48’Fleetline Aerosedan 510ci
Je l’avais moins longue, plus bestiale, mieux proportionnée, plus sexy, avec des chromes, des flammes et seulement deux places. Enlaidie par la suite en cause du consumérisme vantant les cigarettes Viking, elle était alors entourée de filles sexy’s deshabillées de peaux de bêtes façon guerrières Viking’s… En fait ce n’était pas une Pontiac Fleetline AéroSedan mais une Oldsmobile de même année ’48 qui a été starlette d’Auto-Show’s dans toute l’Europe et a été en couvertures de magazines itou partouze, puis volée pour ses jantes, puis compressée dans une casse minable par des loufiats Nitromaniaques jaloux en finale de la gué-guerre du Kustom Franchouille perdue par le Groupe Michel Hommel qui a fait un naufrage en centaines de millions d’Euros…
Ensuite plus rien ne fut pareil, les Kustomizeurs étaient fatigués, lassés, le monde à changé et Chromes&Flammes est devenu numérique regroupant 200.000 abonné(e)s augmentant au fil des jours, semaines, mois, années…. Si on commence avec des certitudes, on finit avec des doutes, si on commence avec des doutes, on finit avec des certitudes. Ce n’est pas de moi, mais de Francis Bacon, qui n’avait pas seulement inventé le jambon, mais nous avait aussi, parfois, pris pour des jambons. Cela écrit parce que cherchant le fil de discussion adéquat je suis entré dans un restaurant pour me sustenter d’un croque-monsieur au Jambon et Bacon, pour déguster, en couple, suite à une invitation fomentée par un groupe de Soiffard de mes amis.
S’y laisser aller était déjà un plaisir, m’y savoir invité était un double bonheur et y aller avec une bouteille de vin rouge sous le bras, c’était la félicité, un plaisir trop peu répandu, que j’aime savourer… Yeahhhhh ! Je vous raconte…. Me voilà attablé pour faire honneur à se double cadeau, repas gastronomique et dégustation à l’aveugle d’une bouteille mystère que je suis sensé reconnaitre ! C’est vrai que j’ai pas mal de pratique en la matière, quelques heures de vol, horizontal ou vertical, mais la glorieuse incertitude du sport de dégustation planait sur le repas. On dit souvent que la meilleure façon d’apprendre, c’est de répéter le geste, ce n’est pas toujours vrai, prenez le suicide, c’est le contre-exemple parfait ! Après ce fut le moment du verre de champagne réglementaire.
Un petit Pouilly-Fuissé pour pousser le “Foie Gras de Canard à la Gelée Pinot noir” et “l’Omble Chevalier Poêlé à l’Anguille Fumée et Foie de Canard”, on a décidé de goûter la fameuse et mystérieuse bouteille sur un “Navarin de Saint Pierre et Moules au Safran” en attendant la “Piccata de Chevreuil Sauce Grand Veneur”... En plongeant le nez dans mon verre, la seule certitude que j’avais, étaitd’être dans le doute… Quel piège mes amis faux-culs et gredins, m’avaient-ils tendus ? Personne ne le saura jamais avec certitude, et surtout pas moi, car j’étais aussi concentré qu’un pentathlonien oeno-post-moderne prêt pour disputer les dix épreuves du dégustateur de fond, à savoir, aviron, puisque ramer est mon credo, lancer de phrases pipotronnées, et des roulades de poncifs.
Mes épreuves de commentaires enthousiastes sur les Vieux Bordeaux Bouchonnés et quelques autres conneries tirées au sort dès le matin même sont toujours dans ma tête en prévision… Ce qui est sûr, c’est que la robe grenat de ce vin, ses tons clairs et les reflets orangés, trahissaient l’âge de la dame. On n’avait pas affaire à une pimpante jeunette. Ça, c’est sûr… Le nez confirme l’œil… En ce cas, des arômes un rien désuets de vieux vins, une légère réduction, des notes de sous-bois et de roses fanées… Bref, que des délicieuses et délicates impressions de Syrah à l’ancienne, des douces impressions de cassis, de mûres, de poivre et de pivoine. Même un peu de poivron pour me faire douter et envisager un piège et un improbable changement de contenant….
