’32 Ford Highboy Street Rod

Nous sommes à l’heure de la disruption… Le XIXième siècle a politisé la question de la Révolution, le XXième siècle a politisé celle de la réforme, et il l’a fait de mille manières différentes, en même temps que se déployait une révolution qui était devenue brune, et en passant par l’Union soviétique qui était
encore rouge. Aujourd’hui, nous ne sommes plus dans le discours de la révolution, nous sommes dans celui de la mutation, de la métamorphose, du post-humanisme, de la rupture anthropologique. Et il faut que nous en prenions la mesure.
La disruption est ce qui va plus vite que toute volonté, individuelle aussi bien que collective, des consommateurs aux dirigeants politiques aussi bien qu’économiques. Dans la disruption, la volonté, d’où qu’elle vienne, est par avance obsolète : elle y arrive toujours trop tard. C’est un stade extrême de la
limite au-delà de laquelle est l’inconnu… La rationalisation qui est ainsi atteinte, forme un seuil, c’est-à-dire une limite au-delà de laquelle est l’inconnu : il détruit la raison au sens où les savoirs rationnels s’en trouvent éliminés par la prolétarisation.
Mais aussi au sens où les individus et les groupes, perdant la possibilité même d’exister (car on n’existe qu’en exprimant sa volonté), perdent ainsi toute raison de vivre, deviennent littéralement fous, et tendent à mépriser la vie, la leur et celle des autres… Il en résulte un risque d’explosion sociale mondiale précipitant l’humanité dans une barbarie sans nom… Waouwwww ! Comment se crée une politique de la disruption ? Là est le véritable enjeu, qui est un
enjeu cosmologique. La disruption, c’est la dernière période de l’Anthropocène, et les questions qu’elle pose relèvent bien d’une cosmologie.
Nous travaillons aujourd’hui avec des concepts hérités de Newton et de Kant, alors que nous affrontons des réalités qui appellent une toute nouvelle conceptualité. Quels en sont les enjeux de l’approche à la fois microcosmologique et macrocosmologique ? Il y a des limites qui doivent être reconnues et honorées par ceux qu’elles limitent. Elles doivent être partagées et régulièrement revalorisées, reconsidérées, réincarnées, ré-intériorisées pour pouvoir être efficientes et constituer un ordre symbolique, qui est à la fois micro et macro-cosmologique.
La question des limites a été posée de différentes manières. Kant, par exemple, présente sa “Critique de la raison pure”, c’est-à-dire de la connaissance, de la morale et de la faculté de désirer, comme un discours sur les limites. Analysant nos appareils psychiques (Inconscient, préconscient, conscience, censure, Sur-Moi, etc.) comme constitutifs d’une économie libidinale du désir ne pouvant fonctionner sans limites, Freud, quant à lui, propose un autre discours sur celles-ci. On pourrait ici mentionner aussi l’économiste hongrois Karl Polanyi et sa critique de l’illimitation du marché, qu’il appelait le désencastrement…
C’est la subordination des limites à la calculabilité. La néguanthropie… On ne peut pas changer les règles de l’économie mondiale et développer une économie contributive locale sans mettre au point des relations d’échelle économétrisées, c’est-à- dire économisées par une métrique qui soit inscriptible à la fois à des échelles macro et micro économiques. Il faut donc inventer des microcosmologies (des modes de vie) qui soient compatibles avec celles des êtres vivants endosomatiques et exosomatiques du macrocosme. Mais il faut aller plus vite que la disruption, et pour cela, il faut en changer les règles.
Il faut aussi le faire à des échelles diverses, ce qui requiert un travail approprié sur les relations d’échelle. Les individus adoptent des modes de vie qu’il faut comprendre tels qu’ils s’insèrent dans un cosmos où ce macrocosme qu’est l’Anthropocène est décrit par Vernadsky comme biosphère. Mais l’Anthropocène est une étape vers autre chose, que j’appelle le néguanthropocène, et qui requiert une autre économie. Il importe de réarticuler les localités pour lutter contre les mondialisations illimitées, mais aussi pour concevoir une vraie mondanéisation contre les démondialisations démagogiques, réactives ressenties.
C’est l’accomplissement du nihilisme qui est l’Entropocène. Cela suppose de réinventer les modes de vie (microcosmologies ). Pas au sens où le marketing prescrit des modes d’emploi, des façons d’adapter telle personne ou tel groupe de population (Une limite au-delà de laquelle est l’inconnu, ces prescriptions et ces adaptations forcées détruisant les modes de vie)… mais au sens où il faut reconstruire des microcosmologies (de nouveaux modes de vie) dans un rapport avec une macrocosmologie sur laquelle elles ont un discours (et donc une macro-économie) inscrit dans ce macrocosmos qu’est l’Anthropocène.
A l’heure où apparaissent des exorganismes fonctionnellement monopolistiques à l’échelle de la biosphère (dont les “GAFA” sont les plus visibles, et dont la ceinture satellitaire concrétise ce que Heidegger appelait le Gestell), dDans le macrocosme biosphérique, les microcosmes (la famille, le groupe) sont les
lieux de l’expérience de l’ordre et du désordre. L’existence néguanthropique est une existence qui remet sans cesse de l’ordre dans le désordre qu’elle a créé.
Nous atteignons un point de bascule : nous nous situons sur les limites de la civilisation précédente (qui est encore la nôtre), devenue très toxique.
