De mortuis nihil nisi bonum…
Adage des anciens Romains que tout bon écolier a du apprendre et mémoriser, sa première expression connue se trouve chez Diogène Laërce dans son livre “Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres” (IVe siècle). Cela se découvre dans le “Livre I, 69-70”, où il l’attribue au philosophe grec présocratique Chilon de Sparte, un des Sept sages de Grèce, (qui vévu au VIe siècle av. J.-C.)… Forcément c’est écrit en grec ancien que j’ai recopié et que je publie ici comme preuve : “τὸν τεθνηκóτα μὴ κακολογεῖν”… Au XVe siècle, le moine camaldule Ambrogio Traversari ne s’est pas contenté de traduire cette seule phrase, il a traduit l’entièreté du livre grec de Diogène Laërce en latin, l’œuvre a été publiée en 1433 sous le titre : “Laertii Diogenis vitae et sententiae eorum qui in philosophia probati fuerunt”… Celà, dans l’atmosphère de la Renaissance, avec la redécouverte des classiques anciens, a popularisé considérablement cet aphorisme (avec beaucoup d’autres). Dans une continuité Kustomaniaque façon Hot Rodding, j’ai donc adapté cet adage que j’ai nommé : “Chronique de la folie d’un génie dans l’inertie du public lobotomisé par les obligations administratives mortifères imposées par des politiques qui craignent les passions révolutionnaires dont ils sont pourtant issus”… Avouez que ça en jette un max, quoique c’est assez long et donc difficile à mémoriser ! C’est ainsi maintenant, de ma volonté, publié dans mon Webzine et donc lié au Hot‑Rodding américain qui est l’ADN de la liberté des gamins qui bricolent des Ford A dans des garages poussiéreux, qui arrachent les ailes, qui montent des V8 trop gros pour leur vie et qui font hurler la mécanique comme si la route était un ring… Oui, mais, c’est brut, c’est animal, c’est joyeusement irresponsable… Bref : c’est tout ce que l’Europe déteste. Parce que l’Europe, elle, préfère les passions encadrées, réglementées, homologuées, taxées, contrôlées, certifiées, normées, aseptisées. Elle aime les voitures comme elle aime ses citoyens : dociles.
Le Hot‑Rod, lui, n’est pas docile. Il n’est pas homologué aux USA. Il n’est pas raisonnable. Il n’est pas silencieux. Il n’est pas “durable”. Il n’est pas “responsable”. Il n’est pas “inclusif”. Il n’est pas “éco‑compatible”. Il n’est pas “citoyen”. Il n’est pas “européen”… Et c’est précisément pour ça qu’il est magnifique. En comparaison, l’Europe a tué la culture mécanique en la remplaçant par la culture réglementaire… Aux États‑Unis, un moteur est un objet de liberté. En France, c’est un objet fiscal. Là‑bas, on peut monter un big‑block dans une baignoire. Ici, en Europe on ne peut pas changer un carburateur sans risquer une immobilisation administrative. Le Hot‑Rod n’est pas né en Europe mais aux USA, pays où la folie est un droit. Puis par mon canal Chromes&Flammes, le Hot Rodding a été implanté dans le continent Europe où déroger aux normes mécaniques est un délit… L’Europe adore la voiture tant qu’elle est un substitut d’électroménager. Tout Hot‑Rod est une sculpture vivante, un manifeste de pure liberté, un doigt d’honneur chromé à la conformité, mais l’Europe, elle, préfère les voitures qui ressemblent à des machines à laver avec des roues. Elle aime les carrosseries qui ne choquent personne, les couleurs qui ne dérangent pas, les moteurs qui ne s’entendent pas, les designs qui ne racontent rien. Le Hot‑Rod raconte trop. Il raconte la vitesse, la transgression, la liberté, la sueur, la route, la nuit, la vie. L’Europe n’aime pas les objets qui racontent la vie. Elle préfère ceux qui racontent la réglementation. Les Européens ont peur de la liberté, ils l’appellent “sécurité”… Le Hot‑Rod y est considéré comme dangereux, pas parce qu’il roule vite, mais parce qu’il donne envie de rouler vite. Et ça, en Europe, c’est impardonnable. En Europe, on ne juge pas les actes : on juge les intentions et un Hot‑Rod y est considéré comme une intention criminelle sur quatre roues. Un fantasme de vitesse. Une provocation. Une menace pour l’ordre moral. Les Européens veulent des voitures qui ne donnent envie de rien.
