Je laisse rarement passer autant de temps entre deux articles, mais j’ai été quelque peu submergé par le volume impressionnant de conneries ambiantes. Je sais bien que je devrais y voir une source d’inspiration, mais au lieu de me motiver, toutes ces stupidités m’ont laissé un sentiment de colère, de découragement et, paradoxalement, un manque de motivation.

Je suis tout à fait conscient des dangers de ce que certains appellent le “doomscrolling” [passer une quantité excessive de temps d’écran consacré à l’absorption de nouvelles à prédominance négative, majoritairement de nature dystopique] et j’arrive généralement à trouver un équilibre entre l’afflux de ces mauvaises nouvelles, les assimiler, puis essayer d’y donner un sens.

Et cela à travers mes articles… Mais ces deux dernières semaines, pour une raison ou une autre, cette capacité m’a fait défaut. Je travaille actuellement sur deux articles assez longs qui seront publiés prochainement, mais je me suis décidé à me remettre en selle et à surmonter ce blocage mental en écrivant ce qui me passe par la tête sans trop me soucier de la forme ou de la cohérence.

Le “doomscrolling”, d’ailleurs, est un terme impropre utilisé pour délégitimer rhétoriquement ceux qui suivent le flot incessant de mauvaises nouvelles et de crises qui vont s’accélérant et se superposant. Et sans vouloir faire mon prétentieux, la réalité, c’est que la majorité des gens qui s’informent via les médias grand public sont protégés du pire.

Ils sont protégés des catastrophes, car trop d’informations mettent le système en péril. Quand on ne sait pas, comment s’en soucier ? Mais si on sait, c’est là que réside le danger. À titre d’exemple, il y a trois semaines, a été diffusé un reportage sur le meurtre de Hind Rajab, une fillette de cinq ans originaire de Gaza criblée de balles alors qu’elle était au téléphone avec la Croix-Rouge;

C’était après avoir survécu à une attaque qui a tué toute sa famille. Une de mes amies proches, une personne cultivée, intelligente et empathique, regardait le journal télévisé et n’avait jamais entendu parler de cette histoire auparavant. Naturellement indignée et bouleversée, l’histoire de Hind était une nouveauté pour elle plus de deux ans et demi après les faits.

Vous pouvez imaginer tout ce qu’elle ignorait encore sur le génocide, Israël, la Palestine, le sionisme, et ainsi de suite. En substance, toutes ces choses que vous connaissez car vous êtes abonné à ce webzine et en supportez la gravité positionnée entre divers articles concernant les Hot Rod’s. Mon amie, elle, ne regarde que les actualités en TV, rien d’autre…

Elle pense que c’est un moyen suffisant pour se tenir informée de l’actualité mondiale. Mais comment expliquer aux gens que ce que rapportent les grands merdias est soigneusement sélectionné pour servir les discours impérialistes sans pour autant passer pour des dingues adeptes des fumeuses théories de toutes sortes de complots ?

Comment leur faire comprendre que l’information grand public regorge d’omissions, d’une absence de contexte délibérée et, parfois, de mensonges purs et simples, conçus (surtout lorsqu’il s’agit de l’empire) pour protéger les intérêts occidentaux ? Comment dire à mon amie que la seule raison pour laquelle la TV parle aujourd’hui de Hind, c’est parce qu’elle peut se servir de son assassinat…

Waouwwww ! Pourquoi ? Tout simplement pour présenter Israël non pas comme un État hors-la-loi, mais comme une entité quasi divine qui a le droit de se défendre préventivement en génocidant des enfants qui, en grandissant, pourraient devenir des supers et méchants terroristes… Waouwwww ! Comment dire aux gens qu’ils sont ainsi dupés ?

En substance, ils sont amenés par la ruse à soutenir la remilitarisation de l’Europe par le biais d’un matraquage constant de propagande sans grand rapport avec la réalité objective car de tels faits n’ont absolument rien à voir avec la défense de la démocratie ou le respect du droit international, mais sont liés aux intérêts des impérialistes et des marchands d’armes…

Dire le contraire est le moyen le plus sûr de se faire exclure des cercles bien-pensants ! Comment alors expliquer que l’Ukraine n’a rien à voir avec la deuxième République espagnole se défendant contre le fascisme avec l’aide des brigades internationales, mais est un terrain d’entraînement pour les néonazis occidentaux qui y reçoivent une formation militaire pratique !

En effet ils se préparent au retour du fascisme et aux guerres raciales… Et puis il y a la canicule, les inondations et le massacre industrialisé des paysages et des écosystèmes. Comment faire part aux gens de nos craintes sur l’effondrement des équilibres écologiques et biophysiques de la Terre qui ont permis l’émergence des sociétés organisées ?

Comment expliquer ce qu’est (ou ce qu’était) l’Holocène et ce que sa fin signifie pour la société organisée ? Comment dire sans passer pour un complotiste en panique que ces records de chaleur sans cesse battus annoncent un changement de cycle climatique qui met la civilisation en péril ? Comment expliquer qu’on ne trouve aucune trace d’un monde passé ayant subi un changement aussi rapide ?

Comment expliquer que nous vivons, au fond, dans les ruines d’une planète autrefois généreuse, détruite par le capitalisme pour les capitalistes, sans paraître incroyablement déprimé ? Et comment expliquer que le processus est loin d’être terminé, qu’il se poursuit allègrement et qu’il mènera, sans changement révolutionnaire mettant fin à l’économie de croissance extractiviste…

Ce sera un avenir véritablement dystopique où les préoccupations liées aux prêts immobiliers, à la carrière et aux enfants sembleront à la fois désuètes et sans intérêt ? Et comment parler du meurtre d’une enfant de 5 ans qui appelle au secours ensevelie sous sa famille déchiquetée dans un tel contexte d’avenir ? D’après mon expérience, la tâche est extrêmement difficile.

