1938 Gaz GL-1…Le premier Hot-Rod du monde est Russe !

« L’Amérique nous ment, on a tous été entubés grââââve par L’Amérique »…, m’avait dit Alexandre Poniatovsky, un ami Russe…, c’était en début avril 2011 et j’ignorais alors tout de cette affaire incroyable…, « le dernier grand mythe américain : le rebelle sans cause qui roule en Hot-Rod Hi-Boy, the Rebel without a cause…, soi-disant parce que certains Boys Yankee revenant de leur guerre européenne en ’45, avaient découvert en Angleterre quantité de MGTC leur donnant l’idée de créer mieux en utilisant des Ford T, A, B allégées de leurs garde-boue et remotorisées par des V8 des années d’après guerre…, c’est la lobotomisation typique diffusée par les pro-américains »…, a-t-il continué :

Emporté par la rage, il a ajouté : « Les magazines automobiles européens de Hot-Rods, ont en effet propagé une histoire débile à la gloire des USA, dont voici la base : Après la Seconde Guerre mondiale, lorsque les soldats américains rentrent au pays, avec encore en tête, les petits roadster de sport anglais, qui n’existent alors pas aux USA…, à peine rentrés, ces jeunes démobilisés reçoivent une formation de leur choix, notamment en mécanique, pour leur permettre de retrouver plus facilement un emploi. Leurs pensions d’anciens militaires ne leur permettent d’acheter que de vieilles voitures d’occasions. Ils décident donc, sur des bases de véhicules d’avant-guerre d’ajouter des pièces, provenant de voitures récentes et accidentées (ou même parfois volées) afin de les rendre plus performantes, (moteurs V6 ou V8). Les véhicules seront systématiquement dépouillés de nombreux éléments de carrosserie (comme les ailes) afin de les alléger mais aussi afin de rendre visible le moteur ou les modifications apportées (le capot est aussi très souvent absent). Les Hot-Rods sont à l’image de leur propriétaires; parfois de couleurs très vives, affublés de flaming et d’accessoires divers et parfois plus discrets ou carrément excentriques, ces véhicules sont toujours très hautement personnalisés et sont à chaque fois uniques. Ce phénomène s’inscrira profondément dans la culture de la jeunesse américaine de l’époque… Et patati et patata, les courses de ces Hot-Rod sur le lac salé, puis les réunions du samedi dans des Mc-Do, avec la fureur de vivre sur des routes désertes, Kalifornia-Kid, American Graffiti…, pipeau… Les américains ont copié les Russes et je t’invite à Nijni-Novgorod, puis à Moscou pour te le prouver, ose venir ! »…

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Avouez, chers lecteurs, que sans moi via GatsbyOnline, vous n’en seriez pas informé !
Je me suis rendu à Nijni-Novgorod…, j’étais curieux de voir de quelles preuves mon ami Alexandre disposait pour remettre en cause la paternité américaine du Hot-Rodding…Je me suis donc retrouvé dans une réunion de voitures anciennes de la marque GAZ.
L’évènement était patronné (sponsorisé) par Motul, se déroulait de manière privée sur invitation… et se nommait « Motul Classic Car Collection »…

Le but (louable) visait à réunir les propriétaires de véhicules historiques GAZ, pour créer un environnement agréable afin de communiquer les uns avec les autres… et, pour Motul, de produire un photo-almanach « Motul, Voitures classiques, GAZ », présentant les plus rares spécimens de cette marque automobile Russe dont l’usine se trouve toujours à Gorki.
La première journée était consacrée à la visite de l’usine, puis à la maison Prohozhnuyu GAZ, puis au Palais de la Culture de la région Avtozavodskoy GAZ.