Waouhhhh ! La bouche possèdait une vigueur musclée, accompagnée d’une élégance incroyable, une grande fraicheur, un fruité étonnant, une acidité mordante, à la limite, des tannins poudreux, des notes de suie, d’encre et d’épices douces, de cannelle et une pointe d’austérité en finale, ce qui n’est pas pour me déplaire… Les dames qui sont de même apportent des jouissances sexuelles insolites… C’était une bouteille qui avait atteint son apogée, peut-être même, l’avait-elle légèrement dépassée, mais le plaisir était encore grand. Une certitude, ce devait être une vieille salope du Rhône septentrional. Hermitage ? Chave ? Côte-Rôtie ? Minéralité, Schiste ! Après, la découverte est plus une question de psychologie que de dégustation pure…
Il y a quelques mois déjà, j’avais presque immédiatement reconnu un Côte-Rôtie 1990 de Jean-Paul Jamet, une appellation et un vigneron, pour qui j’ai une sympathie particulière. Les grands Côte-Rôtie ont, sur moi, une attraction spécifique, j’aime le côté sanguin, animal et fruité de la Syrah des vins de Vienne, en particulier pour la fille brune du seigneur de Maugiron, cette côte Brune de schiste, riches en oxydes de fer qui confère aux vins, un supplément de couleur, de corps et de minéralité. Cette Brune, plus nordique et plus froide que sa sœur la blonde, qui est plus souple et plus avenante, mais moins profonde. Une vieille Côte-Rôtie, je n’ai que peu de doute… Jamet, Rostaing, Guigal, Landonne pour ce côté Schiste et graphite ?
Les dernières gouttes du divin breuvage ont accompagné le “Chaud Froid Moka Rhum” avec le souvenir d’une négociation au sujet d’une Côte Brune 1983 de Jean-Paul Jamet qui dormait dans la cave, et qui, si je l’avais ouverte, devrait beaucoup ressembler à ce que je viens de boire. Le repas s’est terminé dans une symphonie subtile et créative, c’était une cuisine gustativement intéressante, un service parfait et discret, un restaurant étoilable, indiscutablement. Il m’est alors apparu qu’il était temps de savoir, car parfois, le vin ne se livre qu’à ceux qui le reconnaissent, c’est la psychologie vineuse, la mémoire des achats, des discutions peuvent aussi influer le jugement,et donner quelques précieuses indications. Au pays des aveugles, le borgne est roi !
Effectivement, c’était une superbe Côte Brune du Domaine Jamet, 1983, encore vinifié, une vieille dame qu’il faudra préserver de l’oxydation, mais qui possède encore de bien beaux atouts. Jeunes ou vieux, les vins du domaine Jamet offrent toujours un vrai bonheur de dégustation, ne saturent jamais, ne fatiguent pas les papilles. Ce sont des vins qui témoignent d’une région, d’un terroir où l’homme est têtu, la vigne est coriace et la nature est belle, comme la générosité des Soiffards…Cela me rappelle divers souvenirs…Un jour glacé, un ciel détrempé rythmé par des sternes qui dessinaient un linceul d’été. Un cri étouffé perdu dans les jappements d’un pygargue. Les jupons des rares passantes s’envolaient de rafale, mouillés de quelques gouttes…
C’est comme un parfum dissipé. Les arbres torturés ondulaient dans les bourrasques. Un vieux aux cheveux rares parlait des jours passés à un dogue à l’odeur fétide. Je somnolais et je regrettais l’instant où j’avais ouvert une ébauche de paupière…. Pfffffffff ! A cet instant précis, j’ai tout compris… Tout… Les végétariens, les végétaliens, le lsd, les antidépresseurs, l’alcool, les salles de fitness, l’obésité morbide, les excès de gras ou de vitesse, l’anorexie mentale, les dépressives shootées au sommeil, les travailleurs inconscients, le yoga, le bouddhisme, la zenitude, les grévistes plantés, les ravis de la crèche, la pétanque, les mondains, les mondaines et les demie molles, les punks, les clochards insoumis, les contrôleurs fiscaux, les racistes intolérants, et les antiracistes aussi !