Et ce d’autant que la fillette a été hachée à la mitrailleuse pour qu’elle ne puisse pas témoigner… Comment expliquer qu’il n’y a aucune issue possible ? Que le vote n’est qu’une impasse, un sédatif conçu pour vous aider à vous sentir bien et satisfait de votre participation au processus, et non pour apporter un changement concret ?

Comment expliquer que le processus démocratique est détourné, et que la seule chance de sauver ce que vous chérissez réside dans l’organisation et les actes révolutionnaires ? Et ce, sans même aborder l’effondrement de la santé publique, l’augmentation effrayante des cancers chez les jeunes, les facteurs de stress environnementaux croissants…

Comment faire tout cela sans passer pour un putain de rabat-joie ? Je ne suis même pas sûr que ce soit possible. Mais, d’une manière ou d’une autre, nous devons absolument nous y atteler. Nous devons défendre la cause humaine, présenter, affiner et faire valoir. Nous devons nous organiser. Nous devons avoir ces conversations déplaisantes et gênantes sur l’effondrement des conditions de vie;

Mais aussi sur les avenirs dystopiques. Et d’une manière ou d’une autre, nous devons nous y mettre en conservant la foi en la véritable capacité d’action humaine et en un avenir meilleur, quelles que soient les forces qui s’opposent au bien et s’allient contre lui, car le fatalisme n’est pas révolutionnaire, quoique je suis pessimiste quant aux conséquences de la situation actuelle.

Je ne suis pas fataliste. Je crois en un changement révolutionnaire et prosocial, notamment parce que les révolutions ont toujours fait partie de l’histoire de l’humanité. Cependant, je crains que nous ne devions toucher le fond, empêtrés des mesures réactionnaires auxquelles aucun d’entre nous n’est vraiment préparé avant que la ferveur révolutionnaire ne s’empare de nous.

J’en arrive à vous causer de ce Hot Rod Coupé Ford parce que dans ce qui servait ce cartable à cette martyre se trouvait une photo de ce Hot Rod découpée d’un article d’un magazine qu’un oncle de la famille avait reçu lors de la distribution d’aliments de survie… Cela devait servir à comprendre “l’esprit américain”. Imaginez la folie au coeur de Gaza dans la mitraille de découvrir une telle folie…

J’ai longtemps cherché quel était ce Hot Rod, dans quel magazine il avait été publié et comment était-il arrivé à Gaza ? Il m’a fallu 1 an de recherche et force m’a été de constater que tout le monde se foutait totalement de ce concours ahurissant de circonstances… Il s’agissait initialement d’une Ford Model A de 1930 refaite dans les années 1980 en configuration d’origine.

Entre 2018 et 2026, elle a été transformée en Hot Rod utilisant la carrosserie originale en acier d’une Ford Model A, quelques composants de 1932 et un châssis construit “maison”. La version intégrait un V8 Coyote 5,0 litres suralimenté, une boîte automatique à six rapports, un différentiel Ford de 9″, une suspension AV indépendante et une AR à quatre bras avec coilovers.

Sans oublier les freins à disque Wilwood aux quatre roues et des jantes de diamètre décalé montées avec des pneus Mickey Thompson Sportsman S/R.. Des vitres électriques, un intérieur personnalisé en cuir, des instrumentations Dakota Digital, une direction assistée électronique, la climatisation Vintage Air et l’audio Bluetooth ont également été ajoutés.

Ce Hot Rod a ainsi été immatriculé en Arkansas comme Ford Model B de 1932… La carrosserie en acier a été peinte en vert. Elle intègre une calandre de style 1932, un capot et des charnières Hagan Street Rod, des portes arrière “lissées” à charnières, un pare-brise, des marchepieds, des ailes complètes, des clignotants et des vitres taillées sur mesure.

Les feux de freinage ont été intégrés dans les ailes arrière et des équipements supplémentaires comprenaient une caméra de recul. L’habitacle comprend un siège banquette sur mesure rembourré en cuir marron, une console assortie, et des panneaux de porte personnalisés avec vitres électriques et manivelles Billet Specialties.

Parmi les équipements supplémentaires figurent un sélecteur de vitesses à bouton-poussoir, la climatisation Vintage Air avec bouches d’aération antigivrage, un système audio Bluetooth avec amplification Focal et un adaptateur JL Audio, ainsi que l’isolation thermique et acoustique. Un volant à trois branches de style banjo est monté sur une colonne de direction Flaming River.

Cela est placé à l’avant d’un tableau de bord Dakota Digital RTX. Le V8 Coyote 5,0 litres suralimenté est équipé d’un radiateur AFCO en aluminium et de ventilateurs de refroidissement électriques, ainsi que d’un réservoir d’expansion de liquide de refroidissement en aluminium et d’un régulateur de pression de carburant. Le système d’alimentation intègre un réservoir Rick’s Tanks en inoxydable;

L’électronique et le câblage sont de “Power By The Hour”, un refroidisseur de transmission a été intégré. L’échappement double avec silencieux est un Flowmaster série 40. J’ai envoyé les photos du carnage en ce compris de la fillette et son cartable ouvert avec la photo en dépassant, au propriétaire de ce Hot Rod avec le projet de ce texte en accompagnement, je n’en ai eu aucun retour…

