“Jazzy Special” Ford Model’T 1927
Issu de 1927, ayant survécu à plus de 20 ans d’usages et reconstruit en véritable bolide de vitesse pour les courses sur les lacs asséchés d’El Mirage et de Bonneville, après la fin de la guerre 1941/1945 par Jim “Jazzy” Nelson et son frère Paul Nelson, ce Hot Roadster Ford Model T en acier va devenir mythique. Moteur Flathead V8 276 ci (4L5 ) préparé avec culasses Edelbrock. 3 carburateurs Stromberg’97. Boîte manuelle 3 rapports. Pont AR Halibrand quick‑change. Suspension à lames transversales. Essieu Mor Drop. Jantes 16″ à rayons orange. Carrosserie en acier, nez profilé avec calandre à lames, échappements latéraux chromés, peinture violette à filets multicolores.
Chronologie et exploits : 1949 Jim “Jazzy” Nelson El Mirage Dry Lake Record Classe B : 141,06 mph (227 km/h)… 1950‑1951 Lee Titus Lee’s Speed Shop de Santa Monica. Bonneville Salt Flats avec nouveau moteur V8, vitesse max 151 mph (243 km/h)… 1952 Lee Titus Oakland Roadster Show 1ᵉʳ prix de classe et couverture du magazine ”Hop Up”... Années 1950‑1960 Dean Moon & Chuck Sarno Palms Garage, CA Campagnes successives et restauration complète. Le “Jazzy Special” incarne l’âge d’or du Hot Rodding américain pour son esprit d’ingéniosité et de vitesse, son esthétique artisanale mêlant performance et style, son influence durable sur la culture automobile californienne.
Il est aujourd’hui considéré comme l’un des rares survivants authentiques de l’ère des “Dry lakes”, restauré avec soin et régulièrement présenté dans des ventes ou expositions historiques. Voici : L’HISTOIRE COMPLÈTE DU HOT ROD “JAZZY SPECIAL”, LE LAKE RACER QUINCY AUTOMOTIVE construit comme une véritable page d’histoire automobile, dense, précise, documentée, dans l’esprit typique des dossiers Chromes & Flammes… Naissance d’un mythe (1946‑1949) À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la Californie devient le laboratoire d’une génération de jeunes mécaniciens revenus du front avec deux obsessions : la vitesse et la liberté. Parmi eux, deux frères : Jim “Jazzy” Nelson et Paul Nelson, installés à Quincy Automotive.
C’est un petit garage de la côte ouest des Etats-Unis d’Amérique, spécialisé dans la préparation de moteurs Ford. En 1947, Jim “Jazzy” Nelson et Paul Nelson récupèrent pour 500$ une carrosserie de Ford Model T 1927 en acier, légère, simple, parfaite pour les courses sur les lacs asséchés. Leur idée est claire : construire un bolide capable de battre les records de vitesse de la SCTA (Southern California Timing Association). Ils créent alors un engin brut, profilé, dépouillé, où chaque pièce est pensée pour une seule chose : aller plus vite que les autres. Ce sera : “Le premier âge d’or : le Flathead de Quincy Automotive”…
Le cœur du “Jazzy Special” est un V8 Flathead Ford 276 ci, préparé “à la main” :
Je récapitule : culasses Edelbrock haute compression, trois carburateurs Stromberg 97, allumage Mallory, échappements latéraux ouverts, vilebrequin équilibré, admission polie à la main… Le châssis est abaissé, l’essieu avant Mor‑Drop est cintré pour réduire la traînée, les roues à rayons orange deviennent sa signature visuelle. Le résultat est un engin simple, violent, efficace, taillé pour les surfaces dures et poussiéreuses d’El Mirage. En juin 1949, Jim “Jazzy” Nelson inscrit son roadster dans la Classe B Roadster, quelques minutes plus tard il établit “LE” record qui fait entrer le “Jazzy Special” dans l’histoire… Ce jour‑là, le vent est faible, la surface du lac est parfaite, et le Flathead hurle comme jamais. Résultat officiel SCTA : 141,06 mph (227 km/h). Record de classe.