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Ces événement allaient être, selon moi, une suite d’épreuves expérimentales intéressantes, quoique très faiblement ludiques : prendre des photos et écrire un reportage selon les règles édictées par le nouveau KGB, puis…
Je ne sais pas quel genre de pikapchik c’était…, toujours est-il que je suis resté bouche bée devant un Hot-Rod rouge, Hi-Boy, auréolé de gloire, médaillé par Staline en personne…La GAZ-GL1…

On m’a alors informé que, 3 mois plus tôt, soit le 25 février, lors d’une soirée privée au musée moscovite Autoville, avait été présentée à Vladimir Poutine et Dmitri Anatolievitch Medvedev, la reconstruction du premier Hot-Rod du monde, également la plus extraordinaire voiture de course soviétique, la GAZ GL-1, dessinée par Evgueni Aguitov… et reconstruite par le carrossier Alexandre Buchuev.
En tous les cas, il s’agissait d’un extraordinaire destin, qui méritait un article dans GatsbyOnline…

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Tout a commencé en mai 1938, à Moscou, ou se déroulait une course automobile qui, selon les ogres du parti communiste, était susceptible de causer de graves nuisances intellectuelles au peuple des travailleurs…Mikhaïl Gromov pilotait une voiture américaine « Cord-812 » et a ridiculisé toutes les voitures Soviétiques en atteignant la vitesse fantastique (si, si !) de 141,565 km/h…
Le héros-pilote aurait pu être déporté en Sibérie pour avoir ainsi mis à mal les performances (médiocres) des automobiles communistes…, il a été très chanceux que les officiers politiques imaginent que GAZ pouvait battre Cord, auréolant l’industrie automobile soviétique sur la scène mondiale…, le Politburo ne pouvait tolérer un échec.

La menace, comme toujours, à d’abord été simplement éliminée : Plus d’importation autorisée de voitures américaines, surtout Cord…Pas de voiture américaine, pas de problème… et en sus, un décret spécial interdisait non seulement l’importation de voitures étrangères, mais également leur possession…
Un autre problème se posait : galvaniser les foules travailleuses autrement qu’avec des tracteurs !

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Un membre du Politburo a alors suggéré de construire une Gaz capable de ridiculiser toutes les voitures étrangères…De plus, la ferveur populaire d’une Union Soviétique capable de surpasser toute l’industrie automobile par le biais d’une course ou une seule voiture était en lice pour gagner…, permettrait de vaincre à tous les coups… ce qui allait donner l’exemple…
L’emploi d’une voiture soviétique dans le sport automobile soviétique était aussi, selon Staline, la meilleure façon de former et galvaniser des pilotes militaires.
L’Etat à alors ordonné à GAZ de commencer à fabriquer une voiture gagnante…

L’usine GAZ (Gorkovski Avtomobilny Zavod, soit littéralement : Usine d’automobiles de Gorki) avait été fondée en 1932, à l’initiative de Staline (le père de la nation), qui souhaitait mécaniser l’Union soviétique. Elle fut supervisée-dirigée d’une main de fer par Andreï Jdanov et avec l’aide technique de la société américaine Ford.
Produite du milieu des années 1930 jusqu’au début des années 1940 (les sources divergent sur ce point), le nombre de M-1 vendues s’élèverait à 62.888 unités (ce chiffre, étrangement précis, est également soumis à controverses).

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Le modèle M-1 (Emka en russe) était un hommage au ministre des affaires étrangères : Vyacheslav Molotov…, une adaptation de la Ford V8-40 de 1933 : le V8 américain étant remplacé par un 4 cylindres russe de 50 chevaux.
Ainsi, à l’usine automobile de Gorki est apparue la GAZ GL-1 « Evgueni Aguitov »…, la première version de la même voiture qui deviendra célèbre. Tout en travaillant à l’usine, Evgueni Aguitov avait imaginé modifier une Gaz en supprimant tout ce qui était inutile pour atteindre la légèreté.

