SP40 Restomod Speedster 2026 Acte second…
Après la Ferrari Luce 2026 controversée (c’est peu dire) à 600.000 $/€, après la Mustang GTD 2026 affichée au même prix sidérant de 600.000 $/€, voir débouler à Miami, pas loin de mon antre secrète d’Hallandale jouxtant BocaRaton ou s’épanouit Donald Trumpy (l’ami de toutes et tous), la même réplique de la Ford Sport Roadster 1934 présentée en novembre 2025 (voir ICI en un click) affichée au même prix de 600.000 $ ou €, m’a causé un choc m’obligeant à m’allonger confortablement dans un fauteuil multi-positions avec air conditionné incorporé, en attente de massages suivis d’une balade en mer avec des amies affriolantes en quêtes de largesses débridées… La vie en Floride est éreintante, mes 77 ans s’y affolent m’entrainant dans le stupre et la fornication…
J’ai déjà scripturalement causé, par tapotages de mon clavier alternativement aux fessiers de mes charmantes voisines, de la ISP40 Speedster, cette muscle car Art déco aux airs et relents de réplique façon néo-classique que j’estime peu frivole et par trop abâtardie d’éléments mal en phases du Top-class nécessaire, l’ayant déjà tapoté, j’en sort fatigué éreinté et abasourdi, pour le moins fatigué et presqu’indifférent… Toutefois, un zeste de retenue m’oblige à réaborder ce sujet en n’étant pas trop pirate des merdes du sud d’où vient réellement cette chose insupportable (à mes yeux)… Cette réplique d’un modèle unique et spectaculaire de 1934, construit pour Edsel Ford, qui possède une carrosserie en fibre de carbone et un moteur Coyote V-8. Faut-il en écrire plus ?
Miami est réputée pour son brassage culturel (On salue Tom Cruise venu pour qu’on dîne ensemble), c’est un mélange éclectique et humide d’influences latines, européennes et américaines. La ville est également célèbre pour ses trésors Art déco, comme l’hôtel Colony sur Ocean Avenue. Cela fait de la ville un cadre idéal pour l’essai exclusif de la SP40 Speedster, une voiture d’exception à environ 600.000 $ au pedigree unique. Ce biplace à la carrosserie en fibre de carbone, inspiré des années 30, est l’œuvre de deux carrossiers et pilotes argentins passionnés, désormais installés à Miami. Mais l’inspiration de ce bijou Art déco provient de Detroit. C’est là que feu Edsel Ford a demandé au designer EJ “Bob” Gregorie de dessiner une voiture de sport de style européen.
Elle devait impérativement semblable à celles qu’il avait vues sur le continent en 1932. Edsel, artiste accompli, avait créé le tout premier département de design de Ford, après plusieurs divergences philosophiques avec son père. En 1934, travaillant avec l’équipe Ford Airframe à l’aéroport de Willow Run qui abritera plus tard une usine légendaire de bombardiers pendant la Seconde Guerre mondiale, Gregory concrétisa la vision d’Edsel : une biplace basse et fuselée. Cela impliquait des essais en soufflerie d’une maquette décapotable à l’échelle 1/25, dotée d’une structure tubulaire en acier. La Speedster a rejoint le garage personnel d’Edsel, propulsée par un V8 de 75cv et ses garde-boues de type cycle étaient dérivés des carénages de roues des avions Ford Trimotor.
Après le décès d’Edsel des suites d’un cancer en 1943, ce prototype unique commença à changer de mains. Une annonce parue dans le numéro de mai 1948 de R&T ne trouva pas preneur, malgré la mention d’une carrosserie en aluminium construite pour Edsel Ford : “Prix raisonnable de 2 500 $”, précisait l’annonce. À la fin des années 1950, un marin de l’US Navy acquit la Speedster pour la somme modique de 600 dollars, avant qu’elle ne disparaisse des radars. Ce n’est qu’en 1999 que Bill Warner, fondateur du Concours d’Élégance d’Amelia Island, fit une découverte extraordinaire : la Speedster, recouverte de boîtes de conserve et de détritus, gisait dans le garage floridien de l’ancien marin.
