Serge Regianni ne m’en voudra pas de m’inspirer d’une de ses chansons phares… Et Jacques Brel pas plus… Un pastiche (de l’italien pasticcio, “pâté”) est une imitation du style d’un auteur ou artiste, mais qui ne vise pas le plagiat. Le pastiche est à différencier de la parodie ou de la caricature. Le pastiche remplit plusieurs fonctions : mémoire, dérision, hommage (plus ou moins respectueux), voire un pur exercice de style.

Les pastiches se différencient des supercheries, des canulars et des faux montés à des fins prosélytes (politiques ou religieux), avec certains apocryphes ou de fausses œuvres posthumes imitant totalement les productions habituelles d’un créateur disparu (il peut s’agir d’un livre, d’un tableau ou d’un objet d’art, etc.). Le pastiche à ses lois et Serge Reggianni dans sa tombe, ne me disputera pas de pasticher une de ses chansons en usurpant l’identité de Fufu…

C’est moi, c’est Fufu… Est-ce qu’il y a quelqu’un ?… Est-ce qu’il y a quelqu’une ?… D’ici, j’entends les chiens, on les lache sur moi chaque petit matin, ça déchiquète… Et si le Kustom n’est pas mort, ouvrez-moi sans rancune… Je reviens un peu tard, en France, je sais,… Plus de 40 ans trop tard, c’est vrai… Il est trop tard à presque 70 ans, de regretter… Mais je regrette quand même…

Mais j’ai trouvé d’autres inspirations… Dans les rues de Los Angeles… Il fut fatiguant, le voyage… Pour un chinois de mon âge… J’ai fait tous les jobs sauf porte à porte… Ouvrez-moi, ouvrez-moi la porte… Je ramène l’épave de mon Omlett… Elle a bien fait rire les Hot Rodders américains… Ouvrez-moi, ouvrez-moi la porte… J’ai plus la force… J’ai plus mes dents… Je suis maintenant malentendant…

J’ai perdu mes illusions… L’argent que j’avais emprunté… Les économies de mes amis… E V A P O R E E S… Je reviens donc en Franchouille… Ouvrez-moi, ouvrez-moi vos portes… Je reviens au logis, mais y a plus d’Abbé Pierre… Il n’y a plus de Nitro, plus d’éditions Hommel… Plus de magazines papier sur les Kustoms et autres vétustés, ça me déprime à tout jamais…

J’ai fait tous les métiers, bateleur, équilibriste, réparateur de Simca… Mais là-bas aux USA, il n’y en a aucune… J’ai fait comédien, braconnier… Puis empereur et pianiste comme Zeelinsly… J’ai pas gagné du tout comme lui… J’ai connu des femmes, trop jeunes, oui… Mais je joue bien mal aux dames… Du temps que j’étais chercheur d’or… Elles m’ont tout pris, j’en pleure encore…

Là-dessus le temps est passé… Quand j’avais le dos tourné… Ouvrez-moi, ouvrez-moi la porte… C’est moi, c’est Fufu, le cuistôt de l’Omlett Baveuzzz… Je reviens de si loin… La route était mauvaise…Et tant d’années après, tant de chagrins vécus… Je crève de ne pas avoir accepté un job à Chromes&Flammes… Ouvre, Pat, tu es là, je sais… Je suis tellement las, tu sais… Il ne me reste qu’une chance… C’est que tu n’aies pas eu ta chance…

Mais ce n’est plus le même chien… Et la lumière s’éteint… Ouvrez-moi, ouvrez une porte… J’oudrais finir mon Omlett Baveuzzz… J’oudrais y mettre un V8, une boite automatique… L’air conditionné et des nouveaux pneus… Ouvrez-moi, ouvrez une porte… On fera des courses de dragsters, des folies devant les Monoprix… Des Concentrations comme avant dans les marécages… Du temps ou y avait encore des Nitrocéphales…

Fufu, voici le temps venu, d’aller prier pour ton salut, tu es revenu… Tu étales maintenant ton chagrin, après 40 ans de turbin à glander presque rien… C’est pis qu’aller cuver du vin, de papoter, et ressasser, c’est pathétique… Qu’avais-tu à espérer d’être le servant d’une bande de givrés ?…. Toi le Chinois qui espérait te faire apprécier… Tu t’es fait baiser par des givrés… T’es pas loin des soixante-dix ans…

Faut pas pleurer, t’as quitté l’enfer… L’un s’est fait enfermer chez les sous-développés, affaire de mineure à Bangock… Il aurait p’t-être mieux fait de changer les draps… L’autre s’est auto-saucissoné dans une faillitte d’apocalypse… Tout à l’égoût par centaines de millions, pas un seul employé sauvé, apocalyptique… Tout ça pour en arriver là, revenir faire les gros bras…

Fufu est revenu… mes amis, ne le laissez pas, non faut l’aider encore une fois car il repart au combat… Maudite Affaire, puisque te v’là… Mon cœur, mon cœur ne t’emballe pas… Fais comme si tu ne savais pas… Que l’Omlett Baveuzz de Fufu est revenue… Mon cœur, arrête de répéter que les emmerdes risquent de recommencer… Que son Omlet est toujours la même que son moteur Simca n’a pas encore été changé pour un V8, mais qu’il espère avant la fin de l’été…

L’Omlet Baveuzz qui est revenue, les cœurs vont bringuebaler espérant qu’il parvienra à greffer un V8 d’un pire temps en hors limite… Souvenez-vous qu’elle vous a déchiré vos coeurs emballés et que vous avez été finalement trompés… 40 ans abandonnés avec des histoires inventées, une tromperie désorganisée, une arnaque systémique… Faut-il pardonner, tenter une dernière fois d’alimenter des rêves désenchantés ?