Son dessin était très novateur pour l’époque : sa forme et sa couleur rappelaient un poisson de mer : une queue large et plate… et la suppression des ailes. Les deux voitures de base, détournées des chaines de production pour ses travaux expérimentaux, étaient une GAZ-A et une GAZ-M1, disponibles depuis 1935 : c’étaient des copies de la Ford-V8-40 de 1933 motorisées d’un quatre cylindres « soviétique » de 3.285 cc. développant 50 chevaux à 2800 t/min.
Si la Gaz-A a disparu mystérieusement…, la Gaz-M1, avec sa calandre de Ford 33/34 a été délestée de ses garde-boues, de son pare-brise et est devenue la GAZ-GL1, arborant une saute-vent en forme de demi-bulle…

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Allégée, avec son moteur modifié : c’est-à-dire une augmentation du taux de compression, et des soupapes expérimentales de plus grand diamètre… elle disposait de 65 chevaux à 3200 t/min. Toutefois, le poids de la voiture était de 1000 kilos….
Evoluant au milieu de tout ce bazar fait de bric et de broc, il avait pourtant donné le pire de lui-même, à commencer par un pilotage monolithique.

Mais il fallait au moins lui reconnaître un certain charisme et un énorme capital sympathie, d’autant plus quand on sait les efforts qu’il a fourni pour accomplir cet « exploit »….
Les débuts de la GL-1 ont eu lieu en octobre 1938 lors d’une course à Kiev ou elle était pilotée par Arkadi Nikolav.Il a poussé la « nouvelle » GAZ-GL1 à 147,84 km/h sur une distance de 1000 mètres.

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En 1940, la deuxième génération de la GAZ GL-1 a été construite sous la direction de Evgueni Aguitov, avec un nouveau moteur en ligne six cylindres de 3.485 cc à culasse en aluminium (voyez la seconde série de photos en noir et blanc un pneu plus bas)……

Les facéties d’Hitler occupaient Staline qui n’avait plus trop le temps de suivre l’évolution de la voiture soviétique la plus rapide du monde…Les gens qui avaient été chargé de ce projet, craignant malgré-tout qu’on ne les condamne aux mines de sel sibériennes s’ils ne réussissaient pas, ont joué le tout pour le tout et boosté ce 6 cylindres à 100 chevaux obtenus à 3600 t/min…

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D’autres difficultés ont fait jour, le moteur chauffait fortement et l’aérodynamique exigeait des améliorations : un capot / hard-top lisse sur la tête du pilote (réalisé avec la récupération de la section arrière de toit inversée d’une rarissime Ziglou-sport), une nouvelle calandre arrondie et des enjoliveurs de roues aérodynamiques (sic !)…
Mais le poids a augmenté à 1100 kg.

La vitesse maximale atteinte par Arkady Nikolaev le 22 septembre 1940, fut toutefois de 161,87 km/h…, avec le 1000 mètres départ arrêté réussi en 35,5 secondes. A cette époque, la GAZ GL-1 était (enfin) la voiture la plus rapide de l’Union soviétique, le résultat pouvait être amélioré…, mais en juin 1941, la guerre a éclaté entre l’Allemagne Nazie et l’Union Soviétique…

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La GAZ a disparu dans le conflit…,dans des circonstances peu claires, en fait, les deux générations de GL-1 ont disparu !
Selon une première version, elles ont été ferraillées par l’usine GAZ de Gorki, comme beaucoup de prototypes n’ayant pas été produits en série.

Une autre version indique qu’elles auraient été détruites lors d’un bombardement de l’usine GAZ durant la seconde guerre mondiale.
Les camarades communistes, n’ont jamais imaginé qu’il existait une troisième version, à savoir que la GAZ GL-1, seconde du nom, se trouvait, cachée, dans un endroit secret du musée Petersen, en Californie….
Mais comment était-elle arrivée là ?

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Marié avec Margie McNally en 1963, ils ont eu deux fils qui sont morts dans un accident d’avion en 1975.
Robert Einar « Pete » Petersen (né à Los Angeles, Californie, le 10 Septembre 1926, décédé le 23 Mars 2007), avait créé Hot-Rod Magazine en 1948… et construit grâce à ce titre, un empire de l’édition de publications automobiles, incluant : Car Craft , Rod&Custom, Sports Car Graphic et Motor Trend.