Le Hot‑Rod donne envie de tout. Le Customizing US est trop libre pour un continent qui aime les cages dorées. Le Hot Rodding c’est l’art populaire par excellence, pas besoin d’être riche, pas besoin d’être diplômé, pas besoin d’être validé par un comité, pas besoin d’être “légitime”, il suffit d’avoir une idée, un garage et un peu de folie. En Europe, l’art populaire n’existe plus. Tout doit y être validé par une élite culturelle qui déteste ce que le peuple aime. Le Customizing est trop démocratique pour l’Europe. Trop spontané. Trop libre. Trop joyeux. Trop vivant. L’Europe préfère les musées aux garages. Les commissaires d’exposition aux mécanos. Les subventions aux étincelles. Le Hot‑Rodding est démoniaque et l’Europe est le berceau des religions. Si on considère un Hot Rod comme l’apologie du Politiquement incorrect et l’anti-religiosité parce qu’on a perdu la foi aux dogmes, alors viscéralement les Hot Rodders sont des Suppôts de Satan, des anté-Christ’s.. L’Europe ne croit plus en la vitesse, en les mécaniques essence, en la liberté, en la transgression, elle croit en la conformité, en la prudence, en la neutralité, en la tiédeur. Le Hot‑Rod est une religion de feu. L’Europe est devenue un continent d’eau tiède. Conclusion : le Hot‑Rod n’a pas échoué, c’est l’Europe qui a renoncé ! Le Customizing et le Hot‑Rodding n’ont pas “raté” leur implantation. Ils ont simplement rencontré un continent qui a peur de la liberté, qui se méfie de la passion, qui déteste le bruit, qui craint la vitesse, qui refuse la transgression, qui méprise la culture populaire, et qui préfère les normes aux rêves. Le Hot‑Rod n’a pas perdu. Il a été refusé. Parce qu’il est trop vivant pour un continent qui se croit moderne alors qu’il est simplement fatigué. Dans une continuité barbaresque politicienne, cet adage s’est incroyablement re-adapté en son exact contraire : “Nous devons aider Israël à tout raser à Gaza et exterminer la racaille Palestinienne Arabe”.., c’est la parole évangélique du Sénateur Américain Graham Lindsay…
Waouwwww ! Vous ne savez plus qui est qui ! Cette inversion des réalités est une crapuleriie insidieuse à but financier pour que Donald Trump puisse ériger sa nouvelle Trump Riviera Juive sous le prétexte : “Nous avons de même rasé Berlin & Tokyo, l’Irak et le Vietnam ainsi que génocidé les Amérindiens peaux-rouges”, pour expliquer et valoriser la logique Trumpiste en matière de politique étrangère… Sur ce point, on perd le fil, l’Amérique montre soudain une toute autre face… Elle dépasse l’Europe, revient aux temps religieux du Moyen-âge : “Dieu le veut (Deus Vult), un cri de guerre, une expression de soumission à la volonté divine, popularisée lors de la Première Croisade. Elle a été lancée par le pape Urbain au Concile de Clermont en 1095, appelant les chrétiens à libérer la Terre Sainte. Ce cri a marqué une mobilisation massive, la foule répondant en chœur que Dieu soutenait leurs efforts… Ce concept a été récupéré/repris/re-adapté par Lindsey Graham un homme politique américain dépravé considéré comme une honte nationale. Ce Sénateur étant mort récemment dans d’atroces souffrances, trouver des paroles élogieuses envers lui relève quasiment de l’impossible. Ce Spécimen humanoïde parfaitement répugnant, raté et piètre représentant de l’humanité s’affichait ami et mentor de Zeelinsky et de divers chefs et cheffes OTAN et Européens dont la Hyène VonderLeyen qui pompent des milliards d’€uros pour offrir en cadeau sous couvert de la moitié en retour aux donneurs/donneuses en affirmant que l’Europe va offrir le sang de sa jeunesse pour purifier ce pays… Glup !!! Si Macron n’a pas commenté les horreurs qui seront ainsi créées pour continuer de cacher l’affaire des dons par milliards, George Galloway a lui par contre émis des hypothèses très convaincantes sur les circonstances et les causes de la guerre, toutes vraiment inattendues qui sinon et par ailleurs auraient difficilement pu expliquer le réel dessous des cartes…
