1953/2004 Excalibur…
Excalibur…, une Ă©popĂ©e, une saga, une lĂ©gende…, faite de Bricks et de “Brooks” !
La saga Excalibur est, pour certains consumĂ©ristes qui en tirent profit, une lĂ©gende faite de bricks et de brocks (de Brooks, le nom du crĂ©ateur de “la chose”), d’inventions et de racontars colportĂ©s par des hallucinĂ©s qui n’y “connassent” strictement rien d’autre que les profits qu’ils (et elles) peuvent tirer (ou tentent de tirer) de la bĂŞtise humaine en matière d’automobiles… Est donc venu (pour moi, parce que tout le reste du monde s’en f…), le moment clĂ© de vous narrer la vĂ©ritable histoire d’Excalibur…, la replaçant Ă l’endroit exact (le plus appropriĂ©) que cette marque occupe dans rien de moins que : l’Histoire de l’HumanitĂ© !
J’ai Ă©tĂ© moi-mĂŞme Ă©tĂ© subjuguĂ© par les Excalibur, alors que j’Ă©tais plus jeune et totalement crĂ©tin, possĂ©dant un autre fer-Ă -repasser (quoique plus lĂ©ger) nommĂ© Morgan (j’avais 20 ans)… Assidu de lectures juvĂ©niles et abrutissantes, j’avais lu dans un magazine que Johnny (Halliday) avait troquĂ© sa Lamborghini Miura (une autre pitrerie) contre une Excalibur S1… et que Steve McQueen en possĂ©dait une, lui-aussi (quel choc, ma vie va, en cette suite, basculer)…, j’en ai rĂŞvĂ©…, il m’en fallait une…, mais chacune coĂ»tait toujours trop cher (mĂŞme au fur et Ă mesure de mon vieillissement inexorable)…, pire, il Ă©tait totalement impossible d’immatriculer lĂ©galement une Excalibur, l’importateur nichait Ă Monaco, dans un appartement, il n’avait pas de garage, pas de stock, aucune garantie sĂ©rieuse n’Ă©tait (et ne pouvait) ĂŞtre proposĂ©e…, donc, j’ai Ă©tĂ© contraint de cauchemarder d’autres autos !
Quelques annĂ©es plus tard, plus “en fonds”, possĂ©dant (ou Ă©tant possĂ©dĂ©) par une Panther J72 importĂ©e/vendue par Claude Dubois Ă Bruxelles…, et alors que j’Ă©tais avec cette bĂŞtise Ă Monaco en 1975 dans le cadre de la promotion de mon roman “Par qui ce scandale ?”…, j’ai connu, rencontrĂ©, parlĂ©, sympathisĂ© avec Guy Storr qui Ă©tait le concessionnaire exclusif Excalibur pour l’Europe…, qui a dĂ©nigrĂ© ma Panther prĂ©tendant que l’Excalibur Ă©tait le Saint-Graal des automobiles hors du commun…
Il Ă©tait Ă©galement constructeur de l’Excalibur 35X…, une sorte de “vol de marque non-punissable” (Excalibur n’Ă©tait pas une marque dĂ©posĂ©e en Europe), ce qui lui permettait de vendre Ă son profit exclusif une Excalibur…, Ă©vocation caricaturale de la Bugatti 35, construite en tĂ´les d’acier chez Michelotti Ă Turin et motorisĂ©e par un bloc Opel Commodore 6 cylindres en ligne 3L… (il n’y en aura que 27 construites)… et il a tentĂ© de m’en vendre une…, m’expliquant qu’elle Ă©tait supĂ©rieure en tous point Ă l’Excalibur S1 amĂ©ricaine…
Plus tard dans le temps (qui passe)…, aux USA, ayant toujours Excalibur en tĂŞte, j’ai rencontrĂ©, parlĂ©, sympathisĂ© avec Brooks Stevens et ses fils Ă Milwaukee-Wisconsin, juste avant la première faillite de leur marque-firme…, j’ai ensuite connu les diffĂ©rents repreneurs…, les margoulins qui tournaient autour et alentour en quĂŞte d’affaires juteuses, incluant un trafic de drogue entre les USA et le nouvel et dernier importateur europĂ©en de la marque Ă Monaco/Monte-Carlo (Ă ne pas confondre avec Guy Storr, caricaturĂ© ci-avant)…, avec, en point d’orgue, la “rĂ©cupĂ©ration” Ă vil-prix ; 1° de la firme, 2° de l’outillage, 3° du stock de pièces et accessoires (la quincaillerie), 4° les moules et gabarits de mĂŞme que les plans de construction…
L’ancienne secrĂ©taire de l’usine va en faire un business juteux sous le nom de “Camelot” (en France c’est Xavier De laChapelle qui va faire main basse sur les dĂ©bris des rĂŞves de Guy Storr après son dĂ©cès, une succession mal gĂ©rĂ©e par son Ă©pouse, qui servira Ă rĂ©aliser les Stimula)… Je passe volontairement sur les divers guignols pourtant pittoresques, s’arrogeant des titres ronflants et dĂ©biles de prĂ©tendus “spĂ©cialistes en Excalibur”, tentant de dĂ©velopper des lĂ©gendes de Bricks et Brock/Brooks et crĂ©ant mĂŞme un site-web “Excalibur Officiel” (gag !)… et j’avoue (humblement) tout de go…, que grâce aux revenus de mes magazines Chromes&Flammes, j’ai pu (enfin) acquĂ©rir une, puis deux (et plus)… Excalibur, devenant le plus gros “collectionneur” de cette marque ainsi qu’un des plus “connaisseurs” itou… (je ne regrette rien que de n’avoir pas rĂŞvĂ© de collectionner des Duesenberg’s)…
VoilĂ le dĂ©cor plantĂ©…
Pas grand-monde ne sait/ne connaĂ®t grand-chose de la saga Excalibur…, les prĂ©tendus “spĂ©cialistes” n’en connaissaient (et n’en connaissent toujours actuellement) pas plus que les journaleux, sans âge et sans gloire Ă venir, absents de tous les radars de la vie, qui rĂŞvent d’entrer au panthĂ©on et ne font que leur entrĂ©e dans le monde comme esclaves de la dĂ©sinformation… Ces journaleux, Ă l’Ă©cart de tout et de tous…, objets de toutes les moqueries et brimades…, devenant experts en soumission absolue…, glissent dans la passivitĂ©…, alors que leurs questionnements sans rĂ©ponses (c’est souvent dĂ©bilitant) se heurtent Ă des murs et Ă l’autoritĂ© carcĂ©rale de leur hiĂ©rarchie qui ne s’Ă©pargne jamais du bonheur de les humilier… jusqu’Ă la grande finale… oĂą ces zombies en termes-prĂ©maturĂ©s de leurs contrats Ă durĂ©e indĂ©terminable (sic !)…, se fondent dans le dĂ©cor d’un hiver sans fin, rĂ©duits Ă n’ĂŞtre que des flocons de neige…
L’histoire de la marque automobile Excalibur a dĂ©butĂ© en 1952, cette annĂ©e-lĂ une chose curieuse s’est produite sur le chemin du cimetière de la marque American-Kaiser-Frazer : les Hot-Rodders Yankee sont devenus enthousiastes de la mĂ©canique de la Kaiser-Henry-J…, ils avaient dĂ©couverts que son six cylindres permettait a des voitures lĂ©gères d’ĂŞtre très rapide (aux normes standards, s’entend)…, n’oubliez pas qu’on est en AmĂ©rique, pays des basse-cours et cul-terreux habituĂ©s Ă rouler dans des voitures monstrueuses (pachydermiques) de 3 tonnes ou dans des Pick-up anĂ©miques et agricoles…, ce qui signifie que les misĂ©rables 80 chevaux-vapeur obtenus comme par magie d’un bloc en fonte de 161 ci Ă longue course (sic !), rendaient cette petite horreur, semblable Ă une torpille capable d’un zĂ©ro Ă 100 km/h en 13 secondes…, ce qui Ă©tait Ă©poustouflant en 1952.
Quelques Henry-J « de course » ont été dûment construites afin d’en faire connaître les performances au public médusé…, mais ces engins ainsi bricolés ne prouvaient rien du tout…, leur carrosserie et leur châssis désuets annihilaient les performances du moteur, démontrant que si peu de connaissances sur les voitures pouvait être dangereux…, tout semblait perdu, la fin était proche pour l’usine, qui plus est dans le déshonneur et les quolibets…, mais Henry J.Kaiser se souvint d’un certain Brooks Stevens, l’un des premiers praticiens de l’art du design automobile, qui avait tellement d’idées révolutionnaires (il faut savoir raison garder), que le grand Harley Earl les réinventera vingt ans plus tard….
