Woody Street Rod’33
Pour tant qu’on considère les Woody’s typiquement Californiens comme des bagnoles Kitchissimes, ayant vécu leurs heures de glorioles grâce aux Beach’Boy’s (un groupe chantonnant du Rock’n’Roll Guimauve à la gloire du Surfing), le kitsch désigne une esthétique bas de gamme et sans prétention, souvent un cocktail hétéroclite de résidus de la culture pop rassemblés à la hâte et popularisés dans les années ’50 et ’60 pour satisfaire la demande de souvenirs consuméristes sous forme de babioles et de bibelots bon marché vendus dans les boutiques de souvenirs. Sans tomber dans la pédanterie ou la prétention d’un savant de pacotille, le kitsch est en quelque sorte l’incarnation d’une culture de l’excès.
C’est une culture qui eut son apogée au sommet de son épanouissement en Californie, qui a perduré le temps que la génération responsable commence à décliner et s’éteingne peu à peu, répandant toutefois encore au hasard ses spores invasives. L’exaltation de symboles culturels “mémifiés” jusqu’à la parodie est un phénomène qui existait avant l’invention des “mèmes” sur internet. Il focalisait délibérément l’attention sur lui-même, pour devenir une sorte d’autodérision, à l’image de l’ironie devenue un modus vivendi avec les “hipsters” des années 2000. Cette tendance ressortant même des noms choisis : “Golden Dome”, “Golden Age”, “Make America Great Again”, une étrange alchimie spirituellement inerte à l’envers…
Elle a changé ce qui était autrefois de l’or véritable en “or des fous” et autres sous-produits dénaturés. Considérer ces faits, oblige à comprendre comment la vision esthétique de Trump pour l’Amérique réinvente la nation comme une sorte de village Potemkine de mémétique kitsch, depuis longtemps déconnectée des fondements culturels essentiels qui ont autrefois donné vie à ces concepts. Du kitch bon marché à l’aspect désuet et un symbolisme de mauvais goût et criard. C’est depuis longtemps l’esthétique de prédilection des oligarques philistins et des élites incultes, ces décors bling-bling et bon marché et ces reconstitutions de mauvais goût d’époques révolues, qui furent largement utilisées sur les Van’s peinturlurés de reproductions de toiles de Maîtres…
Celle-ci sont adaptées aux décors des maisons de banlieues façon peinturlurations victoriennes, gréco-romaines ou toute autre période à laquelle les “kustomeurs” s’adonnaient. Les camionnettes de type Bedford achetées au prix de la ferraille en Belgique étaient ainsi nommées de noms de peintres célèbres, le clou étant l’obsession pour les “âges d’or” du passé conduisant certains fous furieux à se lancer dans une quête de projets vaniteux et futiles… Ce style Kitch est maintenant couronné par Donald Trump, président des USA qui, à l’occasion de la grande foire d’État organisée à Washington pour le 250e anniversaire de la naissance des USA, à récupéré ce style comme une vision à la “grandeur” américaine qui s’est soldée par une parodie kitsch.
Comme on pouvait s’y attendre, cela a été accueilli par des moqueries généralisées… Trump se présente comme un mélange de Crassus et de Midas des temps modernes, mais il s’est mué en un “roi Midas inversé” qualifié de “Roi Sadim”, d’autant plus que cette appellation est homophone de “Sodome”. Notre Midas inversé des temps modernes espère que son hagiographie décrira un jour la grande “œuvre” qu’il aura accomplie en guidant la nation à travers un carrefour historique, une transition entre deux époques. C’est pourquoi il façonne son iconographie autour de parallèles kitsch avec l’Âge d’or, la Belle Époque, la Fin de Siècle, etc. Et il n’a pas tout à fait tort de pressentir l’ethos fondamental de notre époque qui est une période de transition…
Celle-ci est marquée par une décadence effrénée précédant une catastrophe, une époque de multiples révolutions calamiteuses et de guerres mondiales. Mais la différence réside en ce que Trump se croit providentiellement désigné pour sortir le pays des écueils associés à ces “époques finissantes” et le mener vers un âge d’or d’abondance certaine. Malheureusement, il semble aveugle aux réalités qui s’annoncent : la situation ne fait qu’empirer et les artifices et le cache-misère annonciateurs de cette “grandeur” à venir trahissent au contraire la désintégration qui s’opère tout autour. Et pour couronner le tout, les dorures et le plâtre médiocre cachent une absence totale de substance dans une démonstration sans précédent de “volonté de puissance”…
Trump tente de concrétiser son “âge d’or” simplement en le clamant sur tous les toits. Au lieu de mener de véritables politiques de reconstruction et de transformation, de s’attaquer à l’emploi, à l’inflation et à tous les fondements réels d’un État sain, il choisit plutôt d’ériger des monuments présomptueux à la gloire d’espoirs, de souhaits et de réalisations supposées. Mais mon propos a d’abord porté sur la “kitschification” de l’Amérique en général dont Trump n’est que le dernier apôtre. Une culture vire au kitsch lorsqu’elle perd sa force vitale originelle, cette étincelle créatrice qui l’animait autrefois, et qu’elle se transforme en une parodie récursive d’elle-même. Telle est l’Amérique d’aujourd’hui, vidée de son énergie et de son esprit d’innovation originels !