Le nom “Jazzy Special” apparaît ainsi pour la première fois dans les registres. Le Hot Rod devient une légende. Mais ce n’est que le début… En 1950, le Hot Roadster change de mains, racheté par Lee Titus, propriétaire du “Lee’s Speed Shop” à Santa Monica, préparateur réputé et figure du Hot Rodding Californien. Titus apporte : un nouveau profil aérodynamique, une calandre plus fine, une peinture bleu nuit avec filets orange, un moteur encore plus affûté. En 1951, il emmène le “Jazzy Special” à Bonneville, sur “le sel blanc”. Le Hot Roadster atteint 151 mph (243 km/h), une vitesse exceptionnelle pour un engin à carrosserie d’origine. En 1952, Titus présente le “Jazzy Special” au Oakland Roadster Show, le plus prestigieux salon de hot rods au monde.
Le roadster remporte : le 1er prix de classe, une mise en avant dans “Hop Up Magazine”, et une reconnaissance nationale. Le “Jazzy Special” n’est plus seulement un bolide de lac : c’est un chef‑d’œuvre mécanique, un symbole de l’ingéniosité californienne… Au milieu des années 1950, le Hot Roadster passe entre les mains de Dean Moon, fondateur de Moon Equipment Co., l’un des pionniers du Hot Rodding moderne. Moon apporte : une instrumentation Moon, un volant competition, une optimisation du refroidissement, une préparation moteur plus stable pour les runs longs. Le “Jazzy Special” devient ambassadeur roulant de la culture Hot Rod… À la fin des années 1950, le roadster est acquis par Chuck Sarno, mécanicien talentueux et passionné d’histoire automobile.
Chuck Sarno comprend que le “Jazzy Special” n’est pas un Hot Rod comme les autres. Il entreprend une restauration respectueuse, conservant : la carrosserie d’origine, les roues orange, la peinture “Quincy Automotive”, les inscriptions des pilotes successifs. Il documente l’histoire du véhicule, préserve les pièces d’époque, et maintient le Hot roadster en état de fonctionnement. Grâce à lui, le “Jazzy Special” survit intact à une époque où la plupart des Hot Rods sont modifiés, détruits ou oubliés. Sur le flanc gauche du roadster, quatre noms sont inscrits en lettres orange : Jim “Jazzy” Nelson – 1947… Lee Titus – 1950… Dean Moon – 1951… Chuck Sarno – 1957… Ces noms ne sont pas décoratifs. Ils racontent la transmission d’un héritage.
C’est la chaîne humaine qui a façonné ce bolide… Le “Jazzy Special” est aujourd’hui considéré comme : l’un des rares Hot Rods authentiques de l’ère des lacs asséchés, un témoin direct de la naissance du Hot Rodding moderne, un exemple parfait de l’évolution technique entre 1947 et 1960, un objet historique au même titre que les premiers “Belly tanks” ou “Streamliners”… Il apparaît régulièrement dans : des expositions historiques, des ventes spécialisées, des articles consacrés aux pionniers du Hot Rod…Son authenticité, sa continuité et sa documentation en font une pièce majeure de l’histoire automobile américaine. C’est un Hot Rod qui a traversé les époques sans perdre son âme
Le “Jazzy Special” n’est pas seulement un véhicule. C’est un fragment vivant de l’Amérique mécanique, un témoin de l’époque où des gamins de 20 ans, armés de clés plates et d’un V8 Ford, ont inventé une culture entière. Il a roulé sur : la poussière d’El Mirage, le sel de Bonneville, les routes californiennes, les salons les plus prestigieux… Et il porte encore, sur sa carrosserie bleu nuit, les noms de ceux qui l’ont fait vivre. Un Hot Rod comme celui‑là n’est pas un objet. C’est une histoire, une lignée, un totem. Le “Jazzy Special”, c’est l’ombre bleue des Dry Lakes… Il y a des voitures qui roulent, et il y a des voitures qui survivent. Le “Jazzy Special” ne roule plus depuis longtemps pour battre des records.