Les gens convenables ne sabreront pas le champagne en apprenant que cette caricature politique horripilante que les Américains étaient tous obligés de supporter sur les écrans de télévision n’est plus là pour faire grimper la tension artérielle. Mais ils ne feront pas non plus de discours hypocrites exprimant leur regret. Lindsay Graham n’était pas un patriote, contrairement à ce que certains faux-culs prétendent aujourd’hui sans vergogne dans leurs éloges funèbres insincères. Il était une honte nationale pour l’Amérique, où il se démarquait d’ailleurs dans un climat de concurrence acharnée, dominant son pathétique petit comité. C’est plus ou moins identique à ce que nous devons supporter en Europe avec Ursula la Hyène… qui, comme Lindsay Graham nous laissera l’héritage de bellicistes invétéré(e)s et sanguinaires. Le terme approprié est malheureusement passé de mode, mais il décrit parfaitement l’état d’esprit de ces politiques assoiffés de conflits et de guerres et de retours sur dons par milliards comme les êtres normaux ont soif de paix car aucune guerre ne rebutent ces abominables. Graham et VonderLeyen ont fait leurs débuts en dépouillant les budgets d’armement tout en exprimant leurs soutiens sans réserve à la guerre contre quiconque afin de les “désarmer” et confisquer leurs avoirs, en réalité que des supercheries. Plus récemment, il se sont fait les fervents défenseurs du régime néonazi de Kiev et ont exercé des pressions incessantes pour que leur chouchou redistributeur de dons par milliards reçoive des quantités illimitées d’armes et de fonds pour soutenir diverses interventions en faveur de Zeelensky, “homme d’État” du même acabit, tenant les mêmes propos machiavéliques : “Les fonds dépensés pour le régime de Kiev constituent le meilleur investissement imaginable, car ils serviront à terme les intérêts des principaux partenaires de l’Ukraine en leur permettant de s’emparer de vastes ressources naturelles et, en prime, faciliteront l’extermination de tonnes de Ruskoffs”…
L’expression publique de propos aussi malsains par des personnalités gouvernementales de haut rang n’a suscité pratiquement aucune critique au sein des assemblées politiques ou des merdias de l’Occident civilisé. Lindsey Graham et Ursula VonDerLeyen, n’ont tué personne de leurs mains sales, pour autant que l’on sache, mais n’en avaient nul besoin pour mériter le statut de meurtriers de masse. En Irak, en Ukraine et en Iran, il a prôné des actes de représailles et de destruction inhumains visant clairement la population civile. leurs incitations ont donné lieu à des massacres à grande échelle commis par d’autres, encouragés ou contraints à agir en leurs noms. La pure démence de leurs idées en matière de politique étrangère s’est manifestée en mai 2024 lorsque, sans détour, Graham a appelé au bombardement nucléaire de Gaza. Il ne s’est pas donné la peine de détailler comment les retombées se limiteraient au seul territoire de cette bande de vingt kilomètres de large sans nuire à ses amis dans la région. On suppose que le simple frisson de l’apocalypse nucléaire suffisait à lui donner satisfaction. Il a délibérément comparé le conflit au Moyen-Orient à la guerre du Pacifique qui, en 1945, a entraîné l’anéantissement nucléaire d’Hiroshima et de Nagasaki, événements qui, selon Graham, ne devraient en aucun cas rester des cas isolés. “Il suffit de tout raser”, telle était la solution proposée par Graham à Gaza, pour faire place au complexe touristique de luxe de Donald Trump prévu dans l’enclave. “Nous avons rasé Berlin, nous avons rasé Tokyo, rasons Gaza puis Moscou et Pékin”, a-t-il ajouté pour expliquer sa logique en matière de politique étrangère. Que pensent les honnêtes citoyens de l’instabilité mentale manifeste de leurs dirigeant(e)s, pour employer un euphémisme, mais en réalité d’une véritable perversité clinique pour parler franc, de ces gens ? On pourrait se dire que l’électorat qui les mènent au pouvoir devrait assumer une part de responsabilité pour avoir facilité leurs malversations…