En 1994 Petersen a ouvert un musée à la gloire des Hot-Rods et Kustom-Cars et, en 1996, il a vendu son entreprise, Petersen Publishing Company (la cy d’édition ET le musée), à un fonds « Private Equity » pour 450 millions de dollars… qui, en 1999, l’a revendue pour 2 milliards de dollars à l’éditeur EMAP… qui l’a re-revendue pour 500 millions de plus à Primédia en 2001… qui l’a re-re-revendue à Interlink Source (contrôlée par Ron Burkle) pour 4 milliards de dollars en 2007.

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La GAZ GL-1 a ensuite été récupérée par Boyd Coddington lorsqu’il avait 19 ans, il l’a disséquée et s’en est inspirée pour réaliser ses fameux Hot-Rod High-Tech…, puis il l’a enfermée dans un box…

En 1945, des militaires américains avaient été sidérés en voyant la fameuse GAZ GL-1 quasi-abandonnée dans un abri anti-bombardements, lors de leur jonction avec les troupes soviétiques en bordure de l’Elbe…
Cet engin « révolutionnaire » (c’est un double sens) les avait tellement frappé, que, dans le plus grand secret, ce groupe de 4 Boy’s a négocié la GAZ GL-1 avec des militaires soviétiques, contre un camion de rations (nourriture et cigarettes)… et à ensuite réussi à « exfiltrer » la bête et à l’envoyer aus USA, en Californie, ou elle a été copiée…, les Boy’s prétendant ensuite avoir inventé le Hot-Rodding…

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À son décès la voiture, découverte par un fonctionnaire en charge des impôts, a intrigué quelques sommités gouvernementales, qui se sont rendues-compte que l’histoire du Hot-Rodding américain avait été manipulée… et que si cela venait à être connu du grand-public, un grand traumatisme risquait de miner la confiance du peuple américain en ses institutions et mythes établis… .

La Cour Suprème siègeant en urgence et à huis-clos, sous la demande expresse de Georges W.Bush, a décidé et imposé de cacher au monde entier, particulièrement à l’univers des Hot-Rodders américains, que le Hot-Rod était en réalité une invention du génie automobile de l’Union Soviétique…, ordonnant d’enfouir à jamais la GAZ GL-1 dans une sorte de tombeau secret du Musée Petersen, dédié au Hot-Rodding par son fondateur : Robert Einar « Pete » Petersen !

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Dans les années 2000, le souvenir de la GAZ GL-1 est revenu dans les mémoires, l’illustrateur Alexandre Zakharov ayant publié dans le magazine Za Roulem, un dessin en couleurs de la GL-1, réalisé à partir de photographies d’époque, affirmant qu’il fallait venger l’honneur de la patrie Russe en révélant au monde que cette voiture était à la l’origine du mouvement Hot-Rod aux USA…

Mais tout avait été étouffé pour ne pas compromettre les relations Est-Ouest…
Une jeune équipe Russe a toutefois répondu vouloir venger la mémoire du peuple des travailleurs en recréant cette voiture mythique.

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Reconstruite à la perfection, en presque 10 ans, cette réalisation artisanale à l’identique (c’est le véhicule qui se trouve sur la totalité des photos en couleurs), a été présentée le 25 février 2011, lors d’une soirée privée au musée moscovite Autoville, à Vladimir Poutine et Dmitri Anatolievitch Medvedev, par Alexandre Buchuev et Alexandre Zakharov, puis au « Motul, Voitures classiques, GAZ » de Nijni-Novgorod… et enfin exposée au à la Galery ilia Sorokine de Moscou…

Pour Vladimir Poutine et Dmitri Anatolievitch Medvedev, la preuve était ainsi faite que l’Union Soviétique avait inventé ce concept automobile, lâchement et bassement volé par des cow-boys outlaw peu scrupuleux en 1945, ceux-ci ayant outrageusement soudoyé des militaires soviétiques en charge de la surveillance d’un des joyaux Stalinien…

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Historiquement la GL-1 avait été présentée comme étant la première voiture de course créée par un constructeur automobile soviétique., alors qu’en réalité il s’agissait d’un Hot-Rod dessiné par Evgueni Aguitov.
Vladimir Poutine a donc exigé lors d’une réunion houleuse avec John Kerry, que les Etats-Unis d’Amérique rétablissent la vérité sur les réelles origines du Hot-Rodding : à savoir que c’était une création de la Russie Soviétique, sous l’impulsion de Staline…

