Fuck Off Sbarro Mojave Rod 2017
En 2012, les étudiants d’Espera Montbéliard avaient présenté le “Sbarro Eight”, un Hot Rod “Avant-Gardiste” motorisé par un V8 Maserati. Cinq ans plus tard, en 2017 un second Hot Rod, a également été présenté mais équipé d’un V8 Jaguar : le “Sbarro Mojave”, tirant son nom du désert californien. Moins “Funny” il a été qualifié de “Moderne” par une faune de journaleux Européens en majorité Suisse, tous très peu connaisseurs en cette matière typiquement “Yankee” car dédiée presqu’exclusivement aux Ford A et B motorisés de V8 Flathead bricolés pour concourir entre eux sur les lac salés Californiens, puis utilisés pour des courses de rues entre “Bad Boys”, telles qu’immortalisées en 1955 par le film “La Fureur de vivre” avec James Dean et Natalie Wood, puis avec le “Kultissime” film de 1973 “American Graffiti” réalisé par George Lucas, produit par Francis Ford Coppola et rythmé par le rock ‘n’ roll de musiciens mythiques des années 1950 et du début des années 1960 :The Platters, Chuck Berry, Fats Domino, Buddy Holly, Bill Haley, The Beach Boys, Jerry Lee Lewis, Frankie Lymon, Del Shannon…
En presque 80 ans depuis 1946, le Hot Rodding Américain ne s’est quasi jamais orienté vers l’Avant-Gardisme, si ce ne sont une vingtaine de bizarreries que vous pouvez découvrir au milieu des plus de 5.000 articles composant ce Webzine (abonnez-vous pour 1€ si ce n’est déjà fait)… Mais Franco Sbarro et ses élèves d’Espera Montbéliard “Extra terrestre” en font partie pour leurs créations de 2012 et 2017 façon : “Voilà ce que l’on peut faire quand on arrête d’avoir peur. Voilà ce que pourrait produire une génération qui refuse la fadeur”. Franco Sbarro se libérant des contingences après avoir découvert un million de Francs Suisse à dépenser, a osé laisser construire les deux Hot Rod’s “modernes” par ses élèves… Sbarro que j’avais invité au premier Chromes&Flammes Show des débuts de mon magazine (les Seventies, les années Chromes&Flammes) et qui a fait un caprice, jaloux de constater que la billetterie d’entrées explosait à plus de 100.000 entrées… En plus d’avoir été invité gratuitement, de se voir offrir 10 places et tout autant en reportages, il lui fallait recevoir une part “du butin” !!!
Sbarro Corsaire ! Les années ’70, quel souk !!! On y ajoute le Groupe Michel Hommel qui a copié C&F, a fait une délation fiscale envers ChromesFlammes pour tenter de me couler et c’est l’ambiance Mad Max ! Ca s’est retourné contre son groupe avec sa faillite en centaines de millions… Yeahhh ! Rock’n’roll attitude… C’est loin tout ça, maintenant seul reste ChromesFlammes en numérique avec 200.000 abonné(e)s. Alors on va y causer de ces Hot Rods Sbarro en débutant par le Mojave, ben oui, quand même, sans rancune… On ne photographie toutefois pas tel un Hot-Rod-Concept-Car, on capture un soulèvement mécanique après détourages et retouches car curieusement l’esprit “photo création” n’est pas le TOP de chez Sbarro… Ce Mojave, c’est toutefois le cri d’une génération Suisse qui sur le tard ose transformer la matière en émotion… Avec ton mon re-traitement graphique, il ne sera plus un projet étudiant, shooté vite fait en expo, il deviendra ici une icône, un spectre rouge, un totem de vitesse… Fugace, certes, car d’autres articles suivent…
L’inspiration “moderne” est en réalité du “Rétro-Futurisme” et la finition intérieure laisse à désirer, m’obligeant à des retouches… Le look de la Mojave se traduit par ses roues non carrossées, son long capot, ses portes qui s’ouvrent dans le “mauvais” sens, son habitacle très reculé, la surface vitrée quasiment inexistante, et sa calandre qui a même un “orifice”, un “trou” comme pour accueillir une manivelle pour la démarrer. A côté de cela, les détails modernes sont nombreux : les angles marqués, les phares en anneaux qui lui donnent un regard intriguant, les grandes roues larges. Le look est effectivement résolument rétro-moderniste, les vitres latérales étant presque symboliques : la vision n’étant pas prioritaire… Brrrrrrrrrrrr ! Le Mojave est animé par un V8 4L0 Jaguar qui développe 294cv transmis aux roues arrière via une boîte de vitesses manuelle à cinq rapports d’origine BMW. Grâce à la carrosserie en matériaux composites, qui repose sur un châssis tubulaire en acier, ce Hot Rod biplace ne pèse que 1060 kgs reposant sur des jantes de 20po.