Surtout les intolérants, tels des raéliens ancrés dans le réel. Suivent les communistes, les socialistes, les pollueurs, les écologistes, les sionistes, les illuminés, les révisionnistes, les terroristes, les inconditionnels de Houellebecq, les chtis de la télé-réalité, la pédophilie en famille, la pizza sans fromage, les pandas albinos, les collectionneurs de crotte de nez, Zemmour, Sarkozy, Lepen, Macron, Valérie Trierweiler, Arthur, Depardieu et tous ces cons ces abrutis finis qui errent avec un but abscond… Je somnolais et je regrettais d’avance l’instant d’ouverture d’une paupière. Un vieux aux cheveux rares parlait des jours passés à un dogue à l’odeur fétide. Les arbres torturés ondulaient dans les bourrasques. Les jupons des rares passantes s’envolaient mouillés de quelques gouttes…
Un cri étouffé perdu dans les jappements d’un pygargue, sous un ciel détrempé rythmé par des sternes qui dessinaient un linceul d’été à un jour glacé m’a réveillé… J’étais à nouveau devant cette Chevrolet Fleetline Aerosedan de 1948 ré_intégrée en street rod chez “Acme Chop Shop” situé dans le Colorado en 2018. La puissance provient d’un V8 Cadillac 510ci associé à une boîte automatique TH400 à trois vitesses et à un train arrière Ford 9″… et le châssis a été modernisé avec une suspension avant indépendante, un système arrière à quatre bras, des ressorts pneumatiques réglables, des freins à disque aux quatre roues et des jantes smoothie. La carrosserie en acier lissé présente un toit découpé et une plaque d’immatriculation en retrait.
Il y a également des feux arrière “Frenching” (français) et un système de déverrouillage des portes à boutons-poussoirs, tandis que l’intérieur est équipé d’une sellerie beige personnalisée, d’un levier de vitesses Lokar, d’un volant en billette d’alu et d’instruments AutoMeter…. Bravo pour la dépense… Mieux vaut pour ça que d’être offerts à Zeelinsky…La climatisation vintage Air a été ajoutée en 2019. La bête roulant mal, ne roule protiquement jamais… C’est une baleine… Elle n’a parcourue que 475 miles depuis l’achèvement des travaux… Pffffffff ! Le toit a été découpé et les gouttières et la quincaillerie des portes ont été érasées. Une boîte de plaque d’immatriculation en retrait a été ajoutée au coffre et l’extérieur a été lissé avant que la voiture ne soit peinte en gris métal.
La calandre de 1946 est finie en noir brillant, tout comme les bordures et les garnitures des phares. Un pare-brise en V fendu, un système de déverrouillage de porte à bouton-poussoir et des rétroviseurs latéraux en forme de balles ont également été installés.La voiture repose sur une suspension avant indépendante provenant d’une Camaro, qui a offert avant d’agoniser d’un système arrière à quatre bras avec une tringlerie diagonale et des ressorts pneumatiques réglables aux quatre coins. D’habitude, ceux qui ont la malchance de me connaitrent vous le diront, je ne suis qu’amabilité, délicatesse, un petit colibri virevoltant dans le brouillard existentiel… Mais les turpitudes quotidiennes me submergent et ma carapace de clown s’effrite…
Elle termine comme un morceau de teushi… Pourtant, je n’ai aucun souci de santé, enfin pas de problèmes majeurs en tous cas. Mon foie me rappelle à l’ordre de temps en temps, mais je n’ai pas de cirrhose, déclarée Sécu en tout cas. J’ai mal au dos, comme tout le monde, mais, dans l’ensemble, je clopine normalement, ça devrait passer le prochain contrôle technique. Alors, pourquoi cette morosité ? Parce que hier soir, j’ai ouvert une bouteille de “Brutal” et ce matin, à la radio, après le flot habituel de mauvaises nouvelles, un clown tentait de me convaincre que Macron était un homo honnête et patati et patata… Je ne sais pas qui est le plus brutal, le vin ou les discours de Macron mais deux mots, assez courts, me sont venus immédiatement : “Va chier”!
