Avant-propos
Quelqu’un contre le reste du monde…
Je me lève, je suis toujours vivant, ça fait bizarre… Pas que j’aurais voulu ĂŞtre mourru, tout rĂ©tendu, mais ailleurs ! Je jette un oeil dehors, façon de parler parce que j’y tiens… et que vois-je ? Pluie et brouillard, couleurs fades et grises, mines renfrognĂ©es des gens…, ceux qui vont au turbin râlent d’en avoir, du turbin…, ceusses qui n’ont pas de travail râlent de ne pas aller au turbin…, personne sourit, rigole, se marre ouvertement, mĂŞme Bruel toujours Ă sourire bètement pour anoner “Ya d’la joie“, ben…: il crie sa joie dans le poste qu’il reverra Drucker dans 10 ans, la belle affaire…
Mes rapports Ă l’humanitĂ© se limitent Ă l’observer… Entre vous qui lisez ceci et moi c’est bien suffisant… Ça foisonne ! Microbes ! BactĂ©ries ! Parasites ! D’ailleurs, c’est bien ce qui m’a valu les pires emmerdes, de trop l’observer. Quoiqu’on en dise, l’humanitĂ© est prĂŞte Ă exister et Ă se perpĂ©tuer dans les pires conditions dans la mesure oĂą on ne lui montre pas la tristesse de son Ă©tat… Bien fait pour elle !
Question psychanalytique de l’Etat sociĂ©tal (en double sens, c’est pareil), je ne peux vous dire grand-chose, sauf qu’en tant que psychanalisĂ©, j’ai rencontrĂ© des psychanalystes de rĂ©putation, entre autres, mais je m’y suis attardĂ© seulement par curiositĂ©…, par voyeurisme si vous saisissez le tableau… Un con exĂ©cutant de nouvelles conneries comme une danseuse exĂ©cutant de nouvelles figures !…
C’est un truc dont je ne me soucie pas, une forme d’auto mutilation cĂ©rĂ©brale dont, en tant qu’ĂŞtre dĂ©suhmanisĂ©, je ne suis pas friand. La paix de mon âââme remplaçant le charlatanisme des ceusses qui dirigent le monde vers son nĂ©ant sĂ©ant, Ă©coutez-les en radio et en tĂ©lĂ©vision, partout… Ils bafouillent le mĂŞme langage. L’acceptation ! La rĂ©signation ! La soumission ! Les masses massives devant subir, attendre…
Encore une journĂ©e de con et de conneries Ă supporter…
Après moulu, le cafĂ© bout, trop bouillu de bouilloire, comme les gens, noir, amer…, un filet de laid pour faire beau, pour ĂŞtre buvable pas oublier de sucrer…
La journĂ©e commence qu’on voudrait dĂ©jĂ qu’elle finisse…, qu’on en connasse dĂ©jĂ la faim, la faim de la connerie est insatiable… Moi, je vais nulle-part, encore, j’ai un boulot autre, attendre le client en commerce, c’est comme tout, on nait tousses des putes, on en est tous, des putes, nĂ©s pour attendre le client qui attend aussi…, devoir accepter qu’il mate, touche, discute, palpe, branle ses conneries, se dĂ©loque la tĂŞte, raconte ses histoires, Ă©coute les bobards, puis propose toujours moins que besoin…, par plaisir d’enculer…, puis se fait enculer en retour dans d’atroces douleurs jouissantes de discussions inutiles, pour passer le temps…
Les ceusses d’autres, ils subissent tout ça…, baise, baise, bordel…, jouit, paye, paye…, du moment que tu craches des sous, du flouze, vas-y, spermate…!
C’est que ça, piting, la vie…, parfois c’est pire dans des trucs miteux, genre crade et compagnie…, les ceusses de trucs miteux qui enculent Ă tour de bras, profond, souvent que t’es obligĂ© de douiller pour souffrir de le sentir passer…, paye, paye, paye… Tes ronds, ton flouze, jamais assez, toujours plus, et quand tu crois que ça pourra plus ĂŞtre pire… ça continue, plus gras, plus fort, plus profond… Pas de morale, si t’as pas le moral il te faut aussi enculer les autres, pareil, Ă l’infini, tout le monde encule tout le monde, partouze gĂ©ante universelle, avec des Ă©vèques, chamans, mollah et autres, pape, prophètes, gĂ©nĂ©raux, prĂ©sidents, dicteurs-dictateurs… Tous ils crient : allez-y, la grande enculade et paye, paye, paye, ramène ton flouze, tes pĂ©pètes… T’auras le paradis, des vierges, la paix universelle le bonheur d’ĂŞtre mort et d’avoir Ă©tĂ© con aussi, d’avoir agitĂ© des drapeaux, criĂ© vive le roi, vive le prĂ©sident, vive la connerie, plus fort, plus profond, faut pas qu’elle crève la patrie pour que la connerie puisse continuer, toujours plus loin, toujours plus profond…
Piting… DĂ©jĂ midi, faut bouffi, de la merde, mais chaire payĂ©e pour cher cochon de payant, bouffe ta merde, pain garni, ravioli, paye, paye, bouffe, bouffi ! CafĂ© encore, en final, comme bouquet… Puis vas-y, retourne au turbin, comme faire tapin…, tapine !
Re-belotte, après-midi pareil que matin, faire la pute, jouer la pute, fonctionnaire pour emmerder la moitiĂ© des autres, commerce pour commercer la patrie, payer, payer, payer, taxes, impots et compagnie…
Puis c’est la fin, journĂ©e inutile, retour dans la cohue, mĂ©tro ou auto mĂŞme chemin…, du monde partouze, bousculade, fais gaffe Ă ton cuir ! Contredanse sans musique, paye, paye, paye, ou tickets divers, paye, paye, paye, dans la foule, stressante, stressĂ©e…
Conneries, la vie ça devrait pas ĂŞtre ça… Je crois que la libertĂ© devrait ĂŞtre complète, absolue ! Totale ! Qu’elle dĂ©rape ! S’Ă©clate ! Se contorsionne ! Enfonce le dĂ©cor ! Explose en feux d’artifice ! Bengale ! Multiples ! Atomique ! Qu’elle Ă©clabousse !… Du temps pour le romantique, un poil de lubrique, du temps pour faire le con, pas pour ĂŞtre con, surtout le con des cons, des autres… Peu importe le propos, au populo de se dĂ©merder avec la futaille. D’ailleurs, y en a rien Ă foutre, le populo de ces histoches. Bien peinard, il prĂ©fère carburer au pinard et dompter ses mĂ´mes Ă coups de gnons sur la tronche !… Ça ne joue pas dans la dentelle, bonjour la cisaille de la vie.
Et c’est pas fini, tu crois que c’est fini alors que ça fait que commencer, non, paye, paye, paye… quelques courses en magasin, magazine, magazine, paye paye, merde en boĂ®tes, merdes en conserves, salades sous plastique, tout aseptisĂ©, mĂŞme pas sur que c’est du vrai, du recomposĂ©, du chimique… Manger avec un masque pour ĂŞtre sur, suri comme citron, con Ă©crase, Ă©crabouille ta bouille de con… Bouffe ta merde, après tout c’est toi qui l’a fabriquĂ©e tout le jour en collaborant aux conneries du turbin… Après bouffi ta merde, faut la vider, tu merdes, re-merdes, c’est le bonheur, moment ou tu payes pas, plus… Pousse, plus fort tes conneries de la journĂ©e, regarde les conneries tĂ©lĂ©visĂ©es, ça aide…
Après c’est Druckerisation et compagnie, dĂ©jĂ tu l’as vu le week-end, tu crois qu’il est plus lĂ , ben non… Mais ouiiiiiiiii…. Jouissance, extase, transe… Il y est toujours, il prĂ©pare ses coups, son coup, partouze, monte en hĂ©licoptère, pense Ă toi, c’est sur, citron, bouche bĂ©e devant ta tĂ©lĂ©vision, crĂ©dit, paye, paye… Puis va dormir, essaye d’oublier, branle, branle, fais des Hop-hop-hop-hop-hop… PathĂ©tique, jouissance, enculades royales, JĂ©sus, my gode, profond… Foutre plein la gueule, fabule, venge-toi des conneries, pense Ă ce que tu n’as pas, les seins de PamĂ©la, la zigounette de Bradd, sans Pitt, qui lui n’en a rien a foutre, Madonna non plus, du moment que tu payes, payes, payes pour qu’il et elle engrangent, bateaux, villas, châteaux, limousines, hĂ©licos et jet-set… Regarde, tu sais faire que ça, bave, branle comme con et conne, t’auras que ça du gateau, eux gateau, toi gâteux, gateuse, vieille , vieux, fini…
T’as ratĂ© l’express, pas mĂŞme eu l’omnibus, le tram de la connerie, place debout, turbin, tu dors, tu rĂŞves, c’est bon moment, puis rĂ©veil, sonnent les cloches, retour Ă l’enfer, pas Ă la vie, douche, mĂ©lancolie, les conneries… Après ce sera pire, les moufflets, d’autres emmerdes, paye, paye, paye… T’as voulu jouir, t’as le moufflet en prime…, alors travaille double, encore, encore, pense Ă tes vacances Ă rotir comme un steack grillĂ© au soleil, un peu pile, un peu face, partouze fait pareil, des millions tous serrĂ©s Ă faire pareil, grillĂ©s, et c’est pas gratis, c’est cher pour chair faisandĂ©e… RuinĂ©, toutes les maigres Ă©conomies pour un hale de cancer de peau, puis partouze embouteillage, retour Ă la normale, turbin, tapin… tapine…
Une vie de con, inutile, c’est pour cela que les grands te prennent pour un fion, quantitĂ© nĂ©gligeable, juste bon Ă copuler et payer, payer, payer… Si t’es en panne, Hop ! La casse, on jette… Y en a des millions qui n’attendent que prendre la place pour faire pareil… Peut-ĂŞtre ne suis-je pas l’ogre que l’on voudrait… mon ressentiment vital vient de l’acharnement des hommes Ă rĂ©duire les autres Ă des peaux de chagrin. Mes cris scribouillĂ©s gènent… Ils voudraient bien me rayer de leur liste pour pas devoir se regarder… Ă€ tout jamais, n’avoir jamais existĂ©. ÉliminĂ© !
BrĂ»ler Quelqu’un, ses texticules, ses couillonnades aussi, ses couilles pareillement, hop ! Alors, toutes griffes dehors… J’Ă©cume ! Je rage ! Je dĂ©fends mon intĂ©gritĂ© d’homme et l’intĂ©gritĂ© des autres aussi, mĂŞme s’ils s’en f…., les autres !.
Soyez assurĂ©, vous qui lisez, que je sais apprĂ©cier les quelques approbations venant de mes lecteurs… Il est vrai que je me mĂ©fie des acclamations… un peu !… Ă€ tellement d’occases on m’a trahi ! Lâchement poignardĂ© dans le dos que je garde une incrĂ©dulitĂ© permanente envers des exclamations mal dosĂ©es… Question de survie.
Voyez-vous…, non ? C’est trop de boulot… peaufiner… rayer… reprendre. Vendre ma camelote dans les Ă©tals des shows comme boucherie de conneries… La prĂ©occupation des rĂ©flexions dĂ©sabusĂ©es de tant de gâchis, les gnous s’en branlent de satisfaction … C’est une histoire qui ressemble Ă un million de milliards d’autres, toujours torchĂ©es dans le mĂŞme sens… Je n’incite Ă rien du tout. Je montre l’absurditĂ© de toute cette merde, les guerres, les massacres… boucherie ! Tueries ! HĂ©catombes Ă perpette. VoilĂ tout…. Jamais personne ne m’a dĂ©montrĂ© que j’avais tort.
Chapitre 1
Quelqu’un contre le reste du monde…
En ce moment je recouvre mes textes de noir, donc mieux vaut ouvrir les fenĂŞtres.
Mes conseils pour les sous-ĂŞtres, qui parfois viennent ici, ils feraient mieux de continuer la retape, tout ce qui est magnifique ne suffit pas…
On roulait…, Anamary conduisait sa BMW cabriolet… et je ne savais pas très bien pourquoi…, il y avait une tension entre nous…, amoureuse voire mĂŞme sexuelle je vais dire.
Non pas que ça me gĂŞnait pas du tout, j’avais besoin de serrer une femme contre moi ce soir-lĂ et elle Ă©tait lĂ .
Je parle de son corps.
Je parle de sa chaleur.
Vous savez, les odeurs dans le cou, qu’on respire, la peau des lèvres ne touche pas la peau du cou de la femme qu’on approche avec mĂ©fiance.
On attend la sortie.
Il faisait nuit, on sortait d’une soirĂ©e et sans rien dire, il y avait donc cette tension.
Elle devait se dire : dis-lui que tu as envie de lui, dis-lui…
Sur la route en pleine nuit avec une musique planante, j’adore, des morceaux aĂ©riens… et elle m’a pris la main, sans rien dire, elle m’a souri avec angoisse…, que je la repousse…, et je lui ai souri pour la rassurer, j’ai serrĂ© sa main et elle Ă©tait Ă©mue.
Enfin une femme qui ne recherchait pas que du sexe.
J’Ă©tais bien et j’avais envie de l’aimer, moi aussi dans tous les sens du terme.
On a parlé de banalités ce soir-là , elle voulait aller en ville danser, la nuit.
Les couleurs allumĂ©es, un pays Ă©tranger, pas très loin de la France, le sang chaud des habitants…, j’Ă©tais bien Ă cette Ă©poque-lĂ .
Aujourd’hui je me dis : quelle illusion, quelle pauvretĂ©.
Mais Ă l’Ă©poque, dans l’instant j’Ă©tais bien.
– Qu’est-ce qui te pousse Ă Ă©crire ? Pourquoi ne pas apprendre les bases de la poĂ©sie, de l’Ă©criture, faire un plan ? Pourquoi ĂŞtre si crĂ» dans tes textes ? Pourquoi ne pas utiliser des quatrains et faire moins “moderne” dans ton style ? Quelle violence en si peu de mots, pourquoi ? Est-ce que tu parles de toi ?
On ne parle jamais vraiment de mes textes, on me parle de moi.
Alors que les autres, on parle de leurs textes.
Du coup certains et certaines se permettent des gestes à mon égard, des paroles vulgaires.
Qui me visent.
J’ai dit Ă Anamary que j’Ă©tais dĂ©solĂ©…
Ce samedi-lĂ on a fait l’amour la nuit, quelle jolie phrase.
Et c’Ă©tait vrai, elle se sentait vraie, elle se sentait vivante !
Et c’Ă©tait bon, elle Ă©coutait mon cĹ“ur et puis il a ralentit.
Bon bien sĂ»r, je ronfle après, comme tous les hommes, mais que voulez-vous, on est tous tellement adorables et puis les femmes nous prennent tellement en pitiĂ©, qu’elles nous laissent… (passage drĂ´le pour ceux qui en douteraient).
Elles nous regardent dormir aussi, elles sont heureuses, enfin non, elles se sentent juste bien, elles nous regardent comme ça avec une jambe mise comme ça, on est beau, beaufs oui…, non ce n’est pas vrai mais en tout cas c’est Ă moi qu’Anamary Ă©tait attachĂ©e, pas un autre.
Les autres, des hommes invisibles pour elle, mĂŞme des plus beaux.
Et comme mon cĹ“ur battait fort, comme elle aurait aimĂ© ĂŞtre Ă l’intĂ©rieur pour voir mes ventricules, couper au scalpel en deux l’aorte, pour y mettre son doigt, goĂ»ter le sang, manger un bout de gras jaune du cĹ“ur, du cĹ“ur de son amant, de moi.
Elle aurait aimĂ© faire ça, elle m’aimait tellement qu’elle aurait pu me manger.
Certaines qui me lisent (certains aussi, mais je ne suis pas homosexuel) se permettent parfois de venir parader devant moi, ils cherchent Ă me parler.
Apparemment ce sont des femmes.
Je prĂ©cise sans dire quoique ce soit d’autre…
Je ne veux pas passer pour un macho.
Elles viennent en me disant : tu es comme tous les autres, mais on t’a quand mĂŞme lu jusqu’au bout, tes textes trop longs, si complexes parfois qu’il faut un dictionnaire pour se rendre compte après vingt minutes que tu inventes des mots, que tu retournes les sens, les nĂ´tres aussi, salaud !
Elles ne se demandent pas si ELLES sont comme les autres, car elles le savent : toutes reconnaissent leur condition, quelqu’en soit le niveau, voire la hauteur…
Elles se vantent d’avoir “une mauvaise image d’elles” ce qui justifierait leur mĂ©pris envers les mâles, aussi, souvent envers leurs… elles-mĂŞmes…
Une attitude lâche confite-confiture dans le non-mouvement de la vie et de la pensée, ce qui est assez scandaleux je dois dire.
C’est un jeu pour elles, jouer, elles n’y mouillent pourtant ni leur string ni leur chemise, elles ne risquent rien, le web est anodin de nĂ©ant quand on y nait pseudonyme et qu’on est anonyme.
En amour rĂ©el, je pense qu’on se risque soi-mĂŞme, bien sĂ»r.
On ne joue pas quelque chose d’anodin : sa vie.
Bien sûr.
Certaines écrivent comme elles disent : un amour de perdu, dix de retrouvés.
Tu parles…, je doute qu’elles aient vraiment aimĂ©, celles-lĂ .
Je sais bien de quoi je parle, je vous assure.
Donc elles viennent m’Ă©crire, en privĂ©, je ne sais pas trop pourquoi, elles veulent peut-ĂŞtre passer le temps.
Le non-mouvement de la pensĂ©e, il n’y a rien de pire dans l’Ă©criture.
On voit ça dans les blogs, dans certains Forums de culs dilatĂ©s et de sexes turgescents…, soi-disant…, c’est affreux.
Vous allez dire : on n’est pas lĂ pour faire du Baudelaire.
Et bien justement, j’aimerais que certaines et certains essaient.
On est lĂ pour se dĂ©tendre, autant le faire bien et pas se contenter d’un langage Ă©crit style SMS.
Et puis justement crispez-vous deux secondes.
Ok ?
J’aime vous mettre cent pour cent mal Ă l’aise, et parfois j’y arrive, mĂŞme souvent…
Vous croyez que je raconte ma vie, mes amours, mes nuits, mes jours, mes voitures, les cons et autres… ?
Vous ĂŞtes folles et fous.
Bon, c’est vrai j’Ă©cris de certaines choses de ma vie, comme par exemple comme c’est bon pour moi de faire l’amour avec une femme (une très particulièrement au point qu’il n’y en a plus d’autres…), que c’est meilleur qu’avec un transsexuel, lorsqu’on est soi-mĂŞme un homme, bon d’accord j’Ă©cris de ma haine pour les imbĂ©ciles, les cons, les abrutis, les emmerdeurs, les fonctionnaires, ceux du fisc particulièrement, des douanes aussi, les flics dans le mĂŞme sac d’embrouilles…, bon d’accord c’est vrai.
Mais pour vous c’est un jeu.
Pour moi c’est un “je“.
Ce n’est pas pareil : pas de facilitĂ©, juste de la clairvoyance posĂ©e, c’est rare.
VoilĂ , donc je ne raconte pas ma vie ici, ce n’est pas un journal intime j’ai passĂ© l’âge je pense de ce genre de choses.
Dans ma mĂ©moire, il y a tout ce qu’il faut, pas besoin de journal intime.
J’Ă©cris et j’aime Ă©crire, crĂ©er, transformer, transcender, chercher le meilleur pour le rendre exceptionnel…
Je publie des chroniques, des poèmes, des critiques et si certaines m’aiment et me poussent d’avantage…, certains ne se gĂŞnent pour me traiter de politiquement-incorrect, de raciste, d’antisĂ©mite…, simplement parce que le mouvement de la pensĂ©e, le mien veut pousser le vĂ´tre Ă l’action.
Comme j’ai beaucoup d’expĂ©riences vĂ©cues Ă raconter… et aussi tout Ă dire, il me faut trouver le meilleur moyen.
C’est une dĂ©marche humaine je pense.
Le mouvement de la pensĂ©e mis Ă mal dans les chroniques, j’ai horreur des racistes, de la violence, de ce qui nous fait honte, mĂŞme des homophobes, femmes ou hommes (car il y a des hommes homophobes)…, mais dans un texte je me permets c’est vrai la libertĂ© d’Ă©crire comme le ferait un raciste ou un homophobe.
Pourquoi ?
Parce que si je ne me mets pas Ă la place des gens que je ne comprends pas, je n’arriverai jamais Ă leur pardonner.
Vous voyez oĂą je veux en venir ?
Bon d’accord je parle de la jouissance extrĂŞme.
Mais je n’en fais pas une fiertĂ© !
Ceusses qui me lisent, parfois, les mecs, vous…, vous embrassez votre femme sur la nuque, ensuite vous allez sur le net chercher des sites pornos, vous avez vingt, trente ans, quarante souvent, cinquante aussi… et plus si c’est perversitĂ©, vous ĂŞtes gays, vous ĂŞtes bis, vous ĂŞtes hĂ©tĂ©ros, tout Ă la fois, sur le web tout est possible…, vous cherchez un plan sexe, votre femme c’est seulement une fois par semaine, ce n’est pas assez pour votre pĂ©nis bien sĂ»r.
Bien sûr.
Finalement les nuits lorsque vous ĂŞtes seuls dans votre tĂŞte, vous vous rĂ©veillez, vous n’en pouvez plus.
Se masturber fait passer le temps, regarder sur le net les sites pornos aussi.
Ce que vous aimez ?
Sean Paul et son R’n’b foireux.
Dans le livret, c’est : merci Dieu de m’avoir donnĂ© mon talent.
Gros con.
La musique, c’est des trucs de jeunes hommes Ă la dĂ©rive : Jeff Buckley, Portishead, Radiohead, Massive Attack.
Des trucs biens mais qui lassent un jour.
Vous ne comprenez pas que les femmes n’ont pas les mĂŞmes goĂ»ts que vous : se faire lĂ©cher le clitoris est meilleur pour elles que lĂ©cher ce putain de gland que les mecs ne lavent quasi jamais.
Et puis elles sont contentes, parce qu’elles, de leur cĂ´tĂ©, elles sont maniaques, elles aiment bien que vous les embrassiez, elles croient vous satisfaire une fois par semaine, elles se croient toutes fortes…, adolescentes elles ont fait l’amour trop tĂ´t, elles regrettent ou alors elles regrettent pas.
Elles sont comme ça, elles voudraient être putes dans leurs fantasmes bourgeois.
Elles vont Ă l’usine, elles sont coiffeuses, alors un peu populaire dans leur façon de parler ainsi que dans leur façon de penser.
C’est triste, elles trouvent, moi aussi, je trouve !
Souvent elles sont hystĂ©riques et lorsqu’elles pleurent seules dans les toilettes, c’est parce qu’elles sont femmes et ont leurs putains de règles, ou alors elles sont sincèrement dĂ©sespĂ©rĂ©es comme d’autres qu’on voit dans une sĂ©rie tĂ©lĂ©, sauf qu’elles sont moins belles qu’elles…
C’est très très simple finalement tout ça.
Les mecs sont malheureux lorsqu’ils sont seuls, ils veulent des femmes mais pas Ă la maison, ils veulent qu’elles soient dociles au lit sans pour autant ĂŞtre salopes… et qu’elles ferment leurs bouches tout en leur faisant une fellation…
Quant Ă elles, elles voudraient se venger des hommes, elles sont toutes les mĂŞmes, quelle destination !
Quel avenir !
Elles pensent, les femmes, en regardant leur homme, lorsque l’amour est parti : “Alors comme ça, je me suis mariĂ©e à ça ? C’est ça le poète qui m’avait sĂ©duite, c’est ça l’homme qui avait tant de classe avant, qui s’habillait entièrement en blanc, qui parlait bien, qui ne jouait pas Ă me lancer des sourires moqueurs, qui avait quelque chose Ă dire. C’est ce porc-lĂ que j’ai Ă©pousĂ© ? C’est cet animal-lĂ ? C’est ce machin ? Bizarre. Il ressemble Ă un homme, il veut m’offrir un cafĂ©, folle sur le coup je lui fais la bise. Quand je le vois, je repense pas au mal qu’il m’a fait : aux coups de poings dans le visage, dans le ventre, dans les seins, aux crachats, aux insultes, et puis juste après : t’es l’amour de ma vie, je suis rien sans toi… Quel homme pervers il fait lĂ devant moi. Je devais ĂŞtre une moins que rien pour Ă©pouser une horreur dans son genre. J’Ă©tais aveugle ? J’Ă©tais perdue ? J’Ă©tais en manque ? D’amour ? De sexe ? Ils ne savent pas aimer, pas plus que baiser d’ailleurs“…
Jusqu’au suivant…, sauf si c’est Quelqu’un d’exceptionnel…
Je me place, lĂ , non ?
De toute façon, je n’aurai pas l’audace de vouloir me tendre un miroir Ă moi-mĂŞme je compte sur vous.
En mĂŞme temps ça m’est Ă©gal d’ĂŞtre lu autant tous les jours : en mĂŞme temps je sais.
Je sais que ce n’est pas ce qu’il faudrait Ă©crire, ce que je pense.
Que je ne suis pas celui que vous connaissez, que vous voyez le pire de moi.
Mais si bien sĂ»r que c’est exactement ce qu’il faut Ă©crire, ce que je pense.
Lorenza-on-web…, a la pudeur d’effacer les textes qui lui font du bien, puis elle poste autre chose, de moins impudique, mĂŞme si cette impudeur ne se lit pas, que ce n’est qu’en elle, c’est comme ça, mĂŞme si elle me fait le plaisir infini de me les laisser, moi qui n’aime rien effacer…
Moi je n’ai pas ce courage d’effacer ce qui est Ă©crit.
Ce qui est dit est dit, comme on dit…
Prenez un tueur, il ne peut pas revenir en arrière.
Il vous a volé les gens à qui vous teniez.
Et bien il y a des gens qui font rire (comme AmĂ©lie Nothomb) lorsqu’ils Ă©crivent, il y a des gens qui font chier lorsqu’ils Ă©crivent (comme Philippe Sollers), il y a d’autres gens qui assassinent lorsqu’ils Ă©crivent (comme moi).
Je ne sais pas pourquoi, moi qui suis un ange, j’assassine autant.
Peut-ĂŞtre que subir la connerie des autres, ça m’a niquĂ© le cerveau.
Je vous en cause dans ce texticule d’humeurs acides, mais il n’y a pas que la rĂ©action des cons, des crĂ©tins, des ahuris, des vautours dans les shows de bagnoles anciennes auxquels je participe dans l’espoir de plus en plus illusoire de vendre des objets rares et prĂ©cieux Ă des connaisseurs (le naisseur est de trop dans le mot), des Ă©picuriens savants, raffinĂ©s et polis…
Non…, cela remonte bien plus avant, aussi loin que je puisse me souvenir…, comme si j’Ă©tais Quelqu’un contre le reste du monde…
Chapitre 2
Quelqu’un contre le reste du monde…
Les gens abusent c’est vrai, tout le temps, le monde est un vampire chantait Billy Corgan… et bien le vampire, il t’a eu, il t’a sucĂ©, jusqu’Ă la moelle, tu vois Billy…, mettre un zĂ©ro sur ton t-shirt de Smashing Pumpkins ça n’a pas suffi…
Anamary m’a dit après avoir parcouru GatsbyOnline : “je te reconnais tellement dans ce que tu Ă©cris et ce que tu Ă©cris est si juste parfois, pas tout le temps… et en mĂŞme temps je ne te reconnais tellement pas“…
J’aime aller dans la vie des autres, lire ce qu’ils Ă©crivent, Ă©couter ce qu’ils disent pour voir si ça en vaut la peine.
Mais la plupart ne disent rien d’utile et n’Ă©crivent que des resucĂ©es.
Dans mes chroniques haletantes et sensuellement pesantes, je suis le roi de l’autofiction et je provoque des rĂ©actions idoines, mouillĂ©es ou turgescentes (si, si, je plais aux femmes mais aussi Ă certains transsexuels, voire Ă des homosexuels qui voient en mon cotĂ© machiste, une âme lesbienne altruiste… et ad-hoc si le tout ne sentait pas dĂ©jĂ le dĂ©jĂ -vu, Ă peine camouflĂ©… Ă savoir qu’on en veut Ă ma virilitĂ©…).
LĂ rĂ©side sans doute le bas rĂ©sille qui blesse : Ă dĂ©clamer ma vie ainsi pour la transformer en quelque chose d’indĂ©finissable, n’en deviens-je pas finalement indĂ©cryptable ?
Et donc obsolète ?
A force de souffrir ma souffrance et de croire qu’elle ne pourra jamais se terminer, ne va-t-on pas trouver lĂ la couleur si sincère et originale de mes dĂ©buts tourner au gris ?
Aurais-je perdu ma spontanéité, me serais-je refermé comme une huître, misant tout sur les faiblesses humaines ?
J’ai reçu en ce sens, des Ă©-mails de gens qui me lisent.
Il n’y avait pas de petits cochonnes j’Ă©tais déçu, mais il y avait l’Ă©-mail d’une voyante qui me disait avoir tirĂ© mes cartes “comme ça” d’après ma date de naissance et l’heure ou j’ai hurlĂ© ma soif de tĂ©ter… que j’ai donnĂ© par le passĂ©.
Elle m’a dit : “Votre phase d’errance touchera bientĂ´t Ă sa fin…, vous allez vivre un amour intense et chaotique qui va durer…, quoiqu’il dure dĂ©jĂ depuis cinq ans…, c’est une femme extraordinaire, brune, genre italienne. Alors comme j’ai Ă©tĂ© très touchĂ©e par vos messages de dĂ©sespoir, je me suis permise de vous donner un peu de mon don de voyance pour vous dire que de bonnes choses arrivent pour vous et sont faites pour durer. Si j’avais vu des malheurs, je ne me serais jamais permise de vous Ă©crire. Je vous embrasse avec mon cĹ“ur. Ci-joint ma petite note pour mes petits frais”…
Je ne donne pas le prénom qui est un pseudo et qui sonne comme Madame Soleil.
Comme Simone Veil.
A qui on a reprochĂ© d’ailleurs de tuer les combattants de l’humanitĂ© dans l’Ĺ“uf.
Les morts surtout.
Alors que l’avortement est une bonne chose : le nombre d’hommes sans valeur qu’on a pu supprimer avant mĂŞme qu’ils soient nĂ©s, c’est bien je trouve…
On a beaucoup reprochĂ© Ă Simone Veil d’avoir vĂ©cu les camps de concentrations et d’avoir fait de l’ovule fĂ©condĂ© par la suite quelque chose qui n’a rien Ă voir avec l’ĂŞtre humain.
En clair on lui reprochait ce qu’on reproche d’une manière ou d’une autre aux femmes : la dĂ©cision prise.
Le choix, le chemin choisi.
Qu’il soit moral ou non lĂ n’est pas la question.
En vous Ă©crivant de cela, je me souvient d’une aventure Ă©trange, amusante, unique…, j’aime l’aventure…, un soir d’il y a longtemps, du temps ou j’Ă©tais la moitiĂ© de moi-mĂŞme, en âge aussi, mĂŞme plus, avant vingt ans, sĂ»rement, une fille extraordinaire m’a dit : je sens que tu es un lesbien Ă©teint, un faux hĂ©tĂ©ro.
C’est alors que mon radar lesbien s’est mis en route.
Les hommes sont comme ça.
Alors comment c’Ă©tait comment…, pensez-vous ?
Je commence par la fin…, j’ai eu l’impression d’avoir forcĂ© mon corps Ă faire quelque chose qu’il ne voulait pas faire et ça n’est pas bien.
Bien sĂ»r elle se rĂ©galait, je ne vois pas pourquoi garder le suspens pour la fin, elle aimait ça, elle aimait mon sexe, avant elle d’autres l’ont aimĂ©, ce n’Ă©tait pas la première, elle n’Ă©tait pas ma tante, elle s’appelait Rachell.
Dans ma tĂŞte je me disais : j’aime ou j’aime pas ?
Je suis un mec lesbien si je le fais ou pas ?
Des questions oui, idiotes.
Idiotes, effectivement si j’Ă©tais Ă votre place en me lisant je serais bien emmerdĂ©…, d’autant que vous ne connaissez pas le dĂ©but de la fin.
Donc je comprends.
Heureusement que j’y mets de l’humour encore, vous imaginez sinon ?
Bon j’ai aimĂ© et en mĂŞme temps j’Ă©tais sur la planète Mercure (l’hĂ´tel), la planète des transsexuels, je ne venais pas de VĂ©nus mais de Mars, elle venait de Hey-Jupiter.
Elle aimait mon corps et moi j’Ă©tais incapable de vous dire si j’aimais le sien.
Je n’Ă©tais pas choquĂ©…, juste interloquĂ©.
Comme je l’ai Ă©tĂ© avec ma première femme (ma tante ne compte pas).
Le pire c’est qu’après l’amour j’aime qu’on vienne me caresser pendant des heures.
Je dois ĂŞtre trop humain, je me sens inhumain.
Et vas-y que je te pelote les fesses encore une fois…
Mais lĂ , non…
Pas de pĂ©nĂ©tration…, ni d’un cotĂ© ni de l’autre, juste sensualitĂ©…
Un branlage tout de mĂŞme jusqu’Ă … maturation !
D’un coup…
Alors que je m’Ă©tais rhabillĂ©, j’avais besoin de me rhabiller tout de suite, elle m’a dit : je te dĂ©goĂ»te ?
En souriant.
J’ai dit : Non c’est moi.
Mais c’Ă©tait bien et en mĂŞme temps nouveau donc je n’arrivais pas Ă savoir.
Je n’arrive pas Ă vous dire, car : je ne me suis jamais dĂ©gonflĂ© (double sens) devant l’obstacle.
Devant le mur.
Devant l’inconnu(e).
Je vous fais chier, tant mieux, le jour oĂą vous ne serez plus indiffĂ©rent Ă tout ça, c’est que j’aurai gagnĂ© mon pari sur vous.
C’est important.
On ne donne pas son corps non plus Ă n’importe qui.
Ceux (et celles… mais l’inverse est d’autant plus vrai) qui ont Ă©tĂ© abusĂ©(e)s le comprennent mieux que les autres : le corps s’il est sacrĂ© l’est d’abord pour soi.
Comme j’ai fait, le donner Ă n’importe qui, c’est quelque chose d’absurde.
Comme dit Tori Amos : Give me peace, love, and a hard cock.
Mais je ne sais pas.
J’ai l’impression d’ĂŞtre dans un rĂŞve alors que je suis Ă©veillĂ©.
Enfin je crois.
Mais si le rĂŞve ne s’Ă©tait pas terminĂ©, si j’Ă©tais restĂ© avec Rachell Ă recommencer une seconde fois, plus… profondĂ©ment ?
J’aurais Ă©tĂ© condamnĂ© Ă la perversion je vous dis.
Piting !
Je veux la paix, je veux l’amour et je veux du sexe crade, de temps Ă autre…
Mais il n’y a pas que le sexe…
Au fait…, oui… pas de prĂ©puce, mĂŞme transsexuelle, jusqu’au bout du bout, Rachell elle s’appelait, David sur le passeport…
Le prĂ©puce enlevĂ©, c’est cachère… et en plus propre pour la vie…
Vous savez toutes et tous que j’ai Ă©crit il y a trois ans, en 8 jours, un livre que j’ai nommĂ© “Dictatucratie“, que toutes et tous pouvez lire gratuitement sur www.GatsbyOnline.com (vous n’avez qu’Ă chercher ou est le panneau/page, ça vous permettra de lire… et mĂ©dire), ce titre est une gĂ©niale invention (si, si…), une contraction de dictature et dĂ©mocratie…
Je l’ai dĂ©bitĂ© comme un boucher un cochon, au fur et Ă mesure des attentats de Londres qu’on croyait rĂ©ellement perpĂ©trĂ©s par des sbires de ben Laden…
Faux, c’Ă©tait au dĂ©part une illumination…, en rĂ©alitĂ© des terroristes manipulĂ©s par la CIA et le Mossad…, ce qui m’a fait revenir sur les attentats de Madrid et ceux de New-York.
Avec le temps passant, un ami, ex-truand, mais sympathique crapule, mon brother, Patrick Henderickx, un mec bien, mĂŞme un peu menteur mais nous le sommes tous, mĂŞme vis-Ă -vis de nous-mĂŞmes…, m’a proposĂ© de réécrire mon bouquin, en commun…, pour le meilleur et pour le pire !
C’est comme ça qu’est nĂ© le bouquin maudit : “Les Protocoles de Sion“…
On y a tout dit, en Ă©crit, après une enquĂŞte de deux ans…
C’Ă©tait bien Mossad et CIA qui avaient fait le coup !
Simple !
Je vais pas tout rĂ©expliquer ici, achetez le bouquin, il est proposĂ© en ligne sur GatsbyOnline, faut pas trop en vouloir en gratuitĂ©…!
MĂŞme pas encore en vente fin 2006 que les gens de Sion Ă©crivaient dĂ©jĂ qu’il serait bientĂ´t retirĂ© des librairies !
Durée de vie 3 mois, point !
En mars 2007, fini… pilonnage !
En finale, plainte en Justice et menaces pour antisĂ©mitisme, comme anti-sĂ©isme, voire anti-séïdes…, sĂ©mites &co…
Pire !
J’ai racontĂ© ma famille, mon père handicapĂ© des suites, enfui d’un camp de concentration nazi…
Bandes d’enculĂ©s…, je rĂ©pète, enculĂ©s…., la guerre c’Ă©tait pas que votre souffrance, il y a eu celle des autres, la nĂ´tre, les Français et les Belges non-juifs, mais pas pour autant nazis…, bande d’enculĂ©s, pas tous mais vous qui m’avez traitĂ© d’antisĂ©mite…
Vous confondez les genres…, j’ai rien Ă voir avec Chatilah, ni avec Chabrah, ni avec d’autres saloperies comme terrorisme Juif Ă l’HĂ´tel Roi-David et ailleurs, assassinat de soldats britanniques, de civils aussi, de Palestiniens beaucoup, femmes et enfants sans discernement…, Kol-NidrĂ© après…, le mur de Sharon, la honte des coupures d’Ă©lectricitĂ© dans la bande de Gaza et autres…, y compris la Zion Oil Co qui affiche pomper le pĂ©trole Palestinien au seul profit Juif au nom de D’…, en chansons, psaumes et pitreries…
J’ai pourtant aimĂ© Exodus…, le film, je prĂ©cise, qui m’a fait pleurer la honte…, que mĂŞme je voulais m’engager, travailler en Kibboutz, saluer l’Ă©toile de David…
Piting d’enculĂ©s…, j’ai mĂŞme criĂ© ma joie quand vous avez mis la pâtĂ©e aux Arabes durant la guerre des 6 jours…
Oui…
J’Ă©tais con…
J’ai Ă©tĂ© con…
Mais vous en avez trop fait !
A force de lobbying pour faire passer des lois condamnant jusqu’Ă la libertĂ© de penser et de remettre en cause, les choses, les perspectives…, Ă force de voir la DruckĂ©risation galopante des Ă©missions tĂ©lĂ©s, la BruĂ©lisation bĂŞlante des variĂ©tĂ©s, les copinages, embrassades entre-amies-amis, tous frères…, lobbying partouze, menaces, corruptions, chantage de procès et faux attentats…, j’ai senti avant tout le monde qu’on nous parquait toutes et tous dans un Guantanamo-bay-camp universel de la pensĂ©e unique, le nouvel ordre mondial avec JĂ©rusalem-hĂ©breu comme capitale !
LĂ , non, lĂ c’est trop !
J’ai plus aimĂ© les Rachell’s du coup, j’en avais dĂ©jĂ connu un…
Ca suffisait, mĂŞme si c’Ă©tait un amalgame, je vous copiais…
A force de trop en faire, Ă force de lier le monde style pire que sadomasochiste, vous avez créé l’envie de tout remettre en question…, trop de lois en obligations forcĂ©es, sans besoin, hors nature, on pousse Ă la rĂ©volution, au ras-le-bol…, pareil qu’en ’33 et suivants…, vous auriez du retenir la leçon, sauf si comme on dit…, ça vous arrange quelque part d’ĂŞtre martyrs !
Car, en fait, en rĂ©alitĂ©, vous avez renversĂ© les rĂ´les…
Ce qui suit…, remplacez Juif par Palestinien et c’est presque la mĂŞme situation…
Non ?
Pas sĂ»r, si pas aussi crĂ»ment, au moins aussi psychologiquement…
J’ai lu CĂ©line aussi…, prophĂ©tique, un gĂ©nie de l’Ă©crit…
Les ChrĂ©tiens ont fait pareil avec GalilĂ©e, et pourtant elle tourne vraiment…, lĂ c’est pareil…
Tuer un gĂ©nie pour son talent, au nom d’une idĂ©ologie !!!!
D’autant, que vous en rĂŞvez, hein mes chĂ©ris, de l’apothĂ©ose finale, l’ArguamĂ©don, Gog et Magog ?
L’atomisation de l’Iran, IsraĂ«l enfin comme le symbole de son drapeau, David entre le Nil et l’Euphrate, l’antĂ©christ amĂ©ricain sous les traits de Bush…, la jouissance ultime, l’or, les banques, l’argent, les titres, le pouvoir…
Le prix du carnage ?
Nous !
Moi aussi !
Pas d’accord…
Et lĂ , c’est quoi ces tours qui brĂ»laient Ă New-York ?
Comme des cheminées qui fument et puent ?
C’est nous qui BruĂ©lons ? ou c’est nous qu’elles brĂ»lent ?
Tu croyais, toi qui me lit, abruti, que c’Ă©taient des usines ?
Non, la neige qui tombe sur toi c’est de la cendre et dans les conduits c’est de la graisse et c’est nous qu’ils brĂ»lent parce que…, parce que ben je ne sais pas trop pourquoi, mais ils nous dĂ©testent tout en ayant besoin de nous, de la puissance militaire amĂ©ricaine et de tout l’or du monde…
Au nom de D’… qu’ils n’osent mĂŞme pas Ă©crire Dieu !
Piting !
J’enrage !
En Pologne aussi en avant-guerre, que c’Ă©tait dĂ©jĂ la guerre.
Les Polonais, j’en connasse un, prĂ©sident, qui a autodafĂ© mon livre, en plein Parlement EuropĂ©en…
J’ai connu un Polonais-Juif, si, si, il y en avait plein, un gentil garçon qui mentait comme il respirait, presque un futur Pape…, voire un futur PrĂ©sident au Parlement EuropĂ©en…, j’ai Ă©crit “Presque” !
Le mec m’a dit : ils font chier avec leur Auschwitz, leur Birkenau, leurs faux sentiments Ă la gomme. On ramassait les cadavres avec des crochets, on plantait des cadavres maigres, parfois Ă moitiĂ© brĂ»lĂ©s dĂ©jĂ . On les mettait les uns sur les autres, ça donnait des visions Dantesque. On mettait le feu, on abattait les femmes, les enfants, on leur mentait aux Juifs nobles, pour qu’ils rentrent dans les fours, bien sĂ»r ils n’Ă©taient pas dupes lorsque nus ils rentraient vivants dans les grands fours. Ils Ă©taient entassĂ©s nus et vivants dedans, ils pleuraient et Ă©touffaient. On leur donnait du savon et on leur disait de respirer le gaz qui Ă©tait un dĂ©sinfectant. Et lorsqu’on ouvrait les portes, un tas de corps morts s’effondrait. Ils Ă©taient tous allĂ©s frapper les portes. Certains Ă©taient encore animĂ©s de spasmes. Peu d’entre eux avaient envie de penser Ă tomber amoureux. D’autres fours servaient Ă brĂ»ler les cadavres. Dans les baraquements, elle est morte avec sa soeur après son journal intime, du typhus. Elle, elle avait onze ans, sa famille fusillĂ©e devant ses yeux, elle Ă©tait cachĂ©e. Elle est allĂ©e dans la forĂŞt, pendant deux ans elle a vĂ©cu toute seule, elle dĂ©lirait triste. Elle n’Ă©tait qu’une enfant. Un jour un soldat Allemand qui passait par lĂ a voulu la violer. Il l’aurait violĂ©e et il l’aurait tuĂ©e après si elle ne lui avait pas plantĂ© son couteau dans le ventre, Ă douze ans. Elle racontait ça des annĂ©es après en pleurant. On jouait parfois de la musique pour des exĂ©cutions. Il n’y avait pas de Tuning, ni de SMS, ni de portables, juste la mort. Les enfants Ă©taient envoyĂ©s Ă la mort par milliers. On enterrait parfois les gens vivants pour aller encore plus vite. On brĂ»lait les tĂ©tons Ă vif. Les scientifiques, une odeur de cochon grillĂ© qu’ils disaient en s’amusant. Le corps Ă©tait dĂ©membrĂ©. Bien sĂ»r les crochets croustillaient la chair des cadavres Ă moitiĂ© calcinĂ©s. D’un camp Ă droite et Ă gauche. A droite la vie, Ă gauche la mort. On arrachait la peau. On transformait la vermine Ă l’Ă©tat de matière première.
L’horreur…
Il a survĂ©cu mais il n’arrive toujours pas Ă en parler autrement.
Il a survĂ©cu, mais il faut savoir comment…
Soixante ans après, sauf qu’il dit qu’il Ă©tait Kapo, Juif, qu’il l’a fait pour sauver sa peau…
Il chante Ă la Synagogue, Kol-nidrĂ©…, Kol-NidrĂ©…
Si, si…, il ose…
On lui a tout pardonnĂ©, l’a eu des mĂ©dailles, l’a mĂŞme dĂ©filĂ© devant le roi des Belges, qui s’en est pas Ă©mu vu que son Grand-père, arrière, LĂ©opold II, a fait pire, 10 millions de noirs contre 6 millions de Juifs au moustachu…
Pourquoi Hitler et pas Léopold ?
De toute façon tout le monde roule en voitures allemandes, surtout en IsraĂ«l, mĂŞme que la PrĂ©sidente Germaine, Merkell, elle veut pas contribuer Ă plus d’Ă©cologie automobile et menace…
Piting, c’est quoi ce monde de tarĂ©s ?
Et pendant ce temps, nous, on crève…
Mourir dans un camp ou mourir de crever, c’est mourir quand mĂŞme…
Il a quoi mon Papa, comme pension, pour avoir sauvé des Juifs, donné une jambe à sa belge patrie ?
300 euros par mois !
Et il y en a qui gagnent 5 Ă 10 fois plus et qui font grève en bloquant les trains…
Piting de syndicalistes…
Finalement, hein, tous pourris, chacun, chacune pour soi et le monde au diable…
N’empĂŞche qu’en passant, Ă les voir, dĂ©corĂ©s, les ceusses de Kol-NidrĂ© que c’Ă©taient eux mais pas vraiment eux qui avaient poussĂ© leurs frères et soeurs dans les fours…, en passant, les gens faisaient un signe Ă©trange, un doigt sous la gorge, de gauche Ă droite, pas plus, parce qu’avec les lois antisĂ©mites, ils risquaient un procès…
Critiquez pas, malheureux, une marque dans laquelle se vĂ©hiculait Hitler, on a prĂ©fĂ©rĂ© voler et tuer le père Peugeot…, plus facile…, pareil quand Focke-Wulf Ă rachetĂ© Spitfire… (lisez BMW a rachetĂ© Rolls-Royce), ils ne comprenaient pas les gens…, mais ils ne peuvent rien dire non plus…, que ça n’a servi Ă rien de mourir Ă la guerre ou d’en revenir handicapĂ©, comme mon père…
Je termine l’histoire du Polonais…
Dans la rue, lorsque les amĂ©ricains sont arrivĂ©s, libĂ©ration, libĂ©ration…, le Polonais a tirĂ© dans le visage de son bĂ©bĂ© et ensuite comme le sang a arrosĂ© le visage de sa femme et qu’elle hurlait, paniquĂ©e, elle a laissĂ© tomber le corps de l’enfant par terre.
Le Polonais a donnĂ© un coup de talon dans le visage qui n’Ă©tait plus qu’une bouille de sang et de chair.
La mandibule avait éclatée en morceaux.
Le Polonais n’a pas tuĂ© ensuite la mère juste pour la souffrance, la jeune femme de vingt-six ans, devant le petit garçon qui n’avait que la moitiĂ© de sa mâchoire Ă©clatĂ©e, garçon qui est devenu un homme après la guerre jusqu’Ă aujourd’hui pour qu’il raconte : les nazis arrivaient, montaient l’escalier, les bottes claquaient, tac tac tac, Maman a prĂ©fĂ©rĂ© se tirer une balle dans la bouche, paniquĂ©e…, lui, Papa, il a sautĂ© par la fenĂŞtre du deuxième Ă©tage : juste le poignet foulĂ©.
La chance.
Kol-NidrĂ© je vous dit…, Kol-NidrĂ©… et c’est loin d’ĂŞtre fini !
Pour en arriver lĂ : il parle d’Auschwitz, Birkenau, z’avez-lu comment ?
En quels termes !
Que faisait Jésus pendant ce temps-là ?
Hein ?
En chemise jaune et cravate de circonstance ?
Non ?
J’ai pris un quatrième rendez-vous avec mon psy pour avaler toutes les saloperies de la vie, je ne sais pas si ça me fait du bien mais quelque chose Ă changĂ© : j’ai laissĂ© dire le Polonais, ses commentaires.
Je ne me suis même pas mis en colère contre lui.
Piting de vie…
Bienvenue sur Terre.
Les humains Ă dĂ©faut d’ĂŞtre tous racistes sont pĂ©tris de bonnes intentions souvent, ça fait des bombes atomiques et des femmes noires violĂ©es et Ă©tranglĂ©es ensuite, laissĂ©e près des cimetières, certainement pour qu’on les enterre plus vite.
Le Polonais a dit au Juge : elle a dĂ» jouir avant quand mĂŞme un peu…
Cynique.
Il semblait ne pas rĂ©aliser l’horreur de la situation.
On a dit qu’il avait des circonstances attĂ©nuantes, qu’il avait du travailler comme Kapo dans un camp de concentration…, ce n’Ă©tait qu’une noire…, a renchĂ©rit un Rabbin, mĂŞme pas Juive…
Vous pensez quoi ?
Comme moi ?
Faites gaffe…, c’est antisĂ©mite, comme critiquer Drucker !
Charlène voulait nourrir mes Ă©crits et mes photos des gens que je rencontrais…
Kol-Nidré !
Charlène me disait qu’elle avait le clitoris percĂ©.
Je ne l’ai pas crĂ»e.
Elle m’a montrĂ© vaguement, en effet, et pas que le clitoris, le nombril.
Dans ma tĂŞte je savais que j’Ă©tais dans une autre voie, parallèle d’ailleurs, pas mieux, celle des Ă©ternels affligĂ©s.
Si Dieu existait et qu’il comprenait les pensĂ©es d’une jeune femme, il pourrait comprendre son dĂ©sarroi face Ă la chair qui a poussĂ© de la terre comme les arbres et le reste.
Le Polonais lui disait : quand tu caresses l’Ă©corce des arbres, tu caresses le torse d’un homme.
Il trouvait que les térébinthes sentaient le sperme.
Une odeur de foutre, je cite….
La puretĂ© lui donnait le vertige, son corps vieillissait, il l’avait perdu.
Tout n’est que Sexuel.
Charlène me racontait les attaques sexuelles du Polonais…
Le Polonais avait une rĂ©putation de coureur de jupons, il allait au bar et saluait les hommes qui jouaient au poker Ă table, il buvait un rouge, c’Ă©tait un original.
Les vieilles mères ne l’aimaient pas.
Sur les murs, les maisons dĂ©faites, ça sentait l’urine, une odeur d’urine de bière.
Il n’aimait pas Charlène : ses seins en avant, son cul bien en arrière pour tordre, il l’a tordue dans son âme.
Dans tous les sens du terme.
Je ne comprenais pas pourquoi la sexualité était un cas de conscience.
Pourquoi l’importance se disputait Ă la gaudriole et au nĂ©ant.
Le pire c’est la fausse pitiĂ©.
N’ayez pas pitiĂ© juste de vous-mĂŞme lorsque vous donnez votre pitiĂ© Ă une femme violĂ©e, parce que la sociĂ©tĂ© ne sait pas en parler.
C’est toujours selon des limites rigides, des codes pour faire propre.
Un viol ce n’est pas propre, comme tuer une femme Noire, mais les deux en mĂŞme temps, ça a des circonstances attĂ©nuantes…
Cette femme noire n’aurait jamais dĂ» mourir et j’ai pleurĂ© ce jour-lĂ : elle est morte dans d’horribles souffrances.
J’avais du chagrin pour moi et pour elle.
Qu’on viole puis qu’on tue, jetĂ©e près d’un cimetière.
Je jouais souvent près d’un cimetière, petit homme.
Les morts étaient les derniers êtres de la planète à pouvoir me faire du mal.
Sa famille a dĂ» avoir tellement de peine et de chagrin.
Je ne sais pas comment ils font pour supporter.
La mort d’une mère Noire violĂ©e et assassinĂ©e justement parce que les autoritĂ©s font moins de zèle avec les femmes noires violĂ©es et assassinĂ©es qu’avec ceusses de certaines communautĂ©s.
Kol-Nidré, piting !
Anamary m’a dit : il faut briser nos chaĂ®nes mais la sociĂ©tĂ© ne veut pas : l’homme seul et intelligent lui fait tout pour que ses liens se brisent et qu’il devienne enfin libre, il faut ĂŞtre libre.
Il te reste encore tes propres chaînes, Anamary, les chaînes sociales, tu as réussi ma belle à les enlever.
C’est vrai, je suis très fier de ça : des gens ont envie d’ĂŞtre mĂ©chant avec moi quant ils me lisent.
Pourquoi ?
Le narcissisme imposé ?
La façon d’imposer certaines choses ?
Anamary m’a dit encore : tu Ă©cris des choses pures, mĂŞme les machins sexuels finalement mon amour, tu es mon amour encore oui mĂŞme si c’est fini et je suis bien sans toi comme j’Ă©tais bien avec toi, tu comprends quelque chose Ă cet Ă©trange sentiment ?
Non bien sûr, tu es très jeune encore ma belle.
Tu te crois sortie de la cuisse de Jupiter.
On me dit beaucoup de choses pas justes, je dois supporter beaucoup, beaucoup, beaucoup, de choses pas justes, je ne dirai pas que je subis beaucoup d’injustices, je dirais de choses pas justes, la chose attĂ©nue.
Anamary, tu es sortie de quelle cuisse, toi, pour me dire ça ?
Allons-y.
Charles Trenet ne jouissait qu’en se masturbant.
Edgar lui pinçait les tĂ©tons c’Ă©tait tout.
Trenet jouissait, hop !
Puis se nettoyait.
La sodomie, il n’avait plus l’âge des exploits.
Bien sûr, je fais du mauvais esprit, honte à moi.
Honte à moi de raconter ça, qui est vrai.
Trenet amenait de jeunes garçons, Ă l’Ă©poque c’Ă©tait pas encore de la pĂ©dophilie, tout au plus de la pĂ©dĂ©rastie.
Des jeunes, aujourd’hui les associations contre les viols d’enfants hurleraient d’horreur.
Des momies du Pérou.
Elles auraient tort car : monsieur fais-moi l’amour, fais-moi l’amour….
C’est logique.
Trenet ensuite mettait un peignoir blanc, je crois, et allait jouer au piano des mélodies.
A Cabourg, avec son frère de lait, Edgar couchait aussi.
Trenet ensuite chantait “la mer“, “douce France“, “y’a d’la joie“…, j’en connasse un autre qui chante les mĂŞmes chansons…
Kol-Nidré aussi, piting !
Proust dans son lit qui ne vivait plus que dans son lit, etc etc.
That’s it…. ist’nt !
Si on savait comment couchaient les artistes, ce qu’ils font vraiment dans leur intimitĂ©… et pas leur intime, arrĂŞtez de confondre par pitiĂ©, on les Ă©couterait avec une autre oreille c’est certain, vous ne supporteriez pas, comme moi, que ces ceusses-lĂ , pourris viennent faire morale après chansons-pognon !
Mais c’est bien de ne pas tout savoir.
Comme moi, j’ai la ferme intention de jouir dans peu de temps… et pas que de me relire !
Katia est une des amantes d’Anamary, elle a vingt-sept ans.
Elle a été élevée dans la religion musulmane.
Elle m’a embrassĂ©e hier soir sur la bouche avec la langue, comme je n’Ă©tais que mĂ©lancolie cabossĂ©e, je me suis laissĂ© emporter par ce flux, par le flux de la tendresse.
Douce.
J’ai aimĂ© ce baiser car elle embrasse bien.
Je suis un mec, je lui ai dit : et tu es l’amante d’Anamary…!
Elle n’a pas voulu entendre ce fait, elle a fait comme si…
Faire comme si.
En fait elle nous voulait ensemble, Anamary, elle et moi…, un fantasme !
Son père est musulman.
Sa mère est musulmane.
Couverte de la tête aux pieds, hiver comme été, printemps comme automne.
Burka !
La prière plusieurs fois par jour.
Se nettoyer les oreilles, la bouche, les pieds, les mains.
Dieu a besoin de tout ça ?
Il faudrait lui demander personnellement.
Car voilĂ le message vĂ©hiculĂ© : mĂŞme si ĂŞtre lesbienne est marcher dans la voie du pĂ©chĂ©, il me semble que dans n’importe quel texte religieux Dieu dit : choisi…, choisi ton chemin, quel qu’il soit.
Mais, il y a pire que l’eau froide, il y a l’eau tiède.
C’est pire.
Katia ne croit pas en Allah.
Elle l’emmerde, d’après ses propres dires.
Elle emmerde ses frères aussi, qui surveillent ses moindres faits et gestes avec les garçons : ils sont cons, m’a dit Katia, parce qu’ils voulaient que j’aille avec les filles, ils ne savaient pas que j’Ă©tais lesbienne. Quand on leur a dit, je me suis faite casser la gueule…, par mes propres frères !
Elle ne les voit plus aujourd’hui.
J’avais pris un cafĂ©-crème et elle un cafĂ© normal.
En soirĂ©e, je l’avais vu boire des Mojitos, elle avait fait un concours idiot et pas drĂ´le Ă mon sens.
Elle était avec Anamary : il faut faire attention aux requins-femelles qui nagent dans les rues.
Dans l’air aussi.
Katia m’a parlĂ© très ouvertement et très franchement de son histoire.
Elle n’a rien d’ouvertement fĂ©minin (sans jeu de mot), seul son visage la trahit.
Mais elle s’habille maintenant comme un garçon.
La plupart du temps, les androgynes ne sont ni beaux ni moches, ils sont…, alors qu’elle, c’est une fille androgyne mais belle.
C’est rare.
Je me sentais Ă l’aise : j’avais l’assurance que mes histoires les plus sombres n’allaient pas ĂŞtre mal jugĂ©es ou mal interprĂ©tĂ©es.
Je n’ai pas Ă©tĂ© jugĂ© avec Katia.
Et donc en retour je lui ai rendu son cadeau : je n’ai pas jugĂ©.
Contrairement à une vieille soirée avec des syndicalistes.
Ils font beaucoup de notes de frais, ils trichent beaucoup dans leur propre mĂ©tier pour l’argent, Ă leur place j’en ferai autant mais moi ça me dĂ©passe qu’on puisse accepter un système pareil.
Que l’hypocrisie soit devenue drĂ´le et amusante Ă pratiquer.
Périlleuse mais fun.
Un gros type qui buvait sur sa chaise disait : j’ai fait passer plus de mille euros de faux frais de dĂ©placement alors que je suis restĂ© chez moi Ă bouffer du cassoulet… et ils n’ont rien vu dans le site, au bureau.
Ce soir-lĂ , aucune femme ne m’a draguĂ© et heureusement, je n’Ă©tais pas d’humeur (vous allez dire que je suis rarement d’humeur mais c’est faux).
Rires : ahahahahahahahahah !
Ils ont rit Ă son discours au type.
Ensuite, avec des airs intĂ©ressĂ©s de spĂ©cialistes concernĂ©s, ils disaient que les sites allaient fermer, que la Chine… etc etc.
Les bouteilles de vin se vidaient sur la table.
Ils se bâfraient.
J’en restais clouĂ© de mutisme sur ma chaise.
Le rire fait passer beaucoup de choses.
J’adore rire d’ailleurs.
Surtout quand on me plante un couteau dans le cœur.
Katia me parlait souvent des garçons de sa citĂ© qui se moquaient d’elle parce qu’elle faisait la fille-garçon et que ça ne marchait pas.
Elle voulait se battre.
Elle était émue en parlant de tout ça.
Ses parents voulaient la faire soigner de son lesbianisme en la renvoyant en Algérie avec au programme : apprentissage intensif du Coran, enfermement chez un oncle et une tante pour qui elle aurait dû faire la cuisine et le ménage.
Mais elle s’est dĂ©fendue.
Ses frères l’ont humiliĂ©e, ils lui ont crachĂ© dessus, ils auraient voulu la tuer, comme une certaine Pakistanaise, il y a quelques mois.
SĂ»rement qu’ils Ă©taient pervers.
Qu’ils devaient rĂŞver sexuellement de leur soeur, qu’ils avaient envie de la prendre, sinon pourquoi un frère cracherait sa salive puante sur le corps de sa soeur ?
Allah est dĂ©cidĂ©ment un sacrĂ© lâche, il n’a rien Ă envier Ă Buddha, Ă JĂ©hovah, Ă JĂ©sus.
Un Sacré, oui, mais un sacré lâche.
Katia m’a dit : Allah c’est un mensonge des hommes pour tenir les femmes en laisse, pour les baiser et les violenter, qu’elles acceptent leurs dĂ©lires sexuels. Comme JĂ©sus, il a Ă©tĂ© inventĂ© pour ĂŞtre interprĂ©tĂ© Ă l’infini, par tout le monde, tout le temps partout. A Lourdes il sert Ă vendre des statuettes, dans les Ă©glises, il sert Ă vous donner bonne conscience. Ou alors aux commères du coin de se rĂ©unir pour parler…
Un air triste de guitare seule aurait eu le mĂŞme effet dans mes oreilles que ce baiser tendre.