Très épuré, l’habitacle est presque futuriste avec son écran tactile et ses commandes “haptiques”, mais rien n’est réglable… Le Mojave a été conçu et construit par les 24 élèves d’Espera Montbéliard en seulement 64 jours et aucun de leurs gabarits (taille) ne sait donc régler la position de conduite à sa dimension, ce qui est plus qu’assez problématique (voyez la photo ad-hoc)… L’engin diabolique n’a pas été construit, il a été libéré… Il n’est pas né dans un atelier, il n’est pas né dans une école, il n’est même pas né dans un esprit humain… Nonnnn ! Le Sbarro Mojave est apparu comme une fracture dans le réel, une déchirure rouge-sang dans le tissu du raisonnable. On raconte qu’il a été arraché au désert Suisse, comme un mirage qui refusait de disparaître. Maintenant, il avance comme un orage sous amphétamines, un bloc de métal incandescent qui ne roule pas, non, car il déferle, il dévore, il domine. Son V8 est un fauve (humour facile puisque c’est un Jaguar) enfermé dans une cage suisse. Sous sa peau rouge, gronde un Jaguar qui n’a jamais accepté la domestication… Pfffffffff !
Il ne ronronne pas, il gronde comme un animal a qui on aurait forcé à suivre un régime de caféine et de rage. Les étudiants d’Espera l’ont dompté à coups de soudures, de nuits blanches et de jurons. Ils n’ont pas construit une automobile, ils ont invoqué une créature au regard de démon, à la posture d’un prédateur. Ses phares sont deux anneaux de lumière, comme des yeux de démon sous néon. Sa carrosserie est une lame rouge prête à découper la monotonie des SUV. Ses roues sont des catapultes chromées prêtes à projeter le châssis dans la stratosphère. Le Mojave n’a pas été conçu pour plaire. Il a été conçu pour provoquer, pour hurler, pour faire trembler les rétines. C’est le Hot Rod que le cousin Suisse de Mad Max aurait dessiné s’il avait étudié à Montbéliard. Le Mojave est un manifeste, pas un véhicule. Il ne transporte rien. Il annonce. Il déclare. Il accuse…Pffffffff ! Vous voulez une version de présentation encore plus forte ? Je peux pousser encore plus loin, plus violent, plus lyrique, plus ChromesFlammes, plus hallucinatoire, plus “apocalypse mécanique” ?
Je vous crée un slogan final : “Sbarro n’a pas que donné naissance à un Hot Rod avant-gardiste. Il a accouché d’un avertissement”… En effet, le Mojave n’est pas un concept-car, ce n’est pas un prototype, ce n’est même pas une idée, c’est un “accident tectonique”, un séisme mécanique, un dérapage de la réalité qui a pris la forme d’un Hot Rod Suisse rouge sang… On dit qu’il a été construit, c’est faux, il a été arraché au sommet d’une montagne Suisse comme un rocher incandescent. Il n’a pas de ligne claire et limpide. Il a une intention. Il n’a pas de silhouette. Sous sa peau rouge, un V8 qui n’a jamais accepté la civilisation. Un Jaguar Britannique dans un Hot Rod Suisse qui se donne un air Américain… C’est troublant… On dirait un fauve aristocratique qu’on aurait enfermé dans une cage d’école d’ingénieurs, et qui, au lieu de se calmer, aurait appris à hurler en plusieurs langues. Les étudiants d’Espera n’ont pas monté un moteur. Ils ont libéré un démon. qui a une gueule de prédateur, un dos de reptile, une posture de duelliste et l’air Saint comme un Garde Suisse évadé du Vatican…