Brooks Stevens a proposĂ© un lifting recto-verso des barattes roulantes qu’Henry J.Kaiser avait imaginĂ© et commencĂ© Ă produire…, en vain…, parce que la direction (c’est Ă dire Henry J.Kaiser et son associĂ© Mr Frazer), les aimaient dans la façon dont elles Ă©taient…, mais, comme la petite horreur ne se vendait plus, entrainant la firme vers un dĂ©sastre (c’est peu dire)… et que les ingĂ©nieurs sont venus secouer leur patron pour que l’usine modifie le design de l’Henry-J et dĂ©bute la construction d’une grosse Kaiser V8…, Brooks Stevens a finalement reçu un feu vert (pâle) pour construire une Henry-J Roadster…, Ă condition de dĂ©fendre ce projet devant le conseil d’administration de la Kaiser-Frazer Corporation, au moyen d’un courrier percutant… Mais, Henry J.Kaiser ne voulait pas que les noms de Kaiser et de Frazer soient apposĂ©s sur cette voiture…, Brooks Stevens et son associĂ© Charles Cowdin.Jr., ont toutefois conçu un Ă©lĂ©gant roadster deux places qui avait quelques ressemblances avec les Allard-J et Lotus Seven, utilisant un minimum de courbures afin de maintenir les coĂ»ts d’outillage les bas possible, Brooks Stevens l’a appelĂ© « Excalibur-J » et a continuĂ© l’aventure en indĂ©pendant.
L’Excalibur-J devait ĂŞtre une voiture de sport au sens classique, Ă©quipĂ©e de civilitĂ©s telles que pare-chocs, phares et protections contre les intempĂ©ries, pouvant facilement ĂŞtre convertie en voiture de course pour les week-end, son prix de vente au dĂ©tail…, Stevens l’espĂ©rait (l’espoir fait vivre), devait ĂŞtre d’environ 2000-2500 $… et l’idĂ©e semblait très bonne. Première sortie pour l’Excalibur N°1 Ă Elkhart Lake, Wisconsin, au dĂ©but de 1953, oĂą les associĂ©s de Brooks Stevens, Ralph Knudson, Bob Wilder, Bill Tilden et Dick l’irlandais ont pris la voiture pour les essais. Ce premier prototype, avec le moteur F-Willys, a Ă©tĂ© inscrit Ă Janesville, Wisconsin, pour une course sur route ouverte en juillet…, l’Excalibur-J a fini deuxième dans la catĂ©gorie D avec Ralph Knudson Ă son volant…, puis, elle a remportĂ© le Hillclimb de Janesville avec le meilleur temps de la classe D et le second rang global de la journĂ©e, juste après une Allard Ă©quipĂ©e d’un Cadillac V-8 de 331ci !
Ensuite, Brook Stevens a jeté son dévolu sur les Douze Heures de Sebring. Deux Excalibur, l’une équipée d’un moteur L, pilotée par Ralph Knudson et Jim Feld…, et l’autre équipée d’un moteur F, pilotée par Dick l’irlandais et Hal Ullrich, ont été inscrites. Dick l’irlandais, a terminé deuxième, derrière une Aston Martin dans la catégorie D ! Le reste de 1953, cependant, a été plus enrichissant. A Dubuque, Iowa, dans le Hillclimb de Mai, Ralph Knudson a terminé premier en classe D et troisième au classement général. Hal Ullrich et Ralph Knudson ont fini respectivement deuxième et troisième dans la même classe D à Champ Chanute, dans l’Illinois, lors des courses de juin…, tandis qu’une Excalibur-J a terminé deuxième en classe D à Offutt , sur l’Air Force Base du Nebraska. Dans ces deux courses il a fallu un V12 2,7 litres Ferrari pour battre les Excalibur-J. De nombreux autres courses ont été remportées en 1953, contre les puissances Jaguar XK120S…, C-type… et V-8 Allard… ainsi que les V12 Ferrari ! Et, lorsque Ullrich a terminé premier de la classe D à Watkins Glen, ce fut la plus extraordinaire victoire de l’année !
Fin 1953, Brooks a reçu le prix de « l’International New York Motor Sports Show », pour avoir créé un remarquable roadster amĂ©ricain de sport et de compĂ©tition dans la classe des voitures Ă bas prix, mais un obstacle est apparu sous la forme d’Henry J.Kaiser lui-mĂŞme… qui n’aimait pas les voitures de ce type ! Alors que Brooks Stevens s’inquiĂ©tait que Kaiser-Frazer ne mettait pas en route une unitĂ© de production pour fabriquer l’Excalibur-J…, Henry J.Kaiser a pontifiĂ© : « Nous ne sommes pas une entreprise de construction de voitures de sport ».., ce qui a Ă©tĂ© rapidement repris par d’innombrables membres du conseil d’administration de la Kaiser-Frazer Corporation…, un couperet Ă©tant tombĂ© identiquement de mĂŞme pour la belle et spectaculaire Kaiser-Darrin, un roadster avant-gardiste Ă portes coulissantes…, Brooks Stevens, cependant, Ă©tait trop enthousiaste pour abandonner… et s’en alla de l’avant avec les trois voitures de course, dĂ©cidĂ© de continuer cette aventure en utilisant ses propres fonds, espĂ©rant que Henry J.Kaiser reviendrait finalement l’approuver…, que nenni…, quelques mois plus tard, en dĂ©but 1954, la Kaiser-Frazer corp. faisait faillite…
Tout au long de 1954, l’Excalibur-J a continué d’impressionner les amateurs de courses automobiles, surtout qu’elles gagnaient haut la main contre des machines beaucoup plus puissantes comme les Ferrari…, Bob Gary a terminé quatrième au général (toutes catégories) en 1954 lors du Grand Prix du Wisconsin ! Ullrich aurait probablement terminé plus haut dans le classement, s’il n’avait pas été victime d’un accident durant le deuxième tour. Ensuite, jusqu’en 1958, les Excalibur-J ont généralement battu et défait à plate-couture, toutes les voitures en lice, sauf une paire de C-type Jaguar et une Frazer Nash…, mais les Excalibur-J ont vaincu toutes les Jaguar XK120s, les Amolt-Bristol… et les Ferrari…, excusez du peu… J’espère que les Ferraristes qui liront ceci, ou qui en seront informés (on peut toujours rêver, non ?), regarderont à l’avenir les Excalibur d’un autre œil… Les Excalibur-J ont continué de remporter des courses, impressionnant tout le monde et débutant ainsi la construction du mythe Excalibur…, Al Ullrich et Carl Haas ont même remporté la classe B de la Road America 500 en 1958.
Ă€ ce stade de succès, Brooks Stevens, comblĂ©, couronnĂ© de lauriers, s’est retirĂ© des courses (tout comme d’autres se rangent des voitures)…, notez qu’il Ă©tait bien obligĂ© de se retirer…, puisque l’usine Kaiser-Frazer avait fermĂ© ses portes en 1954, tout en rĂ©alisant un geste ultime : lui offrir une quantitĂ© impressionnante de pièces d’Henry-J…, des boĂ®tes de vitesses surmultipliĂ©es, des moteurs complets et divers Ă©quipements…, mais, les trois Excalibur-J de course ont finalement Ă©tĂ© placĂ©es au MusĂ©e que Brooks Stevens avait ouvert Ă Mequon, dans le Wisconsin. A Mequon, le second fils William-Steve Stevens, Ă©tait expert Ă l’administration quotidienne, tandis que l’aĂ®nĂ©, David, Ă©tait axĂ© sur la conception et l’ingĂ©nierie (le plus jeune fils, Keith, Ă©tait encore Ă l’école Ă cette Ă©poque). Brooks Stevens a continuĂ© en 1959 de concevoir des voitures extraordinaires, telle la fameuse Excalibur Hawk, un coupĂ© très en avance sur son Ă©poque… et cela avec l’appoint de ses deux fils, David et William-Steve.