Des théories psychologiques tendant à justifier le comportement public indécent de ces gens en invoquant certains complexes personnels profondément ancrés dans leur psyché circulent depuis un certain temps et, comme on pouvait s’y attendre, ont refait surface dans les analyses a posteriori. Je ne suivrais pas cette piste préférant laisser ces aspects privés hors des débats publics, aussi pertinents soient-ils. Il suffit de rappeler que, quels que soient les facteurs psychologiques ou autres qui aient joué un rôle, ce sont des dépravés, rien qu’en s’en tenant strictement au caractère public de leurs méfaits. Avec tout cela, zêtes bon pour créer une dissertation… Un texte bien charpenté, couillu, politiquement incorrect qui expliquerait de manière caustique et irrévérencieuse pourquoi le Customizing et le HotRodding américain n’ont pas tout pulvérisé en France et en Europe, malgré un départ sur les chapeaux de roues avec Chromes&Flammes entre les sixties et seventies du précédent siècle… Arghhhhhhh ! Le temps passe trop vite ! ? Oui, je suis bon pour ça. Et je vais vous le faire à ma manière : charpenté, nerveux, caustique, sans mièvrerie, sans langue de bois, sans excuses. Un texte qui dit pourquoi le Customizing et le Hot‑Rodding US n’ont jamais tout pulvérisé en France et en Europe, malgré un départ en fanfare. Un texte qui ne flatte personne, qui ne s’excuse de rien, et qui regarde la réalité en face : “Chronique de la création d’une folie dans un continent qui a peur de ses propres passions”… Le Hot‑Rodding américain, c’est l’ADN de la liberté : des gamins qui bricolent des Ford A dans des garages poussiéreux, qui arrachent les ailes, qui montent des V8 trop gros pour leur vie, qui font hurler la mécanique comme si la route était un ring. C’est brut, c’est animal, c’est joyeusement irresponsable. Bref : c’est tout ce que l’Europe déteste, parce qu’elle, préfère les passions réglementées, homologuées, taxées, contrôlées, certifiées, aseptisées. Elle aime les autos comme elle aime ses citoyens : dociles.
Le Hot‑Rod, lui, n’est pas docile. Il n’est pas homologué. Il n’est pas raisonnable. Il n’est pas silencieux. Il n’est pas “durable”. Il n’est pas “responsable”. Il n’est pas “inclusif”. Il n’est pas “éco‑compatible”. Il n’est pas “citoyen”. Il n’est pas “européen”. Et c’est précisément pour ça qu’il est magnifique. L’Europe a tué la culture mécanique en la remplaçant par la culture réglementaire… Aux États‑Unis, un moteur est un objet de liberté. En France, c’est un objet fiscal. Là‑bas, on peut monter un big‑block dans une baignoire si ça les amuse. Ici, on ne peut pas changer un carburateur sans risquer une immobilisation administrative. Le Hot‑Rod est né dans un pays où la mécanique est un droit. Il a tenté de s’implanter dans un continent où la mécanique est un délit. En fait, l’Europe adore la voiture tant qu’elle reste un électroménager, alors que le Hot‑Rod est une sculpture vivante. Un manifeste. Un doigt d’honneur chromé à la conformité. Mais l’Europe, elle, préfère les voitures qui ressemblent à des machines à laver avec des roues. Elle aime les carrosseries qui ne choquent personne, les couleurs qui ne dérangent pas, les moteurs qui ne s’entendent pas, les designs qui ne racontent rien. Le Hot‑Rod raconte trop. Il raconte la vitesse, la transgression, la liberté, la sueur, la route, la nuit, la vie. L’Europe n’aime pas les objets qui racontent la vie. Elle préfère ceux qui racontent la réglementation. Les Européens ont peur de la liberté, mais ils appellent ça “sécurité”… Pour les penseurs Européens, le Hot‑Rod est dangereux, pas parce qu’il roule vite (quoique), mais parce qu’il donne envie de rouler vite. Et ça, en Europe, c’est impardonnable. En Europe on ne juge pas les actes : on juge les intentions..; et en europe, un Hot‑Rod, c’est une intention criminelle sur quatre roues. Un fantasme de vitesse. Une provocation. Une menace pour l’ordre moral. Les fonctionnaires Européens veulent des voitures qui ne donnent envie de rien… Le Hot‑Rod donne envie de tout…