Il m’a fait du bien.
Il m’a donnĂ© envie d’aimer les gens.
Il m’a donnĂ© envie de pardonner Ă ceusses que j’ai dĂ©crit avec virulence dans mon texte ci-avant…, un baiser Arabe pour pardonner aux Juifs…
J’ai eu envie d’attendre encore, d’ĂŞtre dans ses bras.
Je ne l’ai pas invitĂ©e chez moi, sinon je crois que dans la ligne de la mĂ©lancolie, j’aurais couchĂ© avec elle. Je lui ai promis qu’on se reverrait.
Elle sait qu’Allah est trop petit, trop bas pour moi.
Que je ne peux pas.
Qu’il faut Ă©couter ce qu’on peut faire et ce qu’on ne peut pas.
Que la mĂ©lancolie est douce et qu’il faut en faire du sucre dans le sang, en Ă©vitant si possible le diabète.
J’ai aimĂ© parce que, chez moi, je me suis assis en pleine nuit en regardant un film, un de mes films prĂ©fĂ©rĂ©s et que Katia devait rentrer chez elle, avec en tĂŞte ce qu’elle m’a racontĂ©.
Et puis j’ai imaginĂ© notre table, avec les tasses des cafĂ©s encore fumantes.
Mais nous n’Ă©tions plus lĂ ….
Chapitre 3
Quelqu’un contre le reste du monde…
Le nombrilisme est la gloire de l’inhumanitĂ© humaine.
Depuis Montaigne, on sait enfin dĂ©crire l’humain, particulièrement la connerie humaine.
Elle fait la fortune des uns, elle est le gĂ©nie des autres, elle est aussi un puits sans fond de bĂŞtises. Pourtant le monde est pessimiste, l’atmosphère des jours est noire et les nuits blanches de cauchemars. L’angoisse se vend bien, l’optimisme non. Les mĂ©dias ne parlent que des vainqueurs, mais c’est souvent miracle de gagner.
En fait tout le monde perd, c’est la finalitĂ© de l’activitĂ© humaine.
Fidèle Ă moi-mĂŞme, j’ai rĂ©solu, après quelques verres de Battida de Coco, hips!, de vous Ă©crire quelques conneries complĂ©mentaires, rien de moins qu’une narration de la vie sous un angle syncrĂ©tique qui vous dĂ©routera en ce chapitre 3.
A quoi reconnaĂ®tre une vĂ©ritable connerie ? Qu’est-ce qu’un non-Ă©vènement bidon ? Comment sort-on du crĂ©tinisme ambiant quotidien pour peser aussitĂ´t lourdement sur celui-ci ? Y a t’il quelques choses de commun entre l’Ă©mergence d’une imbĂ©cillitĂ© et l’apparition d’Ĺ“ufs de Pâques Ă NoĂ«l ? Pourquoi les vrais cons ont-t’ils le charisme de beignets rĂ©chauffĂ©s ? En une phrase ; comment l’histoire humaine bifurque-t’elle de l’Ă©tat de salades vers celui de loukoums ? Autant de questions noires qui vont maintenant hanter vos nuits blanches. Je vais m’Ă©vertuer Ă Ă©clairer l’intĂ©rieur de vos boĂ®tes crâniennes avec humanisme et Ă©rudition, mais surtout avec passion, avec la faconde et l’inventivitĂ© dans la narration qui me rapprochent parfois du poète ou de l’oracle. Mon dĂ©codage de la connerie des beaufs bĹ“ufs se veut un soutien Ă la comprĂ©hension de notre Ă©poque bouleversĂ©e et bouleversante, dont la richesse m’Ă©meut jusqu’Ă l’Ă©rection, tout comme le rameau s’Ă©lance de la tige… faisant surgir l’imprĂ©visible ou la nouveautĂ© apparaĂ®t. C’est que l’hypermĂ©diatisation de la non-actualitĂ©-spectacle me pose des problèmes de con-science. C’est qu’on a souvent plus que l’impression qu’on est dans une situation parce qu’on l’a dit dans le poste et Ă©crit dans les feuilles de choux ou ne naissent pas les vraies rĂ©alitĂ©s. Un Ă©vènement qui n’est pas spectacle, n’est pas un Ă©vènement. Aristote a rĂ©pondu Ă cette question angoissante au IV ième siècle avant JĂ©sus Christ qui n’a jamais existĂ©. Pour Aristote, l’essence (qui n’existait pas Ă cette Ă©poque) du spectacle, c’est la terreur et la pitiĂ©. Rien d’autre Ă dire ?Et la barbarie de ces prises d’otages, de ces dĂ©capitations filmĂ©es et diffusĂ©es sur le Web ?A rapprocher de ce qui s’est passĂ© Ă l’Ă©cole de Beslan, en OssĂ©tie. C’est de la barbarie, en effet, que de mettre Ă mort des groupes d’enfants, mais n’oublions jamais que nous avons fait beaucoup mieux en Occident. 14-18, 40-45, Hiroshima et Nagasaki, la Shoah…
Nous ne sommes pas des non-barbares, nous sommes les barbares majeurs du XXième siècle ! Par ailleurs, le massacre des innocents est dans notre culture, il figure dans les textes soi-disant sacrĂ©s. L’immolation des enfants se faisait Ă Carthage en sacrifice au dieu Baal. L’homme est le seul animal avec le rat, Ă perpĂ©trer le meurtre dans sa propre espèce. Mais il y a un progrès, une Ă©volution de l’humanitĂ©, notre sociĂ©tĂ© fait l’Ă©loge de la connerie qui est devenu un art : l’art d’ĂŞtre totalement con, mais aussi l’art de prendre les autres pour des cons.
Des plus cons que soi, bien entendu, mais qu’entendent encore les rois de la masturbation des masses ? Le progrès qui rĂ©sulte de cette jouissance molle, c’est que nous sommes scandalisĂ©s par le massacre de nos innocents, mais pas innocents de nos massacres envers les autres… Comment voulez-vous extirper la connerie qui est ancrĂ©e au plus profond de notre imbĂ©cillitĂ© lorsque, regardant benoitement le “Journal” de 20 heures de TF1, on voit et entend le grand patron de cette chaĂ®ne tĂ©lĂ©visuelle française expliquer dans une interview hallucinante, que les programmes diffusĂ©s par “sa” chaĂ®ne ne sont destinĂ©s qu’Ă prĂ©parer mentalement les spectateurs Ă capter les messages publicitaires….Dans quel paysage culturel vivons-nous ?Maintenant, les cons (et connes) qui regardent les conneries “Ă la tĂ©lĂ©” savent qu’ils (et elles) sont les esclaves de la tĂ©lĂ©vision…
Mais, abrutis par la connerie, qui pourra encore rompre ses chaĂ®nes…?
Se dĂ©chaĂ®ner…, en se dĂ©chaĂ®nant sur la bĂŞtise…Ce qui a suivi cette interview fut un ode Ă la dĂ©shumanisation…C’Ă©tait une suite d’image, une jeune fille blonde, une fausse belle, le nez en trompette, la joue rose, l’Ĺ“il absent, un cĂ´tĂ© cochon de lait, un cĂ´tĂ© porcelet, avec la petite voix mĂ©canique d’un Pokemon Ă pile. La fille s’appelait Britney Spears.
Elle était chanteuse de salle de bain, et aux dernières nouvelles elle serait maintenant chanteuse de bains-douches.
Elle donnait une interview (TF1 aime les interview) en chiquant, en faisant plein de nĹ“uds dans sa bouche et des moues de petit porcelet… et elle rĂ©pondait Ă un journaliste avec tout cet aplomb que donne une profonde stupiditĂ©. A une question sur la politique amĂ©ricaine en Irak, elle n’a pas froncĂ© les sourcils, elle n’a pas cessĂ© de chiquer, elle a juste dit ; “Un peuple doit ĂŞtre derrière son prĂ©sident“…
C’Ă©tait de la bĂŞtise.
D’imaginer cette crĂ©ature toute rose derrière George W. Bush confinait Ă la zoophilie !Plus tard le dit porcelet a voulu montrer qu’il avait beau, d’un point de vue artistique, tenir plus de la praline d’aĂ©roport que de Robert Shuman, il n’en savait pas moins ce que c’Ă©tait que la rĂ©volte…Alors, Ă l’issue d’un concert un peu chiant avec Louise Ciccone (une star dĂ©clinante des annĂ©es quatre-vingt qu’on connaissait Ă l’Ă©poque sous le nom mĂ©galomaniaque de Madonna), les deux fifilles se sont roulĂ©s une pelle.
Hou!
Les vilaines. Une pelle comme ça, c’Ă©tait encore moins d’avant-garde qu’un petit-suisse. C’Ă©tait un peu triste Ă voir.
On sentait pourtant que c’Ă©tait important pour elles d’avoir roulĂ© une pelle en public, et tout et tout, et que le monde s’Ă©tait contentĂ© de bailler un grand coup (le mĂŞme bâillement lorsque Janet Jackson a montrĂ© un sein un peu mou ornĂ© d’un tĂ©ton enserrĂ© dans un bijou sadomasochiste, sous les projecteurs)…
Après ça, d’ailleurs, Louise a encore changĂ© de nom, de Madonna elle est passĂ©e Ă Esther et elle est partie avec Marla Maples, l’ex-femme de Donald Trump, en IsraĂ«l sur les traces des cabalistes…DĂ©monstration voulant que c’est quand on s’ennuie ferme qu’on commence Ă ĂŞtre grossier…
En rĂ©alitĂ©, c’est du business, la communautĂ© Juive Ă©tant importante, c’est ainsi un moyen d’en attirer les bons offices et par la-mĂŞme d’engranger des contrats et des ventes, comme cela se passe Ă la tĂ©lĂ©vision franchouillarde, DruckĂ©risation BruĂ©lisante…, les amis et amies de nos amis et amies sont nos amis amies…
Serions-nous Ă ce point aveuglĂ©s par notre bĂŞtise, pour ne pas voir la grande ombre noire se dĂ©ployer au dessus de nos tĂŞtes ?Serions-nous Ă ce point arrogants de nos siècles de dominations occidentales, pour ne pas pressentir la menace d’un retour aux religiositĂ©s diverses que l’on croyait contenues par l’Ă©ducation et l’intelligence, mais qui ambitionnent Ă nouveau de nous imposer le grand bond en arrière d’un nĂ©o-obscurantisme ?Serions-nous Ă ce point oublieux, pour ne pas nous souvenir que cet attirail rĂ©pressif se compose toujours, immanquablement, d’un pouvoir revendiquĂ© sur les moeurs, la morale, l’enseignement, le code pĂ©nal, ainsi que de censures et de dogmes mĂ©lĂ©s ?Serions-nous Ă ce point abĂ©tis et manipulables, pour ne pas pouvoir rĂ©agir Ă la dictatucratie qui nous gouverne peu Ă peu, qui soumet toutes personnes au nom d’une transcendance, Ă une police de la pensĂ©e et un stĂ©rilisant quadrillage des esprits que les religiositĂ©s ambitionnent de finaliser en place ?Serions-nous assez pusillanimes pour ne pas nous raidir, ici et maintenant, contre la thĂ©ocratie rigoriste qui pointe le museau ?L’heure est grave, mais nul ne sonne le tocsin, nul ne donne l’alarme, nul ne donne Ă quiconque une vision rĂ©elle d’un avenir sombre. Politiciens de tous bords, honte !Honte de n’agir qu’Ă court terme, Ă courte vue, privilĂ©giant de consolider vos pouvoirs et pots de vins…Honte !Il n’y a pourtant pas de sournoiseries dans le chef de ceux qui veulent privilĂ©gier les droits de Dieu au dĂ©triment des droits de l’homme. Ils mettent cartes sur table, ils annoncent la couleur, et quand ils se mettent Ă gagner des Ă©lections, ils font claquer leurs Ă©tendards et crient “Dieu est grand“…Pour ces gens-lĂ , la religion doit ĂŞtre comme l’air que nous respirons, elle doit nous imbiber, elle doit dĂ©construire ce que la raison a mis quelques siècles Ă construire, elle doit rĂ©cuser le libre examen, elle doit pĂ©nĂ©trer les cerveaux, les cĹ“urs et le ventre des femmes, rĂ©ceptacles comme ils disent, d’impuretĂ©s et de turpitudes…La honte !C’est Ă dire, comme chaque fois que se profile “l’Infâme” cher Ă Voltaire et, quel que soit son dĂ©guisement, Ă le combattre Ă visière relevĂ©e, sans abuser de ces lubrifiants oratoires utilisĂ©s par les politicards de tous bords, lubrifiants spermatiques qui poissent les argumentations pertinentes…Bref, ce tableau des perfidies premières du monde Ă©tant brossĂ©, il faut en venir tout naturellement Ă ce qui abasourdit notre quotidien. Et ce qui l’abasourdit c’est l’effet miroir de nos turpitudes, et l’effet miroir des turpitudes des autres. Nous glissons vers une nouvelle guerre des religions, une guerre des religiositĂ©s. Il est faux et dangereux, en toutes circonstances, de penser qu’une raison d’opportunitĂ© puisse altĂ©rer une exigeance. Il faut remettre perpĂ©tuellement en cause toutes les idĂ©es, principes et constructions spirituelles qui marquent les Ă©tapes de la trajectoire humaine afin d’atteindre Ă la libertĂ©, la vraie libertĂ©, c’est Ă dire l’exact contraire des religiositĂ©s faites de dogmes et de croyances dĂ©votes Ă des choses stupides qui le deviennent encore plus au fur et Ă mesure que l’intelligence rayonne. Les religiositĂ©s sont l’obscurantisme.
Qui sommes-nous ?C’est sans doute la plus vieille question de l’humanitĂ©.
L’homme, animal douĂ© de raison (de dĂ©raison aussi) aime beaucoup s’inquiĂ©ter de lui-mĂŞme. Sans aucune pitiĂ© pour nos angoisses, les autres, indiffĂ©rents, nous balancent en pleine face la question de l’identitĂ© et de la diffĂ©rence.
Toujours dans l’indiffĂ©rence…C’est une kermesse de l’atroce banalitĂ© et de la banale atrocitĂ©. On croise au hasard de la vie, et dans le plus grand dĂ©sordre (mental aussi), des enfants, des trisomiques, des transsexuels, des femmes qui voudraient ĂŞtre laides, d’autres qui voudraient ĂŞtre belles, des affairistes secouĂ©s, des fonctionnaires dĂ©lateurs de mauvaises idĂ©es, des cons, des demis-cons, des plus-que-cons, des gĂ©nies (souvent mĂ©connus) et quantitĂ©s d’autres…Beaucoup allument chaque matin un cierge (voire un chandelier Ă 7 branches, ou les deux en mĂŞme temps pour ĂŞtre certain d’aboutir, comme Madonna…), en espĂ©rant un miracle. C’est souvent Ă ce moment de candides bĂŞtises, que les ĂŞtres humains deviennent inhumains de cynisme bienveillant d’eux-mĂŞmes, leurs Ă©motions dĂ©voilant leurs failles intĂ©rieures. Ils parlent, ils avouent faussement, trahissent et s’offrent, donnent Ă voir leur corps et leur âme qui n’existe que dans leurs croyances pour s’aider Ă vivre puis mourir.Ils donnent Ă voir les coulisses tortueuses des ĂŞtres humains inhumains… et nous nous mirons en eux avec un point de vue vertigineux et confus, dans une dramaturgie ou chacun s’excite dans son personnage. Alors, ces reflets de non-âmes en dĂ©tresse font virer les relations en conflits, en disputes, ou au contraire en des moments de grâce portĂ©s par une musique intĂ©rieure…Souvent hĂ©las, ça joue faux. DĂ©calĂ©s, vous qui ne vous sentez pas Ă votre place, frustrĂ©s, inadaptĂ©s, râleurs, cyniques, dĂ©sabusĂ©s… , sachez qu’on est tous jeunes puis moins jeunes avant d’ĂŞtre vieux et de mourir. C’est l’inĂ©luctable de la condition humaine. On est Ă peine nĂ©s qu’on commence Ă mourir…La pulsion de vie ne s’Ă©teint pas avec l’âge, mĂŞme si on sait qu’on va mourir dans quelques heures, jours, mois annĂ©es… Le temps ne fait rien Ă cette affaire de dupes…Au moment ou votre rein gauche sera encore plus pourri que le droit, que vous agoniserez en vomissant le monde et son cortège de conneries, vous parviendrez encore Ă rĂ©pondre Ă un autre dont les poumons cancĂ©risent de nicotine publicitaire d’illusion qui vous demandera ; “Ca va vous ?”…. “Oui très bien juste un petit calcul au rein, et vous ?“…. “Oh!, juste une angine“…L’art de rebondir…Avant d’ĂŞtre si loin, il reste la capacitĂ© que nous avons de rebondir après (ou pendant) un malheur.
J’ai moi-mĂŞme vĂ©cu une grande blessure, des faits tellement intenses que j’ai Ă©tĂ© dĂ©chirĂ©, que je ne pouvais plus comprendre les raisons de la bĂŞtise humaine, la mentalitĂ© des fonctionnaires gestapistes, les mĂ©thodes inquisitoriales d’une justice dĂ©shumanisĂ©e.
J’Ă©tais hĂ©bĂ©tĂ© au point ou j’ai mĂŞme pensĂ© me suicider…
Ce ne fut que l’espace d’une nuit…Je me suis dit, toujours lucide, mais devenant dĂ©jĂ amer et caustique : Ou bien je me suicide, ou bien je reste dans cet Ă©tat, et dans ce cas je vais souffrir d’un syndrome psychodramatique qui va affecte le reste de mes jours…Ou alors je rebondis sur la connerie humaine, sur les institutions hĂ©ritĂ©es du nazisme (nos administrations…, fonctionnaires je vous hait)… et je revis…Il n’a pas Ă©tĂ© facile d’inscrire cette dĂ©chirure traumatique dans mon histoire, elle vit toujours en moi comme si c’Ă©tait encore aujourd’hui.
Des flashs d’images me reviennent et certaines nuits quand je m’endors, des cauchemars mettent en scène ce que j’ai vĂ©cu. Si je restais dans cet Ă©tat la vie allait perdre son goĂ»t, j’allais ĂŞtre prisonnier d’une certaine horreur, j’allais perdre le statut de personne anormalement normale…J’ai rebondi…
Je suis devenu “normophobe“…Les “normopathes” ne croient qu’en eux, ne supportent pas les histoires autres que normales.
Les “normopathes” croient en dieu (qu’importe le dieu, le leur est le seul vrai), croient en la justice, saluent les politiciens et sont en extase devant les rois et reines (mĂŞme de la connerie), princes et barons (mĂŞme de la drogue), imperators et empereurs (mĂŞme du crime), pourvu qu’ils peuvent continuer de fonctionner. Les “normopathes” ont une gourmandise sadique de ce qui arrive aux autres(surtout quand c’est de leur faute), les “normopathes” comprennent tout de travers et posent des questions absurdes en suivant leur manuel politiquement correct…Les “normopathes” ont la pitiĂ© facile, donnent un cent d’euros pour aider les “pauvres” Ă vivre en leur disant : Avec ce qui vous est arrivĂ©, vous ne pourrez jamais vous en remettre, mais priez, dieu vous viendra en aide, et sitĂ´t passĂ© le coin de rue, ils vous dĂ©noncent…Inutile donc, pour un “normophobe“, de parler ou d’Ă©crire Ă de quelconques “normopathes“…Par contre, on peut Ă©crire au monde (pas le journal, quoique…).En Ă©crivant, on s’adresse au lecteur parfait, Ă l’ami invisible, celui qui va comprendre. On ne pense pas l’Ă©criture de la mĂŞme manière que quand on parle.
Dans l’Ă©crit on cherche les vrais mots, on les agence pour en faire une reprĂ©sentation, un roman, un texte, un message, un essai, un tĂ©moignage…, qu’on adresse Ă cet ami invisible. Ce travail de la main, tout comme une masturbation, permet petit Ă petit de donner Ă son monde bousculĂ© par le traumatisme, une jouissance. J’ai vĂ©cu l’extinction de mon psychisme, j’Ă©tais mort…Puis je suis revenu Ă la vie en mĂŞme temps que la vie revenait en moi. J’ai Ă©tĂ© contraint de me redĂ©velopper avec ce qui restait de vivant en moi : la rĂŞverie, l’amour, l’humour… Tout cela m’a permis de reprendre possession de mon monde. L’art de rebondir sur les choses qui Ă©taient censĂ©es me couler. Ce fut un surinvestissement.
J’ai repris un dĂ©veloppement que je n’aurais pas connu si je n’avais pas Ă©tĂ© blessĂ©.
J’ai recousu en moi ce que le traumatisme kafkaĂŻen de la sociĂ©tĂ© avait dĂ©chirĂ© en moi. J’ai distinguĂ© l’innĂ© et l’acquis, l’intĂ©rieur et l’extĂ©rieur des gens, je me suis insufflĂ© ma propre altĂ©ritĂ©. Maintenant on me dit amer alors que je ne suis que clairvoyant, on me qualifie de dĂ©sabusĂ© alors que je me suis reconstruit d’expĂ©riences, on me traite de caustique parce que seul l’humour permet de survivre… Je suis devenu comme j’Ă©cris, et si je suis heureux d’ĂŞtre devenu “normophobe“, si je suis devenu “hors-normes” il m’arrive toutefois, seul, la nuit, de cauchemarder que je suis ”normopathe“… Beaucoup de blessĂ©s de la vie surinvestissent l’Ă©criture parce que cela permet de dĂ©velopper un monde intime, un monde de beautĂ© (mĂŞme de laides beautĂ©s c’est quand mĂŞme beautĂ©…), alors que le rĂ©el est ignoble. Vous devriez Ă©galement Ă©crire, oui, texticulez la “normophobie” qui est en vous. Oui, vous tous qui me lisez peut-ĂŞtre…Car mĂŞme si vous pensez ne pas savoir Ă©crire, l’acte de l’Ă©criture est un facteur tranquillisant, une trace hors de soi.
Une rĂ©silience…Comment choisit-on de porter vaillamment son destin alors que d’autres sont, toute leur vie, comme traĂ®nĂ©s au supplice par leur destin ?
LĂ se trouve la question…
La force qui cherche Ă contrĂ´ler ce monde et qui veut introduire son Ă©tat fasciste global, ce rĂ©seau que certains nomment les Illuminatis qui sont mĂŞlĂ©s au groupe Bilderberg et semblent suivre pas Ă pas les fameux et fumeux “Protocoles des Sages de Sion” qu’ils soient, d’origine, faux ou vrais, n’ayant Ă ce stade fort peu d’importance puisque seul compte le rĂ©sultat, cette force, donc, est ce qu’il y a de plus probable et logique concernant les Ă©vènements du 9/11 aux Etats-Unis.
L’horreur incroyable perpĂ©trĂ©e contre les villes de New-York et de manière moindre sur le Pentagone Ă Washington, a marquĂ© l’esprit collectif de toute l’humanitĂ© grâce Ă une manipulation “barnumesque” orchestrĂ©e avec l’estampe “problème-rĂ©action-solution“.
Je m’attendais Ă un Ă©vĂ©nement de cet ampleur depuis quelques annĂ©es, les signes avant-coureur de la mise en place d’une dictatucratie planĂ©taire se faisaient jour, peu Ă peu, via de multiples attentats visant Ă crĂ©er la peur des populations par le biais d’une nĂ©buleuse terroriste…
Les fameuses tueries du Brabant Wallon en Belgique, de mĂŞme que les multiples attentats en France, Allemagne et Italie n’en Ă©taient que les balbutiements.
J’ai pensĂ© que tout cela dĂ©boucherait sur une fausse guerre civile en suite d’une explosion nuclĂ©aire fomentĂ©e par des faux-terroristes pour compte de gouvernements soucieux d’Ă©tendre leur pouvoir par la peur engendrĂ©e, mais quelque chose de fantastique devait toutefois se produire pendant les annĂ©es de la prĂ©sidence de Bush alors que, comme certains l’ont Ă©crit le jour de son assermentation, la cadence de la mise en place de divers plans secrets s’est accĂ©lĂ©rĂ©.
Le lobbying a toutefois remplacĂ© quelques actions d’envergure dans le monde, par exemple en Belgique, ou le Gouvernement s’est laissĂ© faire pour fermer ses centrales nuclĂ©aires… ce qui va rendre le pays totalement dĂ©pendant des pays fournisseurs d’Ă©nergie…
Le prix Ă payer sera consĂ©quent…
Depuis tout ce charivari, le monde avançait rapidement vers un fascisme global centralisé, mais le rythme n’était pas suffisamment rapide pour rencontrer l’échéancier du plan des Illuminatis.
L’opposition à leurs plans de globalisation et à leurs assauts sur la liberté augmentait de jour en jour.
Il était clair que quelque chose d’une magnitude inimaginable était orchestrée pour dévaster l’esprit collectif humain avec la crainte, l’horreur et l’insécurité.
Ceci entraĂ®nerait l’application d’une “solution” qui ferait faire un bond colossal Ă leur Ă©chĂ©ancier pratiquement du jour au lendemain.
Et c’est ce que nous avons vu en AmĂ©rique le jour rituellement significatif du onze du neuvième mois…
9/11. Aussi abominable que ces atrocités puissent être, ce n’est que le début, et non la fin, du prochain cycle du plan des Illuminatis pour l’emprisonnement mental, émotif, spirituel et physique de l’humanité.
De plus en plus de morts et de destruction s’ensuivront alors que le “Monde libre” s’unit autour d’une armĂ©e mondiale et d’un gouvernement mondial sous l’emprise des gouvernements AmĂ©ricains et IsraĂ©liens, tout ceci en employant la menace du terrorisme (qui n’est que leur crĂ©ation) pour justifier une guerre contre les peuples et les pays qu’ils ont choisis et choisiront encore, afin d’essuyer le contrecoup de ce que les forces internes de ce mĂŞme “Monde libre” sont responsables d’avoir créés.
MĂŞme la guerre avec les peuples islamiques n’est pas une fin, mais un moyen justifiant la fin d’un conflit avec les forces restantes du communisme. La prĂ©visibilitĂ© de l’esprit de manipulation peut ĂŞtre constatĂ©e en regardant la gestion des “nouvelles” qui ont suivi cette histoire aux Etats-Unis.
Regardez ce qui se produit toujours dans ces circonstances et vous verrez que le modèle est le même dans presque chaque cas.
Avant que l’événement ne se produise, le responsable est déjà désigné pour prendre le blâme, détournant ainsi l’attention du public des dangereuses spéculations pour diriger la concentration vers une cible prédéterminée.
Après l’assassinat de Kennedy, c’était Lee Harvey Oswald…, après Oklahoma City c’était Timothy Mc Veigh…, maintenant c’est Osama Bin Laden….
Bin Laden n’est pas plus responsable de ce qui s’est produit que je le suis !
Son nom a été présenté juste après que le désastre ait été dévoilé de la même manière que Lee Harvey Oswald avait été pointé AVANT même que le président Kennedy soit mort.
L’idée que cet homme des montagnes de l’Afghanistan pourrait être le génie de cette énorme opération est une insulte absolue à toute personne ayant une intelligence moyenne.
Nous ne parlons pas ici d’un colis piégé ni même d’un fanatique qui aurait conduit une voiture pleine d’explosifs sur un restaurant de Jérusalem.
Il s’agit de quatre avions de ligne commerciaux qui devaient (selon l’explication officielle) ĂŞtre piratĂ©s simultanĂ©ment, pilotĂ©s dans l’espace aĂ©rien amĂ©ricain en provenance d’aĂ©roports amĂ©ricains et dirigĂ©s sur des cibles spĂ©cifiques Ă l’intĂ©rieur d’un intervalle de 45 minutes afin de donner Ă cela une couverture mĂ©diatique maximale avec la servile complicitĂ© de CNN. Comment fut-ce possible ?
Seulement parce que c’était un contrat de l’intérieur orchestré par les forces internes des Etats-Unis et planifié par les niveaux les plus élevés de l’Intelligence des Etats-Unis en coordination avec d’autres organisations de la toile mondiale, dont le Mossad.
Avec une armée d’individus conditionnés à leur disposition, il est possible de leur faire effectuer n’importe quelle tâche une fois que l’esprit est programmé et que le déclencheur est activé.
Ceux qui sont responsables du détournement de ces avions et qui les ont dirigées sur des édifices, dans leur esprit conscient, ont cru à la cause pour laquelle ils ont été programmés.
Mais ils ne dĂ©tournaient pas ni ne pilotaient ces avions, c’est la programmation qui le faisait…, en double sens !
Ils Ă©taient programmĂ©s pour simplement reprogrammer les deux seuls vrais avions de ligne “dĂ©tournĂ©s” en entrant les chiffres de deux balises placĂ©es dans chacune des tours du World Trade Center (une balise par avion)…, une affaire simple !
Une fois les avions encastrĂ©s et la machine mĂ©diatique en marche, il suffisait de faire imploser les tours et d’hurler partout que c’Ă©tait un attentat programmĂ© par Bin Laden…
La suite est connue…
J’ai entendu que c’était un autre “Pearl Harbor” et effectivement c’est le cas.
Vous pouvez lire dans : “And The Truth Shall Set You Free“… et d’autres livres, comment le gouvernement amĂ©ricain Ă©tait informĂ© que les Japonais allaient attaquer “Pearl Harbor“, mais n’ont rien fait Ă ce sujet.
Pourquoi ?
Parce qu’ils voulaient que ça se produise pour une raison spécifique : justifier l’entrée des Etats-Unis dans la deuxième guerre mondiale alors que le Président Roosevelt (de la lignée de sang des Bush) avait déclaré, juste pour être élu, que l’Amérique ne s’y impliquerait pas. Problème-réaction-solution.
Et la même stratégie s’applique en ce qui concerne les évènements terribles du 9/11.
Immédiatement après les attaques, la campagne de responsabilisation de Bin Laden a été lancée telle qu’elle avait été préalablement planifiée.
MĂŞme les passeports intacts au nom et avec photos, des “terroristes” ont Ă©tĂ© pris pour argent comptant par les mĂ©dias…
Le sénateur républicain et faire-valoir des Illuminatis, Orrin Hatch, a dit à CNN qu’il avait eu des informations par le biais de sources de rang élevé du FBI à l’effet que Bin Laden était derrière les attaques.
CNN qui Ă©tait au bord de la faillite juste avant de conclure un accord avec le Gouvernement AmĂ©ricain pour couvrir la première guerre du Golfe selon le point de vue exclusif officiel…, a reconduit la mĂŞme façon de procĂ©der, dĂ©crĂ©tant et imposant l’histoire officielle d’attentats terroristes…
Nous avons donc eu droit à l’histoire de la voiture de location trouvée si opportunément à l’aéroport de Boston ou deux avions ont été détournés, qui contenait, une copie du Coran avec un manuel et une vidéo d’instruction en Arabe pour le pilotage des avions de ligne commerciaux !!!
Il n’a jamais existĂ© de manuels ni de vidĂ©os d’instruction en Arabe pour des Boeing !
Je suis étonné qu’ils n’ont pas prétendu avoir découvert une lettre de Bin Laden dans la voiture souhaitant aux occupants la meilleure des chances pour leur mission !
Qui a bénéficié de tout cela ?
“Les Protocoles des Sages de Sion” sont un manuel existant bien plus crĂ©dible que le manuel de vol en Arabe…, il y est clairement expliquĂ© que les “Sages” veulent un gouvernement et une armĂ©e mondiale, une devise mondiale et une dictature aux commandes financières globales centralisĂ©es.
Ils veulent des personnes et une société basée sur la surveillance constante.
Ils veulent créer un peuple effrayé, docile qui s’en remets aux autorités.
Le désastre du 9/11 signifie ceci : Les Illuminatis ont maintenant l’excuse pour exercer des représailles contre n’importe qui nuit à la propagande officielle.
Toutes les raisons sont bonnes pour manipuler la population.
Les attaques contre les cibles islamiques offrent des possibilités intéressantes pour être le déclenchement d’un conflit massif et d’un bouleversement à travers le monde, particulièrement au moyen et proche Orient.
Les occasions d’élargir alors le conflit pour impliquer la Russie et surtout la Chine sont sans fin.
Une guerre du tiers monde fait partie des ordres du jour pour contenter les associés financiers et ceci peut ouvrir la voie pendant que les dominos tombent.
L’Otan et les Bilderberg’s ont dĂ©jĂ mis en gage un support Ă tous ces efforts.
La conscience collective est manipulĂ©e tellement largement en ce moment que la plupart des personnes supportent la stratĂ©gie amĂ©ricaine au nom du combat au terrorisme, et cela jusqu’Ă la folie…
En Belgique par exemple, l’ex-Ministre de la Justice d’obĂ©dience socialo-stalinienne (et dont le parti socialiste se trouve sans cesse au centre de scandales financiers), la très gestuelle Laurette Onkelinx (dont le prĂ©cĂ©dent mari a Ă©tĂ© mĂŞlĂ© dans de sordides affaires de trafics de drogues avec mandat d’arrĂŞt international) a rĂ©ussit Ă faire accepter des lois anti-terroristes…, alors que les derniers actes terroristes (fomentĂ©s par la gendarmerie et le gouvernement de l’Ă©poque) datent de 30 ans !….
L’escalade de ce genre de lois liberticides et de faux attentats vise à renforcer les moyens policiers et centraliser la puissance militaire jusqu’à ce que l’armée mondiale soit en place.
Une armĂ©e du monde avec la puissance d’attaquer tout pays qui ne correspondrait pas Ă la machine de propagande, c’est d’ailleurs très clairement ce qu’Ă affirmĂ© le “patron” de l’ONU.
L’esprit collectif de l’humanité, et en particulier celui de l’Amérique, est dans un état profondément traumatisé, donc rendu apte à tout accepter dans un climat de peur, qui est habillement renouvelé par la création de nouveaux attentats.
Il a été soumis à la manipulation médiatique basée sur le traumatisme et comme tout contrôleur d’esprit, chercheur et psychologues et psychiatres pourront vous le dire, un esprit traumatisé est un esprit suggestible.
Ainsi, à la suite du traumatisme vient la programmation pour manipuler la population à percevoir les évènements au mode désiré.
Le plus grand obstacle potentiel au Nouvel Ordre Mondial étant la psyché des américains, toutes les contradictions ont depuis le 9/11 été détruites à l’aide de la manipulation flagrante et intense des esprits. Problème-réaction-solution.
C’est une autre raison pour laquelle ces attaques ont frappĂ© au cĹ“ur mĂŞme du système Ă©conomique AmĂ©ricain (alors que tout avait Ă©tĂ© prĂ©servĂ© d’avance) et pourquoi, quelques jours auparavant, l’idĂ©e d’une rĂ©cession Ă©conomique globale avait Ă©tĂ© lancĂ©e Ă travers les mĂ©dias du monde.
Maintenant, “ils” ont carte blanche pour justifier un tel effondrement pour contrer la Chine et vous verrez les corps Ă©conomiques globaux apporter une rĂ©ponse Ă la crise Ă©conomique.
En effet, le groupe G7 (Illuminatis) a déjà commencé ce processus…
Ce sont seulement quelques bénéfices à l’ordre du jour suite aux massacres de New York et Washington, qui sont coordonnés, je le répète, par les forces intérieures des Etats-Unis.
Ces grands responsables n’ont aucun respect pour la vie humaine comme la plupart des humains qui n’ont aucun respect pour la mort et la souffrance du bétail.
L’esprit de ceux qui visent le pouvoir absolu a un niveau émotif très peu développé et qui ne procure que très peu de conséquences émotives pour constater la profondeur des horreurs commises.
La poussée finale vers le fascisme global a commencé, le monde ne sera plus jamais pareil.
Nous devons donc reconnaître la triste réalité et nous regarder dans le miroir et se demander ce que nous allons faire pour arrêter l’exécution du Plan.
Être victime ne changera rien, il est temps de réagir.
Chapitre 4
Quelqu’un contre le reste du monde…
L’acteur et rĂ©alisateur Mel Gibson a provoquĂ© un scandale aux USA en juillet 2006.
InterceptĂ© en Ă©tat d’Ă©briĂ©tĂ© au volant de sa voiture par le shĂ©rif adjoint de Malibu, il a dĂ©clarĂ© : Putains de juifs…les juifs sont responsables de toutes les guerres dans le monde. Est-ce que vous ĂŞtes juif ?
Le rĂ©alisateur de La Passion du Christ a depuis lors prĂ©sentĂ© des excuses pour ses propos et le 17 aoĂ»t 2006, il a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă trois ans de prison avec sursis pour conduite en Ă©tat d’Ă©briĂ©tĂ©.
J’ai rencontré un nombre considérable de juifs qui pensent que les juifs créent l’essentiel des problèmes mondiaux.
A quelques exceptions près se comptant sur les doigts de la main, ils en sont même très fiers !
C’est la raison principale pour laquelle je suis tellement passionné par la Question Juive.
Je me revois, expliquant à une juive américaine avec laquelle je dînais aux chandelles qu’un auteur que j’étais en train de lire affirmait que Galilée, Newton et Darwin étaient les trois génies jalonnant le progrès de notre civilisation vers la modernité.
Je m’étais fait la réflexion suivante : Ah tiens ? Galilée ? Et pourquoi pas, plutôt, disons… Descartes ?
Et puis j’avais tenté de lui faire comprendre que je pensais que c’était vraiment déplorable, sur le plan intellectuel, de ne pas tenir compte des nuances apportées par des dizaines d’autres grands penseurs, dans le domaine des sciences, entre les époques où vécurent ces grands hommes, aux œuvres desquels lesdits penseurs avaient contribué, d’une manière directe ou indirecte.
Avant que j’ai eu le temps de finir ma phrase, elle me dit : Et ils étaient tous juifs !
Estomaqué, je lui ai demandé : Qui ça donc ?
Et elle, de me répondre : Eh bien : les trois grands hommes que vous venez de citer…
Je me suis toujours moqué comme de ma première chemise de savoir qui était juif et qui ne l’était pas…, aussi restai-je un moment interdit, avant de réagir à son interjection, qui n’avait strictement rien à voir, à mon sens, avec notre conversation.
Ayant repris mes esprits, je lui dis que je ne savais pas qu’Isaac Newton Ă©tait juif, mais qu’en revanche, je savais que GalilĂ©e avait Ă©tĂ© excommuniĂ© par l’Eglise catholique en raison de ce que celle-ci avait considĂ©rĂ© ĂŞtre un pĂ©chĂ© intellectuel… et que j’étais persuadĂ© qu’eĂ»t Darwin Ă©tĂ© juif, j’en aurais nĂ©cessairement eu vent de la part de mes nombreux amis juifs ethnocentristes…
Pour les besoins de la conversation, je lui accordai volontiers la judaïté de Newton, puisqu’à vrai dire je n’en savais rien et que je m’en contrefichais éperdument…
Mais elle persistait à insister sur le fait qu’elle était certaine que Darwin était juif, lui aussi !
Pas moyen : elle n’en démordait pas !
J’en avais le tournis ; je me demandais pour quelle raison les juifs sont-ils Ă ce point obsĂ©dĂ©s par la question de savoir qui est juif et qui ne l’est pas… et je me demandais si je devais lui poser cette question abruptement, au risque de provoquer un clash.
Ne valait-il pas mieux que je ferme ma grande gueule et que je joue à l’imbécile, étant donné que j’avais une idée derrière la tête concernant mon invitée, pour après le dessert ?
Sexe, ou Engueulade ?
That Was The Question…
J’ai tiré à pile ou face, et c’est tombé sur : Engueulade !
Et puis, d’abord, quelle différence ? : demandai-je.
Alors là : je peux vous dire que l’Engueulade qui s’en est ensuivie a certainement été bien plus intéressante que n’importe quelle partie de jambes en l’air que j’aurais pu avoir avec mon invitée.
Elle se mit Ă hurler : Les juifs sont les plus grands hommes de ce monde, et ce sont aussi les pires !
Je décidai de focaliser le débat sur les raisons qui l’amenaient à estimer qu’il s’agissait des pires des hommes…
Elle enchaîna, m’expliquant que son père lui avait dit que ce sont les juifs qui créent tous les problèmes dans le monde entier, en raison de leurs guerres révolutionnaires.
Elle était persuadée que Napoléon était juif.
Ensuite, elle avança l’idée qu’Hitler était un juif non-déclaré, sinon, comment aurait-il pu causer une telle dévastation !
Et elle était persuadée que Léonard de Vinci était juif, lui aussi, puisque c’était un génie.
Je précise que cette femme était titulaire d’une licence universitaire !
Plus tard, j’ai racontĂ© cette histoire Ă un de mes amis juifs.
Ce que décidai de lui raconter, c’était l’essence de la pensée de cette femme, et non pas le fait qu’elle pensait que tout grand penseur devait nécessairement être juif.
A ma grande contrariété, mon ami convint que ce sont les juifs qui causent les problèmes dans le monde, mais il le dit avec une grande fierté, concluant : C’est tout simplement parce que nous sommes plus intelligents !
Le lendemain, rencontrant un autre ami, juif lui aussi, a qui je remettais un exemplaire dĂ©dicacĂ© du livre “Les Protocoles de Sion” que j’ai publiĂ© avec mon ami Patrick Henderickx…, il commença par me demander si ces Protocoles existaient encore, depuis tout ce temps, puis jaugeant le poids du livre il me demanda si cette affaire rapportait…
Je lui dit que j’espĂ©rais bien rentrer dans les frais investis, ce Ă quoi il me rĂ©pondit en souriant, que c’Ă©tait bien lĂ le principal, que ça rapporte…
Je lui ai ensuite parlĂ© de la partie de jambes en l’air ratĂ©e avec la juive amĂ©ricaine, ce pour quoi il a Ă©clatĂ© de rire en m’affirmant qu’une vraie juive ne sucerai jamais le gland d’un non-circoncis, que je n’avais donc rien ratĂ© quoique les femmes juives sont rĂ©putĂ©es chaudes…, mais il comprit le point de vue de cette femme lors de notre dĂ®ner, me soulignant qu’elle entretenait sans nul-doute une relation d’amour-rĂ©pulsion pour son judaĂŻsme : Les juifs, et les juives aussi, sont tout le temps en train de foutre la merde, et la plupart d’entre eux et elles manquent totalement de classe.
Le problème, avec mon ami, c’est qu’il pensait que tout ceux et celles qui gagnaient Ă©normĂ©ment d’argent et avaient du talent Ă revendre Ă©taient tous juifs !
Je le dĂ©trompai en ce qui concerne l’Emir du Koweit, mais je n’avais pas le cĹ“ur Ă le dĂ©cevoir au sujet de mon ami Patrick Henderickx.
Plus tard, quand je lui ai dit qu’il Ă©tait Blanc-de-Blanc et Goy de chez Goy, cela lui causa un grand choc Ă©motionnel.
Plus récemment, je suis tombé par hasard sur un rabbin, dans une rue, en train d’inspecter un immeuble, dont il était le propriétaire.
Nous nous sommes mis à converser ; il s’avéra un fan de première de la cuisine Italienne.
Tout simplement, il n’avait aucune confiance dans les juifs en matière de cuisine italienne.
Ils sont trop Kasher : disait-il.
Il avait une opinion encore bien pire de la cuisine chinoise, puisque, à son évocation, il se contentait de poser, puis de tourner son index sur sa tempe.
NĂ©anmoins, après m’avoir affirmĂ© que c’Ă©tait un italien-juif qui avait inventĂ© la Pizza, il en vint Ă m’annoncer que c’était les juifs qui avaient financĂ© toutes les guerres, dans l’histoire du monde, depuis au minimum trois siècles, y compris la guerre civile amĂ©ricaine, la Guerre de SĂ©cession.
Il poursuivit, m’expliquant que sans les italiens-juifs à tendance irlandaise comme Al-Capone, après la Première guerre mondiale, les Etats-Unis ne seraient jamais devenus la superpuissance qu’ils sont aujourd’hui, puisque cette puissance dépend entièrement des capitaux juifs que ceux-ci ont réussi à gagner.
Le caractère rĂ©pĂ©titif de son discours Ă©voquait un mantra, sur le thème que les juifs sont dans les coulisses, parce que : C’est nous, les juifs, qui dĂ©tenons le fric, mais quand les juifs sont aux manettes, c’est la catastrophe (l’exemple d’Al-Capone) : il vaut mieux que ce soient les Italiens non-circoncis ou les Wasps (White Anglo Saxon Protestants) qui dirigent l’AmĂ©rique. Ce dont ce pays a besoin, c’est d’un Mussolini !
Depuis le dĂ©but de notre conversation, il croyait que j’étais juif, puisque je venais de sortir d’une Bentley Continental !!!
Je me souviens aussi d’une conversation que j’ai eue avec une IsraĂ©lienne, qui Ă©tait lesbienne… et qui avait le look d’une version, en plus mince, de Jennifer Love Hewitt portant un immense chapeau mou.
Elle pensait qu’il y avait essentiellement deux problèmes qui pourrissaient la vie de la race humaine : La Technologie, et Les Juifs.
Elle pensait qu’Hitler avait raison, que les juifs sont effectivement la cause de la plupart des problèmes, et elle me le dit avec une incroyable jubilation, elle avait le sentiment qu’Hitler était nécessairement partiellement juif ; elle me dit : Qui d’autre qu’un juif aurait pu haïr à ce point les juifs ?
Elle était d’avis qu’il fallait détruire la technologie, pour le bien de l’humanité.
Vous voulez… dĂ©truire la technologie ? : lui dis-je Ă©berluĂ© tandis qu’elle caressait le bout des seins de mon amie… : Et les juifs, que pensez-vous en faire ?
Elle me répondit, en essence, que les juifs dirigent le monde et qu’il est impossible de les détruire, qu’ils sont le peuple élu, et que Dieu les protègera éternellement.
Elle m’a ensuite traitĂ© de Goy, comme une insulte…
Je me suis demandĂ© si beaucoup de Goy se faisaient circoncire pour se faire sucer par des juives, mais cette pensĂ©e malsaine quitta rapidement mon cerveau…
Beaucoup de juifs croient rĂ©ellement Ă ces loufoqueries… et la plupart d’entre eux sont d’une vantardise qui frise la perversitĂ©.
C’est notamment le cas d’un autre rabbin que j’ai rencontré, et qui pense que Dieu a puni les juifs par l’intermédiaire d’Hitler, lequel, m’a-t-il dit, n’aurait jamais fait ce qu’il a fait sans l’intervention de la main de Dieu.
La question que j’ai posée à ce rabbin au débit monocorde et pathétiquement poussif fut la suivante : Pourquoi Dieu aurait-il voulu punir les juifs, par l’entremise d’Hitler ?
Il me répondit : Parce qu’ils n’observent pas la Torah !
Sa prédiction, était que Dieu punirait le peuple du Livre une nouvelle fois, par un nouvel Holocauste, causé par le fait que la plupart des juifs sont (de son point de vue) areligieux.
Je lui ai dit qu’il ne fallait quand mĂŞme pas exagĂ©rer dans la connerie, que dans le style j’avais vĂ©cu une aventure dĂ©bilitante il y a deux ans… :
Une jeune dame pseudo nommĂ©e “Sauvage Gitane” et un mec dĂ©bile pseudo nommĂ© “Miki le chevalier du web“, avaient soudain pĂ©tĂ© les plombs suite Ă un point de vue que j’avais dĂ©veloppĂ© sur un site-web MSN d’opinion concernant une sordide affaire qui s’Ă©tait dĂ©roulĂ©e Ă Paris, un jeune juif avait Ă©tĂ© torturĂ© par une bande de loubards des banlieues…
J’avais signalĂ© que les tortures qu’il avait encourues ressemblaient Ă des pratiques sadomasochistes, comme une vengeance de la bande des mecs par rapport Ă des contre-propositions sexuelles sado-maso, suite sans nul doute aux propositions simplement sexuelles d’une des filles de la bande chargĂ©e de l’attirer dans un piège…
Piting !
J’ai Ă©tĂ© insultĂ©, traitĂ© des pires horreurs, “elle” et “lui” ont publiĂ© des photos de ma fille, et de moi, assorties de menaces et d’insultes, de diffamations, de calomnies et mĂ©disances diverses…, avec des messages ou apparaissaient des soldats de l’armĂ©e de Tsahal avec des chants IsraĂ©liens…, le tout symbolisant une sorte de guerre du peule juif envers moi !
Un vrai délire !
J’ai du soumettre cette affaire Ă la Licra sous forme de plainte inversĂ©e, “elle” et “lui” s’affirmant juifs dĂ©fendant l’honneur d’un des leurs…
La Licra ne s’occupe que de plaintes de juifs contre des Goy’s sous prĂ©texte d’Ă©crits et/ou propos antisionistes, et ici c’Ă©tait l’exact contraire…
La Licra fut très embarrassĂ©e de cette affaire, d’autant plus que ces personnes diffusaient comme racolage pour leurs sites d’offres sexuelles, une photo particulièrement crade reprĂ©sentant une très jeune fillette obligĂ©e sous la torture, et enchainĂ©e par un Master, Ă pratiquer un cunnilingus Ă une cliente d’un club dont elle et lui faisaient ainsi la promotion…
Cette photo a Ă©tĂ© publiĂ©e des centaines et centaines de fois…
Pensez-donc, ais-je dit au rabbin Ă©pouvantĂ©, ce n’Ă©tait pas de l’antisĂ©mitisme de ma part envers des juifs, mais du sĂ©mitisme de juifs envers moi, un Goy…
Du jamais vu…
Cette campagne diffamatoire fut tellement Ă©norme (plus de 100 messages journaliers durant deux mois sur les forums MSN/Microsoft), que MSN a dĂ©cidĂ© de supprimer dĂ©finitivement l’ensemble des communautĂ©s adultes…
La Licra Ă©tait sans doute passĂ© voir les directions MSN qui ne firent aucune difficultĂ© pour tout effacer…, d’autant que le prĂ©texte Ă©tait facile Ă trouver sans faire de vagues…:
“Elle” avait en effet créé un site nommĂ© “Sexe Ă Nice” ou elle s’affichait nue fellationnant des quidams sur diverses pages…
“Lui” s’avĂ©rait ĂŞtre un partisan des très très très jeunes filles, outre des insinuations sur ses voyages sexuels en ThaĂŻlande, il publiait chaque jour, pour compte d’une prostituĂ©e, sur les forums MSN, la photo dĂ©finie ci-avant, montrant une gamine mĂŞme pas pubère, menottĂ©e et enchaĂ®nĂ©e, obligĂ©e sous la contrainte Ă pratiquer un cunnilingus Ă la cliente d’un Ă©tablissement de la rĂ©gion LiĂ©geoise, avec le lien de la pute et l’adresse du donjon des supplices…
J’ai finalement dĂ©posĂ© plainte avec constitution de partie civile contre ces gens…
Le rabbin me rĂ©pondit que j’avais perturbĂ© leur business et que les juifs n’aiment pas qu’on perturbe leur business…, il a enchaĂ®nĂ© nerveusement en me disant que Roberto Benigni, un juif italien, avait jouĂ© dans un extraordinaire film qu’il produisait lui-mĂŞme “Le tigre et la neige“, que je devais aller le voir car j’y trouverais la rĂ©ponse… : Parce qu’ils n’observent pas la Torah !, a t’il re-marmonnĂ©…
La seule différence que je constate entre les juifs que je connais et qui pensent la même chose que Mel Gibson, c’est qu’ils ne sont pas bourrés quand ils disent ce genre de trucs !
Aussi, voici mon avis à la cantonade : Ne venez surtout pas me raconter que vous n’avez jamais rencontré de juifs qui pensent ce que Mel Gibson pense des juifs, voire pire !
Piting ! Moi qui rĂŞve d’avoir la paix…
Je m’interrogeais benoîtement sur le fait d’être Juif.
Pas que je le suis, mais en tentant de me mettre à la place de Juifs qui le sont vraiment, hors du regard des racistes qui, eux, savent instinctivement ce qu’est un Juif.
Je suspectais aussi qu’il y avait quantité de façons de se sentir Juif, peut-être autant qu’il y a de Juifs qui s’affirment comme tels.
Mais le Juif existe-t-il ?
Le Juif n’est-il pas une fiction ?
Comment peut-on être et exister sans avoir de définition précise ?
Le Juif n’est-il pas une image façonnée par une histoire de persécutions et d’ostracismes ?
Le Juif n’est-il pas une figure de circonstance créée par des actions extérieures au judaïsme ?
Plus je creusais la question, plus je me rendais compte qu’il y a comme un mystère à être Juif.
D’un seul coup, PAF !
Un doute m’a envahit !
Le Juif n’est pas une race, pas vraiment un peuple, pas une religion pour tous, pas une culture unique.
Le Juif se définit comme l’objet d’interdits, comme bouc-émissaire, comme victime, il existe par rapport à des actes exogènes constructeurs d’une identité “en négatif”. Si quelqu’un se définit à moi comme Juif, je ne sais rien de lui.
Je dois lui demander quel est son pays, quelle est sa langue, quelle est son histoire, son héritage, si sa culture est d’inspiration ashkénaze, sépharade, ou autre encore, s’il est croyant ou pas, quel est son rapport à sa judéité, etc.
Car, Juif ne veut pas dire grand chose, seul l’antisémite ne doute pas un instant. On reconnaît effectivement l’antisémite au fait qu’il porte des jugements généraux (et négatifs) sur les Juifs.
Ainsi, Dieudonné fait-il vraiment de l’antisémitisme quand il dit qu’ils sont partout, qu’ils contrôlent les médias et l’industrie du spectacle. (Mais qui peut douter maintenant du fait que Dieudonné soit un raciste ?)
Jean d’Ormesson était-il aussi antisémite lorsqu’il parlait de Mitterrand et du “lobby juif”.
Je me suis donc documenté un peu sur la question, et j’ai rapidement découvert que ce qu’on nomme “l’être-juif” est un sujet qui a maintes fois déjà été traité, qu’il n’y pas de réponse simple, et que cela traverse les œuvres de tous les intellectuels Juifs qui se penchent sur la judéité.
L’identité juive est multiforme, insaisissable, absconse.
Il existe même un Centre d’Etudes et de Recherches sur l’Identité Juive.
L’identité juive est un objet de recherches et de questionnements. Le seul livre dont je dispose sur le sujet est le court essai de Jean-Paul Sartre, publié en 1946, Réflexions sur la question juive.
Cet ouvrage a fait l’objet de critiques vives, de la part de certains intellectuels, car Sartre n’y parle que très peu du génocide.
Cependant, c’est une description lumineuse des ferments et du fonctionnement de l’antisémitisme, et le livre a eu en son époque un impact énorme dans le monde des idées.
Sartre y écrit : Le Juif est un homme que les autres hommes tiennent pour Juif : voilà la vérité simple d’où il faut partir. En ce sens, le démocrate a raison contre l’antisémite : c’est l’antisémite qui fait le Juif. Voilà donc la fameuse question juive, je croyais tenir un début de pensée originale et je découvre que tout avait déjà été écrit en 1946…
Comme M. Jourdain faisait de la prose, je faisais du Sartre sans le savoir, en pensant que la judaïté n’avait pas de véritable existence et que seul le raciste faisait le Juif.
Mais si cette “vérité simple” demeure en partie, elle est d’ailleurs toujours indispensable dans le décryptage de l’antisémitisme, elle ne répond pas à la question de l’identité juive, car, il y a quand même la réalité de millions de gens qui se sentent Juifs, qui se réclament d’un héritage, d’une culture et de valeurs juives. Alors, qu’est-ce qu’être juif aujourd’hui ?
J’ai cherché, cherché, et… je n’ai pas trouvé de réponses gravées dans le marbre.
Je suis même souvent tombé sur des Juifs qui s’engueulaient…
La seule chose, c’est que l’être-juif est un héritage.
Mais une filiation pas toujours simple quand la religion s’en mêle :
Allez voir un rabbin et posez-lui quelques questions prosaïques. Par exemple : Est-ce qu’un enfant né d’un père juif et d’une mère non juive est juif ?
Ou bien : Un juif non croyant cesse-t-il d’être juif ?
Ou encore : Un mariage mixte entre juif et goy est-il possible de même une conversion au judaïsme en vue d’un mariage ?
Vous verrez alors que chaque rabbin aura sa réponse, qu’un autre rabbin pourra tenir pour nulle.
C’est ainsi : des libéraux aux orthodoxes et jusqu’aux Loubavitch, les rabbins font leur loi et lisent, chacun à sa manière : le Livre.
Qu’est-ce qu’être juif ? Une affaire de filiation (par la mère), de religion, de mĂ©moire (Ă la Shoah), de solidaritĂ© (avec IsraĂ«l) ? Dieu seul – et encore ! – reconnaĂ®tra les siens. Les hommes, eux, se dĂ©patouillent, les uns, religieux, avec les rabbins de leur goĂ»t, les autres, laĂŻques, avec leur histoire.
(Michel Richard)Dans tout ce que j’ai lu, la réponse qui m’a le plus touché est celle apportée par Marek Halter, l’écrivain Juif d’origine polonaise : On ne naît pas juif, on le devient. Disons d’abord que beaucoup de Juifs sont restés Juifs parce qu’il ne voulaient pas, comme Bergson, par exemple, abandonner leur communauté au moment où elle était menacée. Je le comprends, bien sûr, mais je rejette pourtant ce mode d’appartenance purement négatif, parce que lié seulement à l’antisémitisme. La haine que les nazis éprouvaient envers les Juifs, pour moi, est leur problème, à la limite ce n’est en aucun cas le mien, sinon indirectement bien sûr… D’autre part, je ne suis pas religieux, je suis un laïque, et ce n’est donc pas le fait d’avoir maintenu les rites de mes ancêtres qui m’a préservé en tant que juif. Mon identité profonde ne tient en ce sens ni aux persécutions ni à une foi commune… En un sens, sans doute, on naît juif. C’est évidemment, dans un premier temps, un héritage qu’on ne peut nier, même si on le voulait. Mon ami Jean-Marie Lustiger lui-même ne peut faire abstraction du fait que ses parents étaient juifs, que ses grands-parents étaient juifs et que sa mère est morte à Auschwitz, c’est clair ! On fait avec. Mais, tout en sachant cela, il peut expliquer comment il a rejoint ceux qui croient au Christ, comment il a conservé cette liberté fondamentale de choisir, sans renier. Avant d’arriver en France, j’étais juif de naissance, puis, à un moment donné, j’ai choisi, et j’ai mis presque quarante ans à expliciter ce choix.
(Marek Halter)Choix que Marek Halter précisera de belle façon, mais le choix a ses limites.
Il n’est pas donné à tous.
Je me serais bien vu crier dans les rues de 68 : Nous sommes tous des Juifs allemands !, après que Georges Marchais eut traité avec mépris Daniel Cohn-Bendit de Juif allemand.
Le GĂ©nĂ©ral De Gaule disait bien aux AlgĂ©riens : Je vous ai compris, tandis que John Kennedy affirmait aux allemands : Ich bin eine Berliner…Mais, non, je n’ai pas le choix d’être Juif.
Au lycée, mes amis s’appelaient Lévy, Taïeb, Cohen, Azoulay, Sarfatti, Habib, Aboulker, Benhamou, Haddad, Touboul…
C’est dans la cour de ce même lycée que j’ai découvert, un jour, que j’étais frappé d’une infamie indélébile, puisqu’on me l’avait lancé de manière raciste sur le ton de l’insulte : j’étais goy.
Et étant goy, il y avait forcément des choses qui échapperaient à ma compréhension, un ineffable dont je serai toujours l’étranger.
Et le tragique, c’était que j’étais totalement impuissant contre mon état de goy, parce que j’étais goy comme eux étaient juifs.
Je n’avais pas le choix et je le ressentais comme une blessure d’amour-propre, comme un rejet injuste dans une différence dont je n’avais pas conscience jusqu’à ce jour.
J’Ă©tais con…
J’aurais du ĂŞtre fier de ma et mes diffĂ©rences.
C’est d’ailleurs cela qui m’a appris Ă ĂŞtre moi-mĂŞme puis Ă ĂŞtre fier de moi-mĂŞme, Ă ne plus m’inquiĂ©ter du quand dira t’on, du politiquement correct…
C’est cela qui m’a fait devenir antireligieux, anti-cons, anti-dĂ©biles (apprĂ©ciez les nuances subtiles) et Ă ne plus supporter les obligations, en ce compris les obligations de penser…
Un ami n’a pas eu cette force de l’esprit, il croyait qu’ĂŞtre ami-ami avec des Juifs lui ouvrirait les portes de la renommĂ©e, argent Ă foison, jolies femmes Ă discrĂ©tion, business Ă rĂ©pĂ©tition…
Alors, redoublant d’efforts, me traitant d’idiot, il est devenu un Sisyphe de la dĂ©goyĂŻfication.
Il ne s’est Ă©pargnĂ© aucune circoncision, aucune bar-mitsvah de ses camarades faux-culs, aucune invitation Ă la synagogue ne lui fut Ă©cartĂ©e, il lisait juif, de Marcel Proust Ă Romain Gary, en passant par Albert Cohen et Kafka, il mangeait Juif, mais…: rien ne se passait.
Il restait goy… et il en conçu, outre de la tristesse, du ressentiment.
Pire, je crois mĂŞme qu’il a basculĂ© dans le discours pro-palestinien Ă outrance lors de son adolescence pour se venger de sa goyitude.
Faut dire que la provoc facile, ça marchait pour lui à merveille avec ses camarades…
Mais je m’égare.
Car si je rajoute la question goy à la question Juive, je sens que je ne vais pas m’en sortir. Et si finalement on était juif comme certains sont bretons ou corses, une affaire de filiation, d’héritage, de patrimoine, de cœur ?
Un truc qui vous tombe dessus au berceau.
On a pas le choix au départ, mais après, on en fait ce qu’on en veut, être juif peut n’être qu’un patronyme, certes parfois lourd à porter dans certaines circonstances, mais rien de plus.
D’ailleurs, c’est encore Marek Halter qui nous dit : Etre juif, c’est enfin appartenir à un groupe culturel qui se reconnaît dans une mémoire collective. Comme les Bretons, les Alsaciens ou les Occitans. Et peut être n’y a-t-il pas de question Juive, mais que chaque Juif à sa question juive.