Conçu pour ĂŞtre une machine de course exclusivement, le coupĂ© Excalibur Hawk a Ă©tĂ© construit selon les idĂ©es de David Stevens…, la voiture, basĂ©e sur des composants de la Studebaker Hawk, utilisait son V8 289 ci suralimentĂ© par un compresseur Paxton, le style de la carrosserie avait Ă©tĂ© voulu, volontairement, très agressif, affichant mĂŞme des traits de conception très marquants.., qui seront copiĂ©s par Harley Earl sur la Corvette Sting Ray 1963 ainsi que par Carroll Shelby sur la Shelby Cobra Daytona Coupé… !!! L’Excalibur Hawk CoupĂ© a Ă©tĂ© engagĂ©e en course, mais n’a jamais atteint le succès de sa devancière, l’Excalibur-J, mais comme Kaiser-Frazer n’existait plus… et que Brooks Stevens Ă©tait confrontĂ© chez Studebaker Ă des dĂ©fis commerciaux importants, il a ainsi dĂ©cidĂ© d’utiliser toute la mĂ©canique des Studebaker, ainsi que leur châssis…, une Excalibur Hawk Roadster a Ă©tĂ© conçue, mais jamais construite…, ce sont des modèles rĂ©duits des deux styles de carrosserie et surtout l’illustration d’une Excalibur Hawk Roadster montrĂ©e en dessin sur la couverture de fĂ©vrier 1961 du magazine Motor Sports, qui a semĂ© durablement la confusion dans les esprits…, car jusqu’au dĂ©but des annĂ©es 1990, l’Excalibur Hawk Roadster restait dans les mĂ©moires.
En 1963, Egbert McCulloch, nommĂ© prĂ©sident de Studebaker, tĂ©lĂ©phone immĂ©diatement Ă Brooks Stevens pour qu’il 1° redessine la Studebaker GT Hawk…, 2° fasse un « facelift » de la Studebaker Lark… et 3° pense Ă crĂ©er une nouvelle Studebaker sportive, un projet nommĂ© « Avanti » sur lequel travaillait dĂ©jĂ Raymond Loewy. Mais c’est lĂ une autre histoire…, curieusement très semblable Ă l’affaire Henry-J…, une autre histoire de laquelle naitront les Excalibur sĂ©ries 1 Ă 5, telles que vous les connaissez comme inspirĂ©es des Mercedes d’avant guerre…
En 1963 Brooks Stevens (retirĂ© des courses avec ses Excalibur-J), Ă©tait consultant indĂ©pendant en design… et Raymond Loewy (Designer Français vivant aux USA), Ă©tait employĂ© chez Studebaker et venait de terminer son travail sur l’Avanti…, Sherwood Egbert prĂ©sident de Studebaker, qui considĂ©rait que le projet “Avanti” manquait de “Punch”…, a demandĂ© Ă Brooks Stevens de prĂ©parer un nouveau projet de design automobile afin de prĂ©senter une voiture encore plus inĂ©dite au prochain salon. Egbert lui a dit : “Brooks, aidez-moi, je n’arrive pas Ă obtenir de Raymond toute la folie nĂ©cessaire pour que le public palpite devant le stand Studebaker et que la presse en fasse de gros titres, il reste bornĂ© pour ce projet, vous devez m’aider”…, le rĂ©sultat fut un ensemble de Studebaker’s hors-normes : l’Alouette, une dĂ©capotable rose et noire connue sous le sobriquet de “Mademoiselle”…, ensuite, un second vĂ©hicule dĂ©nommĂ© Yachtman… et un troisième appelĂ© Town Car…, comportant un roll-over Ă cerceau central et un demi-toit vinyle…, Brooks a Ă©galement rhabillĂ© une “Hawk Gran Turismo” pour la publicitĂ©-presse, mais aucune de ces voitures ne fit impression au Chicago Motor Show.
Le prochain salon Ă©tait celui de New-York au mois d’avril… et pour celui-ci, il Ă©tait, selon Sherwood Egbert, impĂ©ratif que Brooks trouve “quelque chose” de plus explosif pour attirer les gens vers le stand…, Brooks Stevens a alors dĂ©cidĂ© que la fin des temps Ă©tait proche (traduisez que Studebaker allait mal et allait droit dans le mur)…, le moment Ă©tait donc venu de crĂ©er une automobile très particulière qui crĂ©erait un choc dans le public… Egbert qui vivait sur ses nerfs s’est alors dĂ©couvert un cancer…, malade, il fut remplacĂ© par Byers Burlingame, qui n’avait pas les mĂŞmes vues…., Brooks qui s’entendait assez bien avec Burlingame, lui a demandĂ© de lui envoyer un châssis de Studebaler Daytona Lark…, annoncĂ© Ă grand fracas dans les mĂ©dias comme Ă©tant : “Le meilleur châssis de notre Ă©poque (sic !) Ă©quipĂ© de suspensions spĂ©ciales rĂ©volutionnaires” (re-sic !)…, ce qui Ă©tait rĂ©ellement spĂ©cial Ă©tait que l’essieu avant Ă©tait lourd et “mastoc”, surchargĂ© et surdimensionnĂ© dans sa conception pas vraiment originale (re-re-sic !), mais Brooks Stevens a pensĂ© (re-re-re-sic !) qu’en reculant le moteur vers l’arrière, cela devrait aller beaucoup mieux !
Il a commencĂ© Ă travailler sur cette nouvelle crĂ©ation en s’inspirant beaucoup de la Mercedes SS dont il possĂ©dait un exemplaire lointain dans sa collection privĂ©e : un PhaĂ©ton SS 1928 (Brooks facturait ses idĂ©es très très cher)…, son idĂ©e (biscornue) Ă©tait de crĂ©er un vĂ©hicule “sport” dans le mĂŞme esprit que dans les annĂ©es ’20 (re-re-re-re-sic !) en utilisant le châssis “contemporain” de l’infâme Lark Daytona… Mais, plutĂ´t que se casser la tĂŞte en concevant un vrai châssis simple et fonctionnel, avec un train avant rigide conforme Ă la Mercedes SS plagiĂ©e…, il a dit Ă Burlingame, avec en tĂŞte de faire un max de rĂ©cupĂ©ration : “Je vais vous construire une classique contemporaine”…, ce Ă quoi Burlingame a rĂ©pondu : “GĂ©nial… mais qu’est-ce qu’une classique contemporaine ?”… et Stevens de commenter : “Eh bien, c’est une nouvelle voiture ancienne? Envoyez-moi un châssis de Lark Daytona, vous verrez”… et la conversation surrĂ©aliste s’arrĂŞta lĂ …, Burlingame raccrochant le combinĂ© dans une consternation Ă©vidente…, la conversation avait Ă©tĂ© brève mais la MerceBaker est ainsi nĂ©e !