Barak Obama à répondu à Vladimir Poutine que le gouvernement Américain considérait cette exigeance comme un vecteur potentiel d’une crise grave et profonde pouvant remettre en cause la stabilité américaine et son enracinement à ses valeurs fondamentales, dont les Hot-Rods sont un des piliers…
« Révéler que le Hot-Rodding était un concept communiste…, remettrait en cause la paix mondiale tout en détruisant irrémédiablement une des dernières valeurs de l’Amérique »… a-t-il dit…
Un odieux marchandage s’en est suivi concernant le Moyen-Orient, la Géorgie, la Syrie, et la Turquie…
Comme quoi le Hot-Rodding est un élément charnière des évènements actuels…

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Ces efforts pour raviver la mémoire des nouvelles générations, à influencé le designer Russe Benderlog qui, devant l’échec de la demande de Vladimir Poutine, a décidé une sorte « d’américanisation ultime » de la production soviétique en réalisant une version Hot-Rod Hi-Boy High-Tech de la célèbre GAZ GL-1 de course, nommée Gladiator.

Ce suppositoire roulant a été publié dans le magazine « Populiarnaïa Mekhanika »… à l’appui de la réalité historique du Hot-Rodding tel que j’ai été amené à le publier dans Wikipédia et GatsbyOnline…
C’est donc la seule réponse intelligente à formuler, ce que j’ai communiqué à mon ami Russe :

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Le Custom, dont la définition est « personnalisation de masse » et qui correspond à un ensemble commercial de diffusion d’objets et de figures servant à rehausser l’aspect des véhicules (l’idée s’étendra jusqu’aux baskets), est issu du Hot-Rodding, qui n’est pas qu’un sport d’accélération ou un hobby, c’est une culture avec ses styles, ses vêtements, ses langages.

Henri Ford a commercialisé un véhicule bon marché, la Ford T… et en a vendu des millions jusque dans les campagnes. Ces modèles, s’ils étaient faciles à réparer et à manipuler avaient le désavantage de prendre trop vite la rouille. On trouvera peu à peu nombre de ces véhicules vendus à des prix dérisoires ou abandonnés. C’est là qu’on trouve les racines de ce qui sera plus tard appelé le Hot-Rodding, dans la dépression de ’29.

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Déportés, suite à leur mise en faillite par les propriétaires, les métayers, petits agriculteurs et éleveurs du nord et de l’est se sont vu contraints de prendre la route vers l’ouest, en famille, histoire de louer leurs bras aux récoltes de saisons.

Les véhicules que les métayers avaient comme outils, souvent des pick-up utilitaires, étaient repris par les propriétaires, les carcasses et parties de moteurs restants étaient récupérées et assemblées pour refaire de nouveaux véhicules.

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Certaines pièces manquantes étaient refaites en fonte à partir de pièces de cuisinières fondues dans le sable…, on essayait d’augmenter la puissance du moteur, pour pouvoir tenir la charge et la longue route et ces modifications en entraînaient d’autres.

Parallèlement à la crise qui suivit le crash boursier et qui devait durer a peu près 4 ans, les wobblies (Les affiliés au syndicat I.W.W., Industrial Workers of the World), prirent une importance considérable et avec eux, une conscience sociale grandissante que ces déportés n’étaient pas que des spectateurs et que tout ce langage re-fabriqué dans les années ’60 ou fantasmé dans les années ’80 et ’90 trouve là ses racines, dans cette migration intérieure, sur une route jonchée d’exclus, baignant profond dans la noirceur et la désolation, campés, repoussés, travaillant leur faim sur une route qu’ils savaient ne même pas mener à quelque promesse.

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« The only thing a drunkard needs Is a suitcase and a trunk. The only time he’s satisfied Is when he’s on a drunk. Fills his glasses to the brim, Passes them around Only pleasure he gets out of life Is hoboin’ from town to town ».