À chacun d’y répondre.
MĂŞme si chacun n’a pas forcĂ©ment cette libertĂ© de conscience…
Il y a, pour certaines politiqueuses et certains politicards financĂ©s par l’argent du pĂ©trole et d’un pays dĂ©sireux de rĂ©gner du Nil Ă l’Euphrate, une forme assez ubuesque Ă vouloir Ă tout prix briller devant “leur” peuple de cons (et connes) rĂ©unis, en assortissant leur pensĂ©e profonde d’une pensĂ©e unique qui dĂ©bouche sur des exigences d’autodafĂ©s et de lynchages mĂ©diatiques des rares opposants et opposantes au Nouvel Ordre Mondial….
Cela me porte peu Ă ĂŞtre enclin Ă la gratitude, moins encore Ă la bĂ©atitude, certains font dans le pâtĂ© de campagne d’autres dans le pâtĂ© de ville.
Chers anonymes, si vous avez lu avec plein d’intĂ©rĂŞt les divers messages dĂ©jantĂ©s demandant mon assassinat (virtuel ?) publiĂ©s dans divers sites extrĂ©mistes religieux, vous avez pu vous rendre compte que les efforts de l’administration Bush pour l’instauration d’un Nouvel Ordre Mondial portent leurs fruits, en connivence avec l’œuvre monumentale qu’est la vie de cons (et connes) que nous subissons toutes et tous… Je digresse, je digresse mais revenons Ă nos moutons !
C’est un art d’empapaouter les cervelets.
La hussarde pour une Dame (mĂŞme ex-Vice-Première), ou “reprĂ©sentante” de l’Ordre Nouveau (il y en a plusieurs, je vous laisse le choix), porte nĂ©cessitĂ© de se vĂŞtir d’une culotte de cheval !
S’il y a, en effet, des approximations logorrhĂ©iques nouvelles, dans le flux de mots dits pour satisfaire Ă l’Ă©go de certains, la bĂŞtise partant plus vite qu’une balle de 357 magnum haute vĂ©locitĂ©, j’ai remarquĂ© au fil du temps et du rasoir qu’on nous sert les states de la connerie humaine comme un fruit magnifique.
J’ai tout bon !
Je jouis presque de l’Ă©crire…
Détends-toi, toi qui me lis !
Ca nous met en pleine connitude, Ă©ventuellement en pleine merditude ! Contrairement Ă ce que nous disent nos “chefs Ă penser” en nous l’enfonçant bien profond, tout en se foutant le doigt dans l’œil Ă dĂ©faut de prendre la direction des vents en se le garant ipso facto dans l’oigne : Que va-t-il nous rester si les si (vous pouvez y aller en silĂ©si, il y a des mines, donc du taf) primaires animaux que sont les beaufs se mettent Ă penser ?
Je vous le demande un peu !
Comment pourrons-nous justifier notre incommensurable bêtise, à chercher une liberté enfouie, en nous croyant encore, les seuls êtres intelligents de l’univers ?
Je vous le demande ?
Pour peu que l’on découvre que le roseau pense à la place de pencher, et c’est tout un pan de nos croyances qui fout le camp !
On est dans la merde !C’est là que merditude prend toute sa signification, lorsque aucune autre voie nous parait possible que celle de rester embourbée dans nos certitudes passées.
La merditude nous fera t-elle nous dépasser ?
Nous sommes dĂ©jĂ bien braves d’écouter les sornettes qu’on nous ressasse Ă la TV…en vue des Ă©lections !Regardez l’ancienne speakerine de la TV du pays coffre-fort de la belgitude patrie, si, si, la blonde… FrĂ©dĂ©rique, et bien elle s’est maquĂ©e avec un pur sioniste (nana rien Ă voir avec les sĂ©minoles…, piting !) et ce choc des civilisations l’a rendue dingue de la cause au point qu’elle utilise son image pour ratisser large auprès des mĂ©nagères de plus de 50 ans qui voudraient bien que leur rejeton au chomdu l’Ă©pousaille…
La FrĂ©dĂ©rique, malgrĂ© son beau sourire plein de dents blanches immaculĂ©es, n’en a rien Ă branler, elle, tout ce qu’elle veut c’est louer la cause sioniste au Parlement EuropĂ©en, faire allumer des bougies pour cĂ©lĂ©brer la fĂŞte du pardon pendant qu’on envoie l’armĂ©e de Zion pulvĂ©riser des ceusses qui Ă©taient lĂ avant eux, Ă coup de bombes au phosphore et Ă l’uranium enrichi…
C’est beau l’amour des bougies, lĂ , non ?Depuis que j’ai su que les milliards de l’Europe servaient entre autres conneries Ă faire allumer des bougies au Parlement en chantant Kol-NidrĂ©, j’aime plus l’Europe ni les cons et connes qui allument des bougies, ne payent aucun impĂ´t, sont exemptĂ©s de taxes, perçoivent en un mois ce que les citoyens lambda ne gagnent pas en 2 ans de dur labeur et se la pètent grave en prenant les autres (nous, vous, les cons et connes) pour des moins que rien…
Ca me hérisse le poil.
Ce qui me rend particulièrement haineux, c’est que ce sont ces gens-lĂ (comme chantait le Grand Jacques Brel) qui nous font la morale…
Pour peu, après nous avoir imposĂ© de croire sous contrainte lĂ©gale…, bientĂ´t on va nous imposer de faire la fĂŞte des bougies… en chantant la bĂ©atitude d’Abraham (pas Lincoln, l’autre…) !
Piting !
Dans le cul qu’on devrait vous les enfoncer les bougies tout en vous demandant des comptes, style Ă qui vous servez vraiment, et quel peut donc ĂŞtre le plaisir sadico-masturbatoire d’emmerder les gens, de les ruiner tout en vous saoulant les neurones de conneries et en vous congratulant entrevous (avec qui d’autre pourriez-vous congratuler, bande de sangsues…) !Petite apostrophe littĂ©raire sur ces cracheurs dodelinant d’avant en arrière d’ongulĂ© !
C’est obsessionnel chez eux !
Et moi ça m’énerve de les voir se balancer comme des déboulonnés du ciboulot.
Le Lama se rie (que c’est beau le Tibet teint) de leurs conneries troudebalistiques.
Ils allient les poncifs, en rhapsode misĂ©reux, la lune dorĂ©e Ă l’obĂ©lisque argentĂ©, et les fait se rencontrer pour obtenir des radis, des pĂ©pètes et des avantages contre nature…
Tout ça avec le pognon des cons qui paient et disent rien, obnubilĂ©s par le sourire de FrĂ©dĂ©rique….
C’est d’un truisme !
Chapitre 5
Quelqu’un contre le reste du monde…
Dans ma grande ville il y a des passants aux visages gris qui transportent leurs malheurs et leurs carcasses le long des trottoirs glissants.
Il y a des jeunes aussi, ceux là ont encore le sourire aux lèvres, les doigts rougis par le froid qui arrive peu à peu et les yeux brillants d’espoir.
A ceux là , je leur donne pas 5 ans pour déchanter et rejoindre la ronde de l’ennui.
Il paraĂ®t aussi que ça s’appelle la Vie…
Des jolis couples passent devant les vitrines illuminĂ©es, pourtant c’est pas NoĂ«l, juste l’automne qui pointe.
La période est loin derrière où tout le monde pense au soleil, aux plages de sable blanc, aux régimes qu’il faudra commencer dès la fin du mois de Mars, à vivre.
Voilà à quoi ils pensent les jeunes beaux et belles qui terminent leurs études et qui se disent que la vie est devant eux, qu’ils ont le temps avant de ressembler à ceux du trottoir d’en face. En face justement, il y a la frontière entre la vie et la survie.
Déjà , il y a le supermarché avec ces néons qui donnent aux gens une gueule d’enterrement, peu importe la saison.
Il y a aussi ces rangées bien alignées de caddies, ces petites prisons à roulettes avec leurs grandes grilles qui aident à contenir la survie.
Toutes les possibilités d’avenirs et de fins, réunies à travers les rayons.
C’est ça le pire dans les supermarchés, c’est que vous, les jeunes beaux et belles, avez beau rêver de mieux, vous finirez sans doute comme tous ceux là .
Même que si vous méprisez les cons qui se font photographier par Voici, Voilà ou Gala, vous aimeriez bien voir vos gueules juste une fois à côté de la leur.
Qu’on vous admire un peu et qu’on sache que vous existez.
MĂŞme si la gloire vous fait pas jouir, vous aimeriez de la reconnaissance et avoir un peu d’importance, et tant pis si ça ne dure qu’un quart de seconde. Vous ne me voyez pas, moi le râleur, le dĂ©jantĂ© snob qui trainâsse sur mon site de conneries dĂ©sabusĂ©es que vous ne lisez mĂŞme pas…
Je suis lĂ et las, revenu Ă mes 18 ans, je suis vous, votre ombre invisible, un vieux con d’un autre âge, mĂŞme pas Gainsbourg ni Gainsbarre, pas mĂŞme sa rĂ©surrection… j’ère entre vous, entre vos maux et vos mots, vos dires et dĂ©dires, dans le mĂŞme bus, un de ceux qu’on dĂ©serte toutes et tous, un peu, quand il commence Ă faire noir, parce qu’il nous ramène dans notre univers de banlieues et faubourgs, lĂ oĂą paraĂ®t-il, les perspectives d’avenirs restent tout aussi limitĂ©es qu’en mon temps d’avant.
Le style d’endroit oĂą pullulent les gens sans ambitions, sans rĂŞves, sans pouvoir de dĂ©cision, qu’on lobotomise de sportivitĂ©s dĂ©biles, de Druckerisation, de Bruelisation, de choses sans aucune importance autre que faire croire qu’elles le sont…
Et aussi la pension…, le mirage, la finalitĂ© d’une vie de conneries Ă payer pour payer et repayer pour n’en avoir que des moins que rien, alors trop vieux que pour enfin se rĂ©volutionner…
Les sans importance, en somme.
Moi, c’est lĂ oĂą je vivais, entre ma naissance et ma rĂ©volution…
Au milieu du plus petit échelon établit par la société.
Ceux qui ne paient pas leurs impôts parce qu’ils n’ont pas assez de thunes pour le faire.
Et à ceux là , on a de quoi leur en vouloir, parce que dans le quartier un peu plus loin, celui où les gens sont assez respectables pour mériter un square avec un jardin d’enfants et tout le bordel, on bosse soit disant pour faire vivre tous les branleurs de la terre.
Ca pourrait faire une petite guerre civile si tous ces braves gens et ces moins braves osaient s’expliquer un jour.
Mais faut rien espĂ©rer de la raclure humaine, ça prĂ©fère… et de loin, les ragots et les mĂ©disances, les tĂ©lĂ© visualitĂ©s, la Star-ac, les chanteurs, chantonneuses, idoles, coureurs, escrocs et assassins…
J’ai essayé de changer de quartier, une fois, pour voir ce que ça donne de l’autre côté de la barrière.
Tout ça pour me rendre finalement compte que ça grouillait des même rêves déchus, que ça respirait la même merde et que ça se laissait porter par le même courant.
Je crois que j’ai alors tout compris de la nature humaine, et je me suis dis : quitte Ă ĂŞtre entourĂ© d’incapables autant qu’ils soient les moins chiants et les moins moralisateurs possibles…
Alors Ă mes 18 ans, Ă l’âge ou on compte en printemps avant de rire en Ă©tĂ©s, de compter en automnes et dĂ©compter en hivers…, je suis parti…
Vous ?
Non ?
Vous ne partez pas, sauf dans le bus qui vous fait la navette entre le dĂ©sespoir et l’espoir, vers le fond…
Et, au fond, justement, arrive invariablement qu’une gamine habillĂ©e comme une pute se fait emmerder par deux gamins d’une vingtaine d’annĂ©es, vos potes de loin, ceusses que vous Ă©vitez, ceusses qui graffitoles et vous font parfois les poches.
Vous pourriez très bien être héroïque et vous faire vitrioler la face en essayant de la sauver, mais au lieu de ça, vous restez à votre place.
Dans la position de merde soumise et vous ne faites rien, rien fait.
C’était bien de sa faute après tout, elle n’avait qu’à pas s’habiller comme une pute, Ă ne pas se trouver lĂ au moment lĂ …
Il y en a une qui s’est fait brĂ»ler comme ça…
Les gens, les jeunes, les vieux, tous sont sortis du bus, parce que ça les foutait mal Ă l’aise, et parce qu’ils avaient peur qu’ils viennent leur demander du fric, ou des clopes, ou n’importe quoi, comme pour vos poches.
Vous aussi, n’en avez pas l’air comme ça, mais vous tenez trop à votre peau pour vous faire éclater par des gamins pitoyables en manque de dope.
En sortant de mes 18 printemps, je me suis engouffré dans le premier bar que j’ai croisé pour liquider la monnaie qui me restait au fond des poches.
Certains se saoulent avec de l’alcool, moi j’ai prĂ©fĂ©rĂ© me saouler aux gens.
Et croyez bien qu’avec le paquet de cons sans cesse renouvelĂ© dont la terre regorge, j’ai compris, alors, que j’avais la possibilitĂ© de vivre une vie entière avec cet enivrement gratuit.
Dans le fond du bar, y avait un vieux flipper qui clignotait encore mais sur lequel personne n’allait jouer, sauf le serveur quand il s’emmerdait et que les clients se faisaient rares.
Il y avait un couple qui s’engueulait aussi, et un clébard tellement énorme qu’il renversait les chaises dès qu’il bougeait.
De son immense gueule coulait des litres de bave qui venaient s’échouer sur les chaussures de sa maîtresse.
C’est ça que j’ai aimé en observant les gens, on trouve toujours plus pathétique que soi, et ça rassure.
Quoi qu’on en dise, une fois qu’on a compris qu’on aurait tous une vie de merde, on passe notre temps à chercher pire que nous, plus profond dans la connerie et dans l’insipide.
Dehors il faisait nuit, je n’avais ni envie de rester là , ni envie de sortir.
Le bar se vidait lentement et des groupes de gamines au teint mat se pressaient vers les chiottes.
Je crois que j’aurai aimé être une poignée de porte, pour me faire toucher par toutes ces salopes.
J’aurai aussi aimé être le chien du couple de vieux crevard, avoir une vie rodée, sans aucun désir mis à part celui de bouffer et de dormir.
En sortant du bar, j’ai croisé un clodo qui s’était endormi sur le macadam, la bouteille de rouge encore dans la main, l’air heureux, la face livide et le nez rouge.
J’aurai également aimé lui ressembler, rien que pour avoir l’air heureux quand je dors.
J’ai passé quelques secondes qui m’ont parut extrêmement longues à le fixer, puis j’ai continué à marcher.
J’arrivais au bout de la rue et en me retournant une dernière fois avant de me décider à passer mon chemin, j’ai vu une bande de gosses qui s’amusait à shooter dans le vieil SDF que je regardais tout à l’heure.
J’ai pas bougé, j’ai attendu qu’ils terminent.
Le vieux ne gémissait pas, il avait voulu garder une certaine dignité, il en est mort.
Finalement, puisque j’avais rien d’autre à foutre je me suis assis sur un banc et j’ai appelé les urgences.
Quand l’ambulance Ă dĂ©barquĂ©, les gosses Ă©taient parti, le vieux n’avait pas bougĂ©, la rue Ă©tait calme et le vent soufflait de plus en plus fort.
Vu le temps que les ambulanciers ont mis pour foutre le mec à l’intérieur de la camionnette, j’en ai déduis qu’il était bel et bien mort.
Peut-ĂŞtre qu’il l’Ă©tait dĂ©jĂ quand je l’ai croisĂ©, peut ĂŞtre que c’était pour cette raison qu’il avait l’air heureux et les gamins avaient juste eu envie de shooter dans un macchabĂ©e, pour voir ce que ça faisait comme impression.
Je me suis finalement levé de mon banc, parce que j’avais trop froid.
En marchant j’ai croisé un autre SDF, j’ai vérifié qu’il était pas mort celui là , quand je l’ai touché il s’est relevé et il m’a foutu un coup de poing.
Mon nez pissait le sang et j’ai finalement dĂ©cidĂ© de monter vers le haut de la ville le plus vite possible, sonner Ă la porte de la femme qui m’avait donnĂ© rendez-vous un soir de dancing.
Tant pis si je croisais encore un ou deux cadavres…
En longeant les rues, tout ce que je trouvais à me dire, mis à part qu’il faisait vraiment un temps de merde, c’est que j’avais étrangement assisté à beaucoup de scènes de violence et de mort dans une même journée.
Et en croisant un immeuble grisâtre, j’ai lu la phrase qu’un jeune rêveur, idéaliste de mai 68 avait écrit : Sous les pavés, la plage.
J’ai souris en me disant que si j’avais eu un marqueur en poche j’aurai bien ajouté que moi, je savais ce qu’il y avait sur les pavés.
Rien que des cadavres, des saletés de corps en putréfaction qui avaient même pas la décence de crever noblement.
Des ratés qui continuaient de mener une vie sociale alors que leurs entrailles se décomposaient et faisait d’eux les pourritures abjectes qu’ils sont.
C’est juste ça l’humanité, un gros tas de chairs qui moisissent ensemble, les unes sur les autres, et ça se complait là dedans en se disant que tout ce qui arrive, c’est humain après tout.
Ils ne veulent pas réaliser qu’aujourd’hui il n’y a plus rien d’humain.
Ils ne sont que des morts en sursis, qu’on attend d’enterrer, puisque pour l’instant, les caveaux sont pleins.
Ahhh oui, la femme ?
Belle, eurasienne, c’Ă©tait la MaĂ®tresse de SĂ©lim Sasson, un journaliste de la TV belge…
Elle m’a ouvert, elle m’a fait monter en double sens, m’a fait boire et comme j’Ă©tais jeune et con, inexpĂ©rimentĂ©, elle m’a jetĂ©…
Je me suis retrouvĂ© dans le caniveau, seul, la nuit, loin de chez moi-ma chambre…
J’ai errĂ©, clochard, dormi dans un porche, dans le froid…
Nos vies sont suffocantes.
L’air inspiré est sitôt vicié.
A chaque nouvelle rencontre, de nouveaux fantômes, alors, maintenant, j’apprends à composer avec tous ces passés entremêlés.
Ceux dont j’entends parler, qui ont compté, tellement, à en déformer le présent.
Les histoires ne s’achèvent que dans les livres et les films, du théâtre de rue aux mauvais acteurs Ă la rĂ©alitĂ© crue qu’on aimerait romancer.
Nous jouons dans notre tête le plus mauvais scénario, celui qui n’aura jamais de musique de fin, piètres comédiens à l’humour douteux qui confondent Broadway et Hollywood, l’endroit où l’on regarde et celui où ça se passe, attendant de se faire offrir le premier rôle en passant sa vie à quémander de l’attention, des yeux pour se faire voir ou pleurer, et des oreilles pour entendre son texte récité depuis des siècles.
C’est rongĂ© par les remords d’une intrigue dĂ©placĂ©e Ă la trame effilĂ©e qu’on s’invente un prĂ©sent Ă dĂ©faut de le vivre.
Le futur n’est qu’un mensonge en promesse.
Alors, j’essaie d’oublier que je suis l’un de ces fantĂ´mes revivant des Ă©pisodes que j’aurais voulu voir achevĂ©s et qui m’emmerdent toujours.
Toutefois, maintenant, je ne m’excuse pas aujourd’hui encore, si et quand je dérange !J’aimerai aussi raconter une histoire, peu importe qu’elle soit jolie ou non, j’aimerai parler du train dans lequel je suis monté en ces temps lointains et des fantômes que j’y ai croisé, de ceux qui sont encore présent, et que je n’ai pas écartés, éclatés, d’une balle en pleine tête.
Ce serait sans doute mentir que d’affirmer qu’un flingue suffit à éliminer tout les personnages encombrants, alors, c’est avec ma raison que je me suis toujours battu.
Je me suis fait de moi un allié au lieu de chercher les failles à combler.
Dans mes souvenirs, je suis monté à bord de beaucoup de trains qui ne m’ont jamais mené nulle part.
Alors je suis descendu, parfois trop tĂ´t, souvent trop tard.
A chaque fois je me suis trompé sur la destination, emportant dans mes valises beaucoup de merde et dans ma tête trop de passé.
Alors, comme un serment envers moi-même je suis reparti seul, bien qu’en me trouvant déjà superflu.
Ces voyages m’ont semblĂ© longs, les cauchemars entĂŞtants, et mĂŞme la distance imposĂ©e par mes fuites en avant n’ont pas suffit Ă couvrir les cris de ma tragĂ©die.
Je la croise souvent dans ces wagons fantômes, au milieu des autres oubliés aux visages en partie effacés.
Il n’y a plus aucune trace de beauté en elle, tant psychique que plastique.
Alors je me décide à laisser geindre cette figurante défigurée en espérant qu’un jour, sa voix se taira.
Depuis notre rencontre, je laisse ma tragédie sur le quai les charlatans, artistes à la rue et martyrs du nouveau monde.
Je m’éloigne en les laissant sur jouer la fiction sans ne plus rien attendre d’eux qu’un murmure diffus, à peine perceptible.
Sitôt prononcé, sitôt oublié.
J’ai déjà tant à faire, nourrir ce souvenir, le dépoussiérer puis le ranger.
A l’abri des mensonges et du mythe, de tout l’emballage synthĂ©tique et anecdotes pathĂ©tiques que j’ai pu y mettre.
Au cinéma de la télévision en Druckérisations lobotomiques, les émissions, jeux et sitcoms apprennent que tout est blanc ou noir et qu’a la fin, on ne peut que gagner ou perdre.
Je ne peux m’en vouloir de m’être menti à moi-même, parfois, d’avoir cru perdre plusieurs batailles avant de gagner la guerre.
Je ne peux me moquer de ma rage, cherchant seulement Ă sauver la face, quelqu’en soit le prix, Ă©vitant d’être mĂ©diocre et de flotter dans un environnement neutre.
A l’écran, tout parait intense et profond, mais la réalité n’a que l’échec en justification.
J’ai pas des masses de conneries en plus Ă raconter ici…
J’me sens comme en flottement, rien ne m’enthousiasme et rien ne me dĂ©sespère.
Je me suis transformé en une sorte de grand vide qui aspire les émotions pour mieux les déformer.
Alors j’attends que tout passe et que le froid de l’automne s’installe pour balayer les feuilles mortes de divers livres…
Je lis un bouquin de Michel Onfray sur Georges Palante.
D’une pierre deux coups.
J’avais jamais connu Onfray ailleurs que dans les bouquins des autres et des Ă©missions TĂ©lĂ© pas forcĂ©ment intĂ©ressantes oĂą il Ă©tait lui mĂŞme très peu intĂ©ressant.
J’ai jamais lu un bouquin de Palante non plus.
Inculte que je suis !
J’ai ratĂ© un monument de la joie de vivre.
Palante est un dĂ©mocrate individualiste, ce que Michel traduit par : Un NietzschĂ©iste de gauche, il est antimarxiste tout comme il n’aime pas les anarchistes qui sont selon lui, coupable d’un optimisme angĂ©lique.
Son crĂ©do c’est plutĂ´t l’athĂ©isme, le pessimisme et le nihilisme social.
C’est sur que c’est pas l’optimisme qui a tuĂ© ce loustic.
J’y apprends des trucs, comme quoi : La quantitĂ© de vitalitĂ© d’un corps Ă©crit le destin d’un ĂŞtre” ou bien : ĂŠtre libre, c’est accepter ce que la puissance exige de nous…
Ça paraphrase du Nietzsche à chaque page dans un style romanesque, histoire de tenir le lecteur en haleine.
AjoutĂ© d’un peu de psychologie de comptoir, parce que Freud c’est merveilleux et ce serait bien dommage de s’en passer dans un bouquin pareil.
C’est le genre de livre qui me met de bonne humeur dans un moment de dĂ©prime, tout est nul, tout est rien, on va tous mourir, la vie se rate immanquablement, c’est dans l’Ă©chec que l’on considère sa force.
On pourrait le vendre dans un magasin de jardinage, Ă cĂ´tĂ© de cordes et de pelles en promotion, d’un point de vue commercial et publicitaire, ça gagnerait en force de vente.
Je crache pas sur tout non plus, y a des passages avec lesquels je suis d’accord, sur lesquels je m’enthousiasme, mais alors ce marasme de pessimisme et de pathos racontĂ© par l’autre philosophe de mes deux, c’est dur Ă digĂ©rer…
Tout ça pour écrire que ça va.
Je relativise que dalle.
Je compte seulement les jours et les heures.
Il fait gris dehors, comme la belgitude, ça m’aide Ă m’enfoncer.
Je suis comme les cons, je me laisse influencer par le temps.
Je mesure ma solitude en instants d’ennui, moments improductifs pendant lesquels je me demande bien Ă quoi ça sert tout ce foutoir, j’envisage tout, dresse une liste d’actes essentiels Ă rĂ©aliser, et puis tout s’allonge dans des proportions que je refuse de mesurer.
Je me sens connement seul devant une montagne de conneries à vider, de saloperies à nettoyer, de crétins à assassiner.
Mais je ne fais rien de tout ça, je me saoule au Mojito et j’attends que la gueule de bois se passe !J’ai rĂ©pondu Ă quatre annonces de demandes de renseignement pour mes bagnoles et envoyĂ© trois Ă©-mails de prospection spontanĂ©e hier soir.
Alors ce matin, en ouvrant ma boite mail j’ai eu la joie de recevoir quelques lignes qui racontaient que mes tutures n’avaient pas la couleur recherchĂ©e…
J’ai rĂ©pondu Ă chacun qu’il n’avait pas le profil pour rĂ©curer mes chiottes ni pour vendre des fringues dans une boutique pour classes aisĂ©es, mais qu’adaptable, quitte Ă cĂ´toyer la merde, il pouvait apprendre et faire avec…
J’attends donc, en consumant mon âge, de me fixer des objectifs rĂ©alisables, il paraĂ®t que ça rend le quotidien moins merdique et que ça valorise Ă court terme.
Deux heures du mat’, je marche, je contourne des fĂŞtards qui s’attardent devant la sortie des bars.
Ces cons qui n’arrivent jamais Ă dĂ©coller et font chier mon voisinage Ă beugler comme des veaux.
Il y a toujours l’heure fatidique oĂą le temps me fait rentrer chez moi, me retrouver loin des autres et leurs solitudes individuelles noyĂ©es dans l’alcool.
Alors sur le chemin qui me ramène à mon chez-moi, démarche chaloupée, je croise des types et des nanas un peu étranges.
L’Ă©ternel groupe de loosers assis près de mon parking, qui sifflent les gonzesses quand elles passent et qui quĂ©mandent un peu d’attention si on ose leur accorder un regard, une demi-seconde d’existence alors.
Je navigue entre les gens, me fait un chemin en Ă©vitant l’attroupement de connards bourrĂ©s en Starck et mocassins vernis.
Toujours les mĂŞmes gueules de balafrĂ©s qui s’Ă©reintent en semaine Ă tenir un stylo Bic entre leurs doigts.
Ils gardent le geste, s’allument une Marlboro, la jette Ă moitiĂ© consumĂ©e sur les pavĂ©s et gesticulent en mouvements dĂ©calĂ©s.
C’est bien souvent les plus lourds, les plus cons, ceux qui s’autorisent toutes les bassesses en prĂ©textant dĂ©compresser le vendredi soir.
C’est toujours ceux-lĂ qui reluquent le cul d’une femme, d’un air attardĂ©, de haut en bas, sans dire un mot alors qu’elle continue Ă avancer et qu’elle sent leurs regards se poser sur ses fesses, puis se rassure en voyant s’approcher une autre fille, un peu mieux sapĂ©e.
Une plus belle victime qui avance, c’est le maĂ®tre mot, ne pas rester lĂ , faut presser le pas, fermer son blouson bien haut, les poings au fond des poches qu’elle garde serrĂ©s, rasant les murs en regardant droit devant : Vous allez quelque part Mademoiselle ? Vous avez besoin de compagnie ? Vous avez un rendez vous ? Hey ! T’as pas peur la nuit toute seule ?…
Bien sur, le connard lambda sait qu’elle a peur, alors qu’elle devrait savoir qu’il ne va rien lui arriver dans cette place et cette rue bourrĂ©e de monde, mais elle a le cerveau dĂ©ficient quand on vient lui adresser la parole.
Alors elle s’Ă©crase quand l’autre sait très bien qui mène la danse et qui va rester sur le carreau.
C’est la petite sĂ©ance d’humiliation quotidienne.
Il en faut bien, des gens qui se valorisent sur le dos des autres, ça fait partie du jeu.
On est toutes et tous, toujours quelque part, pour les autres, de la chair à pâté qui partons se faire charcuter.
Les mots et maux des autres, moi ça me tue.
La prĂ©sence de n’importe quel con envahissant mon espace vital Ă moins de deux mètres, c’est une agression que je ne pardonne pas.
Les gens, je ne les aime déjà pas tellement, mais cons, ça me donne des envies de génocides sévères.
Il y a aussi les couples, dans la rue.
Ceux qui se lavent les amygdales en public et ceux qui lavent leur linge sale.
La vie de nuit c’est tout un spectacle en reprĂ©sentations illimitĂ©s.
On y entre gratuitement si on accepte de payer les pots cassés à la fin de la prestation.
On a beau mater en spectateur, on fait partie de la scène, un spectacle de rue qui digère et dégénère.
Et puis enfin, ma porte en fer.
D’un coup de pied je la repousse, j’allume le hall et referme, entendant encore les cris de ceux qui se donnent la peine de croire qu’ils vivent et s’amusent dehors.
Et puis je m’Ă©loigne, je jette un Ĺ“il au garage, dis “bonne-nuit” Ă mes voitures, certaines me rĂ©pondent en grinçant…, je monte les escaliers, il fait chaud, je suis dĂ©jĂ mieux.
Pas de gueule de bois demain mais je me promet de vomir en mots les gestes des autres.
Je leur donnerai du sens à ma façon.
Faut bien que je m’accorde une petite place dans l’histoire, que je me donne un rĂ´le et forcĂ©ment le meilleur !
La faune de nuit c’est pas mon monde, j’ai le dĂ©sespoir trop solitaire.
Mon monde c’est le monde sans le monde…
Pourquoi devons-nous si souvent attendre de l’avoir perdu pour prendre conscience de l’attachement que nous portions Ă quelqu’un ou Ă quelque chose et du bonheur que nous en Ă©prouvions ?
Pourquoi sommes-nous tellement embarrassĂ©s lorsqu’il s’agit de dĂ©finir ce qui pourrait constituer notre bonheur ?
La raison rĂ©side dans vingt siècles d’imagerie chrĂ©tienne, car depuis 2.000 ans, l’homme s’est vu prĂ©senter une image humiliĂ©e de lui-mĂŞme.
Qui peut dire ce que nous serions si ces vingt siècles avaient vu persĂ©vĂ©rer l’idĂ©al antique de la beautĂ© humaine ?
La preuve de cette humiliation se trouve dans la difficulté de définir positivement ce qui nous rend heureux.
Pour la plupart d’entre-nous, ĂŞtre heureux est une nĂ©gation : ne pas souffrir, ne pas manquer d’argent, ne pas ĂŞtre malade, ne pas ĂŞtre malheureux… : Mieux vaut que ce soit lui qui souffre, qui manque d’argent, qui est malade, qui est malheureux, que moi…
Le comble de l’horreur vient lorsque ce sont des parents qui refusent de l’aide Ă un de leurs enfants en lui rĂ©torquant : Ca finira par s’arranger, en attendant, nous prions pour toi chaque jour qui passe…
Etrange bonheur que celui qui se mesure au malheur des autres.
Pour vivre heureux, vivons cachĂ©s, disent ceux qui se cachent et rasent les murs, aveugles et sourds aux autres…
Comme si le malheur était la règle, la fatalité !
Y échapper relèverait dès-lors de la chance aveugle, du hasard, manière de voir qui correspond à la mentalité égoiste de notre temps.
Un temps ou la position de victime est recherchĂ©e et idĂ©alisĂ©e, le système en cela ayant créé une sociĂ©tĂ© d’assistĂ©s qui se complaisent dans leur assistance, gage de non-rĂ©volte, de nivellement par le bas et de haine de “ceusses” qui rĂ©ussissent envers et contre tout et tous…
Il y a pourtant une autre manière de dĂ©finir le bonheur, les joies des toutes petites choses, des instants prĂ©cieux et Ă©phĂ©mères qui, tous ensemble s’avèrent la seule chose vĂ©ritable d’une vie.
La première gorgĂ©e de cafĂ©, un rayon de soleil, un sourire, un geste amical, le bien-ĂŞtre…
On passe du nĂ©gatif au zĂ©ro et du zĂ©ro Ă l’infinitĂ©simal des poussières de bonheur dĂ©robĂ©es au vent du malheur gĂ©nĂ©ralisĂ©.
Ne pas avoir peur du bonheur, ne pas avoir peur de viser haut, d’ĂŞtre ambitieux et gĂ©nĂ©reux…
On ne vit qu’une fois, et ça passe vite, autant en profiter en souriant qu’en faisant la gueule aux autres…
Les hommes sont si nécessairement fous que ce serait être fou par un autre tour de folie de n’être pas fou, disait Pascal.
Pensée profonde, d’une actualité éternelle, qui n’a peut-être pas été suffisamment prise au sérieux, tant il est vrai que malgré l’accablante accumulation des signes de la folie humaine, nous continuons à nous croire plutôt raisonnables.
La cause de cet aveuglement s’explique aisément si l’on répond à la question : qui est fou ?
Le fou, c’est l’Autre, évidemment.
Il est presque excitant de voir avec quelle habileté l’homme dénonce l’homme, et chaque parti le parti adverse.
L’une des grandes faiblesses humaines est l’incapacité d’observer ceux que l’on estime fous avec des yeux qui leur accordent un tant soit peu de raison, ou de s’observer soi-même par les yeux de ses fous sous l’angle où eux-mêmes ne s’admettent pas fous.
La Folie, jadis bénéficiaire de l’Éloge ironique d’Érasme, a été la cible privilégiée des rationalistes et des psychanalystes.
Apparemment, elle ne s’en serait pas relevée.
Bien qu’elle ne soit plus à la mode aujourd’hui, dans un monde imbu de lui-même, car persuadé qu’il détient les formules de toutes les réussites, tant scientifiques que morales, je trouve encore à la Folie la vertu réjouissante de troubler les bonnes consciences, de mettre le désordre dans les allées trop bien tracées de la Logique et de titiller la Raison dans son usage dogmatique.
D’où l’idée de créer un Club de la Folie Conséquente dans lequel seraient admis tous les fous lucides désireux de tirer les conséquences pratiques de leur état.
On y marcherait sur la tête, on s’y tirerait la langue devant des miroirs et, surtout, on y philosopherait à la bonne franquette, sans prétention et sans partis pris, un verre à la main.
Strictement parlant, le terme folie pose problème.
J’entends déjà les réprobateurs s’indigner de l’usage trop lâche que j’en fais, dans la mesure où je me crois cerné par des fous, lu par des fous, et fou moi-même.
Une sorte de malice me pousserait à exploiter abusivement ce filon en voyant de la folie partout, jusqu’à en mettre là où je n’en vois pas.
Il y aurait notamment de l’exagération à qualifier de fous les excès de la Raison même.
À la limite, si tout est fou, rien n’est plus fou !
Me serais-je pris à mon propre piège ?
Ce ne serait pas la première fois que, voulant faire le malin, je finirais par m’empêtrer dans les lignes d’un raisonnement désinvolte.
Voilà le risque quand on oublie de définir.
D’un autre côté, que pourrait valoir une définition stricte de la Folie ?
On ne met pas si facilement cette sorte d’oiseau en cage.
Disant, par exemple : Est fou ce qui n’est pas raisonnable (j’écarte les définitions pathologiques), qu’ai-je dit, sinon que la folie caractérise l’essentiel des comportements humains ?
Là -dessus, l’accord ne se ferait pas si facilement, car chacun est persuadé que la Raison est sa propriété personnelle ou, du moins, qu’il en partage l’usufruit avec les gens qui lui ressemblent, pensent comme lui, se conduisent comme lui.
Pour la plupart des humains, la Raison, c’est la logique apparente de l’habitude.
Pas étonnant que les inventeurs, les artistes et les excentriques soient généralement considérés comme piqués.
Mais on apprend vite à traverser le miroir, et à voir dans ces déraillements ce qui se fait d’absolument raisonnable, le reste n’étant qu’une forme plus ou moins apaisée et routinière de la folie maniaque, caractérisée par le respect minutieux d’une programmation sociale organisée autour d’horaires et de rites dont le sens devient de plus en plus problématique à mesure qu’on vieillit.
On voit bien en quoi la Folie se joue de ceux qui se croient plus malins qu’elle.
Je suppose qu’elle envoie ses lutins souffler dans les oreilles des parties adverses afin de leur suggérer que leur maîtresse serait flattée de recevoir d’eux sa consécration lexicale au détriment des gens qui ne leur ressemblent pas.
Le fou, c’est évidemment l’autre, toujours.
Mais chacun étant l’autre de l’autre, la Folie prend aisément possession de tout le territoire de l’humaine discordance.
Pour ma part, je me plais à observer comment les esprits rationnels soupçonnent chez les handicapés logiques une faiblesse de constitution intellectuelle, dans le même temps où les pourfendeurs de clarté abstraite accusent les champions de celle-ci de n’être que des pisse-froid, incapables de comprendre la vie.
Quel camp est le plus fou ?
Il semble qu’ils se stimulent assez l’un l’autre.
La concurrence est si rude que l’on est tenté de siffler la parfaite égalité, conformément à la ruse de la Folie, pendant philosophique de la bonne vieille ruse de la Raison quand, prise de folie furieuse, la Raison imaginait qu’elle arrêtait l’Histoire !
Hegel fut sans doute l’un des servants les plus dévoués de la Folie dans sa version intellectuellement paranoïaque.
Mais chez lui, au moins, la Folie a de la tenue.
On ne peut plus en dire autant chez une bonne partie des écervelés abscons dont il fut le prophète !
Au XXe siècle, la Folie s’est vraiment lâchée, ruant et écumant sur le monde, piétinant tout sur son passage.
Le XXIe, en son orée, n’est plus qu’un champ retourné où les derniers adeptes de la modération recherchent la trace d’anciens sillons tracés par d’anciens modérés.
Car il fut des époques où la Folie admettait la mesure, quoiqu’elle fût impropre à la pleine expression de son essence.
Les sages chinois et les sages grecs nous ont laissé des mélodies philosophiques dont la douceur confucéenne et épicurienne ne laisse pas de charmer quelques oreilles modernes, restées sensibles à la secrète beauté de la retenue intellectuelle.
Pour ces Anciens, c’était une façon discrète de faire bon ménage avec la Folie.
Nonobstant quelques concessions, ils pouvaient espérer atténuer les fureurs de la nature humaine, subjuguer ses excès et ses aveuglements les plus dangereux pour vivre dans la tranquillité relative d’une sagesse sans majuscule.
Pourtant, leurs époques n’étaient pas moins cruelles que la nôtre, si elles étaient moins grotesques.
Il faut croire que la Folie, temporairement sous le charme, s’est lassée de cette coexistence un peu mièvre avec des représentants beaucoup trop minoritaires de l’humanité.
Quelle définition de la Folie pourrait-on oser sans se couvrir de ridicule ?
Si j’en tenais une, je ne l’abandonnerais pas facilement.
Je sais trop à quel naufrage s’expose un tenant de la méthode géométrique, plus de trois siècles après Spinoza.
Du reste, notre monde intellectuel n’est plus qu’une fondrière comparativement à l’époque classique.
Il n’y a pas lieu de s’en plaindre, même si la nostalgie peut nous faire regretter un artisanat conceptuel qui s’exerçait dans la douceur feutrée des cabinets et des bibliothèques.
La réalité contemporaine se moque de la métaphysique en chambre.
En quoi la plupart voient moins une perte qu’un gain.
Mais si l’on me passe l’expression, cela fait de belles jambes à la Folie.
Peu lui importe que l’on cherche à la cloîtrer dans un article de dictionnaire.
Comme l’eau, elle finit toujours par trouver une faille.
Ainsi, au moment où l’on pense avoir fixé son visage, elle a déjà opéré l’une de ses métamorphoses habituelles qui la font ressembler à tout autre chose qu’à elle-même.
Plus d’une fois, on l’a vue prendre la forme d’une utopie rayonnante, placée sous le patronage de la Raison, du Bonheur et du Salut, afin d’entraîner les peuples dans sa danse démoniaque et les conduire à leur perte.
Mais elle a su aussi revêtir le masque de l’efficacité et du bon sens capitalistes pour faire accepter plus aisément aux foules leur esclavage doré.
C’est du grand art, et je crois que, sauf Ă ĂŞtre de mauvaise foi, on ne peut faire moins que saluer l’artiste…
Tout est parti d’un rien et d’un seul homme.
Nous sommes dans les environs de 500 avant notre J.C. Superstar.
Les sept leaders de la sagesse (Ă savoir que les 7 sages sont vingt-deux : Thalès, Pittacos, Bias, Solon, Cleobule, Chilon, Periandre, Myson, Aristodème, EpimĂ©nide, LĂ©ophante, Pythagore, Anacharsis, Epicharme, AcousilĂ©e, OrphĂ©e, Pisistrate, PhĂ©rĂ©cide, HermionĂ©e, Lasos, Pamphile et Anaxagore), un jour, se sont donnĂ© rendez-vous Ă Delphes, chez l’Oracle d’Apollon, et une fois arrivĂ©s sur les lieux, ils ont Ă©tĂ© reçus avec tout les honneurs par le prĂŞtre le plus âgĂ©.
Celui-ci, voyant assemblé autour de lui la fine fleur de la sagesse grecque, en profita tout de suite pour demander à chacun de graver une maxime sur les murs du temple.
Le premier Ă accepter cette invitation fut Chilon de Sparte qui, s’Ă©tant fait donnĂ© une Ă©chelle, Ă©crivit, juste sur le fronton d’entrĂ©e, la fameuse sentence : Connais-toi toi-mĂŞme.
L’un après l’autre, tous les Sages l’imitèrent.
Cléobule et Périandre, le premier à droite, le deuxième à gauche du portail, gravèrent leurs célèbre devises : Excellente est la mesure et La tranquillité est la plus belle chose du monde.
Solon, en signe de modestie, choisit un petit coin obscur du prostyle et écrivit : Apprends à obéir et tu apprendras à commander.
Thalès laissa son tĂ©moignage sur les murs extĂ©rieurs du temple, de façon que tous les pèlerins venant de la voie SacrĂ©e puissent avoir devant eux l’inscription : Souviens-toi de tes amis!…
Pittacos, excentrique comme toujours, s’agenouilla devant le trĂ©pied de la pythie et grava sur le sol un incomprĂ©hensible : Restitue ta caution.
En bon dernier, Bias de Prème, Ă la grande surprise de toute l’assistance, commença par dire qu’en vĂ©ritĂ©, ce jour-lĂ , il n’avait de courage pour rien et qu’en somme…, il ne savait pas quoi Ă©crire.
Tous les autres l’entourèrent alors, et chacun tenta de lui suggĂ©rer une phrase choc ; mais malgrĂ© les encouragements de ses collègues, Bias semblaient indiffĂ©rent et inflexible.
Plus ceux-lĂ disaient : Hardi, Bias, fils de Teutamos, toi qui de nous tous est le plus sage, laisse aux futurs visiteurs de ce temple une trace de ta lumière !… et plus il se dĂ©robait en objectant : Mes amis, Ă©coutez-moi : il vaut mieux pour tout le monde que je n’Ă©crive rien.
A un moment donnĂ©, après bien des tergiversions, on insista tant que le pauvre vieux sage ne put manquer d’Ă©crire quelque chose.
Ce fut alors que d’une main tremblante, il prit un petit ciseau et Ă©crivit : La majoritĂ© des hommes est mĂ©chante…
A la lire rapidement, on dirait une petite phrase de rien du tout, et pourtant, cette maxime de Bias constitue le verdict le plus dramatique qui fut exprimé par la philosophie grecque.
La majoritĂ© des hommes est mĂ©chante est une bombe succeptible de dĂ©truire n’importe quelle idĂ©ologie.
C’est comme entrer dans un supermachĂ© et enlever d’une Ă©norme pyramide de pots de confiture l’un des pots de la base : tout s’Ă©ffondre, le principe de la dĂ©mocratie, le suffrage universel, le marxisme, le christianisme et toute autre doctrine fondĂ©e sur l’amour du prochain.
C’est Jean-Jacques Rousseau, le dĂ©fenseur de la thĂ©orie de l’homme “bon par nature” qui perd la partie et c’est Thomas Hobbes qui l’emporte avec son slogan : L’homme est un loup pour l’homme.
Le français, le plus cynique des terriens, se nourrira de cette substance filandreuse pour en faire une vraie culture, le monde entier se dotera de l’humour noir Ă quelque degrĂ© que ce soit, le 3ème amendement se verra souvent bafouĂ© ou listigĂ© par la force et la puissance de cette notion maintenant aussi ancrĂ©e dans l’esprit humain qu’un chewing-gum sur le bitume.
Et tout cela grâce à un seul homme, une seule phrase, une seule pensée.
Chapitre 6
Quelqu’un contre le reste du monde…
Ça y est ! Il paraĂ®t que tout change, qu’on est maintenant tous cons, avec le baril de pĂ©trole plus cher que chertĂ© & compagnie, plus cher qu’une entrecĂ´te, c’est la rĂ©demption, fini les bonnes manières, terminĂ© la vraie vertu. Faudra surveiller son langage en mĂŞme temps que ses bourses. Je m’hermĂ©tise, je suis bourrelĂ© de mots secrets en insultes. Je m’occulte. Et encore tout Ă fait prudent ! Tout devient des plus Ă©pineux. Je pense inventer le moteur Ă eau… Mais attention ! Y a des censeurs, des dĂ©lateurs dans tous les coins… Je sais plus oĂą me mettre… Le monde tourne bourrique, c’est plein de personnes qui viennent me dĂ©noncer… Au nom de la Patrie toujours ! MĂŞme donner mes copains/copines…, comme ça ne perdant pas une minute… Le Fiel est Roi !
Regardez la gueule des gens, c’est du long cauchemar en figures. C’est tout obscène par le visage. Parties honteuses remontĂ©es au jour. Il n’est que temps Bordel de merde ! On se mĂ©fie jamais assez ! Faut-il restaurer le respect des chastes, le pleur des vierges, l’esprit invincible ! Le triomphe ! la gloire des tordus ! l’esprit sacrifesse ! On peut dire merde et ĂŞtre vainqueur, on peut dire zut et se faire Ă©tendre. C’est ça l’atroce ! Y a des preuves et pas des menues. C’est tout du fumier et consorts. C’est tout des ennemis personnels ! Les canailles me dĂ©merdent ! Y a que les cons qui clabent ! Personne veut du sacrifice. Tout le monde veut du bĂ©nĂ©fice. Nougat cent pour cent. Bien sĂ»r y a eu des morts quand mĂŞme ! Des vraies victimes de l’imprudence. En somme ça va pas brillamment… Nous voici en draps fort douteux…, pourtant c’est pas faute d’optimisme…, on en a eu de rudes bâfrĂ©es, des avalanches, des vrais cyclones, et les optimistes les meilleurs, tonitruant Ă toute radio, extatiques en presse, roucouladiers en chansons, foudroyants en DruckĂ©risation dĂ©bilitantes… Personne peut le surpasser question de gueule et d’assurance. Champion du monde en forfanterie, ahuri de publicitĂ© camouflĂ©e et de promos estampilĂ©es, de fatuitĂ© stupĂ©fiante, Hercule aux jactances, le GĂ©nie de la Race !
Cocorico ! Cocorico ! Le con flamboye ! On est pas saouls mais on est sĂ»rs ! En file par quatre ! Et que ça recommence ! Tout de mĂŞme y a une grosse diffĂ©rence entre avant TV et aujourd’hui TV. L’homme il Ă©tait encore nature, Ă prĂ©sent c’est un tout retors. Le con d’avant il y allait “comptant bon argent” maintenant il est rouĂ© comme potence, rusĂ© pitre et sournois et vache, il bluffe, il envoye des dĂ©fis, il emmerde la terre, il s’est installĂ© Ă vie, mais pour raquer il est lĂ et bien lĂ !… Il a plus l’âme en face des trous. C’est un ventriloque, c’est du vent. C’est un escroc comme tout le monde. Il est crapule et de naissance, c’est le tartufe prolĂ©tarien, la plus pire espèce dĂ©gueulasse, le fruit d’une civilisation. Il joue le pauvre damnĂ©, il l’est plus, il est putain et meneur, donneur fainĂ©ant, hypocrite….
Pendant que celui-lĂ se gargarise et promeut ses zamis, sas tartuffes, ses vassaux, laquais, bouffons, chantonneurs et dervishes retourneurs de crèpes…, le tĂ©lespectateur lobotomisĂ© se goure de toutes les arnaques prĂ©sentĂ©es en boucles, on lui a fait la thĂ©orie, il sait pas encore les dĂ©tails, mais il sait pourtant que tout est pourri, qu’il a pas besoin de se tâter, qu’il sera jamais assez canaille pour damer lĂ -dessus le dirigeant de cette gabegie, qu’il aura toujours du retard pour se farcir le fion après tant d’autres. Il sait que tĂ©lĂ© et compagnie, les Ă©missions vĂ©ritĂ©s sont que mensonges et opportunismes de voyoux, du “tout prendre” et plus rien donner. De la connerie Ă la petite semaine. C’est de la bonne friponnerie-crapulerie, celle qui envoie les gnous au turbin en les faisant chanter en choeurs : “Ya d’la joie“, qui fait du nombril le centre du monde, la retraite des vieux une rigolade, la gnan-gnanterie pour tous un bienfait… Au nom de quoi il se ferait lobotomiser le con ? Il veut bien faire le Jacques encore, il a du goĂ»t pour la scène, les bravos du cirque, comme tous les dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s, mais pour mourir en partance, alors pardon, il s’y refuse absolument ! C’est pas dans le contrat d’affranchi. Monsieur se barre Ă vitesse folle. Que le théâtre brĂ»le il s’en balotte ! C’est pas son business !
Cette grande déglinguerie, c’est général, les chefs veulent pas mourir non plus. Vous remarquerez que les grands despotes, les présidents, les forts ténors, les rois, les princesses, tout ça se branle en riant des cons (vous), les encule au plus profond, fonce au couvert dès que l’aventure tourne aigre, vacille… Foudres d’escampette ! Pas un qui paye de sa personne. Sauver la viande c’est le suprême. Pendant les plus farouches exhortes, pendant qu’ils affolent au massacre, ils quittent pas leur magot du regard. C’est leur vraie Madone ! Pas si cul de se faire étendre ! De la promesse ! du microphone ! c’est dans le bon jeu ! Tout ce qu’on voudra ! Du parfait texte ! Tant que ça pourra ! Pour eux aussi tout est théâtre… Ça fait une fringante ribambelle… Combien qui se sont trouvés pâlots sur le moment de payer la note ? Comptez un peu sur vos petits doigts. Et sans doute que c’est pas fini. Le spectacle est permanent… C’est le mensonge qui nous fait tant de mal ! Ce crime ! Ils en ont tous vécu les tantes ! Prospérés ! Engraissés, bouffis ! Reluis à l’extase ! C’est à présent qu’ils dégoûtent ! Mais ils peuvent pas vivre d’autre chose ! Ils sont foutrement incapables de vendre autre chose que du puant ! Le goût est fait !
Fouinant, rampants unanimes ! Je veux parler des journaleux et des lecteurs et des romans et des radios et du reste TV. Tout pourri, tous pour eux, charlatans, canailles et consorts, Ă la grande curĂ©e du cheptel, chiens et lopes associĂ©s. Tartufes paysans, grands auteurs. Mains dans les mains, Ă©changes acadĂ©miques de merdes, stylisĂ©es. Brossage des tatanes en tous genres. Qui fait une fois les chaussures fera toujours les chaussures. Que surviennent demain les Tartares, les Valaques, les Ostrogoth, qu’importe le poil, les pointures, les valets seront toujours lĂ ! Y aura qu’à siffler qu’ils accoureront encore avec leur petit matĂ©riel : Adjectifs, raisons en tous genres, brios dialectiques et crachats… Tout ce qui ne ment pas est honni, traquĂ©, chassĂ©, vomis de haut, haĂŻ Ă mort. C’est le grand secret que l’on cache : comment on pourrit jour par jour, de plus en plus ingĂ©nieusement. Je vous le dis bande de bâtards, vous ĂŞtes plus bons qu’à l’enfer ! Chiures de mensonges ! Critiques d’art ! Et ça commence un tout petit peu ! C’est ma gentille consolation. Vous aurez pas besoin de tickets ! Y aura de la torture pour tout le monde !
On n’a qu’à un tout petit peu ouvrir les portes de la catastrophe vous allez voir cette corrida ! C’est Carthage en beaucoup plus “brute“, en plus arrogant, plus pourri. Ce genre d’anarchie Ă©perdue ! Le monde sauvĂ© par des guignols ! Nous sommes aux dessins animĂ©s ! Y aurait de quoi rire en d’autres temps ! Mais comme on se trouve, y a de quoi se la mordre ! Le bourgeois franchouillard, ce qu’il voit dans le nouveau prĂ©sident, c’est le fric pour tousses. Il se dit : “VoilĂ un homme placĂ© aux sources de la Vie ! C’est l’emperator de la Fortune ! Il nous remettra tout comme avant ’40. Il nous foutra tout ça aux ordres ! On retouchera ses coupons ! On rĂ©-aura son plein d’essence, on ressortira les dimanches, on re-ira aux gueuletons, on rira chier sous les bosquets dans la douceur des airs angevine et ça sera l’orgueil qui remontera jusqu’aux cieux, de la belle odeur des toutes mieux nourries tripes au monde, chevalières aux LĂ©gions d’Honneur, un alibi, un boeuf magnifique“… Tous les autres seront Ă©liminĂ©s, Ă quelques individus près, inoffensifs pauvres maniaques, dont moi-mĂŞme, agitant marottes et pamphlets, mirlitons, grelots. Finie la drĂ´lerie anarchique, les alibis admirables, irrĂ©futables, esbourriffants, magiques, merveilleux Ă tout sabouler, saloper, rien foutre… Une hĂ©bĂ©tude si fantastique dĂ©masque un instinct de mort, une pesanteur au charnier, une perversion mutilante que rien ne saurait expliquer sinon que les temps sont venus, que le Destin s’accomplit.
Comment c’est fait l’opinion en France ? C’est bien simple, c’est fait Ă Paris. Le prĂ©sident, avec sa presse, sa radio, il rend le parisien Ă©berluĂ© et tout mĂ»r. En avant les gĂ©nials slogans ! Tout trou du cul de vache au village voici parigot promu quelqu’un sur l’asphalte de la Ville Lumière, passĂ© l’objet d’une affection, d’une sollicitude passionnĂ©e de toutes les minutes. Il a un “goĂ»t” qu’on lui dĂ©crète, un flair ! une dĂ©licatesse ! Un gĂ©nie personnel innĂ© ! Que c’est le joyau de la planète ! Qu’on lui affirme, qu’on lui dĂ©clare, par Ă©ditions extra-spĂ©ciales, en immenses titres, Ă feux de Bengale, Ă tout nĂ©on ! Qu’il en est bouleversĂ©, dĂ©lurĂ©, cascadeur et tout. En huit jours il se reconnaĂ®t plus. Un vertige d’intelligence ! Le chef-d’oeuvre de 22 siècles ! C’est lui l’unique et pas un autre ! Tout des sauvages partout ailleurs ! Des gens qui n’existent pas…, des pays de minables et d’affreux, des queues-dans-le-dos !… ApothĂ©ose des quintessences, Français moyens, chouchous des dons rarissimes, les Princes des forces et des astuces ! On-ne-fait-pas-mieux-de-Dol-Ă -PĂ©kin ! C’est plus que de le faire boire un peu, de l’étourdir au cinĂ©ma, de le faire passer aux Folies, qu’il se dĂ©prave Ă©perdu Grand Luxe, qu’il se damne aux nĂ©nĂ©s-sortilèges, aux mirages de hautes priaperies, le voilĂ tout gâteux Ă fondre, dĂ©connant le nord pour midi, la droite pour la gauche… Il a oubliĂ© son clocheton, son pissenlit, sa chèvre borgne, il est perdu. Rupture des labours. Paysan reniĂ© par ses vaches. MĂŞme pauvre Ă bouffer du rat, c’est lui le plus fort armĂ© du monde ! DĂ©lirant Ă plein univers ! Il dĂ©fie la Terre et l’AmĂ©rique ! Il lance des cartels au ZĂ©nith ! Il a des canons pour la Lune ! Il la traverse aller et retour !… Il est plus comparable Ă rien, il est plus montrable, plus sortable, plus Ă©coutable sans rougir. Voici l’homme fou Ă ligoter, citoyen grisĂ© de conneries qu’a perdu tout sens du ridicule. Il sait plus ce qu’il fait, ce qu’il ne fait pas. Il a plus que des vellĂ©itĂ©s, des Ă©bauches, des bribes, il sait plus rien entreprendre, il comprend plus rien. Il a perdu ses racines. Il est l’homme des publicitĂ©s, rincĂ©, dĂ©lavĂ©, chiffe crâneuse. Il va oĂą sa connerie le pousse, oĂą le PrĂ©sident lui souffle les slogans. Pour tenir la France en haleine, c’est pas fort : faites reluire…, mariole, hargneux, ricanier. La France crève de ses croquants snobs, Drucker et compagnie, BHV tartignole enculant sa chantoneuse pour qu’elle Ă©lève l’octave et son cul pour l’enculade…, que c’est beau, surtout devant mobiliers bois de rose et vernis sur “oeils de perdrix”…
Essayez de comprendre ce qu’ils veulent ? Ils veulent quoi les cons du peuple ?… Ils en savent rien ! Les radicaux ? La monarchie ? Le retour “comme avant” ? La Sociale ? Les Phalanstères ? La guerre civile Ă©lectorale ? Sarko Dictateur ? Le ComitĂ© Royal pour SĂ©golène ? La rĂ©surrection de LĂ©on Blum et de Gaulle ? Les JĂ©suites ? La Proportionnelle ? Les Jeux de Loto ? Le grand Mongol ? Ils veulent quoi ? Ils savent pas eux-mĂŞmes… Ils ont tout salopĂ©, pourri, dĂ©gueulĂ© Ă tort et Ă travers, tout ce qu’ils toucheront sera de mĂŞme, dĂ©gueulasse, ordure en deux jours. Ils veulent rester carnes, dĂ©braillĂ©s, pagayeux, biberonneux, c’est tout. Ils ont pas un autre programme. Ils veulent revendiquer partout, en tout et sur tout et puis c’est marre. C’est des dĂ©bris qu’ont des droits. Un pays ça finit en “droits”, en droit suprĂŞmes, en droits Ă rien, en droits Ă tout, en droits de jaloux, en droits de famine, en droits de vent. Mais faut pas oublier l’Élite ! Elle existe ! Bordel ! Elle existe ! D’oĂą qu’elle vient celle-lĂ ? Elle arrive se faire consacrer… Humer l’atmosphère parisienne…, la sophistication des choses, l’astuce, l’entendu raffiné…, l’élĂ©gance qui s’improvise pas…! Comment c’est la consĂ©cration ? C’est la maĂ®trise de faire : “peutt ! peutt” !… C’est pas si simple que ça a l’air… C’est toute une carrière, des Ă©preuves… Faut d’abord aller Ă l’école. Sauter dans le bachot…La navigation commence !… Passer les Ă©liminatoires… S’y reconnaĂ®tre en gĂ©ographie… en algèbre… en agronomie… se faire injecter les Pandectes… La Science Politique… Apprendre au poil l’Histoire de France pourrie, bien faisandĂ©e, bien contrefaite… Sortir de tout ça licencié… DĂ©jĂ bien vache en petites lumières, babillard du pour et du contre… Le rudiment de la muflerie…, le scepticisme Ă©lĂ©mentaire…, le coeur dĂ©jĂ pas très vaillant de race Ă©pargnante et salope, se le racornir encore un peu…, se le ratatiner forme bourse qu’il tinte vraiment plus que pour les sous grâce Ă l’instruction frigidante, rationnelle et papyracĂ©e… Voici l’adolescent d’élite au point pour les cent mille profits, bien dĂ©fendu contre sa jeunesse, contre les emballements de son âge ayant bien retenu la morale de papa-maman…, l’horreur des spontanĂ©itĂ©s…, le dĂ©shonneur du sacrifice… Voici l’adolescent d’élite Ă point pour les cent mille profits…, petit snob Ă©natisé…, cent fois plus avide que son père qu’était pourtant un fameux crabe…, qui laissait pas grand’chose sur l’os… Voici fiston reniflant la ville… Dents longues, ficelle, yeux faux-fuyants. Il va entrer dans les relations, il va frĂ©quenter les salons, la Loge des “Hirsutes rĂ©unis”, deux, trois bars en vogue. C’est lancĂ© ! LĂ alors c’est du vrai “peutt ! peutt” ! La Mode, la Couture, les Artistes ! Ah ! vraiment des gens de vertige ! Qu’ont le coeur qui bat plus du tout sauf un petit peu pour les partouzes quand c’est la fĂŞte d’un grand Fumier ! Oh, c’est le plain-pied du Sublime ! On fonce au sein du raffinement ! Avec tout confort capiteux, parfums ambrĂ©s, chochottes menues, menottes d’Orfèvres ! Hammam, Ambassades, eau chaude, poils… On suce des secrets redoutables… Quels prolongements ! Que tout le monde en reste Ă©bloui… Que ça fait des thèses mĂ©morables dès qu’une seule lui sort au derrière… VoilĂ comment ça marche l’élite !…
La vie est courte, crevante, fĂ©roce, pourquoi hors “peutt-peutt” s’emmerder ? Ă€ quoi ça ressemble, je vous le demande ! Malheur aux ignares voilĂ tout ! Se casser le cul pour des clopinettes ? Pour des rĂ©demptions fantastiques ? Des croisades Ă dormir debout ? Quand c’est si facile de se dĂ©fendre, de parvenir par la babine Ă port sĂ»r, ravissant, fameux… Certes faut ĂŞtre fumier de très bonne heure, faut que la famille s’en occupe, autrement ça se dĂ©veloppe moins bien, c’est une question de premier âge, en plus d’heureuse hĂ©rĂ©ditĂ©, la bonne Ă©toile c’est d’être bien nĂ©, sous des parents qui comprennent ! Ça s’ensemence la vermine, ça se cultive tiède, Ă l’ombre, ça prolifère, c’est heureux, plus heureux foutrement que l’aigle qui croise lĂ -haut dans les tempĂŞtes. La vermine quel avenir immense ! Raisonnable ! Coup sĂ»r ! Les aigles, il n’en reste presque plus ! La Terre tourne ! Elle contient plus de mauvais que de bon ! Les jeux sont faits !