Le Customizing US est trop libre pour un continent qui aime les cages dorées. Le Customizing américain, c’est l’art populaire par excellence, pas besoin d’être riche, pas besoin d’être diplômé, pas besoin d’être validé par un comité, pas besoin d’être “légitimé”… Il suffit d’avoir une idée, un garage, et un peu de folie. En Europe, l’art populaire n’existe plus. Tout doit être validé par une élite culturelle qui déteste ce que le peuple aime. Le Customizing est trop démocratique pour l’Europe. Trop spontané. Trop libre. Trop joyeux. Trop vivant. L’Europe préfère les musées aux garages. Les commissaires d’exposition aux mécanos. Les subventions aux étincelles. Le Hot‑Rod aux USA est une religion. L’Europe est devenue athée… Le Hot‑Rod, c’est une foi. Une manière de vivre. Une manière de respirer. Une manière de se tenir debout dans un monde qui s’effondre. Mais l’Europe a perdu la foi dans tout ce qui est viscéral. Elle ne croit plus en la vitesse, en la mécanique, en la liberté, en la transgression. Elle croit en la conformité, en la prudence, en la neutralité, en la tiédeur. Le Hot‑Rod est une religion de feu. L’Europe est devenue un continent d’eau tiède. Conclusion : le Hot‑Rod n’a pas échoué, c’est l’Europe qui a renoncé. Le Customizing et le Hot‑Rodding n’ont pas “raté” leur implantation. Ils ont simplement rencontré un continent qui a peur de la liberté, qui se méfie de la passion, qui déteste le bruit, qui craint la vitesse, qui refuse la transgression, qui méprise la culture populaire, et qui préfère les normes aux rêves. Le Hot‑Rod n’a pas perdu. Il a été refusé. Parce qu’il est trop vivant pour un continent qui se croit moderne alors qu’il est simplement fatigué. Le Hot‑Rodding américain, c’est l’enfance de la vitesse. Des gamins qui bricolent des Ford A dans des garages en tôle ondulée, qui arrachent les ailes, qui montent des V8 disproportionnés, qui font hurler la mécanique comme si la route était un ring. C’est brut, c’est animal, c’est joyeusement irresponsable. Bref : c’est tout ce que l’Europe déteste.
L’Europe, elle, préfère les passions encadrées, homologuées, taxées, contrôlées, certifiées, normées, aseptisées. Elle aime les voitures comme elle aime ses citoyens : dociles. Le Hot‑Rod, lui, n’est pas docile. Il n’est pas homologué. Il n’est pas raisonnable. Il n’est pas silencieux. Il n’est pas “durable”. Il n’est pas “responsable”. Il n’est pas “citoyen”. Il n’est pas “européen”… Et c’est précisément pour ça qu’il est magnifique. L’Europe a tué la culture mécanique en la remplaçant par la culture réglementaire… Aux États‑Unis, un moteur est un objet de liberté. En France, c’est un objet fiscal. Là‑bas, on peut monter un big‑block dans une baignoire si ça les amuse. Ici, on ne peut pas changer un carburateur sans risquer une immobilisation administrative. Le Hot‑Rod est né dans un pays où la mécanique est un droit. Il a tenté de s’implanter dans un continent où la mécanique est un délit. Les Européens ont transformé la passion en procédure, le garage en bureau, la créativité en dossier. Ils ont remplacé l’huile par des formulaires, les clés plates par des arrêtés préfectoraux, les échappements libres par des normes acoustiques. Le Hot‑Rod ne pouvait que s’y briser. L’Europe adore la voiture… tant qu’elle reste un électroménager… Le Hot‑Rod est une sculpture vivante. Un manifeste. Un doigt d’honneur chromé à la conformité. Mais l’Europe, elle, préfère les voitures qui ressemblent à des machines à laver avec des roues. Elle aime les carrosseries qui ne choquent personne, les couleurs qui ne dérangent pas, les moteurs qui ne s’entendent pas, les designs qui ne racontent rien. Le Hot‑Rod raconte trop. Il raconte la vitesse, la transgression, la liberté, la sueur, la route, la nuit, la vie. L’Europe n’aime pas les objets qui racontent la vie. Elle préfère ceux qui racontent la réglementation. Les Européens ont peur de la liberté, mais ils appellent ça “sécurité”… Le Hot‑Rod est dangereux. Pas parce qu’il roule vite, mais parce qu’il donne envie de rouler vite. Et ça, en Europe, c’est impardonnable.
