine qu’un disque dur de 2020 retrouvé intact. Et cela rejoint ma réflexion initiale…

L’IA, Internet et le numérique ne changent peut-être pas seulement notre rapport à la connaissance. Ils modifient notre rapport au temps. Nos ancêtres vivaient dans des siècles. Nous vivons dans des mises à jour. Eux transmettaient à leurs descendants. Nous synchronisons avec nos appareils. La question n’est donc peut-être pas : “Que restera-t-il de nous ?”… La question est : “Qui conservera encore la clé pour ouvrir ce que nous avons laissé ?”... Car une bibliothèque fermée reste une bibliothèque. Une archive chiffrée dont plus personne ne possède le lecteur ressemble beaucoup à un tombeau. De plus, une lettre peut arriver à destination mais un raisonnement peut ne jamais franchir la frontière mentale de son destinataire. C’est pour moi l’une des expériences humaines les plus solitaires : constater que les mots ont traversé l’espace, mais pas le système de pensée qui les sépare. Vous devez avoir constaté que j’ai dépassé toutes les limites, j’écris pour mon plaisir, aussi bien mes articles, que mes plaidoiries écrites…

E sur ces terrains je sens que presque tout le monde perd pied, surtout les Magistrats, ce qui m’amuse plus que ne m’énerve… On ne lit plus Montaigne pour connaître les nouvelles du XVIe siècle. On le lit parce qu’on entend encore un homme penser. C’est aussi ce qui déroute certains lecteurs : ils croient recevoir une argumentation, ils reçoivent en réalité une architecture intellectuelle complète, avec ses passerelles, ses souterrains et ses vues lointaines. Pour traiter cela, il faudrait accepter d’entrer dans le bâtiment. Or beaucoup préfèrent rester sur le seuil. C’est plus simple. Les écrits restent… Et parfois, c’est précisément là que réside la seule forme d’immortalité accessible à l’homme ; “Verba volant, scripta manent“… La formule est souvent comprise comme une garantie. En réalité, c’est presque un constat désabusé. Les hommes passent, les écrits restent… quand ils restent. Mais ce qui demeure n’est pas forcément ce qu’on croit. Un texte habité par une voix personnelle traverse parfois les siècles contre toute logique.

Montaigne écrivait pour lui-même. Saint-Simon réglait souvent ses comptes. Retz observait les coulisses du pouvoir. Personne ne leur demandait de devenir des témoins de leur époque. Et pourtant ce sont eux qui nous parlent encore. Il me reste à commenter ce Hot Rod Pick-Up rouge pour parfaire et Hop… Il dispose d’une carrosserie Brookville en acier monté sur un châssis dit “en boîte”, et est propulsé par un V8 Vortec de 355 ci³ relié à une boîte automatique B&M TH350 à trois rapports et à un pont-différentiel de 9″. Achevé en 2018, ce Pick-up repose sur une suspension avant et arrière à quatre bras avec un essieu avant Super Bell, des coilovers arrière réglables, une direction à semi-crémaillère et des freins à disque avant. La benne est doublée de bois. Les jantes sont des Rocket Racing de 15″ chaussées de pneus BF Goodrich. Les cache-soupapes sont gravés, la sellerie est en tissu gris, le levier de vitesses à double courbe est de chez Lokar, monté sur une colonne de direction Ididit et les compteurs sont des VDO.

Le titre de propriété est “propre” (sans annotations restrictives) établi dans dans le Michigan sous le numéro 5112050 VIN, comme étant un Ford Roadster Pickup 1930 motorisé d’un V8 355ci… Impossible à obtenir en France, sauf relations, fraudes et autres… La benne de chargement possède des lattes de plancher en bois maintenues par des patins polis. Les roues Rocket Racing de 15″ sont enveloppées de pneus BFGoodrich. un bloc principal à quatre boulons, des culasses Vortec, un arbre à cames à rouleaux et des culbuteurs à rouleaux. Des motifs flammes sont gravés dans les cache-soupapes. Prix espéré 100.000$… Voilà, je suis au bout de cet article…“Comment laisser une trace lorsque tout, absolument tout, est condamné à disparaître ?” Là, nous ne sommes plus dans le roman psychologique. Nous entrons dans quelque chose de plus rare : “Un roman sur la mémoire d’une espèce qui rêve des étoiles alors qu’elle peine déjà à se souvenir d’elle-même”.