Une sociĂ©tĂ© civilisĂ©e ça ne demande qu’à retourner Ă rien, dĂ©glinguer, redevenir sauvage, c’est un effort perpĂ©tuel, un redressement infini. C’est de l’effort et ça fatigue. La nĂ´tre elle veut plus rien foutre, elle veut plus se fatiguer du tout. Elle se les retourne de plus en plus. Elle s’effondre dans tous les coins. C’est la base qu’est vermoulue, qu’étant bâtie sur l’espoir, ils en veulent plus du tout de l’espoir, ça ressemble trop aux courants d’air, ils veulent du “tout de suite et confort”. C’est plus des hommes de LĂ©gende, c’est plus des imaginatifs, c’est des hommes de la mĂ©canique… Pascal ça l’étonnait aussi les espaces infinis des cieux, il aimait mieux la brouette ! Ça rend pas bon la mĂ©canique ça rend prosaĂŻque et cassant. Tels quels ils repartiront jamais, ils saboteront la machine, on ira de plus en plus Ă pied, on sera de plus en plus malheureux et la police et les prisons elles seront croulĂ©es avec le reste, noyĂ©es sous dĂ©combres. C’est autre chose un essor, c’est un enthousiasme ! Les damnĂ©s de la Terre d’un cĂ´tĂ©, les bourgeois de l’autre, ils ont, au fond, qu’une seule idĂ©e, devenir riches et le demeurer, c’est pareil au mĂŞme, l’envers vaut l’endroit, la mĂŞme monnaie, la mĂŞme pièce, dans les coeurs aucune diffĂ©rence. C’est tout tripe et compagnie. Tout pour le buffet. Seulement y en a des plus avides, des plus agiles, des plus coriaces, des plus fainĂ©ants, des plus sots, ceux qu’ont la veine, ceux qui l’ont pas. Question de hasard, de naissance. Mais c’est tout le mĂŞme sentiment, la mĂŞme maladie, mĂŞme horreur. Tout ça roule, roule tout venin, tiĂ©dasse, c’est un malheur pire que tout, l’enfer mĂ©diocre, l’enfer sans flamme. Y a des terrorismes bidons qu’arrivent heureusement, Ă point nommĂ©, comme par hasard, c’est fatal !
Le peuple il n’a pas d’idĂ©al, il n’a que des besoins. C’est quoi des besoins ? C’est qui a plus de chĂ´mage, qu’on trouve des boulots, qu’on a la sĂ©curitĂ©, qu’on se trouve assurĂ© contre tout, le froid, la faim, l’incendie, qu’on a les vacances payĂ©es, la retraite, la considĂ©ration, la belote et le pousse-cafĂ©, plus le cinĂ©ma et le bois de rose, un vache smoking tempĂ©rament et la bagnole Ă crĂ©dit pour les virĂ©es en famille. C’est un programme tout en matière, en bonne boustiffe et moindre effort. C’est de la bourgeoisie embryonne qu’a pas encore trouvĂ© son blot. Les plus terribles bouleversements vont pas lui changer son programme. C’est du rĂŞve de dĂ©contenancĂ©, de paysan qu’a plus sa vache, plus de terre, plus de châtaignes, qui se raccroche Ă tout ce qu’il trouve, qu’a peur que le monde lui manque, que tout lui flanche entre les doigts. Tout ça il se dit c’est fantastique…, ça pousse tout seul, ça durera pas… Je serai Ă carreau que fonctionnaire… Ah ! bordel foutre, il m’en faut ! Retraite ou mourir ! La SĂ©curitĂ© ou la mort !La Panique c’est toujours vilain, faut prendre les choses comme elles sont. Ça serait pas si abominable, ça pourrait très bien s’arranger, si les atroces profitaient pas pour forniquer leurs saloperies, les occultes cultiveurs de haines, qui dĂ©mordent jamais, enveniment, disposent les traquenards, bouzillent, torturent Ă plaisir. C’est l’AbĂ®me, c’est l’Apocalypse, avec tous ses monstres dĂ©chaĂ®nĂ©s, avides, dĂ©peceurs jusqu’à l’âme, qui s’entrouve sous les petites gens.
Ça suffit pas la misère pour soulever le peuple, les exactions des tyrans, les grandes catastrophes, le peuple il se soulève jamais, il supporte tout, mĂŞme la faim, jamais de rĂ©volte spontanĂ©e, il faut qu’on le soulève, avec quoi ? Avec du flanc et du pognon. Pas d’or pas de rĂ©volution. Le flan c’est des histoires Ă dormir debout, comme Ben Ladden et ses armĂ©es, les terroristes qui terrorisent…, du flan, bordel ! Les damnĂ©s pour devenir conscients de leur Ă©tat abominable, il leur faut une littĂ©rature, des grands apĂ´tres, des hautes consciences, des pamphlĂ©taires vitrioleux, des meneurs dodus francs hurleurs, des tĂ©nors versĂ©s dans la chose, une presse hystĂ©rique, une radio du tonnerre… Au lieu de ça, c’est Druckerisation lobotomique en TV dĂ©bilitante…, autrement ils se douteraient de rien, ils roupilleraient dans leur belote. Tout ça se paye, c’est pas gratuit, c’est des budgets hyperboliques, des tombereaux de pognon qui dĂ©versent sur le trèpe pour le faire fumer. Il faut Ă©taler les factures, qui c’est qui dèche ? C’est Ă voir. Pas de pognon, pas de fifres, pas de grosses caisses, pas d’émeutes par consĂ©quent. Pas d’or, pas de rĂ©volution ! Pas plus de Mercedes que de beurre en branche que de Drucker, pas plus de bateliers que de caviar ! C’est cher les tĂ©nors qui Bruelisent, qui soulèvent les connes en transe. Et les chuchoteries de portes cochères ? Ça revient Ă des sommes astronomiques ! C’est du spectacle, faut mettre le prix, les frais de faux-terrorisme et de faire-peur, ça cube, ça ruine ! Pour amener le trèpe Ă plein dĂ©lire, pour qu’il secoue pas ses chaĂ®nes, la marmite, le pot-au-feu, que tout ça culbute pas, qu’on l’Ă©tripe dans la joie ! La fraternitĂ© reconquise ! La libertĂ© de conscience ! Le Progrès en marche ! Que ça soit l’énorme OpĂ©ra, le plus gĂ©ant de deux trois siècles que c’est une autre vie qui commence ! Ah ! ça alors c’est dispendieux ! Au prodige ! Tout un monde de petites bourriques Ă gaver, festoyer, reluire, des poulets de tous les plumages au picotin plein les Loges, de limaces Ă redondir, grassoyer, tiĂ©dir, mignoter, que tout ça vermoule l’édifice, chuinte et corrode Ă prix d’or. C’est des notes Ă n’en plus finir. C’est hors de prix la Police qui mate le faux-terrorisme, la pullulation d’émissaires, asticoteurs de griefs, des mille rancoeurs Ă la traĂ®ne, retourneurs de fiels. Et il en faut ! Jamais de trop !
Comme c’est passif le pauvre monde, oublieux ! le baratin du damnĂ©, voilĂ du tintouin infernal, lui auquel le gros rouge suffit, faut lui donner la soif du sang, qu’il puisse plus tenir dans son malheur, que sa condition le rende maboule, atrocement fauve, anthropophage. Lui qui demande qu’à rester tel quel, grognasseux, picoleux, fainĂ©ant. Il veut se plaindre mais pas autre chose. Il faut que tout lui tombe sur un plat. Pardon alors ! C’est lĂ qu’il se fait drĂ´lement relancer par les “Busheries” Ă tant par jour, les fonctionnaires de la connerie et du mensonge. Et c’est encore que le premier acte, les prĂ©mices du drame, les exposĂ©s de la comĂ©die, les rassemblements tapageurs. Faut pas en promettre des conneries, faut les amener luxurieusement, c’est un gouffre d’insurger le fretin, c’est que l’Irak ça mobilise, le trĂ©sor de Saddam y passe encore. Pas d’or ! Le damnĂ© Irakien il n’Ă©tait pas commode, alors y a fallu qu’on l’éclaire et bougrement, pour qu’il s’élance aux barricades, qu’il commence Ă faire le fou. Il prĂ©fèrait lui, pourtant, la vie de famille, quelques coups de feu en l’air et le meeting baveux. Au fond il aimait pas les histoires. Il Ă©tait conservateur fini, il Ă©tait de la terre, nĂ© bidasse, faut pas l’oublier. Il tenait pas vraiment aux sacrifices, aux piscines de sang. Il y tenait mĂŞme pas du tout. Il a fallu pour ça qu’on l’enfurie, qu’on le picadorise Ă mort. Ce fut un tintouin du tonnerre. Il Ă©tait gueulard, plus mendigot que fracasseur. Il voulait bien encore des violences mais si c’était les autres qui dĂ©rouillent. Il voulait dĂ©filer triomphant. Il voulait son bois de rose, sa retraite de vieillard Ă trente ans, tout des raisons pour pas mourir. La pĂŞche Ă la ligne. Qui dit mieux ? Il voulait pas mourir du tout. Les gardes civiques ça meurt très bien Ă sa place ! Ils vous ont de ces mitrailleuses ! Sagesse d’abord ! Ă€ quoi bon changer l’ordre social pour que les autres se rĂ©galent et qu’on soit mort et martyr ?
Victoire ? C’est vite dit ! Mais pas d’omelette sans casser d’oeufs ! Et pas de bonnes victoires pour les morts ! Chacun rĂ©flĂ©chit forcĂ©ment !… Quelles garanties ? Chacun se demande “in petto”… Est-ce bien sĂ©rieux ? Que les autres crèvent si ça leur chante ! On verra bien comment ça tourne… C’est lĂ le hic, le point sensible, le “ne-pas-se-mouiller” paysan, c’est lĂ qu’il faut pousser au crime ! Ă plein orchestre ! Que l’or entre en transe et comment ! Bush, Blair et les dĂ©mons de l’enfer ont fait le nĂ©cessaire, enflammĂ© la viande Ă temps, dĂ©chaĂ®nĂ© l’émeute, le carnage, soulevĂ© l’ouragan des tueries, les torrents de bave conventionnels, l’ébullition de la frime du sang. Fallait un commanditaire ! C’est la condition du spectacle ! Et point petit cave chichiteux ! Quelque hagard effarĂ© comparse ! Pouah ! Quelle horreur ! Quelle insolence ! Non ! Saddam, l’hussein colossal ! Le plus coĂ»teux des opĂ©ras ! Y songez-vous ? L’OpĂ©ra des vanitĂ©s ! Avec DĂ©luges de pĂ©trole ! Choeurs symphoniques ! Oh ! la ! la ! Vous ĂŞtes raides ? Alors taisez-vous ! Caltez ! Emmerdez personne ! Vous ĂŞtes qu’un petit impertinent ! Un petit garçon mal embouti ! Allez donc apprendre la musique ! Ça vous disciplinera l’esprit ! On n’insurge qu’avec des espèces et pas du semblant ! Des pichenettes ! Non ! Non ! Des trombes ! Cyclones de pèze !
Ah ! Trouver un commanditaire c’est le début de toute grande chose, le rêve de toute personne sérieuse, sans commanditaire point d’essor, le génie lui-même tourne à vide, bouffon bientôt, s’épuise en onaniques mirages. Rien ne peut réussir sans or, rien ne s’achève, n’aboutit, tout s’évapore au premier souffle. Au moindre méchant vent contraire, la première petite cabale, tout se dissipe et disparaît. Pour retenir les hommes ensemble, les posséder en franche meute, il faut leur garantir la soupe, l’écuelle régulière et copieuse, autrement ils prennent plusieurs maîtres et votre meute existe plus, vous êtes fini pour l’aventure, la chasse est bien fermée pour vous. Ah ! C’est des choses qu’il faut connaître, qu’il faut respecter, c’est des Lois. Tenez par exemple Bush et son compère Blair, ils le connaissaient eux le fond du sac…, le fin grigri des sortilèges, ils s’embarquaient pas à lure-lure… Admirez leur prévoyance, leur esprit d’administration, leur prosaïsme impeccable, leur vigilance aux aguets de tout bailleur présentable…, jamais une seconde déportés du point essentiel : le pognon ! Au guet du nerf des batailles intrompables. Ah ! que voici des gens sérieux ! C’est pas eux qui se seraient échauffés sur des motions courants-d’air, des vins d’amitié anisés, des hurluberluteries saoules, les vociférations du genre, les tonitruements romantiques, tous les ours creux de la ménagerie qui ne font peur qu’aux petits enfants. Ils voulaient bien des petits congrès qui ne font de mal à personne, pour dire comme ça qu’on a de la troupe, et bien soumise, qu’on est écouté en bas lieux, des rassemblements de minables, des agités de l’injustice, des pelliculeux de l’oppression, des inanitiés de la grande cause, tous les sous-nutris de brouets sales, les cancrelats du café-crème, les intraits enfiévrés de mistoufle, de bile et de bafouillage, il en faut pour le prurit, l’exaspération de la connerie, le baratin vaseux des masses. Des orateurs qui puent de partout, le chien mouillé because pardingue, des crocs because la carie, des nougats because ils sont deuil, de la gueule because l’estomac, tout ça qu’est dans la chtourbe rance, qui sort d’un hospice pour un autre, d’un cornet de frites pour la Santé il en faut pour envenimer le trèpe. Ah ! C’est les martyrs de la cause ! Ah ! c’est des choses qu’il connaître, que ça mord, grinche et puis dégueule sur le morceau, ingrats, infidèles, prétentieux, dès que ça déjeune un petit peu because ça n’a pas l’habitude. Oh ! la grossière catégorie, oh ! la très rebutante clique, pour les personnes d’entreprise qui veulent pas crever engloutis sous projets foireux, embarbouillés dans les palabres, perdus dans les lunes, les promesses.
La rhĂ©torique c’est pour les foules, aux chefs il faut du rĂ©pondant, le vrai rĂ©pondant c’est la Banque. C’est lĂ que se tiennent les clefs de songe, le petit Nord et le grand secret, les souffles du faux terrorisme. Pas de banquiers pas de remuements de foule, pas d’émotion des couches profondes, pas de dĂ©ferlements passionnels, pas de Cromwell, pas de Marat non plus, pas de fuite Ă Varennes, pas de Danton, pas de promiscuitĂ©, pas de salades. Pas un Robespierre qui rĂ©siste Ă deux journĂ©es sans bourse noire. Qui ouvre les crĂ©dits, mène la danse. Tout est crĂ©dit, traites validĂ©es, surtout dans les moments critiques oĂą les reports sont Ă©pineux. Pas de chichis ! VoilĂ les humbles servitudes, tout est mesquin dans la coulisse. C’est pour ça qu’elle a rĂ©ussi la bande Ă Bush ! Non seulement parce qu’elle Ă©tait youpe-youpeeeeh, mais aussi qu’elle Ă©tait bien au courant des circonstances, pas lancĂ©e dĂ©couverte la bande, qu’elle Ă©tait sĂ»re de leur liquide pĂ©trole, qu’elle Ă©tait bourrĂ©e au dĂ©part. Tout de suite la bande a donnĂ© confiance. Au nom de quoi elle causait ? Au nom du monde des opprimĂ©s ? Des DamnĂ©s de la Terre innombrables ? Des Ă©crabouillĂ©s de l’Injustice ? Des atterrĂ©s de l’Imposture ?… C’est bien entendu, ça va de soi ! Mais aussi, peut-on dire surtout, au nom du pĂ©trole qu’est autre chose comme rĂ©pondant sous tous les degrĂ©s Latitude…, plein les vagues qui remue le Ciel et la Terre…, tous les Ă©chos des rĂ©ussites…, qu’est la sorcellerie des passions…, qu’est l’onde de magie droit aux coeurs…, qu’autour d’elle toute musique s’éteint le frais cliquetis de l’or…, la prestigieuse longueur d’onde !…
Bien sĂ»r Bush et compagnie Ă©taient en famille avec leurs banquiers, industriels de mort et pompeur de pĂ©trole… Ça demandait qu’a se rencontrer, qu’à servir en choeur la bonne cause, la seule qui compte, celle de la Grande Cause de la Grande Entourloupe, la grande mise en bottes, dĂ©finitive, plombĂ©e, secrète, Royaume absolu qui s’étend du Ciel aux Enfers avec les bidasses obligĂ©s qui se magnent la hotte, tous cons comme toujours, rissolant, les pieds en feu courant la cendre, s’arrachant la chair pour le MaĂ®tre, lui servant toute chaude, bien saignante, Ă point, qu’il ait rien Ă dire, pĂ©tri d’amour pour eux, c’est les faucons rouges qui se ravissent que c’est arrivĂ© ! Ils voient dĂ©jĂ le monde meilleur, plein de nougats pour leurs petites gueules ! Les jeux sont faits ! Les masses alors comment qu’elles se sentent !… Qu’elles entrent en transe et volcaniques !… C’est l’éruption des couches profondes ! La Farandole des Grands Espoirs… C’est dix jours qui bouleversent le monde !… Mr Bush est bien heureux… Il s’embĂŞte pas !… Ses petits associĂ©s non plus… Tout va bien. STOP. Saddam effacĂ©. STOP. Larguez encore 150.000 milliards. STOP. Triomphe assurĂ©. STOP. Progrès en marche. STOP. DifficultĂ©s peuvent surgir. STOP. Confiant ardent vigilant. STOP. Terrible et bon oeil. STOP ! On remue lĂ -bas le grand Kahal. Tous les Cohen sont sur le pont. De Chicago Ă Wall-Street c’est une immense jubilation… Tous les ghettos de luxe sont aux anges, ça bouillonne dans les arrière-Loges… Les Fraternitys convulsent… C’est dĂ©cidĂ©ment l’âge promis !… Le sacrifice est emballĂ© !… Toute la banque contribue… Le paquet arrive…, ils savent ce que toucher veut dire, ils prennent pas ça pour des copeaux, ils connaissent la chanson du monde, que c’est de la bonne huile de miracle, que maintenant tout peut arriver ! Alors c’est la vogue mirifique ! La machine au Progrès elle fonce, elle ronfle, elle s’emballe, elle tourbillone au vertige, c’est une dynamo de Justice, d’égalitĂ©, de lumière, vrombissante en pleine barbaque goye ! Des millions sont occis en pas deux mois de Martiales Cours. Ça dĂ©blaye drĂ´lement l’atmosphère ! C’est autre chose que petites motions pelliculeuses, enchifrenĂ©es onusiennes, bilieux petits colis chafoins, mauvais coucheurs Ă participes, cancrelats de CitĂ©s Futures, pue-du-bec et myopes Ă grelots, lĂ©preux sans ulcère, fils de clebs, conformismes de la petite aigreur, vibrions des petites eaux louches !
Mais ça alors pardon minute ! C’est du Théâtre pour Continent ! Des millions de personnes en scène ! sans compter les morts, les blessĂ©s, les exĂ©cutĂ©s par mĂ©garde, les sacrifiĂ©s dans les coins…Et puis encore de la dĂ©pense, des rĂ©pĂ©titions gĂ©nĂ©rales, des pĂ©roreux au tarif double, des palabreurs qui sont sournois, qui se nourrissent pas de leurs hyperboles, qu’il faut Ă©clairer de nuit et jour Ă coups de prĂ©bendes et triples soldes. Les rĂ©solutions flĂ©chissent, les cons pâlissent un peu… C’est un gouffre “le Progrès en marche”. MĂŞme avec la banque, c’est venu Ă caner un moment. C’était une telle gourmandise, une telle boulimie dans le dĂ©sert après les discours Ă Washington qu’il y eut un petit moment de bisbille, les dollars se faisaient prier ! Guidez nos pas vers l’autre monde ! De l’égalitĂ© justicière ! De la rĂ©demption des damnĂ©s ! Que c’est tout cuit ! Tout en musique ! Que c’est l’extase de nos IdĂ©es ! Le triomphe du Progrès en marche ! Il galope plus ! Il charge ! Il vole !… On sera tous en choeur Ă la gare… Toutes les ultimes dĂ©lĂ©gations… DamnĂ©s soulevĂ©s admirables. STOP. Mais rĂ©clament encore 100 milliards. STOP. Mieux. STOP. Effacer traces. STOP. Conseille envoi immĂ©diat. STOP. Blair avec nous. STOP. PĂ©ril petit bourgeoisie europĂ©enne persiste. STOP. Fidèle et sĂ»r. STOP. Pur. STOP. Dur. STOP. C’était le coup classique, impeccable, le coup de gong aux cons qui sont engagĂ©s jusqu’aux ouĂŻes… Le trĂ©sor bien planquĂ© en fouille, le divin lest, Bush hĂ©site plus, il se parfait, se bichonne, s’agrĂ©mente, endosse les fringues de circonstances…, le costard Ă©limĂ© rase-pet…, le def du comptable “chez lui”…, il est de l’emploi, ça fait vingt ans qu’il repasse le rĂ´le…, au poil…, voilà …, il entre dans l’acte comme un gant… C’est lĂ qu’est l’intelligence !…, il fonce au dur ! Il s’embarque !… Takatchoum !… Takatchoum !… Il tombe en pleine Ă©bullition…C’est le Messie qui Ă©merge… Les damnĂ©s lui boivent les paroles… Il parle plus de courants d’air… Il parle de choses qu’ont du sens… Il peut se permettre… C’est des messages… C’est des valeurs… C’est le Credo qui soulève le monde !… Les montagnes avec !… Le BlĂ© d’AmĂ©rique est avec lui… Le pĂ©trole passe dans ses veines. Toutes ses syllabes sont en dollars… Il a payĂ© comptant : L’inertie des opposants, la pourriture des cadres adverses, ça devient du velours… du beurre de noisettes… C’est de l’Hydromel !… Il parle d’or quoi, c’est tout dire !… Du coup les damnĂ©s se tiennent plus… Le grand orchestre entre en dĂ©lire, tous les musiciens sont payĂ©s ! La grande saoulerie gronde Ă plein les carrefours !…, bourriques, forçats, putains, noire mercante, tout ça farandole Ă mort, Ă pleins cadavres et c’est la fĂŞte ! c’est la nouba Ă l’abattoir du Grand Judas. On rigole bien, on est en sang. C’est plus de la petite Carmagnole. C’est la sarabande du Tonnerre ! Que Dieu lui-mĂŞme est au plaisir, que le Diable lui passe les cymbales ! Par JĂ©hovah ! c’est la grande Folle ! Que tout le bastringue lui saute des poignes, que toute la Terre convulse ! Virevolte ! S’écrase ! Fiasque partout ! DĂ©gouline !… Que c’est plus une chose Ă regarder…, ça, c’est du labeur grande cuvĂ©e ! De l’assouvissement pur carat ! On peut pas faire mieux en moins de jours ! C’est intensif, ça coĂ»te un monde, mais nom d’Isaac, nom de foutre, c’est de l’éclair de diamant d’orgie ! C’est pas des choses Ă se priver quand on trĂ©sorise des milliards ! Ă€ quoi bon donc ils serviraient ?
Restait Ă parachever le turbin. Mais ils sont cocasses les canards, ils se grattent un petit peu… Ça ne suit pas !… Ils sont emmerdĂ©s… VoilĂ des mois qu’ils essayent de faire tressaillir la viande froide… Bush se doute pas ce que c’est frigide l’enthousiasme français !… Il serait Ă©coeurĂ© en moins de deux… La France, elle bouge plus… Qu’est-ce qu’elle veut la France ?… de la Patrie ? Des bas morceaux ?… De la candeur ?… Du naturel ?… De l’ordre moral ?… Des anathèmes ?… Des souscriptions ?… De la violence ?… Ou des papouilles ?… Des grands procès ?… Des grands poètes ?… Ah ! la vache on la comprend plus…, elle fait la queue, elle râle Ă mort…, elle rentre chez elle, elle râle encore… C’est “Revendication” qu’elle a…, jusqu’au trĂ©fonds de la molĂ©cule de la pinĂ©ale du trognon… Rien ne la passionne que de râler…, et puis oĂą qu’on a du beurre ? Des bernots ? Des patates ? Au Bureau de Tabac !… C’est triste.
Les journaux de choc ils se ravalent, ils s’arrachent les touffes, de malaise, de se voir dĂ©prisĂ©s par les masses françaises. Comme ils sont assez crânouilleux ça les fait pas rĂ©flĂ©chir ces sourciers de la politique, ils sont pas capables. Ils ont un dada, ils s’y tiennent, ils sont lĂ -haut, ils caracolent, ils voient pas ce qui se passe aux pavĂ©s. Qu’ils vont tout prendre dans la gueule en affreuses tornades un de ces jours. Faut pas ĂŞtre un grand astrologue pour prĂ©sager des choses pareilles. Dans le mou, dans le vide, ils continuent, toute leur carrière en dĂ©pend ! Mais ça l’intĂ©resse pas le public !… Comme on dirait de moins en moins ! Ils bravent alors l’adversitĂ©, ils hurlent Ă contre courant, ils ameutent le souscripteur… Le mouvement prend de plus en plus d’ampleur…, passionne de plus en plus nos foules…, les villes, les campagnes…, nos masses entrent en effervescence ! Elles exigent la fin de la guerre d’Irak qui a mis la France dans cet Ă©tat de dĂ©pendance au pĂ©trole ! Dans cette position trop atroce !… Dans ces draps infâmes !… Mais c’est pas vrai ! Les arracheurs ! Les masses elles demandent rien du tout, elles gueuleraient plutĂ´t : “Vivent les yankee qui savent bien mieux promettre la Lune“. Ça fait rien, qu’ils disent nos apĂ´tres, faut pas rester sur des Ă©checs, faut pas avoir l’âme de vaincu, un journal c’est fait pour tourner, c’est une feuille d’espoir qui se vend, qui ne fait de mal Ă personne, hurlons NoĂ«l, il arrivera ! C’est du CouĂ© Ă la petite semaine. Ça serait peut-ĂŞtre honnĂŞte de se rendre compte…Le peuple, il veut bouffer que du bourgeois, du bourgeois qu’il connaĂ®t bien, son idĂ©al, son modèle, son patron direct, qu’est du mĂŞme chef-lieu de canton, du mĂŞme bled, du mĂŞme village, qui parle son patois si possible, son frère français qu’a rĂ©ussi, il est fratrophage, le Français, pas mangeur d’irakien pour un sou.
Moi j’aime pas les amateurs, les velléitaires. Faut pas entreprendre un boulot ou bien alors il faut le finir, faut pas en laisser en route, que tout le monde se foute de votre gueule…Si on fait du faux-terrorisme c’est pas pour le faire à moitié, il faut que tout le monde soit content, avec précaution, douceur, mais avec la conscience des choses, qu’on a rien escamoté, qu’on a bien fait tout son possible. Quel est l’autre grand rêve du Français ? 99 Français sur 100 ? C’est d’être et de mourir fonctionnaire, avec une retraite assurée, quelque chose de modeste mais de certain, la dignité dans la vie. Et pourquoi pas leur faire plaisir ? Moi j’y vois pas d’inconvénient. C’est un idéal, l’indépendance assurée par la dépendance de tout le monde. C’est la fin du “chacun pour soi”, du “tous contre un”, de “l’un contre tous”. Vous dites : Ils fouteront plus grand’chose. Oh ! C’est à voir… On en reparlera… Je trouve ça parfaitement légitime que le bonhomme il veuille être tranquille pour la fin de ses jours. C’est normal…, et la sécurité de l’emploi…, c’est le rêve de chacun. Je vois pas ce que ça donne d’être inquiet, j’ai été bien inquiet moi-même, j’en ai t’y mangé de la vache enragée ! Je crois que je suis un champion de la chose, j’ai tout de même ça en horreur. Je vois pas à quoi ça peut servir pour le relèvement de la sociale, la marche agréable du progrès, de se casser le cul effroyable, d’en chier comme trente-six voleurs, sans fin ni trêve, les consumations par l’angoisse que c’est du crématoire de vie. C’est toujours des douillets nantis, des fils bien dotés d’archevêques qui vous parlent des beautés de l’angoisse, je leur en filerai de la voiture, moi ! De la sérieuse voiture à bras, et poil, certificat d’étude à l’âge de 12 ans ! Je te leur passerai le goût de souffrir !
Le Bush il veut bien tout ce qu’on veut, toujours d’accord avec vous, Ă une condition : Que ce soit toujours lui qui commande. Il est pour la dĂ©mocratie, le progrès, toutes les lumières, du moment que ça va dans son sens. Grandes Ă©tiquettes et crapuleries. La formule lui est bien Ă©gal, il se dĂ©brouille toujours, pourvu que ce soit lui qui commande, en dĂ©finitive, par personnes interposĂ©es, par missions occultes, par les banques, par le suffrage universel, par les mariages dynastiques, tout ce qu’on voudra, pourvu que ce soit lui qui commande. Il fabrique aussi bien son beurre dans les monarchies que dans les Kominterns kalmouks ou dans les Loges du Mexique. Il est Ă son aise partout pourvu que ce soit lui qui commande, abandonne jamais les ficelles. Il chante la chanson qu’on voudra, dansera sur toutes les musiques, gigottant avec les singes, hurlant avec les pauvres loups, zigzaguant avec les serpents, imitant tous les animaux, toutes les races, tous les passeports, pourvu que ce soit lui qui commande. C’est un mimĂ©tique, un putain, il serait dissous depuis longtemps Ă force de passer dans les autres, s’il avait pas l’aviditĂ©, mais son aviditĂ© le sauve, il a fatiguĂ© toutes les races, tous les hommes, tous les animaux, la Terre est maintenant sur le flanc, rendue par ses tripatouillages, il est pas encore rassasiĂ©, il emmerde toujours l’Univers, il veut tout, il veut davantage, il veut la Lune, il veut nos os, il veut nos tripes en bigoudis pour pavoiser au Carnaval. Il est fou Ă lier complètement, c’est qu’un absurde sale con, un faux sapajou hystĂ©rique, un imposteur de mĂ©nagerie, un emmerdant trĂ©mousseux, crochu hybridon Ă complots. Il nous escorte c’est le malheur, c’est le monstre qui colle, l’Horreur chez soi, il est montĂ© dans la nef Ă la place d’un vrai animal. Il veut plus jamais nous quitter du moment que c’est lui qui commande. On le vire de la barre ?… On peut plus… On en a marre d’intervenir… Il hurle trop fort quand on le bouscule… Il a fatiguĂ© tout son monde… Il faut que ce soit lui qui commande…Il a peur de rien… Il a peur seulement que d’une chose : du retour du Communisme et du terrorisme… Or, il n’y a que son faux-terrorisme…. Ça alors c’est la fin du monde…C’est le renversement des vapeurs. C’est l’explosion du Soleil. C’est le suicide du haricot. Je vois venir les “jeunes redresseurs”…, comme çi…, comme ça bureaucrates, pleins de virulences et d’entregent, prĂŞchi-prĂŞcheurs…, pleins de bonne foi, de pĂ©tulance… Qu’ils ont du Travail plein la gueule, et du flan aussi… Le Travail-salut ! le Travail-fĂ©tiche ! Travail-panacĂ©e-des-tordus ! Le Travail remède ! Travail toutes les sauces !… Les masses au Travail ! Bordel foutre ! Les pères au travail ! Dieu au travail ! l’Europe au travail ! Le Bagne pour tous ! Les fils au travail ! MĂ©mères au boulot ! Faut que ça fume ! La grande ivresse des emmerdeurs ! L’intention est excellente… mais faut penser aux “pas abstraits”, Ă ceux qui vont trimer la chose…, ceux qui sont pas dans les bureaux en train de se griser de statistiques, d’épures prometteuses… Ceux qui vont les exĂ©cuter les hauts projets miroboliques, qui vont se farcir les mornes tâches au fond des abĂ®mes…, qui vont s’ahurir Ă la mort autour des chignolles trĂ©fileuses dans le bacchanal âcre des fabriques, toute la vie dans le relent d’huile chaude. C’est pas marrant le tangible…Pardon !… Pardon !… faut rĂ©flĂ©chir !… faut se demander oĂą ça nous mène ?… , si tout ça c’est pas l’imposture, une façon de se dĂ©barrasser…
On dit que la machine rend mĂ©chant…, le contraire serait une rude surprise. C’est anti-humain au possible de foutre comme ça dans les rivets, les gĂ©nĂ©rations montantes, les mitoyennes, les flĂ©chissantes, dans les enfers de quincaille pendant des jours, des annĂ©es, toute la vie…, sans issue probable…, sans musique…, l’hĂ´pital Ă la fin de vos jours. Qui va lĂ -dedans pour son plaisir ? SĂ»rement pas nos chers visionnaires, nos gentils ardents redresseurs, tout Ă©pargnĂ©s par leur culture, leur bel acquit, leur position. L’usine c’est un mal comme les chiottes, c’est pas plus beau, pas moins utile, c’est une triste nĂ©cessitĂ© de la condition matĂ©rielle. Entendu, ne chichitons pas, acceptons vaillamment l’usine, mais pour dire que c’est rigolo, que c’est des hautes heures qu’on y passe, que c’est le bonheur d’être ouvrier, alors pardon ! L’abject abus ! L’imposture ! L’outrant culot ! L’assassinat dĂ©sinvolte ! Ça vaut d’appeler les chiots un trĂ´ne, c’est le mĂŞme genre d’esprit, de l’abus sale. Bien sĂ»r on peut pas supprimer, l’usine dès lors Ă©tant admise, combien d’heures faut-il y passer dans votre baratin tourbillant pour que le boulot soit accompli ? Toutes les goupilles dans leurs trous, que vous emmerdiez plus personne et que le tâcheron pourtant crève pas, que ça tourne pas Ă sa torture, au broye-homme, au vide-moelle ?… Ah ! C’est la question si ardue…, toute dĂ©licate au possible, il me semble Ă tout bien peser que 35 heures c’est maximum par bonhomme et par semaine au tarabustage des usines, sans tourner complètement bourrique. Y pas que le vacarme des machines, partout oĂą sĂ©vit la contrainte c’est du kif au mĂŞme, entreprises, bureaux, magasins, la jacasserie des clientes et la connerie des indĂ©cis, c’est aussi casse-crâne Ă©coeurant qu’une essoreuse-broyeuse Ă bennes, partout oĂą on obnubile l’homme pour en faire un aide-matĂ©riel, un pompeur Ă bĂ©nĂ©fices, tout de suite c’est l’enfer qui commence, 35 heures c’est dĂ©jĂ joli. La preuve c’est qu’on voit pas beaucoup des jeunes effrĂ©nĂ©s volontaires s’offrir Ă la conduite des tours, des fraiseuses racleuses chez Citron ou chez Robot C°, pas plus que de commis Ă©perdus mourant d’adonner leur jeunesse Ă l’étalage au Carrefour du coin. Ça n’existe pas. L’instinct les dĂ©tourne. Attention Ă forcer l’instinct ! C’est ça qui nous rend impossible ! Malheureux indurĂ©s canailles, qu’on sait plus par quel bout nous prendre, culs-de-jatte sur tabourets d’horreurs, chevillĂ©s aux cent mille chignolles, tordus complotiques Ă binocles, myopes de rĂ©gularitĂ©, monotones Ă dĂ©gueuler. Taupes de jour. Il faudrait rapprendre Ă danser. La France est demeurĂ©e heureuse jusqu’au rigodon. On dansera jamais en usine, on chantera plus jamais non plus. Si on chante plus on trĂ©passe, on cesse de faire des enfants, on s’enferme au cinĂ©ma pour oublier qu’on existe, on se met en caveau d’illusions, tout noir, qu’est dĂ©jĂ de la mort, avec des fantĂ´mes plein l’écran, on est dĂ©jĂ bien sages crounis, ratatinĂ©s dans les fauteuils, on achète son petit permis avant de pĂ©nĂ©trer, son permis de renoncer Ă tout, Ă la porte, dĂ©cĂ©dĂ©s sournois, de s’avachir en fosse commune, capitonnĂ©e, fĂ©erique, moite.
La France elle a des ennuis. Elle va crever d’à peu près tout, de bisbille celtique Ă©perdue, de prĂ©tentions cacochymes, de la haine des uns pour les autres, de l’égoĂŻsme capitaliste, et coetera et couetera… Elle va crever qu’elle manque d’essence…, y aura plus chez nous que des vieillards, des emphysĂ©mateux Ă bosses… La question sera donc rĂ©solue en mĂŞme temps que les autres… France Ă©ternelle aura vĂ©cu…, de tours de vache en discours, de folles saignĂ©es en clarinettes… Pas besoin de se casser la tĂŞte… Les problèmes d’asile de vieillards c’est du ressort de l’Économat, y a plus besoin de Premier Ministre…, des suppositoires…, du tilleul… On est donc au bout du rouleau. C’est de la pĂ©nurie vitale… C’est la poule qui ne veut plus pondre… Ah ! la dĂ©primante conjecture ! De quoi morfondre ! Beaucoup de papier, peu d’enthousiasme. Faut se mettre Ă la portĂ©e du monde… Vous parlez d’un fringant passĂ© !… Tout en catastrophes Ă©coeurantes… Verduns pour rien… Gloire pour les prunes… ImpĂ´ts… Salut ! Vous avez dĂ©goĂ»tĂ© la bĂŞte. Vous parlez d’un joli prĂ©sent… Vous parlez d’un jouissant avenir… que du boulot, des sacrifices, des charogneries Ă perte de vue… C’est pas un programme bandochant… Vous vous rendez compte ? On en a suĂ© 400 milliards pour parvenir oĂą nous en sommes… sur les genoux… en bas d’une autre cĂ´te… C’était aussi un grand projet bien patronnĂ© par toute l’élite, la fine fleur…, Ă quel renfort de zimboum ! boum !… Quelles pâmoisons ventriloques !… Quels sacrĂ©s jurements au bonheur ! Quelles culotissimes assurances ! Et de quels hommes ? Presque les mĂŞmes…, les bulles encore au coin de la gueule… C’est donc le tout Ă recommencer ?… Minute ! Vous permettez qu’on se gratte les couilles…, qu’on se demande oĂą ça va conduire votre nouvelle enfourcherie de dada…, qu’on se demande dans votre aventure qu’est-ce qu’on va lui faire au tĂŞtard ? C’est ça qui nous intĂ©resse… Quels tours de fumiers tout ça couve ?… Des championnats de la maigreur ?…
Ah ! Ça va mal ! Mieux vaut l’admettre. La confiance se cache, l’entrain Ă la vie n’est plus lĂ . Ça se voit en tout, dans nos grimaces, nos façons gercĂ©es…CrĂ©dit est mort une fois pour toutes. Pas de sĂ©curitĂ© pas de famille ! Plus de lĂ©gèretĂ©, plus de grâce, dans les mouvements, dans les coeurs…Comment rendre la confiance Ă tous ces gens sourcilleux, revĂŞches au dĂ©duit, nouĂ©s de partout ?… On se dĂ©sintĂ©resse du goĂ»t, de l’enthousiasme, de la passion, des seules choses utiles dans la vie… On apprend rien Ă l’école que des sottises raisonnantes, anĂ©miantes, mĂ©diocrisantes, l’air de tourner con râbacheur. Regardez les petits enfants, les premières annĂ©es…, ils sont tout charme, tout poĂ©sie, tout espiègle guilleretterie… Ă€ partir de dix, douze ans, finie la magie de primesaut ! MuĂ©s louches sournois butĂ©s cancers, petits drĂ´les plus approchables, assommants, pervers grimaciers, garçons et filles, ragoteux, crispĂ©s, stupides, comme papa maman. Une faillite ! Presque dĂ©jĂ parfait vieillard Ă l’âge de douze ans ! Une culbute des Ă©toiles en nos dĂ©combres et nos fanges ! Un dĂ©sastre de fĂ©erie. Quelle raison ? La pubertĂ© ? Elle a bon dos ! Non ! Parce que dressĂ©s tout de suite en force, sonnĂ©s d’emblĂ©e dès l’école, la grande mutilante de jeunesse, l’école leur aura coupĂ© les ailes au lieu de leur ouvrir toutes grandes et plus grandes encore ! L’école n’élève personne aux nues, elle mutile, elle châtre. Elle ne crĂ©e pas des hommes ailĂ©s, des âmes qui dansent, elle fabrique des sous-hommes rampants qui s’intĂ©ressent plus qu’à quatre pattes, de boutiffes en Ă©gouts secrets, de boĂ®tes Ă ordures en eaux grasses. Ah ! C’est vraiment le plus grand crime d’enfermer les enfants comme ça pendant des cinq ou dix annĂ©es pour leur apprendre que des choses viles, des règles pour mieux s’ahurir, se trivialiser Ă toutes forces, s’utiliser l’enthousiasme aux choses qui s’achètent, se vendent, se mangent, se combinent, s’installent, dilatent, jubilent, capital, qu’on roule avec, qu’on trafique, qu’on goupille, chignolle, lamine, brase, en cent enfers mĂ©canisĂ©s, qu’on accumule dans ces dĂ©pĂ´ts pour les refiler Ă bĂ©nĂ©fices…, Ă la grouillerie des brutes d’achat. Quelle atroce farce ! Saisir les enfants Ă leurs jeux, les empĂŞtrer minutieusement pas examens impeccables de notions toujours plus utiles, tourner en plomb leur vif argent, leur river après les quatre pattes, que la bĂŞte gambade plus jamais, qu’elle reste prosaĂŻque Ă toujours, fardĂ©e Ă hurler Ă mort, sous chape effroyable, Ă dĂ©sirer toutes les guerres pour se dĂ©pĂŞtrer comme elle peut d’une existence qui n’en est plus, qu’est une espèce de survie d’une joie trĂ©passĂ©e depuis longtemps, enterrĂ©e toute vive Ă l’école. Parce que si ça doit continuer notre existence pareille et mĂŞme, telle qu’elle se dĂ©roule aujourd’hui, sur cette boule ronde, je vois pas beaucoup Ă quoi ça rime…
Des catastrophes comme distractions…, des hĂ©catombes comme dessert…, ça peut encourager personne… On pourrait peut-ĂŞtre aviser, varier un peu nos usages…, se demander par oĂą ça pèche… Ă€ moins qu’on aime l’atrocité…, les grands Beaux-Arts de catastrophe…C’est important les Beaux-Arts, c’est pas moi qu’en dirais du mal… C’est la manière de s’en servir, c’est lĂ qu’est le hic… Ça serait peut-ĂŞtre mĂŞme une façon de rĂ©nover de fond en comble l’Europe et ses tristes vilains penchants, de lui retrouver un petit peu une âme, une raison d’être, un enchantement, une gaĂ®tĂ© surtout, c’est ça qui lui manque le plus, une gaĂ®tĂ© pour commencer, puis une mĂ©lodie bien Ă elle, une ivresse, un enthousiasme qui serait l’ornement de la Terre, la fontaine des plus hautes fĂ©eries ! Nous crevons d’être sans lĂ©gende, sans mystère, sans grandeur. Nous pĂ©rissons d’arrière-boutique. Vous voulez retrouver l’entrain ? La force crĂ©atrice ? Le goĂ»t du public est tout faux, rĂ©solument faux, il va vers le faux, le truquĂ©, aussi droit, aussi certainement que le cochon va vers la truffe, d’instinct inverti, infaillible, vers la fausse grandeur, la fausse force, la fausse grâce, la fausse vertu, la fausse pudeur, le faux bonhomme, le faux chef-d’oeuvre, le tout faux, sans se fatiguer. D’oĂą lui vient ce goĂ»t-catastrophe ? Avant tout, surtout de l’éducation première, du sabotage de l’enthousiasme, des joies primitives crĂ©atrices, par l’empesĂ© dĂ©clamatoire, la cartonnerie moralistique. Bien sĂ»r il faut des certitudes, du pondĂ©rable, des poids, des mesures, des sciences exactes, des dĂ©coupetages d’AlgĂ©brie, des mathĂ©matiques barateuses-lieuses, des concomitants mastodontes, poustouflants Ă cent mille pistons, par tourbillonages rĂ©versibles, des fouasseuses gicleuses synthĂ©tantes hautes dix fois comme la tour Eiffel, Ă jus de cornue miroboleux, idoles de vingt trusts verticaux, avec fournaises en Ă©bonite, cheminĂ©es qui traversent les Alpes, tous les torrents emboutis, façonnĂ©s Ă©gouts de haute-force, mers blanches en sirops, qui remplacent mille hommes par trois pets et un tondu, tout ceci formellement prĂ©cis et loustiquerie polytechnique. Fort bien ! Très bien ! Nous sommes contents ! Parfaitement louable et Grand merci ! Le progrès Ă©tant Ă ce prix ! Tout de mĂŞme faudrait que ça passe en second…, en tout honneur et rĂ©vĂ©rence…, que ça dĂ©cervelle pas …, autrement c’est plus qu’un dĂ©sastre, un misĂ©rable naufrage en plein prodige de mĂ©canique…
Mais je vois l’homme d’autant plus inquiet qu’il a perdu le goût des fables, du fabuleux, des Légendes, inquiet à hurler, qu’il adule, vénère le précis, le prosaïque, le chronomètre, le pondérable. Ça va pas avec sa nature. Il devient, il reste aussi con. Il se fabrique même une âme chimique avec de l’alcool à toutes doses, pour réagir contre l’angoisse, se réchauffer les aciers, se duper au monotone, il se délabre, cafouille, s’étiole, rote, on l’emporte, on l’incarcère, on le radoube, on rambine vitesse, il revient, tout est à recommencer…, il tient plus huit jours à la vie super-intense des cent mille grelots à la fois tressaillis dans du vitriol. Et de plus en plus convaincu “d’alésages au polycompteur”, de précipices à la corde, virés au 793/5ème de poil, d’engouffrants phénomènes de trombes, halluciné à mort de vide, osmotique des riens, métaphysique de sottise, hypnotisé de précisions, myope de science, taupe de jour. On l’éberlue de mécanique autant que les moines de mômeries nos pères les crasseux, il fonce le moderne, il charge, du moment qu’on lui cause atomes, réfractions cosmiques ou “quanta”, il croit que c’est arrivé dur comme fer. Il est en or pour tous panneaux. Il donne dans le prestige des savants comme autrefois aux astrologues, il s’est pas encore rendu compte que d’additionner des pommes ou de mettre en colonnes des atomes, c’est exactement semblable, c’est pas plus sorcier, c’est pas plus transcendant l’un que l’autre, ça demande pas plus d’intelligence. Tout ça c’est de la vaste escroquerie pour bluffer le bonhomme, l’appauvrir, le dégoûter de son âme, de sa petite chanson, qu’il ait honte, lui couper son plaisir de rêve, l’ensorceler de manigances, le tripoter, le conditionner trépied de machine, qu’il renonce à son coeur, à ses goûts, muet d’usine, moment de fabrication, la seule bête au monde qu’ose plus du tout sauter de joie, à son caprice, d’une patte sur l’autre, d’une espièglerie qui lui passe, d’un petit rythme de son espèce, d’une fredaine des ondes. Qui va venir abolir tout ça ! Toute cette forcènerie sinistre connerie ! N’importe quel poisson crevé peut descendre le flot furieux, mais il en faut un de courage et joliment vif pour remonter au courant.
Regardons encore ces dĂ©jetĂ©s, ces accidentĂ©s permanents qui savent plus oĂą donner de la tĂŞte, comment on peut leur rendre une âme ? Une petite musique, un rythme ? Qu’ils soient plus si fades comme ils sont, en honte au dernier tĂŞtard, tout fiĂ©vreux, râpeux de raison, ignobles Ă Ă©couter, Ă voir. Et infatuĂ©s avec ça ! D’être Ă bout de tout leur rouleau, si serfs intrĂ©pides, plus pauvres que l’âne, attelĂ©s plus bas, au marchĂ© vide. Faudrait un Hercule convaincu et drĂ´lement soufflĂ©, pour les arracher ces lascars Ă leur roboterie, citoyens motorisĂ©s, puis citoyens tout nus, pieds nus, la gueule de travers, que faire pour eux ? Pas grand’chose. Le traitement Ă l’école ? Peut-ĂŞtre… Avant l’usine, le bureau, avant la fameuse orientation professionnelle…, avant le pli irrĂ©mĂ©diable ?… Peut-ĂŞtre… Tout doucement…, par les Arts ?… HĂ©las les temps ne son plus. États de luxe, de gaspillages…, oĂą l’âme courait encore les rues…, divertissements blasĂ©s…, le peuple encore tout chantant, dansant, festoyant Ă guise… HĂ©las ! Les temps ne sont plus… Nous sommes avares devenus, malmenĂ©s, pauvrets de ressources et de coeur. Soyons au fait de notre honte. Il faut tout reprendre, aux balbutiements, Ă l’A.B.C. de la brimade, de l’estiolerie d’émotions. Las ! Que faire de cet insensible, sans rythme, sans saveur, sans essor, que nous livre aujourd’hui notre monde, sorti des pensums ? Absolument rien. ConfinĂ©, constipĂ©, chafouin, rageur, peureux, revendiquant, tricheur, sournois, effleurant tout, n’aimant rien, bavard de tout, comprenant rien. Ahhhhh ! l’aride petit phĂ©nomène, âcre rĂ©sidu de hideux drame, celui de l’étiolerie des âmes, sous la fĂ©rule des cuistres rances. Ce misĂ©rable est sans recours, c’est un osselet pour toujours Ă brinquebaler dans les machines, il a plus qu’à attendre son tour, la guerre oĂą on broye les osselets sous les charges de tanks fourrageurs ou sous torpilles en abris-caves oĂą ça se concasse les petits osselets de son genre. Pour l’adulte pas grand’chose Ă faire… Peu de RĂ©volution pour lui !… Des phrases… Des phrases… Toujours des phrases… De l’enthousiasme, de l’émotion, du don vivant de la crĂ©ation, du charme de race, toutes les bonnes choses dont on ne veut plus, qu’on traque, qu’on vexe, qu’on Ă©crabouille.
Une sociĂ©tĂ© que demande-t-elle ? En plus du lait chez l’épicier, du pain, du frigidaire ? Des gens qui s’entendent, qui sont Ă©motifs, Ă©mus les uns par les autres, pas des bĂ»ches rĂ©barbatives… qu’ont des raisons de se rencontrer, agrĂ©ablement, non pour admirer leur confort, leurs peaux de zĂ©bis du Kamtchatka, leurs 35 chevaux “Quaquaquat”, leurs boĂ®tes Ă viande 14 litres qu’est la puanteur des campagnes, leurs “tankinettes” d’élĂ©gance, mais des choses qui ne s’achètent pas, qu’on fait soi-mĂŞme avec des ondes, de la bonne humeur, du vent, de l’enthousiasme…Sans crĂ©ation continuelle, artistique, et de tous, aucune sociĂ©tĂ© possible, durable, surtout aux jours d’aujourd’hui, oĂą tout n’est que mĂ©canique, autour de nous, agressif, abominable. Faut-il croire que c’est compliquĂ©, singulier, surnaturel, d’être artiste ? Tout le contraire ! Le compliquĂ©, le forcĂ©, le singulier c’est de ne l’être point. Il faut un long et terrible effort de la part des maĂ®tres armĂ©s du programme pour tuer l’artiste chez l’enfant. Cela ne va pas tout seul. Les Ă©coles fonctionnent dans ce but, ce sont les lieux de torture pour la parfaite innocence, la joie spontanĂ©e, l’étranglement des oiseaux, la fabrication d’un deuil qui suinte dĂ©jĂ de tous les murs, la poisse sociale primitive, l’enduit qui pĂ©nètre tout, suffoque, estourbit pour toujours toute gaĂ®tĂ© de vivre. Tout homme ayant un coeur qui bat possède aussi sa chanson, sa petite musique personnelle, son rythme enchanteur au fond de ses 36°8, autrement il vivrait pas. La nature est assez bourrelle, elle nous force assez Ă manger, Ă rechercher la boustiffe, par tombereaux, par tonnes, pour entretenir sa chaleur, elle peut bien mettre un peu de drĂ´lerie au fond de cette damnĂ©e carcasse. Ce luxe est payĂ©. Tous les animaux sont artistes, ils ont leurs heures d’agrĂ©ment, leurs phases de lubies, leurs pĂ©riodes de rigodon, faridon, les pires bestioles biscornues, les moins engageantes du règne, les plus mal embouchĂ©s vautours, les tarentules si rĂ©pugnantes, tout ça danse, s’agite, rigole le moment venu ! Les lĂ©zards aveugles, les morpions, les crotales furieux de venin, ils ont leurs moments spontanĂ©s, d’improvisation, d’enchantement, pourquoi on serait nous les pires sacs, les plus emmerdĂ©s de l’Univers ? On parle toujours des tĂŞtards et des poissons rouge (j’en connais un qui frĂ©tille jour et nuit tellement il est heureux), ils se marrent bien eux, ils frĂ©tillent, ils sont heureux toute la journĂ©e. C’est nous qu’on est les pires brimĂ©s, les calamiteux de l’aventure. Ă€ quoi tout ça tient ? A l’école, aux programmes. Le Salut par les Arts ! Au lieu d’apprendre les participes et tant que ça de gĂ©omĂ©trie et de physique pas amusante, y a qu’à bouleverser les notions, donner la prime Ă la musique, aux chants en choeur, Ă la peinture, Ă la composition surtout, aux trouvailles des danses personnelles, aux rigodons particuliers, tout ce qui donne parfum Ă la vie, guilleretterie jolie, porte l’esprit Ă fleurir, enjolive nos heures, nos tristesses, nous assure un peu de bonheur, d’enthousiasme, de chaleur qui nous Ă©lève, nous fait traverser l’existence, en somme sur un nuage.
C’est ça le Bonheur, s’enticher d’un joli, d’une jolie, l’emporter dans la vie, apprendre la magie du gentil secret, le sortilège qui nous donne la clef de la beautĂ© des choses, des petites, des laides, des minables, des grandes, des splendides, des ratĂ©es, et l’oubli de toutes les vacheries. C’est de ça dont nous avons besoin, autant, bien autant que de pain bis, que de beurres en branches ou de pneumatiques. Qu’on me dilacère si je dĂ©conne ! On ne foudroye pas un artiste. C’est lui qui juge l’Univers, qui se fait marrer Ă sa guise, tantĂ´t en bien, tantĂ´t en mal, comme ci, comme ça, Ă petites astuces, au petit bonheur. On ne peut plus grand’chose contre lui, ni les Ă©lĂ©ments, ni les hommes, il est passĂ© fĂ©tiche pour tous, petit grigri des familles. Si on rĂ©flĂ©chit c’est pas mal, rien qu’avec du souffle… Ça serait peut-ĂŞtre la fin des bisbilles, des jacasseries de sales cons, venimeux atroces, des ragotages diffamants, destructeurs de tout, de rĂ©apprendre Ă chanter ensemble, en choeur, et voguer de mĂŞme, la main dans la main ?…L’enseignement de rĂ©novation quelle ampleur vous lui donnez ? Toute ! Par la danse, les sports, les Arts, les choses utiles seulement secondes, la moitiĂ© du temps dirons-nous, il suffit bien ! Les meilleures heures, les plus ardentes, dĂ©volues Ă l’admiration, au culte des grands caractères, au culte de la perfection qui doit embraser l’âme humaine. Il faut rĂ©apprendre Ă crĂ©er, Ă deviner humblement, passionnĂ©ment, aux sources du corps, aux accords plastiques, aux arts Ă©lĂ©ments, les secrets de danse et musique, la catalyse de toute grâce, de toute joie et la tendresse aux animaux, aux tout petits, aux insectes, Ă tout ce qui trĂ©buche, vacille, s’affaire, Ă©choue, dĂ©gringole, trimbale, rebondit, recommence de touffes en brin d’herbe et de brin d’herbe en azur, tout autour de notre aventure, si prĂ©caire, si mal disposĂ©e…Que pense de nous la coccinelle ?… VoilĂ qui est intĂ©ressant ! Que le corps reprenne goĂ»t de vivre, retrouve son plaisir, son rythme, sa verve dĂ©chue, les enchantements de son essor… L’esprit suivra bien !… L’esprit c’est un corps parfait, une ligne mystique avant tout, le dĂ©tour souple d’un geste, un message de l’âme, mieux Ă surprendre, Ă recueillir au bond, Ă l’envol de danse que sous accablants grimoires, marmonnerie de textes, contextes, bâfrerie d’analyse de poux, dĂ©coupages de cheveux en mille, sports assis, migraines, remigraines et la suite, Ă dĂ©gueuler ce noir bastringue, noir sur blanc, tripes et boyaux morfondus de gravitĂ©, d’horreurs apprises immangeables, titubants malheureux navrĂ©s de bibliothèques, enlisĂ©s, suffoquants, affreux, sous glu de savoir, sous calcifiants amonts de fouasse, culturelle. Ah ! la pourceaude pataugerie ! Ah ! qu’ils sont mornes Ă regarder ! A secouer ! A comprendre !… GluĂ©s de la sorte, que voulez-vous qu’il en advienne, sans ailes, sans Ă©moi, sans ferveur ? Brutes ou goujats, mufles partout, sournois d’usine, de cancres en boutique, ivrognes aux labours, bĂŞtes Ă cinĂ©ma, passifs partout, de plus en plus ennuyeux, ennuyĂ©s, croulants, accablĂ©s ? En chacun dĂ©livrer l’artiste ! lui rendre la clef du ciel !
Zavez dĂ©jĂ bien regardĂ© “nos” Ă©tudiants ? Tout violacĂ©s, tous devenus crĂ©tins d’Ă©tudier ! Ah ! oui, ils “savent“, ils connassent tout…, font que se reporter et raporter aux livres, pareils qu’un contenu d’ordinateur… Mais ils ne savent plus lire, le moindre texte de 100 lignes est trop long, ils lisent plus, ils savent plus lire, ils savent plus Ă©crire… MĂŞme en musique, que du facile, du rap de pacotille chantonnĂ© par des dĂ©biles matamores et ex-droguĂ©es, hallucinĂ©es, putes parfois, dĂ©cervelĂ©es, bĂŞtes, potiches, mais mises en exemple en DruckĂ©risation et StaracadĂ©misation dĂ©bilitantes… A quoi ça sert de se cancĂ©riser la tĂŞte en SMS crĂ©tinisĂ©s, si c’est pour pas savoir lire, ni Ă©crire, ni penser ? Et après des Ă©tudes martyrisantes au seul profit de la sociĂ©tĂ© qui finira par les jeter, poubelles vivantes, ordures humaines dĂ©caties Ă 40 ans…, que reste-t-il d’utile ? Travailler Ă construire des portables pour envoyer des SMS cons ! La belle affaire ! Le gĂ©nie humain ! Einstein revient, c’est de ta faute, immonde salaud… Pareil pour tout ! Tout Ă l’Ă©gout, tout au dĂ©gout !… Ca sert Ă rien de servir tout ce fatras de conneries… Ca sert Ă quoi d’inventer des Ă©crans ultra-plats pour regarder les niaiseries de Drucker ? Dites-moi l’utilitĂ© du gĂ©nie humain dans la technologie des ordinateurs pour en arriver Ă Ă©crire : “toua cam nu, sitai fem ou mec“… ? Dites-moi l’utilitĂ© du gĂ©nie humain dans la technologie guerrière ? Quelle Ă©volution depuis la fronde et le glaive ? Non… Tout ça ne sert pas l’homme, tout ça sert l’industrie et les banques, c’est Ă dire rien… La vie ce n’est pas ça…
Tout est merveille et m’enchante et chante qui m’élève du sol !… De vĂ©ritable nature des hommes qui sont nĂ©s de là … C’est le choix d’une fleur au jardin, nulle n’est mĂ©prisable…, entre toutes nulle n’est vilaine, toutes ont leur parfum… Point de mines mijaurĂ©es ! Tout est sacrĂ© de ces miracles…, les plus infimes accents…, trois vers, deux notes, un soupir…, la vraie vie !