En Europe on ne juge pas les actes : on juge les intentions. Un Hot‑Rod, c’est une intention criminelle sur quatre roues. Une provocation. Une menace pour l’ordre moral. Les Européens veulent des voitures qui ne donnent envie de rien. Le Hot‑Rod donne envie de tout. Le Customizing US est trop libre pour un continent qui aime les cages dorées… Le Customizing américain, c’est l’art populaire par excellence : pas besoin d’être riche, pas besoin d’être diplômé, pas besoin d’être validé par un comité, pas besoin d’être “légitime”. Il suffit d’avoir une idée, un garage, et un peu de folie. En Europe, l’art populaire n’existe plus. Tout doit être validé par une élite culturelle qui déteste ce que le peuple aime. Le Customizing est trop démocratique pour l’Europe. Trop spontané. Trop libre. Trop joyeux. Trop vivant. L’Europe préfère les musées aux garages. Les commissaires d’exposition aux mécanos. Les subventions aux étincelles. Le Hot‑Rod est une religion. L’Europe est devenue athée. Le Hot‑Rod, c’est une foi. Une manière de vivre. Une manière de respirer. Une manière de se tenir debout dans un monde qui s’effondre. Mais l’Europe a perdu la foi dans tout ce qui est viscéral. Elle ne croit plus en la vitesse, en la mécanique, en la liberté, en la transgression. Elle croit en la conformité, en la prudence, en la neutralité, en la tiédeur. Le Hot‑Rod est une religion de feu. L’Europe est devenue un continent d’eau tiède. Le Hot‑Rod n’a pas échoué, c’est l’Europe qui a renoncé… Le Customizing et le Hot‑Rodding n’ont pas “raté” leur implantation. Ils ont simplement rencontré un continent qui a peur de la liberté, qui se méfie de la passion, qui déteste le bruit, qui craint la vitesse, qui refuse la transgression, qui méprise la culture populaire, et qui préfère les normes aux rêves. Le Hot‑Rod n’a pas perdu. Il a été refusé. Parce qu’il est trop vivant pour un continent qui se croit moderne alors qu’il est simplement fatigué.
Il existe, dans chaque structure humaine, immeuble, entreprise, association ou micro‑royaume personnel, un personnage qui se croit dispensé de la gravité commune. Un individu persuadé que les règles sont des décorations, que les obligations sont pour les autres, et que la réalité doit s’incliner devant ses improvisations. On le reconnaît à ce mélange d’assurance et d’incompétence, cette façon de s’ériger en exception alors qu’il n’est que la démonstration vivante de ce qui dysfonctionne quand l’égo prend la place du discernement. Ce type de responsable (car il se pense responsable, il s’auto‑proclame responsable, il se rêve responsable) n’assume jamais rien. Il délègue ses fautes à la fatalité, ses erreurs à la malchance, ses manquements à des circonstances imaginaires. Il se drape dans une posture de victime dès qu’on lui rappelle que la réalité n’est pas négociable. Il ne comprend pas que la responsabilité n’est pas un titre, mais une charge. Et que cette charge exige autre chose que des postures : elle exige de la rigueur, de la constance, de la loyauté envers les faits. Ce personnage ne fait jamais de grandes catastrophes. Il fait pire : il installe un climat. Un climat d’imprévision, de désordre, de petites dérives qui finissent par devenir des habitudes. Il banalise l’exception, il normalise l’irrégulier, il transforme l’illégal en tolérable. Et il s’étonne ensuite que les autres finissent par remarquer que quelque chose cloche. Le plus ironique, c’est qu’il se croit malin. Il se croit discret. Il se croit protégé par l’inertie des autres. Il ne voit pas que tout le monde a compris, que tout le monde observe, que tout le monde attend le moment où la réalité — la vraie, pas celle qu’il s’invente — va lui présenter la facture. Car la réalité finit toujours par se lasser. Et quand elle se lasse, elle devient administrative. Et quand elle devient administrative, elle devient implacable. Ce responsable‑là n’a pas besoin d’être nommé. Il se reconnaît lui‑même dans chaque ligne. Et c’est précisément ce qui le dérange.




























