Heinkel Kabine Monster

Kekseuses années sont passées et voilà que je me mets à causer comme un vieux que je suis deviendou pneu à pneu, ça fait bien voilà des années à y regarder de plus près… 50 années que j’ai créé Chromes&Flammes, j’ai débarqué comme un poisson dans la soupe quoiqu’in dise que c’est comme du poison pour les gâgâteux. A l’époque, j’étais d’jeune et beau et je n’étais pas le genre à offrir des articles aux premiers venus, mais force était de le reconnaître, d’ailleurs les nananas ne s’y trompaient guère, j’emballais avec une certaine distinction, pas le genre queutard de backroom dans le style dandysme travaillé au cordeau, non, que nenni… Je proposais de la lecture, mais pas Musset, Verlaine, Rimbaud, Apollinaire, quoique quelques lignes de Sade pour émoustiller. En presque 50 ans, je me dis avoir eu raison d’en profiter, parce que ça n’est plus aujourd’hui qu’on pourrait recommencer ! Pour couronner le tout, à l’aveugle. La vie est une pute borgne! En plus, je reconnais de moi même que j’écris bien et avec de l’humour. Bon, j’arrête de me mettre en vedette et en valeur, mais là, je dois reconnaitre que ça va me ragaillardir, et pour des années de plus avec ça. Me voilà reparti pour 10 ans. Nietzsche avait décidément raison sur toute la ligne, la comparaison, y’a que ça qui marche dans ce monde.

En un mot commençant, et même si tous les dégouts sont dans la raclure, quel est votre pire souvenir ? Soyez précis, il faut vous décomplexer, je veux des noms, des adresses, des numéros de téléphone… Mais, bien entendu, dans le respect de l’anonymat. Dans un article récent, j’ais évoqué mon souvenir imputrescible de l’Omelett Baveuzz de Fufu (une fouille dans les pages publiées vous spermettra de retrouver l’article). Toutefois, mon égo ne résiste pas au feu des projecteurs de la psychanalyse et je me sens obligé de relater d’autres pires souvenirs. Un jour, alors que j’étais dans un hamac, sous la douce brise, entouré d’une cinquantaine de vahinées lascives, qui m’offraient ce qu’elles avaient de meilleur, que la factrice m’apportait un courrier m’annonçant que je venais de gagner l’Euromillion, qu’un soiffard d’aventures, m’a offert l’intégralité de sa cave personnelle. J’ai direct porté à mes lèvres un verre d’Ambroisie, que soudain un lorrain-champenois-ardennais de passage a renversé un verre d’Edelzwicker Laugel sur mon moi-même. L’arôme de chat mort, avec une pointe de gaz moutarde, la couleur jaune pipi, mais surtout l’acidité qui a rongé les cordes de mon hamac m’a fait chuter et sortir de mon rêve, ce tout de trop m’a définitivement fait classer ce vin comme mon pire souvenir vineux.

Cet évènement, l’un des plus graves du 20ème siècle, a provoqué mon courroux, faut quand même pas déconner. Si vous échouiez sur une ile déserte avec : un livre, un CD, un DVD, un plat, une bagnole, un unique vin blanc ? Un unique vin rouge, un objet et une seule personne, vous emmènez qui et quoi ? Choisissons d’abord l’ile déserte ; ce sera une ile entourée de terre, beaucoup plus pratique. Voyons ce qu’il y a dans le sac… Pour une soirée très intime, un vin avec des notes de feuille de rose ou des arômes de bois bandé ? Quand on parvient au cul de la bouteille, c’est qu’on a bien tiré son coup. Le chaud vin ? Commencez par y mettre le nez, mais être consentant n’est pas forcément un plus. Puis introduisez… Faites rouler en aspirant un peu d’air… La sensation arrive à son maximum. Vous sentez ces vibrations ? C’est une gâterie. Un grand jus, cela se respecte. C’est l’heure du Gamay-Sutra, du gars berné, des pines aux noirs, des Syrah-culs…Mais aussi du bourre-boulenc, du vît au niais, du sein sot, de la ligotée, du pine-art. On l’aime naturel, avec ses petites odeurs suspectes et ses gaz intempestifs, ou civilisé, plus boisé par le coup de foudre. Le vin, il y en a pour toutes les bourses. Pourquoi vivre d’amour et d’eau fraîche quand on peut vivre de sexe et de vin ? Justement et pour finir, la question qui fâche, la seule qui vaille, Bordeaux ou Bourgogne? Je m’en fous, mais je développe un pneu…

La question est bien plus complexe que cela. Plutôt un bon Bordeaux qu’un mauvais Bourgogne ? Oui Plutôt un bon Bourgogne qu’un mauvais Bordeaux ? Oui Plutôt un mauvais Bourgogne qu’un mauvais Bordeaux ? Non Plutôt un mauvais Bordeaux qu’un mauvais Bourgogne ? Non Plutôt un bon Bourgogne qu’un bon Bordeaux ? Haha ! Voilà la bonne question, car tous les diffère – Mono-cépage contre assemblage – Vignerons contre groupes financiers – Bouteille féminine contre bouteille épaulée – Clos contre châteaux – Crus terroirs parcellaires contre crus châteaux… Donc affectivement, on devrait se tourner vers la Bourgogne. Mais cela rend il les vins meilleurs en Bourgogne qu’à Bordeaux ? Non. Un vieux Bordeaux donnera souvent plus de plaisir qu’un vieux Bourgogne, les prix des grands bourgognes ont largement dépassé les prix des grands Bordeaux. Conclusion : je ne donne ma préférence ni à une région ni à une autre. Je ferai la comparaison plutôt entre deux bouteilles bien précises ce qui me permettra de juger à chaque dégustation laquelle est la meilleure. Il faut s’en tenir aux faits et en faits de faits, outre la déconne de mi-août… il me faut désaouler et tapoter du sérieux… Dans le genre, j’ai découvert cet engin étrange champion des plages Tropézienne… qui à peine sorti a du rentrer… Décidément les facéties des débuts de Chromes&Flammes n’ont plus le même acceuil…

