1949 Pick-up Ford F-1

Fondu, recyclé, fragmenté ou encore fusionné à d’autres matières jusqu’à devenir méconnaissable, le déchet revêt de multiples visages et témoigne d’une grande capacité de métamorphose. Employé comme un substitut à la peinture, sujet photographique, objet de performance, architecture, sculpture, il recouvre un très large éventail de pratiques éclectiques traversant l’art moderne et contemporain.

À première vue, art et rebuts sont deux notions que tout oppose. Alors que les déchets représentent ce que l’homme veut détruire, les œuvres d’art désignent ce que les hommes s’appliquent à conserver, envers et contre tout dans leur état originel. Une relation étroite unit cependant ces deux catégories, la ligne claire les séparant a été brouillée par les artistes et certaines œuvres d’art ont fini accidentellement à la poubelle.

Dénoncer la consommation de masse est donc tout un art. La série des Poubelles d’Arman s’inscrit dans le contexte particulier des Trente Glorieuses. Période faste durant laquelle la société de consommation n’a cessé de se développer. En 1959, Arman démarre ce cycle et récolte des déchets dans les poubelles. Une fois le ramassage des déchets terminé, il assemblait ces rebuts dans des boîtes en verre ou en plastique.

Parfois dans des bocaux, illustrant avec pertinence la consommation à outrance et le gaspillage. A l’instar de César qui compressait des rebuts de métal, Arman s’appropriait les déchets dans un geste tout aussi radical. Véritable prise de risque artistique, Arman faisait les poubelles pour en exposer le contenant, c’était osé pour l’époque et ses sculptures choquaient. En 1960, il a atteint le point culminant de sa série !

C’était avec son exposition “Le Plein des sens” à la Galerie Iris Clert. A cette occasion, l’artiste avait rempli le lieu par 36 mètres cubes de déchets répondant à l’exposition du Vide organisé par son ami Yves Klein deux ans plus tôt. Cette exposition a été vue comme un acte subversif et une critique du marché de l’art. Né en 1928 à Nice dans le sud de la France, Armand Arman est décédé en 2005 à New York.

Armand Fernandez, dit “Arman”, était un artiste franco-américain de renommée internationale, connu particulièrement pour ses accumulations et découpes d’objets. S’inscrivant en successeur de Marcel Duchamp, il fut l’un des premiers artistes à avoir intégré dans ses œuvres des objets manufacturés issus de la société de consommation. L’acte de création dans l’œuvre d’Arman était “Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme”…

C’était un emprunt à celle de Lavoisier… Sous la houlette du critique d’art Pierre Restany il avait fondé en 1961 avec Yves Klein “Le groupe des Nouveaux Réalistes”, aux côtés notamment de Raymond Hains, Martial Raysse, Jean Tinguely, Jacques Villeglé, Daniel Spoerri, qui furentt rejoints plus tard par d’autres grands noms tels César, Niki de Saint Phalle, Mimmo Rotella et encore Christo.

Ses œuvres sont aujourd’hui conservées dans les plus grands musées d’art contemporain à travers le monde dont le Centre Pompidou à Paris qui lui avait consacré une grande rétrospective en 2010. Tout cela me sert donc d’entrée en matières pour des Rat-Rod’s “artistiques” tel ce Pick-Up apparement pourri de “partouze”… Il n’en est rien… Ce pick-up Ford F-1 de 1949 a fait l’objet d’une construction hyper personnalisée !

Celle-ci a été réalisée à l’atelier de peinture de KC à Fort Worth, Texas, qui consistait à monter la carrosserie 100% impeccable “comme neuve” d’un Pick-Up sur un tout nouveau châssis de chez “No Limit Engineering” et à y installer un V8 Coyote Aluminator 5,0 litres suralimenté relié à une boîte manuelle Tremec T56 Magnum à six vitesses et à un train arrière de 9″. Après son achèvement, le Pick-Up a parcouru plus de 1.300 miles…

Le but, Las Vegas, où il a été exposé au salon SEMA et y a gagné le 1er prix d’originalité. Il est équipé de jantes Budnik de 18″ avec direction assistée, de coilovers réglables Ridetech et de freins à disque Wilwood et l’intérieur est équipé d’une cage de sécurité à quatre points, d’une sellerie noire, de manomètres Dakota Digital, de la climatisation et d’un système audio JL Audio.

La carrosserie est peinte en jaune vieillie de fausse rouille et présente des feux de direction à lentille jaune, des vitres teintées, des marchepieds et un rétroviseur latéral rond. Les faux trous de rouille et autres fausses imperfections sont considérées comme de l’art. J’estime que Fufu Than Dahn aurait été avisé d’être plus artiste que bricoleur en recréant son Omlet’Baveuzzzz dans l’eprit artistique de ce Pick-Up Ford F-1…

Maintenant, c’est trop tard, l’Omlett restera a tout jamais un bricolage d’il y a 45 ans… Par contre, ce Pickup équipé d’un V8 Coyote 6 vitesses suralimenté (Blower) dont le châssis “No Limit Engineering” est doté d’une direction à crémaillère et pignon assistée, de bras de suspension avant tubulaires et de coilvers réglables Ridetech tout autour est assuré d’être un pionnier reconnu aux USA…

Les jantes Budnik 18″ sont enveloppées de pneus Falken Azénis. Le freinage est assuré par des disques Wilwood avec des disques percés et fentes aux quatre coins. Une cage de sécurité à quatre points a été ajoutée à la cabine, qui comprend un siège “banquette” en sellerie noire s’étendant jusqu’au toit et aux panneaux de portes. Un système de climatisation Restomod a été installé, ainsi que des harnais RCI et un jeu de pédales Wilwood.

Une unité principale JL Audio compatible Bluetooth est dissimulée dans un compartiment inclinable et reliée aux enceintes JL Audio dans les panneaux latéraux ainsi qu’à un caisson de basses derrière la banquette/siège. Le volant Budnik est monté sur une colonne inclinable et se situe devant un tableau de bord Dakota Digital VHX équipé d’un compte-tours et de manomètres auxiliaires.

Un indicateur de suralimentation Sunpro est monté sous le tableau de bord. Le V8 Coyote Aluminator 5,0 litres est équipé d’un compresseur Roush et d’un entraînement accessoire à serpentin “Power By The Hour”. Un pinstriping personnalisé met en valeur la cloison pare-feu. Des planches de bois faussement usées tapissent la benne de chargement. Immatriculé en Californie le bestiau utilise le VIN 98RC17663, comme indiqué sur les plaques d’identification.