The house of the rising sun, cette chanson folk rendue célèbre par les Animals dont on ne connaît pas bien l’origine et dont le plus vieil enregistrement connu est celui de Tom Clarence Ashley et Gwen Foster, réalisé en 1934, au crépuscule de la dépression, parle de ça, de cette misère qui n’en amène que d’autres, de la poussière, des voyages contraints par la faim, destination le bordel général.

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La route passe par le lac salé, l’étape indispensable.
Toute cette tension devait bien être palpable et une partie de cette génération spontanée de garagistes, avec ces trucks retapés, bricolés, plusieurs fois faits et défaits sur le trajet, avec des parties en bois ou des conduites en barbelés, s’arrêtent sur le lac sec et organisent des camps de passages.
Là, commencent à s’organiser des courses et des paris autour de ces voitures refaites.

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Née dans une crise économique si profonde qu’elle affecte l’ensemble du monde, cette culture de gens qui portent les bras de chemises troussés jusqu’aux épaules, dust bawl refugee, génération de bidouilleurs folkloriques dont Woodie Guthrie est le héraut, okies miséreux et traine-la-patte… commencent à créer une forme individuée, autonome, sculpturale de leurs véhicules.

C’est ça qui devient un style : d’un détournement nécessaire de choses récupérées, histoire d’avancer, au folklore que cela génère… et au travers des formes qui s’inventent dans la course, créant une sorte d’expression populaire par la négative, le bolide home made, cette façon d’instrumentaliser l’automobile a vite fait d’intégrer le sens de la liberté débridée, de la vitesse, du souffle et de l’image.

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Le Hot-Rod, surtout aux alentours de la seconde guerre, devient un véritable genre qui ne cessera d’évoluer pour devenir un courant important de la contre culture des années ’60 et jusque dans les années ’80 et sera finalement supplanté par sa commercialisation dans le Custom et le Tuning et ce malgré quelques réfractaires qui persistent dans un mélange pathétique d’élégance et de brutalité à vouloir fabriquer leurs engins avec le moins d’argent possible.

Toute l’ambiguïté se révèle dans une des formes traditionnelles du Hot- Rod, qui reprend, mieux, qui capitalise… sur cet héritage. et qu’on appelle le Rat-Rod et dont on reconnaît la particularité, aux parties de carrosserie rouillée.
L’aspect extrêmement sculptural de l’engin modifié, qui pouvait bien s’apparenter aux formes bricolées des abris des métayers faits de toiles cirées, de planches trouvées et de panneaux de récupération… et avant que cela ne devienne le commerce de la frime, même si celui-ci ne manque pas d’intérêt, compris comme une histoire intérieure, comme une géographie qui est aussi un espace mental, une conscience du monde, du cosmos…

Comme le rappèle Augustin Berque, le sens premier du mot Kosmos est « ordre » et les deux termes romain de « mundus » et grec de « kosmos » ont les 3 sens d’ordre, monde et parure : parer son corps c’est faire parler le monde et ce que dit le monde enseigne les corps. et il y a un ordre commun aux astres et à la société…
Toute cette migration porte avec elle l’invention d’un espace qui ne se décrit pas en cartes mais en comportements, ou le paysage transpire dans l’homme et dans les machines, ou le récit se fait dans le bricolage, la récupération, le déplacement et la transformation.

Bien sûr, tout cela a été vite assimilé.
C’est devenu un commerce, d’une abstraction légère qui a fait basculer les masses dans une manipulation désorganisée, les véhicules des fantômes incarnant dans un mélange d’ambiguïtés volontaires et subies, la désolation et le mépris des okies (extension d’un terme dont l’origine est « habitant de l’Oklahoma » dont 20% a dû migrer durant la dépression, et qui s’est ensuite généralisé à l’ensemble des migrants)…, reflet autant que figure d’un paysage géographique et social, incarnation d’une cartographie sociale et psychologique…

A suivre sur ce lien : 1951 GAZ-SG1-20 Pobeda Sport…
http://www.gatsbyonline.com/main.aspx?page=text&id=1401&cat=auto