Mais le processus de désintoxication est très compliqué, surtout quand il concerne l’ensemble d’une population. L’enjeu est le suivant : s’inscrire dans une nouvelle rationalité économique, située dans l’Anthropocène, et qui doit être un discours sur l’invivabilité de ce dernier : “Nul ne peut s’exonérer des limites”.
Il s’agit donc de créer une culture. Une vraie culture, avec la patience qu’il faut pour cela, avec la traversée du désert qu’il faut accepter… La désintoxication dont je parle, cela commence par traverser le désert du nihilisme. Il faut être prêt à cela, ne pas être pressé, ne pas succomber aux modes et aux sirènes.

Sur la scène mondiale qui se re constitue à travers les écrans de télévision et de smartphone, à travers les réseaux sociaux comme en première page des journaux, divers reportages déclenchent une haine toujours plus démesurée, effroyable et ignominieuse. Nietzsche la voyait venir il y a presque 150ans, c’est ce rapport entre générations, qui devrait s’exposer et se concrétiser comme circulation de la sagesse des plus anciens et des plus expérimentés vers les nouveaux venus qu’il faut enseigner, ce rapport s’est inversé et paraît presque littéralement sacrilège : ce sont les « ainés » qui y apparaissent infantiles…
Ils y sont dénués de raison, ignorant toute sagesse, cependant que les enfants et les adolescents s’en trouvent contraints de leur faire la leçon. C’est ce que Nietzsche vit venir comme désertification noétique, et comme objet de son effroi : “Une limite au-delà de laquelle est l’inconnu”… Depuis notre mémoire de la Grèce ancienne, comme une figure tragique, et en quelque sorte comme revenance d’Antigone dénonçant l’inversion des rapports intergénérationnels et l’irresponsabilité de Créon, cela n’est possible que parce que ce qui est en jeu est l’incurie avec laquelle nos ascendants sont devenu stériles.
Cela en décidant d’ignorer ce qu’ils ne pouvaient pas et ne devaient pas ignorer sans devenir illégitimes, c’est par exemple ce qui était écrit au début de “Mankind and Mother Earth. A narrative History of the World”, ouvrage publié par Arnold Toynbee en 1976, dans un chapitre intitulé “The biosphere”, et où, cinq ans après le rapport Meadows, trente et un ans après l’article de Lotka, cinquante après La Biosphère de Vernadsky, il affirme déjà que notre biosphère, qui est le seul habitat que nous ayons eu jusqu’à présent, est aussi le seul habitat physique que nous soyons jamais susceptible d’avoir…
Et en conséquence, nous ferions bien de concentrer nos pensées et nos efforts sur cette biosphère-là. Depuis sont arrivés les rapports du GIEC, le premier en 1990, le cinquième en 2014, puis les récentes actualisations toujours plus alarmantes sur lesquelles s’appuient les discours d’António Guterres, et qui le conduisent à parler de “désastre”… Depuis la seconde moitié de la décennie 1940, une inversion s’est opérée dans les rapports entre les générations, à un point tel que l’humanité agit comme un ensemble d’enfants irresponsables et gâtés dans la grande accélération de l’Anthropocène.
Theodor Adorno et Max Horkheimer décrivirent dès 1944 l’industrie des biens culturels qui allait transformer la face du monde, cela a produit ce
que Herbert Marcuse appela en 1953 un surmoi automatique, premier élément de ce que l’on appelle ici le désert automatique, et générant un processus de désublimation. Cela a finalement conduit à une désincarnation et une désintégration de la responsabilité définitoire de l’âge adulte. La transmission de la responsabilité par identifications et idéalisations qui régissait jusqu’alors les rapports entre générations a été court-circuitée et abolie.
Nous ne sommes plus dans le discours de la révolution, mais dans celui de la mutation, de la métamorphose, du post-humanisme, de la rupture anthropologique. L’Anthropocène est une étape vers le néguanthropocène. Mais comment faire une politique de la disruption ? Là est le véritable enjeu cosmologique. Et parce que l’on affronte des réalités inédites, une nouvelle conceptualité est requise. Waouhhhhh ! Ce Ford Highboy de 1932 utilise une carrosserie “Downs Industries” peinte en rouge “Porsche Guards”, et est équipé de vitres électriques, d’un toit rigide amovible façon “Hard-Top”...
La suspension a été réalisée “sur mesure” avec des pièces “Billet Specialties”, un essieu tubulaire “Pete & Jake’s”, un pont arrière quatre bras avec des coilovers réglables. La puissance provient d’un V8 305ci équipé d’un carburateur Edelbrock. Par confort a été choisie une boîte automatique à trois vitesses, et les passagers disposent d’une chaîne stéréo CD, de ceintures de sécurité et de la climatisation. Waouhhhhh ! Construit en 1 mois début 2025, ce Street-Rod est immatriculé au texas… Arrrghhh j’allais oublié d’écrire que les vitres avant sont électriques, et les vitres arrière coulissent lorsque le toit a été retiré.
Les pneus BFGoodrich sont montés sur les jantes de 17′ à l’avant et de 20′ à l’arrière», et le freinage est assuré par des disques ventilés assistés avec étriers Wilwood à l’avant et des tambours arrière. La bête affiche 38.500 miles, l’immatriculation du Texas indique “Ford 1932” en utilisant le VIN 181255704. L’immatriculation des Hot Rod’s aux USA est avant tout une soupape de sécurité “loisirs” qui de plus contribue au business et au bonheur des retraités qui forment 80% des propriétaires dans une activité ludique qui contribue au business général… L’A,B,C de l’Amérique… Voilà…

