Le châssis que Brooks a reçu dans son antre luxueuse Ă Milwaukee (qui comportait dĂ©jĂ un musĂ©e, le tout dans un parc privĂ© avec un lac, visionnez la VimĂ©o ci-dessous), Ă©tait donc en rĂ©alitĂ©, je me rĂ©pète pour que vous saisissiez bien toute la bĂŞtise de cette affaire…, celui d’une lourde Studebaker Lark Daytona convertible, d’un empattement de 2,77 mètres, dont le train roulant avant (Ă roues très indĂ©pendantes) Ă©tait Ă©quipĂ© de freins Ă disques (trop) petits et (trop) assistĂ©s…, le train roulant arrière n’Ă©tant qu’un (basique) pont rigide avec lames de ressorts Ă©quipĂ© de (petits) freins Ă tambours…, l’ensemble Ă©tant motorisĂ© par le V8 “maison”, un V8 289cc (4750 cc). Bien que le châssis n’avait rien de particulièrement moderne ou innovant contrairement aux publicitĂ©s de Studebaker (c’est Ă mourir ou pleurer de rire), le moteur a Ă©tĂ© reculĂ© et fixĂ© de façon rigide, sans silentblocs, cela Ă cause des Ă©chappements latĂ©raux (symboles de la Mercedes SSK) qui, sinon, auraient craquĂ© les panneaux (mal ajustĂ©s) du capot… et Brooks Stevens a (mal) adaptĂ© sur les 2/3 arrière de l’ensemble une carrosserie basique et Ă©troite (en plastique) d’un Roadster d’inspiration Mercedes SSK…, le 1/3 avant Ă©tant constituĂ© d’une calandre Mercedes et de panneaux en aluminium le reliant Ă la carrosserie, sans grand souci des arrondis et des finitions…
C’Ă©tait imprĂ©cis…, tout Ă©tait imprĂ©cis…, les Ă©chappements “4 en 3” de chaque cotĂ©, Ă©taient l’Ĺ“uvre d’un apprenti-plombier-chauffagiste incompĂ©tent devenu fou…, les 2 X 4 sorties du bloc V8 Ă©taient mises en concert dans des boĂ®tes surĂ©levĂ©e (une par rangĂ©e des cylindres) coĂŻncidant approximativement Ă la place “esthĂ©tique” des 3 sorties latĂ©rales de chaque cotĂ© (un 2 X 4 en 3 primitif), le tout rigidifiĂ© au bloc, lui-mĂŞme fixĂ© de manière rigide au châssis (qui lui-mĂŞme Ă©tait montĂ© sur des suspensions rigides)…, la carrosserie Ă©tant positionnĂ©e sans vraiment suivre la forme du châssis modifiĂ© (elle dĂ©bordait par endroit)… et Ă l’inverse Ă d’autres endroits (sic !)…, avec en prime, une non-continuitĂ© des formes du capot avec la carrosserie… Il n’y avait aucune Ă©tude vĂ©ritable…, tout Ă©tait hasardeux…, la ligne de capot n’Ă©tait pas en phase avec la carrosserie (ou l’inverse)…, mais c’Ă©tait spectaculaire…, un peu comme une femme qui se maquille comme une voiture volĂ©e pour avoir l’air “autre”…, un peu aussi comme une Harley Davidson ou on ajoute des Ă©lĂ©ments kitch Ă profusion pour camoufler l’inanitĂ© de la conception archaĂŻque… (avec humour, beaucoup de gens avisĂ©s prĂ©tendent qu’avec de telles mauvaises technologies, c’est la preuve que les amĂ©ricains ne sont jamais allĂ© sur la lune, ils en Ă©taient incapables)…, et en finale, Brooks a rappelĂ© Burlingame en affirmant : “VoilĂ , j’ai construit le prototype, je vous propose de le nommer MerceBaker-Roadster”..., Burlingame a bafouillĂ© qu’un tel nom Ă©tait impossible, que Mercedes allait crĂ©er des problèmes…, qu’il ne pouvait pas exposer ce genre de “chose”…
Brook Stevens avait créé quelques annĂ©es auparavant, quelques voitures de course qu’il avait baptisĂ©es Excalibur J, elles Ă©taient originales et pas trop mauvaises en compĂ©tition…, les fils de Brooks dĂ©sĹ“uvrĂ©s…, Ĺ“uvraient Ă ses cotĂ©s et c’est ainsi que tout naturellement cette Ă©quipe de joyeux drilles pas très compĂ©tents en construction d’automobiles, s’Ă©tait vu quasi obligĂ© de construire “LE” projet MerceBaker qui devait rĂ©volutionner le monde et porter Studebaker au pinacle… Le projet “MerceBaker” fut fabriquĂ© en six semaines avec l’aide de Ray Besasie (j’ai indiquĂ© son nom pour dĂ©montrer que je connais l’affaire, sachant que c’est inutile puisque tout le monde s’en tape les cuisses)…, le moteur avait Ă©tĂ© reculĂ© vers l’arrière d’environ 74 centimètres ce pourquoi il avait fallu dĂ©placer le volant et les pĂ©dales, modifier la gĂ©omĂ©trie de la suspension et dĂ©rĂ©gler le taux de force des amortisseurs…, le rĂ©sultat Ă©tait esthĂ©tiquement sensationnel, mais dĂ©plorable question finitions et technique…, c’Ă©tait un mammouth en terme d’inventivitĂ© graphique…, la MerceBaker Ă©tait plus petite et plus lĂ©gère que la Mercedes SSK 1928…, les tubes d’échappement avaient soi-disant Ă©tĂ© achetĂ©s en Allemagne, chez Mercedes, (en rĂ©alitĂ© chez un chauffagiste), les sièges Ă©taient de simples galettes, les instruments de bord avaient Ă©tĂ© empruntĂ©s Ă une Studebaker GT Hawk… et l’emblème de calandre Ă©tait un “X” dans un cercle, que Brooks Stevens avait utilisĂ© en compĂ©tition sur sa première Excalibur J.
La voiture, fut malgrĂ©-tout baptisĂ©e MerceBaker, une contraction de Mercedes et Studebaker parce que c’Ă©tait l’Ă©vocation de la Mercedes SS sur châssis Studebaker…, mais pour Ă©viter la honte et un procès de Mercedes…, les juristes de Studebaker ont prĂ©tendu que c’Ă©tait une “voiture hommage” en souvenir que Studebaker avait Ă©tĂ© distributeur Mercedes pendant un certain temps…, bien que les badges chromĂ©s fixĂ©s de chaque cotĂ© et sur le capot Ă©taient : Studebaker SS…, Mercedes Ă prĂ©fĂ©rĂ© laisser tomber toute revendication juridique, pressentant que Studebaker allait de toute façon se ramasser grââââve, mais insistant quand mĂŞme pour que cette “chose” ne soit pas exposĂ©e telle quelle sur le stand Studebaker… Donc.., la nouvelle voiture avait Ă peine quittĂ© Milwaukee pour le salon automobile de New-York, que Studebaker changeait ses plans : Brooks Stevens a reçu un appel tĂ©lĂ©phonique du directeur des relations publiques disant qu’il Ă©tait vraiment dĂ©solĂ© mais que Studebaker ne pouvait pas prĂ©senter la voiture faute de poursuites venant de Mercedes : “Ce n’est plus Egbert qui prend les dĂ©cisions et Burlingame a dit que nous ne pouvions pas faire croire au public que c’est le genre de vĂ©hicule que nous allons construire Ă l’avenir…, c’est de plus trop risquĂ© de dire au public que cette voiture ne sera jamais construite en sĂ©rie. Sans oublier que Mercedes, qui ne dit trop rien parce que ses dirigeants ont gobĂ© “l’hommage”, vont se rĂ©veiller et rĂ©clamer des sommes faramineuses pour plagiat et autres joyeusetĂ©s… Elle risque de mettre nos finances en plus grand pĂ©ril qu’elles ne sont dĂ©jĂ ”…
ExposĂ©e en dernière minute Ă cotĂ© des seules toilettes du show, cet endroit s’est avĂ©rĂ© ĂŞtre le plus frĂ©quentĂ©, les gens y faisant la file passant ce temps Ă regarder la MerceBaker…, elle a dès-lors Ă©tĂ© la star du salon…, beaucoup de gens voulaient l’acheter comptant, sur place (comme Steve McQueen)…, Brook Stevens et ses deux fils ont donc Ă©tĂ© submergĂ©s de demandes… et Brooks fixa sans rĂ©flĂ©chir le prix de vente Ă 6.000 $, calculant de tĂŞte la valeur des six semaines qu’il avait passĂ© avec ses deux fils Ă la construction de la MerceBaker… et Ă rĂŞver que 1.000 $ par semaine serait un revenu intĂ©ressant Ă l’avenir…, oubliant qu’il devrait employer du personnel pour l’aider… et le coĂ»t des matières premières…, c’est durant ce show mĂ©morable que Brooks dĂ©cida de continuer Ă utiliser le nom Excalibur… Jerry Allen est devenu une personne clĂ© dans la fondation de la marque Excalibur, non seulement parce qu’il Ă©tait l’organisateur du salon de New York, sans lequel Brooks n’aurait jamais exposĂ© sa voiture, mais aussi parce qu’il Ă©tait concessionnaire Chevrolet dans la Big Apple (le surnom de New York)…, car en prenant douze commandes fermes (dont une pour Steve McQueen), Brook Stevens a reçu pendant ce salon un intĂ©rĂŞt suffisant pour convaincre Jerry Allen de devenir le concessionnaire exclusif pour la cĂ´te Est, Ă la suite de quoi il a vendu les premières voitures “hors show” comme des petits pains, car il avait un emplacement de premier choix Ă New York, Ă cotĂ© du ColisĂ©e.