C’est en voyant Alexandre, un bonhomme de dix ans et quelques, hier en retour d’Ă©cole, avec sa punition en paiement de ses rĂŞveries, de ses papillons qui volent, de ses regards et jeux d’un âge qu’il ne sait pas encore qu’il ne reviendra jamais…et en Ă©coutant Alexandra, ma fille de 20 ans, hier soir, aussi, me parler de ses “devoirs” de la chimie et des “algĂ©briques folies” des mauvaises dĂ©finitions de questions que des professeurs lui posent, entrainant stupeur et pleurs si la rĂ©ponse est approximation gĂ©nĂ©e, quète de l’inutile, en râlant…, et c’est me regardant, moi…, bien loin de leurs âges, me disant qu’ils ne connaissent mĂŞme plus l’insouciance, les bĂ©tises vraies de la vie, les gentilles…, qu’en finale d’Ă©tudes Ă leur tournebouler la tĂŞte ils devront crier vive le roi, vive le prĂ©sident, vive dieu, patrie, loi, travail, chĂ´mage, conneries, souffrances et re-conneries…. du matin au soir et soir au matin, le restant d’une vie pour passer Ă cotĂ© de la vie…, ne plus s’extasier d’un oiseau, d’une douceur, d’une beautĂ© Ă©phĂ©mère… que j’ai pensĂ©, en plus des miennes (de pensĂ©es) que dĂ©cidĂ©ment le monde tournait fou, que ça n’allait pas, qu’on n’Ă©tait dĂ©cidĂ©ment pas faits et pas nĂ©s pour ça, pas pour ĂŞtre des machines au service d’une sociĂ©tĂ© qui est de moins en moins sociĂ©tĂ© sociale… On court, on court, on s’Ă©poumone pour des trucs qui serviront strictement Ă rien, qui nous rendent aigris et dingues, qui nous forcent Ă devenir mabouls… et en finale, pendant qu’on s’assassine, on nous jette en pature la rĂ©ussite supposĂ©e de crĂ©tins, crĂ©tines, footbaal’heures, tennisseuses-suceuses, chantonneuses-pĂ©teuses, et tout le toin-toin, des sans rien dans la tĂŞte qui nous la jouent con, nous dĂ©considĂ©rant, nous moralisant, nous ramenant Ă une condition de primates, de primitifs, de gnous juste bons Ă fonctionner, Ă payer pour les conneries des autres, les leurs…, je me suis dit : ça sert Ă quoi d’inventer des Ă©crans plats pour regarder les niaiseries de Drucker, a quoi ça sert de haut fidĂ©liser son chez-soi pour entendre Bruel crier ses conneries qui ne nous concernent ni ne nous interpellent, et Johnny aussi, et les vieilles poteries dĂ©caties qui s’accrochent, qui nous les cassent…, a quoi ça sert ce cirque, pour se faire rĂ©tendre par des escrocs qui nous la jouent guimauve pour mieux nous dĂ©trousser… Pour qu’en finale, en sus d’un pognon inutilement gagnĂ© pour n’en payer que des taxes, des impĂ´ts, des amendes en obligations, Ă se faire rĂ©tamer, user, enculer… on croit que payer des chicheries en aumoneries fausse charitĂ©, on sera mieux une fois morts…, conneries !Alors, j’ai rĂ©-Ă©crit…Et c’est foutrement bon d’Ă©crire au lieu de regarder des conneries DruckĂ©risantes ou de faire un turbin, comme si on faisait le tapin, les putes de l’existence…Faudrait avoir enfin la luciditĂ© d’envoyer tout valser…, tout faire pĂ©ter, se retrouver, refaire une vraie existence…
Moi, les forums, finalement j’adore, on y cĂ´toie que des pseudos, c’est certain, surtout des pseudonymes, donc anonymes, mais c’est pour le plaisir du baratin…
Bref…, pas plus tard qu’hier, en nuit ou toutes les chattes sont grises, en voilĂ une qui vient Ă©crire qu’elle a envie de rĂ©volutionner le monde…
Je me suis dit en retour : Tout finit toujours au lit… Piting !!! Faut faire gaffe… Soit lit d’amants, soit lit de noces, soit lit d’hopital, donc lit de souffrances et d’espĂ©rances…, ou lit de mort !!!
Vous devinez plus ou moins le fond de ma pensĂ©e, vous tousses, hommes, femmes et transsexuels qui me lisez, abasourdi(e)s, forcĂ©ment, homme femme trans, c’est ce qu’on se dit, au delĂ de toutes les utopies…
Ben oui, c’est l’Ă©vidence Ă 50 cents d’euros…, quoique, je ne saisis pas tout, je reste obtus en certaines circonstances, tout en devinant tout…
Alors quoi ?
Construire quoi ?
On va pas poser des bombes ni envoyer des virus, ça ne sert Ă rien, il n’y a que les fabricants d’anti-virus qui propagent des virus, il n’y a que les gouvernements qui jouent les terroristes pour avoir des prĂ©textes pour rĂ©gner sur les cons…
On peut quoi faire alors ?…
Qu’en sais-je, moi ?
C’est pour ça que tout se termine toujours au lit, c’est lĂ qu’avant de suer, souffrir, clamser, mourir, espĂ©rer renaĂ®tre puis se dĂ©composer…, qu’on refait le monde, qu’on rĂŞve, qu’on fantasme, qu’on s’assoupit après avoir bravĂ© des interdits…
Les lendemains il faut chercher pitance, penser Ă l’avenir, revenir sur terre, accepter des compromis, se prostituer la tĂŞte, le corps…, se mettre en branle, en double sens…
Dites-moi vos rĂŞves, pas les “sommeillĂ©s“, mais les Ă©veillĂ©s, ceux du matin, pas ceux du soir…, de quoi vous vivez, de quoi avez vous charge, de qui et quoi ĂŞtes vous charge, vos peurs, vos envies, vos joies et vos ennuis…
Vous verrez, en juxtapositions, ce seront les mĂŞmes qui reviennent que d’autres encore et toujours…
Il y a de la folie dans la vie… !
Toujours est-il que…, merci, voilĂ , au revoir, tout le plaisir Ă©tait pour moi, je ne vous retient pas…, toutes ces prises de tĂŞtes sans prises de corps, ce ne sont que des enculades virtuelles, des rĂŞves Ă©veillĂ©s cauchemardĂ©s…, qui me donnent plaisir Ă les publier dans mon forum ou je suis quasi le seul Ă dĂ©biter des âneries…
Chapitre 7
Quelqu’un contre le reste du monde…
Ă€ double sens mes bafouilles, parfois confiture aux marrons sur biscuit sec, parois aussi caviar de cochon… que les ceusses bouffent au lieu de lire, souvent sans comprendre, vautrĂ©s dans un canapĂ©… C’est attrayant aux papilles, mais gaffe, les cons risquent de s’y casser les dents puis d’en faire une indigestion suivie de diarrhĂ©es scripturales.
Tout mes mots en maux de mots ont l’air de rien, ça forme des textes, ça parait banal, naĂŻf, parfois gentil…, mais c’est complexe et plein de double-sens… Les babochages d’un lubrique dĂ©sabusĂ©, excitĂ© par la dĂ©bauche des lettres… Pourquoi pas ? C’est amusant une orgie de syntaxe, Q en l’air pour que s’Ă©clate l’alphabet, forniquent les phrases, s’enfilent les mots. Qu’ils causent les mots, nom de Dieu ! Vivent ! Chantent ! Dansent ! Forniquent ! Qu’ils bougent en cadence, deviennent musique, muscles tendus, mouvements d’ombre, lumière, tempĂŞte, dĂ©mence, cinoche, thĂ©atre… Jambes en l’air et ballets des boulevards, music-hall… Montmartre la butte, Bruxelles ses putes…, racoleuses, souilleuses, fouilleuses et hargneuses. Toutes mijoteuses de vibrations. Elle s’enfourne la vie, gicle dans la rue, les trottoirs, les hĂ´tels, chambres minables… Ouvrières des glands. Partout la misère quotidienne, ordinaire… Ha ! Mais pas n’importe oĂą ! Quand mĂŞme !
La langue, expressive et libre se rĂ©sume maintenant aux mots qui dĂ©shabillent, des SMS en effeuillage des superflus, les conventions aux ordures et la merde en pleine tronche. Rien Ă cirer… Les messengers, les emails et les SMS de culs, c’est la mort annoncĂ©e du français. C’est la France figĂ©e dans les moules Ă espĂ©rer sucer des crevettes, des macchabĂ©es momifiĂ©s, Ă©touffĂ©s de bandelettes, cordon de la LĂ©gion dans le cul pour plus de jouissance. La langue française en est rendue lĂ , elle agonise dans les sarcophages d’ordinateurs.
RĂ©inventer l’Ă©crit, voilĂ la source de tous mes ennuis, l’origine profonde. Ma manière de retourner les mots rĂ©volte les coincĂ©s… Je hache menu syllabes et consonnes, j’enveloppe le charnel des sens… Mon souçi, le seul… : Tendre la chair jusqu’au muscle, gratter l’os et sĂ©duire le verbe, le rythme…, l’Ă©lever Ă l’anatomie parfaite de la phrase, corps du texte, avide, expressif, animĂ© et causeur… Aboutir au langage parlĂ© ! Le vrai ! Le seul qui pousse Ă exprimer le vĂ©cu, le vivant… L’excessif en tout. En avant et plus loin toujours, sans louvoyer… VoilĂ tout !
Mes emmerdes viennent de lĂ , du dĂ©but… J’ai voulu Ă©jecter les mots du placard, comme les impressionnistes ont sorti la peinture de l’atelier pour bosser au grand jour. Scandale du style nouveau, autre lumière provocante et destructrice des barrières de l’insignifiance imposĂ©e. La victoire du vĂ©cu sur le savoir, l’instinct du refus, l’audace d’ĂŞtre seul, initiĂ©. C’est comme les impressionnistes, eux sont parvenus Ă redonner un nouveau style au cadavre de la vieille peinture, Ă gerber la peinture des Beaux-arts et l’Ă©taler dans la rue. Je fais pareil pour la littĂ©rature… C’est ce que j’ai toujours voulu, aspirĂ©… Faire parler l’Ă©crit, minime contribution pour tant de haine en retour, tout au bout de la langue… Mais, nom de Dieu ! Faut qu’elle cause dans sa verve l’Ă©criture, dans la souplesse et la libertĂ© des formes, pas autrement… Pas en la bouclant comme une saloperie qu’il faut enchaĂ®ner. Incompris, je le suis ! RejetĂ© ! Au bloc pour insoumission ! ExilĂ© pour avoir oser aller jusque lĂ … Pas pour des emberlificotages avec les cons, ça ne m’intĂ©resse pas, les cons…, conneries et enculades…, mais pour mes mots et ma manière de vivre… Mes souvenirs de vivre sont rangĂ©s en ordre dans ma bibliothèque, ça dĂ©borde des tablettes. Je m’oppose aux idĂ©es toutes-faites, au politiquement correct, car il n’y a que ça des idĂ©es, depuis dix mille ans qu’on se bat pour les mĂŞmes, attardĂ©es, dĂ©biles, conasses. Depuis cent mille ans et voyez le rĂ©sultat ? Éclatantes idĂ©es, pĂ©tillantes, phosphorescentes, mĂŞme que mes pires ennemis affirment qu’ils en ont de grandes idĂ©es…, pas peu dire la qualitĂ© des ordures…
Écrire en style, uniquement. Ça me suffit ! Une petite zique sur une gratte, piano Ă bretelles, orgue de barbarie… Balade, rythme des mots, voilĂ ce qui me bande… Jazzer les mots, les chouraver Ă ceux qui les habitent, ceusses des beaufs quartiers, ceusses des faux-bourgs, des branlieues… Ahhhhhhhhhh ! Pousser la langue Ă la limite de l’explosion, dernier retranchement avant l’Ă©clate fantastique des merveilles… DĂ©bauche de l’imaginaire, folie de l’esprit et coĂŻt foudroyant de raconter tout par le dĂ©tail… Ce que je ressens de l’effervescence vitale dans le dĂ©bordement, recrachĂ© Ă force de bouffer des conneries.
Moi ? Je ne fais qu’affirmer la nĂ©cessitĂ© de voir gerber l’Ă©criture de mes tripes Ă m’esquinter le style, Ă vouloir crever la vie pour en saisir le sens, cerner la symphonie du langage. La reprendre dix fois, cent fois pour en forcer la justesse, qu’elle devienne une mince ligne mĂ©lodieuse, longue vibration sur une portĂ©e unique. Mes texticules, une interminable pulsion sexuelle… Une fĂ©erie d’Ă©tincelles ! Un feu de joie ! Une fĂŞte ! Et encore lĂ , tout ce boulot Ă branler et mĂŞme pas convaincu d’y ĂŞtre parvenu tellement c’est ardu, difficile Ă spermater en rythme… La pincĂ©e mĂ©lodieuse du mou dans le dur du corps caverneux. Pas autant que j’aurais voulu… Vraiment rĂ©ussir ça, j’aurais voulu… DĂ©nicher la formule et jaculer mes boyaux pour la possĂ©der entièrement, cette foutue musicalitĂ© des mots… Merde !
CorvĂ©e ardue et ignoble… Ă€ crever jour après jour de lire dans d’ailleurs-sites, dĂ©biles, dont je tairai les noms par dĂ©cence immorale… ou des plus cons que d’autres passent leur temps, continuellement, Ă se pisser dessus. Tous m’y dĂ©testent parce que je vois pas la vie comme eux, la magie, la finesse, l’harmonie…
Voici des siècles qu’elle nous berne, la vie, ses instincts, ses souffrances, ses mirifiques intentions… Qu’elle nous rend rĂŞveur Ă plaisir… Impossible de savoir, cette salope, Ă quel point elle peut nous mentir !… C’est la grande mystèrieuse. Elle reste toujours bien en quart, soigneusement planquĂ©e, derrière son grand alibi. “L’Exploitation par le plus fort.” C’est irrĂ©futable… Ça va finir l’imposture ! En l’air l’abomination ! Brise tes chaĂ®nes, Popu ! Redresse-toi, CrĂ©tin !… Ça peut pas durer toujours ! Qu’on te voye enfin ! Ta bonne mine ! Qu’on t’admire ! Qu’on t’examine ! de fond en comble !… Qu’on te dĂ©couvre ta poĂ©sie, qu’on puisse enfin Ă loisir t’aimer pour toi-mĂŞme ! Tant mieux, nom de Dieu ! Tant mieux ! Le plus tĂ´t sera le mieux ! Crèvent les cons ! En vitesse ! Ces putrides rebuts ! Ensemble ou sĂ©parĂ©ment ! Mais pronto ! subito ! recta ! Pas une minute de merci ! De mort bien douce ou bien atroce ! Je m’en tamponne ! J’en frĂ©tille ! Pas un euro de vaillant pour rambiner la race entière ! Au charnier, chacals ! A l’Ă©gout ! Pourquoi lambiner ? Qu’on les bute ! Il faut ce qu’il faut ! C’est la lutte !… Par quatre chemins ? Quel honneur ?… Ils sont mĂŞme pas amusants ! Ils sont toujours plus gaffeurs, plus cons que nature ! Faut les retourner pour qu’ils fassent rire !… Je n’irai pas, je le jure, m’embuer d’un seul petit oeil sur leur vache charogne !…Ah ! Pas d’erreur ! DĂ©lais ? Basta ! Pas un remords ! Pas une larme ! Pas un soupir ! Une cĂ©dille ! C’est donnĂ© ! C’est l’AngĂ©lus ! Leur agonie ? C’est du miel ! Une friandise ! J’en veux ! Je m’en proclame tout rĂ©galĂ© !…Il a, le connard de base, le goĂ»t des ragots…C’est vĂ©niel, ça peut s’arranger ! Mais y a tous les vilains instincts de cinquante siècles de servitude… Ils remontent dare-dare, les cons, en libertĂ©, encore beaucoup mieux qu’avant ! MĂ©fiance ! MĂ©fiance !… la grande victime de l’Histoire ça ne veut pas dire qu’on est un ange !… Il s’en faudrait mĂŞme du tout au tout !… Et pourtant c’est ça le prĂ©jugĂ©, le grand, le bien Ă©tabli, dur comme fer !…
L’Homme est tout juste ce qu’il mange ! L’Homme est encore bien autre chose, de bien plus trouble et dĂ©gueulasse que la question du bouffer. Faut pas seulement lui voir les tripes mais son petit cerveau joli !… C’est pas fini les dĂ©couvertes !… Pour qu’il change il faudrait le dresser ! Est-il dressable ?… C’est pas un système qui le dressera ! Il s’arrangera presque toujours pour Ă©luder tous les contrĂ´les !… Se dĂ©biner en faux-fuyants ? Comme il est expert ! Malin qui le baisera sur le fait ! Et puis on s’en fout en somme ! La vie est dĂ©jĂ bien trop courte ! Parler morale n’engage Ă rien ! Ça pose un homme, ça le dissimule. Tous les fumiers sont prĂ©dicants ! Plus ils sont vicelards plus ils causent ! Et flatteurs ! Chacun pour soi !… Un Ă©goĂŻsme rageur, fielleux, marmotteux, imbattable, imbibe, pĂ©nètre, corrompt dĂ©jĂ la misère, suinte Ă travers, la rend bien plus puante encore.L’Homme est Ă©perdu dans les Beaux-Arts, ensachĂ© depuis des siècles, embusquĂ©, ouatĂ©, petit raisin fragile et mĂ»r, au levant des treilles fonctionnaires, douillet fruit des contributions, dĂ©lirant d’IrrĂ©alitĂ©, pour engendrer, aucune erreur, ce phĂ©nomĂ©nal baratin ! Mais l’Homme est pire encore devant les machines… La machine salit Ă vrai dire, condamne, tue tout ce qui l’approche. Mais c’est dans le “bon ton” la Machine ! Ça fait “progrès”, ça fait “boulot“, ça fait “base“… Ça en jette aux carreaux des masses… Ça fait connaisseur instruit, sympathisant sĂ»r… On en rajoute… On en recommande… On s’en fait pĂ©ter les soupapes… Je suis ! nous sommes dans la ”ligne” ! Vive la grande Relève ! Pas un boulon qui nous manque ! L’ordre arrive du fond des bureaux ! Toute la sauce sur les machines ! Tous les bobards disponibles ! Pendant ce temps-lĂ , ils ne penseront pas !…Comme RĂ©surrection c’est fadĂ© !… La machine c’est l’infection mĂŞme. La dĂ©faite suprĂŞme ! Quel flanc ! Quel bidon ! La machine la mieux stylĂ©e n’a jamais dĂ©livrĂ© personne. Elle abrutit l’Homme plus cruellement et c’est tout ! Se reposer sur la machine, c’est seulement une excuse de plus pour continuer les vacheries. C’est Ă©luder la vraie question, la seule, l’intime, la suprĂŞme, celle qu’est tout au fond de tout bonhomme, dans sa viande mĂŞme, dans son cul et pas ailleurs !… Le vĂ©ritable inconnu de toutes les sociĂ©tĂ©s possibles ou impossibles… Personne de ça n’en parle jamais, c’est pas “politique” !…. C’est le Tabou colossal !… La question “ultime” dĂ©fendue ! Pourtant qu’il soit debout, Ă quatre pattes, couchĂ©, Ă l’envers, l’Homme n’a jamais eu, en l’air et sur terre, qu’un seul tyran : lui-mĂŞme !… Il en aura jamais d’autres… C’est peut-ĂŞtre dommage d’ailleurs… Ça l’aurait peut-ĂŞtre dressĂ©, rendu finalement social.Voici des siècles qu’on le fait reluire, qu’on Ă©lude son vrai problème pour tout de suite le faire voter… Depuis la fin des religions, c’est lui qu’on encense et qu’on saoule Ă toute volĂ©e de calembredaines. C’est lui toute l’église ! Il en voit plus clair forcĂ©ment ! Il est sinoque ! Il croit tout ce qu’on lui raconte du moment que c’est flatteur !… La politique a pourri l’Homme encore plus profondĂ©ment depuis ces trois derniers siècles que pendant toute la PrĂ©histoire. Nous Ă©tions au Moyen Age plus près d’ĂŞtre unis qu’aujourd’hui… un esprit commun prenait forme. Le bobard Ă©tait bien meilleur “montĂ© poĂ©sie“, plus intime. Il existe plus.Pourvu qu’on le flatte l’Homme prend tout ! avale tout ! Il est hideux de prĂ©tention, de suffisance, Ă mesure qu’on le fait descendre plus profond dans la mouscaille, qu’on l’isole davantage ! C’est ça l’effrayant phĂ©nomène. Et plus il se rend malheureux, plus il devient crâneur ! Depuis la fin des croyances, les chefs exaltent tous ses dĂ©fauts, tous ses sadismes, et le tiennent plus que par ses vices : la vanitĂ©, l’ambition, la guerre, la Mort en un mot. Le truc est joliment prĂ©cieux ! Au dĂ©cuple ! On le fait crever par la misère, par son amour-propre aussi ! VanitĂ© d’abord ! La prĂ©tention tue comme le reste ! Mieux que le reste !La supĂ©rioritĂ© pratique des grandes religions chrĂ©tiennes, c’ est qu’elles doraient pas la pilule. Elles essayaient pas d’Ă©tourdir, elles cherchaient pas l’Ă©lecteur, elles sentaient pas le besoin de plaire, elles tortillaient pas du panier. Elles saisissaient l’Homme au berceau et lui cassaient le morceau. Elles le rencardaient sans ambages : “Toi petit putricule informe, tu seras jamais qu’une ordure… De naissance tu n’es que merde… Est-ce que tu m’entends ?… C’est l’Ă©vidence mĂŞme, c’est le principe de tout ! Cependant, peut-ĂŞtre… peut-ĂŞtre… en y regardant de tout près… que t’as encore une petite chance de te faire un peu pardonner d’ĂŞtre comme ça tellement immonde, excrĂ©mentiel, incroyable… C’est de faire bonne mine Ă toutes les peines, Ă©preuves, misères et tortures de ta brève ou longue existence. Dans la parfaite humilitĂ©… La vie, vache, n’est qu’une âpre Ă©preuve ! T’essouffle pas ! Cherche pas midi Ă quatorze heures ! Sauve ton âme, c’est dĂ©jĂ joli ! Peut-ĂŞtre qu’Ă la fin du calvaire, si t’es extrĂŞmement rĂ©gulier, un hĂ©ros, ‘de fermer ta gueule’, tu claboteras dans les principes… Mais c’est pas certain… un petit poil moins putride Ă la crevaison qu’en naissant… et quand tu verseras dans la nuit plus respirable qu’Ă l’aurore… Mais te monte pas la bourriche ! C’est bien tout !…Fais gaffe ! SpĂ©cule pas sur des grandes choses ! Pour un Ă©tron c’est le maximum !…” Ça ! c’Ă©tait sĂ©rieusement causĂ© ! Par des vrais pères de l’Église ! Qui connaissaient leur ustensile ! qui se miroitaient pas d’illusions !La grande prĂ©tention au bonheur, voilĂ l’Ă©norme imposture ! C’est elle qui complique toute la vie ! Qui rend les gens si venimeux, crapules, imbuvables. Y a pas de bonheur dans l’existence, y a que des malheurs plus ou moins grands, plus ou moins tardifs, Ă©clatants, secrets, diffĂ©rĂ©s, sournois… C’est avec des gens heureux qu’on fait les meilleurs damnĂ©s. Le principe tient bon, en braquant l’Homme sur la matière. Ça n’a pas traĂ®nĂ©. En deux siècles, tout fou d’orgueil, dilatĂ© par la mĂ©canique, il est devenu impossible. Tel nous le voyons aujourd’hui, hagard, saturĂ©, ivrogne d’alcool, de gazoline, dĂ©fiant, prĂ©tentieux, l’univers avec un pouvoir en secondes ! ÉberluĂ©, dĂ©mesurĂ©, irrĂ©mĂ©diable, mouton et taureau mĂ©langĂ©, hyène aussi. Charmant. Le moindre obstruĂ© trou du cul, se voit Jupiter dans la glace. VoilĂ le grand miracle moderne. Une fatuitĂ© gigantesque, cosmique. L’envie tient la planète en rage, en tĂ©tanos, en surfusion. Le contraire de ce qu’on voulait arrive forcĂ©ment. Tout crĂ©ateur au premier mot se trouve Ă prĂ©sent Ă©crasĂ© de haines, concassĂ©, vaporisĂ©. Le monde entier tourne critique, donc effroyablement mĂ©diocre. Critique collective, torve, larbine, bouchĂ©e, esclave absolue.Rabaisser l’Homme Ă la matière, c’est la loi secrète, nouvelle, implacable… Quand on mĂ©lange au hasard un pauvre et un riche, on n’enrichit jamais le pauvre, on appauvrit toujours le riche… Tout ce qui aide Ă fourvoyer la masse abrutie par les louanges est bienvenu. Quand les ruses ne suffisent plus, quand le système fait explosion, alors recours Ă la trique ! Ă la mitrailleuse ! aux bonbonnes !… On fait donner tout l’arsenal l’heure venue ! avec le grand coup d’optimisme des ultimes RĂ©solutions ! Massacres par myriades, toutes les guerres depuis le DĂ©luge ont eu pour musique l’Optimisme… Tous les assassins voient l’avenir en rose, ça fait partie du mĂ©tier. Ainsi soit-il.La misère ça se comprendrait bien qu’ils en aient marre une fois pour toutes, les hommes accablĂ©s, mais la misère c’est l’accessoire dans l’Histoire du monde moderne ! Le plus bas orgueil nĂ©gatif, fatuitĂ© creuse, l’envie, la rage dominatrice, obsèdent, accaparent, cloisonnent tous ces sournois, en cabanon. Popu gaffe-toi bien ! T’es suprĂŞme ! T’es affranchi comme personne ! T’es bien plus libre, compare toi-mĂŞme, que les cons d’en face ! Dans l’autre prison ! Regarde-toi dans la glace encore ! Un petit godet pour les idĂ©es ! Vote pour toi pas pour les autres ! Popu t’es victime du système ! Je vais te rĂ©former l’Univers ! T’occupe pas de ta nature ! T’es tout en or ! qu’on te rĂ©pète ! Te reproche rien ! Va pas rĂ©flĂ©chir ! Ă©coĂ»te-moi ! Je veux ton bonheur vĂ©ritable ! Je vais te nommer Empereur ? Veux-tu ? Je vais te nommer Pape et Bon Dieu ! Tout ça ensemble ! Boum ! Ça y est ! Photographie !Ah ! il en est malade l’Homme-Prolo de ce vide tout autour de lui, soudain. Il s’est pas encore habituĂ©. C’est grand un ciel pour lui tout seul ! Il faut qu’on la dĂ©couvre bien vite la quatrième dimension ! La vĂ©ritable dimension ! Celle du sentiment fraternel, celle de l’identitĂ© d’autrui. Il peut plus accabler personne… Y a plus d’exploiteurs Ă buter… et l’Homme plus il se comprime et se complique, plus il s’Ă©loigne de la nature, plus il a des peines forcĂ©ment… Ça peut aller que de mal en pire de ce cĂ´tĂ©-lĂ , du cĂ´tĂ© du système nerveux. Le crĂ©tinisme politique, surtout de gauche Ă droite, par-dessus tout, mĂŞme encore plus que les richesses, c’est toutes les peines Ă partager. Y aura toujours, c’est fatal, c’est la loi biologique, le progrès n’y changera rien, au contraire, beaucoup plus de peines que de joies Ă partager… Et toujours, toujours davantage… Le cĹ“ur pourtant ne s’y met pas. C’est difficile de le dĂ©cider… Il rechigne… Il se dĂ©robe… cherche des excuses… Il pressent… Automatiquement, c’est la foire ! Un système de cons sans cons. Tant pis ! Mais il faut rien en laisser paraĂ®tre ! Qui dira “pouce” sera pendu !…A nous donc les balivernes ! A notre renfort tous les supposĂ©s cataclysmes ! Les ennemis rocambolesques ! Il faut occuper les trĂ©teaux ! Qu’on renverse pas la cabane ! Les coalitions farouches ! Les complots charognissimes ! Les procès apocalyptiques ! Faut retrouver du DĂ©mon ! Le mĂŞme Ă toute extrĂ©mitĂ© ! Le bouc de tous les malheurs ! Noyer le poisson Ă vrai dire ! Étouffer la dure vĂ©ritĂ© : que ça ne colle pas les “hommes nouveaux” ! Qu’ils sont tous fumiers comme devant ! Encore nous ici on s’amuse ! On est pas forcĂ© de prĂ©tendre ! On est encore des “opprimĂ©s” ! On peut reporter tout le malĂ©fice du destin sur le compte des buveurs de sang ! Sur le cancer “l’Exploiteur”. Et puis se conduire comme des garces. Ni vu ni connu !… Mais quand on a plus le droit de dĂ©truire ? et qu’on peut mĂŞme pas râler ? La vie devient intolĂ©rable !…Il ne suffit pas d’ĂŞtre heureux, il faut que les autres ne le soient pas. Ah ! C’est un vilain moment, celui oĂą on se trouve forcĂ© de prendre pour soi toute la peine, celle des autres, des inconnus, des anonymes, qu’on bosse tout entièrement pour eux… On y avait jurĂ© Ă l’Homme-Prolo que c’Ă©tait justement les “autres” qui reprĂ©sentaient toute la caille, le fiel profond de tous ses malheurs ! Ah ! l’entĂ´lage ! La putrissure ! Il trouve plus les “autres”… Pourtant on l’enferme soigneusement, le nouvel Ă©lu de la sociĂ©tĂ© rĂ©novĂ©e… MĂŞme les sĂ©ditieux d’autrefois Ă©taient pas si bien gardĂ©s. Ils pouvaient penser ce qu’ils voulaient. Maintenant c’est fini totalement. Bien sĂ»r plus question d’Ă©crire ! L’Homme est envoyĂ© derrière cent mille fils barbelĂ©s contre les impurs extĂ©rieurs et mĂŞme contre les relents du monde dĂ©cati. Ah ! on le laisse pas seul ! La vigilance est impeccable ! Si un homme Ă©crit Palestine et il est condamnĂ©, pire Ă©crit Sion et c’est l’exĂ©cution, on brĂ»le les Ă©crits, l’Homme au milieu, hurlant sa rage de dĂ©sespoir et son mal aussi, tout brĂ»li-brĂ»lĂ© de conneries jetĂ©es, un gâchis ! Sans oublier le procès en sorcellerie d’oser Ă©crire et dire le soulignement des conneries, brĂ»lĂ© deux fois en chatiment, rebrĂ»ler le cadavre brĂ»lĂ© de peur qu’il reste encore quelque chose de brĂ»lant !Y a encore des petits loisirs, des masturbations clandestines, du plaisir enfin ! MĂŞme l’exploitĂ© 600 pour 100, il a gardĂ© ses distractions ! Comme il aime jouer les millionnaires whisky ! Se rĂ©galer de cinĂ©ma ! Il est bourgeois jusqu’aux fibres ! Il a le goĂ»t des fausses valeurs. Il est singe. Il est corrompu… Il est fainĂ©ant d’âme… Il n’aime que ce qui coĂ»te cher et les marques ! ou Ă dĂ©faut, ce qui lui semble tel ! Il vĂ©nère la force. Il mĂ©prise le faible. Il est crâneur, il est vain ! Il soutient toujours le “faisan“. Visuel avant tout, faut que ça se voye ! Il va au nĂ©on comme la mouche. Il y peut rien. Il est clinquant. Il s’arrĂŞte tout juste Ă cĂ´tĂ© de ce qui pourrait le rendre heureux, l’adoucir. Il souffre, se mutile, saigne, crève et n’apprend rien. Le sens organique lui manque. Il s’en dĂ©tourne, il le redoute, il rend la vie de plus en plus âpre. Il se prĂ©cipite vers la mort Ă grands coups de matière, jamais assez… Le plus rusĂ©, le plus cruel, celui qui gagne Ă ce jeu, ne possède en dĂ©finitive que plus d’armes en main, pour tuer encore davantage, et se tuer. Ainsi sans limite, sans fin, les jeux sont faits !… C’est jouĂ© ! C’est gagnĂ© !…LĂ -bas, l’Homme se branle et il n’en sort plus rien. Il est battu sur toute la ligne, il regarde passer les chefs-cons, rois, reines, faisans, paons, empereurs, escrocs, gĂ©nocidaires-arnaqueurs, obligĂ© de saluer, agiter des drapeaux, la queue aussi, crier “vive le roi, vive le prĂ©sident, vive la nation“… L’Homme est con… S’il refuse, punition, cachot, procès amendes, crime de lèse-majestĂ©, plein le cul et profond… Il travaille, l’Homme, comme dans un pĂ©nitencier, pour la vie… La rue mĂŞme faut pas qu’il abuse ! On connaĂ®t ça, ses petites manières ! Comment qu’on le vide Ă la crosse !…C’est l’avenir seulement qu’est Ă lui ! Comme ici exactement !… Demain on rasera gratis… Pourquoi ça te biche pas, Tartempion ? C’est l’instinct juste qu’a manquĂ© ! C’est tout simple ! Au fond, qu’on y rĂ©flĂ©chisse, y avait pas besoin d’attendre pour partager les richesses. On aurait pu se les rĂ©partir dĂ©jĂ dans les temps agricoles, tout au dĂ©but des humains… Pourquoi donc tous ces chichis ? Les fourmis elles ont pas d’usines, ça les a jamais empĂŞchĂ©es… Tous pour tous… C’est leur devise !Faut plus rugir, Homme-con, le con c’est toi tout entier… Homme-Popu, t’es seul devant l’injustice rambinĂ©e sous un nouveau blase de temps en temps, bien plus terrible que l’ancienne, encore bien plus anonyme, calfatĂ©e, perfectionnĂ©e, intraitable, bardĂ©e d’une myriade de poulets extrĂŞmement experts en sĂ©vices. Oh ! pour nous fournir des raisons de la dĂ©confiture canaille, de la carambouille gigantesque, la dialectique fait pas dĂ©faut !… Les politicards baratinent comme personne ! Seulement qu’un aveu pas possible, une pilule qu’est pas avalable : que l’Homme est la pire des engeances !… qu’il fabrique lui-mĂŞme sa torture dans n’importe quelles conditions, comme la vĂ©role son tabès… C’est ça la vraie mĂ©canique, la profondeur du système !… Il faudrait buter les flatteurs, c’est ça le grand opium du peuple… T’as vu l’arnaque du 11 septembre, t’as cru Ă ces conneries, rĂ©sultat t’es baisĂ© plus profond que le 10, plus d’espoir de retour, et maintenant entre deux Drucker on t’explique que si t’as froid avec le pĂ©trole Ă 100 dollars t’as qu’Ă baisser ta tempĂ©rature… T’es tellement con, Homme-Prolo que la TV te montre comment tourner la manette, ramener de 21 degrĂ©s Ă 19… Et toi, abruti, tu regardes, t’avales ? Profond la sodomisation, prend-en qu’Ă toi, t’as votĂ© pour des abrutis, t’as des abrutis…L’Homme il est humain Ă peu près autant que la poule vole. Quand elle prend un coup dur dans le pot, quand une auto la fait valser, elle s’Ă©lève bien jusqu’au toit, mais elle repique tout de suite dans la bourbe, rebecqueter la fiente…. C’est sa nature, son ambition ! Pour nous, dans la sociĂ©tĂ©, c’est exactement du mĂŞme. On cesse d’ĂŞtre si profond fumier que sur le coup d’une catastrophe. Quand tout se tasse Ă peu près, le naturel reprend le galop…. Pour ça mĂŞme, une RĂ©volution faut la juger vingt ans plus tard.Je suis ! tu es ! nous sommes des ravageurs, des fourbes, des salopes ! Jamais on dira ces choses-lĂ . Jamais ! Jamais ! Pourtant la vraie RĂ©volution ça serait bien celle des Aveux, la grande purification ! Mais les Hommes ils donnent dans le vice, dans les artifices saladiers. Ils connaissent trop bien les goupilles. Ils se perdent dans la propagande. Ils essayent de farcir l’Ă©tron, de le faire passer au caramel. C’est ça l’infection du système.Ah ! l’Homme-con ! Ses violences, ses fadaises, ses ruses, toutes ses garceries publicitaires ! On sait la farder la camelote ! Ça n’a pas traĂ®nĂ© ! Ils sont remontĂ©s sur l’estrade les nouveaux souteneurs !… Voyez les nouveaux apĂ´tres… Gras de bide et bien chantants !…. Grande RĂ©volte ! Grosse Bataille ! Petit butin ! Avares contre Envieux ! Toute la bagarre c’Ă©tait donc ça ! En coulisse on a changĂ© de frime… NĂ©o-topazes, nĂ©o-Kremlin, nĂ©o-garces, nĂ©o-cons, nĂ©o-jĂ©sus ! Ils Ă©taient sincères au dĂ©but… Ă prĂ©sent, ils ont tous compris ! Ceux qui comprennent pas : on fusille. Ils sont pas fautifs mais soumis !…Ça serait pas eux, ça serait des autres… L’expĂ©rience leur a profitĂ©… Ils se tiennent en quart comme jamais… L’âme maintenant… Elle est perdue ! Plus rien !… Ils les connaissent eux tous les tics, tous les vices… Qu’il pompe ! Qu’il dĂ©file ! Qu’il souffre ! Qu’il crâne !… Qu’il dĂ©nonce !… C’est sa nature !… Il y peut rien !… L’Homme-con ! Lis mon journal ! Lis mon cancan, juste celui-lĂ ! Pas un autre ! et mords la force de mes discours ! Surtout va jamais plus loin ! Ou je te coupe la tĂŞte ! Il mĂ©rite que ça, l’Homme, pas autre chose !… La cage !…
Quand on va chercher les flics on sait bien tout ce qui vous attend !… Et c’est pas fini encore ! On fera bien n’importe quoi, pour pas avoir l’air responsables ! On bouchera toutes les issues. On deviendra “totalitaires” ! Le Principal c’est qu’on tue !… Combien ont fini au bĂ»cher parmi les petits croyants tĂŞtus pendant les Ă©poques obscures ?… Dans la gueule des lions ?.. Aux galères ?… InquisitionnĂ©s jusqu’aux moelles ? Pour la Conception de Marie ? ou trois versets du Testament ? On peut mĂŞme plus les compter ! Les motifs ? Facultatifs !… C’est mĂŞme pas la peine qu’ils existent !… Les temps n’ont pas changĂ© beaucoup Ă cet Ă©gard-lĂ ! On n’est pas plus difficiles ! On pourra bien tous calancher pour un fourbi qu’existera pas ! …. Ça n’a vraiment pas d’importance au point oĂą nous sommes !… Ça, c’est mourir pour une idĂ©e ou je m’y connais pas !… On est quand mĂŞme purs sans le savoir !… Ă bien calculer quand on songe, c’est peut-ĂŞtre ça l’espĂ©rance ? Et l’avenir esthĂ©tique aussi ! Des guerres qu’on saura plus pourquoi !… De plus en plus formidables ! Qui laisseront plus personne tranquille !… que tout le monde en crèvera… deviendra des hĂ©ros sur place… et poussière par-dessus le marchĂ© !… Qu’on dĂ©barrassera la Terre… Qu’on a jamais servi Ă rien… Le nettoyage par l’IdĂ©e…
Piting…
Par les circonstances de la vie, je me suis trouvĂ©, un temps, cherchant des automobiles dans des pays d’ailleurs. C’Ă©tait un drĂ´le de boulot, assez marrant, faut bien le dire, mais pour la douillance assez terne, pas très gĂ©nĂ©reux. Pas de quoi se rĂ©galer du tout, des vrais nougats Ă sucer…, faut jamais confondre, sont plus rares qu’on imagine ! C’Ă©tait seulement une aventure… Je suis pas fait pour m’incruster… Mais alors, en fait d’expĂ©rience, je peux dire qu’elle m’a bien servi ! Je regrette pas mon temps. J’ai vu travailler les grands arnaqueux dans les coulisses de l’univers, prĂ©parer les gros fricots… Ils y viennent tous tĂ´t ou tard, les cons…, les ceusses qui croient qu’ailleurs c’est l’AmĂ©rique, mĂŞme en AmĂ©rique, alors que c’est pas mieux sauf en pire que nos dĂ©goutants pays d’ici, c’est Ă dire qu’ils seront jamais lĂ -bas..
Pour les misĂ©ricordieux de la bagnole, l’AmĂ©rique c’est l’endroit de leurs dĂ©votions.
C’est la plus grande Synagogue dans le plus grand Temple “Cul-Maçon-mĂ©canique” de l’univers… C’est l’antre des combinaisons parmi les plus vicieuses pour le pognon, y a pas d’avenir pour les branlĂ©s dans c’te fourbi infernal…
Depuis le Directeur GĂ©nĂ©ral jusqu’au dernier journaleux en passant par la faune des rĂŞveurs de cauchemars mitĂ©s, il faut avoir une drĂ´le d’odeur pour faire florès dans la tĂ´le… Il faut “en ĂŞtre” quoi ! il faut en ĂŞtre !…
Tout ce qu’est pas malin dans la turlutte d’affaires, vicieux en mensonges, prĂ©voyant de ne jamais tourner le dos aux enculeurs toujours Ă l’affut, est assez vite Ă©liminĂ©… Je me faisais pas de grandes illusions… C’est regarder qui m’intĂ©ressait en premier chef, quoiqu’au second, me faire des ronds c’Ă©tait pas mâle venu !
Ma carrière, elle a quand mĂŞme durĂ© et elle dure encore. C’est un bail sans fin au pays des putes en tĂ´les, parfois en taule mais pas pour longtemps…, qui savent plus s’arrĂ©ter de toucher des biftons en contrepètrerie d’engins dĂ©glinguĂ©s… Je vous cause lĂ des plus malins des crĂ©tins, ceusses qui jouissent avec des automobiles qui valent strictement plus rien et qu’ils revendent au prix du savoir-faire ! Dans ce job de pĂ©ripatĂ©ticienne, le grand truc c’est pas de vendre pour ce que ça “veau” Ă des beaufs ahuris, non, c’est de vendre en fonction de ce que les dits nommĂ©s peuvent allonger jusqu’Ă ĂŞtre raide. C’est sexuel….
Les beaufs n’achètent donc pas parce que l’auto-ferraille qu’ils convoitent est extraordinaire et sans dĂ©fauts, non, les beaufs achètent ce qui n’est pas cher. Point. Vous pouvez avoir une rarrrrrrissime raretĂ© des plus rares, le beauf ne s’y interessera que pour mettre ses paluches un peu partout, ouvrir tout ce qui peut l’ĂŞtre sauf son porte-feuille, casser n’importe quoi de fragile qui n’avait cas pas ĂŞtre lĂ et manger des frites ou des beignets, des gauffres aussi, du moment que c’est gras, suffit de s’essuyer les paluches sur les sièges en velour.
Bref, pas la peine d’arnaquer un beauf, le beauf il s’arnaque lui-mĂŞme. Suffit de lui montrer une Ă©pave, de lui mettre un panneau “vente forcĂ©e” sous le nez, ce qui n’est pas un mensonge pour qui a de l’humour…, mais le beauf n’en a pas plus que Bruel quand il re-re-passe chez Drucker en montrant ses dents blanches et en chantouillant qu’y a d’la joie… Piting !, donc c’est du pain bĂ©ni, une ostie consacrĂ©e, faut plus que boire le vin de cette messe jusqu’Ă la lie.
Plus besoin en nĂ©cessitĂ© de chercher dès-lors des magnifiques raretĂ©s polies lustrĂ©es sans rouille et les pneus gonflĂ©s…!, non, faut faire cracra et grandiose, faut prĂ©senter des Ă©paves ! Les vendre surtout ! Mais pour vendre de la pure merde cracra, faut d’abord en chier, trouver la merde c’est pas si simple surtout si elle vient d’un autre ! Vendre sa propre merde, mĂŞme dĂ©gueu, c’est dĂ©jĂ pas la joie, sauf qu’Ă penser qui en a ceusse qui font chier…! Ca aide !
Les plus fortiches, les putes de tĂ´les de luxe, les super niqueuses, savent qu’il suffit d’une petite annonce du genre : “Magnifique et rarrrrrrissime voiture de collection ayant appartenu Ă P.Bruel, valeur inestimable, cĂ©dĂ©e cause grââââve en famille de partage, part toutes distances, toute offre acceptĂ©e“…, c’est comme un billet de 500 euros en rue, mĂŞme sous un caca, ça fait venir venir les plus grands “cons” de la planète, les plus inquiets les plus arrogants, les plus endurcis, les plus emmerdants, les plus mĂ©galophraseurs, les plus tafs, les plus opulents, les plus tout ce qu’on veut qui savent tout… Il faut entendre comme ça cafouille tout ce petit monde…
Bon, on continue l’article, dĂ©posez dĂ©jĂ 100 euros dans ma pogne pour m’encourager…
Le plus difficile n’est donc pas de vendre n’importe quoi pas cher, käsher et Kärscher, c’est de trouver du matos pas cher, je l’ai dĂ©jĂ Ă©crit ici, plus haut que vous pouvez relire, car c’est important. Le bĂ©nef y se fait pas Ă la vente mais Ă l’achat…! Au moins c’est payĂ© cher, au plus y aura d’la joie, c’est Bruel qui le chante, donc en grand connaisseur de famille, si lui chante ça, c’est que c’est vrai de vrai !…. C’est lĂ que le mĂ©tier se complique. Tout f… le camp chèrs tousses qui me lisez ! Avant, y avait encore des Ă©paves, maintenant y a plus que des pièces de collection ! Le moindre bouseux de ferme, et je parle pas de l’ancienne de Dechavane qui n’est pas homo…, mais du classique bouseux de ferme…, sait que la moindre vieillerie rouillĂ©e vaut des ronds. J’en connasse des pires qui rouillent les caisses eux-mĂŞme, comme s’ils se polissaient le gland, ils astiquent Ă l’acide et laissent pourrrrrir. Les beaufs aiment, ça fait vrai vĂ©ritable, c’est tellement pourri comme pleins d’affaires politiques, que certains pleurent de bonheur.
Cool, je disgresse mais je reviens au point “G” de l’histoire, faites-moi confiance, vous allez jouir… Donc, le moindre bouseux de ferme SAIT que mĂŞme son vieux Massey-Fergusson pourri vaut des ronds, donc la vieille gimbarde de tante Adèle qui est morte dedans et qui y est restĂ©e deux ans avant qu’on la retrouve, vaut des ronds… C’est logique et imparable. Ca veut dire que de pluche en peluche, faut se coltiner les bouseux ET les beaufs pour se gratter les couilles. Dans ce commerce de dupes, faut connaĂ®tre le sens du vent, jamais se baisser, mĂŞme si un billet de 500 traine par terre…. Mâle heureux, c’est un piège. Faut Ă©viter de se faire enculer deux fois ! Tu te baisses, on te baise !
J’avais donc, en prĂ©vision appris aussi moi, la chinoiserie des commissions…, la dialectique des compromis. Seulement faut pas ĂŞtre trop curieux, se montrer friand de voitures “d’origines“…, c’est pas bien vu. Pas trop de prĂ©cision S.V.P.!
Quand je devenais inquisiteur, mon grand patron, le grand Mickey, MaĂ®tre de l’univers, il m’expĂ©diait en voyage, en mission d’Ă©tudes… J’ai fait ainsi les continents Ă la recherche de la vĂ©ritĂ© automobile. Si les voyages forment l’âge mĂ»r, je peux dire que je suis bien fait. Craquelure ! comme j’ai voyagĂ© ! pour m’instruire, pour accroĂ®tre toutes mes connaissances ! Comme j’en ai vu des casses et des garages. comparĂ© ! Ă©pluchĂ© ! les comptes surtout…, vu fonctionner ! puis cavalĂ© de stupeur ! admirĂ© tant de crĂ©matoires autos ! expertisĂ© tellement de laideries, des “modèles” et des moins propres…, de la Gold Coast Ă Chicago ! et de Berg-op-Zoom Ă Cuba !
Je devais sans doute leur faire pitiĂ©, tellement qu’on m’a enseignĂ© des choses, des techniques et des pires encore… extraordinairement ennuyeuses !… Comme j’en ai vu des cons, barbus. chauves, postillonneux, bigles… Comme ils m’en ont donnĂ© des leçons… d’Harley Street Ă San Francisco ! de Leyden, songeuse aux tulipes, Ă Port-Lagos en NigĂ©rie… bouillante de fièvre jaune, piting ! Je devrais ĂŞtre presque parfait en dix mille matières automobiles après tout cela… Je suis vraiment l’un des antiquaires es-automobiles les plus fieffĂ©s de la planète. Ainsi va la vie… Maintenant, je pneu vous causer de Bugarri comme de Märlène en Lorraine-Dietrish, de ferrailleries et mĂŞme de porscheries, je connasse tout, les plus belles et les plus pourries, ce que ça veau d’or et ce que ça veau d’or-dur plus rien. Tout !
Comme j’en ai parcouru des kilomètres et des MaĂ®tres, et tous admirĂ©s jusqu’au bout, sur toutes les coutures, des heures et des heures… chacun… des fins cliniciens mĂ©caniciens, des ventropètes de trop bouffis, des hygiĂ©nistes de l’origine si convaincus, si transformateurs malgrĂ©-tout, rĂ©novateurs aussi, si prometteurs de beaux jours, noirs en fait… que simplement leur salive valait dĂ©jĂ le prix des euros en dizaine de milliers. IrisĂ©es mirages ! J’en ai vu des endocriniens Ă©perdus ! des psychopathes sympatologues, et des encore bien plus Ă©tranges, plus pĂ©remptoires, confusionnistes, superspicaces les uns que les autres… Graine de Dieu !… quel tourment ! quelle engeance !
Tous les Saints du Progrès moderne, ils se sont donnĂ© rendez-vous pour Ă©berluer ma pauvre gomme… Ah! ce que j’ai pu les subir !… vertigineux, impĂ©rieux, vindicatifs ou miellĂ©s…, toujours Ă se prendre, se dĂ©prendre…, se perdre un peu, s’entortiller en sottises, en mots, des heures encore pour dix euros, dans tous les sens… Comme c’est bavard, puĂ©ril et fat, Ă©troit, râleux, boudah, inquiet, mĂ©galomane, persĂ©cutant, un vendeur d’Ă©pave !…
Certains sont mĂŞme les pires des cabots, un Bruel en chansonnettes, c’est encore qu’une pâle violette auprès d’un enfileur de pipettes…
Les pires du monde, les plus susceptibles cabotins, les plus irascibles vedettes c’est dans les “Foires d’autos anciennes” qu’on les trouve, dans les bagarres de vanitĂ©. Faut entendre alors ces gueulements ! faut observer ces tours de vache ! Ils sont prĂŞts Ă tous les crimes pour gagner des euros et voir leur blaze en compte rendu Ă©logieux par leurs confrères confraternellement jaloux : “T’as vu Loustic, ce fiĂ©llĂ©, ce morveux, l’a encore vendu une tire, deux fois plus cher que Pompon qu’est Ă l’agonie, plus un rond, sait pas comment y fait, doigt les titiller le jonc, les triquer“… Tâche bien aride s’il en fut ! A travers ces bilieux ingrats au possible… les Ă©checs tournent en vinaigre, en instantanĂ©es ruptures, en vexations considĂ©rables, diplomatiques… Les vendeurs de tutures sont impitoyables sous le rapport vanitĂ©, pires sous le rapport du flouze… C’est pas, croyez, une petite pause que de rassurer un beauf bigleux, de bien lui ancrer dans le chassis, que c’est bien lui qui sera le deuxième proprio au monde de l’amas de ferraillerie porscherisĂ©e qui rouille devant lui…, le tout excellentissime, qu’on en connaĂ®t pas deux comme ça… sous le rapport qualitĂ©-prix-raretĂ©… bouleversantes synthèses… probitĂ©, etc…
Ca demande beaucoup de gestes et de paroles et des bobards continuels et des ruses irrĂ©prochables, et puis un culot pas croyable, et puis une mĂ©moire des bobards, absolument extraordinaire, impeccable, extra-lucide ! C’est la question de vie ou de mort…, de se rappeler ce qu’on a dit ! La moindre gaffe c’est la bascule !… en toute occasion et par tous les moyens valables ou probables, les vendeurs d’Ă©paves doivent jubiler d’un bout Ă l’autre, pas une seconde de rĂ©pit ! les petits fafiots, dix mille confidences, cent mille compliments et puis des tours de commissions noires comme des messes du mĂŞme nom…, s’Ă©taler discourir encore !
Vous voulez des noms ? Y sont quasi tous pareils, mais pour faire simple je vous donne les pires.
Philippe “O”, comme histoire d’O’, pareil que pire, c’est une pute qui a sĂ©vit Ă Liège dans des rĂ©pliques, spĂ©cialiste du reconditionnement en faux papiers, ce con bellâtre, parfaitement prĂ©tentieux et nul Ă©tait et reste un des grands assidus de la carambouille et de l’enculade Ă sec. Il a accumulĂ© tant de TVA et d’impots non payĂ©s, tant de joyeux souvenirs de clients devenus cardieux, fous et rapinĂ©s profond, qu’il est parti sans laisser d’adresse sur la CĂ´te d’Azur ou il Ă©crit l’exact contraire de ses connaissances, des livres en numĂ©ros de châssis et conseils en photos pour passer pour un MaĂ®tre. Quel mafieuse merde ! ObligĂ© de vendre sous le manteau avec son copain Eric “M”… On l’a bien connu nous autres, c’Ă©tait un effrĂ©nĂ© presque aussi actif qu’un Piranah, et c’est pas une bagatelle !. Il a fait Ă©normĂ©ment pour l’Ă©vasion des capitaux. Toute sa carrière a consistĂ©, sous des apparences de menteuseries, Ă enculer tout le monde… tous cons Ă©videmment… Ils lui doivent une vraie statue, ces collectionneurs d’Ă©paves reconstruites Ă prix d’or…!, dans la cour d’une FacultĂ© de l’Automobile, en or ! sur un veau.
William, un autre, plus vieux, plus malin, pervers, quasi assassin de l’honnètetĂ© humaine, faut lui aussi rendre justice Ă reculon, il Ă©tait bien moins con que les autres, dans le genre des grands enculeurs, bien plus mesquin, mais moins abruti, beaucoup plus prĂ©tentieux. Il a pigĂ©, immĂ©diatement et parfaitement, les astuces. Il dĂ©lirait pas dans la glace. Mais il Ă©tait erratique comme tous les vrais prĂ©pucĂ©s, il tenait pas en place. Il fallait qu’il trace, qu’il revendique, qu’il baise tout le monde; les copains d’abord, puis, surtout les femmes qu’il a engrossĂ© Ă la file indienne, certain qu’il fourrait en Apache. Son genre de voyage favori, c’Ă©tait l’enculade en Floride… Il allait thĂ©sauriser par lĂ … Il prĂ©parait ses petites affaires, un beau garage plein d’auto nickel qu’on devait y mettre des lunettes de soleil tellement ça blinquait…
Les beaufs subjuguĂ©s achetaient, et puis 3 mois plus tard, quand l’auto arrivait en europe de franco-belgerie, enfin ! dans un container, douane payĂ©e et tutti-quanti, le beauf ouvrait le boxon, bordel, miracle, c’Ă©tait plus la mĂŞme !… c’Ă©tait les mĂŞmes papiers mais l’auto Ă©tait devenue une Ă©pave… Arnaque…. 5.000 comme ça et William, fortune faite en dizaine de millions de dollars s’est reconverti Ă Curaçao… Mais il avait la bougeotte, des fois qu’un tordu aurait eu l’idĂ©e de le faire buter. Et en avait si peur qu’il partait dare-dare pour un bruit de pĂ©tard… Il retraversait toute la planète pour un faux tĂ©lĂ©gramme plein de millions de menaces, pour un soupir de femme… pour rien du tout… Il repassait par Cuba… Il repassait plus par Macao… Il rappliquait par le Sud. Il rattrapait son tĂ©lĂ©gramme… son soupir… son rien du tout. Et puis floc ! je le voyais jaillir ! un matin ! je le retrouvais d’un seul coup ! derrière son bureau… Il Ă©mergeait de l’autre bout du monde… comme ça… L’est devenu pachidermique, usĂ©, fini comme un fat paquet d’embrouille. L’est tout rouillĂ© !
J’en ai connu aussi un autre, Vincent, il faisait faisait l’errant, l’homme-lubie, l’insolite… Pour rĂ©flĂ©chir, il s’arrĂŞtait, il oscillait en avant… tout doucement sur ses tatanes… des vrais bateaux… comme le pendule… Cette manière de se tenir, bizarre, dans la vie, de disparaĂ®tre dans les fugues et puis de revenir “courant d’air” … ça ressemblait pas Ă grand-chose ! On aurait bien pu penser : cette agitation est grotesque, ce n’est que de la dispersion, du “pas sĂ©rieux“, de l’Ă©tourderie. Cet homme travaille du grelot. Et pourtant c’Ă©tait l’essentiel, faut pas se fourvoyer. C’Ă©tait un vicieux, traficotait les papiers, crĂ©ait des compagnies, les vidait en leasing puis faisait dĂ©nonciateur chez les flics pour camoufler les cadavres dans les placards… Regardez un peu les fourmis comment elles s’agitent… elles font pas toutes vraiment quelque chose, elles transportent pas toutes une bricole… elles vont, elles passent… c’est leur boulot ! … elles reviennent… elles se dĂ©pĂŞchent… elles lambinent… elles ont plus l’air de savoir… de se promener au petit bonheur… et puis pourtant elles fourmillent.. elles ont leur idĂ©e… c’est ça l’essentiel : fourmiller.
Cher public d’ahuris, il faut apprendre, sous peine de demeurer plus sot, plus opaque, plus crĂ©dule qu’un veau dans sa première semaine, Ă repĂ©rer la marque, la trace, l’emprise, l’initiative des pourvoyeurs de rĂŞves, dans tous les chambardements du monde, oĂą qu’ils s’effectuent…, en Europe, en AmĂ©rique, en Asie… en n’importe quel lieu oĂą se prĂ©parent les hĂ©catombes, la destruction systĂ©matique, acharnĂ©e, des esprits et les transmutations de porte-feuilles… Il faut apprendre Ă dĂ©celer dans la pratique quotidienne, la couleur et le ton, la jactance, il faut apprendre Ă percer, dĂ©terminer, au fond de toutes les ombres, Ă travers tous ces dĂ©dales phrasouilleurs, entre les trames de toutes les calamitĂ©s, derrière toutes les grimaces, l’universel mensonge, les tartuferies, l’imposture, l’Ă©norme armement de cette cosmique permanente apocalypse.
Il faut renifler les diablotins de très loin… dans tous les coins, Ă travers le monde… entre les minces paragraphes publicitaire de n’importe quel garage innocent, ce petit coup de pouce, furtif… appuyĂ© … signalĂ©tique… l’Ă©pithète favorable… louangeuse… la mise en valeur d’une carrosserie, le cotĂ© franchement racoleur… le dĂ©nigrement soi-disant impartial des voitures proposĂ©es par leurs confrères… L’addition opportune et mĂŞme hors de propos d’un dĂ©cigramme, d’une demi-teinte de louange… pour le succès de la moindre prĂ©sentation… Les facĂ©ties de n’importe quel d’entre la confrèrie, du plus insignifiant au plus magnifiĂ©…
Cette mainmise du secteur s’entoure encore d’un peu de gant, pas pour longtemps, bientĂ´t les cartes seront abattues, ceux qui ne feront pas de publicitĂ© dans les magazines automobiles consacrĂ©s seront Ă©gorgĂ©s (ils le sont dĂ©jĂ financièrement par les impots)…
Il faut maintenant re-situer les choses, que je vous raconte un petit peu comment c’est superbe le monde de l’automobile ancienne…
C’est pas les beaufs qui les collectionnent qui les ont construites… Ils peuvent mĂŞme pas les entretenir correctement dans les trois quart des cas… C’est au-dessus de leurs forces… Donc ils les abandonnent… Beaucoup sont effondrĂ©es sur elles-mĂŞmes, les joints tombent en miettes de caoutchouc-tchouc… C’est malheureux les mâles-heureux… Comment justement exprimer toute la beautĂ© du dĂ©sastre ?… Imaginez un petit peu… une casse d’Ă©paves d’autos, certaines dans un bois, d’autres dans un champ… Elle s’Ă©tend encore, la casse…, toujours lĂ -bas… vers le large livide… le ciel… la mer lointaine… encore plus loin… l’estuaire tout au bout…, Ă l’infini y a les cons qui achètent…, la mer qui monte puis qui descend…, diaphane, fantastique, tendue…, Ă bout de bras… Que voici de majestĂ© !… Quel fantasque gĂ©ant ? Quel théâtre pour cyclopes ?…, mille Ă©paves Ă©chelonnĂ©es, toutes plus grandioses…
En retrait, l’enclos des hauts arbres… altiers… formidables monstres bouffis de ramures… nuages de rĂŞves repris Ă terre…, s’effeuillant en rouille, dĂ©jĂ … Secondes tristes…, trop lĂ©gères au vent…, que les bouffĂ©es malmènent…, fripent…, jonchent au courant… Le ciel, encore glauque…, une teinte de plus, hagarde…, d’autres percĂ©es, perspectives, vers toujours plus d’espaces…, plus aĂ©riennes…
Au milieu de ce rĂŞve de nature, des Ă©paves… Vieilles, gĂ©antes, ridĂ©es, perclues, croulantes. d’un gĂ©ant passĂ©… Un cauchemar traquĂ© qui s’Ă©parpille comme il peut… De toutes les carcasses il en suinte de la rouille… C’est pas une erreur… Je voudrais vous faire comprendre, de plus près, ces choses encore…, avec des mots moins fantastiques…
Imaginez un petit peu…, bien dĂ©gueulasse endroit… et tout bondĂ© de pervers…, un formidable contingent…, toute une armĂ©e de truands en abominable Ă©tat…, encore nippĂ©s en civil…, en loques…, tout accablĂ©s, guenilleux…, efflanquĂ©s…, qu’auraient passĂ© dix ans dans le dur…, sous les banquettes Ă bouffer du dĂ©tritus…, avant de parvenir…, qu’arriveraient Ă la fin de leur vie…, tout Ă©berluĂ©s…, d’un autre monde…, qu’attendraient des beaufs bigleux Ă l’achat d’une Ă©pave qui ne manquait pas Ă leur bonheur… Une catastrophe qui vĂ©gète !
Pour arriver dans cet endroit, j’ai suivi mon instinct…
J’ai tĂ©lĂ©phonĂ© qu’on vienne me chercher, allĂ©chĂ© ils sont venus… Je me suis installĂ© auprès du chauffeur… Son copain, il me le prĂ©sente…, il bafouille un nom…, le copain aussi…, mais d’un autre modèle…, le modèle “Satrape“…, le très imposant Pacha…, le mâtinĂ© d’Afghanistan amĂ©ricanisĂ©…, le costaud pancrace de grande classe…, ample et fourni…, du creux, du coffre, de l’abatage…, la “cinquantaine“…, de la brioche…, du bourlaguet, du foie gras…, une vareuse…, humblement khaki, ultra sĂ©vère… Un peu citron des conjonctives…, un peu du Boudah… et puis tout Ă fait insolite ! les moustagaches, deux houpettes bien cosmĂ©tiquĂ©es…, sĂ©parĂ©es…, divergentes… Enfin vraiment un curieux mĂ©lange… Je le bigle de quart…, encore un peu…, comme ça tout en brinquebalant… Les pavĂ©s sont abominables… Je me dis : SĂ»rement ce badour c’est un tĂ©nor de l’Aventure… C’est un homme qui a profitĂ© dans l’Ă©paverie… Voici un superbe hasard !… ! Y a leur copine aussi, une semi blondasse qui croit ĂŞtre fine mais qui est maigre comme une greluche, sapĂ©e avec l’ancien rideau de la chambre pour pas risquer d’en dĂ©penser trop. Et des panards moches, d’une autre Ă©poque, sĂ»rement dĂ©couverts sur un cadavre oubliĂ© dans un coffre. Foire de rĂ©cup ! C’est sonnĂ©, pour faire plus beau, elle va poser sur mes photos, postĂ©ritĂ© du postĂ©rieur !
