Et pis zut et pis taf à la fin…
Il y a des moments dans la vie où il faut savoir reconnaître une bouse quand on en voit une. En général, on s’en rend mieux compte quand on y est plongé jusqu’au pif. Qu’on a le fond de la gorge qui cherche à recracher ce qui rentre par les naseaux. Qu’on se baigne le tarin au délicat fumet de la daubasse qu’on a fomenté tout seul. Là, je crois bien que le proprio-créateur de ce HotRod l’a dans le pif. Ce type s’est dit que créer un Hot Rod avec une carrosserie en biais, allait attirer le Boss de ChromesFlammes pour en écrire un article avec photos et qu’une fois en ligne la bête allait épater les internautes… Yeaahhhhhhhhh !
Ouaisss, ça pouvait être rigolo, au vu de toutes et tous. Et ce fut aussitôt la gabegie, la porte ouverte à toutes les remarques, la boîte de nuit de Pandore, la folie était née comme dans les années Chromes . C’était la ferme célébrité, jusqu’à deux cent mille visiteurs uniques par jour, mais c’était une invasion virale Ukrainienne, des affreux surement mécontent de mes attaques répétées contre leurs moeurs. Bien sûr, ces gens ne passaient pas leur temps à regarder les détails, au niveau des statistiques, c’était plus par curiosité. De fil en aiguille, certains se mirent à commenter, sans attendre de clic en retour.
Cela juste parce qu’ils avaient quelque chose à dire, et même et surtout quand ils n’avaient rien à dire de constructif et utile. J’analysais le résultat c’est à dire le nombre d’abonné(e)s supplémentaires avec finesse et lourdeur, avec partialité et une objectivité teintée d’un effroi voluptueux, la philosophie des customeux, la politique des Hot Rodders, les réactions sur BFMTiVi télé, le cinéma underground, la musique, la carpologie et la bobologie, sans oublier de régulièrement analyser les opinions. Mais le temps passe et emporte avec lui les trolls et les lols.
Le Hot Rodder inventeur du Rod à carrosserie de biais, ne s’étonna pas d’avoir reçu la bagatelle de zéro commentaire alors qu’il avait réalisé un Hot Rod super intéressant car inédit. Le type appela des amis, amies, son community manager, qui, avec une flegme excitation, analysa la situation et conclu que les commentaires étaient décédés, partis sous d’autres cieux liker des retweets. Pourtant, les visites marchaient très bien, les internautes ont le cœur à partager leur passion pour les Hot Rod’s et les articles de ce webzine et faire le top 10 des sites de top 10 sur les réseaux asociaux…. Yeahhhhhh !
Après 15 jours à renâcler et m’avoir présenté d’autres concepts il s’est mis en tête de créer un club… C’est la life, comme on dit dans le bizness. Quand ça sent la daube, il faut savoir lâcher l’affaire. Par la suite il a pété plus de câbles et de durites que n’en contient le moteur qui fait tourner son bastringue. Comme on dit au poker, il s’est couché, a rendu la caillasse, et évité la case prison en s’arrachant sans pot de départ. Il a dit partouze qu’il quittait le Hot Roddibg, que ça ne le faisait plus marrer… Pas pour la gloire, mais pour faire chier tout le monde.
De toute façon, c’est le contribuable qui paiera l’hébergement. Ce n’est jamais simple de tourner la dernière page. Fin de l’intimité, fin des mots, fin des phrases, fin du film, fin de l’histoire, fin de cette rencontre, des moments partagés. Ce n’est pas simple de commencer à nouveau, d’entamer, de négocier un tournant, d’accepter de changer. Il a remballé ses affaires, a gommé les mauvais raccords, m’a demandé d’enjoliver les photos… Yeahhhhh ! La vie continue, qu’on a aimé passionnément, qu’on a échangé et qu’on a changé.
Et puis, le dimanche matin, le soleil s’est levé à nouveau et une autre aventure a commencé. Je lui ai dit qu’on se croisera surement au détour de vents contraires, d’une belle bouteille ou d’un de ces nombreux réseaux sociaux dont les d’jeunes raffolent et HOP…, à la prochaine. Epitaphe, à la fin. Il s’est mis à chanter : “Je suis le Ténébreux, l’Inconsolé, le Prince du Hot Rodding…Ma seule Étoile est morte, et mon luth constellé porte le Soleil noir de la Mélancolie”… Waouwwww ! Ce Hot Rod inhabituel de forme a été construit avec une carrosserie en acier et est propulsé par un moteur Ford V8 de 302ci.
Il est équipé de pistons Keith Black, d’un arbre à cames COMP, d’une pompe à huile Melling et un jeu de calage, des culasses E7TE, ainsi qu’un collecteur d’admission et un carburateur Edelbrock. Le moteur est relié à une boîte manuelle à trois vitesses et à un pont Dana 44, alors que le chassis/cadre Z-d repose sur une suspension avant double en I avec un système arrière à quatre barres. Des freins à disques sont montés derrière les roues Cragar S/S à chaque coin, et le point fort de la construction est évidement la ligne de toit inclinée.
Pour le reste, il y a une benne de chargement, des ailes avant de style cycle, des phares Dietz, des portes à charnières arrière, une prise d’air de style Hilborn et des tuyaux d’échappement latéraux. L’intérieur est équipé d’une sellerie en vinyle beige, de vitres électriques, d’un régulateur de vitesse, d’une caméra de recul, d’une unité principale Clarion CD et d’un système de navigation Garmin. Achevé en 2006 et affichant désormais 12.000 miles, ce HotRodFord a finalement été vendu 20.000$ Une affaire…


