Il roule pour rappeler au monde qu’il a existé une époque où la vitesse n’était pas un chiffre, mais une manière de respirer, sur les lacs asséchés de Californie, là où la terre devient blanche et le ciel devient métal, c’est un Hot Run Roadster bleu nuit qui a laissé une trace que les vents n’ont jamais effacés. Ce n’est pourtant qu’un Ford T de 1927, maigre comme un os, nerveux comme un chien affamé, avec un V8 Flathead qui cognait comme un cœur trop grand pour son châssis. Ce n’était pas une voiture. C’était une intention. Le premier souffle fut Jazzy Nelson qui n’avait rien d’un ingénieur. Il avait mieux : l’instinct. Il savait écouter un moteur comme d’autres écoutent une confession. Il savait sentir la limite avant de la voir.
Quand il posa la main sur la carcasse du Model T, il ne vit pas une épave. Il vit une flèche. Une flèche qui n’attendait qu’un arc. Pendant des nuits entières, dans le garage de Quincy Automotive, il façonna le métal comme un sculpteur fou. Il polissait, ajustait, resserrait, recommençait. Le Flathead prenait forme, les Stromberg s’ouvraient comme des gueules affamées, les culasses Edelbrock luisaient sous la lampe. Puis vint le jour où il posa les roues orange sur la poussière d’El Mirage. Le silence du lac était si vaste qu’on aurait pu y entendre une pensée tomber. ,Jazzy monta dans le cockpit, serra le volant, et le monde se contracta autour de lui. Quand il lâcha l’embrayage, le roadster bondit comme un animal libéré. La poussière se leva en muraille.
Le moteur hurlait. Le lac vibrait. 141,06 mph. Le record. Et surtout : la naissance d’un mythe. Ensuite vint le passage du flambeau : Lee Titus… Les voitures ont une âme, mais elles changent de mains. En 1950, le “Jazzy Special” trouva un nouveau maître : Lee Titus, préparateur de Santa Monica, homme de précision, de méthode, de vitesse calculée. Titus ne chercha pas à dompter la bête. Il chercha à la comprendre. Il affina la carrosserie, redessina la calandre, tendit la peinture bleu nuit comme une peau neuve. Il donna au roadster une allure de prédateur silencieux. Puis il l’emmena là où seuls les fous vont chercher leur vérité : Bonneville. Sur le sel blanc, le Jazzy Special devint une flèche bleue. Le Flathead hurlait dans un désert de lumière. Le sel fouettait les flancs.
Le monde disparaissait derrière un rideau blanc… 151 mph. Le roadster venait d’entrer dans une autre dimension… Vint ensuite l’âge des garages sacrés : Quand Dean Moon mit la main sur le “Jazzy Special”, il reconnut immédiatement ce qu’il avait devant lui : un survivant, un témoin, un morceau de l’ADN du Hot Rodding. Moon ne chercha pas à le transformer. Il chercha à le révéler. Il ajouta ses instruments, son savoir-faire, sa signature. Le roadster devint un ambassadeur, un symbole, un drapeau…. Puis vint Chuck Sarno, le dernier nom inscrit sur le flanc du roadster. Sarno n’était pas un pilote. Il était un gardien.Il comprit que le “Jazzy Special” n’était plus seulement une machine. C’était une histoire. Une lignée.
C’était un témoin d’un temps où les hommes couraient sur des lacs secs pour prouver qu’ils existaient. Sarno restaura sans trahir. Il conserva les cicatrices, les traces, les couleurs. Il fit du “Jazzy Special” un monument roulant… Aujourd’hui : la poussière ne ment pas, le “Jazzy Special” n’est pas un Hot Rod comme les autres. Il n’a pas été reconstruit, modernisé, trahi. Il a traversé les décennies comme un soldat qui refuse de déposer les armes. Il porte encore les noms de ses pilotes, comme des tatouages : Nelson, Titus, Moon, Sarno. Quatre hommes, quatre époques, une seule machine. Quand on le regarde aujourd’hui, on ne voit pas un roadster. On voit la Californie des années 40, on voit la poussière d’El Mirage, on voit le sel de Bonneville, on voit la naissance du hot rodding…
Et surtout, on entend encore, quelque part dans le vent, le hurlement du Flathead qui refuse de mourir..
