L’auto marchait très doucement, Ă cause des terribles fondrières…, que pour les ressorts c’est une Ă©preuve… L’autre “opulent“, ce tĂ©nor boudah, voilĂ qu’il se met Ă parler entre les cahots… Ah ! mais je trouve qu’il est cordial… et puis mĂŞme qu’il est spirituel et tout… et qu’il est carrĂ©ment jovial… Enfin voici un Ricain qui cause…, qu’est drĂ´le…, en plus… et qu’a l’air tout dĂ©boutonnĂ©…, Ă plaisir !.., qu’en rajoute ! c’est Ă©tonnant !…, qu’a pas un barillet dans le cul !…, qu’a pas l’air de se gratter du tout !… Il semble penser tout haut…, c’est le premier !… Il parle anglais comme père et mère d’OubzĂ©kistan… On se comprend… C’est bizarre, Ă mesure que je l’entends, il me semble que sa voix je la reconnais… C’est pas moi qui pose les questions, c’est lui… J’ai pas l’habitude de ruser, je suis d’un naturel assez simple, j’aime pas les mystères… Puisque mes impressions le passionnent je vais lui faire part immĂ©diatement de mes rĂ©flexions…, qu’elles sont pas très favorables… Très inoffensif Ă vrai dire tout ce que je proclame…, que j’aime pas beaucoup leur cuisine. J’en ai le droit…, enfin des futilitĂ©s… Ça l’a pas mis en colère mon impertinence… Il se fendait mĂŞme les babouines de m’entendre avec mes sarcasmes…, persifleux… Il se tamponnait de rigolade dans le fond du bahut… Ça n’avait pas l’air de le froisser. Je n’en menais pas large…
Bref, on est arrivĂ© dans leur “casse“, il m’a filĂ© une sorte de plan, avec des prix, style 5.000 dollars pour la pire poubelle et 10.000 pour une luxe en pire…
J’ai flashĂ© en photos, pas en biftons, j’ai vu que l’herbe n’Ă©tait pas plus verte ailleurs, qu’au contraire les prix, mĂŞme en Ă©paves, Ă©taient bien plus fumistement Ă©levĂ©s que chez nous de Franco-belgerie dĂ©nigrĂ©e.
Suis parti, queue basse, l’air Ă©tranger pour une fois, on n’est que le roi dans son territoire…! Sauf que ces pourries autos sont des oeuvres d’art qu’un antiquaire devrait proposer Ă placer dans des jardins d’Eden de clients fortunĂ©s en semi-châteaux et chateaux tout court…! Des objets en dĂ©cor dans des sous bois grandioses ! Les rupins feraient barbecue en fĂŞte Ă cotĂ©, la classe et l’originalitĂ©. S’il y en a un qui lit, qu’il m’appelle…
En tous les cas, vous, beaufs et autres, venez encore me dire, mĂŞme penser, que c’est moins cher aux USA et recta, oui, paf, recta une beigne, une tarte, vous risquez gros, une dĂ©rive, ou pire, un silence de mĂ©pris…
C’est comme ça…
Chapitre 8
Quelqu’un contre le reste du monde…
Je deviens peu Ă peu trop vieux, trop avancĂ©, trop salopard sur la route maudite du raffinement spontanĂ©…, après une dure carrière “de dur dans les durs” pour rebrousser maintenant chemin !
Et puis venir me prĂ©senter Ă l’agrĂ©gation des dentelles !… Impossible ! Le drame est lĂ . Comment je fus saisi Ă©tranglĂ© d’Ă©moi…, par mon propre raffinement ? Voici les faits, les circonstances…
Je m’ouvrais tout rĂ©cemment Ă un pote Ă moi, un loustic dans mon genre, en mieux quoique finalement moins bien, de ce goĂ»t de plus en plus vivace, prononcĂ©, virulent, que dis-je, absolument despotique qui me venait pour la beautĂ© des choses… Il m’avait suggĂ©rĂ© son association pour rĂ©-Ă©crire mon livre : “Dictatucratie“, en y ajoutant ses grains de sel…
Je savais Ă qui je m’adressais, il pouvait me comprendre… Homme de haut parage !… achalandĂ© comme bien peu… quelles relations !… frayant dans la jet-set et dans les bas-fonds… subtil, cavaleur, optimiste, insinuant, savant, fin comme l’ambre, connaissant plus que moi de baronnes par le menu, d’assassinats bien mondains, d’agonies truquĂ©es, de faux seins et d’enculades jouissives, un MaĂ®tre. Au surplus et par lui-mĂŞme, du cul, ce qui ne gâte rien et facilite Ă©normĂ©ment toute la comprĂ©hension des choses.
“Ah ! qu’il me rĂ©plique, te voilĂ un nouveau vice ! c’est la pente fatale !…Mais j’assume, je rĂ©-Ă©cris…”
— Ah ! Je me rĂ©criai-je m’en gafe Ă©normĂ©ment ! Tout le monde ne communie pas aux mĂŞmes passions !…
On peut toujours dire tout ce que l’on veut sur tout ce que l’on vous prĂ©sente…
Il n’existe pas de critique en soi… C’est une farce la critique en soi. Il existe une critique bienveillante et puis l’autre, poisoneuse. Tout merde ou tout nougat. Question de partialitĂ©. Pour moi, je trouve ce divertissement, fort bien venu. Il me satisfait et j’ai meilleur goĂ»t. moi tout seul, que toute la critique pantachiote et culacagneuse rĂ©unie, j’ai donc dĂ©cidĂ©, devançant tous commentaires, d’assouvir ma curiositĂ©. Examinez encore un peu l’agencement de toutes les choses… Regarder de plus près le sens des choses… C’est du travail cousu main… absolument authentique… tout s’y enchaĂ®ne…
D’abord le critique de moi-mĂŞme, Ă partir d’aujourd’hui, c’est moi. Et ça suffit. Magnifiquement… Il faut que j’organise sans dĂ©semparer ma dĂ©fense… Il faut que je devance !… tous les cons ! racistes, sournois, bornĂ©s, frĂ©nĂ©tiques, malĂ©fiques… Rien qu’eux… tout pour eux !… Toujours et partout ! J’ai prĂ©venu tout de suite… Attention !… Sans commentaires !
J’ai donc Ă©tĂ© rendre visite, l’un après l’autre, Ă tous les grands hommes du monde, les moyens aussi, de mĂŞme que les petites gens… Ils furent tous bien fraternels… tout Ă fait cordiaux… flatteurs au possible… seulement dans l’instant… occupĂ©s… surmenĂ©s… par ceci et puis par cela… au fond assez dĂ©courageants… Ă©vasifs. Ils me firent mille compliments… Et m’ont racontĂ©s plein de choses.
Suffisait plus qu’Ă laisser faire mon pote en rĂ©-Ă©criture, puis relire et corriger, ensuite imprimer et diffuser… Ca parait simple, ça ne l’est pas.
Me restait à chercher des clients, ceusses qui achètent les livres !
Pas facile d’avoir des clients. Surtout des vrais. Pas des clients d’esbrouffes, des chieux merdiques qui ne prennent mĂŞme pas d’argent avec eux dans une librairie de peur d’en dĂ©penser un euro. Des clients qui viennent faire pipi dans les grands magasins avec madame et mouflets qui piquent des pièces, font des griffes, et cassent pour le plaisir de s’en foutre…
C’est pas d’aujourd’hui, tout compte fait, que je les connais, moi, les clients. Quand j’Ă©tais ailleurs, dans l’Ă©dition et la pub qui rapporte des ronds, j’en ai vu beaucoup, des clients. On les croquait tous ensemble… Tout de suite ils se mettaient au gringue, ils avaient ça dans le grelot… Ă faire du charme aux bourriquiers… aux gens de service… Ils commençaient la sĂ©duction, pour avoir n’importe quoi pour rien… Et puis que je te le flatte… que je l’amadoue… Et que je lui dis qu’il est fort… intelligent !… qu’il est admirable, la brute… Ça prend toujours le coup de mirage. C’est fat… ça se bombe… Très vivement il est bonnard, le guignol, il se mouille d’une saucisse pour les mioches… Ă la pitiĂ©… il les invite… un coup au poĂŞle !… une tasse de thĂ©…, ils rentrent dans la guitoune, ils sont plus dehors… Dans la truanderie c’est eux qui se placent les premiers…
Parlons un peu du fond de l’affaire, sinon on va rĂ©-Ă©crire le bouquin, et j’ai plus envie !… En mi de mars de 2007, le 6 pour ĂŞtre exact et prĂ©cis, je reprenais, après un dur hiver, le souffle… J’allais rĂŞvant, mĂ©ditant. Je revenais, ce jour-lĂ , tout pensif d’un après-midi de rĂŞve. Je cheminais lentement Ă l’ombre, lorsqu’une voix… mon nom clamĂ©… me fit tressaillir… un pseudonyme me hĂ©lait au travers de mon Ă©cran d’ordinateur… de très loin… les jambes Ă son cou… il fonce… il arrive… un journal flottant au poing.
“Ah ! dites donc !… venez voir un peu !… Regardez donc… comme ils vous traitent !… Ah ! vous n’avez pas encore lu ?… Il me soulignait le passage du doigt… Ah ! comment ils vous arrangent ! Il en Ă©tait tout jubilant… heureux au possible… C’est bien vous ?“…
— Mais oui… mais oui… C’est mon nom… mon nom de bataille !… C’est le site de qui ?… le site-web de quoi ?… que vous avez ?…
“Lisez ! ce qu’ils Ă©crivent d’abord !… mais c’est le site des Juifs ! le site Wiesenthal… RenĂ©gat !…qu’ils vous intitulent en rĂ©sumĂ© de vous diffamer publiquement… Ah ! c’est bien Ă©crit noir sur blanc“…
CinglĂ© ! mon sang ne fait qu’un tour ! Je bondis ! Je sursaute !… on m’a traitĂ© de mille choses… mais pas encore de ça !… Mais j’ai jamais reniĂ© personne… L’outrage est Ă©norme !… Quelle est cette face de fumier qui se permet de m’agonir Ă propos du sionisme ?… Un nommĂ© Juif qu’il s’appelle !… Mais je le connais pas !… d’oĂą qu’il a pris des telles insultes ?… D’oĂą qu’il sort, ce fielleux tordu ? C’est-il culottĂ© cette engeance ?… C’Ă©tait bien Ă©crit en sale caractère… y avait pas du tout Ă se tromper…
Mais puisqu’on parle des “Protocoles“, puisque Wiesenthal me provoque, il faut bien que je m’explique un peu… que je fournisse quelques dĂ©tails. Je suis pas allĂ© moi, ni Ă Chabra, ni Ă Chatila aux frais de la princesse en agonisant tout le monde Ă la va je te pique Ă la baĂŻonette ni au lance-flamme!… C’est-Ă -dire que mon pote et moi on a Ă©crit d’enquĂ©ter sur les tours WTC, ça nous a mis sur Gladio, CIA, Bilderberg et Mossad en trafics et mensonges, pas nous qui faisons sauter la planète pour jouir entre l’Euphrate et le Nil et envoyer des bombes atomiques sur qui ne prie pas le mĂŞme dieu, j’ai tout payĂ© de mes clous… de mon petit pognon bien gagnĂ© d’avant, intĂ©gralement: hĂ´tel, taxis, voyage, interprète, popote, boustif… Tout !… J’ai dĂ©pensĂ© une fortune en euros… pour tout voir Ă mon aise… J’ai pas hĂ©sitĂ© devant la dĂ©pense… Et puis ce sont les autres qui me doivent encore du pognon… Qu’on se le dise !… Si cela intĂ©resse des gens. Je leur dois pas un fifrelin !… pas une grâce ! pas un cafĂ©-crème !… J’ai douillĂ© tout, intĂ©gralement, tout beaucoup plus cher que n’importe qui… J’ai rien acceptĂ©. J’ai encore la mentalitĂ© d’un ouvrier d’avant guerre comme mon Grand-père, mon pĂ©pĂ©, qui s’est fait ratiboiser par des chemises brunes et qui en en cachĂ© des ceusses a Ă©toiles jaunes… Ingrats avec ça… C’est pas mon genre de râler quand je suis en dette quelque part… Mais c’est le contraire justement… c’est toujours moi le crĂ©ancier… en bonne et due forme… pour mes droits d’auteur… et pas une traduction de faveur… ne confondons pas!… Quand je dis : tout est dĂ©gueulasse dans ce pays malĂ©fique, on peut me croire sans facture… La misère des cons du monde, ceusses Ă©crabouillĂ©s sous les deux tours et pire, les ceusses emmurĂ©s derrière le mur de la honte, OH JĂ©rusalem, que j’ai bien vu…, elle est pas imaginable la misère Palestinienne, faut pas retourner les genres, faire semblant d’oublier Irgoun et Hagannah, un enfer moisi, mĂŞme pas d’harengs-saurs, ni de concombres, que destructions, humiliations et carnages gratuits… Boucherie… J’ai pas demandĂ© que Mossad vienne faire ses trafics d’armes et diam’s d’afrique plein sud en plus de trafic de drogue du Liban, empafĂ©s, trafiquer chez moi, chez nous…, s’acoquiner avec la SĂ»retĂ© d’Etat pour jouer aux tueurs du Brabant…, et que je tue un banquier vĂ©rolĂ©, puis deux chanteurs maĂ®tres, sans oublier le concurent, Mendez qui s’appelait, ainsi que piquer des valises diplomatiques…
Et tuer, tuer encore en affirmant qu’il faut bien vivre… EmpafĂ©s ! Je me suis pas gĂŞnĂ© pour le dire, mon pote pour l’Ă©crire, après deux ans d’enquètes on avait notre opinion bien faite… Et tout ça, en finale, pour prier dieu en JĂ©hovah que pomper le pĂ©trole sous Palestine c’est faire oeuvre divine… Hissez drapeaux, avec un derrick au milieu d’entre eux deux, prières baroques… Personne encore, pas le moindre journaleux, jamais, n’a Ă©crit ça, n’a osĂ© Ă©crire ça, de peur sans nul doute, que Cohen, dame, porte plainte en justice que les mĂŞmes drapeaux sont un risque de guerre civile, la guerre brave dame, faut aller en Palestine pour la vivre, pas derrière l’Ă©galitĂ© des chances qui lĂ -bas n’existe pas.
On comprend mon indignation, elle est naturelle, dès qu’on me traite comme renĂ©gat !… J’aime pas ça… Ces diffamants Ă oeillères, ils gagnent leur boeuf en salissant les gens de bien ou quoi… En demandant aux merdeux : Vote pour moi, tu verras JĂ©richo… en intriguant au Parlement EuropĂ©en pour allumer des bougies de paix pendant qu’on phosphorise le Liban et au delĂ ?… Piting !… Je l’ai dit Ă la personne qui m’avait fait lire cet Ă©cho du web et d’ailleurs… Qu’est ce qu’ils sont capables de faire d’autre ces plumeux ?… Ils dĂ©connent aujourd’hui comme ça sur mon pote et moi… Demain ils baveront sur les Esquimaux… un autre jour sur la Stratosphère qui serait pas Käsher. Pourvu qu’ils dĂ©bloquent… ils s’en foutent… Ce sont des grelots !… pourvu que ça fait diversion au pompage du pĂ©trole !… C’est toute leur technique… Enfin !
Je me dis : Tiens, je vais les emmerder ! Je saisis ma plume Ă©tincelante et j’Ă©cris une de ces notes !… qu’Ă©tait rectificative… je vous le garantis… C’est celle-ci… J’ai recommencĂ© encore une fois… deux fois… Pas plus de rectification que de beurre en bouteille… C’est la pourriture de la Presse et de certains sites-web… On vous salit… c’est gratuit… J’attend d’envoyer l’huissier pour me venger mon honneur et de ce qu’Ă coutĂ© le retrait du livre !… Ça vaut combien vos diffamations, votre autodafĂ© au Parlement et le Claude qui invective Laurette… Combien au prix de l’Honneur ?… Si je tuais ces empafĂ©s, au pistolet Ă eau, c’est encore moi qu’irais en caisse… Et puis elle existe peut-ĂŞtre pas la Cohen, qui n’a rien lu !… Enfin… de toutes les manières je suis en compte, c’est un fait… Ils me doivent des plates excuses et des ronds… C’est pas tellement agrĂ©able des excuses de gens comme ça.
La seule chose grave Ă l’heure actuelle, pour un grand homme, savant Ă©crivain, cinĂ©aste, financier, industriel, politicien (mais alors la chose gravissime) c’est de se mettre mal avec les Juifs… Les Juifs sont nos maĂ®tres… ici lĂ -bas, en Russie, en Angleterre, en AmĂ©rique, partout !… Faites le clown, l’insurgĂ©, l’intrĂ©pide, l’anti-bourgeois, l’enragĂ© redresseur de torts… le Juif s’en fout ! Divertissements… Babillages ! Mais ne touchez pas Ă la question juive, ou bien il va vous en cuire… Raide comme une balle, on vous fera calancher d’une manière ou d’une autre… Le Juif est le roi de l’or de la Banque et de la Justice… Par homme de paille ou carrĂ©ment. II possède tout… Presse… Théâtre… Radio… Chambre… SĂ©nat… Police… ici ou lĂ -bas… Les grands dĂ©couvreurs de la tyrannie poussent mille cris d’orfraies… ça s’entend. Ils se frappent au sang la poitrine, et cependant jamais, jamais ne dĂ©cèlent la pullulation, ne remontent au complot mondial… Etrange cĂ©citĂ©… (de mĂŞme potassant Hollywood, ses secrets, ses intentions, ses maĂ®tres, son cosmique battage, son fantastique bazar d’international ahurissement, personne ne dĂ©cèle nulle part l’uvre essentielle, capitale de l’ImpĂ©rialisme… EmpafĂ©s !
“Peuples, soyez attentifs, car l’indignation du Seigneur va fondre sur toutes les nations. Sa fureur sur toutes les armĂ©es. Elles mourront de mort sanglante, et ceux qui auront Ă©tĂ© tuĂ©s seront jetĂ©s lĂ , une puanteur horrible s’Ă©lèvera de leurs corps, et les montagnes dĂ©goutteront de sang“… C’est ISAĂŹE qui a Ă©crit ces horreurs…
Je suis montĂ© lĂ -haut, je suisse allĂ© voir un autre pote. Je l’avais pas vu depuis un moment. Il demeure au sommet du monde, c’est un vieux sage, c’est un “pur de pur“. Je sais qu’il aime bien le vinard, je lui en monte un petit flacon, question de le mettre en bonne humeur. Je veux qu’il me cause ! Il est artiste, c’est tout vous dire. Il barbouille quand il pleut pas trop, quand il pleut trop, ça devient trop sombre dans son atelier. Quand il fait beau, par exemple, on est alors bien mieux dehors, sur le banc de l’avenue Ă regarder les petits oiseaux, les petits arbres comment qu’ils poussent, qu’ils se dĂ©pĂŞchent pour pas crever, du mazout. On prend le soleil comme des vieux piafs. Mon pote, il a eu du mal Ă trouver la bonne condition, favorable pour sa barbouille, entre trop d’ombre et trop de soleil, c’est un mutilĂ©, un grand mutilĂ© de la grande guerre, il a donnĂ© une jambe entière pour la dĂ©fense de la Patrie.
Je lui apprends tout de suite d’emblĂ©e que je suis devenu anti-cons et pas un petit peu pour de rire, mais fĂ©rocement jusqu’aux rognons !… Ă mettre tous les connards en l’air ! phalanges, en denses cohortes, en bataillons !…
“Merde ! qu’il me fait… T’auras du coton !… Les cons, ils sont tous au pouvoir… Ils peuvent pas s’absenter comme ça !… T’y penses tout de mĂŞme pas !…Ça serait l’anarchie !… La pagaie !… C’est des personnes indispensables ! Ta croisade elle se prĂ©sente pas bien !… T’auras du mal Ă les sortir… Les cons c’est comme les punaises… Quand t’en prends une seule dans un plume, c’est qu’elles sont dix mille Ă l’Ă©tage ! Un million dans toute la crèche… C’est pas la peine d’insister… Tu vas te faire Ă©tendre, malheureux ! Tu sais pas oĂą tu mets les doigts ! Tu connais pas le “mauvais cafĂ©” ? Tu fais l’esprit fort ! le fendard ! tu vas te rĂ©veiller sur un marbre… Il va te tomber un de ces soirs une drĂ´le de tuile sur la pĂŞche… qu’il pleut le long des maisons… Tu peux t’acheter une cloche en zinc, une bourguignotte… T’as tort de t’agiter, vieux tordu !… C’est le retour d’âge qui te tracasse… C’est le mojito qui te vaut rien ! T’es pas fait pour la vitesse… ça te fait dĂ©lirer… Je t’avais dit de faire bien gaffe… Les cons, c’est mariole, mon pote, tu seras dĂ©truit calamiteux ver de vase ! avant que t’ayes dit ouf !… Ils te feront repasser… pas eux-mĂŞmes !… mais par tes propres frères de race… Je te le prĂ©dis ! Ils ont tous les tours dans leur sac !… C’est des fakirs cent pour cent… Ils ont tout le monde dans leur fouille… Ils passent… ils promettent… ils jaspinent… ils avalent tout… Ils rendent jamais rien !… Ils s’en vont plus loin, ils partent avec ton pognon et ton âme… Tu te retrouves plus !… C’est les cons mon pote, citoyens du monde ! Escrocs de tout ! passe-partout ! Ils te vident les fouilles et la tĂŞte, ils te dĂ©pouillent, ils te sucent le sang… Et tu vas te racheter par lambeaux ! tu les rinces, les mĂŞmes, encore ! Dans les Beaux-Arts, ils ont tout pris ! tous les primitifs ! les folklores ! Les critiques, tous cons, entonnent en choeur, hurlent au gĂ©nie ! C’est normal, c’est bien rĂ©gulier dans un sens : de toutes les Ecoles ils sont maĂ®tres, tyrans, propriĂ©taires absolus, de tous les Beaux-Arts du monde. Tous les professeurs, tous les jurys, les galeries, les expositions sont Ă prĂ©sent pleinement cons ! C’est pas la peine de rĂ©agir… Moi si j’avais ta grande gueule, je jouerais au ballon avec eux… A ta place. je me ferais roi des cons… ! ça te laverait un petit peu… Ça te ferait moins de pĂ©chĂ©… Nom du cul !”…
— Ah ! que je sursaute ! tu me navres ! tu m’Ă©pouvantes ! Je croyais trouver un ami ! Un vrai soldat pour ma cause ! Et tu me conseilles de m’Ă©vanouir… Ça devenait trop grave pour se discuter en plein air… Rentrons, que je fais…
Je ne rĂ©ponds jamais aux Ă©-mails. Ça a fini par se savoir. J’en reçois de moins en moins. C’est pas un genre que j’ai pris. Non… Non… C’est simplement que j’aime pas les Ă©-mails une bonne fois pour toutes et que je les ai mĂŞme en horreur. Je trouve ça indiscret qu’on m’Ă©crive. J’Ă©cris Ă personne, moi, c’est ma phobie. Je refuse aussi toutes les lettres, en bloc, par principe, surtout les factures. Les autres, les simples envois, c’est ma concierge qui les dĂ©chire, elle retire seulement les timbres pour ses petits garçons… Vous me direz : “Le pèze ?” Celui-lĂ soyez bien tranquilles, il monte pas tout seul. Il faut que je descende le chercher. Il arrive pas par la poste. Le reste forcĂ©ment c’est des mots, ça coĂ»te trop cher… Et puis les articles, faut avouer ceux qui traitent de mes oeuvres restent toujours si loin de la question, tellement insolites, que c’est pas la peine de les lire, c’est vraiment du temps bien perdu, de la souffrance inutile.
Les critiques, ils sont bien trop vaniteux pour jamais parler que de leur magnifique soi-mĂŞme. Ils parlent jamais du sujet. D’abord ils sont bien trop cons. Ils savent mĂŞme pas de quoi il s’agit. C’est un spectacle de grande lâchetĂ© que de les voir, ces Ă©coeurants, se mettre en branle, s’offrir une poigne bien sournoise Ă votre bonne santĂ©, profiter de votre pauvre ouvrage, pour se faire reluire, paonner pour l’auditoire, camouflĂ©s, soi-disant “critiques” ! Les torves fumiers ! C’est un vice ! Ils peuvent jouir qu’en dĂ©gueulant, qu’en venant au renard sur vos pages. J’en connais qui sont Ă©crivains et puis millionnaires, ils sortent exprès de leurs rubriques pour se filer un rassis, chaque fois que je publie un ouvrage. C’est la consolation de leurs vies… des humiliations de profondeur, des “inferiority-complex“, comme ça s’intitule en jargon.
Pour la question des missives, une seule fois j’ai fait exception en faveur du livre “Les Protocoles“…, il m’est arrivĂ© de JĂ©rusalem tellement de lettres en quelques courriers, que ma concierge s’en est Ă©mue. Elle m’a demandĂ© ce qu’elle devait faire, ils m’Ă©crivaient en masse, de Tel-Aviv et d’ailleurs. Et puis alors sur un ton ! dans les furies d’une de ces rages ! Ă en consumer les enveloppes ! Ils se poussaient au rouge, les Ă©nergumènes ! Ah ! les petits Passionistes !… Si les chrĂ©tiens aimaient leur Pape avec cette ferveur effrayante, le Pape il ferait explosion, il pourrait jamais rĂ©sister… De cet Ă©norme fracas d’injures, cafouillages tonitruants, effrĂ©nĂ©es malĂ©dictions, de ces dĂ©lires anathĂ©miques, il se dĂ©gageait malgrĂ© tout, de cette cacophonie extrĂŞme, en haines surpressĂ©es, une certaine rengaine tonique… un air de trompette vainqueur, bien, bien connu… l’appel qui les rassemble tous, qui les fait droper tous ensemble, qui les fait foncer corps et âmes Ă la curĂ©e de l’Univers, l’air du temps comme ils l’appellent… Leur grand alibi, leur grand hallali. Tous ces “braves“, tous anonymes plus ou moins, ils me vomissent…
Le pauvre petit marchĂ© du livre franco-belge, dĂ©jĂ si parfaitement rabougri, traquĂ©, aux abois, se trouve bientĂ´t Ă©crasĂ© par les romans dĂ©biles Ă©crits par ceux-lĂ mĂŞme qui disposent de lieux de critiques et oeuvrent de concert avec des Ă©missions tĂ©lĂ©visĂ©es qui ne sont que des suites de promotion des mĂŞmes vedettes… J’en profite pour Ă©crire que j’en ai marre de voir et revoir Patrick Bruel chez Drucker… Et que je te congratule, et que je te flatte, et que je montre ton dernier CD, ton dernier livre, ton dernier film, ta dernière femme, ton dernier milliard d’euros, ton dernoier yatch et j’en passe…, les conneries Ă qui mieux mieux plus tendancieuses, plus nulles, plus plagiaires les unes que les autres, des bazars et des truxs gros comme des trompes d’Ă©lĂ©phants, plus truqueurs, plus “gĂ©nie“, plus dĂ©marqueurs, salisseurs, sournois, vicieux, mĂ©prisants, voraces, pleurnichards, humoristes ou sentencieux les uns que les autres.
AnnoncĂ©s tous bien entendu, lancĂ©s, consacrĂ©s, soufflĂ©s, sursoufflĂ©s, Ă grands renforts de jurys, cĂ©nacles littĂ©raires internationaux toujours aux mains des mĂŞmes…. Grands cocktails… Champs-ElysĂ©es… partouzes… cocaĂŻne… enculages de cons tĂ©lĂ©visĂ©s, etc… Si tous les auteurs traduits ne sont pas cons, ils sont pour le moins soigneusement enculeurs, dĂ©votement, insatiablement… Tous les agents littĂ©raires, les impresarios de la littĂ©rature, tels les autres impresarios de toute “l’expression artistique” sont du mĂŞme bord. Les directeurs, les vedettes, les producteurs et bientĂ´t tous les soi-disant crĂ©ateurs du théâtre, du film, de la tĂ©lĂ©vision, de la radio, chanson, danse, ou peinture seront copains copines. Le public, c’est-Ă -dire la horde roteuse des cocus ivrognes (province, villes et campagnes), se tape indistinctement, de la mĂŞme fringale, se rĂ©gale admirablement de tous les navets, des Ă©culeries, des salsifis, des fricassettes, des Ă©pluchures. Nos snobs avalent tout… mĂŞme mouture, mĂŞme graissage, mĂŞme insignifiant jacassage, abrutissant ronron, pĂ©ricycles de gros et petits “renfermĂ©s“…
Traduits ou pas traduits, ils restent identiques, absolument, Ă eux-mĂŞmes, boursouflerie, muflerie, mĂŞmes tambourins, mĂŞme carambouille, mĂŞme inutilitĂ©, mĂŞme insensibilitĂ©, truquĂ©e, laborieuse, mĂŞme dĂ©valorisation, mĂŞme crapuleuse faillite. Pour le triomphe de ces sottises, la critique, Ă©videmment donne Ă fond (elle n’existe que dans ce but, pour cet office) insiste, encense, pontifie, acclame, proclame… Phrasibule d’or toutes ces vessies… Cependant qu’elle traque et voue bien entendu aux pires gĂ©monies, aux ultimes supplices, les rares voyous, les derniers douteux, les suprĂŞmes raclures d’iconoclastes qui se permettent d’ici, de lĂ … comme mon pote et moi, de jeter un peu d’eau sur ces ferveurs… de ne pas absolument trouver que tout ce qui est con, n’est pas absolument, transfiguramment divin. Faut pas croire que je m’Ă©gare, que je dĂ©conne pour le plaisir, j’ai fait un petit dĂ©tour, mais je reviens Ă mon dada… Dans ce grand dĂ©gueulant, plasmatique dĂ©goulinage, cette mĂ©lasserie phrasibole, tout en filaments moisis, en fourres de bigoudis rhĂ©toriques resucĂ©s, les cons ne restent pas inactifs… Ils prospèrent Ă merveille. Toutes les dĂ©cadences, toutes les Ă©poques pourries, foisonnent de cons. Les cons actuellement sont aux anges, dans les finances, la politique et dans les arts. Vermiculaires, persuasifs. enlaçants, envahissants plus que jamais, ils filent le train derrière les amis des amis… ils dĂ©ferlent en croissantes marĂ©es, ils submergent tout… La mise en ghetto des gens normaux ne saurait tarder. Elle coĂŻncidera avec l’avènement de l’art Robot surrĂ©aliste pour indigènes robotisĂ©s. La “taichnique” de cette conquĂŞte du monde par le cloaque habituel, de la consĂ©cration de l’ImpĂ©rialisme, l’apothĂ©ose, spirituelle et matĂ©rielle. n’a rien d’occulte, de secret. Tout le monde peut l’admirer… Elle se dĂ©ploie sous nos fenĂŞtres… Il n’est que de se pencher un peu…
La grande invasion par la tĂ©lĂ©vision, c’est de l’enculade au millimètre, le premier centimètre c’est le plus dur, le plus coĂ»teux… pour les suivants ça va tout seul ! Tous les pĂ©dĂ©rastes nous l’affirment. N’importe quel trou du cul peut devenir, bien enculĂ© de publicitĂ©, un immense n’importe quoi, l’objet d’un culte, une suprĂŞmissime vedette horriblissime, une catastrophe, un film dantesque, une pâte Ă rasoir cosmique, un petit canard en plastique qui fait dĂ©border la baignoire, un apĂ©ritif qui fait tourner la terre, un PrĂ©sident aussi. Plus c’est cul et creux, mieux ça porte. Le goĂ»t du commun est Ă ce prix. Le “bon sens” des foules c’est : toujours plus cons. L’esprit banquiste, il se finit Ă la puce savante, achèvement de l’art rĂ©aliste, sur-rĂ©aliste. Tous les partis politiques le savent bien. Ce sont tous des puciers savants. La boutonneuse chanteuse de la Star-ac’ prend son coup de bite comme une reine, si 25.000 haut-parleurs hurlent Ă travers tous les Ă©chos, par-dessus tous les toits, soudain qu’elle est incomparable… Un minimum d’originalitĂ©, mais Ă©normĂ©ment de publicitĂ© orientĂ©e et de culot. L’ĂŞtre, l’Ă©tron, l’objet en cause de publicitĂ© sur lequel va se dĂ©verser la propagande massive, doit ĂŞtre avant tout au dĂ©part, aussi lisse, aussi insignifiant, aussi nul que possible. La peinture, le battage-publicitaire se rĂ©pandra sur lui d’autant mieux qu’il sera plus soigneusement dĂ©pourvu d’aspĂ©ritĂ©s, de toute originalitĂ©, que toutes ses surfaces seront absolument planes. Que rien en lui, au dĂ©part, ne peut susciter l’attention et surtout la controverse. La publicitĂ© pour bien donner tout son effet magique, ne doit ĂŞtre gĂŞnĂ©e, retenue, divertie par rien. Elle doit pouvoir affirmer, sacrer, vocifĂ©rer, mĂ©gaphoniser les pires sottises, n’importe quelle himalayesque, dĂ©cervelante, tonitruante fantasmagorie… Ă propos de bagnoles, de stars, de brosses Ă dents, d’Ă©crivains, de chanteuses lĂ©gères, de ceintures herniaires, sans que personne ne tique… ne s’Ă©lève au parterre, la plus minuscule naĂŻve objection. Il faut que le parterre demeure en tout temps parfaitement hypnotisĂ© de connerie.
Et ça marche…
En vous parlant de toutes ces choses… je me suis animĂ© un peu… N’allez point me mĂ©sestimer ! Ce serait mal reconnaĂ®tre ma parfaite indĂ©pendance. Les cons, je les emmerde bien, ils peuvent gentiment me le rendre, Ă droite, comme Ă gauche, comme au centre, en travers, au particulier. Ils ne me gĂŞnent personnellement qu’un petit peu, presque pas, juste de quoi me rembourser le coĂ»t de mon bouquin duquel une certaine dame a Ă©tĂ© un tantinet trop loin en hurlant au loup Ă l’appui d’une plainte avec constitution de partie civile et menaces en fausses plaintes envers le distributeur belge… Il va ĂŞtre temps de passer Ă la caisse. Il s’agit d’un conflit tout Ă fait “idĂ©olochique“.
Certes, j’observe que par l’entremise de certains infĂ©odĂ©s : Ă©diteurs, agents, publicistes, etc…, sous l’influence des films, scĂ©narios, agresseurs, branleurs pourrisseurs, de la politique en somme des consignes occultes oĂą officielles, la petite production artistique franco-belge, dĂ©jĂ si maigrichonne, si peu rayonnante, est en train bel et bien de crever…
Certains et certaines se sentent le besoin d’Ă©craser tout, en priant, c’est entendu… Mais la vie n’est pas si longue, ni si joyeuse que cela puisse en vĂ©ritĂ© vous empĂŞcher de dormir.
“Qu’est-ce qui rentre dur et sort mou ?” Voici une bonne devinette…
Ceux qui savent rĂ©pondent : le biscuit !… Les feuilletons et les “trucs” tĂ©lĂ©visĂ©s c’est pareil… Ils commencent durs et finissent mous… guimauve Ă la merde !… au jus “sentiment“. Les foules se rĂ©galent, c’est leur bonheur, leur ivresse (surtout quand il y a Bruel), il leur faut leur merde, leur bonne merde, merde-radio-TV, merde-sport (tous les combats de boxe, toutes les compĂ©titions de la route et du vĂ©lodrome sont truquĂ©s), merde-alcool, merde-crime, merde-politique, merde-cinĂ©ma, ils s’en font crever !… Jamais trop ! Jamais trop d’Ă©trons ! Jamais trop coĂ»teux ! La littĂ©rature d’ailleurs les prĂ©pare Ă bien apprĂ©cier cette jolie fiente. La littĂ©rature se met au niveau, il faut bien, des plus accablants scĂ©narios, des plus surbranlĂ©s. Elle ne vĂ©gète plus qu’Ă ce prix, ne sait plus comment enculer davantage, plaire par consĂ©quent, s’envaser encore un peu plus, renchĂ©rir dans la sentimentalerie… Tout en Ă©trons !… Plus près toujours ! Plus près du peuple ! plus politique ! plus dĂ©magogue ! L’esprit “banquiste” en somme… L’esprit du pitre… Au prochain acte la puce savante ! Messieurs, Mesdames, le peuple vous renverra aux chiottes un de ces trois matins !… Alors tous en prison !… et en avant le surrĂ©alisme !.. Le truc d’art moderne est encore plus simple !… je vais vous l’indiquer pour rien… Vous photographiez un objet, n’importe quel objet, chaise, parapluie, tĂ©lescope, autobus, et puis vous le dĂ©coupez en “puzzle“… Vous Ă©parpillez les miettes, ces lambeaux, tout Ă travers une immense feuille de papier, vert, crème orange. PoĂ©sie !… Vous avez compris ?… Quand le robot veut de la poĂ©sie on le rĂ©gale… Nous n’en sommes encore qu’au dernier stade de la dĂ©crĂ©pitude naturaliste, maniĂ©rĂ©e, cosmĂ©tiquĂ©e, napolitanisĂ©e, persuasive, flagornante, hurleuse. Vous attendrez quelques mois !… Vous l’aurez l’art robot ! On pourrit l’esclave, on le prĂ©pare de toutes les manières: et tant qu’il peut s’en goinfrer !… Si quelque petit con s’amène, d’aventure dĂ©tenteur d’une nouvelle façon de miner, d’ahurir encore mieux le peuple, plus intimement… Son avenir est assurĂ©… Et quel avenir !… Quel contrat fulgurant ! Il ne faut Ă Hollywood que trois semaines de publicitĂ© mondiale intensive pour transmuter le plus grĂŞle, frelatĂ©, en train de surir normalement, rance ulcĂ©romateux petit fifre en Ă©patantissime PhĂ©nix, le rĂ©incarner en star mondiale… Voyez-vous d’ici ! Vous n’existez pas !…
Bref…
Les fameux “Protocoles des Sages de Sion“, qui sont reproduits intĂ©gralement dans notre livre “LesProtocoles de Sion” ne sont pas autre chose qu’une vaticination de ce genre, une de ces hystĂ©ries divinisantes, qu’ils soient vrais ou faux n’y change strictement rien, ce n’est pas qui les a Ă©crit qui a de l’importance, mais qui les utilise… On se gausse Ă leur première lecture, tellement Ă première vue ils relèvent par le ton, le fond, le style du tĂ©tanisme, de la fumisterie d’asile, des farces d’adolescent universitaire en Ă©crits de “camisole“, de l’insanitĂ©, de la furie vicieuse, trompeusement cohĂ©rente par hasard… et puis… et puis l’on dĂ©couvre Ă l’usage… avec le temps… que les “Protocoles des Sages de Sion” furent parfaitement raisonnĂ©s et pire encore, raisonnables… que de tels frĂ©nĂ©tiques, fanatiques abracadabrants fantasmes, correspondent très exactement Ă l’Ă©volution des choses…
C’est l’Ă©volution des choses qui vient se superposer très exactement, gĂ©omĂ©triquement, miraculeusement sur les cauchemars que nous vivons. Et nous n’en revenons pas… Le pronostic des fous se vĂ©rifie… Toute notre connerie n’est pas faite seulement de crĂ©dulitĂ©, il faut en convenir, elle est faite aussi de scepticisme. Ces Protocoles, apparus dans les annĂ©es 1000, mĂŞme avant si ils sont recopiĂ©s d’affaires de Francs-Maçons, ou encore de JĂ©suites Moyen-Ageux, on s’en fiche totalement…, ont Ă©tĂ© Ă coup sur publiĂ©s et re-publiĂ©s vers 1932, ils ont très exactement prĂ©dit tout ce qui s’est passĂ© dans le monde depuis lors… et il s’en est passĂ© des choses dans le monde !…
La vĂ©ritĂ© Ă©ventuellement “juive” des “Protocoles des Sages de Sion” c’est leur couleur, leur rythme qui s’exprime dans les transes, c’est une vĂ©ritĂ© de forĂŞt vierge… Dans le genre “visionneur” nous avons peut-ĂŞtre encore mieux que les “Protocoles“, plus substantiel, plus bref, plus haineux si possible… Et lĂ , il n’y a plus de polĂ©mique possible Ă savoir si c’est vrai ou faux, c’est indubitablement juif, sauf Ă considĂ©rer qu’un Rabin ne le soit pas, ce qui serait une insulte…
C’est le discours que l’on connaĂ®t assez peu, du rabbin Rzeichhorn, prononcĂ© au cimetière de Prague en 1865 sur la tombe d’un autre grand rabbin prophĂ©tique, SimĂ©on-ben-Jahouda. Ce texte ne fut reproduit que onze annĂ©es plus tard dans le “Contemporain“… et puis dans le “Compte Rendu” de Sir John Radcliff.
Les auteurs de cette reproduction n’emportèrent pas leur audace en paradis… Sir John Radcliff fut tuĂ© peu de temps plus tard, ainsi que Lasalle, “le juif fĂ©lon“, qui l’avait communiquĂ©e.
1865, c’est donc bien avant qu’on nous bassine que les “Protocoles des Sages de Sion” sont un faux créé par les services secrets russes pour salir la puretĂ© juive…
Voici les principaux passages de cette magnifique composition, si prophĂ©tique, l’on s’en rendra compte:
1865-“L’or maniĂ© par des mains expertes sera toujours le levier le plus utile pour ceux qui le possèdent et objet d’envie pour ceux qui ne le possèdent pas. Avec l’or on achète les consciences les plus rebelles, on fixe le taux de toutes les valeurs, le cours de tous les produits, on subvient aux emprunts des États qu’on tient ensuite Ă sa merci.
1865-“DĂ©jĂ les principales banques, les Bourses du monde entier, les crĂ©ances sur tous les gouvernements sont entre nos mains. L’autre grande puissance est la presse. En rĂ©pĂ©tant sans relâche certaines idĂ©es, la presse les fait admettre Ă la fin comme des vĂ©ritĂ©s. Le Théâtre rend des services analogues (le cinĂ©ma, la tĂ©lĂ©vision et la radio n’existaient pas alors). Partout le théâtre et la presse obĂ©issent Ă nos directions.
1865-“Par l’Ă©loge infatigable du rĂ©gime dĂ©mocratique, nous diviserons les chrĂ©tiens en partis politiques, nous dĂ©truirons l’unitĂ© de leurs nations, nous y sèmerons la discorde. Impuissants, ils subiront la loi de notre Banque, toujours unie, toujours dĂ©vouĂ©e Ă notre cause.
1865-“Nous pousserons les chrĂ©tiens aux guerres en exploitant leur orgueil et leur stupiditĂ©. Ils se massacreront et dĂ©blaieront la place oĂą nous pousserons les nĂ´tres.
1865-“La possession de la terre a toujours procurĂ© l’influence et le pouvoir. Au nom de la justice sociale et de l’Ă©galitĂ©, nous morcellerons les grandes propriĂ©tĂ©s ; nous en donnerons les fragments aux paysans qui les dĂ©sirent de toutes leurs forces, et qui seront bientĂ´t endettĂ©s par l’exploitation. Nos capitaux nous en rendront maĂ®tres. Nous serons Ă notre tour les grands propriĂ©taires, et la possession de la terre nous assurera le pouvoir.
1865-“Efforçons-nous de remplacer dans la circulation, l’or par le papier-monnaie ; nos caisses absorberont l’or, et nous rĂ©glerons la valeur du papier, ce qui nous rendra maĂ®tres de toutes les existences.
1865-“Nous comptons parmi nous des orateurs capables de feindre l’enthousiasme et de persuader les foules ; nous les rĂ©pandrons parmi les peuples, pour annoncer les changements qui doivent rĂ©aliser le bonheur du genre humain. Par l’or et la flatterie, nous gagnerons le prolĂ©tariat, qui se chargera d’anĂ©antir le capitalisme chrĂ©tien. Nous promettrons aux ouvriers des salaires qu’ils n’ont jamais osĂ© rĂŞver, mais nous Ă©lèverons aussi le prix des choses nĂ©cessaires, tellement que nos profits seront encore plus grands.
1865-“De cette manière, nous prĂ©parerons les rĂ©volutions que les chrĂ©tiens feront eux-mĂŞmes et dont nous cueillerons les fruits.
1865-“Par nos railleries, par nos attaques, nous rendrons leurs prĂŞtres ridicules, et puis odieux, leur religion aussi ridicule, aussi odieuse que leur clergĂ©. Nous serons alors maĂ®tres de leurs âmes. Car notre pieux attachement Ă notre religion, Ă notre culte, leur prouvera la supĂ©rioritĂ© de nos âmes…
1865-“Nous avons dĂ©jĂ Ă©tabli de nos hommes, dans toutes les positions importantes. Efforçons-nous de fournir aux goyims des avocats et des mĂ©decins ; les avocats sont au courant de tous les intĂ©rĂŞts ; les mĂ©decins une fois dans la maison, deviennent des confesseurs et des directeurs de conscience. Mais surtout accaparons l’enseignement. Par lĂ , nous rĂ©pandrons les idĂ©es qui nous sont utiles, et nous pĂ©trirons les cerveaux Ă notre grĂ©.
1865-“Si l’un des nĂ´tres tombe malheureusement dans les griffes de la Justice chez les chrĂ©tiens, courons Ă son aide ; trouvons autant de tĂ©moignages qu’il en faut pour le sauver de ses juges, en attendant que nous soyons nous-mĂŞmes les juges.
1865-“Les monarques de la chrĂ©tientĂ©, gonflĂ©s d’ambitions et de vanitĂ©, s’entourent de luxe et d’armĂ©es nombreuses. Nous leur fournirons tout l’argent que rĂ©clament leurs folies, et nous les tiendrons en laisse.
1865-“Rappelons pour plaisir et pour mĂ©moire, les principales dispositions des Protocoles (souvenons-nous 1902). Rien n’est plus revigorant que cette lecture pour un Aryen. Elle vaut pour notre salut bien des prières qui se perdent… Dieu sait comment ! entre ciel et terre…
1865-“Encourager le luxe effrĂ©nĂ©, les modes fantastiques, les dĂ©penses folles et Ă©liminer graduellement la facultĂ© de jouir des choses saines et simples…
1865-“Distraire les masses par les amusements populaires, les jeux, les compĂ©titions sportives, etc., amuser le peuple pour l’empĂŞcher de penser…
1865-“Empoisonner l’esprit par des thĂ©ories nĂ©fastes ; ruiner le système nerveux par le vacarme incessant et affaiblir les corps par l’inoculation de virus de diverses maladies. (Un certain Rosenthal le rĂ©pète dans la “Grande Illusion“.)
1865-“CrĂ©er un mĂ©contentement universel, et provoquer la haine et la mĂ©fiance entre les classes sociales.
1865-“DĂ©pouiller l’aristocratie, aux vieilles traditions, de ses terres, en les grevant d’impĂ´ts formidables, la forçant ainsi de contracter des dettes; substituer les brasseurs d’affaires aux gens de race et Ă©tablir partout le culte du Veau d’Or.
1865-“Envenimer les relations entre patrons et ouvriers par des grèves et des “lock-out” et Ă©liminer ainsi toute possibilitĂ© de bons rapports d’oĂą rĂ©sulterait une coopĂ©ration fructueuse.
1865-“DĂ©moraliser les classes supĂ©rieures par tous les moyens et provoquer la fureur des masses par la vue des turpitudes et des stupiditĂ©s commises par les riches.
1865-“Permettre Ă l’industrie d’Ă©puiser l’agriculture et graduellement transformer l’industrie en folles spĂ©culations. Encourager toutes sortes d’utopies afin d’Ă©garer le peuple dans un labyrinthe d’idĂ©es impraticables. Augmenter les salaires sans bĂ©nĂ©fice aucun pour l’ouvrier, vu la majoration simultanĂ©e du coĂ»t de la vie…
1865-“Faire surgir des a incidents provoquant des suspicions internationales ; envenimer les antagonismes entre les peuples ; faire Ă©clore la haine, et multiplier les armements ruineux.
1865-“Accorder le suffrage universel, afin que les destinĂ©es des nations soient confiĂ©es Ă des gens sans Ă©ducation.
1865-“Renverser toutes les monarchies et Ă©tablir partout des rĂ©publiques, intriguer pour que les postes les plus importants soient a confiĂ©s Ă des personnages ayant Ă cacher quelques secrets inavouables, afin de pouvoir les dominer par la crainte d’un scandale, les tenir par la Police.
1865-“Abolir graduellement toute forme de Constitution, afin d’y substituer le despotisme absolu du Communisme.
1865-“Organiser de vastes monopoles dans lesquels sombreront toutes les fortunes, lorsque sonnera l’Heure de la crise politique.
1865-“DĂ©truire toute stabilitĂ© financière; multiplier les crises Ă©conomiques et prĂ©parer la banqueroute universelle ; arrĂŞter les rouages de l’industrie ; faire crouler toutes les valeurs ; concentrer tout l’or du monde dans certaines mains ; laisser des capitaux Ă©normes en stagnation absolue ; Ă un moment donnĂ© suspendre tout crĂ©dit et provoquer la panique. PrĂ©parer l’agonie des Etats, Ă©puiser l’humanitĂ© par la souffrance, les angoisses et les privations, car la faim crĂ©e des esclaves.
Tout ceci colle, concorde, je le pense admirablement, avec les Ă©vĂ©nements en cours. Un certain Blumenthal Ă©tait donc dans son plein droit, en Ă©crivant pour qu’on le sache, dans le “Judisk Tidskrift ” (No 57, annĂ©e 1929) : “Notre race a donnĂ© au monde un nouveau prophète, mais il a deux visages et porte deux noms, d’un cĂ´tĂ© son nom est Rothschild, chef des grands capitalistes, et de l’autre cĂ´tĂ© Karl Marx, l’apĂ´tre des ennemis du Capitalisme.”
Voici des paroles substantielles et de plus tout Ă fait exactes… Dans les grandes heures du Destin, quand les cartes s’abattent… Mr. Rothschild et Mr. Marx auparavant sĂ©parĂ©s, se retrouvent tout Ă fait d’accord, admirablement d’accord pour nous enfiler au cassepipe, “compères de compères“, nous faire tourner en boudins. C’est la jolie règle du jeu, le SuprĂŞme du théâtre. Premier acte : dispute… troisième acte… accord parfait pour nous dĂ©biter la tripe.
Et d’ailleurs tous ces Ă©vĂ©nements tombent dans l’ordre des choses qu’avait prĂ©vu le Baruch LĂ©vi (un autre prophète), dans sa lettre Ă son ami Karl Marx (de son vĂ©ritable nom Karl Mordechai, fils du Rabbin de Trèves) : “Dans la nouvelle organisation de l’humanitĂ©, Ă©crivait Barush LĂ©vi au doctrinaire du socialisme, les enfants d’IsraĂ«l se rĂ©pandront sur toute la surface du globe et deviendront partout, sans opposition, l’Ă©lĂ©ment dirigeant, surtout s’ils arrivent Ă imposer aux classes ouvrières le ferme contrĂ´le de quelques-uns d’entre eux. Les gouvernements des nations formant la RĂ©publique universelle, passeront sans effort aux mains des Juifs sous le couvert de la victoire du prolĂ©tariat. La propriĂ©tĂ© privĂ©e sera alors supprimĂ©e par les gouvernants de race juive, qui contrĂ´leront partout les fonds publics. Ainsi se rĂ©alisera la promesse du Talmud que, lorsque le temps du Messie arrivera, les Juifs possĂ©deront les biens de tous les peuples de la terre“. (Lettre citĂ©e dans la “Revue de Paris“, 1er juin 1928, page 574).
Mr. Cohan, dans le journal “The Communist” de Kharkoff, n72, 12 avril 1919, nous paraĂ®t lui aussi fort content : “On peut dire sans exagĂ©ration que la grande rĂ©volution russe a Ă©tĂ© faite par la main des Juifs… Ce furent prĂ©cisĂ©ment les Juifs qui conduisirent le prolĂ©tariat russe Ă l’aurore de l’Internationale“.
Il se dĂ©gage de tout ceci, un certain relent “d’Ambigu“… de carbonarisme Ă la manque… de complots farciformes… de prolongements gris muraille… de maffia… de pas au plafond… de grand guignol… quelque chose de “Tour de Nesle“… qui vous incite Ă©normĂ©ment Ă la rigolade… Cette bonne blague… Vous pensez que de ce cĂ´tĂ©, nous ne saurions ĂŞtre en retard… Je suis moi mĂŞme assez sensible pour ce qui est du ridicule… Mais tout de mĂŞme, il y a les noms… les personnes, les Ă©vĂ©nements… ce regroupement immanquable, irrĂ©futable, instantanĂ©, implacable, des plus croassants, virulents, acharnĂ©s, voraces, autour de chacune de nos catastrophes…, comme un envol de mille corbeaux d’enfer, sur les lieux mĂŞmes de tous nos dĂ©sastres. Ceci ne s’invente pas.
Outrances!… billevesĂ©es de polĂ©mistes !… divagations de rabbins famĂ©liques… fiĂ©vreux !… illuminations de vieux khabalistes !… Chimères de synagogues !… fugaces coincidences de quelques vilains dĂ©lires ! C’est vite dit…
Allez-vous me rĂ©pondre au surplus que tous ces falbalas d’imprĂ©cations datent des âges obscurs… qu’Ă prĂ©sent, nos plus Ă©minents Juifs sont parfaitement Ă©mancipĂ©s de la tutelle de leurs rabbins, infiniment “progressistes” Ă tout rompre, insatiablement assoiffĂ©s de Science ExpĂ©rimentale et de Lumière franc-maçonne, de statistiques, intellectuellement super-raffinĂ©s, affranchis… que toutes ces manigances et ces vocifĂ©rations, ces divinations super-khabalistes, les portent Ă sourire absolument… comme nous sourions nous autres Ă la Transsubstantiation, de la RĂ©surrection du Christ… Manigances en somme puĂ©riles, de pauvres djibouks aux abois, superstitions oraculeuses… vieux dĂ©bris grinçants de l’Ă©pouvantail biblique… sottises…
1865… Relisez plus haut ! C’est un demi siècle AVANT que les “Protocoles des Sages de Sion” apparaissent et soient dĂ©clarĂ©s rĂ©alisĂ©s par des espions Russes pour salir la mĂ©moire Juive… Donc, comment le rabbin Rzeichhorn, a t’il pu prononcer, au cimetière de Prague en 1865 sur la tombe d’un autre grand rabbin prophĂ©tique, SimĂ©on-ben-Jahouda, un discours reprenant les principales lignes des “Protocoles des Sages de Sion” ?
Savez vous que le pouvoir exĂ©cutif Juif s’appelle le “Kahal“?… l’AssemblĂ©e des Sages d’IsraĂ«l ?… Vous souvenez-vous que NapolĂ©on, inquiet du pouvoir universel juif, tenta de capter les forces du Kahal Ă son profit, de faire servir le Kahal Ă sa propre politique mondiale napolĂ©onienne, de le fixer tout d’abord en France, ce Kahal, sous le nom de “Grand SanhĂ©drin“… et qu’il Ă©choua, NapolĂ©on, piteusement, très fatalement dans cette entreprise. Savez-vous de quelle façon LĂ©on Say, juif avĂ©rĂ©, commentait plus tard Ă la tribune du Parlement cette grande dĂ©faite napolĂ©onienne, certainement la plus dĂ©cisive de toutes, cause majeure, sans aucun doute, de sa grande dĂ©bâcle. “La force mystĂ©rieuse de la finance Ă laquelle on ne rĂ©siste jamais, mĂŞme quand on s’appelle NapolĂ©on.”
Nous qui ne sommes pas NapolĂ©on, notre sort encore plus que le sien dĂ©pend entièrement du bon vouloir des “grands occultes“. Il n’est pas idiot de penser que notre destin se discute certainement encore dans les consistoires du Kahal, autant que dans les Loges et bien davantage…
Quant au peuple, je vais t’expliquer… Bonnard, dupe, lui, toujours cocu, farci de meneurs, pourvu qu’on le divise par pancartes, qu’on lui refile un coup de fanfare, il ira vinasseux Ă tordre, oĂą l’on voudra ! toupillonner ! se faire rĂ©soudre dans les rafales… C’est son destin… C’est sa bonne chance !… A la bonne fortune des riflettes ! pour la marrante magie des mots ! pour le plus grand stupre mondial ! L’ordre nouveau est en marche…
“Y a de la joie!” qu’ils chantent chez Drucker, devinez qui chante ? Bruel !… Comprenez : y a de la joie de se faire enrouter !… Moi je les engueule, les cons !… C’est pas une façon !… C’est moi qui les indispose… Je les humilie !… C’est vilain !… Regardez comme ils sont heureux les “Français” d’avoir si bien reçu les Romains… d’avoir si bien tâtĂ© leur trique… si bien rampĂ© sous les fourches… si bien orientĂ© leurs miches… si bien avachi leurs endosses. Ils s’en congratulent encore Ă 19 siècles de distance !.. Toute la Sorbonne en jubile !… Ils en font tout leur bachot de cette merveilleuse enculade ! Ils reluisent rien qu’au souvenir !… d’avoir si bien pris leur pied… avec les centurions bourrus… d’avoir si bien pompĂ© CĂ©sar… d’avoir avec le dur carcan, si Ă©trangleur, si fĂ©roce, rampĂ© jusqu’Ă Rome, entravĂ©s pire que les mulets, croulants sous les chaĂ®nes… sous les chariots d’armes… de s’ĂŞtre bien fait glavioter par la populace romaine… Ils s’esclaffent encore tout transis, tout Ă©mus de cette rĂ©trospection… Ah ! qu’on s’est parfaitement fait mettre !… Ah ! la grosse ! Ă©norme civilisation !… On a le cul crevĂ© pour toujours… Ah ! mon popotas!… fiotas ! fiotum !… Ils s’en caressent encore l’oigne… de reconnaissance… Ă©perdue… Ah ! les tendres miches !
Si les Allemands avaient gagnĂ© la guerre de 14 et celle de 39 ensuite, eh bien les Français du sol, ils en auraient joliment joui ! ils auraient pris leur pied pĂ©père avec les Fritz… Les grenadiers de PomĂ©ranie, les cuirassiers blancs !… Ah ! alors ça c’est des beaux mecs !… Ça serait passĂ© dans l’enthousiasme, un vrai mariage passionnel !… Les Français ils deviennent tout ce qu’on veut quand on rĂ©flĂ©chit. . Ils deviennent au fond, n’importe qui… n’importe quoi… Ils veulent bien devenir socialistes ou virer Ă droite… ils demandent pas mieux… Pourvu qu’un mâle bien cruel les enfouraille jusqu’au nombril ils s’estiment joliment heureux… C’est qu’une très longue succession, notre histoire, depuis les Gaulois, de cruels enfourailleurs. Pas un seul roi qu’Ă©tait français. A prĂ©sent en pleine dĂ©cadence, mĂŞme si on nous dit le contraire, mais il valait mieux Sarko qu’une femme de mĂ©nage classifiĂ©e dans les grosses fortunes, faut se faire Ă©treindre par des larvaires… se contenter de ce qui reste… Les Français toujours si avares, ils engraissent quand mĂŞme très bien, tous leurs maquereaux du pouvoir. A prĂ©sent que c’est le tour du nouvel ordre mondial, leur suprĂŞme triomphe, ils vont finir raides comme des passes… Mais plus on se fait foutre… plus on demande… Et puis voilĂ qu’on leur promet aux Français, des bourreaux tartares !… C’est pas des choses Ă rĂ©sister… Mais c’est une affriolance !… Comment voudriez-vous qu’on les retienne ?… Mais c’est le “bouquet” priapique !… “Des vrais de vrais!” plus que sauvages !… Des tortureurs impitoyables !… Pas des sous-raclures d’Abyssins !… Mais non !… Mais non !… Que des tripières sur-calibrĂ©es ! en cornes d’Auroch !.. Ce voyage dans la Potosphère! Ah! comme ils vont nous faire souffrir ! Ah! Ces ardents. Ah ! mon joyeux !… Ah! ces furieux !… Ah ! mon timide !… Après on aura les Kirghizes… C’est au programme !… Ah! c’est promis !… Et puis des Mongols !… encore plus haineux !… plus bridĂ©s !… Qui croquent la terre et les vermines… Ah ! comme ils vont nous transverser !… Et puis d’autres, plus chinois encore ! plus jaunes !… plus verts… Toujours plus acharnĂ©s au pot… Ah ! Ils vous entament ! Ils nous Ă©tripent !… C’est la Croix dans le plein du cul !… Plus ils sont Ă©tranges… plus c’est fou !… Plus ils dilatent… plus ils s’enfoncent ! C’est la vie des anges par le pot !… Ils nous tuent… VoilĂ comme ils disent les Français !…
Piting !