Après une restauration et une vente aux enchères pour 1,7 million de dollars en 2008, la Speedster originale a bouclé la boucle et fait désormais partie de la collection permanente de la Maison Edsel et Eleanor Ford à Grosse Pointe, dans le Michigan. Alors, que penser de ce Speedster renaissant de ses cendres ? Il ne s’agit pas d’une énième Mustang Restomod, même avec son V8 Coyote de 5 litres sous un capot à persiennes. Les créateurs de cette nouvelle voiture assument pleinement l’appellation de Restomod, bien que ce SP40 Speedster ne soit basé ni sur le châssis ni sur la structure d’un véhicule d’origine. Il a été entièrement construit sans aucune pièce d’époque, à partir d’un concept qui n’a jamais été produit en usine. C’est donc une idée qui a été recréée.
Ses créateurs, Francisco Orden et Arturo Arrebillaga, ont bâti leur entreprise Iconic Auto Sports grâce à des répliques de classiques tels que la Mercedes SSK “Count Trossi”n “l’Alfa Romeo 1900 C52 Disco Volante”, et les reproductions parfaites de Bugatti 35 débutées en Argentine… Je retrouve ces amis de longue date qui ont oeuvré aux mêmes répliques en Argentine, à l’aube à Miami, où leur Speedster émerge d’une remorque bâchée, tel un voyageur du temps. Le sommeil a été rare pour le couple durant le lancement éclair de leur voiture aux États-Unis. La veille de mon essai, ils travaillaient tous deux avec un mécanicien pour réparer une sonde lambda, apparemment endommagée par les démarrages et les ralentis répétés lors du salon Moda Miami.
La voiture faisait ses débuts américains. Moda Miami a été un véritable fiasco, les organisateurs ayant dû annuler l’événement prématurément en raison des pluies torrentielles qui ont frappé la Floride. Comble de malchance, la réplique originale de leur Speedster de 2018, qui leur avait valu un prix de carrosserie en Argentine, a eu ses ailes endommagées pendant le transport vers Miami : la voiture se serait apparemment détachée dans son conteneur maritime. Le Speedster que j’allais conduire avait donc été assemblé ces derniers jours à partir d’un châssis roulant expédié d’Argentine à Miami (la réglementation interdisant l’importation d’une voiture complète) équipé d’un tout nouveau V8 Coyote de 480cv et d’une boîte manuelle Tremec TKX à cinq rapports.
Il ne s’agit pas d’une voiture en kit ni d’un HotRod à la Chip Foose. En collaboration avec un constructeur renommé de prototypes et de voitures de course en Argentine, Orden et Arrebillaga ont développé et mis au point leur châssis prototype sur l’ancien circuit de Formule 1 argentin, l’Autódromo Oscar y Juan Gálvez . Le châssis tubulaire en acier a fait l’objet de simulations numériques et de tests de résistance, et deux anciens designers de Pininfarina ont conseillé le constructeur sur son design extérieur revisité. Intégrer une suspension indépendante, comprenant des doubles triangles à l’avant et des amortisseurs combinés filetés sur mesure, a constitué l’un des nombreux défis techniques. Je me suis donc installé à bord via un portillon élégant au seuil gainé de cuir. 
Je me suis laissé attacher par une jolie sexy à un harnais Sparco à quatre points, j’ai jeté un coup d’œil par-dessus le minuscule pare-brise et une fois installé au volant, après avoir caressé du bout des doigts le tableau de bord orné de noyer, j’ai manipulé le levier de vitesses en bois et HOP Contact… En avant… J’ai réalisé que je pourrais presque toucher le bitume du bout des doigts. Pas d’airbags, d’ABS ni d’antipatinage. Seules quelques commandes de climatisation simples, un système audio Bluetooth et un chargeur de smartphone témoignant de notre époque. Les détails du Speedster sont travaillés avec une minutie obsessionnelle, notamment les fibres de carbone à tissage miroir. (l’expérience d’Arrebillaga en régates lui a permis d’acquérir de l’expertise).