Jerry Allen fut tout de mĂŞme un peu inquiet en suite des commandes, juste avant que les voitures soient construites…, ce qui a finalement causĂ© la première modification majeure sur la voiture…, il a dit : “Ecoutez les gars, je me f… de votre châssis Studebaker, ni que vous avez achetĂ© tout le stock des châssis disponibles venant de la faillite de cette firme, car personne ne peut le voir, ce f… châssis de merde… et que le nom du fabriquant n’est pas estampillĂ© sur la voiture et ses documents, le problème, c’est que je ne peux pas vendre des voitures propulsĂ©es par des moteurs Studebaker, mĂŞme que vous en avez achetĂ© plusieurs douzaines, car j’ai mon Hall d’exposition Chevrolet au rez-de-chaussĂ©e de l’immeuble General Motors. Le bureau du Directeur est Ă l’étage supĂ©rieur et un jour il va s’arrĂŞter par curiositĂ© au moment de dĂ©jeuner et je vais me faire botter le cul. Ne pourriez-vous pas mettre plutĂ´t un moteur de Chevrolet ?”…dès-lors, seule la première Excalibur et seule MerceBaker, Ă©tait Ă©quipĂ©e par un moteur Studebaker, toutes les autres Series I furent motorisĂ©es avec un Chevrolet Corvette 327ci . Lorsque j’ai passĂ© de longs moments Ă Milwaukee, Steve Stevens m’a confiĂ© : “Papa a agi comme notre conseiller pour dĂ©buter, son nom Ă©tait bien connu dans le monde de l’automobile et cela nous a ouvert de bonnes portes. En fait il voulait que cette activitĂ© n’appartienne qu’à seulement mon frère David et moi, il nous a donnĂ© 10.000 $ de l’Ă©poque pour commencer “Excalibur”, mais on avait besoin de beaucoup plus pour Ă©quiper la chaine de production, alors Papa s’est arrangĂ© avec quelques banques et on a finalement commencĂ© Ă fabriquer des Excalibur’s avec 60.000 $ de capital”…
Aucun des deux frères n’avait de compĂ©tence en fabrication d’automobiles, David s’est auto-proclamĂ© “IngĂ©nieur hautement compĂ©tent”, tandis que Steve qui avait toujours Ă©tĂ© le plus flambeur des deux s’est qualifiĂ© de “Directeur des ventes”…, les premiers mois de la jeune entreprise ont donc Ă©tĂ© difficiles et les frères ont pris deux dĂ©cisions importantes :
– D’une part, les voitures seront construites lentement et avec le plus grand soin (sic !)
– D’autre part nous allons fabriquer nous-mĂŞmes le maximum de composants pour Ă©viter la dĂ©pendance des fournisseurs extĂ©rieurs (et donc limiter les dĂ©penses).
Selon les “directives” de Jerry Allen, David et Steve ont re-bricolĂ© le châssis Studebaker Lark en utilisant le V8 Chevrolet 327ci de la Corvette (un moteur de 300 chevaux)…, la production des châssis (leur modification) Ă©tant rĂ©alisĂ©e dans l’atelier familial de Mequon dans le Wisconsin…, ils se sont ensuite rĂ©solus Ă fabriquer les carrosseries d’une pièce, toujours en plastique (fibre de verre), plutĂ´t qu’en aluminium (souhait de Brook Stevens) dont les panneaux de capots Ă©taient faits (Ă cause des “louvers” et de l’obligation d’avoir un capot assez lĂ©ger)…, la calandre Ă©tant rĂ©alisĂ©e par un atelier spĂ©cialisĂ©…
En janvier 1966 la firme Excalibur va s’installer dans la Zone industrielle de West Allis…, au milieu de l’annĂ©e 1966, l’entreprise avait dĂ©jĂ construit 56 roadster et a lancĂ© un PhaĂ©ton 4 places… en fin d’annĂ©e 90 Excalibur avaient Ă©tĂ© construites (87 Roadsters et 3 PhaĂ©tons)… Fin 1969, l’entreprise Excalibur Ă©tait bien implantĂ©e et avait engendrĂ© la naissance de nombreux imitateurs qui aidaient Ă satisfaire les exigences d’un marchĂ© que la production limitĂ©e Excalibur ne pouvait pas soutenir…, les frères Stevens, officiellement, ne voulaient pas augmenter leur taux de production de crainte de porter atteinte Ă la qualitĂ© de la construction qu’ils voulaient irrĂ©prochable et que le public apprĂ©ciait (sic !), en rĂ©alitĂ© ils Ă©taient incapables de sortir de l’ornière tracĂ©e par “Papa Brooks” en crĂ©ant un châssis moderne en style d’Ă©poque (comme la Panther J72 quelques annĂ©es plus tard et divers Kit-Cars et Hot-Rods).., toutefois, arrivant Ă la fin des 350 châssis Studebaker achetĂ©s par “Papa Brooks” dans la faillite de cette firme, ils ont du se rĂ©soudre Ă construire un châssis “maison” en vue de la sĂ©rie suivante…, incapables financièrement d’acquĂ©rir des châssis de type “Hot-Rods” fabriquĂ©s intelligemment, avec soin et qui auraient pourtant Ă©tĂ© mieux adaptĂ©s (c’est ce que fera Bob Jankel pour ses Panther J72 en sous traitant leurs châssis chez Jago LTD).
C’est ainsi qu’elle est nĂ©e l’Excalibur SĂ©rie II, une voiture ancienne toute nouvelle (gag !), basĂ©e sur un châssis Ă©chelle “camionesque”, de 5m08 de long pour 2m75 d’empattement, hyper lourd, surdimensionnĂ©, rĂ©alisĂ© au pifomètre pour supporter les trains-roulant des Corvette’s C3 (les pires) et le lourd et encombrant moteur Big-Block 454ci de 270 chevaux…, le système de freinage Ă quatre disques des mĂŞmes Corvette Ă©tant Ă la fĂŞte (sic !), la taille des pneus avait Ă©tĂ© augmentĂ©e et les magnifiques jantes italiennes Borrani Ă rayon “Knock Off” en aluminium abandonnĂ©es au (mauvais) profit de jantes amĂ©ricaines Dayton 5 boulons en acier (mal) chromĂ©. D’un prix variant de 6.000$ Ă 7.250$ pour la SI…, la SII Excalibur coĂ»tait soudain entre 12.000 et 13.000$…, ce surcoĂ»t Ă©tant “officiellement” justifiĂ© par des Ă©quipements supplĂ©mentaires : l’air conditionnĂ©, la direction assistĂ©e, une colonne de direction rĂ©glable, le freinage sur-assistĂ©, la positraction diffĂ©rentielle (gag !), les roues Ă rayons chromĂ©es Dayton five bolts “Made in America”…, la radio stĂ©rĂ©o, deux pneus de rechange montĂ©s systĂ©matiquement dans les ailes avant (au lieu d’une seule fixĂ©e dans le panneau arrière des S1 Roadster), des feux clignotant et des feux arrière de VW Cox, des klaxons chromĂ©s Ă air et divers gadgets immondes…, malgrĂ© le poids supplĂ©mentaire de ces Ă©quipements “luxueux” qui rendaient l’Excalibur SII pachydermique…, elle Ă©tait, selon les frères Stevens, capable de vraies performances sportives : “Le 0 Ă 100 km/h en moins de 7 secondes et une vitesse de pointe de 240 km/h”….
Ayant possĂ©dĂ© durant tout ma chienne de vie, une trentaine d’Excalibur’s comprenant au moins un exemplaire de toutes les versions et sĂ©ries fabriquĂ©es, (Ă un moment j’en avais une douzaine en mĂŞme temps, j’Ă©tais fou)…, je puis assurer que le baratin des frères Stevens, c’est du pipeau…, du vent…, de la poudre de perlimpinpin jetĂ©e Ă la face des gnous crĂ©dules…, si la SI Ă©tait dĂ©jĂ mortellement vicieuse dès 60km/h…, la SII, lourde comme une machine Ă laver sur roulettes, n’avait aucune tenue de route (une toupie sur route humide), elle faisait beaucoup de bruit pour Ă©pater la galerie et consommait 45/50 litres aux cent…, tout ça pour pas grand chose d’autre que de la parade et du paraĂ®tre…, elle Ă©tait idĂ©ale et unique pour draguer en respectant “mine de rien” les limitations de vitesse, mais elle Ă©tait totalement incapable de dĂ©passer le seuil des 160km/h…, les 120 km/h Ă©tant atteint au pĂ©ril de la vie du conducteur intrĂ©pide (kamikaze) et de ses passagers (suicidaires)…, mais quelle belle bĂŞte ! Certains margoulins Ă©crivent que curieusement, les chiffres de production ont montrĂ© une forte baisse au premier abord, avec seulement 37 voitures en 1970 et aucune en 1971…, ce qui s’est passĂ© ensuite Ă©tant pour eux inexplicable…, quoiqu’expliquĂ© par les frères Stevens par le dĂ©mĂ©nagement de MĂ©quon-West-Allis Ă Milwaukee…, les 37 premières SĂ©ries II Ă©tant rĂ©alisĂ©es dans la mĂŞme “usine” que les SĂ©ries I en 1970…, aucune ne pouvant l’ĂŞtre en 1971…, la fabrication reprenant avec 65 SII en 1972, 122 en 1973 et 118 en 1974…, l’Excalibur SĂ©ries II est donc la plus rare des Excalibur’s amĂ©ricaines (il y eut 27 Excalibur’s europĂ©ennes Michelotti-Storr type 35X)…, avec une production de seulement 342 voitures contre 359 pour la sĂ©rie I.