L’Omlett Baveuz qui est revenue va-t-elle encore une fois parler d’elle au fond des bois ou des sous-sols des crèves-coeurs qui traficottent… Pour survivre, pour subsister, pour avant tout déraisonner… Arghhhh ! Mes amis, ne le laissez pas seul à dériver, non, dites-moi, dites-moi qu’il ne faut pas, maudite Omlett puisque te v’là. On va la comparer à une autre calamité, mais bien mieux faite…

Sexy, sympa, rouge de surcroit, la belle bête… Elle au moins a un V8, boite automatique; l’air conditionné et pleins d’extras… Et vous les gars, restez tranquilles, ce n’est que Fufu qui revient d’Amérique… Toute l’histoire ancienne ne vous regarde pas… Fufu est revenu… Et vous les gars, Customizeurs et Hot Rodders, ne tremblez plus… Souvenez-vous quand le Groupe Hommel vous chiait dessus avant de faite faillitte à grand fracas…

Vous mes mains, ne vous ouvrez pas… Vous mes bras, ne vous tendez pas… Arrêtez vos prières, vous le feriez retourner en enfer. Amis, ne comptez pas sur moi pour cracher au ciel encore une fois, je vais m’efforcer de voir le résultat… Plus rien à redire une seconde fois, déjà bien beau que d’en réaliser un article une dernière fois… Voilà… C’est tout et c’est presque trop…

Cette Lincoln Cosmopolitan de 1949 a commencé sa vie comme une berline, et, suite à l’achat par le propriétaire actuel il y a plus de vingt ans, elle a été intégrée en coupé deux portes par John Winkler de Knox, Pennsylvanie. Les détails personnalisés incluent des phares rectangulaires, des feux arrière “enroulants”, des portes sans cadre, ainsi qu’une calandre, des pare-chocs et des jupes d’ailes sur mesure.

La puissance provient d’un V8 Buick 455ci relié à une boîte automatique TH400 à trois vitesses. La voiture repose sur une suspension avant indépendante avec freins à disques. L’intérieur personnalisé comprend une sellerie en tissu beige, des sièges avant réglables électriquement, la climatisation, des vitres électriques, une unité cassette Jensen et des compteurs VDO. Cette Lincoln sur mesure n’a parcouru que 2.200 miles depuis son achèvement en 2004.

Elle est comme un objet décoratif mais comme il a enfin envie d’autres horizons elle est désormais proposée à la vente pour 50.000us$ munie d’un “Title” de propriété de Pennsylvanie. Les portes “sans cadre de fenêtres” ont été allongées de 11″. Les portes AV et AR ont été fusionnées pour créer un look de Coupé inédit qui n’est pas très loin (par hasard) des lignes de la Simca Aronde de Fufu…

L’extérieur a été “éraséé, plus de gouttières de toit, tout est lissé, et des poignées de portes affleurantes ont été ajoutées, ainsi que des jupes d’ailes et des feux arrière “taillés à la main”… Le capot a été remodelé, et une calandre, une façade avant et des pare-chocs personnalisés ont été fabriqués. Des phares halogènes rectangulaires ont été intégrés dans les ailes. La peinture Viper Red et le vernis ont ensuite été appliqués.

Les jantes en acier portent des enjoliveurs “polishés” avec des emblèmes Lincoln et elles sont “enveloppées” de pneus à bord blanc étroit. Un ensemble de suspension avant indépendante provenant d’une Buick Riviera de 1973 a été greffé sur le châssis, tandis que l’essieu arrière rigide est soutenu par des ressorts à lames parallèles avec des blocs d’abaissement. Le freinage est assuré par des disques avant et des tambours arrière.

L’habitacle propose des sièges avant réglables électriquement en six directions et une banquette arrière garnie de tissu beige qui s’étend jusqu’aux panneaux de portière. Un tableau de bord personnalisé a également été installé, ainsi que la climatisation, des vitres électriques. Le volant à trois branches est orné d’une finitions bois et monté sur une colonne inclinable. Des bordures en laiton entourent l’instrumentation VDO.

Celle-ci comporte un compteur de vitesse et des manomètres pour la tension, le niveau de carburant, la température du liquide de refroidissement et la pression d’huile. Le compteur kilométrique à cinq chiffres indique 2.200 miles, ce qui représente la distance parcourue depuis l’achèvement de 2004… Le V8 Buick 455ci est équipé d’un collecteur d’admission Edelbrock Performer, et le carburateur est surmonté d’un filtre à air batwing. Voilà…. C’est terminé…