Les jantes en aluminium forgé de 20 pouces rappellent visuellement les enjoliveurs du modèle original. En mouvement, les ouïes de refroidissement des freins Brembo évoquent la bande de roulement d’un pneu à flanc blanc. Des étuis en cuir d’époque protègent la boîte à fusibles et les réservoirs de fluides sous un capot à charnières latérales. Les phares ronds à LED sont positionnés à hauteur d’essieu, et la réglementation est respectée grâce à un éclairage supplémentaire dissimulé derrière la calandre inclinée en forme de V. Les feux arrière, inspirés des voiliers, intègrent feux arrière, feux stop et clignotants à LED dans un seul bloc optique sur mesure. Les rétroviseurs latéraux Rizoma, du plus bel effet, proviennent du fournisseur de Ducati.
Lancée en direction de South Beach par la MacArthur Causeway, la Speedster, telle une locomotive, attire les regards avec plus d’assurance qu’une meute de Lamborghini4S. Je suis assis quasiment au-dessus de l’essieu arrière dans une voiture à peine plus longue (4,23 mètres) qu’une Miata, dont l’empattement dépasse de 76 centimètres celui de la Mazda. Alors que j’arrive devant l’emblématique Colony Hotel, le soleil levant baigne le paysage d’une douce lumière rose tropicale, lui conférant un air soudainement vintage. À chaque arrêt, une nuée de photographes se presse. Le nez de la roue avant droite et la suspension apparente du Speedster sont totalement invisibles pour le conducteur, transformant le stationnement en une véritable aventure.
Quittant South Beach à la recherche des trois seuls virages de Floride, le regard noir d’un policier stationné me confirme ce que je savais déjà : c’est sans doute la voiture la plus bruyante que j’aie jamais conduite. Le Speedster a un son qui donne l’impression que tout l’arsenal de Detroit est entassé dans ses tuyaux en acier inoxydable. À côté de lui, une Dodge Viper paraît inoffensive. Je suis persuadé que ce vacarme d’avant-guerre ne serait pas conforme aux normes sonores de nombreux États, même si Orden m’assure qu’un acheteur peut demander un système d’échappement plus silencieux. Entre le bruit, l’odeur d’essence et la chaleur étouffante de l’habitacle due à la fois au moteur et au soleil de Floride, il ne manque plus qu’à démarrer le moteur…
Je me dirige vers le parc national des Everglades. La Speedster démarre avec vigueur, sans dérapage, laissant de discrètes traces de gomme dès 2 500 tr/min. Grâce à son différentiel autobloquant Torsen et à son poids réparti à 52 % sur l’arrière, cette chose s’affaisse littéralement sur la route et file à toute allure ; j’estime le 0 à 100 km/h eb environ 3,5 secondes. Je précise que ce Speedster a atteint 240 km/h avant de manquer de place en ligne droite. Le levier de vitesses Tremec, d’une fermeté surprenante, s’accorde parfaitement avec la zone rouge à 7.500 tr/min. Les pédales d’embrayage et de frein, sur mesure, sont à charnière basse et la pédale d’accélérateur électronique Ford assure une parfaite intégration avec le rugissement du Coyote.
Le freinage, avec ses étriers à six pistons à l’avant, est puissant mais gagnerait à être plus mordant. L’embrayage est ferme sans être fatigant, avec un patinage facile pour une conduite tranquille en ville. Cependant, le rayon de braquage du Speedster rivalise avec celui d’un Ford Expedition, ce qui oblige à effectuer régulièrement des manœuvres en trois points dans les espaces restreints. La direction à assistance variable électronique facilite les manœuvres à basse vitesse, notamment sur les parkings. En fin de journée, le moteur a commencé à avoir des ratés à bas régime, ce que l’équipe a attribué à un manque de temps pour un étalonnage complet du moteur et une cartographie d’injection.