En 1975, David et Steve dĂ©sireux de sortir une SIII plus enveloppante de ligne, ont dĂ©cidĂ© “simultanĂ©ment” (sic !) de rĂ©organiser le châssis (sic !) et d’y installer un “nouveau moteur” (le mĂŞme 454ci dĂ©polluĂ©, dĂ©livrant 215 chevaux au lieu de 270)…, ce châssis Ă©tait toujours de type Ă©chelle mais renforcĂ© (encore alourdi) par un plus gros “X” en son centre… et l’empattement avait Ă©tĂ© allongĂ© de 2m75 Ă 2m85…, c’est pourtant l’Excalibur SIII qui a vraiment fait augmenter la production mais Ă©galement le prix de vente…, ce n’Ă©tait qu’une “Ă©volution” de la SII modifiĂ©e pour se conformer aux nouvelles exigences d’homologation, qui se caractĂ©risait visuellement par de nouvelles ailes beaucoup plus enveloppantes et d’avantage de lourdeur (ce qui n’Ă©tait rien comparĂ© aux futures SIV et SV)… L’Excalibur SIII atteindra un record de ventes (tout est relatif comparĂ© aux chiffres de la Corvette) en 1977 avec 237 unitĂ©s, 263 en 1978 et 367 en 1979…, ces chiffres impressionnants (eu Ă©gard Ă l’amateurisme gĂ©nĂ©ral de la firme) Ă©tant liĂ© Ă un taux de production de plus d’une automobile par jour… et Steve Stevens se souvient de cette Ă©tape de la production en ces termes : “Nous avons rĂ©ussi Ă construire une voiture toutes les six heures en moyenne… et Ă un tel rythme, que nous ne pouvions pas maintenir les normes de qualitĂ© de construction que nous voulions. Suite Ă des plaintes et diverses rĂ©clamations dont quelques actions en justice, nous avons dĂ» abandonner ce taux de production infernal et revenir Ă un chiffre plus raisonnable de 4 Ă 5 voitures par semaine”.
L’annĂ©e 1980 a vu l’arrivĂ©e de l’Excalibur SIV, la voiture qui a provoquĂ© le premier changement structurel et esthĂ©tique en cause de la concurrence, l’Excalibur IV avait des “fenĂŞtres latĂ©rales vitrĂ©es” (gag !) et non plus des protections en plastique transparent…, elle disposait (proposait) un coffre (mal) intĂ©grĂ© (et très laid) dans la carrosserie… et une capote Ă©lectrique qui ne fonctionnait qu’en “Lift” (surĂ©levant uniquement l’arrière de la dite capote), une stupiditĂ© qui compliquait la mise en place des verrous Ă©lectriques complexes et peu fiables…, le mĂŞme châssis que la SIII restait basiquement inchangĂ© (gag !) mais Ă©tait nĂ©anmoins allongĂ© (une nouvelle fois) de 33 centimètres, les trains-roulant et freins provenant toujours de l’abominable Corvette C3. Le Roadster, d’une ligne plus Ă©lĂ©gante que le PhaĂ©ton (design en zigzag) car s’affichant avec un cul de poule…, Ă©tait devenu un 2+2 avec une banquette arrière adaptĂ©e dans le panneau de coffre commandĂ© par un moteur Ă©lectrique…
Le style gĂ©nĂ©ral abandonnait le style SSK pour se revendiquer des Mercedes 500 et 540K… et ce pour des raisons obscures…, sous prĂ©texte de nouveaux règlements anti-pollution, le moteur du Roadster et du PhaĂ©ton n’Ă©tait plus le 454ci de la C3, ni mĂŞme le Small-block 350ci (qui Ă©tait tombĂ© Ă un minable 140 chevaux), mais un V8 305ci de chez GM-Marine, dĂ©veloppant 150 pitoyables chevaux…, Ă©quipĂ© d’une boite automatique et d’un convertisseur de couple de blocage (sic !)…, les (très) mĂ©diocres performances de cette (très) lourde et pataude Excalibur ont fait souffrir les anciens mordus (comme moi)…, bien que le nouveau public intĂ©ressĂ© Ă circuler dans une grande baignoire en forme de 500K (gag !) semblait se rĂ©signer, Ă©tant plus prĂ©occupĂ© par le look pompier/pompeux et le “confort” relatif de la voiture…, que par sa dynamique.
David Stevens, amusĂ© de mes commentaires, m’a dit : “Avec l’inflation galopante du dĂ©but des annĂ©es ’80, nous fabriquions 4 Ă 5 voitures par semaine, mais ne faisions plus aucun bĂ©nĂ©fice…, il n’y avait donc que deux solutions devant un tel problème :
– La première Ă©tait de produire plus de vĂ©hicules dans le mĂŞme temps avec le mĂŞme personnel et de les vendre au mĂŞme prix..;
– La seconde Ă©tait de fabriquer le mĂŞme nombre de voitures mais d’augmenter leur prix…, mais pour que le public accepte que la voiture soit plus chère elle doit possĂ©der quelque chose de plus vis-Ă -vis du public, alors que le coĂ»t de production ne doit pas augmenter.
Nous avons choisi cette deuxième solution et augmentĂ© le prix et les spĂ©cifications de la nouvelle SĂ©ries IV…, l’équipement comprenait maintenant des vitres Ă©lectriques, un verrouillage centralisĂ©, un rĂ©gulateur de vitesse, des sièges avant Ă commande Ă©lectrique une radio AM/FM Blaupunkt stĂ©rĂ©o cassette et un toit semi rigide amovible en plus de la capote “Lift”…, de plus avec son look façon 500K, elle n’avait plus grand chose en commun avec les sĂ©ries prĂ©cĂ©dentes”…
Pour cĂ©lĂ©brer son 20e anniversaire, Excalibur Ă construit une Ă©dition limitĂ©e de la SIV de seulement 50 exemplaires…, ces voitures avaient une bande chromĂ©e Waistline en garniture pour sĂ©parer les deux couleurs… et une petite plaque portant la signature des frères Stevens, ainsi que le numĂ©ro de la voiture…, l’intĂ©rieur Ă©tait harmonisĂ© avec les couleurs de la carrosserie et se furent les premières Excalibur’s Ă ĂŞtre garnies de cuir Connolly.
Après ce haut fait d’armes, la firme Excalibur a fait faillite (il y en aura d’autres)…, elle est rapidement reprise par Henry Warner, PrĂ©sident de la compagnie d’acquisition du Wisconsin, qui rachète les intĂ©rĂŞts de la famille Stevens et rĂ©organise l’entreprise en tant que : Excalibur Marketing Corporation.
Werner investit plusieurs millions de dollars pour améliorer la Series V… et finaliser les 4 Excalibur à toit fixe « Royal », ainsi que la résurrection de la Series III, baptisée « Limited 100″… Tous ses efforts financiers, toute cette nouvelle diversité à la gloire du plastique, ne changent rien au déclin de la marque…, 6 Roadster, 57 Phaeton, les 4 Excalibur à toit fixe « Royal »… et 21 « Limited 100 » sont fabriqués et vendus, soit 88 Excalibur…
L’annĂ©e 1987 est plus tragique encore : seulement 22 Phaeton et 6 Roadster Series V sont vendus…, avec seulement 28 voitures construites, c’est la pire annĂ©e de toute l’histoire d’Excalibur ! Reprenant la partie arrière du CoupĂ© « Royal », Henry Warner lance alors la Series V « Sedan 4 portes », basĂ©e sur le châssis des Dodge Dakota (pont arrière rigide) et Ă©quipĂ©e du moteur 5L7 GM Marine avec boite automatique. Les « Sedan 4 portes » sauvent la mise : sur un total de 93 Series V, 47 sont vendues, en plus de 19 Roadster et 27 Phaeton…, mais globalement, le succès tant espĂ©rĂ© ne vient pas, il faut savoir que ces voitures sont proposĂ©es Ă plus de 125.000 US$ !!! La firme Excalibur voit avec effroi une faillite arriver pour la seconde fois…, une Series V « Limo 6 portes » est fabriquĂ©e en 1989, sur le fil du rasoir, pour tenter de sauver ce qui peut encore l’être…, mais c’est la fin…, les requins dĂ©barquent…
Les ventes ne sont plus assurées que par un voisin de l’usine, un marchand de voitures spéciales, Harry Kauffman, qui s’évertue (en contrepartie de commissions importantes) d’assurer les ventes en proposant les Excalibur’s neuves en dessous du seuil psychologique des 100.000 US$…
Le bougre réussit quelques beaux coups en 1989 : 18 Roadster…, 18 Phaeton…, 13 Limo 6 portes… et 54 Sedan 4 portes…, mais elles sont bradées à 20, 30, 40, 50% des prix de l’année précédente ! Henry Warner est ruiné…, les capitaux tant attendus pour compenser les dettes ne sont pas là .