J’ai gâchĂ© mon existence, tel que vous me voyez. J’aurais voulu ĂŞtre, moi, le Roi d’un immense, puissant Royaume… Et puis que tous mes sujets, tous! sans aucune espèce d’exception, ils m’auraient tous hai Ă la mort ! Ils n’auraient pensĂ© qu’Ă cela… me faire la peau… me rĂ©soudre… semaine et dimanche… ça les aurait rĂ©veillĂ©s en sursaut, une idĂ©e pareille… Ils auraient ourdi, complotĂ© sans interruption contre mes jours… Chaque fois que je serais sorti de mon château magnifique, dans mon carrosse de grand gala… il me serait tombĂ© sur la gueule quelque chose comme des affreuses bombes ! Des pluies, des averses ! des dĂ©luges des plus terribles grenades !… des “fulminants” de tous calibres… Je n’aurais jamais survĂ©cu que par miracle… par l’effet de tout un subtil agencement, de tout un concours de prodigieuses circonstances… J’aurais Ă©tĂ© de mon cĂ´tĂ© royal plus fumier encore si possible que tous mes sujets Ă la fois… absolument sans pitiĂ©… sans parole… sans merci… J’aurais gouvernĂ© cette masse haineuse encore plus haineusement et absolument solitaire ! par la menace, les exĂ©cutions, l’outrage et le dĂ©fi perpĂ©tuel !… A l’abri de ma formidable citadelle, j’aurais imaginĂ© sans rĂ©pit d’autres insultes, d’autres forfaitures, d’autres outrages ! encore ! toujours plus abominables ! pour navrer mes odieux sujets ! D’autres moyens de me rendre toujours plus abject, plus dĂ©moniaque, plus implacable ! plus impopulaire ! Ainsi je les aurais dĂ©finitivement fascinĂ©s. Jamais je n’aurais eu un de ces gestes de clĂ©mence, de faveur, d’abandon qui vous discrĂ©ditent un tyran mieux que cent mille pendaisons. Je n’aurais pendu, moi, que les tendres, les comprĂ©hensifs, les pitoyables… les Ă©vangĂ©liques… les bienfaisants de tous poils… J’aurais organisĂ© d’immenses concours de rosiers et de rosières… pour les fouetter tous et toutes ensuite Ă mort… devant toute la populace… Je me serais parjurĂ© sans cesse, sans limite, sans rĂ©pit… sauf pour infliger Ă mes sujets d’autres vexations.. les opprimer, les saccager davantage, dans tous les sens et façons. Haine pour haine ! et sans limite !… ma devise royale. J’aurais vĂ©cu tout seul, campĂ© sur les revenus de mon immense TrĂ©sor, retranchĂ© dans mes carrosses de grand gala… Je les aurais tenu, mes abominables sujets, angoissĂ©s, haletants, attentifs Ă mes moindres gestes, toujours aux aguets, sous le coup d’une nouvelle iniquitĂ©, et cela pendant toute la durĂ©e de mon règne. Jamais un seul jour ne se serait passĂ© sans quelque horrible dĂ©ni de justice, quelque atroce mĂ©fait royal… l’Ă©cartèlement d’un juste, l’Ă©bouillantage d’un innocent… Ah ! ce peuple ignoble, toujours fĂ©brile, dĂ©lirant de fragiles, fugaces espoirs de me rĂ©duire très prochainement en bouillie, en pâtĂ©e sanglante sous les dĂ©bris de mon magnifique carrosse ? Mon règne aurait Ă©tĂ© de cette façon, j’en suis certain, exceptionnellement rĂ©ussi, le plus heureux en vĂ©ritĂ© de tous les règnes, de toute l’Histoire, sans guerre, sans rĂ©volution, sans famine, sans banqueroute. Ces calamitĂ©s n’affligent en effet les peuples que parce qu’elles sont très longtemps Ă l’avance dĂ©sirĂ©es, amenĂ©es, prĂ©mĂ©ditĂ©es, pensĂ©es, mijotĂ©es, par toute la rumination des masses… l’oisivetĂ© sadique, ruineuse des peuples. Mes sujets surhaineux n’auraient jamais eu le temps, eux, de penser Ă ces sottises, Ă ces catastrophes ! Je les aurais bien trop occupĂ©s par mes inĂ©puisables trouvailles, mes infernales vacheries !… Ils se seraient bien trop passionnĂ©s sur la meilleure, prompte manière, la plus effroyable, de me rĂ©duire en caillots, en marmelade de viscères. J’aurais fait, moi leur monarque, l’accord de toutes les haines de mon Royaume, je les aurais centralisĂ©es, magnĂ©tisĂ©es, fanatisĂ©es sur ma propre royale personne. Voici le seul moyen royal, de vĂ©ritablement rĂ©gner ! gouverner ! Ah ! ma vie eĂ»t Ă©tĂ© alors autre chose ! une destinĂ©e merveilleusement utile… tandis qu’Ă prĂ©sent, j’Ă©cris…, je me gaspille en texticules verbeux et mĂŞme si j’en joui comme je peux…, je m’emmerde !
Chapitre 9
Quelqu’un contre le reste du monde…
Les hommes semblent Ă©prouver un grand effroi, absolument insupportable de se trouver un beau matin, tout seuls, absolument seuls, devant le vide, la queue Ă©rigĂ©e en main et que plus rien ne sort…. Les plus audacieux, les plus tĂ©mĂ©raires se raccrochent, malgrĂ© tout, Ă quelque trame usagĂ©e, bienvenue, classique, Ă©prouvĂ©e, qui les rassure et les relie aux choses raisonnables, acceptĂ©es, Ă la foule des personnes convenables. On dirait que le froid les saisit.
Y a que la vue de quelques culs qui les rĂ©chauffent…
Les damnĂ©s de la Terre d’un cĂ´tĂ©, les bourgeois de l’autre, ils ont, au fond, qu’une seule idĂ©e, jouir, devenir riches et le demeurer, c’est pareil au mĂŞme, l’envers vaut l’endroit, la mĂŞme monnaie, la mĂŞme pièce, dans les coeurs aucune diffĂ©rence. C’est tout tripe et compagnie. Tout pour le buffet et les couilles. Seulement y en a des plus avides, des plus agiles, des plus coriaces, des plus fainĂ©ants, des plus sots, ceux qu’ont la veine, ceux qui l’ont pas. Tout comme y en a qui l’ont longue et d’autres courte… Question de hasard, de naissance. Mais c’est tout le mĂŞme sentiment, la mĂŞme maladie, mĂŞme horreur si prĂ©puce il y a et que le charlot culbute youpine…
Le peuple il n’a pas d’idĂ©al, il n’a que des besoins. C’est quoi des besoins ?
C’est qui “aye” plus de jouissance, plus d’orgasmes et gratos si possible, et plus de chĂ´mage en double sens, qu’il trouve un boulot, qu’il “aye” la sĂ©curitĂ©, qu’il se trouve assurĂ© contre tout, le froid, la faim, l’incendie, qu’il “aye” les vacances payĂ©es, la retraite, la considĂ©ration, la belote et le pousse-cafĂ©, plus le cinĂ©ma et le bois de rose au cul en gratouillis, un vache smoking de tempĂ©rament et la bagnolette dorĂ©e pour les virĂ©es en famille. C’est un programme tout en matière, parfois fĂ©cale, en bonne boustiffe et moindre effort. C’est de la bourgeoisie fermière d’ouvrier fonctionnaire embryonnaire qu’a pas encore trouvĂ© son blog.
Les plus terribles bouleversements vont pas lui changer son programme. C’est du rêve de décontenancé, de paysan qu’a plus sa vache, plus de terre, plus de châtaignes, plus de couilles, qui se raccroche à tout ce qu’il trouve, qu’a peur que le monde lui manque, que tout lui flanche entre les doigts, même sa queue. Tout ça il se dit c’est fantastique ! ça pousse tout seul, ça érectionne, ça durera pas… Je serai à carreau que fonctionnaire… Ah ! bordel foutre il m’en faut ! Retraite ou mourir ! La Sécurité ou la mort !
La Panique c’est toujours vilain, faut prendre les choses comme elles sont.
Ça serait pas si abominable, ça pourrait très bien s’arranger, si des atroces profitaient pas pour forniquer leurs saloperies, les occultes cultiveurs de haines, qui démordent jamais, enveniment, disposent les traquenards, bouzillent, torturent à plaisir.
C’est l’Abîme, c’est l’Apocalypse, avec tous ses monstres déchaînés, avides, dépeceurs jusqu’à l’âme, qui s’entrouve sous les petites gens.
Ça suffit pas la misère pour soulever le peuple, les exactions des tyrans, les grandes catastrophes, le peuple il se soulève jamais, il supporte tout, même la faim, jamais de révolte spontanée, il faut qu’on le soulève, avec quoi ? Avec du sexe et du pognon.
Pas d’or pas de rĂ©volution. pas de sexe et c’est l’Ă©bulition !
Les damnĂ©s pour devenir conscients de leur Ă©tat abominable il leur faut une littĂ©rature, des grands apĂ´tres, des hautes consciences, des pamphlĂ©taires vitrioleux, des meneurs dodus francs hurleurs, des tĂ©nors versĂ©s dans la chose, une presse hystĂ©rique, une radio du tonnerre de dieu, autrement ils se douteraient de rien, ils roupilleraient dans leur belote. Et c’est pas les conneries Druckerisantes qui vont changer le monde… Tout ça se paye, lui plus que les autres, l’hĂ©licoptère, le yatch, les propriĂ©tĂ©s…, c’est pas gratuit, c’est des budgets hyperboliques, des tombereaux de pognon qui dĂ©versent sur le trèpe pour le faire fumer.
Il faut Ă©taler les factures, qui c’est qui dèche ? C’est Ă voir, comme c’est Drucker et compagnie, la rĂ©volution ce sera pour dans 100 ans.
Pas de pognon pour le débouler, pas de fifres, pas de grosses caisses, pas d’émeutes par conséquent.
Pas d’or, pas de rĂ©volution ! pas de sexe et c’est l’Ă©bulition, plus de sperme laiteux que de beurre en branche, pas plus de bateliers que de caviar ! C’est cher les tĂ©nors qui vibrent, qui vous soulèvent les foules en transe. Et les chuchoteries de portes cochères Ă cinq cents bourriques par carrefour ? Vous pensez soudain Ă Pierre Bellemarre, le bateleur, que nenni, le zouave se paye sur la frĂ©nĂ©sie des ceusses qui achètent tout et n’importe quoi, et il ne vend pas de rĂ©volution !
Qui d’autre ? La moumoutte de TF1 ? Non plus, l’a fait dĂ©jĂ sa rĂ©volution Ă Cuba en interviewant l’ombre d’un fidèle… Reste qui ? Personne !
Ça revient Ă des sommes astronomiques ! C’est du spectacle, faut mettre le prix, les frais d’émeute ça cube, ça ruine ! pour amener le trèpe Ă plein dĂ©lire, qu’il secoue ses chaĂ®nes, la marmite, le pot-au-feu, que tout ça culbute et le tyran, qu’on Ă©tripe tout ça dans la joie ! la fraternitĂ© reconquise ! la libertĂ© de conscience ! le Progrès en marche ! Que ça “soye” l’énorme OpĂ©ra, le plus gĂ©ant de deux trois siècles que c’est une autre vie qui commence ! Ah ! ça alors c’est dispendieux ! Au prodige ! Tout un monde de petites bourriques Ă gaver, festoyer, reluire, des poulets de tous les plumages au picotin plein les Loges, de limaces Ă redondir, grassoyer, tiĂ©dir, mignoter, que tout ça vermoule l’édifice, chuinte et corrode Ă prix d’or. C’est des notes Ă n’en plus finir.
C’est hors de prix de prĂ©parer une RĂ©volution, la pullulation d’émissaires, asticoteurs de griefs, des mille rancoeurs Ă la traĂ®ne, retourneurs de fiels. Toutes et tous Ă poil et qu’on jouisse, piting !
Et il en faut du sexe aussi ! Jamais de trop ! Comme c’est passif le pauvre monde, oublieux ! le baratin du damné, voilà du tintouin infernal, lui auquel le gros rouge suffit faut lui donner la soif du sang, qu’il puisse plus tenir dans son malheur, que sa condition le rende maboule, atrocement fauve, anthropophage, masturbateur. Lui qui demande qu’à rester tel quel, grognasseux, picoleux, fainéant. Il veut se plaindre mais pas autre chose. Il faut que tout lui tombe sur un plat. Pardon alors ! Maldonne ! C’est là qu’il se fait drôlement relancer par les ardents à tant par jour, les fonctionnaires de la Révolte.
Et c’est encore que le premier acte, les prémices du drame, les exposés de la comédie, les rassemblements tapageurs. Faut pas en promettre des subsides, faut les amener luxurieusement, c’est un gouffre d’insurger le fretin.
Pas d’or pas de rĂ©volution, pas de sexe et c’est l’Ă©bulition…
C’est pour ça qu’il y a la tĂ©lĂ©, les chiasseries ritournelles, les hommages aux morts qui coĂ»tent plus rien, qui encaissent plus mais qui rapportent, Ya d’la joie…
Dans ce genre d’arnaque on a fait un concert pour la dette du tiers monde, le tiers monde y “n’enna” jamais vu la couleur du pèze, l’arnaque totale en chansons pour les cons… Le charognard ingĂ©nieux, roi du hold-up misĂ©reux en a reçu une mĂ©daille pour le flatter d’ĂŞtre devenu milliardaire et de ne pas faire rĂ©volution…
Le damné qui avale tout ça en bavant, il est commode faudrait qu’on l’éclaire et bougrement pour qu’il s’élance aux barricades, qu’il commence à faire le fou, comme moi qui rue dans les brancards.
Le damnĂ©, lui, prĂ©fère la vie de famille, l’autobus et le meeting baveux. Au fond il aime pas les histoires. Il est conservateur fini, il est de la terre, faut pas l’oublier. Voter ça devrait bien suffire, et encore mieux si ce sont les autres qui votent comme lui pense…, voilĂ ce qu’il imagine intimement. Il tient pas aux sacrifices, aux piscines de sang. Il y tient mĂŞme pas du tout. Il faut pour ça qu’on l’enfurie, qu’on le picadorise Ă mort, qu’on le sodomise, oui mais, le damnĂ© il aime se faire enculer, profond, il aime aussi enculer les autres, tout ce qui bouge en fait…. C’est un tintouin du tonnerre. Il est gueulard mais pacifiquement branleur, quoique parfois il dĂ©conne et viole, mais alors il Ă©trippe et cache le cadavre. Plus mendigot que fracasseur. Il veut bien encore des violences mais si c’est les autres qui dĂ©rouillent, tant qu’il bande et joui….
Il veut sa voiture, son bois de rose au cul, sa Retraite de vieillard à trente ans, toutes des raisons pour pas mourir. La pêche à la ligne. Qui dit mieux ? Il veut pas mourir du tout. Sagesse d’abord !
Ă€ quoi bon changer l’ordre social pour que les autres se rĂ©galent et qu’on “soye” soi-mĂŞrdasse, morts et martyrs ? Victoire ? C’est vite dit ! Mais pas d’omelette sans casser d’oeufs ! Et pas de bonnes victoires pour les morts ! Chacun rĂ©flĂ©chit forcĂ©ment !… Quelles garanties ? Chacun se demande “in petto”… Est-ce bien sĂ©rieux ? Va-t-on mourir pour le confort ?
Que les autres crèvent si ça leur chante ! On verra bien comment ça tourne… C’est là le hic, le point sensible, le “ne-pas-se-mouiller” paysan, c’est là qu’il faut pousser au crime ! à plein orchestre ! que l’or entre en transe et comment !
L’arrière-petit-fils de Louis XIV serait encore à l’Élysée, Marie-Antoinette révérée par tous les enfants des écoles, patronne de l’élevage des agneaux, si Pitt avait pas insurgé les petits scribouilleux de l’époque, pourri la noblesse à gaga, versé les ronds à pleines hottes, soudoyé la cour et les champs, les mères abbesses et les bourreaux… Sans or les idées ne sont rien. Il faut verser l’or à foison, à boisseaux, à tonnes, pour soulever le peuple. Qui n’en a pas n’insurge personne. Pas plus aujourd’hui qu’autrefois.
Tout d’abord un commanditaire ! C’est la condition du spectacle ! Et point petit cave chichiteux ! quelque hagard effaré comparse ! Pouah ! Quelle horreur ! Quelle insolence ! Non ! Tel répondant colossal ! Le plus coûteux des opéras ! Y songez-vous ? L’Opéra des Insurrections ! Avec Déluges ! Choeurs symphoniques ! Oh ! la ! la ! Si ça vous entraîne ! Tâtez-vous avant d’y toucher ! Vous en avez ? Z’en avez pas ? Quelle est votre banque ? Vous êtes raides ?
Alors taisez-vous ! Caltez ! emmerdez personne ! Branlez-vous… Vous ĂŞtes qu’un petit impertinent ! un mâle embouti ! Allez donc apprendre la musique ! Ça vous disciplinera l’esprit ! On n’insurge qu’avec des espèces et pas du semblant ! des pichenettes ! Non ! Non ! Des trombes ! Cyclones de pèze !
Guillotine est fille de Guichet.
Ah ! trouver un commanditaire c’est le dĂ©but de toute grande chose, le rĂŞve de toute personne sĂ©rieuse, sans commanditaire point d’essor, le gĂ©nie lui-mĂŞme tourne Ă vide, bouffon bientĂ´t, s’épuise en onaniques mirages. Rien ne peut rĂ©ussir sans or, rien ne s’achève, n’aboutit, tout s’évapore au premier souffle. Au moindre mĂ©chant vent contraire, la première petite cabale, tout se dissipe et disparaĂ®t. Pour retenir les hommes ensemble, les possĂ©der en franche meute, il faut leur garantir la soupe, l’écuelle rĂ©gulière et copieuse, autrement ils prennent plusieurs maĂ®tres et votre meute n’existe plus , vous ĂŞtes fini pour l’aventure, la chasse est bien fermĂ©e pour vous.
Les hurluberluteries saoules, les vociférations du genre, les tonitruements romantiques, tous les ours creux de la ménagerie qui ne font peur qu’aux petits enfants. Ils voulaient bien des petits congrès qui ne font de mal à personne, pour dire comme ça qu’on a de la troupe, et bien soumise, qu’on est écouté en bas lieux, des rassemblements de minables, des agités de l’injustice, des pelliculeux de l’oppression, des inanitiés de la grande cause, tous les sous-nutris de brouets sales, les cancrelats du café-crème, les intraits enfiévrés de mistoufle, de bile et de bafouillage, il en faut pour le prurit, l’exaspération de la connerie, le baratin vaseux des masses. Des orateurs qui puent de partout, le chien mouillé because pardingue, des crocs because la carie, des nougats because ils sont deuil, de la gueule because l’estomac, tout ça qu’est dans la chtourbe rance, qui sort d’un hospice pour un autre, d’un cornet de frites pour la Santé il en faut pour envenimer le trèpe. Ah ! C’est les martyrs de la cause ! Ah ! c’est des choses qu’il connaître, que ça mord, grinche et puis dégueule sur le morceau, ingrats, infidèles, prétentieux, dès que ça déjeune un petit peu because ça n’a pas l’habitude.
Oh ! la grossière catégorie, oh ! la très rebutante clique, pour les personnes d’entreprise qui veulent pas crever champignols, engloutis sous projets foireux, embarbouillés dans les palabres, perdus dans les lunes, les promesses. La rhétorique c’est pour les foules, aux chefs il faut du répondant, le vrai répondant c’est la Banque.
C’est là que se tiennent les clefs de songe, le petit Nord et le grand secret, les Souffles de la Révolution. Pas de banquiers pas de remuements de foule, pas d’émotion des couches profondes, pas de déferlements passionnels, pas de Cromwell, pas de Marat non plus, pas de fuite à Varennes, pas de Danton, pas de promiscuité, pas de salades.
Pas un Robespierre qui résiste à deux journées sans bourse noire.
Qui ouvre les crédits, mène la danse.
Tout est crédit, traites validées, surtout dans les moments critiques où les reports sont épineux.
Pas de chichis ! pas de badinettes !… Les affiches se collent pas toutes seules… les afficheurs font pas crĂ©dit… Ils prĂ©sentent leur note le soir mĂŞme… Pour eux tous les soirs c’est le grand soir.
VoilĂ les humbles servitudes, tout est mesquin dans la coulisse.
Je veux bien qu’il y ait de la force majeure, des mals nécessaires, des mécaniques dans certains cas, des trolleybus, des Cyclo-pompes, des calculatrices à moteur, je comprends les sciences exactes, les notions arides pour le bien de l’Humanité, le Progrès en marche…
Mais je vois l’homme d’autant plus inquiet qu’il a perdu le goût des fables, du fabuleux, des Légendes, inquiet à hurler, qu’il adule, vénère le précis, le prosaïque, le chronomètre, le pondérable. Ça va pas avec sa nature. Il devient, il reste aussi con. Il se fabrique même une âme chimique avec de l’alcool à toutes doses, pour réagir contre l’angoisse, se réchauffer les aciers, se duper au monotone, il se délabre, cafouille, s’étiole, rote, on l’emporte, on l’incarcère, on le radoube, on rambine vitesse, il revient, tout est à recommencer… il tient plus huit jours à la vie super-intense des cent mille grelots à la fois tressaillis dans du vitriol. Et de plus en plus convaincu d’alésages au polycompteur, de précipices à la corde, virés au 3/5ème de poil, d’engouffrants phénomènes de trombes, halluciné à mort de Vide, osmotique des riens, métaphysique de sottise, hypnotisé de précisions, myope de science, taupe de jour.
On l’éberlue de mécanique autant que les moines de mômeries nos pères les crasseux, il fonce le moderne, il charge, du moment qu’on lui cause atomes, réfractions cosmiques ou quanta, il croit que c’est arrivé dur comme fer. Il est en or pour tous panneaux. Il donne dans le prestige des savants comme autrefois aux astrologues, il s’est pas encore rendu compte que d’additionner des pommes ou de mettre en colonnes des atomes, c’est exactement semblable, c’est pas plus sorcier, c’est pas plus transcendant l’un que l’autre, ça demande pas plus d’intelligence.
Tout ça c’est de la vaste escroquerie pour bluffer le bonhomme, l’appauvrir, le dĂ©goĂ»ter de son âme, de sa petite chanson, qu’il “aye” honte, lui couper son plaisir de rĂŞve, l’ensorceler de manigances, le tripoter, le conditionner trĂ©pied de machine, qu’il renonce Ă son coeur, Ă ses goĂ»ts, muet d’usine, moment de fabrication, la seule bĂŞte au monde qu’ose plus du tout sauter de joie, Ă son caprice, d’une patte sur l’autre, d’une espièglerie qui lui passe, d’un petit rythme de son espèce, d’une fredaine des ondes.
Tout homme ayant un coeur qui bat possède aussi sa chanson, sa petite musique personnelle, son rythme enchanteur au fond de ses 36°8, autrement il vivrait pas. La nature est assez bourrelle, elle nous force assez à manger, à rechercher la boustiffe, par tombereaux, par tonnes, pour entretenir sa chaleur, elle peut bien mettre un peu de drôlerie au fond de cette damnée carcasse. Ce luxe est payé.
Tous les animaux sont artistes, ils ont leurs heures d’agrément, leurs phases de lubies, leurs périodes biscornues, les moins engageantes du règne, les plus mal embouchés vautours, les tarentules si répugnantes, tout ça danse ! s’agite ! rigole ! le moment venu !
Les lézards aveugles, les morpions, les crotales furieux de venin, ils ont leurs moments spontanés, d’improvisation, d’enchantement, pourquoi on serait nous les pires sacs, les plus emmerdés de l’Univers ?
On parle toujours des têtards, ils se marrent bien eux, ils frétillent, ils sont heureux toute la journée. C’est nous qu’on est les pires brimés, les calamiteux de l’aventure.
Que le corps reprenne goĂ»t de vivre, retrouve son plaisir, son rythme, sa verve dĂ©chue, les enchantements de son essor… L’esprit suivra bien !… L’esprit c’est un corps parfait, une ligne mystique avant tout, le dĂ©tour souple d’un geste, un message de l’âme, mieux Ă surprendre, Ă recueillir au bond, Ă l’envol de danse que sous accablants grimoires, marmonnerie de textes, contextes, bâfrerie d’analyse de poux, dĂ©coupages de cheveux en mille, sports assis, migraines, remigraines et la suite, Ă dĂ©gueuler ce noir bastringue, noir sur blanc, tripes et boyaux morfondus de gravitĂ©, d’horreurs apprises immangeables, titubants malheureux navrĂ©s de bibliothèques, enlisĂ©s, suffoquants, affreux, sous glu de savoir, sous calcifiants amonts de fouasse, culturelle.
Ah ! la pourceaude pataugerie ! Ah ! qu’ils sont mornes Ă regarder ! Ă secouer ! Ă comprendre !…
Glués de la sorte, que voulez-vous qu’il en advienne, sans ailes, sans émoi, sans ferveur ? Brutes ou goujats, mufles partout, sournois d’usine, de cancres en boutique, ivrognes aux labours, bêtes à lucarnes télévisuelles, passifs partout, de plus en plus ennuyeux, ennuyés, croulants, accablés, masturbateurs ?
En chacun rĂŞve d’enculer l’artiste ! lui rendre la clef du ciel en spermatant !
L’adorable c’est qu’à cent pas de ces connasseries terribles, rutilent, flamboyants, en pleine prospĂ©ritĂ©, gloire, les “Hyperevues” Ă la Drucker, mâtinĂ©es de Bruel, ya d’lĂ joie Ă vomir tout ça…, leur fourbi c’est bazar sans aucune prĂ©tention artistique, mais alors directement sadiques, catĂ©goriquement Ă©rotiques, lupanaresques, cruellement onaniques.
Furieuses Kasbahs sèches Ă 50 cents d’euros le pissouli rapide en crevant de chips et saucisse Ă regarder tout ça, mĂŞme qu’il a tentĂ© ce samedi soir de sauver le tour de France 2007 pourri de drogue et de tralalères faldabas crassières, l’or du tour doit ĂŞtre sauvĂ©, surtout si la tĂ©lĂ© allemande prĂ©fère bouder ces boudineries fumesques, dont le client est virĂ©, bousculĂ© hors, par la prochaine enculade tĂ©lĂ©visuelle, effarĂ©, langue pendante, queue perdue, sperme en poison.
Si ĂŞtre DruckĂ©risĂ© et BruĂ©lisĂ© n’est pas suffisant, alors après les Beckams putassiers et la Paris Hilton qui se sodomise toute seule…, après les frasques Ă Johnny, les dĂ©boires d’OphĂ©lie et la petite culotte retrouvĂ©e de Diana…, toutes choses en boucle, partout pour que le peuple en soi gavĂ© comme des oies engraissĂ©es de conneries, il y a le traquenard Ă la miche folle, le chantage au cul bouillant.
Comme spectacle c’est pas difficile, on comprend tout de suite, ça consiste rien qu’en coïts, mais mimés, des eaux à la conasse fougueusement simulées par des artistes typiquement splendides, des créatures bouleversantes, bandatoires à mort (faut reconnaître), des brunes, des blondes, des longilignes, des rouquines, des menues, des trapues, des langoureuses, des chichiteuses, des sauvages, des dodues, des vampiriques, des fulgurantes, tous les goûts. Pas de dégoût. Un assortiment diabolique de carnations éblouissantes. Du sex-appeal vertigineux, le tout en convulsions égarantes, ondulatoires. Offrandes, reptations, trémulations, extases hypnotiques… En musique toute cette fantasia, insistante, baratinante, impitoyable. Comble de la Tentalerie. Ces stupres ne nous sont offerts qu’après d’interminables, très réticents déshabillages, allées, venues, voltes, échappées, revenez-y de croupes, gigoteries de fessiers, fricoteries vibratoires, effrénésies de charmes, écartement de toisons, délires de moules, tribulations merveilleuses de tous les trésors au pavois…
Le peuple, lui, après tout ça, il pète et rote, heureux de sa masturbation, il remet la rĂ©volution Ă pluche, faut turbiner un peu, dormir avant, penser aux congĂ©s payĂ©s Ă crĂ©dit et au p’tits boulots en noir pour arrondir et payer la bagnole et les vacances dans dix ans…
Y a pas de fin Ă c’t’aventure…, sauf qu’après on finit par mourir…
Piting… j’ai joui !
Chapitre 10
Quelqu’un contre le reste du monde…
Mer du nord…
DĂ©sert dĂ©bile, espaces Ă©chancrĂ©s, platitudes profondes, mer vague, azurs arrondis, rĂŞves irrĂ©alistes, toits tĂ©nus tentants et sommets satisfaisants…, tout est possible, mĂŞme pour les chiens que nous sommes. Merde du nord, je suisse lĂ en touriste, 10 euros le cafĂ©, la faune habituelle pĂ©rore, mecs-mics-macs et bimbos devisent… (en double sens) !
Les mecs-mics-macs affichent un air blasĂ© de circonstance et matent les bimbos en se caressant les couilles au travers des grandes poches de leurs pantalons…
Les Bimbos, elles, affectent en permanence un air dĂ©tachĂ©, cette fausse dĂ©sinvolture calculĂ©e de certaines filles de riches…, fausse dĂ©sinvolture censĂ©e marquer de sa prĂ©sence l’appartenance Ă une classe supĂ©rieure.
Elles ont une petite bouche en cul de poule surmontĂ©e, telle une ouverture sur le vide sidĂ©ral, de grands yeux de poupĂ©es, une plastique d’enfants bien nourris et bien Ă©duquĂ©s, une dentition parfaite qui s’affiche tout azimut Ă chacun des sourires commercialement sexuels dont elles ponctuent leurs phrases, quand elles n’oublient pas de fermer leurs bouches sur des prĂ©occupations Ă deux cents d’euro.
Tout cela n’arrive, malgrĂ© tout, pas Ă cacher ces conversations de dindes qui les prĂ©destinent Ă la ponte… (façon Mathilde), et leurs troubles narcissiques qui se manifestent par une surabondance de dĂ©hanchements savants et d’attitudes minutieusement Ă©tudiĂ©es devant leurs miroirs de vanitĂ©s…
Leurs bouches, qu’elles gardent très souvent lĂ©gèrement ouvertes (comme un appel Ă de savantes fellations), ainsi que de longs cheveux (blonds) qui leurs tombent sur les Ă©paules…, leurs confèrent ce zeste d’air enfantin imbĂ©cile, Ă la fois rassurant et provocateur.
Bienvenue en belgitude patrie, cotĂ© fric…, c’est chic !
Au milieu des gnous en famille qui se goinfrent en sandwichs prĂ©parĂ©s la veille, qui traĂ®nent et dĂ©ambulent dans cet endroit touristique qu’est Knocke-Mazout…, place m’as-tu-vu…, en ce dĂ©but d’hiver…, pour Ă©chapper Ă la belgitude patrie des moules et frites (chers), des terrasses chauffĂ©es (très chères) et partiellement couvertes, tels des condoms destinĂ©s Ă protĂ©ger le monde du haut de toutes les maladies…, sont vautrĂ©s les ceusses que la plèbe regarde, tels des stars de magazines people…
Le gratin…, les crèmes des pots de nuit, le top, les nantis…
J’ai soif, je m’installe, je suis chez moi partout, je suis moi, eux sont eux…
Bienvenue dans le fief des insupportables et des bimbos…
Je demande la carte.
Une bimbo blonde qui pĂ©pillait de loques et de hardes en charpies (en français…), me dit, alors que la charmante serveuse me sourit : “Vlaams spreken…“.
Ben ça alors, c’est nouveau !
Je reste poli, courtois en toutes circonstances, je lui fais un grand sourire carnassier et lui tend ma carte !!!
Elle la regarde (contrairement aux apparences les bimbos savent lire), pousse un cri, se lève et fonce sur moi…
Abasourdi !
Dans une crise hystĂ©rique, la bimbo blonde me flanque une claque…
Elle commence un esclandre, concernant un de mes articles sur la belgitude patrie…
Je me lève Ă mon tour, politesse oblige, je m’excuse auprès des clients-beaufs-mecs-mics-macs et clientes-bimbos, on sort, je l’attire derrière une roulotte de plage, elle me re-flanque une claque… et pour la calmer je l’allonge et la coinçe jusqu’Ă ce qu’elle se calme.
Elle me sussure : “Viens dans la villa de mes parents, ils sont en Australie…”
Je la suis, entre dans sa mini grise et me laisse conduire au bout de la nuit…
Toute la nuit, en fait !
Une bimbo masochiste, les pires…
Ahhhhhh, que de souvenirs, la flandre profonde… : “En douceur et profondeur” comme le chante Arno en meilleure copie que l’original d’Adamo…
Tout en copulant, je me suis pris une litanie logorrhĂ©ique de menaces, du genre : “Tu iras en enfer, wallen buiten, fais-moi jouir quand mĂŞme“…
Puis je m’en suis retournĂ© Ă Bruxelles…
J’aime la Flandre, surtout les bimbos masochistes flamandes Ă l’accent inimitable…
Ahhhhhh, Bruxelles…, en belgitude patrie, nombril du centre du monde…
On lui consacre des émissions, on y trimballe des hordes de flamands et flamandes (mais pas les bimbos masochistes) du fond du Limbourg, des braves gens auxquels on raconte leur passé : l’histoire de la capitale… de la Flandre !
Les touristes flamands forment des grappes au coin des petites rues en tournant leurs plans francophones dans tous les sens.
Les journalistes flamands interrogent Marie-aux-escargots qui a 1000 anecdotes en spirales dans sa mĂ©moire, entre-autres qu’un gros broc antiquaire sponsorise l’émission Place Royale… et depuis que Johnny Halliday ne veut plus ĂŞtre belge, la belgitude patrie tient “Une Fois” de plus le haut du pavĂ© !
La Belgique francophone a toujours connu les Maroles, du fin fond des Ardennes jusqu’Ă Knocke-tampon (qui est francophone Ă 99,999%…), c’est un vieux fantasme identitaire Belge qu’on tente de rĂ©activer prĂ©-Ă©lectoralement, la trouille sĂ©paratiste au ventre…
Pourtant, les vrais cafĂ©s Bruxellois sont en voie de disparition, on a ainsi perdu Ploegmans, chez Alex, le Rio Grande, le meltin’pot…, la boucherie Peter a Ă©tĂ© revendue Ă des antiquaires et le cordonnier de la rue des Capucins a arrĂŞtĂ© didjoume, tandis qu’au cafĂ© Le Renard, comme tous les samedis soir, on danse au son de Johnny sur le juke-box …
Platitude et belgitude patrie…
La cruelle réalité ne laisse plus de place au virtuel : Faut-il sauver le navire en perdition sur lequel tout un peuple galére aujourd’hui ?
Je suis un des seuls qui ose dire : chers amis, chères amies, chers tousses…, le bateau ne prend pas l’eau : il coule…, cessez de nier la rĂ©alitĂ© en faisant attention que vos vĂŞtements aient l’air propre : le bateau coule, piting !…
Faut changer de bateau…
A me lire, certains/certaines, muni(e)s de titres et de salaires mirobolants, savent qu’ils/elles ont tout eu tout cuit dans le bec et que ça continue plus ou moins.
La belgitude patrie est un village, “ils” et “elles” savent mon “sale caractère“, ma double nationalitĂ© Franco-belge, et que je me dĂ©mène pour survivre en attendant d’y voir clair sans concession qualitative…Je fais valoir , j’ose faire valoir publiquement, mes rages… et hurle en Ă©crits divers qu’il faut aussi des courageux et courageuses qui cessent de rouler des mĂ©caniques belgicaines afin de faire passer le gros projet rĂ©volutionnaire de l’abandon de la Monarchie…, afin que triomphe enfin la dĂ©mocratie…
Le formateur Ă vie, Yves Leterme, l’a bien compris, chantant “enfin” la Marseillaise en tant qu’hymne national belge….
L’actuelle belgitude patrie n’est constituĂ©e que de très riches couronnĂ©s (l’hĂ©ritage de LĂ©opold II suite Ă l’holocauste Congolais qui a fait 10 millions de morts et torturĂ©s, presque le double de l’abominable holocauste Juif)…, constituĂ©e aussi de moins riches, mais quand mĂŞme très riches qui veulent conserver leur gagne-pain…. et d’autres, divers fauchĂ©s lobotomisĂ©s qui veulent conserver leur misère tout en essayant Ă tout prix de sauver les apparences… : pour sauver la face devant leurs clients qui font comme eux (sauf les Flamands), pour papa et maman qui y ont cru, pour leurs enfants, pour survivre eux-mĂŞmes de l’intĂ©rieur au dĂ©sastre…, pour ĂŞtre pris pour des cons avec des prĂ©occupations accessoires du genre : payer moins d’impots grâce Ă l’air misĂ©reux…, ou pour une pompe Ă fric dĂ©pourvue de coeur.
Barrez les mentions inutiles.
Mais pour fuir le bateau qui coule, vous ne pouvez pas partir, vous devez rĂ©gler vos comptes d’abord…
Exit.
Pour le bateau qui coule : que des dĂ©missionnaires…
Les grandes idées et projets , ça n’est pas cela qui paye cash.
La Belgique n’est plus d’aucune utilitĂ©, sauf pour la Royale Famille, ses ouailles, ceusses qui en tirent profits et gloires (pourtant les dĂ©corations c’est pas que ça coĂ»te cher Ă fabriquer), tout comme ceusses qui y sont sangsues…, pour le populo, non… et vous m’ excuserez j’espère si je m’en rĂ©jouis, j’aime pas les cons, c’est l’explication…
Aucune dramatisation… C’est rĂ©cession, quasi la guerre, pas encore famine, mais ça vient… Pas besoin d’en rajouter, on y est dans la dèche, le flouze s’en va, le pĂ©trole flambe, un euro cinquante le litre des sens, le baril Ă plus de 100 dollars… Nous sommes dans la merde. Crever n’est rien, le truc le plus humiliant, la vexation super-infecte, ça serait qu’on ressuscite dans la suite de ce fourbi, qu’on nous rĂ©incorpore dans la horde funeste des transis furieux, damnĂ©s, pervertis cocus.
Je laisserais donc les choses courir, les circonstances s’aggraver, s’envenimer… J’attendrais l’issue fatale avec une dignitĂ© pĂ©père, j’irais peut-ĂŞtre me blottir quelque part dans dans un lit douillet d’amante, ou si pas pour cause de dĂ©cadence, un fond de cave, pour mourir en tout dernier, pour voir bien d’abord crever tous les autres, bien souvenir d’avoir joui, combien j’avais raison… Las ! MĂŞme au trĂ©fil des abĂ®mes, sur le rebord des cataclysmes, pendant que certains traumatisent, y a encore des cons qui flamboyent, installent, se surpassent en mics-macs dĂ©vergondĂ©s. Les voilĂ qui se touchent, pervers, tout au vice, s’attrapent la canule de droite, de gauche et de travers dans des contorsions si infectes qu’on peut vraiment plus supporter. Tel quel. Ce sont les bardes fanfarons qui me font sortir de mes gonds.
J’observerais mercredi soir, le 7 novembre 2007, la catastrophe annoncĂ©e Belgique, ses cheminements, ses perfidies, en rĂ©solue placiditĂ©, si tout le monde se tenait de mĂŞme, mais il s’en faut ! Mais pas du tout ! Au contraire ! Putois ! Quelle pĂ©tulance ! Jamais les parties bavardes ne furent aussi divagantes ! Ce ne sont Ă travers l’espace, les câbles et les paragraphes que dĂ©fis, clameurs, propos outrĂ©s, manifestes Ă©normes, tumultes outrecuidants. Tous les esprits forts bardent, paradent, salvent, s’ébrouent, virevoltent, propagent. Les Ă©chos Ă©clatent, c’est la foire des mots qui vrombit. Toute la clique des connus romanciers, gazetiers, colonnistes, Ă©chotiers, journaleux fameux, affirmant, sans rire que la Belgique Ă©tait terrassĂ©e, poignĂ©e, dissoute, rĂ©soute, tordue, confondue, foutrĂ©e de stances magnifiques, par la seule force de divers Flamands en ras-le-bol d’une wallone dupĂ©rie, exangue par la crapulerie de ses socialisants escroqs ! Une argumentation stylistique, pulvĂ©risante, magistique, unr dialectique du tonnerre de Dieu ! Ah ! C’est pas des piquettes mineures ces Ă©crivains vertigoĂŻdes rĂ©vĂ©rĂ©s sensationnalissimes par les cĂ©nacles de ceusses qui craignent que leur porte-feuille rabougri, mazette, c’est 7 milliards d’euros que la Flandre donne en vases communiquants Ă ces wallons honnis, qui n’ont pas compris qu’Agusta scandale et Charleroi racaille c’est la mĂŞme carambouille rouge, le socialisme pourri… Et il continue le noeud papillon, il continue de donner des leçons, pour rien il menace encore, sort de ses gonds, fulmine, vocifère, tempète, menace et postillone en donnant des leçons en tintamarres, suivi par tous les autres, ses sbires qui s’affichent avec des billets d’euros qui dĂ©passent… du slip, du calecif, des chaussettes, tatanes, falzard et cols blancs en attendant du bonnet d’Astrakhan… ! Ah ! que non ! Pardon ! Pfoui ! Raca ! Oultre ! Poultre ! Tout est vendu, c’est grosse manoeuvre du formateur aux 800.000 voix, une enculade plus profonde que les grottes de Han, plus complexe que les boules de l’atomium, l’Ă imaginĂ© le poulpe, faux tralalas, et Hop, la porte ouverte, vous comprendrez plus tard, oh ! belges stupides pourquoi vous avez mal Ă votre si majestueux trou du cul… Bien profond ! Les arrogants ! Les simulants ! Les empĂ©trouillĂ©s tartufieux miteux ergotoĂŻdes gratouilleux ! pas regardables du tout ! Que je les pique au forfait ! Ah ! que je vais les retourner ! Clamer leur honte tout net ici ! PrĂ©somptueux ! Sur tous les toits ! Comme je le pense ! Ces vantards m’ignominent ! Venteux Ă mort ! C’est trop de culot sans foudroyement ! Jamais ils n’ont autant enculĂ©, reculĂ©, basculĂ©, masculĂ©, les rien du tout qui croyaient en eux ! Ces perruchelets paoniformes, pas la moindre miche boniche, la moindre complicature, dĂ©sourcillĂ©, rabibochĂ© le plus frĂŞle litige mitigieux ! Rien du tout ! Jamais ! Miteux ! Bobardiers laryngiques ! Furies râlantes, ravagières, se faribolant Ă perte d’enfer de tous Ă©mois crougnotteux ! Tâteurs de situations ! Chiasses ! Je m’enfulmine je l’avoue ! Je brouille ! Je bouille ! Je taratabule ! Je fatigue ! Je m’époumone ! J’essouffle ! J’éructe cent mille vapeurs ! Torves rapaces ! Trompeuseries ! Je vous matte depuis lurette… Je vous vois filtrer, chancres Ă©chus, noires comploteries… ! Velus chenilleux stratagèmes ! La Paix ? La Paix avec les Flamands ? Paix donc vous-mĂŞmes ! Je sais bien ce que vous allez troufignoliser, ourdir, sinueux, en ces trĂ©fonds… L’estouffatoire ! Le boyautissime nougat ! Je dis ! Pour qui m’escroque !
Le jour de bander enfin arrive ! Ă€ poil ! Et que chacun son tour, Ă sa chance les affronte ! En lice !… Que le plus allĂ©grant, incitant dandillant lui file deux doigts dans le trou du cul ! Qui dit mieux ? Trois ? Qui dit mieux ? Quatre ? Toute la poigne ? Ils sont vainqueurs ! C’est enlevĂ© ! Paix ! Pluie d’or ! OndĂ©e miraculeuse ! Dont enfin le succube Royal, ne tondera pas un fifrelin ! cornu sorcelleux ! C’est lui qui fera l’expert quand mĂŞme, retors regardant, il saura bien si on l’arnaque, il s’y connaĂ®t en passes faisanes ! Si c’est pas moi, si c’est pas vous… Qui c’est donc qu’est le coupa-a-able ! Si c’est pas moi, si c’est pas vous… Qui c’est donc qu’a fait le coup ! La Royale ComĂ©die Belgitude Patrie n’est plus qu’une carambouillerie Ă©lectorale très dĂ©gueulasse, une fantastique entreprise de duperie pour belgo-naĂŻfs, brimĂ©s, saignĂ©s, escroquĂ©s cent et mille fois cruellement par les socialisants escrocqs et par le pouvoir monarchique absolu. Elle entre en agonie. GangrenĂ©e plus qu’il n’est possible, elle se dĂ©compose par scandales. Ce ne sont plus que lambeaux purulents que les politicards s’arrachent malgrĂ© tout chaque jour encore quelques nouvelles gâteries, bribes cadavĂ©riques, s’en bâfrent, bombance ! Prospèrent, jubilent, exultent, dĂ©lirent de charogneries. Nous sommes, cons et belges mĂ©langĂ©s, parvenus de compromis en soumissions au stade prĂ©-mortuaire, stade frĂ©missant, intensif, des politiques complots, l’Heure de la Transe, oĂą toute la faune des hyènes de pouvoir engage Ă fond toutes ses batteries, tous ses politiciens, toutes ses troupes militantes, journaleux, bancaires Knockois-le-zoute blanchis, Ă l’assaut des pouvoirs suprĂŞmes, de toutes les commandes, de tous les Ă©changes, prĂ©bendes, fauteuils, trafics, bĂ©nĂ©fices, oĂą l’on mate une bonne fois pour toutes l’indigène, le belge, lui rive Ă la dĂ©glingue, au martyr, son carcan, toutes ses ferrures.
L’orgueil commande ! DĂ©peçage, goinfrage de toutes les richesses de la belgitude, la nĂ´tre ! Conquise, asservie. Énorme partouze d’assassinats spermatiques. Grands massacres de belges indigènes bien crĂ©tinisĂ©s, saoulĂ©s, effondrĂ©s, au prĂ©alable, par le sport, inimaginable, irrĂ©sistiblement hypnotique baratinage, encore Justine qui compte et conte ses milliards d’euros au soleil MonĂ©gasque et est toujours encensĂ©e par les journaleuses affaires comme la princesse des Belgo-cons, mĂŞme applaudie par la MajestĂ© et le Ministre fiscard. La honte… L’entourloupe, la divine comĂ©die… Ca cache le gros qui va chercher ses diam’s en Afrique et qui a placĂ© son rejeton qui a compris toutes les leçons… Pas que lui, y a d’autres fils qui gargarisent, qui comptent aussi les billets, par paquets, la monnaie aussi. Malheureux, critique pas, tu seras fiscalisĂ© comme lobotomisĂ©…Le Processus est infaillible. Le programme Ă©ternel ! Banques, Industries, Ministères, Commerce, Loges… Tous les leviers, tous les profits, tous les privilèges, toutes les immunitĂ©s, toutes les cartes blanches. Simple surcroĂ®t de pavanerie. VanitĂ©. Cet État constitue bien la plus ignoble escroquerie du Patriotisme que l’on puisse rĂŞver. Nous sommes asservis, brimĂ©s, opprimĂ©s, cocufiĂ©s, dĂ©pouillĂ©s, minimisĂ©s, ridiculisĂ©s, Ă chaud, Ă vif, autant qu’il se peut, admirablement, implacablement, frĂ©nĂ©tiquement, trahis il faut ajouter, minutieusement, perpĂ©tuellement, inlassablement, par nos politiques goinfreurs, en toutes poubelles, en tous dĂ©chets, meute Ă la curĂ©e, Ă la ripaille de toutes les gangrènes d’agonie, Ă©perdus au sifflet… Aucune rĂ©sistance. Ils s’installent, exploitent, rançonnent en dĂ©finitive oĂą ils veulent, comme ils veulent, oĂą leur caprice les chatouille. Ils nous enculent, si telle fredaine les anime, publiquement, très impunĂ©ment. Auriez-vous rĂŞvĂ© d’une MaĂ®tresse de l’Instruction Publique ? Vous l’avez. En voulez-vous un autre, MaĂ®tre de nos Ă©conomies ? Vous l’avez ! Juste retour des choses ! Demain ordonnateur de nos abattoirs, s’amusant de savoir Ă quel point l’on peut nous avilir, nous faire ramper, avaler des couleuvres, des hontes, des glaviots.
Et notre belgitude-bourgeoisie ? Si par miracle elle pouvait cesser tout un mois de se surmener la tripe, de travailler du foie gras, de ramper dans les indigestions, qu’on la retrouve en train de rĂ©flĂ©chir, enfin, Ă autre chose qu’à son ventre (le bourgeois chie, il a faim, c’est tout), elle Ă©prouverait peut-ĂŞtre une petite surprise de se reconnaĂ®tre aussi effrĂ©nĂ©ment trahie par ses larbins-politiciens attitrĂ©s. C’est Ă qui de droite et de gauche, plaquera, dĂ©sertera plus vite la mangeoire menacĂ©e, ira, le plus dĂ©votieusement, se faire mettre, virevolte ! dĂ©sinvolte ! en pleine dĂ©magogie ! Le bourgeois, tout en cĂ´lon, si mufle, si fĂ©cal, si vil ne s’aperçoit mĂŞme pas que ses larbins de classe, de plume, le sèment, se disposent Ă gigoter, Ă bambouler Ă©perdument autour du bĂ»cher, pendant qu’il grĂ©sillera… C’est la panique gĂ©nĂ©rale des larbins Ă moins cinq, l’exode en masse vers la dĂ©magogie renforcĂ©e, le nouveau conformisme ! Une affaire ! On se place, on se case, on se loge passionnĂ©ment. C’est la panique au compromis, Ă moins cinq. L’ignominie, la bassesse alimentaire, la goujaterie de tout ce monde, maĂ®tres et valets mĂ©langĂ©s ne dĂ©goĂ»te plus personne, le chien suit la pâtĂ©e, voilĂ tout. Personne n’est plus conscient, tout le monde est insensible Ă force de pourrir, comme la viande trop avancĂ©e ne souffre plus d’aucune entaille. Tout est dit. MaĂ®tres et valets s’en vont en gangrène, conjointement, les uns dans les autres, en fange, en mĂ©lasse, sans qu’une seule fibre plus ne rĂ©agisse. Trahis et traĂ®tres, charognes de mĂŞme, amalgamĂ©s, confondus….
Dans l’énorme bacchanale propagandiste, les tĂ©lĂ©visions donnent leur maximum. On pouvait s’y attendre. Les reportages sont exorbitants de haine dĂ©mocratique. Absolument dĂ©monstratifs de la fantastique dĂ©gueulasserie, irrĂ©futables, tandis que tout transportĂ©s au contraire Ă l’admiration palpitante pour les chevaleresques politiciens dĂ©mocratiques de leur bord, de plus en plus pacifiques, protecteurs des opprimĂ©es minoritĂ©s linguistiques, dĂ©fendeurs du droit menacĂ©, remparts des libertĂ©s dĂ©mocratiques. Ce ne sont qu’atrocitĂ©s, villes carambouillĂ©es, hideurs, dĂ©combres intellectuĂ©lisants, martyrs pantelants partout oĂą la BĂŞte linguistique s’est abattue. Atroces rapines, ruĂ©es diaboliques. Des heures de spectacle permanent. On nous gave de documentation catastrophique. Le remède est Ă cĂ´tĂ© du mal, heureusement ! On nous le prĂ©sente. Il dĂ©file… Pour sauver, protĂ©ger, la libre dĂ©mocratie royale ? Quel moyen ? Quel remède ? Je vous le demande ? Sur qui cette belgo-dĂ©mocratie peut-elle compter ?… Mais sur votre viande ! Vous ĂŞtes servis ! Et figures toujours plus Ă©mouvantes d’olympiens, binoclĂ©s, scellĂ©s, secrĂ©teux dignement rĂ©probateurs. Faux tĂ©moins. Crapules exĂ©cutantes des grands desseins. Tartufes effrĂ©nĂ©s, pousseurs au crime, pompeux digresseurs, pourvoyeurs fanatiques, provocateurs en tous carnages. Pour porter au comble l’enthousiasme de cette lumineuse propaganderie, de prodigieuse portĂ©e libĂ©ratrice, l’on nous donne Ă prĂ©sent la touche royale, le dernier recours ! Le bouquet ! En personne ! Au plus immense agrandissement ! Toute la grimace ! Contorsion, baverie, hurlerie imprĂ©catoire ! En belgitude Ă©tat, tout est toujours plus dĂ©mesurĂ©, encore plus Ă©norme ! Plus pitre !
Je vous fascine ! Je vous tance ! Vous admoneste ! Vous adjure ! Vous hypnotise ! Et ça gronde et ça tempĂŞte ! Ça tonitrue ! Qu’on s’Ă©lance dans les conflagrations tout de suite ! Purificatrices ! Tous ils rĂ©pètent la mĂŞme chose ! Ils nous dĂ©clarent bien Ă©quivoques dans nos façons de lambiner, de rĂ©flĂ©chir sur les dĂ©tails… Le devoir, la Nation Belge, unis, l’onion fait la farce…Et c’est pesĂ© immĂ©diatement, très irrĂ©futable ! Ils nous l’annoncent, ils nous promettent, si nous sortons de nos torpeurs, des Ă©purations linguistiques des deux bords, pharamineusement triomphantes, des victoires dĂ©mocratiques absolument libĂ©ratrices, de quoi bien tous nous passionner, de feux fuyants en faux fuyants, pendant encore au moins quelques temps…, nous aurons sauvĂ© la belgitude ! La gâterie dĂ©passe toute estimation ! Que l’on pavoise ! C’est gagnĂ© ! Qu’on lampionne tout de suite ! Et que ça lambille de Knocke Ă Virton ! L’avenir est Ă nous ! Le formateur nous le confectionne ! Il insiste encore… Ah ! nous voici sonoriquement prĂ©venus ! Rien Ă rĂ©futer. L’avenir tout saignant, pâmant, juteux Ă point, bleu de mouches, savoureusement cadavĂ©rique. Il nous met les points sur les i ! : Que ça doit pas recommencer l’histoire de la petite Belgique ! Comprenez le tortueux tartufier, les complotiques ghettos linguistiques folies…La ruĂ©e de l’infâme ! Écoutez ces fumiers qui sont dĂ©jĂ tout bandant, affutant, spumeux Ă la porte… C’est rĂ©voltant pour des âmes pures, comme moi…
Ah ! Vous avez juste une minute pour conjurer la catastrophe ! L’écroulement de la belgitude patrie, le roi et sa famille en clochardisation, juste occupĂ©s Ă compter et recompter l’or du carnage-congo, l’or des 10 millions gĂ©nocidĂ©s, caoutchoutĂ©s ! La calamitĂ© inexpiable ! Allons que ça fonce ! Aux dĂ©pĂ´ts ! Eperdus de joie ! Ă€ la gĂ©ante Ă©chauffourĂ©e en hordes salvatrices puantes le meurtre et l’oignon qui fait la farce belgĂŻe ! Ah ! C’est pas par des propos nuancĂ©s, des philosopheries insidieuses, c’est par des injures très tonitruantes, des engueulades catĂ©goriques, des provocations bien rugies, des sommations d’ultime urgence, qu’on nous rĂ©veille les sentiments. En des temps moins Ă©quivoques, on aurait trouvĂ© facilement les motifs de 12 ou 15 ultimatums. Des “casus-belli” plein la crèche. Personnellement je trouve les anciens dictateurs fabuleusement dĂ©bonnaires en comparaison, admirablement magnanimes, infiniment trop, Ă mon sens, pacifistes bĂŞlants pour tout dire, hors concours, par acclamations ! Ça durera peut-ĂŞtre pas toujours. Les glaves ça retombe quelquefois, et tout en vitriol. Mais c’est bien trop espĂ©rer des astres et des vents de ce monde.
L’adorable c’est que ces conneries terribles, c’est pareil que dans les rues Ă putasseries viandĂ©es, ou les chiefs rutilent, flamboyants, en pleine prospĂ©ritĂ©, gloire… Les mĂŞmes singeries, sans aucune prĂ©tention artistique, mais alors directement sadiques, catĂ©goriquement Ă©rotiques, lupanaresques, cruellement onaniques, dont le client est langue pendante, queue perdue, sperme en poison. Le traquenard Ă la miche folle, le chantage au cul bouillant. Comme spectacle c’est pas difficile, on comprend tout de suite, ça consiste rien qu’en coĂŻts, mais mimĂ©s, des “eaux Ă la conasse” fougueusement simulĂ©es, par des artistes typiquement splendides, des crĂ©atures bouleversantes, bandatoires Ă mort, faut reconnaĂ®tre…, des brunes, des blondes, des longilignes, des rouquines, des menues, des trapues, des langoureuses, des chichiteuses, des sauvages, des dodues, des vampiriques, des fulgurantes, tous les goĂ»ts. Pas de dĂ©goĂ»t. Un assortiment diabolique de carnations Ă©blouissantes. Du sex-appeal vertigineux, le tout en convulsions Ă©garantes, ondulatoires. Offrandes, reptations, trĂ©mulations, extases hypnotiques… En musique toute cette fantasia, insistante, baratinante, impitoyable. Comble de la Tentalerie. Ces stupres ne nous sont offerts qu’après d’interminables, très rĂ©ticents dĂ©shabillages, allĂ©es, venues, voltes, Ă©chappĂ©es, revenez-y de croupes, gigoteries de fessiers, fricoteries vibratoires, effrĂ©nĂ©sies de charmes, Ă©cartement de toisons, dĂ©lires de moules, tribulations merveilleuses de tous les trĂ©sors au pavois… Ça va mal ! Ça va trop bien ! Des sĂ©ances pareilles seraient impossibles ailleurs qu’en belgitude patrie. Saloperies bien documentaires sur nos manières si rĂ©voltantes, notre dĂ©gĂ©nĂ©rescence cĂ©lèbre, nos dĂ©bordements obscènes, nos moeurs de tarĂ©s monstrueux, lĂ©gendaires, excellentes, Ă©ducatrices au possible, vrais spectacles de prĂ©servation sociale. C’est un tout. Le cycle est fermĂ©. C’est du rapprochement linguistique ou je ne m’y connais pas. On nous a vu aux actualitĂ©s franchouillardes, le beau prĂ©sentateur costumĂ© a dit que c’est tout comme nous allons aux singes, au Jardin des plantes… La Frnce se marre de leurs facĂ©ties, de nos saloperies, de nos trouvailles trouducutières, de nos branleries dĂ©sopilantes, de notre priapiste Daerdenais atterrant. On ne demande pas aux macaques d’être rĂ©servĂ©s dans leurs moeurs. On nous en demande pas tant non plus ! Au contraire ! Ça serait une grande dĂ©ception pour toute la France, si on nous trouvait un jour autrement qu’invinciblement dĂ©gueulasses, hantĂ©s par le Palais, hallucinĂ©s par la conasse bleue, Ă©perdus d’éjaculations pour ses divins maquillages, dans toutes les conditions possibles et les plus grotesques, les plus infamantes, les meilleures, les plus belges, forcĂ©ment, les plus pittoresques Ă regarder. D’ailleurs, pour plus de certitude, pour la garantie d’origine, le pitre Daerden, foudrĂ©, fardĂ©, en grande tenue d’officier de Hussards, parade, vocifère, ameute ! : Entrez ! Entrez ! Vous serez contents ! Vous regretterez pas votre temps ! Vous allez voir Ă l’intĂ©rieur, Messieurs, Mesdames ! Le plus beau spectacle ! L’inoubliable spectacle ! absolument belgo-belge ! Le plus vĂ©ritablement royal ! L’officiel !… La vie amoureuse des belges ! Spectacle que tout français doit avoir vu ! Entrez !
Nous sommes maintenant tombĂ©s si bas dans l’estime universelle (la conscience universelle dont nos cancans sont pleins), que la connerie universelle qu’est pourtant bien une fiente affreuse, peut tout de mĂŞme se payer le luxe de nous glaver gratis. Ils oseraient jamais faire ça aux mĂ©tèques les plus dĂ©prĂ©ciĂ©s, les plus mal blairĂ©s, mĂŞme au Japonais, mĂŞme aux Mexicains, mĂŞme aux pires moudjikans tordus. Ils auraient peur des histoires. Mais avec nous ! Pourquoi se gĂŞner ? Qu’ils auraient bien tort ? Qu’ils ont vraiment rien Ă craindre ? Que c’est entendu qu’on est merdes ! Encore un truculent spectacle Ă ne louper Ă aucun prix. Par contre, Ă l’inverse de la dite dĂ©cadence wallone, les flamands sont considĂ©rĂ©s comme des gaillards prestigieux, des vicieux de la folle ceinture, qui se prĂ©lassents dans l’inĂ©dit, les trucs les plus exorbitants, le caviar Ă la louche. C’est plus de la passion, c’est de la vraie furie pour renifler, machillonner tout le sortilège du luxe, toute l’opulence, pour la gigantesque panse, le fantastique tout en or, avec d’éblouissants coffrets, dessous, dessus, de l’or ! Boutiques, terrasses, coiffeurs, piscines, bars, sur-bars, et contre-bars tout ruisselants d’or ! Ascenseurs, musiques, absolument garantis or ! PlaquĂ©s or ! Sertis or ! Fondus or ! Tout or !… Le flamand se nourrit d’or, s’en bâfre, s’en regorge, s’en dĂ©gueule, s’en Ă©vanouit. La Flandre selon les wallons, en gicle partout, ça pisse l’or, les bienheureux flamands tombent malades d’or. Ils vont, surgavĂ©s, crever d’or. Le formateur flamand, accourt tout en or pour Ă©mollir un peu les tripes wallones, obstruĂ©es, les faire filtrer. Douleurs trop divines ! C’est le Paradis ! La divine grouillerie… L’unanimitĂ©, la communion dans l’or ! La haine des autres c’est pour nous. Toute la Flandre en transe, affolĂ©e de condiments, d’omnipotence, bâfre sept jours sur sept nuits sans dĂ©semparer, toutes les provinces Ă la curĂ©e des menus de plus en plus formidables, Ă rugir d’extase, de transsubstantations alimentaires, par langoustes, limandes en or, artichauts d’or, Ă©pinards de mĂŞme, poulardes Ă la fraise, en or. On ne sait plus. Des stupres de matières avalables Ă faire rouler les vagues de la mer di nord, bord sur bord, c’est l’exquis vertige jubilant, ruisselant, Ă©panoui, abracadabrant d’or… Au point oĂą nous en sommes, dans l’extrĂŞme pĂ©ril royal, en pleine cancĂ©risation fumière, oĂą nous enfonçons Ă vue d’oeil, stagnants, ce qui demeure, ce qui subsiste de la population belge devrait ĂŞtre pour tout rĂ©el patriote infiniment prĂ©cieux, intangible, sacrĂ©. Ă€ prĂ©server, Ă maintenir au prix de n’importe quelles bassesses, compromis, ruses, machinations, bluffs, tractations, crimes. Le rĂ©sultat seul importe. On se fout du reste ! Raison d’État ! La plus sournoise, la plus astucieuse, la moins glorieuse, la moins flatteuse, mais qui veut Ă©viter une guerre linguistique. Rien ne coĂ»te du moment qu’il s’agit de durer, de maintenir la royale majestĂ© et sa suite pour qui se serait la fin de la musique, la bascule dĂ©finitive, le dĂ©part en Suisse, ou au sud, rejoindre Justine…., animĂ©s d’une tĂ©nacitĂ© atroce, unanime, d’un esprit de suite infernal…
Nous voici parvenus Ă ce degrĂ© d’hĂ©bĂ©tude, de dĂ©crĂ©pitude abjecte, oĂą mĂŞme l’instinct de conservation nous abandonne, dĂ©goĂ»tĂ©. Plus un seul patriote en belgitude. Tous vendus, trouillards, pourris, Ă©perdus d’honneur soi-disant, transis de pĂ©toche, de toutes les trouilles, trouille de louper un nougat, trouille de perdre l’appĂ©tit, le sommeil, la transpiration, la petite amie, la concierge, le facteur, la jaquette, le petit ami, le demi-tarif, mes civilitĂ©s empressĂ©es, la queue pluvieuse au cinĂ©ma, leur petite tĂŞte, une plus Ă©norme dĂ©coration LĂ©opoldine. Comme patriotes nous n’avons plus, patentĂ©s, que ce terrible ramassis de vĂ©nĂ©rables politicards en rupture, perclus Ă prĂ©bendes, fantoches infiniment repoussants, ventriloques pour toutes trahisons, encaisseurs. Mais ça cause, ça n’arrĂŞte pas, ça chevrote, ça beugle, ça redonde d’un vent dans un autre. Ça obstrue tout. …Dans cette royale dĂ©mocratie larbine, ça n’existe plus les chefs patriotes. En lieu et place c’est des effrontĂ©s imposteurs, tambourineurs prometteurs d’avantages, de petites et grandes jouissances, des maquereaux d’avantages. Ils hypnotisent la horde des dĂ©sirants, aspirants effrĂ©nĂ©s, bulleux d’avantages. Pour l’adoption d’un parti, d’un programme, c’est comme pour le choix d’un article au moment des rĂ©clames, on se dĂ©cide pour le magasin qui vous promet le plus d’avantages. Quand ça devient des racailles pareilles y a plus besoin de se gĂŞner. C’est du temps perdu. Des efforts pour le caca… tout Ă fait inutiles… Plus de mystique possible. Aucun rĂ©tablissement possible. C’est fini. Culbute. Que des boyaux avides partout. Juste des conflits d’égoĂŻsmes, implacables, que les politicards, de pères en fils, admirablement truquent, tripatouillent, irritent, enflamment, Ă©touffent, embringuent, tarabiscotent Ă leur profit…. La conjuration politicarde seule vĂ©ritable rĂ©ussite de notre belgitude. Nous n’avons plus de patriotes. C’est un regret de bĂ©tail, on en a presque jamais eu de patriotes. On nous a jamais laissĂ© le temps. D’une trahison dans une autre, on a jamais eu le temps de souffler… D’une guerre dans une autre…On nous a toujours trafiquĂ©s, vendus comme des porcs, comme des chiens, Ă quelque pouvoir hostile pour les besoins d’une politique absolument vide, toujours dĂ©sastreuse.