La direction à crémaillère Ford est vive et directe, sans le jeu excessif qui gâche tant de Mustang modifiées. Les sensations fortes en Floride sont presque toutes liées à Disney, mais la Speedster a négocié les virages les plus doux avec une aisance déconcertante. Les imposants pneus de 20 pouces offraient une adhérence largement suffisante, mais la SP40 a été judicieusement réglée avec un léger sous-virage en limite d’adhérence pour éviter les accidents. C’est un atout précieux dans un cabriolet dont les portes, à hauteur de hanche, donnent une impression de vulnérabilité. Si vous lisez un article sur une star hollywoodienne des années 50, imbibée de Martini, décédée dans un accident, il y a fort à parier que c’était dans une voiture de ce genre.
Pour ma part, je n’ai pas eu à affronter de caillou ni de cafard, mais des lunettes de protection classiques seraient sans doute un bon investissement pour les propriétaires les plus exigeants. Une SP40 Speedster avec une carrosserie peinte au choix est proposée à partir de 500.000 $, tandis que cette version en fibre de carbone apparente fait grimper le prix presqu’à 600.000 $… Waouwwww c’est le même montant que pour la nouvelle horreur Ferrari Duce ou que pour un Rezvani ou une Mustang GTD… Bien sûr, les passionnés sont prêts à débourser des sommes astronomiques pour les super haut de gamme. Mais ce marché de niche, dédié à la nostalgie des voitures anciennes, recèle un potentiel immense, Ford ayant vendu plus de 10,5 millions de Mustang depuis 1964.
La Speedster ne peut se prévaloir de la même histoire commune. Il n’y a eu qu’un seul prototype, et il appartient toujours à son propriétaire d’origine. Ou, du moins, à la succession d’Edsel. C’est pourquoi l’objectif est de maintenir un haut niveau d’exclusivité, en produisant 40 Speedsters au total, à raison d’environ cinq par an. Les riches collectionneurs californiens, passionnés par l’histoire de Ford, sont des clients de choix, selon Orden et Arrebillaga. Mais leur premier client est un collectionneur Argentin, qui avait déjà acquis la toute première Pagani Zonda vendue en Amérique latine. Où que cette icône internationale finisse par atterrir, je terminerai par un clin d’œil à un autre grand nom de Detroit, Jack White : ça risque de faire du bruit…





































Dans les années’30, on construisait pour se rapprocher de l’avion, du futur, de quelque chose qui n’existait pas encore. Une tentative d’arracher un fragment du rêve avant qu’il ne s’évapore. Aujourd’hui, nous reproduisons l’objet, parfois avec génie, parfois avec brio… mais sans toujours réincarner la part de risque, d’audace ou de fièvre visionnaire qui lui donnait naissance. De quoi une époque qui sublime la forme mais laisse dormir le rêve est-elle le symptôme ?
Walter Benjamin y verrait la confirmation de “la perte de l’aura” : quand l’œuvre ne porte plus le vertige de l’inédit, mais le parfum nostalgique du déjà-rêvé. Et pourtant, je parviens à en tapoter des textes pour continuer de redonner à ces objets ressuscités un souffle qui manque parfois à leurs créateurs.
La bête n’attire ni les uns ni les autres d’autant que le prix de la belle bête est astronomique (600.000 $ où €)… Résultat, un flop total… Le “Quelque chose qui n’existait pas encore” s’est avéré ne plus exister du tout… Inclassable et cher donnant une image déformée d’une réalité inexistante… S’y ajoute la guerre d’Ukraine et celles d’accaparement des terres d’Amérique du sud puis celles d’Iran et aussi le Groenland par Trumpy sous prétexte de lutter contre les trafiquant de drogues, contre la prolifération nucléaire et autres incivilités !!! Alors qu’en plus l’Argentine est en faillite, et le monde de plus en plus en guerres diverses… et vous conviendrez que mes articles sont des prouesses intellectuelles…