Face à l’absurdité de la situation, c’est la seule chose qui me soit venue … Excusez cette réaction épidermique, excusez-moi de paraître si direct, corrosif et avec un argumentaire aussi peu construit, mais “Va chier quand même !”… Je n’en peux plus du tout de ces cons, de ce racisme ambiant, de ces réactions disproportionnées concernant l’accueil de réfugiés fuyant leurs pays, ou plutôt ce qu’il en reste, à qui on dit: Allez chier ailleurs ! J’en ai marre de la rengaine politique, des idées figées, toutes faites et définitives, des réflexes politiques pavloviens, du prêt-à-voter, de ces politiciens périssable dont la date limite de consommation est depuis longtemps dépassée. Marre de ces médias qui se croient omniscients qui susurrent sans cesse à l’oreille des ménagères…
Qui diffusent la bonne parole mondialiste, chère, très chère aux multinationales. “Va chier” à tous les politicards qui ne pensent qu’à garder leurs privilèges et qui aiment tant ses gens du peuple, du moment qu’ils sont sages, votent comme il faut et ne lisent que la chronique sportive ou nécrologique de la presse locale. “Va chier” à tous ceux qui, confits dans le babacool, ne voient rien venir du monde d’aujourd’hui et de ses nouvelles menaces. “Va chier” pour tous ces cons qui ne pensent qu’à récupérer une xénophobie morbide, juste pour peser un petit peu plus lourd dans une élection où le niveau est déjà au ras des cuvettes de chiottes. “Va chier”, aux discours politiques où le prix d’une viennoiserie est plus important que le prix d’une vie…
Ou que les solutions à la misère ambiante… Un gros “Va chier” à tous ces paons narcissiques qui lèvent leurs belles gueules et leurs belles queues pour mieux chier sur les faibles. “Va chier” à tous ces représentants du peuple qui ne se représentent que leur cul. “Va chier” à tous les bâtisseurs d’ignorance, de convoyeurs de mensonges, aux maçons pas francs qui érigent des murs pour mieux diviser. “Va chier” à ces espèces de gros blaireaux qui nous prennent pour des pigeons et dont la Rolex est plus grosse que leurs couilles. “Va chier” aux constructeurs de haine ! Allez tous chier… Nous sommes aujourd’hui, à l’ère du “Va chier”. Nous rêvons tous de dire “Va chier” à notre réveil matinal, à nos politiques, à notre banquier, à notre contrôleur des impôts…
Et parfois même à nos amis… La vrai liberté, c’est de pouvoir dire “Va chier” ! Oui, mais à qui ? Aux faibles ou aux puissants ? Je crois que la véritable force se trouve dans la quantité de malheurs que l’on est capable d’endurer, de brutalité qu’on est capable d’encaisser sans jamais perdre notre humanité. Il est étrange que les prétendus désordres du sexe constituent le mal par excellence, alors que personne ne punit avec rage et dégoût la brutalité, la sauvagerie, la barbarie, l’injustice. Je sais, “Va chier”, c’est brutal, mais ça soulage. Un petit coup de brutal et ça passera … ou pas ! Voilà, vous êtes au bout du bout de l’aventure et il ne s’est rien passé de trascendental… Une philousophie de plus… Il est temps d’aller ronfler…








