Qui mijote, sème, propage, fricote, je vous le demande, magnifie, pontifie, virulise, sacremente cette saloperie suicidaire ? Ne cherchez pas ! Nos farceurs gueulards imposteurs Patriotes, notre racket nationaliste, nos chacals provocateurs, nos larrons patriotes à tout vendre, tout mentir, tout provoquer, tout fourguer, transitaires en toutes viandes, maquereaux pour toutes catastrophes. Patriotes pour cimetières fructueux. Des vrais petits scorpions apocalyptiques qui ne reluisent qu’à nous faire crever, à nous fricoter toujours de nouveaux Déluges. De notre petite vie personnelle, de notre vie, ils se branlent effroyablement. C’est le cadet de leur souci. Inutile de dire ! Ils se doutent même pas que ça existe ! Nous ne tenons aucune place dans leurs préoccupations sauf pour nous à la pipe. Ça leur paraît même infamant, trivial, révoltant, cette manie d’être renseignés, cette folie qui nous pousse à demander le pourquoi on se tape dessus entre communautés, flamands contre wallons et inversément ? Des chichis devant l’abattoir ? C’est une vraie ignominie anti-démocrate ! Anti-humanitaire, anti-progressiste, anti-tout ! Notre petite vie personnelle leur est bien égal, à plus forte raison notre existence collective. Je parle pas de plus, ils se pouffent ! Pas la moindre place nous tenons dans l’esprit entreprenant de nos patriotes à tout faire. Ça les embarrasse jamais ce qu’on va devenir nous autres, dans les fantasias de la guerre linguistique, ça leur semble moins que rien comme contingence. Des véritables insultes que toutes ces rages d’explications ! Ces scrupuleuses ! Ces analyses ! Ces farfouillages plus que douteux dans les dessous patriotiques ! Ils se formalisent. Ils nous traitent d’obscènes. Dans le bastringue aux pires tapins, dans les plus ramoneux bordels, y a des questions qu’on ne pose jamais, des mots qu’on peut pas se permettre. Toujours, partout, y a de l’étiquette, il faut connaître, il faut se souvenir.
Vous aurez beau regorgez d’or, de cuivre, de blĂ©, de laine, de pĂ©trole, possĂ©der toutes les mĂ©caniques les plus mirobolantes du monde, toutes les richesses, tous les trĂ©sors imaginables, si la dĂ©magogie travaille vos masses, vous n’arriverez quand mĂŞme Ă rien, vous serez pourris au fur et Ă mesure, vous crèverez de matĂ©rialisme, de surenchère. Rien ne vous sauvera. Vous n’aurez le temps de rien faire. Vous ne rencontrerez jamais devant vous que des gueules ouvertes, des langues pendantes. Vous ne construirez, vous n’achèverez jamais rien. Vous n’aurez jamais le temps de rien Ă©difier, vous serez sapĂ©s par les ouvriers mĂŞme de votre oeuvre. Vous vous effondrerez dans votre propre chantier, vous n’élèverez que des ruines. Vos masses envieuses, muflisĂ©es, rationalisĂ©es, prosaĂŻsĂ©es, enragĂ©es de matĂ©rialismes, exigeront toujours plus de matière que toutes vos mĂ©caniques, les plus productrices, les mieux tourbillonantes vous permettront jamais de leur distribuer, surtout Ă©galitairement. Vous ĂŞtes frits. Rien ne vous sauvera. Vous n’arriverez jamais Ă joindre les deux bouts. Vous aurez beau promettre, surpromettre, et promettre encore, vous faire Ă©clater de promesses, vous ne contenterez jamais personne. Vous serez toujours distanciĂ©s par cent mille autres nouveaux bobards. La rage, le chantage, le dĂ©lire matĂ©rialiste surpasseront toujours et comment, vos pires mirages, vos pires engagements, les plus Ă©hontĂ©s, les plus culottĂ©s, les plus faribolants. MĂŞme l’armature de votre boutique sera saccagĂ©e en fin de compte. Votre propre système Ă produire les richesses s’écroulera comme tout le reste, sous les assauts du peuple, dans la boulimie dĂ©lirante populaire. L’imagination matĂ©rialiste nous condamne Ă l’infini dans la destruction, la philosophie matĂ©rialiste, la poĂ©sie matĂ©rialiste nous mènent au suicide par la matière, dans la matière. Tous ces acharnements prosaĂŻques ne sont qu’autant de trucs de la matière pour nous dissoudre, nous rattraper. Les hommes Ă©pris de matière sont maudits. Lorsque l’homme divinise la matière il se tue. Les masses dĂ©spiritualisĂ©es, dĂ©poĂ©tisĂ©es, sont maudites. Monstrueuses cafouilleries, virulentes anarchies cellulaires, vouĂ©es dès le chromosome Ă toutes les cancĂ©risations prĂ©coces, leur destin ne peut ĂŞtre qu’une dĂ©composition plus ou moins lente, plus ou moins grotesque, plus ou moins atroce. Les Mystiques ne proviennent d’aucune âme avouable, ce sont les produits honteux de tĂŞtes crapautiques, les jus de quelques Ă©pileptoĂŻdes, de quelques camouflĂ©s satrapes, en complot. Pourquoi nous le dissimuler ? Éperdus de matĂ©rialisme, passionnĂ©s de choses, de luxe, de pondĂ©rable, de raisonnable, de bouffable, de roulable, de vendable, de ventrable, la matière nous a muflisĂ©s, avilis, banalisĂ©s, ahuris, affadis, asservis Ă en dĂ©gueuler de nous connaĂ®tre. Spirituellement, nous sommes retombĂ©s Ă zĂ©ro, atterrants, ennuyeux Ă pĂ©rir. Tous nos Arts le prouvent, nous rabâchons Ă peu près, avec quelques futiles variantes, les mĂŞmes Ă©culeries sentimentales… Amour ! Re-Amour ! Pas d’Amour ! Plus d’Amour ! La rage du cul sous toutes ses formes : Jalousies… Caresses… Tendresse… Tristesse… sempiternellement… La hantise charnaĂ®le, toute la bandocherie si banalement Ă©jaculatoire travestie mystique ! La dĂ©gueulasserie mĂŞme ? Notre âme ! Toute notre fiertĂ© spirituelle ? L’Amour !… Plus d’amour ! Re-encore de l’Amour ! Éperdus d’Amour ! Sans jamais nous lasser, sans mĂŞme plus y penser, sans y croire. Obscènes, grotesques sans le savoir, très pompeusement, machinalement. Les lamas dans toute leur crasse tourbillonnent aussi leurs petits moulins Ă prières, machinalement, majestueusement.
Le fond d’un homme est immuable. Ce pays, Royaume des Larves, des enflures saoules, par le bonneteau politique, le jeu des paniques, des grèves perlĂ©es ou formidables, les fripouilleries endĂ©miques, se trouve aux 9/10ème ruinĂ©. Et puis encore le petit dixième qui reste, l’ultime subsistant, faudrait pas se faire d’illusions, il a aussi pris le train de mĂŞme. Si les politicards hĂ©sitent un tout petit peu Ă nous ruiner Ă zĂ©ro, comme ils pourraient très bien le faire du jour au lendemain, c’est pour pas vider la bĂŞte complètement, avant qu’elle arrive aux Arènes, Ă la suprĂŞme Corrida, qu’elle fournisse encore une course Ă peu près dĂ©cente, que les spectateurs lointains en aient tout de mĂŞme pour leur pognon. Mais, enfin, ça va se terminer. Ça peut pas durer toujours, les sursis. Le petit bourgeois ce qui le tracasse, le coagule, le chiffonne Ă©normĂ©ment c’est la destruction des rentes, la fonte des Ă©conomies, il peut pas s’y faire, ça le dĂ©passe. Ça le dĂ©moralise. C’est trop d’escroqueries coup sur coup. Qu’à cela ne tienne ? Toutes les concessions doctrinales pourvu que Petit Bourgeois laisse pas tomber la royale famille… VoilĂ l’essentiel ! Les petits cadres ne se recrutent bien que dans la petite bourgeoisie, Ă©volutions de masses impossibles, plus de raccrochage au terrain. La tĂ©nacitĂ©, le ressort, la tĂŞte de cochon dans le malheur, la fiertĂ© du devoir accompli, le sens hargneux du sacrifice, toutes ces balancelles sinistres sont des vertus petites-bourgoises, très proches parentes traditionnelles du “très bien savoir se priver”, du “jamais rien prendre Ă crĂ©dit”, de la “prĂ©voyance du lendemain”, de la “fĂ©roce Ă©conomie”, de “l’existence pauvre mais honnĂŞte”, du “rien demander Ă personne”, du “faire honneur Ă ses affaires”. Ces dignitĂ©s cafardeuses font merveilles. Elles valent aux ministères leurs extraordinaires petits cadres, admirablement sĂ©rieux, valeureux, de bravoure tranquille, sans limites, infiniment prĂ©voyants de toutes les embĂ»ches, inlassablement redresseurs de toutes les situations, les plus prĂ©caires, les plus effroyables, mĂŞme si dĂ©faillants, dĂ©primĂ©s, vautrĂ©s, saouls comme Daerden, exigeants pour les autres, gaspilleurs, d’hommes, de mots, toujours regardants, toujours soupçonneux, pas spectaculaires pour un rond, petits gradĂ©s parfaitement irresponsables, toujours les premiers Ă la pipe du midi dans lesbordels voisins, sans arrière-pensĂ©e. Citations et mĂ©dailles peuvent les rĂ©galer vu leurs dispositions jalouses, hargneuses, dĂ©nigrantes. Les honneurs pour autrui les vexent. Petits Bourgeois de la sorte, si crasseux, si rebutants, si dĂ©gueulasses, si peu lyriques en temps de rien, deviennent facilement martyrs extrĂŞmement susceptibles qui calanchent comme ils ont vĂ©cu, dans la haine. C’est pas les cohortes ouvrières rugissantes de bourdes conasses, perdues en pitanche, pourries de slogans marxistes, absolument hĂ©bĂ©tĂ©es, larbinisĂ©es, vachardisĂ©es par les jĂ©rĂ©miades revendicatrices, qui vont comme ça, du jour au lendemain, relever les petits-bourgeois dans les petits cadres ! Clopinettes !Prolo a pas le sens du devoir, il faut que le boulot le conduise, sans pointeau il existe pas. Sans la gradaille bourgeoise au cul, tout seul, c’est plus qu’un robot jouisseur, un anarchiste fade. Le peuple il est rien du tout, que de la gueule et du moindre effort. L’ouvriĂ©risme c’est pour la gueule, pour les Ă©lections, pour les chorales, pour l’humanitĂ©, pour le théâtre, c’est pas pour les moments tragiques.
Attendez mes turlupins ! Vous allez jouir ! On vous estime Ă vos valeurs en très haut lieu ! On vous prĂ©pare des fins d’artistes ! Des rĂ©vĂ©lations mirifiques sur vos authentiques natures ! Bougez pas ! Des reluisances royales ! Je vous le dis, y a du profit, des pintes de la meilleure humeur Ă parcourir les journaux, radios et tĂ©lĂ©visions, Ă s’ébahir, se tamponner, un peu plus encore, sur les façons qu’ils peuvent mentir, troufignoler, travestir, exulter, croustiller, vrombir, falsifier, saligoter le tour des choses, noircir, rosir les Ă©vĂ©nements selon la couleur des subsides, dĂ©rober, pourfendre, trucider, rodomontader, pirouetter, selon l’importance des enveloppes. D’offusqueries en extases, c’est merveille ce qu’ils peuvent Ă©teindre, rallumer, bouillir, congeler l’opinion des truands mornes. La voltige entre les lignes. C’est un rĂ©gal par exemple la manière qu’ils surpassent autour des mics-macs ! MĂŞme les cons ils en bectent, ils s’en dĂ©lectent, de cette putasserie tragĂ©dique. Ils en reveulent, ils en redemandent. Les plus insurgĂ©s d’habitude, qui vont au pĂ©tard pour des riens, pour un petit frĂŞle soupçon, comment ils foncent ce coup-ci se faire endormir ! C’est merveille ! Elle nous oublie pas non plus “la sĂ©crĂ©ture d’Ă©tat” pendant les crises. Elle connaĂ®t nos presses, nos radios, nos TV, comme pas une. Elle dĂ©cuple tous les effets du mystère, de l’anxiĂ©tĂ©, par des distributions pĂ©pères, Ă pleines rĂ©dactions, corbeilles, de toutes bouleversantes rĂ©ticences, confidences, dessaleries, redondances, mille et cent chichis, extrĂŞmement propices Ă faire perler, bouillir, cailler, rebondir le trèpe. C’est repris par nos larbins journaleux, ça se diffuse en nuĂ©es si denses, affolantes, que dĂ©jĂ des annĂ©es d’avance, on ne discerne plus rien du tout des choses des contours, des horreurs. La presse aux ordres, vogue et frĂ©tille après les bobards qu’on lui jette, comme les cabots tortillent, s’acharnent après leur os en caoutchouc. Pendant que les gens s’épuisent, se crèvent pour des morceaux de vent, les chefs aux cuisines fricotent, farcissent, tarabisquent nos restes, ils nous refilent aux arlequins, aux vomissures du destin, en Ă©normes “BouchĂ©es Catastrophe”.
Toute vĂ©nalitĂ© mise Ă part, toute coquinerie personnelle, les frais d’un parti sont Ă©normes, avec journaux, dispensaires, rĂ©unions, procès, affiches, urgences, etc… C’est un dĂ©ficit perpĂ©tuel. Il faut du plâtre, il en faut de plus en plus, tout de suite, beaucoup, liquide, sans phrases…Toutes les Ă©chĂ©ances sont tragiques…Les cotisations du rang, la vente au public du cancan, ça peut pas boucher tous les trous, ça peut servir que d’accessoire. Il faut des dotations sĂ©rieuses, des souscriptions très massives pour renflouer la trĂ©sorerie sans cesse implorante, des bienfaiteurs, connus en Bourse. C’est la condition vitale pour tous les partis d’aller piquer le blĂ© oĂą il se trouve… Personne n’échappe… tĂ´t ou tard…Tous les partis, tous les journaux, sauf rarissimes, stoĂŻques exceptions, ne sont en dĂ©finitive qu’autant d’arrière-Loges, tambouilleries maquillĂ©es, ardents subterfuges, miroirs pour alouettes. L’opinion dĂ©mocratique sort toute chaude de ces guets-apens, continuellement amĂ©liorĂ©e, renforcĂ©e, de plus en plus fĂ©brilement. Qu’importe donc les Ă©tiquettes ! Les dĂ©nĂ©gations offusquĂ©es, furieuses, judiciaires, puisque malgrĂ© tout c’est qui tient les ficelles et la caisse ! En politique dĂ©mocratique c’est l’or qui commande. Le reste c’est des mots. Celui qui veut parler aux foules doit d’abord s’adresser aux possesseurs d’or, demander l’autorisation pour ensuite jouer les castagnettes. Après ça, il peut bien hurler… tout ce qu’il voudra, sur n’importe qui, pour n’importe quoi, Fourons, BHV, Orange bleue, flamands, wallons ! Aucune importance ! Tout lui est permis, il trouvera toujours du pognon, s’il respecte les conditions, s’il parle jamais de la petite chose… sauf en bien… S’il rĂ©pète très ponctuellement les bonnes phrases taboues… au moins deux fois par semaine… Les ralliements essentiels de la Grande Boutique… C’est la mĂ©thode voyez-vous de l’habiletĂ©, du jeu finaud sur deux tableaux… dont nous crevons, malice des malices ! De plus en plus habiles, strabiques redresseurs rampants, plongeants, pourris confirmĂ©s, boursouflĂ©s, marrants putricules Ă grimaces, chavirĂ©s en tous lieux immondes. Pas le moindre petit sursaut, le plus abrĂ©viĂ© hoquet, dans tout cet Ă©tal d’agonies, dans tout ce tripier d’infections, le plus frĂŞle indice de rĂ©volte, que vomir, dĂ©gueuler Ă la fin des fins. Rien du tout.
Peut-ĂŞtre vais-je vous fasciner vous aussi ? Peut-ĂŞtre que je vais vous faire rendre ? Peut-ĂŞtre allez-vous me trouver odieux ? Assommant au possible ? Peut-ĂŞtre allez-vous me honnir ? Si vous m’avez lu jusqu’ici c’est dĂ©jĂ du tempĂ©rament, c’est dĂ©jĂ la preuve d’une haine solide. Mais la suite est admirable. Je vous prĂ©viens très courtoisement. L’émouvant rĂ©capitulatif de toutes les tergiversations des 50 chapitres liminaires… Vous n’aurez pas Ă vous plaindre !… Avec toutes conclusions “ad-hoc !”… Extra fortes !… Architecturales !…Moi c’est vers la fin que je triomphe, dans l’envol pathĂ©tique, le surpassement, le bouquet ! Je suis de ces auteurs qu’ont du souffle, du rĂ©pondant, du biscoto. J’emmerde le genre entier humain Ă cause de mon rĂ©pondant terrible, de ma paire de burnes fantastiques (et bordel de dieu je le prouve !) Je jute, je spermate, je conclus, je triomphe, je trempe la page de plein gĂ©nie… De vous Ă moi, c’est ce qu’on me pardonne pas du tout, Ă la ronde, ce qu’on me pardonnera jamais, jamais, la façon que je termine, que j’achève les entreprises, que je vais au pied comme une reine, Ă tous les coups. Ils voudraient bien me faire mourir, mes Ă©mules, par chagrins, par mĂ©chants propos, me faire pĂ©rir sous les morsures d’une foison de cancrelats, sous les venins d’une pullulation atroce d’aspics effroyablement voyous, martyrivores. Mais ma peau de vache me protège, jusqu’ici j’ai rĂ©chappĂ©. Y a pas besoin de se frapper. La roue tourne. Elle en Ă©crasera, sĂ»r, encore, des hommes et des hommes. Des millions et puis des millions. Ceux-ci, ceux-lĂ et puis bien d’autres, ça n’en finira jamais.Ils fonceront toujours aux tueries, par torrents de viandes somnambules, aux charniers, de plus en plus colossaux, plantureux. Y a pas de raison que ça se termine. C’est leur nature. Y a pas besoin de les exciter. Ils se prĂ©cipitent. Personne peut jamais les retenir. Ils parlent que de leurs “avantages”, ils en comprennent pas le premier mot. Ils veulent rien apprendre du tout. Ils sont fainĂ©ants d’âme et de tĂŞte. Les Ă©vĂ©nements s’accompliront. Ils iront se faire Ă©crabouiller. Ainsi de suite. Puisqu’ils veulent rien comprendre, puisqu’ils veulent rien apprendre, puisqu’ils veulent rabâcher toujours, toujours les mĂŞmes conneries, très bien ! Très bien ! Ils seront gâtĂ©s les belges ! Ils passeront l’examen quand mĂŞme ! A la grande kermesse des TĂŞtus ! C’est un monde ! D’une façon toute fantastique, par prodigieux Ă©cartèlements, feux grĂ©geois munificents, flamboyantes enrageantes mitrailleries fiscales, très extravagantes fournaises judiciaires, gigantesques bengalades policières, pyrogĂ©nies hallucinantes… Mirifique belgitude patrie !
Chapitre 11
Quelqu’un contre le reste du monde…
On ne peut jamais retenir le bonheur !
Non, pas…
On rĂŞve toutes et tous les mĂŞmes rĂŞves, encore et encore, on ne peut jamais retenir le bonheur.
1998 a Ă©tĂ© le dĂ©but d’une sorte de longue et belgitude agonie.
1998 a vu l’instauration d’une Loi obligeant les gens Ă prĂ©senter leur voiture de collection pour l’obtention d’une sorte de visa dĂ©livrĂ© lors d’un contrĂ´le technique obligatoire…
Cette affaire est la consĂ©quence, en Belgique, d’une suite d’arnaques perpĂ©trĂ©es depuis 1968 (date de l’instauration des certificats de conformitĂ©) par divers fonctionnaires du Ministère chargĂ© de dĂ©livrer les immatriculations.
En gros…, en Ă©change de montants financiers croquignolets, on pouvait obtenir un certificat d’homologation et une immatriculation.
Je ne vais pas, ici, publier les dĂ©tails de ces histoires sordides, sauf que quantitĂ©s d’employĂ©s des centres de contrĂ´les techniques se sont mis de leur cotĂ© Ă vouloir palper des billets en Ă©change de contrĂ´les positifs, tandis que les grosses sommes Ă©taient rĂ©servĂ©es Ă divers fonctionnaires du Ministère en Ă©change de certificats d’homologation…
Ce train-train a Ă©tĂ© mis Ă mal par l’arrivĂ©e de la CommunautĂ© EuropĂ©enne et de Lois et Prescrits alignant diverses obligations similaires pour tous les pays membres…
Aussitot, les bĂ©nĂ©ficiaires-fonctionnaires, ministres, serpilleurs, analphabètes nommĂ©s Ă vie, et autres orgiaques amateurs des pots-de-vin… ont agi pour obtenir des dĂ©rogations europĂ©ennes afin que leur pays puisse continuer Ă dĂ©livrer des homologations selon : “ses objectifs sĂ©curitaires“…, rĂ©duisant quasi Ă nĂ©ant l’idĂ©e d’une Europe Unie dans laquelle la libre circulation des biens et des personnes Ă©tait une libertĂ© fondamentale…
Ce principe de base a donc Ă©tĂ© rapidement Ă©tĂ© foulĂ© aux pieds…, ce qui a relancĂ© les pratiques de pots-de-vin…
La grande arnaque est venue d’une idĂ©e du PrĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration Belge des VĂ©hicules anciens (FBVA) s’inspirant de ce qui Ă©tait de pratique courante en France selon une idĂ©e “gĂ©nialement-rentable” de la FĂ©dĂ©ration Française des VĂ©hicules Anciens (FFVA), Ă savoir : l’obligation de prĂ©senter tout vĂ©hicule ancien (jusque lĂ exemptĂ©) dans un contrĂ´le obligatoire et payant afin d’obtenir une fiche d’homologation…
Vous multipliez le nombre de vĂ©hicules anciens (Plus de 25 ans d’âge) en circulation (660.000 en France, presque 400.000 en Belgique) par le prix demandĂ© et vous constaterz que l’affaire est plus que juteuse !
En Belgique, les gens normaux et respectueux des Lois (mĂŞme les lois dĂ©biles et iniques) croient que les stations de ContrĂ´le Technique appartiennent Ă l’Etat…
En rĂ©alitĂ©, les centres de ContrĂ´le Technique sont des commerces indĂ©pendants, certains font partie d’une chaĂ®ne, dont les propriĂ©taires sont des investisseurs privĂ©s.
Par exemple, les “CTA” (Centres Techniques Automobiles), appartiennent au Royal Automobile Club de Belgique qui n’a strictement rien de Royal sauf son appellation trompeuse… et volontairement ambigĂĽe !
La FĂ©dĂ©ration Belge des VĂ©hicules Anciens sous l’Ă©gide de son PrĂ©sident, n’avait pas la possibilitĂ© d’obliger lĂ©galement les propriĂ©taires de voitures anciennes Ă obtenir auprès de sa fĂ©dĂ©ration de clubs, la fameuse carte d’homologation-certification d’origine…, et a donc soumis cette idĂ©e auprès du Royal Automobile Club…
L’Amie plus que grande du PrĂ©sident de la section “Historique” Ă©tant la directrice du Ministère chargĂ© des immatriculations et de la gestion des routes et des contrĂ´les techniques, l’idĂ©e lumineuse fut d’Ă©crire les bases d’une Loi obligeant les gnous, propriĂ©taires de voitures anciennes, Ă prĂ©senter obligatoirement leur vĂ©hicule chaque annĂ©e dans un contrĂ´le technique et identitaire…, Ă 5.000 FB soit 125 euros…
125 euros multipliés par environ 400.000 véhicules roulants, cela représentait 50.000.000 euros (2 milliards de Francs Belges anciens) qui iraient chaque année dans les caisses PRIVEES des Centres de Contrôle Technique !
Un sacrĂ© pactole…
La bĂ©nĂ©diction fut donnĂ©e par le dĂ©jĂ innĂ©narable Ministre Socialiste Daerden (celui qui fait le pitre pour glaner-glander des voix innocentes croyant encore aux bienfaits de l’Ă©poque Stalinienne en Wallonie)…
Mais le Ministre des Finances voulut que SON Ministère en retire aussi quelques profits…
Pour faire passer cette Loi, qui n’est qu’une arnaque de plus dans l’arsenal lĂ©gislatif Belge, quelques fonctionnaires ripoux inventèrent une grande fable…, Ă savoir que certains noyaient le marchĂ© automobile de milliers voire de millions de rĂ©pliques de Cobra et de Lotus Seven… et qu’il fallait trier le bon grain de l’ivraie, c’est Ă dire, faire la diffĂ©rence entre les vraies anciennes et les fausses anciennes…
Cela revenait Ă considĂ©rer que toutes les carrosseries en plastique Ă©taient des rĂ©putĂ©es fausses, et les autres des vraies…
Pour faire mousser…, la “patronne” du Ministère donna une confĂ©rence de presse dans un cafĂ© automobile de WoluwĂ©-Bruxelles ou n’Ă©taient prĂ©sents que “Le Moniteur de l’Automobile” et le journal “Le Soir” qui furent “chargĂ©s” de colporter la nouvelle…, afin que le bon-peuple croit qu’il Ă©tait nĂ©cessaire qu’une Loi soit votĂ©e pour assainir le marchĂ©…
J’ai informĂ© l’ensemble des clubs de cette escroquerie… : il suffisait que les clubs s’indignent officiellement et retirent leurs voix Ă la FĂ©dĂ©ration Belge des Voitures Anciennes et par ricochet au Royal Automobile Club pour Ă©veiller l’attention d’autres mĂ©dias non-infĂ©odĂ©s au pouvoir…, mais un marchand important de cette mĂŞme entitĂ© Bruxelloise ou avait lieu cette rĂ©union, a poussĂ© vers l’exact contraire…
Il en sera rĂ©compensĂ© quelques annĂ©es plus tard par un miraculeux incendie qui regonflera durablement ses caisses… (dans le style on retrouve dans son nouveau show-room flambant-neuf, apprĂ©ciez l’humour pompier…, quelques voitures appartenant Ă divers escrocs dont un ex-liĂ©geois “exilĂ©” sur la cĂ´te d’azur et recherchĂ© par le fisc belge)
La Loi est donc passée.
Forts de cette victoire, se croyant impunissables et au-delĂ des Lois destinĂ©es aux simples mortels, du haut de leur statut de Fonctionnaires nommĂ©s “A-vie“, certains s’en sont pris Ă ma modeste personne en orchestrant une sordide machination consistant Ă “perdre” les documents de la prĂ©cĂ©dente immatriculation ainsi que les preuves de dĂ©douanement de deux de mes voitures en attente d’immatriculation, une ClĂ©net et une LĂ©a-Francis…, puis Ă m’envoyer leurs “collègues” et amis du service des douanes, chargĂ©s de venir me demander comment ils avaient eux-mĂŞmes dĂ©livrĂ©s les documents de dĂ©douanement…
Du vrai Kafka Belge !
Le Ministre Daerden a fait place Ă une Ministre Ă©cologique, Miss Durand, a qui je suis allĂ© demandĂ© des comptes après son discours sur les vĂ©los lors de l’inauguration de Salon de l’auto !!!
Son intervention a dĂ©bloquĂ© la LĂ©a-Francis, pas la ClĂ©net qui : “dĂ©pendait d’un autre service“…
Depuis cette Ă©poque (1998) le marchĂ© de l’automobile ancienne, en Belgique, est en lente agonie…
Les voitures sont exportĂ©es, le patrimoine f… le camp.
Restaient quelques vieux clients nostalgiques, mais ils meurent les uns après les autres et ne se renouvellent pas…
Alors les vendeurs se sont lançés dans des Ă©changes, survivant des petites diffĂ©rences entre ceux-ci…
Mais sans vente vĂ©ritable, mĂŞme ces nĂ©buleuses se sont taries…
Nous en sommes arrivĂ©s, en Belgique, Ă des trocs, bientĂ´t on Ă©changera des poulets, du grain et des tissus contre une automobile…
Quelques grands escrocs Anversois profitent de la situation auprès des “privĂ©s” qui cherchent Ă vendre : venez avec votre voiture, nous vous donnons 5.000 euros cash, et vous nous les rendrez lorsque vous reviendrez rechercher votre voiture, sauf si nous la vendons entre temps…
Jamais ils ne reviennent…
Les voitures acquises pour ces bouchées de pain partent en vrac en exportation pour au moins le double !
Quant aux voitures de collection, elles ne partent qu’Ă l’Ă©tranger, aussi, mais pas les mĂŞmes pays…, le marchĂ© Belge Ă©tant devenu moribond, et ce alors que partout ailleurs l’Ă©conomie fonctionne Ă plein…
En Angleterre et aux USA, les prix sont stratosphĂ©riques, et dans les “swap-meet“, si un candidat acquĂ©reur ne se dĂ©cide pas immĂ©diatement, lorsqu’il repasse une heure plus tard, la voiture convoitĂ©e est vendue pour encore plus cher que discutĂ©…
Voilà ou en est la Belgique à cause du système érigé par les instances socialistes wallonnes, qui ont quasi totalement détruit le système économique.
On connaissait les scandales des hĂ©licoptères Agusta, l’affaire des avions Dassault, les affres de Charleroi et autres rĂ©gions Wallones…, c’est maintenant le tour du marchĂ© des voitures anciennes, en chute depuis 1998…
Triste Belgique !
Tel un juste et inĂ©vitable retour des choses, la rĂ©alitĂ© revient en pleine figure : rien n’est jamais acquis.
Dans les affaires de manière gĂ©nĂ©rale… et encore plus dans l’automobile.
Cependant, l’automobile et tout ce qui gravite autour, ont un aspect plus difficile que les autres mĂ©tiers.
Je m’explique.
Imaginons un prestataire de service classique.
Une fois qu’il a persuadĂ© le prospect/client que le service qu’il offrait Ă©tait le meilleur, une fois qu’il a signĂ© le contrat, qu’il soit moral ou Ă©crit, il va se lancer dans la rĂ©alisation du service.
Et ce prestataire, dans le meilleur des mondes, sera sĂ»r qu’il sera payĂ© pour cette prestation.
En ce qui concerne l’automobile de collection, il faut passer un temps considĂ©rable Ă dĂ©couvrir les pièces rares, les restaurer, les prĂ©server, les exposer, attendre…
Si un acquĂ©reur se prĂ©sente (enfin), le jour de la signature du contrat, on n’a actuellement plus aucune certitude qu’on pourra mener Ă bien cette vente qui inclut une prestation de service et de ce fait ĂŞtre payĂ© car de plus en plus, certains Ă©mettent des chèques d’acompte qui ne sont soit pas provisionnĂ©s, soit dĂ©clarĂ©s volĂ©s ou perdus…
Plusieurs raisons à ça:
– Le client ne sait pas ou plus ce qu’il veut…
– Le client change de situation personnelle/professionnelle et son achat n’est pas soluble dans ce changement…
– Le client ne s’implique pas et prends le vendeur pour un larbin corvĂ©able Ă merci.
– Tout se passe bien, mais ça coince au niveau du paiement final, surtout si l’acquĂ©reur a demandĂ© un financement qui lui est refusĂ©…et que tout tombe Ă l’eau.
Toute cette “Ă©volution” rappelle cruellement qu’il ne faut pas s’emballer dans ce mĂ©tier… et que l’on repart Ă zĂ©ro pour chaque affaire, et que comme il y a une part incroyable d’irrationnel dans un achat d’automobile de collection, c’est la loterie !
J’espère ĂŞtre arrivĂ© sinon au bout, pas loin.
Le meilleur reste sans doute Ă venir.
Chaque nouveau jour, cette maxime est plus vraie…, des mots qui claquent puis rebondissent, et moi qui les rattrape, qui les range dans ma mĂ©moire entre le cafĂ© du matin et le goĂ»t du dĂ©jĂ vĂ©cu….
Moi, je vends du rĂŞve en mĂŞme temps que des automobiles Extraordinaires, cinquante mille euros pour le Prowler ou la Corvette de Monsieur, un plein de sourires en prime pour Madame ; et bonne route.
C’est comme une loterie, des chiffres qui tournent et puis s’arrĂŞtent ; les jours de pas de chance, un bruit de papier qu’on froisse en plus fort, et je laisse des larmes, les dernières, et ma photo dans les journaux en appui d’un article (celui-ci) qui ose dire la vĂ©ritĂ© d’un mĂ©tier que d’autres rendent pourri….
Alors, Ă force de voir les gens filer, se tirer pour l’inconnu, ça m’a donnĂ© une espèce de fièvre ; je voudrais savoir moi aussi; ce courant d’erres, il enrhume mon amour.
Elle est vraiment belle pourtant, et j’ai peur d’en parler.
C’est sĂ»r, j’oublierai toujours quelque chose.
Parfois je la regarde par en dessous pour pas qu’elle le sache ; je lui vole son visage, et je souris de l’intĂ©rieur.
Parfois ses rêves griffent ma peau, marquent mon corps, autre message…
Seulement voilĂ , il y a les heures, les minutes, les sonneries, tous ces tic-tac ; cette langue râpeuse qui me lèche d’un peu plus près chaque matin, qui creuse des rides dans ma glace, et qui ne me laisse pour finir qu’une carcasse bien propre, des os blanchissant au dedans.
Alors moi aussi je regarde la route, peut-ĂŞtre qu’en courant vite, très vite…
Piting de belgitude…
Tout ça c’est bien beau, bien rĂ©ussi, et puis t’oublies.
Je grisaille mes souvenirs, faut faire de la place, il y aura d’autres autos, d’autres gens biens et d’autres crĂ©tins… et d’autres Mojitos aussi.
Durer.
Quand on écrit à l’horizontale, l’encre n’approvisionne plus l’ogive du stylo.
Attendre le prochain événement en fermant les yeux.
Il y a toujours un truc qui se passe quand on saute dans le futur.
Les fragrances se mélangent d’un panorama à l’autre.
Des jerricans de synesthésie vont sans nul doute commencer à tomber du ciel.
Les feuilles de l’encyclopédie absolue ont commencé à pousser pour pouvoir bouffer le savoir sans assaisonnement.
On ne peut jamais retenir le bonheur.
La luxuriance, à la normale, carbure à la diversité.
Piting de belgitude, si vous, belges qui me lisez, ne voulez pas qu’elle “crève” comme le rĂŞvent certains exaltĂ©s, il est temps de virer les auteurs de toutes les saloperies parmis les ministres et fonctionnaires “a-vie“, s’il n’est pas trop tard !
Et pour vous faire une meilleure et finale idĂ©e de la quantitĂ© nĂ©gligeable pour laquelle on vous prend (pend), pour qui vous ĂŞtes vraiment aux yeux de “ceusses” que vous acclamez avec drapeaux agitĂ©s, lisez ce fait divers et d’hivers… sidĂ©rant !
Nous, Albert II Roi des Belges ; A tout ceux qui sont et tout ceux qui vont ĂŞtre :
Wij, Albert II, Koning der Belgen ; Aan allen die nu zijn en hierna wezen zullen doen te weten :
J’ajouterai Ă cette formule : “et aussi Ă tout ceux qui ont Ă©tĂ©…” !
Deux morts, cher Albert II Roi des Belges, deux de plus…
Tu es lĂ tout en haut, dans tes Palais et propriĂ©tĂ©s, avec tes laquais et serviteurs toujours empressĂ©s, soucieux de la moindre bĂŞtise…
Tu voyages dans le monde, toujours si bien escortĂ©, un petit signe vers la gauche, vers le centre et vers la droite, pas plus loin…, tout le monde est poli, jamais un mot de trop, on te donne du “Sire“, “Votre MajestĂ©“, et la vie continue sans que tu aies le moindre souci, l’argent tombe après avoir coulĂ© Ă flots, mais ça date du Congo, une Ă©poque noire en double-sens…
Donc, je suis certain que tu vas tomber des nues lorsque tu vas savoir que tu es responsable de deux morts…
Deux de plus…
Notre Ă©poque, Albert, cherche des responsables pour tout : un pneu crevĂ© Ă cause d’un trou dans la chaussĂ©e, des panneaux de signalisation mal-placĂ©s, trop de vent, pas assez de pluie, la canicule, les crottes de chiens…, plein de choses qui font fonctionner la Justice qui toujours agit en ton nom…
Pas un Jugement, pas un arrĂŞt qui ne commencerait pas par : Nous, Albert II, Roi des Belges ; A tout ceux qui sont et tout ceux qui vont ĂŞtre : … Wij, Albert II, Koning der Belgen ; Aan allen die nu zijn en hierna wezen zullen doen te weten : …
Un petit dĂ©lit, une condamnation, des faits graves ou non, c’est toujours en ton nom que l’affaire se prononce.
Les gens ne s’en rendent pas compte, mais c’est comme ça…
Ben, non…
C’est pire !
Je ne t’Ă©cris pas des milliers ou millions de torturĂ©s en esclavage au Congo, ni d’autres qui ont donnĂ© une partie d’eux (main, bras, pied, jambe, oeil et que sais-je) en criant “vive le Roi” pour sauvegarder leur Patrie qui invariablement finit par re-fricoter avec les “prĂ©tendus” adversaires tant haĂŻs…, ni des Magistrats et fonctionnaires gradĂ©s ou non qui te saluent lorsque tombe leur paie “Ă vie“, ainsi que surtout leur “pension“, en rĂ©compense de tant d’annĂ©es d’efforts soit Ă “emmerder” la moitiĂ© de la population, soit Ă “punir” les gens pour trente-six mille raisons…
Non, Albert, je t’Ă©cris pour les “ceusses” qui crèvent toute leur vie parce qu’on leur a menti, parce qu’ils ne pouvaient faire autre-chose, les braves gens qui ont et “qui ont eu” le courage de n’emmerder personne, de ne punir personne, travaillant trois fois les heures des fonctionnaires, avec des risques sans proportion imaginable : de faire faillite, d’aller en prison, d’ĂŞtre ruinĂ©, vilipendĂ©, haĂŻ, torturĂ© moralement par tes sbires tristes sires…
Ceux-lĂ qui forment l’Ă©conomie, la vie, la sociĂ©tĂ©, ceux-lĂ qui peinent, Ă qui on met des bâtons dans les roues (c’est une image, Albert), “tes” sujets, “ton” peuple…
Bien trop souvent “tes” esclaves…
Et bien, Albert, y en a deux de moins…
Sur et certain que quelques-uns, parmi les nommĂ©s-Ă -vie, de ceux qui empochent 3, 5 ou 10.000 euros par mois pour juger de ce qui est bien ou mal, certain de ne jamais crever de faim, de dĂ©sespoir, sachant qu’Ă l’heure de la sacro-sainte pension, l’Etat les remerciera de leurs actions en perpĂ©tuant leurs salaires par une pension d’Ă©quivalence…
“Vive le Roi” qu’ils crient, tout heureux…
Les deux qui sont morts, Albert, ils avaient reçu un mot en ton nom…
L’un s’appelait Armand, sa femme depuis toujours, car l’amour c’est long…, s’appelait Marie-Rose.
C’Ă©tait un “indĂ©pendant“, un imprimeur besogneux et honnĂŞte, qui avait criĂ© “Vive le Roi” en ’39 avant d’ĂŞtre emportĂ© dans la merde croyant qu’il fallait dĂ©fendre la Patrie-Belgique.
Un brave homme en somme.
Il est devenu imprimeur, aidant au renouveau belge, aidant Ă l’Ă©panouissement belge, employant des gens, travaillant durement, faisant vivre trente-six familles et d’autres…
Tu sais combien il y en a des comme-lui, Albert ?
Comme ça de tête ?
Dis un chiffre, lĂ , tout seul, sans tes conseillers, ton aide-de-camp et tes ministres…
Tu vois, tout seul, tu sais pas…
Il y en a des milliers, par dizaines et centaines, des petits indĂ©pendants, qui crèvent, ne disent rien, ronchonnent, mais travaillent… sans avoir des milliards d’euros planquĂ©s au LibĂ©ria ou ailleurs…
Des Ă©piciers, des p’tit’s garagistes, des cordonniers, des tailleurs, des laveurs de vitres, des imprimeurs….
Comme Armand, justement…
Toute une vie Ă oeuvrer, Ă avoir des sueurs froides quand passe un fonctionnaire du fisc, “ton” fisc, Albert…
Et tout ça en attente de la pension….
Avec Marie-Rose Ă ses cotĂ©s…
Pas pour aller saluer les agiteurs de drapeaux en faisant la gueule ou un sourire de circonstance sachant que 12 millions d’euros tombent chaque annĂ©e pour, entre autre choses, dures et difficiles, saluer les agiteurs de drapeaux Ă la sortie d’une Ă©glise…, non, mais pour nettoyer, laver, repasser…
Après toute une vie, la pension tant espĂ©rĂ©e, l’objectif de toute une vie est enfin tombĂ©e…
400 euros par mois…
Tu imagines, Albert ?
Ca fait 4.800 euros par an…
Y a combien de fois 4.800 dans 12 millions ?
Je te laisse calculer, tu commenceras Ă comprendre le fossĂ© entre le Roi et “son” peuple…
Bref…
Avec 400 euros par mois, les rares petites Ă©conomies de toute une vie ont fondu comme neige au soleil, les Ă©conomies qu’ont traquĂ© “tes” fiscards-fonctionnaires “Ă -vie” en gueulant que TOUS les indĂ©pendants sont des fraudeurs (histoire de savoir donner des sous-sous en Afrique pour compte de l’un ou l’autre ministre s’assurant ainsi les revenus d’une mine…, et aussi pour savoir te donner “tes” 12 millions d’euros annuels….), Armand et Marie-Rose n’ont finalement plus rien eu en caisse !
Marie-Rose avait 69 ans…
Armand avait 76 ans…
N’Ă©tant que le roi de sa connerie, trop vieux pour pouvoir rebondir, quantitĂ© nĂ©gligeable, hors circuit, citron dĂ©jĂ pressĂ©, pigeon dĂ©plumĂ©…, il a rĂ©ussi Ă entrer dans la postĂ©ritĂ©…
Je vais te narrer, Albert, les derniers moments d’Armand et Marie-Rose…
Mercredi 10 octobre 2007, 9 heures, le matin…
Un huissier de Justice vient signifier leur expulsion, en ton nom, Albert…
Nous, Albert II, Roi des Belges ; A tout ceux qui sont et tout ceux qui vont ĂŞtre : patati, patata, expulser Armand et Marie-Rose, zou, recta, paf, dehors, Ă la rue, Ă la merde…
Il est accompagnĂ© d’un fonctionnaire de police…
L’huissier, officier ministĂ©riel, sonne au domicile d’Armand et Marie-Rose, deux retraitĂ©s depuis longtemps, le temps d’avoir tout perdu…
C’est un petit appartement au second Ă©tage d’un immeuble modeste, sis Voie de l’Ardenne Ă Embourg, faubourg de Liège.
Armand et Marie-Rose savaient qu’Ă peine nĂ© on commence Ă mourir, savaient aussi qu’ils avaient Ă©tĂ© flouĂ©s, savaient aussi qu’en ton nom, Albert II, Roi des Belges, donc de “son” roi, le fils de celui pour lequel il avait combattu en ’39…, ils allaient ĂŞtre expulsĂ©s, vite fait, en douce, avant l’hiver…
Ils ne savaient plus ou aller, la fin de vie, Ă 76 et 69 ans, ne permet plus de rĂŞver rebondir, se refaire !
Imagine-toi sans royaume, sans argent, sans sujets, un vrai cauchemar !
Ou aller ?
Voir leurs meubles embarquĂ©s dans un camion de dĂ©mĂ©nagement jaune et eux “Ă -la-rue“…, c’Ă©tait impossible Ă vivre.
Armand a ouvert la porte Ă l’huissier, l’a Ă©coutĂ© dire qu’en ton nom, Albert, il devait partir…
Il est allĂ© rejoindre sa Marie-Rose, sa femme d’une vie… qui l’attendait dans leur lit d’amours passĂ©es…
Une dernière fois un baiser, un vrai…
Les mains qui se touchent, qui s’Ă©treignent, qui se disent mille choses dĂ©jĂ dites, sachant que lĂ , c’est la dernière fois…
Un signe des yeux, vas-y mon amour…, tire…
Boum…
Un coup…
Marie-Rose est partie, pour toujours !
Les yeux rouges comme son sang, pleurant encore, hoquetant, Armand recharge puis retourne vers lui son fusil de chasse….
Il regarde le reste du visage de “sa” Marie-Rose…
AlleĂŻ, une fois, fieu…, courage !
Il ferme les yeux, elle est lĂ , Ă©ternellement belle, et c’est l’image qu’il rejoint en appuyant sur la dĂ©tente…
Un dernier stress, ne pas se rater, ĂŞtre certain de partir avec elle…
Boum…
Il n’y a plus de Marie-Rose, il n’y a plus d’Armand…
Le fonctionnaire de police, ne sachant ce qui s’est passĂ©, panique pour lui d’abord…: ĂŞtre blessĂ©, tuĂ© peut-ĂŞtre et ainsi rater sa pension pour plus tard, non…!
Il prĂ©vient ses collègues…
Le paisible quartier est bouclĂ© par les forces “de l’ordre“, avec casques, gilets pare-balles, boucliers et tutti-quanti…
Lorsque tout ce monde, agissant pour le “bien public” envahit l’ancien nid d’amour, ils ne peuvent que constater qu’il y a deux morts…
Armand ne descendra plus jamais dans le cafĂ©-restaurant situĂ© au rez-de-chaussĂ©e, il ne jouera plus jamais aux cartes avec ses copains, il ne plaisantera plus jamais de la vie qui ne fait que passer, il ne parlera plus jamais de “sa” marie-Rose ni du temps ou il se faisait tirer dessus en ’39 alors qu’il criait “Vive le Roi“…
Officiellement, Armand n’est plus l’Ă©poux aimant de Marie-Rose, mais son meurtrier…
Mais, comme il s’est donnĂ© la mort après son “forfait“…, il n’y a plus lieu de poursuivre qui que ce soit et l’action publique s’est Ă©teinte d’elle-mĂŞme…, ce qui explique, Albert, que “ton” parquet n’est pas descendu sur les lieux…
Deux de moins Albert…
Nous, Albert II, Roi des Belges ; A tout ceux qui sont et tout ceux qui vont ĂŞtre : … Wij, Albert II, Koning der Belgen ; Aan allen die nu zijn en hierna wezen zullen doen te weten : …
PS : Bonne nouvelle, Albert, plus de pension Ă payer Ă Armand et Marie-Rose…
Ecrit par Quelqu’un d’autre, franco-belge, ex-indĂ©pendant, futur non-retraitĂ©, fils d’un semi-handicapĂ© Ă vie pour avoir dĂ©fendu sa patrie… un sujet corvĂ©able parce que nĂ© de l’autre cotĂ© de la barrière, victime non consentante de la connerie politicienne et fiscale, rebelle, amer et dĂ©sabusĂ©…
Epilogue
Quelqu’un contre le reste du monde…
J’en aurai traversĂ©…, des ruelles glacĂ©es, encadrĂ©es de façades sans fenĂŞtres, trempĂ©es de pluie sale, Ă traĂ®ner la patte dans des putains de bas-fonds, dans les viscères pourris des cadavres des dieux.
Ici les hommes naissent seuls, vivent seuls, crèvent seuls, ici tout le monde s’affaire Ă bien toujours rester planquĂ©, Ă se masser le soir autour des feux, des brasiers de plastique et d’ordures brĂ»lants et toxiques.
Une faune répugnante qui se répand en grondements, râles et crachats, leur sang empoisonné qui macule souvent l’asphalte.
J’ai survĂ©cu au hasard, sans effort conscient, couchant n’importe oĂą, en boule au bord de caniveaux crasseux, au fond de squats infestĂ©s de bâtards de dogues aux yeux laiteux, au fond de prisons ouvertes Ă tous vents, de cellules sans porte, d’abris sans toit, avec les cĂ´tes brisĂ©es de charpentes dĂ©foncĂ©es en stries sur le ciel…, de Palaces aussi, avec dorures falbalas et jolies nanas, Ă Monaco, Ă Macao, Ă Modagicio…, mais ça c’est après les galères…, tout comme des bureaux de luxe infestĂ©s de putasseries ordinaires qui en devenaient extraordinaires.
J’en aurais arpentĂ© des dĂ©dales boueux dangereux Ă crever, oĂą personne ne se traĂ®ne plus, dans les bouges.
Des tunnels abandonnĂ©s Ă la pĂ©nombre, des labyrinthes de bĂ©ton dĂ©molis et d’illusoires couloirs d’utopies.
Dans les bouges interdits aux hommes j’ai rĂ©gnĂ© sur la vermine et les rats, Ă me faire bouffer la gueule, rendu sourd par la rumeur des mouches, des gens et assommĂ© de fatigue.
Roi aveugle et malade, seigneur des essaims et de la pestilence…
J’en aurais vĂ©cu des galères, des putains de longues annĂ©es noires toutes bien agglomĂ©rĂ©es, avec moi en train de vĂ©gĂ©ter dans des puits obscurs.
Accroupi, en attente, à l’affût.
J’ai couchĂ© dans les ordures des dĂ©charges, Ă me nourrir de saloperies corrompues arrachĂ©es de la gueule de dogues famĂ©liques.
Rentrer mes poings dans leurs tripes et démolir leurs ossatures saillantes.
Mordre plus fort qu’eux, les étouffer entre mes bras, faire craquer leurs os comme du bois.
Et ensuite seulement, fouiller sous les amas de rouille et de carton pour faire taire ce hurlement dans mon ventre.
Bouffer, vite.
Tout ce qui traîne.
Comestible ou pas, rien à foutre, tant que peux l’avaler.
Et puis vomir et revomir ma vinasse chaude sur des rues brillantes d’eau, baptiser ce sale monde de ma bile.
De quoi me souviendrai-je Ă ma mort ?
Que restera-t-il de ma vie dans ma mémoire et dans la mémoire des autres ?
Peu et beaucoup, ce sont les anecdotes, les petits faits, les instants fugaces qui s’imposeront, bien davantage que les grands moments, les grands mouvements, les grandes tendances de ma vie…
Que n’ai-je revĂ©cu, dans mes parfois pĂ©nibles pĂ©rigrinations, des scènes Ă©phĂ©mères que j’avais cru oubliĂ©es Ă jamais, des petits riens, des moins que rien, un baiser furtif, un “je t’aime“, la courbure d’un sein, un pigeon stupidement abattu et sa compagne incapable de s’en dĂ©tacher, un petit lapin Ă©crasĂ© par bĂ©tise sur une entrĂ©e d’autoroute, le petit traiteur fermĂ©, deux noms gravĂ©s sur un arbre blanc au bord d’un lac, quelques mots sur le web : “avez-vous de bonnes jambes ?“…
Le monde n’est-il qu’un ensemble de mondes, entremĂ©lĂ©s, ou, dans “mon” mien, tout comme chacun/chacune dans “son” sien, tient dans sa survie, l’existence des autres, morts ou vivants.
Ils vivent quelque part, en chair et en os, suspendus entre vie et mort, entre mort et vie, car n’existant que dans la mĂ©moire des autres, des vivants, ceux et celles qui survivent.
Quand les vivants meurent, leurs souvenirs s’envolent et les gens qu’ils ont connus s’Ă©vanouissent.
Le monde alors se rĂ©trĂ©cit, les interconnections d’ĂŞtres diminuent…, ne restent que ceux et celles dont on se souvient, des instantanĂ©s, des rencontres, un baiser furtif, un “je t’aime“, la courbure d’un sein, un pigeon stupidement abattu et sa compagne incapable de s’en dĂ©tacher, un petit lapin Ă©crasĂ© par bĂ©tise sur une entrĂ©e d’autoroute, le petit traiteur fermĂ©, deux noms gravĂ©s sur un arbre blanc au bord d’un lac, quelques mots sur le web : “avez-vous de bonnes jambes ?“…
Le monde vole Ă sa perte et après la mort, il n’y a rien, que l’oubli après les souvenirs, ce qui, paradoxalement constitue l’optimisme car remplis de tous les instants heureux qui subsistent dans la mĂ©moire, tant qu’on puisse encore s’en souvenir…
J’en aurai vu des cieux calcifiĂ©s et des biges dĂ©mangĂ©s par la lèpre des grands soirs, le fute maculĂ© de foutre sĂ©chĂ©, puant la merde et la pisse.
Des putains de messes noires jouées en boucle par des automates, avec moi en témoin involontaire.
Que des matous en quĂŞte d’identitĂ© pour remplacer leurs organes absents.
J’en aurais tuĂ©…
Des centaines et des milliers de centaines.
A chaque heure de veille.
Mes hardes pourries et grouillantes de puces, Ă me grimper le long des cannes et Ă me courir la panse.
Des puces, des poux nichés en grappes sur le moindre poil et qui connaissaient ma surface mieux que moi-même, leur territoire.
Ecraser des puces c’est ça que je faisait le mieux : mon mĂ©tier, mon fardeau, ma religion quotidienne. Mieux que personne je les chopais, juste avant qu’elles sautent.
Ne pouvant les broyer entre mes vestiges d’ongles, rongés jusqu’à la viande, je les écrasais entre mes dents.
Une fois sur ma langue il me suffisait de les placer entre mes incisives et faire craquer leur carapace en avançant ma mâchoire du bas.
Tout du long Ă leur marmonner des conneries, Ă leur brailler silencieusement ma haine pour elles qui m’ont pompĂ© ma vie, ruminer leurs minuscules carcasses et les faire craquer avant de les recracher.
Penser Ă hier, Ă demain.
Fouiller mes chevilles à la recherche d’autres passagers clandestins.
Leur causer.
Comprendre que j’Ă©taix comme eux.
Tirer des enseignements de cette guerre entre mon corps-monde et ses occupants toujours plus nombreux. Leurs saloperies de petits crochets courbes et leur voix mêlée qui me vrillaient la tête.
L’âme du Grand Ver dĂ©multipliĂ©e Ă l’infini et ses millions de rejetons qui marchaient dans mes oreilles.
Ce que j’Ă©tais : un pauvre clodo qui s’Ă©tait arrĂŞtĂ© au milieu d’une artère bondĂ©e pour voir les cieux s’ouvrir devant sa gueule et le Ver lui parler.
Dans la rue tout le monde Ă©tait malade, qu’on m’a dit, tous ceux autour de toi.
Sauf moi.
Moi,celui qui les mènera à leur perte.
J’entendais que dalle moi en ces temps-lĂ , et si j’entendais je comprenais rien Ă ce qu’on me disait.
J’ai gueulĂ© pour que ça se taise, et les puces ont commencĂ© Ă sauter de moi partout sur les biges immobilisĂ©s.
A se répandre sur le monde, à porter la bonne parole toxique.
Je me suis assis sur le bord d’un trottoir pour regarder les gens faire la queue, la poussière s’agglomèrant dans les sillons de leurs larmes.
Ils avancaient d’un pas puis ils patientaient.
Ensuite ils recommencaient.
Et ils continuaient…, allant chercher la bouffe comme on va au cimetière, sachant qu’après avoir mangĂ© ils auraint encore faim.
Tout le monde le savait ici-bas.
J’ai rampĂ© comme j’ai pu, par spasmes, vers mon trou pour me planquer et je me suis labourĂ© la trogne Ă la gnĂ´le pour faire comme si y avait rien.
Ca s’est plus jamais arrĂŞtĂ© de parler.
Au moment oĂą j’allais plonger dans ce vieux fleuve poisseux je pensais n’ĂŞtre rien, que je disparaĂ®trais sans jamais avoir existĂ©, que le monde ne me survivrait pas, que c’Ă©tait pas ou lui ou moi, que c’Ă©tait nous deux dans la mĂŞme boue en train de couler et crever, que ça ferait ça de moins de vermine Ă porter pour le grand musĂ©e de la torpeur, qui saigne dĂ©jĂ de trop.
Mes crocs Ă©taient jaunes comme ceux d’un vieux clĂ©bard galeux qui n’avait jamais osĂ© mordre la main du maĂ®tre.
Mais je n’en pensais pas moins.
Mort le monde, mort, que dit la comptine, dans le soir qui tombe, mort le monde, et Ă mort toutes les bĂŞtes sans tripes qui me jappent aux basques, tous les passants aux yeux fermĂ©s, qu’ils tombent et se vautrent sur le cotĂ©, qu’ils meurent asphyxiĂ©s, qu’ils meurent…
C’est alors qu’un soleil blanc s’est lèvĂ©, pareil Ă un champignon atomique, une dernière fois sur le printemps du monde, le dernier bourgeon terminait son agonie.
Quand je me suis rĂ©veillĂ©, j’Ă©tais un autre moi-mĂŞme, le mĂŞme que maintenant, avant l’après, après l’avant…
J’Ă©tais beau, riche, je roulais carrosse, bronzais sur un yatch et baisais les plus belles dans les plus cossus Palaces du monde…
Une autre vie…
C’est de lĂ que j’Ă©cris…
Je sais que ce soir, dans mon sommeil je redeviendrais pauvre, mais je ne sais plus si je rĂŞve le jour ou la nuit…
Copyright : Patrice De Bruyne
Vous pouvez copier et publier divers extraits des textes, pour autant que vous mentionnez la source et le lien ci-après : www.GatsbyOnline.com

































1 commentaire
L’avis d’une lectrice :
Posté le 18/03/2008 13:00:44 par Lorenza
Vous traînez une odeur de souffre.
j’ai lu intĂ©gralement “Quelqu’un contre le reste du monde”, votre style virulent et sans concession diabolise votre personnage et votre oeuvre que les “politiquement-correct” voudraient voir punir dans les flammes de la damnation.
Votre livre est un pamphlet qui devrait marquer durablement l’histoire de notre pays, de l’Europe et du monde, car Ă mes yeux c’est un des grands romans français du xxième siècle.
Votre style, tout d’abord, est unique et introduit la subversion en littérature en cassant la langue académique et en introduisant avec une grande subtilité le langage parlé.
Il en ressort une musicalité dans le texte à nulle autre pareille.
Sur le fond, il n’est pas inintéressant de noter que jamais aucun écrivain n’a décrit les réalités de la vie et son cortège d’horreurs et de souffrances avec un tel réalisme !
Vous paraissez halluciné, mais c’est la réalité qui est hallucinée.
Votre expĂ©rience des gens est Ă©galement extraordinaire, vous peignez avec des mots la dĂ©shumanisation d’un monde oĂą les pauvres ne se montrent guère meilleurs que les riches, ou la vacherie humaine et la folie de l’homme ont toujours le dernier mot.
Votre misanthropie est sans appel.
Point d’espérance religieuse ou de grande rennaissance mais le néant souhaité comme une délivrance et peut être comme une justice.
Les hommes sont tous coupables.
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