Comme plus personne n’est payé, aucune voiture n’est produite en 1990. En conséquence, Excalibur fait à nouveau faillite (la troisième) en Juin 1990.
En Novembre 1991, l’Allemand Michael Timmer rachète la firme pour 1.330.000 US$, malgré que l’entreprise, sous la présidence d’Henry Warner est confrontée à des accusations de fraude fiscale. Michael Timmer semble déterminé à mettre 1 million de dollars pour l’amélioration de l’entreprise avec l’idée de reprendre la production en avril 1992. Il prévoit cinq modèles dont les prix de vente diminuent et se situent entre 50.000 et 75.000 $ suivant le modèle : Séries V Roadster, Phaeton et Sedan 4 portes, ainsi qu’une nouvelle relance de la série III Roadster toujours nommée « Limited 100″…, mais aussi une vraie fausse nouveauté : une réplique de Cobra ! C’est le seul modèle qui est mis en fabrication !
Le succès ne viendra pas, la Cobra est disgracieuse, ses pare-chocs dĂ©truisent la ligne.. Les Series V, quant-Ă -elles ne sont plus en phase avec le renouveau automobile. De plus et malheureusement, Michael Timmer manque d’argent… de sorte que la SociĂ©tĂ© Excalibur se retrouve Ă nouveau en faillite (la troisième), au milieu de l’annĂ©e 1992. Ce n’est plus un dĂ©sastre mais l’apocalypse… La sociĂ©tĂ© est alors de nouveau sauvĂ©e grâce à deux allemands : Udo et Jens Geitlinger, le père et son fils, qui ont fait fortune dans l’immobilier…, ils s’assurent toutefois l’aide technique de l’ingĂ©nieur Dennison Scott et de 33 autres employĂ©s de la firme…, ils reprennent l’entreprise dans l’état oĂą Michael Timmer l’avait laissĂ©e et veulent produire une Nième « nouvelle » Series III Roadster qui serait rebaptisĂ©e : « Limited Edition 100″…, les dieux veillent, aucune ne sera fabriquĂ©e… et seulement une demi-douzaine de Cobra sont fabriquĂ©es…, puis tout se fige durant de longues annĂ©es !
En 1999, une ancienne employée de l’usine Excalibur, Alice Preston, qui n’a pas les moyens financiers d’acheter la firme Excalibur à Udo et Jens Geitlinger…, ni l’envie d’œuvrer au renouveau de la firme sous leur coupe, ouvre son propre commerce sous le nom de Camelot…, un nom qui se veut dans l’esprit de la légende du Roi Arthur, l’épée Excalibur et le pays de Camelot… Ce cinéma théâtralisé dans les normes du petit commerce…, a sans doute un rapport avec « camelote » puisque l’idée d’Alice au pays des merveilles…, est de fournir des pièces et des services (et non plus des sévices comme du temps d’Henry Warner), à ceux (et celles) qui possèdent une Excalibur, la quasi totalité des quincailleries étant dès-lors fabriquées en Chine, en Inde et en Thaïlande… !
Mieux encore…, Alice à un lapin blanc en tête…, elle a scruté le manège du vieillissant Harry Kauffman, qui s’évertuait, à la fin de l’époque Stevens, d’assurer les ventes en contrepartie de commissions importantes, en proposant les Excalibur’s neuves en dessous du seuil psychologique des 100.000 US$… Alice, va donc, en plus, vendre des Excalibur d’occasion et en assurer l’entretien et la réparation ! Alice Preston a appris à réparer les voitures de par son père, un mécanicien auto et machiniste. Elle travaillait dans une station service de Milwaukee en 1964 lorsqu’elle rencontra Ronnie Paetow, qui, à Mequon, entretenait les voitures de collection de Brooks Stevens. Alice s’est retrouvée comme au paradis lorsqu’il l’a engagée pour le seconder ! Dix ans plus tard, en 1974, Alice a été engagée comme responsable de la surveillance du processus de fabrication, ainsi que de la recherche et du développement. Alice était sûrement une mécanicienne habile et un manager efficace…, mais sa responsabilité dans l’enlaidissement à outrance de l’Excalibur Roadster Séries III (comparez avec la Series II), a du être en partie la cause, de la baisse de production de 1980 (seulement 93 voitures vendues). Alice fut congédiée début 1981… Après qu’Excalibur Automobile fut en faillite et vendue à Henry Warner par la famille Stevens (début 1986), Alice, qui purgeait sa peine en travaillant dans la rénovation de maisons…, fut embauchée en 1987 par David Stevens pour mettre à jour le Wienermobile d’Oscar Mayer Foods Corp, basé à Madison.
Un an après, Brooks Stevens embaucha Alice comme conservatrice de son musée automobile de Mequon, une collection de plus de 80 voitures anciennes. Après la mort de Brooks Stevens en 1995, la famille liquida la collection… et ferma le musée en 1999. La même année, Alice créait Camelot Classic Cars…, concentrée sur la restauration et l’entretien des Excalibur. En 2004, soit 5 ans et 500 Excalibur restaurées plus tard…, grâce à ses gains… et 205.000$ financés par un prêt souscrit auprès de la Milwaukee Economic Development Corporation, banque fédérale de Tri-City, Alice a pu acheter ce qui restait de Excalibur Automobile, y compris la marque déposée et les logos, auprès de Udo et Jens Geitlinger…
Dans la prairie qu’est le monde, papa Stevens (Brooks) avait Ă©tĂ© papa mammouth, en quĂŞte d’eau pour sa famille parce que la mare de son domaine s’assĂ©chait…, il est allĂ© loin pour trouver les gouttes d’eau remplissant son seau… et le chemin ne fut pas de tout repos…, le soleil merdiatique a Ă©vaporĂ© quelques gouttes, le sentier de la gloriole, cahoteux, l’a fait brinquebaler…, une chute en vol planĂ© s’en est suivie, avec un sauvetage ratĂ©…, suivi d’un autre…, tandis qu’une horde de revendicateurs l’ont pris en chasse…, les gouttes d’eau se sont Ă©chappĂ©es une Ă une et le pĂ´vre mammouth a fini Ă sec…, c’est lĂ que je suis arrivĂ©, dĂ©boulant d’amour…ravalant mes larmes devant le regard dĂ©chirant du mammouth Stevens se remplissant d’une tristesse humide… Ouaisss, je vous sens boire mes mots comme des paroles d’Ă©vangiles, c’est que je transporte les bouts des corps restant de cette saga…, comme des grumes que j’enfourne dans l’Ă©corceuse webziniène… c’est autre chose qu’un arbre qu’on Ă©corche, non ? C’est quoi ça, la vie, les rĂŞves ?