Elle est désormais prisonnière d’une boucle sans fin, comme si l’on rembobinait à l’infini une cassette de vieux tubes des Beach’Boys jusqu’à ce que seuls quelques grésillements à peine intelligibles soient encore audibles… C’est une nation dont l’ethos est à court d’idées et s’est résignée à puiser dans le passé, de la doctrine Monroe à l’Âge d’or, jusqu’à des époques plus récentes : elle repasse en boucle le disque rayé de la “guerre contre le terrorisme” néoconservatrice jusqu’à ce que l’armée américaine soit réduite en poussière sous la meule de l’histoire. En effet, le pays ressemble désormais fortement à un pastiche des temps meilleurs et d’espoirs vains et futiles, un lieu où George Washington peut s’asseoir aux côtés d’un robot Tesla sous l’arche de Saint-Louis…
Et ce tout en contemplant un pygargue à tête blanche planant majestueusement au-dessus de la Statue de la Liberté. Et pour terminer sur une note positive, force est de reconnaître qu’un pays ne peut atteindre une telle auto-parodie terminale sans avoir d’abord gravi les échelons de la grandeur et de la réussite nécessaires pour alimenter une iconographie aussi rébarbative et révérencieuse. Ce n’est donc qu’en Amérique que le kitsch a pu s’imposer comme l’ethos caractéristique de notre époque. Ce n’est qu’en Amérique que la grandeur a pu atteindre des niveaux tels qu’elle en est réduite à se subvertir elle-même. Les nations du monde entier envient à l’Amérique le droit de devenir si forte qu’elle en devient une parodie d’elle-même. Alors, trinquons donc à la grandeur US !
Au prix de 640 $ en 1933, le Woodybreak Deluxe à flancs en bois était le modèle le plus cher de la gamme Ford. Ajoutez à cela des décennies de perte due au vieillissement et aux problèmes liés au bois, et il y a une raison pour laquelle si peu de ces voitures existent aujourd’hui. Cette Ford Woody de 1933 est dotée des diverses choses qui ont fait de ces icônes un favori unique parmi les Street Rodders et les constructeurs automobiles. Alors que Ford faisait la promotion fièrement de sa gamme de moteurs V8 flathead, cette bête dispose désormais d’un moteur Chevrolet big-block 468ci fabriqué par Miller Racing qui gronde sous le capot. Il est doté d’éléments traditionnels comme des carburateurs Edelbrock quadruple corps, un filtre à air chromé et des cache-soupapes chromés.
Mais intègre aussi des technologies modernes comme des composants d’allumage MSD et Taylor, des silencieux Flowmaster et des freins Wilwood, le reste du groupe motopropulseur étant composé d’une transmission TH350 avec convertisseur de 10poet d’un différentiel Currie de 9po. Des coilovers Viper et une disposition arrière à 4 barres servent de base à la suspension améliorée et polie. Cette carrosserie classique, dotée d’érable et d’acier modifiés aux normes de 1933 à partir d’un pack de chez “Hercules Motor Company”, utilise un empattement qui mesure désormais 113po avec la carrosserie rétrécie de 7po à l’arrière. Des personnalisations supplémentaires incluent un toit découpé de 3po, une extension de 4po…
Cela incluant un hayon allongé, des ailes fusionnés et des chromes supprimés. À l’intérieur, les occupants bénéficient de sièges baquets en cuir, de magnifiques panneaux de porte en bois et d’un système audio impressionnant doté de deux caissons et amplificateurs “JL Audio”. En laissant le bois dans une finition naturelle, le reste de cette voiture était recouvert d’un jaune Dupont Fly, une teinte éblouissante qui crée un style saisissant, tandis qu’une planche de surf en bois repose définitivement comme décor sur le toit. Une construction époustouflante avec un grand souci du détail, ce Woody Street Rod n’a toutefois parcouru que moins de 300 miles depuis son achèvement… C’est selon son propriétaire “pour ne pas l’user”... Waouwwwwww !
De magnifiques menuiseries artisanales font partie des nombreuses caractéristiques de cette Ford Woodie vintage de 1933, entièrement finie et avec un aspect superbe. Le boiserie de cette classique a été entièrement fabriquée “à la main de l’artiste” et recouvert de plusieurs couches de polyuréthane transparent. Cela garde l’érable comme neuf, même si pris par la pluie. Le travail qui y a été fait est de premier ordre avec un haut niveau de savoir-faire. À côté de l’érable, on trouve la carrosserie entièrement en acier y compris les ailes. La carrosserie est recouverte de peinture House of Colors Scarlet Orange Candy. Le chrome extérieur a été en grande partie retiré, mais la calandre en aluminium poli est toujours en place.
Les phares chromés doubles sont également en place. Dans le style classique “Street Rod”, les portes suicide sont une autre caractéristique. Des goupilles de verrouillage sont en place à l’intérieur pour s’assurer qu’elles sont bien fermées lorsque roule la bête qui n’est jamais logée à l’extérieur et reçoit toujours les soins nécessaires. Pour que la voiture continue de briller comme elle le fait, un “soutien-gorge” avant ainsi qu’une housse de voiture sont inclus… La voiture roule sur un ensemble de jantes polies Halibrand et montées de pneus BF Goodrich. La boîte automatique 350 passe les rapports et utilise un levier de vitesses Lokar. Le filtre à air en goutte d’eau personnalisé est peint pour s’harmoniser avec le reste de la voiture, ainsi que les cache-soupapes.
Le filtre à air est orné de bandes personnalisées de chez “Dennis Ricklefs”, qui correspondent aux bandes du tableau de bord. Ce thème se poursuit sous la voiture (ce qui est sans doute un gag stupide), la plupart des composants étant peints ou polis. Le pont arrière Ford 9po est couleur carrosserie et est encadré par des coilovers. Les freins sont à disque à l’avant et à tambour à l’arrière. L’intérieur est en cuir beige. En plus des pédales en billet d’alu, la voiture utilise uniquement des composants chromés ou en billet. La colonne de direction inclinable est complétée par un volant Banjo. La climatisation aftermarket fonctionne exactement comme elle doit et passe par des bouches d’aération aftermarket polies. Voilà, c’est fini…
