Brook Stevens est mort le 4 janvier 1995…, on va tous et toutes mourir…, son rĂŞve est mort…, d’autres rĂŞves sont morts…, la vie, les rĂŞves…, une femme est morte, une fille est partie, on est seul, un chien vous manque, un souvenir vous hante…, on se dit qu’on va rappeler la fille qu’on n’a plus vue depuis si longtemps…, qu’on va arrĂŞter de dĂ©conner avec des bagnoles crĂ©tins… et on essaie, en tout cas on le dit, on l’Ă©crit…, puis ça passe…, on ne cesse de vivre le prĂ©sent et de penser au passĂ©…, chaque fait, chaque Ă©motion, chaque odeur, nous ramènent Ă une expĂ©rience passĂ©e… et ça se passe en mĂŞme temps dans l’esprit et le cĹ“ur…, vous ĂŞtes chez vous, mais en mĂŞme temps Ă Milwaukee, dans le Wisconsin, parce que je vous raconte une histoire qui a commencĂ© lĂ -bas…, on ne peut pas ĂŞtre heureux tous les jours…, Ă un moment donnĂ©, c’est de la routine… et puis, la chance, c’est le plus important, c’est qu’on soit en vie, pas qu’on gagne Ă l’Euromillion… Actuellement, quelques zouaves, toquĂ©s, margoulins et affairistes… revendiquent ĂŞtre les lĂ©gitimes fossoyeurs de la crĂ©ation de Brooks Stevens et ses fils…, certains versent dans le tout Ă l’Ă©gout…, d’autres ont tentĂ© le marchĂ© des mariages avant de se lancer dans la revente d’Excalibur de tiers payeurs…, c’est surtout folklorique…, car il ne faut pas mĂ©langer les genres, les transgenres et les cochons-payeurs… et s’inviter en sus, comme certains…, dans des manifestations friquĂ©es de vraies anciennes et se pavaner après avoir obtenu (par erreur) un prix d’excellence…
Brooks Stevens (1911-1995) designer industriel, a créé plus de 3.000 produits dans sa vie, laissant une marque indĂ©lĂ©bile sur les gadgets de la vie quotidienne amĂ©ricaine…, de son bureau Ă Milwaukee, Brooks a conçu toutes sortes d’ustensiles de cuisine, des tondeuses et des logos d’entreprises, il a Ă©galement Ă©tĂ© un vendeur et un thĂ©oricien, enseignant Ă des exaltĂ©s, via des confĂ©rences sur les applications pratiques de sa conception industrielle… et rĂ©ussissant Ă faire se soulever des questions (inutiles) sur la rĂ©alitĂ© et l’utilitĂ© vĂ©ritable de sa mission auto-proclamĂ©e de concepteur-designer…, des polĂ©miques qui continuent Ă ĂŞtre des sujets controversĂ©s Ă ce jour, malgrĂ© que Brooks Stevens est dĂ©cĂ©dĂ© depuis quelques dizaines d’annĂ©es. Clifford Brooks Stevens est nĂ© le 7 juin 1911, Ă Milwaukee…, son père, William Stevens a Ă©tĂ© vice-prĂ©sident exĂ©cutif et directeur de la conception et du dĂ©veloppement pour la SociĂ©tĂ© de Cutler-Hammer, Ă Milwaukee, un grand fabricant de moteurs Ă©lectriques, il avait par-ailleurs fait breveter le levier de vitesse prĂ©-sĂ©lectif pour automobiles en 1916.
Le père de Brooks Ă activement encouragĂ© l’intĂ©rĂŞt de son fils pour la conception, en particulier après avoir Ă©tĂ© frappĂ© par la polio Ă l’âge de huit ans…, la poliomyĂ©lite de Brooks est devenue si grave que les mĂ©decins prĂ©dirent qu’il ne marcherait plus jamais… et pourtant son père l’a poussĂ©, non seulement Ă marcher, mais Ă faire du vĂ©lo et nager…, Brooks a donc passĂ© une grande partie de son enfance Ă accompagner son père aux spectacles d’automobiles et a dĂ©velopper un amour mĂ©canisĂ© tout au long de sa conception automobile du monde. Après ses Ă©tudes secondaires en 1929, il s’est inscrit dans le programme de l’architecture Ă l’UniversitĂ© Cornell, mais est restĂ© sans diplĂ´me en 1933 après avoir Ă©tĂ© rĂ©primandĂ© Ă plusieurs reprises par des professeurs Ă cause de son intĂ©rĂŞt pour les automobiles (dans ses dernières annĂ©es, Brooks a eu son propre musĂ©e d’automobiles, contenant deux voitures de sa propre conception et des voitures qu’il admirait)…
Brooks, retournĂ© Ă Milwaukee, a commencĂ© Ă travailler sur un projet de conception d’entreprise de son père, y compris la refonte du logo commercial…, Ă l’Ă©poque, le design industriel Ă©tait une profession Ă©mergente principalement centrĂ©e Ă New York…, Brooks, avec quelques contemporains, Ă Chicago, a Ă©mergĂ© en tant que pionnier dans le domaine, mais contrairement Ă beaucoup d’autres, il a dĂ©cidĂ© de rester Ă Milwaukee plutĂ´t que dans des bureaux, ouverts Ă New York. Brooks a ouvert son bureau de design le 1 juillet 1935 et en 1939 sa compagnie avait atteint un effectif de trente employĂ©s…, en 1937, Brooks vait Ă©pousĂ© Alice Kopmeier…, le jeune couple a construit sa propre maison moderne, conçue par Brooks, Ă Fox Point, au nord de Milwaukee, qui se prĂ©sente aujourd’hui comme l’un des exemples les plus significatifs de l’architecture domestique moderniste.
Dans les annĂ©es 1940 Brooks a conçu des produits pour un large Ă©ventail d’entreprises…, ses premières rĂ©alisations incluent la première sĂ©cheuse Ă©lectrique avec une fenĂŞtre en verre… et le premier fer Ă vapeur Ă©lectrique…, Brooks Stevens a Ă©galement Ă©tĂ© fortement impliquĂ© dans les articles mĂ©nagers, des appareils Ă©lectriques et dans l’industrie du jouet, ainsi que dans la conception de vĂ©los, de congĂ©lateurs, de tracteurs et de mobilier mĂ©dical…, il fut l’un des premiers Ă rompre avec les appareils de cuisine monochrome… osant des rĂ©frigĂ©rateurs avec des intĂ©rieurs bleus et des ustensiles de cuisine avec des poignĂ©es et des boutons colorĂ©s. Brooks Stevens a donnĂ© des confĂ©rences sur le thème “Le design industriel et son application pratique dans l’industrie”…, soulignant son principal argument de vente, qui Ă©tait que la conception payait pour elle-mĂŞme…, ce qui allait de pair avec Raymond Loewy qui affirmait que “La fonction crĂ©e la forme”….
L’urgence nationale créée par la Seconde Guerre mondiale a testĂ© les arguments de Brooks, mais comme l’appel du marchĂ© semblait de moindre importance que la satisfaction des besoins en temps de guerre…, bien qu’il n’ait jamais participĂ© Ă la conception de produits avec une application militaire, Brooks Stevens a obtenu plus de succès dans la conversion d’appareils et machines de fabrication militaire en produits de consommation civils…, il transforma ainsi la jeep de l’armĂ©e, par exemple, en une Jeepster ludique ainsi que d’une Station-Wagon utilitaire. Brooks a dĂ©clenchĂ© une tempĂŞte dans la communautĂ© du design en 1954 quand il a dĂ©clarĂ© “l’obsolescence planifiĂ©e”, une phrase inventĂ©e, symbolisant la mission du design industriel…, pour Brooks, cela signifiait : “inculquer Ă l’acheteur le dĂ©sir de quelque chose d’un peu plus rĂ©cent et propre, un peu mieux, un peu plus tĂ´t que nĂ©cessaire”…, cette conception se dĂ©crivant comme rien de plus qu’un stratagème de marketing, est devenue immĂ©diatement controversĂ©e… et “l’obsolescence planifiĂ©e” continue d’ĂŞtre un aspect controversĂ© du design industriel…, dans le mĂŞme temps, Brooks est devenu l’un des 10 boursiers de l’Industrial Designers Society of America, le seul concepteur du Midwest.
En 1950, il devint le premier crĂ©ateur industriel jamais prĂ©sentĂ© dans une rĂ©trospective de musĂ©e, en remportant des critiques Ă©logieuses pour le spectacle Ă l’Institut d’art de Milwaukee…, par ailleurs, Brooks a enseignĂ© Ă l’Institut de Milwaukee of Art and Design et a supervisĂ© la conception de Brooks Stevens Research Center, une ressource Ă©ducative pour les gens intĂ©ressĂ©s Ă en apprendre plus sur le design industriel. Brooks Stevens est dĂ©cĂ©dĂ© le 4 Janvier 1995…, sa firme de design, Brooks Stevens Design Associates, fonctionne encore sous la direction de son troisième fils Kipp, les deux autres, je sais pas…, pour survivre et rĂ©sister, chacun son remède…, toujours est-il que Brooks Stevens, dans l’Eglise de la vie, il n’a pas volĂ© l’Esprit-Saint…, quant Ă Excalibur, Ă mon sens, c’est une comĂ©die sociale tragicomique… et ces engins sont comme des choses sorties de l’enfer…
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Excalibur…
Excalibur SĂ©ries IV “A way of life”…
1953-1958 Excalibur-J, 1959 Excalibur Hawk CoupĂ©, 1985 Excalibur Roadster RS…
Les Excalibur, ahhhhhhhhhhhhhh !

























































































































































































